• Visio-conférence du Café-Débat de Saint Quentin en Yvelines le 30 mai 2020

     

    Remarque préliminaire

    Nous étions 9 personnes présentes, sans compter ceux qui n'ont pu se connecter, pour cette première réunion virtuelle qui s'est déroulée avec « Zoom ».

    Ceci n'est pas un compte-rendu fidèle de ce qui s'est dit, mais un ensemble de notes prises par le rédacteur, pour deux raisons : au départ, j'ai eu beaucoup de mal à entendre ce qui se disait, jusqu'à ce que je m'équipe d'oreillettes. Je n'ai donc pas entendu l'intégralité du débat. Ensuite, les sujets abordés sont arrivés dans le désordre, si bien qu'on a eu un mélange de rappels des événements, de constat des changements qui se sont manifestés, et de visions d'avenir reflétant plus l'espoir de ceux qui les exprimaient que des arguments étayés venant justifier cet espoir. Même si on peut penser que la liberté de s'exprimer comme on veut est une richesse en soi, il faut qu'à l'issue on puisse en tirer quelque chose, que du désordre puisse jaillir l'ordre, ou du moins quelques axes cohérents. De plus, mais cela ne concerne que moi, j'ai beaucoup de mal à m'exprimer en parlant à un écran et pas à des gens en chair et en os.

     

    Quelques idées exprimées au cours du débat :

    La crise du Covid 19 n'est pas terminée, et il est prématuré de vouloir en tirer des conséquences dès à présent. Ceci étant, certains pensent qu'elles risquent d'être désastreuses à différents niveaux :

    • les soignants sont pour beaucoup très traumatisés par ce qu'ils ont vécu, et beaucoup auront du mal à s'en remettre
    • les personnes confinées et fragiles, auront des troubles psychologiques graves, et la peur inspirée par le confinement et les gestes barrière va demeurer longtemps
    • sur le plan économique, le chômage va s'aggraver considérablement et la récession durer. Notre pays, mal préparé à une crise de cette ampleur, aura du mal à s'en sortir, beaucoup plus que l'Allemagne, référence en matière de santé.

    La consommation s'est considérablement réduite, et les gens ont pu constater que consommer n'était pas une nécessité. Il faudrait donc rester dans une perspective de consommation durable, sobre, en éliminant ce qui est inutile et en recherchant le bonheur ailleurs que dans l'achat, dopé par la publicité, de choses sans intérêt. Certains ont contesté ce point de vue en faisant valoir que consommer c'est produire, et produire c'est donner du travail, tout en reconnaissant que ce ne doit pas être du travail chinois, d'où la nécessité de produire en France, quoi qu'il en coûte, au moins les biens vitaux pour la survie du pays (masques, gel, matériel d'analyse et biomédical, etc.

    Un point de vue fort s'est dessiné, qu'on peut résumer ainsi : la crise a montré qu'en cas d'événements graves on savait réagir vite et bien, il faut donc saisir l'occasion extraordinaire pour une transition douce vers des modes de vie différents plus compatibles avec le respect de la Terre et des gens. Mais la question qui n'a pas été posée est cruciale : qui doit faire quoi pour aller où ? Sinon, on ne fait que parler dans le vide.

    Sur le télétravail, les avis sont mitigés. Certains pensent que la tendance va se pérenniser, et le télétravail passer de 7% à 20%. Néanmoins, le travail hors de chez soi socialise, il ne faudrait pas confiner chez eux en permanence ceux qui ont la possibilité de télétravailler. Plus largement, d'autres effets bénéfiques liés à la communication numérique ont été évoqués : téléconférences, réunions sans déplacement, renforcement du lien social par la communication visuelle, et même pour les grands parents aider les petits enfants à faire leurs devoirs... Et les enfants ne passent pas uniquement leur temps de connexion à bavarder sur les réseaux sociaux et à jouer, ils ont appris à travailler seuls et autrement avec un prof distant.

    Un autre point très important a été signalé : on a vu qu'on peut, en cas de besoin, transgresser des règles jusqu'alors considérées comme incontournables. Si l'hôpital a été aussi réactif, au-delà de l'implication forte des soignants, c'est aussi grâce à « l'oubli » des règles de toute sorte et surtout administratives conçues pour un fonctionnement en temps ordinaire, totalement inadaptées pour le temps de crise. Un grand ménage est à faire dans le domaine des règlements, normes et formulaires dans tous les domaines. Ceci va de pair avec la « libération des initiatives », synonyme d'autonomie, de créativité et de plus d'efficacité.

    Un autre point important a été brièvement évoqué, qui rejoint un sujet souvent abordé de manière conflictuelle entre les membres du Café-Débat, celui de la confiance à accorder à la parole des experts et, au-delà, à la méthode scientifique. Y a t-il une vérité médicale ? La médecine est-elle une science ? Comment décider une stratégie nationale quand les médecins ne sont pas d'accord entre eux ni avec eux mêmes à deux mois d'intervalle ? Comment tenir compte des voix dissonantes ?

    Il a été peu question du rôle de l'Europe, pourtant crucial pour bâtir un autre monde. Pour pouvoir le faire, il lui faudra passer par une refondation des Traités existants.

     

    J'ai sûrement oublié des choses, en particulier ne figurent pas dans ces quelques notes beaucoup d'aspects positifs illustrant le titre du sujet : quels espoirs sont engendrés par cette crise inégalée et mondiale ? Cela reste à compléter, car je n'ai pas noté grand chose. Alors est-ce moi qui oublie l'espoir, ou bien les personnes réunies ce jour là devant leur écran étaient-elles très pessimistes ?

    Jean-Jacques Vollmer



     


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  •             Compte rendu personnel  du débat du 8 Février  2020 .

       Les habitudes sont elles une force, mais une force trompeuse ?

      Le débat a tourné autour des sujets suivants :

    -les différentes habitudes.

    -la force des habitudes

    -la nécessité de s’en libérer.  

    Les différentes habitudes. 

    Parmi les habitudes, il convient de distinguer :

    -l’expérience,  qui s’acquiert lentement au cours des évènements de la vie

    -les procédures qui sont dictées par autrui et pourraient ne concerner que les robots, comme c’est le cas maintenant dans l’industrie automobile, mais pas chez Amazone ; dans l’armée, on « attend les ordres » ; en cuisine, on peut hériter des façons de faire de sa grand-mère  pas toujours raisonnées, dues parfois à des contraintes qui n’existent plus (par exemple, à un plat trop petit) .

    -les façons de travailler, de développer des compétences,  dans l’art , la technique  ou la science : écoles de peinture, par exemple les peintures impressionnistes ;  Picasso pouvait ainsi, au café, dessiner sur un coin de nappe pour payer sa consommation ; les recettes de cuisine en font partie.

    -les rites, religieux ou non. Les rituels monastiques auraient tendance à gommer la saveur de la vie. Cependant, il faut bien constater que notre société a étouffé les rites, pour ne plus considérer que les consommations.

    -les réflexes, acquis volontairement pour exécuter une tâche, par exemple les doigtés du pianiste, ou la façon de chuter dans les sports de combat.

    -les routines, ces gestes qu’on accomplit sans y penser, par exemple quand on s’habille (même racine du mot qu’habitude).

    - les automatismes acquis pendant l’enfance, par exemple la marche. L’être humain a ceci de différent des autres animaux qu’il a une très longue enfance (néothénie), au cours de laquelle il a le temps d’acquérir des habitudes par son éducation.

    -les façons de ressentir son environnement ; par exemple, après un déménagement, la question souvent posée est : »est-ce que vous vous habituez ? ».

    -les addictions de tout ordre, dont la nocivité n’est plus à démontrer.

    -enfin les règles, qui permettent d’accomplir tranquillement les tâches. C’est le cas de celles de ce café-débat, qui ont mis quelques années à être édictées.

     

    La force des habitudes. 

    De nombreuses interventions ont montré l’absolue nécessité des habitudes dans toutes les actions humaines. On ne peut rien faire si, à chaque instant, on se demande comment réaliser ce qu’on a envie de faire. De ce côté, l’habitude, même insuffisante, est loin d’être trompeuse !

    Les habitudes sont bien souvent la saveur de la vie : par exemple, la bûche de Noël.

    Les travaux que peuvent faire les robots ne devraient pas être faits par des humains, quelles que soient les incidences sur le chômage : dans les usines  Renault, depuis cinquante ans on a divisé par trois le nombre d’ouvriers, qui ont été remplacés par des robots pour les tâches « bras en l’air » (donc pénibles).

    Dans le cas d’un accident, il y a deux attitudes qui diffèrent selon l’urgence de l’aide à apporter par le témoin :

        -S’il n’y a pas urgence, un témoin réagit en utilisant son        expérience.

        -Mais dans l’autre cas, l’expérience ne sert à rien, ce sont les réflexes qui sont appliqués.

    Pour ce qui est de l’enseignement, l’expérience pourrait être primordiale ; mais, au contraire, la capacité d’improviser n’est-elle pas plus importante?

    En cas de bouleversement de votre vie, comme cela a été le cas pour les rapatriés d’Algérie en 1962, les nouvelles conditions de vie créent des habitudes qui sont protectrices.

    Enfin, grâce aux habitudes, l’esprit peut se libérer des tâches secondaires pour se consacrer aux principales.

    A contrario, la maladie d’Alzheimer coupe les patients de leurs habitudes acquises depuis longtemps (rapport au temps, reconnaissance des proches par exemple), ce qui est douloureux pour eux et pour leurs proches. 

    La nécessité de se libérer des habitudes. 

                Les « génies » sont précisément ceux ou celles qui sont capables de sortir de leur confort et de leurs habitudes. Citons les impressionnistes, obligés, du fait de l’invention de la photographie, de faire autrement leurs peintures, passant de la descition fidèle de la réalité à l’impression que cette réalité fait sur le spectateur ; ils en ont profité pour faire des portraits de personnes humbles (le facteur, ou le docteur Gaget) ; cependant, au bout d’un certain temps, les peintres de cette école ont fini par se répéter, laissant la place à d’autres façons de faire (nabis, pointillistes, etc…).

                Mais tout le monde n’est pas un génie, et peut, s’il veut bien sortir de son confort, inventer des nouvelles façons de faire, même si ces dernières ne dépasseront sans doute pas la sphère privée. Tel être qui au travail se limite à ne faire que ce qui est commandé, peut développer, dans son temps libre, des méthodes bien à lui, gràace notamment au sport. Et au point de vue politique, il est recommandé d’avoir des opinions personnelles, et non de suivre la « bien-pensance » qui risque de vous « panurgifier ». De ce point de vue, il faut parfois « sortir du cadre » dans lequel on s’est souvent soi-même enfermé, pour acquérir de nouveaux usages, cf.  les ateliers d’écriture, où on se fixe un « cadre » pour mieux en sortir de temps en temps.

                Les accidents de la vie vous font sortir du « tissage » de votre vie : citons les deuils, le divorce d’un proche (faut-il s’y résigner ou s’ habituer à l’idée) , les attentats terroristes, dont malheureusement on a tendance à s’habituer .

                Les rencontres faites au cours de la vie vous contraignent parfois à sortir de vos habitudes. Par exemple, l’arrivée dans une belle famille ayant des habitudes complètement différentes des vôtres, et dont il va falloir tenir compte. Ou encore, au cours des voyages, la nécessité absolue de se conformer aux habitudes des gens du cru, sans jugement, et de réfléchir à la possible valeur de ces habitudes : par exemple, chez les Indiens d’Amérique, il est coutumier de manger avec ses doigts, en Turquie, il faut respecter les minutes de silence pour le héros national Ata Turk) ; et même, la nécessité d’accueillir l’autre dans sa différence, et de ne pas perturber les autochtones avec nos propres habitudes.

                La génération du baby-boom a vécu une période enchantée, où chaque année apparaissaient de nouveaux produits (lave-linge, télévision, analgésiques…) auxquels il était si agréable de s’habituer ! Cette période s’achève-t-elle ?

                Quelles que soient nos habitudes, il convient de savoir « réagir à l’imprévu » (c’est un des critères de notation dans la marine de guerre, à côté de la vigilance et de la réponse à apporter aux différentes alertes). Notre société saura-t-elle réagir à ce qu’elle a mis beaucoup trop de temps à accepter, le réchauffement climatique ?

     

                                 Compte-rendu  rédigé par Benoît Delcourt.

     

     

     


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  •             Compte rendu personnel  du débat du 4 Janvier  2020 .

                          Sommes nous obsédés par le sexe ?

      

    Le débat a tourné autour des sujets suivants :

     -les aspects cliniques

    -les aspects poétiques et sentimentaux.

    -l’importance de la reproduction

    -les déviances sexuelles

    -le sexe dans l’Histoire, la politique et les religions.

                    Les aspects cliniques.

              Le texte d’introduction faisait la part belle à ces aspects. Il tendait à ne pas différencier l’homme de la femme, ce qui a été contesté, ne serait-ce que parce que les corps ont des différences notables, notamment dans les caractères sexuels secondaires.

    Pour Freud, nous serions, comme les autres animaux, guidés dès notre naissance par nos « instincts » sexuels. Cela a prêté à discussion, d’où il est ressorti que le Freudisme n’est pas une science, qu’il peut donc être accepté ou contesté ; les femmes présentes ont montré leur désaccord avec cette théorie, écrite par un homme pour les hommes.

    La femme a une sexualité différente de celle de l’homme, en ce qu’elle peut avoir un nombre d’orgasmes par jour bien plus grand ; de plus l’acte sexuel ne la fatiguerait pas autant que l’homme (point contesté : par exemple les coureurs du tour de France peuvent faire l’amour tous les soirs s’ils le veulent). Bref l’acte sexuel profiterait plus à la femme qu’à l’homme (?). En tous cas, la ménopause est bien spécifique à la femme ; oui, mais elle n’interdirait pas le désir, la libido, surtout avec une compensation hormonale.

     

    .Les aspects poétiques et sentimentaux.

     

    Le sexe est ou devrait-être l’aboutissement d’une relation entre deux personnes, qui peut commencer par exemple  par une rencontre fortuite, ou  par une recherche d’âme sœur, ou bien encore par une séduction accompagnée de fantasmes, de représentations imaginaires, une affectivité liée à l’altérité…Et petit à petit, une tendresse peut naître et un désir d’union plus fort, de communion même, agrémenté d’un mystère, dans une complète liberté (Epicure), suivi par un désir de construire ensemble quelque chose  avec une certaine fidélité, dans les moments agréables comme dans les difficultés…

    C’est là qu’intervient le cerveau (ou le microbiote). .Les poètes en ont parlé (Roméo et Juliette, Tristan et Yseut,  par exemples).

    Dans ces conditions, l’idéal serait que les désirs des partenaires soient reconnus et assouvis.

             Mais il peut aussi y avoir une peur des relations sexuelles ; l’homme peut notamment avoir peur de la femme, et de lui laisser la liberté, comme sous le régime de Vichy.

     

    L’importance de la reproduction

     

    La reproduction ne peut être oubliée dans l’acte sexuel : elle est sous-jacente.

    La forme la plus primitive de la reproduction est asexuée (scissiparité, parthénogénèse…). La fécondation entre deux gamètes d’individus différents est un énorme progrès puisqu’elle introduit la diversité chez les descendants, favorisant ainsi l’adaptabilité des espèces aux variations des conditions de milieu extérieur. Deux c’est donc mieux. Alors pourquoi pas trois ? La conjonction d’individus de trois sexes différents ! Quand on voit les problèmes qui se posent pour réunir deux individus consentants, quelle serait (sur une autre planète ?) une telle société. Décidemment tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

     

    La Nature a fourni les moyens de reproduction avec une profusion étonnante (des milliards de spermatozoïdes dans un goutte de sperme) ; elle se sert de  nous comme véhicule de nos gênes, comme des machines à les reproduire. Richard Dawkins, dans la théorie du « gène égoïste »  résume la situation ainsi : sans attribuer aux gènes une personnalité quelconque, tout se passe comme s’ils déterminaient le comportement des individus pour que ceux-ci assurent leur pérennisation  

    Une différence importante entre l’homme et la femme : l’orgasme masculin est nécessaire pour la reproduction, mais pas l’orgasme féminin.

    Les animaux ont des sexualités diverses et variées, certains font des préliminaires, mais ont-ils accès à l’amour; cependant ils ont le phénomène de rut, ce qui n’est pas le cas de l’Humain.

    Il est curieux de constater qu’autrefois il ne devait pas y avoir de relation sexuelle sans procréation, alors que maintenant on revendique le doit d’avoir procréation sans relation sexuelle!

    La reproduction dans nos contrées est sans doute menacée par les perturbateurs endocriniens, qui ont pour conséquence un sperme moins riche ; on trouve ces perturbateurs dans beaucoup de produits agricoles, ou industriels.

     

    Les déviances sexuelles.

     

    Beaucoup d’unions se terminent, c’est certain, par un crime, généralement un féminicide. C’est l’aboutissement d’une relation dévoyée où l’homme exerce un pouvoir absolu sur la femme, qui finit par ne plus l’accepter.

    Moins dramatiques, les expressions comme « je l’ai eue », « je l’ai prise », sont symptomatiques d’un mépris de la partenaire.

    Le sexe ne serait alors qu’une affirmation de puissance ; d’ailleurs, ne dit–on pas de quelqu’un qui ne peut avoir des relations sexuelles qu’il est  « impuissant » ?

    Les hommes ne sont parfois pas capables de maîtriser leur sexualité, d’où les violences sexuelles et les viols.

    Le cas de Gabriel Matzneff, ayant écrit, alors qu’il était quinquagénaire, des livres où il se vantait de  conquêrir de filles de 14 ans a été cité. Visiblement, le jugement qu’on a maintenant sur ce genre de relation n’est plus le même que celui d’il y a cinquante ans.

    Mais il existe aussi d’autres déviances inquiétantes : la généralisation de la pornographie, qui tend à ne voir dans le sexe qu’un besoin primaire à assouvir. Les jeunes sont spécialement visés par ce phénomène, ce qui serait inquiétant. De plus existent maintenant des applications permettant de trouver des partenaires au hasard des rencontres dans la rue. De même la prostitution, surtout celle qui s’opère dans des pays pauvres par des ressortissants de pays riches est une déviance grave.

    Un curé résumait autrefois ce qu’il entendait des hommes en confession : chaque mois, leurs femmes avaient leurs règles, et leur demandaient de l’argent… Ce n’était pas la gaieté !

    Une relation sexuelle sans amour est un acte machinal.

    Les personnes âgées, pour lesquelles le désir sexuel commence souvent à être en défaut, à moins que ce ne soit la disparition de partenaires masculins, compenseraient par l’abus de pâtisseries pour les femmes, et d’alcool pour les hommes.

     

     

                     Le sexe dans l’Histoire, la politique et les religions.

     

    L’amour était divinisé aussi bien chez les Egyptiens (Amon, en érection dans certains bas-reliefs), Pan, Eros, Priap chez les Grecs…

             Le cas des amours platoniques  d’Abélard et Eloïse a été cité : il peut y avoir amour sans sexualité.

             Dans les temps anciens, la femme n’a généralement pas été  reconnue dans ses désirs sexuels, sauf dans les cas, très rares, de sociétés matriarcales.

             Les hommes politiques ont souvent profité de leur pouvoir pour séduire des femmes en grand nombre, par exemple Louis XIV, DSK et bien d’autres. Les femmes n’ont que rarement fait de même, mais elles en avaient moins l’occasion.

    Il y a une cinquantaine d’années, a été légalisée la « pillule », qui devait libérer la femme. Cependant, cette pillule pouvait également faire peur, à cause d’effets potentiels imprévus. D’autres hommes n’envisagent les femmes que comme madone ou putain.

             Les religions monothéistes ont été très critiquées, que ce soit le catholicisme, avec le célibat des prêtres, l’Islam, avec la subordination de la femme, et le judaïsme. Pourtant, il a été remarqué que dans le chemin proposé par Jésus-Christ, ce dernier ne parle pas du tout de sexe, ayant des relations amicales avec les hommes comme avec les femmes: la religion chrétienne serait a-sexuelle, du moins en ses débuts.

    Il a aussi été remarqué que les œuvres d’art les plus belles seraient celles qui parlent de Dieu (exemple le requiem de Camille Saint-Saëns, qui pourtant était agnostique, ou celui de Fauré), ou de l’Amour (inutile de citer…). Pourtant, Dieu et l’Amour existent-ils ?

     

    En conclusion, le débat a été animé, sans débordement, et les participants étaient heureux d’avoir pu échanger sérieusement sur un sujet aussi intime. Et finalement, il n’y avait pas parmi nous, d’obsédé sexuel.

     

                                    Compte-rendu  rédigé par Benoît Delcourt.

     

     

     


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  •                         Compte rendu personnel  du débat du 14 Déc. 2019 :

     

                      Quand on attend un sauveur, on reçoit un dictateur.

     

    (Débat sans texte d’introduction).

     

    La discussion a tourné autour de quatre sujets principaux:

     

    Quelles sont les caractéristiques d’une dictature ?

    Comment naissent les dictatures ?

    Des exemples de dictateurs.

    Divers.

     

    Quelles sont les caractéristiques d’une dictature ?

     

    En politique nationale, on est en démocratie (le contraire d’une dictature) quand il y a séparation entre les 3 pouvoirs, législatif,  exécutif et judiciaire.

    Une dictature se signale par un culte de la personnalité, par l’usage de la violence, par la restriction des libertés publiques, par la propagande (cf. Maréchal nous voilà). Il y a souvent autour du dictateur une caste de personnes prêtes à tout (Algérie ?). Le dictateur se nomme lui-même de noms spéciaux guide (Führer, Hitler), conducteur (duce, Mussolini), petit père des peuples (Staline).

    Il y a des dictateurs originaux, comme dans Maître Puntilla et son valet Mati (de Bertold Brecht). Quand le maître est à jeun, il commande, quand il est saoul, c’est le valet qui commande.

    Dans un couple, l’autoritarisme peut venir d’une tendance à l’obéissance de la femme par rapport à son mari : l’obéissance crée parfois la servitude. L’autoritarisme peut parfois dévier en « emprise », mise en esclavage que la victime accepte car elle ne peut s’y opposer.

    Dans l’Eglise catholique, l’autoritarisme s’appelle le cléricaliseme, et est, selon le pape François, « un péché qui se commet à deux, le clerc et le laïc ». Il est en effet plus confortable pour le laïc d’accepter tout d’un clerc, cela le dispense d’avoir à s’occuper de la vie paroissiale, mais cela laisse le champ libre aux abus de pouvoir  tragiques que l’on voit en ce moment dans l’Eglise. Ce qui vaut pour l’Eglise vaut aussi pour beaucoup d’autres communautés.

    Dans les sectes, le gourou est un dictateur.

    Dans les relations de travail, la désobéissance est parfois nécessaire pour contrer un trop fort autoritarisme, c’est le cas de la grève, prévue dans notre Constitution. Ce peut être aussi la désobéissance civile. Aussi, certains PDG pensent pouvoir se comporter de façon incorrecte avec leurs « collaborateurs ».

    Hégel voit dans les relations du maître et de l’esclave une « dialectique » (opposition féconde,) dans la mesure où l’esclave a la maîtrise de la production, ou au moins de ses outils de production.

    N’y a-t-il pas un peu de dictature dans une démocratie, quand 51%  des citoyens peuvent ne pas tenir compte des autres 49%, et même plus généralement quand la majorité ne tient aucun compte de la minorité. Le cas de Jaques Chirac a été cité : élu en 2002 avec un grand nombre de voies de gauche (pour éviter J.M.Le Pen), il n’en a pas du tout tenu  compte par la suite.

    Le problème actuel est qu’il y a une tendance internationale à ce que le pouvoir soit donné à des bouffons. Cela peut avoir des conséquences graves ! Il est de toutes  façons insuffisant de se moquer d’eux.

     

    Comment naissent les Dictatures ?

     

    Tout d’abord, la dictature n’a pas toujours été ressentie de façon négative : elle était souvent dans les temps anciens, un mal nécessaire, dans la mesure où la culture moyenne des personnes pouvant voter était trop faible. Exemple : Denys de Syracuse était populaire.

    Les dictatures naissent le plus souvent d’une « crise », d’un problème non résolu, par exemple dans le cas de désordres et d’anarchie, ou simplement quand « cela ne va plus »: on a alors besoin d’un « sauveur », (et non d’un sauveteur), pour assurer le « salut ». Elles naissent  en général avec le consentement d’une bonne partie de la population.

    Le sauveur devrait avoir quelques diplômes, mais on lui demande d’être charismatique, d’entraîner les foules.

    Le cas de la religion Juive a été cité : il y a une attente du messie, qui viendra libérer le peuple des oppressions extérieures (des Romains il y a deux mille ans).

    La cas du Christ est très spécial, en ce qu’on attendait un génie militaire, qui chasserait les Romains de la Palestine, et on a eu un prophète du respect, de l’amour  et de la charité, y compris vis à vis des Romains, qui a proposé un chemin de vie, une voie toujours d’actualité.  De plus, ce serait un précurseur de la laïcité, en ce qu’il sépare bien le spirituel du temporel (voir l’impôt payé à César). Enfin, serait-il mort sur la croix « à cause de nos péchés » ?

    Ne pas confondre sauveur et sauveteur ; le second cas est ponctuel et limité dans le temps, on devient un « héros » si l’occasion se présente, ou un « lâche », comme dans le cas des gens qui ont désarmé un tueur sur un pont de Londres, mais ceci est sans lendemain.

     

    Des exemples de Dictateurs.

     

    Les cas de Hitler, de Mussolini, de Staline, de Mugabe  (Zimbabwe) ont été cités.

    Le cas de Napoléon est un peu plus compliqué. Certes il a été d’un autoritarisme indéniable. Pourtant, il a laissé derrière lui le code civil, l’école polytechnique, et autres organisations qui durent encore. Alors qu’après une dictature, il ne reste rien le plus souvent.

    Dans le cas de de Gaulle, il y avait en 1958 une accusation de dictature, du fait que l’armée avait pris le pouvoir à Alger, et le lui avait donné. Mais ce dernier « n’avait aucune envie de devenir dictateur à 67 ans », et il s’est contenté, après s’être fait adouber paar une élection, après avoir résolu le problème Algérien, de donner une Constitution qui nous régit encore.

    Mandela était un « sauveur » démocrate. Et Gandhi ?

     

    Divers.

     

    On a bien sûr parlé des grèves de chemins de fer et des gilets jaunes. Pour certains, les cheminots et les gilets jaunes représentent le peuple, pour d’autres, le peuple exprime sa volonté par les élections. Et les brutalités policières ne peuvent faire oublier les brutalités des gilets-jaunes-black-blocks.

     

                  C.R. rédigé par Benoît Delcourt, Pierre Marsal ayant envoyé  les notes relatives à ses interventions.


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  •                         Compte rendu personnel  du débat du 7 Déc. 2019 :

     

                                  Avoir du sens ? Faire du sens ?

     

    La discussion a tourné autour de quatre sujets principaux:

     Les propriétés du sens que nous donnons à nos vies.

    L’état est il en charge du sens de nos vies ?

    Y-a-t-il  un sens, et même y-a-t-il un futur ?

     

    Puis la discussion a dérivé vers l’actualité politique : le problème des gilets jaunes.

     

    Les propriétés du sens que nous donnons à nos vies.

     

    Le sens d’une vie est directement relié aux valeurs. Il est de la responsabilité de chacun, c’est sa vie. Il se construit en cherchant une certaine cohérence.  Il est lié au dernier étage de la pyramide de Maslow. Il se recherche avec ce qu’on a vécu avant.

    Trouver le sens de sa vie nécessite d’accepter de « sortir de sa zone de confort », de prendre des risques et d’accepter un chemin cahotique ; il est vrai cependant que la les parents ont parfois à « éponger » des erreurs de parcours..

    Trouver un sens dans sa religion : oui mais à quoi Dieu joue-t-il ?

    Le sens pourrait se former petit à petit depuis la petite enfance, avec les sensations du corps. Pour les chiots nés par Césarienne, la relation avec leur mère est souvent impossible. Et inversement, une vie pleine de sens se réfléchit sur la bonne santé du corps (« le corps ne ment pas »).

    Si sa vie n’a aucun sens, il y a risque de burn-out.

    Le sens peut aussi être recherché dans une certaine errance, comme c’est le cas de ces jeunes gens qui refusent le confort d’une voie que leurs parents, souvent inquiets,  veulent leur imposer, sans s’intéresser à la recherche qu’ils font pour trouver leur propre voie, et qui  risquent d’autres voies moins orthodoxes. A cet égard, il est recommandé d’accepter l’imprévu.

    Enfin, la résolution des problèmes qui se posent dans la vie « fait du senes ».

         L’Etat doit-il être responsable du sens de la vie ?

     Comme d’habitude, la discussion a dérivé sur la politique.

    Il a été suggéré que les problèmes actuels (grèves, gilets jaunes) pourraient  venir du fait que les citoyens ne trouvent pas de sens à leur vie et que les dirigeants soient obnubilés par la maîtrise du budget et du PIB. Il y avait autrefois des valeurs communes,  patriotisme, défense de la patrie, religion,  mais tout cela semblerait s’émietter, au profit d’un individualisme, d’une recherche exclusive du profit, ou encore, dans le cas d’une maladie, par la pratique exclusive de la médecine allopathique, qui ne s’occupe pas des maux de l’âme.

             Cependant, il n’est plus possible pour un Etat de dire aux citoyens quel chemin ils doivent suivre. L’Ancien Régime a bien montré les limites de cet exercice, de même que le communisme  (qui prétendait savoir  le « sens de l’Histoire »). L’Etat, aujourd’hui ne devrait s’attacher qu’à assurer l’intérêt général, et, en dehors des problèmes fiscaux,  faire pour cela des choix d’urbanisation, la décision revenant aux maires ou présidents d’intercommunalités. Les résultats de ces choix peuvent être critiqués, par exemple la prolifération des pavillons de banlieue, qui privilégient les déplacements en voiture, alors que marcher est dans notre nature depuis toujours. Ne vaudrait-il pas mieux construire en hauteur et  s’agrandir à surface constante?

    L’Etat , autrefois, avait de grands projets, reconstruisait les villes après une guerre, construisait des barrages,  et des centrales nucléaires, toutes choses qui faisaient du sens. Maintenant le grand projet qui s’impose est le sauvetage de la planète.

                     Le sens et le temps.

     Cette question du « sens » qui est sans cesse rabâchée  ne serait-elle pas encore un mot valise à la mode : voir le mouvement « sens commun » ? D’autant plus que quand on emploi ce mot on y mêle ses différentes acceptions qui n’ont souvent rien à voir : signification, direction. (le texte d’introduction précisait qu’on se limitait à : direction). Et de plus on le couple à un verbe décrivant un processus. Et dans l’exposé il y a au moins 5 verbes différents (il y en a peut-être plus) : avoir, donner, faire, produire, porter.

    - Cet exposé explicite le sens dans une optique sinon catho, en tout cas très occidentale et rationnelle. L’auteur du texte d’introduction  assume sa qualité d’occidental et pense que tous les participants étaient des occidentaux..

    - Dans la mesure où sens évoque un chemin parcouru ou à parcourir, sa signification dépend de la conception du temps que l’on a.

    - En Chine, comme le signifie le Dào Dé Jing, c-à-d. Chemin Vertu Livre, (note : on écrit parfois Tao Tê King, mais le pinyin, transcription officielle retient le premier), le temps est cyclique, caractéristique d’une civilisation d’essence agricole  qui commence ainsi :

    Le Chemin qui peut être nommé n’est pas le chemin pour toujours. 

    - Le psychiatre Jung a développé le concept de « synchronicité », qui serait en quelque sorte une deuxième dimension du temps orthogonale au temps ordinaire en tout point de celui-ci . Il expliquerait les coïncidences, les simultanéités d’événements sans relation causale apparente.

    Point qui a intéressé certains physiciens comme W. Pauli, confrontés à des paradoxes de leur discipline (période de désintégration des atomes, paradoxe EPR).

    Si ce temps existe il n’est évidemment pas pris en compte dans les équations. (Ce point a été contesté : la physique quantique prend bien en compte le temps).

    - D’autres physiciens conjecturent l’existence de multi-univers. Dans cette optique ce n’est pas idiot de penser que le chat de Schrödinger. est à la fois vivant et mort, mais dans deux univers différents.

    Si ces deux hypothèses sont valides la notion de sens n’a plus de sens.

    - L’ennui, si ces représentations sont valides, c’est la négation des causalités et donc des responsabilités.

     

    Le problème des gilets jaunes.  

     

    La question était de savoir si ce mouvement, né d’une « colère » après la maladresse du gouvernement augmentant les taxes sur le diésel, pouvait déboucher sur une  Révolution. Un Révolution peut naître d’une « colère » du peuple, mais aussi du sentiment qu’ont une grande partie des citoyens qu’on les utilise à des tâches subalternes alors qu’ils sont capables de faire bien mieux. C’était le cas pour la Révolution Française, où la bourgeoisie se sentait déclassée et humiliée, et a produit le plus grand nombre des Révolutionnaires. Dans notre pays, beaucoup de talents partent aux Etats-Unis, où ils trouvent des occupations à leur niveau. Cependant, dans le cas des gilets jaunes, on ne voit pas poindre d’équivalent de Lafayette, Mirabeau ou Robespierre (d’ailleurs tous les trois issus de la noblesse). Or une Révolution ne peut pas se passer de leaders charismatiques. C’est pourquoi le mouvement des gilets jaunes ne pourrait déboucher sur une Révolution,  mais tout au plus sur l’équivalent du phénomène médiéval appelé  « jacquerie ».

     

    Pour finir, une utilisation du mot sens non citée dans le texte d’introduction : « en dépit du bon sens ». On peut employer cette expression dans le cas des urgences des Hôpitaux, où des internes sont pleins de bonne volonté, mais… ne parlent pas toujours le Français. Errreur de gestion des « ressources humaines » (quelle vilaine expression, comme si les humains pouvaient être un ressource !).

     

    P.S. Dans les « prophètes cités dans le texte d'introduction,, il serait judicieux de remplacer Confucius par Lao-Tseu , et dans les modèles du vingtième siècle, il faudrait rajouter Martin-Luther King.

     

    Ce C.R. a été rédigé par Benoît Delcourt, avec les notes des interventions  de Pierre Marsal rédigées par lui-même..


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