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    Compte rendu du débat du 19 juin 2021 :L’habitat participatif : effet de mode ou vraie réponse aux enjeux de la ville de demain ?

     

     

     

    Douze personnes se sont réunies ce samedi durant plus de deux heures pour discuter du sujet de l’habitat participatif. Une courte vidéo issue d’un teaser d’une émission d’Envoyé spécial a été d’abord visualisée avant de lancer le débat. La tendance générale fut la prégnance d’un amalgame de curiosité et de grand intérêt au sujet, couplé à de la confusion, à des préjugés et à des réticences.

     

     

     

    Des questions foisonnantes sur la nature et l’objet de l’habitat participatif

     

    La discussion a porté sur la nature de l’habitat participatif et a révélé la présence d’une confusion quant à son acception chez les débattants. L’habitat participatif serait-il un lieu de résidence ouvert à tous les autres habitants, dépourvu d’intimité et où l’on peut à tout moment être importuné par les autres voisins ? S’agit-il d’un logement collectif à l’instar des logements-foyers, actuellement résidence autonomie, pour personnes âgées indépendantes ? S’agit-il de résidences principales ou de résidences secondaires ? Quid de la pérennité du logement participatif ? Serait-il une sorte de prison dorée, coupé de l’environnement où il est implanté ?  

     

    Les questions des débattants ont également concerné les porteurs de l’habitat participatif. Qui sont les personnes qui choisissent ce mode d’habitat? Quel est leur profil ? Comment se choisissent-ils ? Quelles sont leurs motivations ? Sont-ce des personnes âgées fuyant la solitude et cherchant à instaurer un modèle qui soit l’antichambre de l'EHPAD ?, ou s’agit-il plutôt d’une minorité de bobos écologistes rêvant d’un modèle de cohabitation novateur mais utopiste ? Y a-t-il des gens qui seraient plus enclins que d’autres à adhérer à ce type de logement ? Ce type de logement ne concerne-t-il pas plus les femmes que les hommes vu l’augmentation de leur espérance de vie comparée à celle des hommes ? 

     

    Enfin il s’est agi de se questionner sur les modalités de la réalisation de l’habitat participatif. S’agit- il de logements auto-construits à l’instar des logements Castors où les habitants seraient à  la fois maîtres d’ouvrages et maître d’œuvre? Comment se fait la mutualisation des ressources ? Y a-t-il besoin d’un apprentissage collectif pour mener à bout ce projet ? Qui peuvent être les apprenants ? Comment s’inscrivent ces initiatives dans les PLU ? 

     

     

     

    L’habita groupé, pas si novateur que ça 

     

    En réalité l’habitat participatif est porté par un groupe de personnes, pouvant se constituer maître d’ouvrage, aspirant à être acteurs de leur lieu de vie de la conception à la réalisation. Leur choix de cohabitation collective correspond à un besoin à la fois de réintégration d’un vivre ensemble intergénérationnel perdu, mais également,- en privilégiant la mutualisation des ressources -, d’intérêt écologique, mais aussi financier. Si certains pensent que le logement participatif est plus porté par des personnes dont la culture serait plus à même d’être compatible avec les règles de l’habitat en communauté tels que le respect des aînés, la solidarité, comme en Afrique, d’autres rétorquent que cette forme de logement en communauté a en réalité toujours existé. Il n’y a pas si longtemps que ça, l’habitat en groupe marquait à la fois une unité de parenté qu’une unité économique (ferme, domaine…), rassemblant tous les services nécessaires à la vie d’une famille élargie et ce d’une manière durable. Ce n’est qu’à partir du XXe siècle seulement que la famille élargie a disparu au profil de la famille nucléaire. Ce changement morphologique de l’unité familiale de base s’est traduit par une propension au logement individuel restreint au couple parental et aux enfants. La mutualisation des ressources au sein d’une même communauté a également existé, en témoigne les lavoirs municipaux, lieu d’échange par excellence, ou la tendance jadis, à regarder collectivement la télévision chez un voisin. Néanmoins certains pensent que malgré l’individualisation de la société, il est indéniable que, sur le long terme, un retour à l’habitat en communauté et un réapprentissage de la coopération vont s’opérer dans les prochaines années. Ils pourraient être en effet une des solutions pour faire face aux problèmes environnementaux et démographiques. 

     

     

     

    L’habitat participatif : Une expérience complexe, étalée dans le temps et  pleine d’embûches 

     

    Des particuliers insatisfaits de l’offre proposé par le marché de l’immobilier et partageant certaines valeurs et objectifs, se regroupent afin de concevoir, de financer et de réaliser ensemble un projet immobilier. Ce projet doit répondre la fois à des besoins individuels d’espace, mais également aux attentes sociales ainsi qu’aux possibilités de financement de chacun. Nombre croissant de collectivités proposent également des terrains viabilisés et adaptés à l'habitat participatif à l’instar de la commune d’Ingersheim où est née le projet d’écho-hameau Le Champré. En effet, le conseil municipal de la commune achète en 2005 un domaine, le viabilise et établit un cahier des charges s'inspirant du modèle britannique Bedzed au sud de Londres. Moyennant le respect du cahier des charges établi par la commune, neuf familles ont alors acquis une parcelle de terrain, se sont constituées en Société Civile immobilière pour y construire un logement participatif personnalisé.  

     

    La première étape dans la réalisation d’un habitat participatif est une phase de réflexion matérialisée par la tenue de plusieurs réunions pouvant s’étaler sur plusieurs années. C’est une étape importante où les potentiels futurs habitants doivent bien se connaître, définir leurs attentes et limites et le type d’organisation en matière de répartition des tâches. Dans un second temps, ils doivent définir un programme technique déterminant l’emplacement du projet, sa taille et son architecture, son système constructif et sa densité, et enfin le montage juridique et financier de l’opération. L’aboutissement de cette phase est la formalisation d’une charte très détaillée. 

     

    Dans certains projets ce sont les habitants eux même qui réalisent tout ou partie du chantier. Si certains membres du collectif sont bricoleurs ou possèdent déjà des connaissances et des savoirs- faire techniques, d’autres n’hésitent pas à mettre leur énergie à apprendre des techniques de constructions ou d’installation des équipements et des réseaux d’eau et d’électricité. Mais l’idée de devoir apprendre à construire paraît fastidieuse pour certains débattant alors que d’autres pensent que cela ne peut être qu’un enrichissement pour les personnes se lançant dans ce type de projet. 

     

     

     

    Indépendance et interdépendance 

     

    Contrairement à l’idée reçue, la sphère privée et la sphère collective sont strictement distinctes dans l'habitat participatif. Le principe est de bénéficier de son propre logement privatif et de pouvoir jouir dans le même temps d’espace collectif ou d’outillages mis à la disposition de tous les autres résidents. Ainsi, salles de jeu, chambre d’amis, buanderie, garage, vélos, voitures, matériels de bricolage et de jardinage, potager, peuvent être fournis aux résidents moyennant une réservation à l’avance. En refusant le consumérisme et en mutualisant les ressources, cela permet de réduire drastiquement l’emprunte carbone de la communauté et favoriser l’esprit d’entraide. Des services peuvent être aussi dispensés sous forme de cours ou d’ateliers ou simplement de la garde d’enfants par ceux qui disposent de plus de temps libre.  

     

     

     

    Des réticences persistantes

     

    Le débat sur l’habitat participatif était passionnant et a suscité beaucoup d’intérêt. Malgré quelques éclaircissements certains débattants ont trouvé que le délai de préparation de ce type de projet pouvant aller de 2 à 5 ans est rédhibitoire. De même une préparation en amont aussi méticuleuse soit elle, n’empêchera pas sur le long terme, les problèmes d’usures qui peuvent survenir malgré toutes les bonnes intentions initiales. Néanmoins pour parer au risque de non aboutissement de ce type d’expérience encore fragiles, des métiers émergeant sont aujourd’hui en train de se développer tel que médiateurs ou formateurs pour accompagner les groupes qui le souhaitent.

     

    Le montage juridique de l’habitat participatif complique à la fois l’accession au logement ou sa transmission, car il faut devoir candidater pour prétendre accéder à un logement participatif vacant. Le problème soulevée par certains serait la difficulté d’un nouveau résident à trouver sa place facilement dans une communauté déjà existante depuis plusieurs années. En étant propriétaire d’un habitat participatif et en cas de décès, les héritiers ne peuvent prétendre automatiquement à la propriété matérielle du bien. Pour y loger, il faut pour cela candidater comme tous ceux qui souhaitent accéder à ce type de logement et être choisi par la collectivité. À défaut d’être choisi et si le bien est sous le régime de la SCI,  les parts sociales du défunt doivent être rachetés par la SCI. Dans ce cas la Société Civile Immobilière d’Attribution pourrait être une solution. 

     

     

     

    C.R rédigé par Nesrine AZIZI 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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    CR personnel du débat du 10 Avril 2021: Douter, remettre en question serait-il devenu un affront, un abus, un acte complotiste ?

     Le débat a duré 2 heures et a rassemblé jusqu’ 12 personnes. Les différentes interventions ont été classées par thèmes et résumées.

     Quelques brèves définitions

     Complot. Action menée en commun et secrètement dans un but précis (pouvoir, argent) qui vise des personnes (Conspiration. Complot visant un Etat, un gouvernement…).

     Comploteur. Quelqu’un qui prend part à un complot

     Complotiste. Quelqu’un qui voit des complots en tout, dictés par la peur, la jalousie, l’envie.

     

    Registre du ressenti

     Le complotisme est un mot à la mode qui cherche à décrédibiliser celui qui ne pense pas comme les autres. « On fait l’amalgame entre ceux qui posent des questions et ceux qui pensent que la Terre est plate ». Ce mot a été reconnu comme insultant car, au-delà de l’action,il juge la personne qui se sent rejetée, humiliée, décrédibilisée, ostracisée.

     Le complotisme a été comparé aux lanceurs d’alerte:comme eux, les complotistes sont minoritaires et peuvent se sentir victimes. Mais les lanceurs d’alerte sont très utiles, à ne surtout pas mettre dans le même sac.

     

    Le complotisme, pourquoi ce mot est-il de plus en plus utilisé ?

     Qu’est-ce qui autorise à dire que quelqu’un est complotiste ? Traiter les gens de complotistes a pour résultat de diviser la société, inspirer la guerre de tous contre tous.

     Il y a des idées dominantes, la « doxa ». Des complots qui dérangent l’ordre existant, qui peuvent déranger la doxa, ce n’est pas plus mal ! Cela contribue à nous remettre en question… Exemple : Galilée.On a longtemps pensé que plus lourd que l’air ne pouvait pas voler.La doxa n’est donc pas toujours la vérité ! Sur l’incendie de Notre Dame, on dit que c’est un accident, mais on peut se poser des questions. « Je voudrais qu’on me le démontre ».

     Oui mais que faire quand on ne sait pas, quand un évènement comme la pandémie nous plonge dans l’inconnu ?Doute, défiance, théorie du complot : c’est un mouvement crescendo qui aboutit à enfermer sa pensée en soi-même. Essayons de garder confiance en l’autre. Oui certains ont fait des choses détestables, cela ne suffit pas à tout rejeter. (Le bébé avec l’eau du bain)

     Il est bien connu que le complotisme apparaît à chaque épidémie. Parce que les gens ont peur et c’est normal :on est dans l’incertitude, notre raison a besoin de s’accrocher à une explication. Alors si on n’en a pas, on est tenté d’en fabriquer. L’inconnu est très inquiétant, angoissant. La peur enlève la capacité de jugement. Et aujourd’hui, ces fausses explications trouvent une caisse de résonance considérable avec les réseaux sociaux et peuvent avoir des conséquences très graves.

     

    Le doute

     Douter n’est bien sûr pas un délit, n’est pas répréhensible, tant qu’il n’est pas teinté de soupçon. Le doute est légitime, il est d’ailleurs à la base de la démarche scientifique qui cherche justement à lever le doute. Exemple : le médecin confirme son diagnostic avec des examens. Il faut faire très attention de ne pas confondre cause et corrélation. La première dit qu’il y a relation de cause à effet, la seconde qu’il y a juste coïncidence, qui peut être fortuite. Et aussi faire très attention aux chiffres sortis de leur contexte, on peut leur faire dire ce qu’on veut.

     Quand le doute est chargé de soupçon et d’accusation,il devient pernicieux et peut devenir manipulateur. La certitude est rassurante, la vérité est cathartique, les soupçons créent le désordre. On peut en arriver à douter de tout, à perdre toute sérénité… Plutôt que d’interdire des propos censés être faux, faisons un débat contradictoire basé sur des faits, des explications scientifiques. On peut juger les faits si on nous les expose !

     Mais parmi toutes les affirmations fantaisistes, qui mêlent le vrai et le faux, il est parfois difficile de séparer le vrai du faux, d’apporter des preuves. Exemples : que la Terre est plate, ou que le monde a été créé (Créationnisme), que le groupe de Bilderberg (qui existe bien) dirige le monde en secret.

     

    Confiance, défiance

     Pourquoi ne croit-on pas certaines affirmations ? Parce qu’on nous a menti. Par exemple sur le nuage de Tchernobyl, sur le sida, sur les masques…

     Le doute est légitime. Mais la méfiance produit un décalage du niveau des idées au niveau des personnes, qui sont dès lors menacées, peuvent voir leur adresse divulguée, leur famille exposée à la violence… « Certains touchent des sommes astronomiques… J’ai plus confiance dans ceux qui ne touchent rien ! »Oui mais parfois il faut choisir entre le conflit d’intérêt et l’absence d’intérêt ou de compétence…

     

    Fake-news, fausses nouvelles

     Les fausses nouvelles, les rumeurs ont toujours existé, car quand on bute sur un problème inconnu, on essaie de trouver une explication rationnelle.

     Exemples cités au cours du débat : les Illuminati, la Terre plate, « Les centrales nucléaires émettent du CO2 », le négationnisme (sur le Goulag, la Shoah,…), les mensonges de certaines entreprises pharmaceutiques… certains sans dégât, d’autres à l’origine de graves conséquences jusqu’à des morts.

     On peut énoncer quelques règles

        · Ne pas chercher des preuves de ce qu’on affirme, c’est être dans le complotisme.

     Chercher un coupable à tout prix a pour conséquence d’enlever la sérénité sociale.   

    Toujours lutter contre la désinformation.

    ·       Essayer de conserver confiance en l’autre

     

    Le complotisme fait beaucoup de dégâts actuellement.Il y a un enjeu à répandre des choses fausses car c’est ensuite difficile de rétablir la vérité. Ces discours mélangent le vrai et le faux, et il est difficile de s’y retrouver. Il est très important d’aller regarder les informations que donnent ceux qui ne sont pas d’accord avec soi, de chercher des opinions contradictoires.

     

    Les réseaux sociaux

    Une nouveauté déterminante, ce sont les réseaux sociaux.Ils donnent la parole à ceux qui ne l’ont pas ailleurs et c’est très important. Mais ils permettent à un grand nombre de s’exprimer trop vite. Rétablir la vérité coûte de plus en plus en temps et en efforts. Et quand la vérité est rétablie, on a déjà oublié, on est passé à autre chose et le mal est fait. Les gens qui lancent des fake-news ont toujours un train d’avance. La multiplicité d’opinions est une bonne chose. Mais certains veulent monopoliser le débat, empêcher d’autres de s’exprimer : ils balancent des fake-news qui gênent, occupent le terrain. Le coût de la défense est alors supérieur au coût de la déstabilisation.

     De plus la surcharge d’information échappe au contrôle. Autrefois on ne publiait que sous le contrôle de comité de lecture, comité de rédaction, ce qui limitait la quantité d’information. Aujourd’hui on peut publier sans aucune vérification. De plus il y a des phénomènes de regroupement, de foule, en flux énorme, autour d’un message dont la vérité est relative.

     Et les fausses nouvelles provoquent des catastrophes. Les algorithmes des réseaux sociaux construisent des chambres d’écho, d’amplification : puisque telle opinion est très répandue, c’est la vérité, et pourtant ce n’est pas représentatif de la réalité, ce n’est qu’une partie des opinions. Et n’écouter qu’une partie des opinions est très dangereux, peut mettre autrui en danger.

     

    La connaissance, la vérité

    Il existe des lieux où les scientifiques s’expriment, échangent, discutent, s’affrontent… avec des arguments qui échappent au public. Les scientifiques qui cherchent les réseaux sociaux pour s’exprimer sont souvent ceux qui ne sont pas en phase avec les réseaux scientifiques, pas reconnus par leurs pairs. Un chercheur de renom comme Raoult nous a induit en erreur.

    La vérité n’est pas facile à trouver, il faut du temps et des efforts. Être complotiste est une facilité. Sur internet, le résultat d’une recherche dépend beaucoup de la façon de poser la question.La littéracie est la capacité à comprendre les informations : il y a des personnes qui n’ont pas cette capacité, qui mettent au même niveau tous les sujets…Certains veulent monopoliser le débat, empêcher les autres de s’exprimer en balançant des fake-news. Il est indispensable de faire le tri, de regarder des documents contradictoires, pas seulement d’un côté, pour se construire sa propre vision.

     

    La liberté d’expression.

    Elle est définie ainsi : toutes les opinions sont permises sauf celles qui font du tort à autrui. Certains pensent qu’on n’est pas aussi libre, qu’on empêche des personnes de s’exprimer, on cherche à les faire taire, à les censurer.On peut voir un article supprimé sur les réseaux sociaux, est-ce une entrave à la liberté ? Pour limiter les dégâts de certaines fausses affirmations, une régulation est indispensable, elle débute à peine.

    La pandémie

     Le virus suscite des peurs, qui empêchent la sérénité car on a besoin de cohésion. L’incertitude est inconfortable, on cherche à s’en affranchir. (C’est un terrain qu’a occupé l’Eglise en affirmant ses dogmes). Devant cette maladie Covid, on ne sait rien, on est bien obligé d’accepter le doute.On reçoit des infos contradictoires, par exemple sur les effets secondaires et le bon usage des vaccins. Cela provoque ambigüités et confusion. Malgré sa célébrité, Raoult a été discrédité par ses pairs.

     Quand ON NE SAIT PAS, il est important de le dire :nous devons gérer une situation floue, accepter le doute. La difficulté est de trouver la vraie cause : il est plus facile de désigner un coupable ! Or seule la cause permet de trouver la solution.Le reproche que l’on peut faire aux complotistes, c’est qu’ils prétendent savoir, c’est que leurs croyances leur tiennent lieu de preuves.

     C.R. rédigé par Marie-Odile Delcourt


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      C.R. personnel du 27 Mars 2021 L’esprit s’oppose-t-il au cœur ?

     

                                  C.R. rédigé par Benoît Delcourt.

     

         La question du titre a donné lieu à de nombreuses critiques et  reformulations, et aussi à de nombreux  commentaires anatomiques. Une autre question, pas du tout envisagée dans le texte d’introduction mais bien dans le sujet : le corps (et non le cœur) peut-il dominer l’intellect, comme dans le cas de la douleur. Enfin on a parlé de l’éducation, dans ce qu’elle apprend à dominer ses émotions.

     

                                                            Critiques et reformulations.

     

     

     

                Certains ne voient pas du tout l’intérêt du problème posé dans le titre de l’introduction : l’être humain a bien un cœur et un esprit, mais il est un et donc il est inutile de séparer son cœur et son esprit. Certains commentaires parlaient  du « care », d’ »avoir du cœur » et même d’ « avoir bon cœur », ce qui relierait le « cœur «  avec la moralité.

     

                Le texte d’introduction décrirait l’opposition, dans l’amour de Roméo et Juliette, la différence entre le « Cro-Magnon » et le « Néandertalien ».

     

               Il a été beaucoup été question des émotions, celle qui vous font battre le cœur, par un phénomène nerveux que l’on connaît mieux que ce qu’en disait le texte d’introduction. Le Roméo du texte d’introduction, serait trop rationnel , et Juliette a eu raison de le quitter : une personne rationnelle ne pourrait avoir des émotions, et les scientifiques seraient bien souvent psychorigides, incapables d’émotions. 

     

        Les médias nous vendent, en plus de l’actualité, des émotions, car ils doivent attirer les spectateurs pour survivre. Il y a même des cas où une personne joue sur les émotions du public pour monter en grade ou gagner des grosses sommes d’argent: ce n’est alors plus de l’information, mais de la manipulation. Cependant, il n’est pas obligatoire de se laisser piéger par ce jeu sur l’émotion, et il existe des médias qui informent honnêtement, à chacun de savoir les détecter.

     

         Pour ce qui est de l’information sur la Covid19, il ne manque pas de personnes sachant exactement ce qu’il faut faire, et ce sont bien souvent soit des menteurs, qui changeront d’ailleurs d’avis mais seront toujours aussi péremptoires, soit des ignorants.

     

    Les émotions peuvent parfois être partagées par un groupe, que ce soit une famille, ou les employés d’une entreprise, ou… le café-débat, ou encore une équipe sportive : l’émotion peut alors être très constructive.  Mais elle peut aussi être très dangereuse, comme on l’a vu au 20ème siècle, où les phénomènes de foule ont mené aux pires atrocités (Il y a deux milles ans, le Christ en a aussi été victime).

     

          L’Homme ayant un inconscient, les émotions se font parfois à notre insu, et par exemple une affinité peut naître sans qu’on s’en aperçoive. Et les émotions peuvent naître de façon inattendue, par une intonation, ou un mot qui parle à  votre inconscient  sans que vous l’analysiez.

     

    La peur est une émotion, que les détecteurs de mensonges prétendent mesurer, par exemple en mesurant la sudation du « patient ». Peut-on tromper ce détecteur en cachant ses émotions ?

     

    Une phrase célèbre de Blaise Pascal a été citée :« le cœur a ses raisons que la raison ne connait pas ». Cette dichotomie  entre les émotions d’une part, raisonnements de l’autre a été au centre d’une bonne partie des interventions ; elle va bien dans le sens de la philosophie binaire de Descartes Cependant une qualité a été mise en avant : la curiosité, indispensable au raisonnement scientifique et technique.

     

    Un qualité qui dispenserait du raisonnement : l’intuition. Pour certains elle ne s’explique pas, ou bien elle est reliée au hasard ; pour d’autres elle est liée à l’expérience, qui vous permet de décider rapidement dans une situation apparemment complexe, parce que vous en avez déjà vécue une ou plusieurs similaires. Parfois, l’analyse des données du problème ne donne rien et l’expérience manque ;  il faut alors prendre une décision dans l’instant, comme dans le cas d’un imprévu dans une opération chirurgicale : on décide                alors, mais c’est aléatoire. Cette « intuition » peut aussi venir de raisonnements pendant le sommeil, où le cerveau  continue à travailler sur un sujet qui vous tient à cœur, sans qu’on le lui demande ; peut-elle être parfois imputée au pur hasard ?.

     

     

     

                                                             Détails anatomiques.

     

     

     

            On a parlé de cerveau « néo «  , de cerveau « paléo », de cerveau « triunique »,reptilien pour le boire et le manger, affectif pour émotions et emprise et rationnel, du lobe frontal, lieu du raisonnement détaché des émotions, du bulbe rachidien et du nerf vague. Pour toutes ces notions, consulter par exemple Wikipedia.

     

          Le cerveau aurait plusieurs couches, laquelle prédomine ?

     

          Il a été remarqué que les Grecs situaient le centre des émotions dans le foie, de même que les Chinois de l’antiquité. Ainsi, chez ces derniers on pouvait manger le foie des ennemis vaincus pour se donner ce que nous appelons du courage (mais ce mot  vient du mot cœur).

     

    Enfin, il faut signaler que la science moderne gratifie l’intestin de l’Homme de neurones, les microbiotes.

     

     

     

                                                   Le corps peut-il dominer l’intellect.

     

     

     

          Le texte d’introduction soulignait l’action se l’esprit sur le cœur. Il a aussi été question dans ce débat de l’action du corps sur l’esprit, notamment dans les phénomènes  de  besoins primaires comme manger ou boire, , ou de douleurs, comme la nausée, qui « sature l’esprit » et  court-circuite la raison. Pavlov a été cité à ce propos. La douleur est une information que le corps envoie au cerveau, elle donne priorité au corps sur l’esprit. Le corps ne ment jamais, il nous parle.

     

    L’expérience de l’accouchement a amené une participante à mieux supporter la douleur en lui donnant un sens, c’est un « travail ».

     

     

     

                                                          L’éducation.

     

     

     

    Comme souvent, une place importante a été donnée à l’éducation. Cette dernière est bien le temps où on apprend à maîtriser ses émotions, soit par obéissance, soit en les analysant.

     

    Une bonne éducation devrait vous donner une place élévée dans la pyramide de Maslow. Si les besoins physiques ne sont pas remplis, alors il devient plus difficile de maîtriser ses émotions.

     

     Le texte d’introduction parlait des classes sociales générées par l’Education Nationale, mais ce point a été contesté, et notamment Mai 1968 aurait en quelque sorte supprimé ce problème.

     

    Enfin, bien que le tri des bons élèves soit nécessaire,l’Education Nationale privilègierait trop le travail intellectuel par rapport au travail manuel.

     


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    CR personnel issu du débat du 13/03/2021 avec Zoom 12 participants 36 prises de parole

     

    En guise d’introduction du débat, 3’ ont été consacrées à la lecture partielle de l’édito du Ministre de l’Education Nationale Jean Michel Blanquer, concernant la rentrée scolaire 2018-2019, (voir en annexe la page du document complet officiel).

     

    I/ Débat autour du texte mis sur le blog et première partie du CR structurée à partir des thèmes  mentionnés à l’intérieur de cet édito (en gras les éléments cités par le Ministre, en non gras les interventions) :

     

    1- Les objectifs de l’Education Nationale : mieux maîtriser les savoirs fondamentaux (lire, écrire,  compter et respecter autrui) et être mieux accompagné vers son avenir. Il est indispensable de rassembler les Français autour de leur école :

     

    Il a été rappelé qu’il y a le socle commun décomposé en six domaines (les langages pour penser et communiquer, les méthodes et outils pour apprendre, la formation de la personne et du citoyen, les systèmes techniques, les représentations du monde et de l’activité humaine). Ces six domaines font l’objet de 26 fiches décrites page 5 de l’édito du Ministre de l’Education Nationale. (Après avoir téléchargé le dossier de présentation). On attend trop de l’école, de mon temps il y avait les parents et le catéchisme. Apprendre la nature, apprendre à vivre ensemble. A chaque changement de ministre il y a des nouveautés. Dans l’école il n’y a plus ou trop peu d’infirmières et de psychologues pour qu’ils puissent parler de leur mal être. L’objectif est de former des individus.

     

    2- La formation de la personne et du citoyen : Concernant  le parcours citoyen, compte tenu qu’il y avait des remarques sur le fait que ce n’était pas le rôle de l’école, il a été visualisé une diapo issu du site eduscol où il est rappelé que l’élève est inscrit dans le projet global de formation, il s’adresse à des citoyens en devenir qui prennent progressivement conscience de leurs droits, de leurs devoirs et de leurs responsabilités et que cela permet de mieux vivre ensemble. Sur cette diapo il est indiqué que le parcours citoyen permet d’aborder les grands champs de l'éducation à la citoyenneté.

     

    Le respect a suscité des remarques, comme quoi ce n’est pas à l’école d’apprendre à respecter autrui, il faut apprendre à vivre ensemble. En classe on apprend le travail collectif et cela nécessite de respecter autrui et son tour de parole. Les enseignants sont souvent non respectés, les élèves ont trop de droits, l’enseignant a peu de droits.

     

    Autre remarque, l’école doit instruire avant d’éduquer, on n’apprend pas à apprendre la citoyenneté, il faut développer l’esprit critique. Ce à quoi il a été rappelé l’existence de 26 fiches mentionnées ci-dessus.

     

    3- L’Education Nationale porte une politique de projet social : L’éducation est de la responsabilité des familles, des associations notamment dans le sport là où il y a de la discipline, le respect de son adversaire, le gout de l’effort. L’école est le reflet de la société, on constate qu’il y a de plus en plus d’écarts entre les différents niveaux (fracture sociale et culturelle) dont un des éléments est la différence du nombre d’années d’étude et entre les diplômes. L’éducation Nationale est une cogestion entre Ministère et syndicats.

     

    4- Pour les élèves davantage de liberté et de temps pour concevoir leur projet d’orientation : L’école est trop chargée elle occupe les enfants 28 h / semaine, en dehors il y a des activités extrascolaires. Vous chargez beaucoup l’école, les élèves proviennent de différents horizons, Mai 68 ‘il ne faut pas emmerder les enfants’ cela a très bien marché avec les enfants de bourgeois, mais les autres ?? Cela explique la situation. Les enseignants font ce qu’ils peuvent, les punitions sont interdites, dans bon nombre de familles il y a des problèmes sociaux. Le droit à l’erreur n’est pas dans la culture française. Les neurosciences rentrent à l’école pour expliquer les difficultés de certains élèves. Il nécessaire de dire la vérité sur ce qu’ils sont, et ne pas ralentir les meilleurs. Certains élèves parlent peu le français. Le collège unique quelle utopie !

     

    5- Pour les professeurs cela se traduit par de nouveaux outils pour les évaluations en CP, CE1 et 6e : Il y a toujours des objectifs quantitatifs et pas qualitatifs. On va toujours piquer ce qui est chez les autres, aux USA l’enseignement est obligatoire à partir de 6 ans, chez nous 3 ans.

     

    6- Le renforcement de la formation des professeurs : A-t-on besoin d’avoir bac + 5 pour enseigner dans le primaire, il faut surtout de la pédagogie. La formation des professeurs en pédagogie est insuffisante. Plus le niveau est élevé et mieux on peut expliquer. Dans le cours Education Morale et Civique, il y a un chapitre sur le développement de l’esprit critique, mais les professeurs sont sous contraintes de finir coûte que coûte le programme à la fin de l’année scolaire, ce qui les conduit à faire des choix.

     

    7- Il est indispensable de lutter contre toutes les formes de harcèlement et cela passe notamment par une sensibilisation aux risques des écrans : Les réseaux sociaux sont devenus des déversoirs de haine, des réseaux socio de ‘crétinisme’, des réseaux de cas sociaux, ils n’apprennent pas la réflexion mais les réflexes, ils font également circuler de fausses informations. Or l’information fiable, il faut aller la chercher avec prudence. Il faut être vraiment éclairé pour pouvoir émettre un vote en connaissance de cause, apprendre à voter avec un esprit critique. Il faut développer la lecture de la presse et les informations et apprendre à gérer son temps. Les articles dans la presse sont signés, dans les réseaux sociaux c’est anonyme. Internet permet d’avoir des informations, il faut faire le tri.

     

    8- Pour les parents d’élèves qui sont les premiers partenaires de l’école: Il y a à prendre en compte le ‘conditionnement physique’ chez les parents, l’environnement culturel dans la famille est important, énormément de problèmes à la maison pour ceux qui ne savent pas lire, il faut apprendre les bases à tout le monde. Les parents protestent souvent.

     

    9- La richesse de la vie collective : le sport est à accentuer à l’école. Un des principaux problèmes que rencontrent les professeurs c’est que les élèves ne savent pas attendre leur tour de parole et sont indisciplinés, ils veulent tous parler en même temps.

     

    10- La Laïcité à l’école fait partie des valeurs cruciales: Afin d’éclairer la situation, il y a eu recours à deux diapos représentant les résultats d’une enquête de l’IFOP, permettant d’aborder les raisons qui font que les professeurs s’auto censurent, et doivent faire face aux contestations sur la Laïcité, les contenus des programmes notamment l’éducation sexuelle, la procréation, les religions, l’histoire des mythologies e t c ... L’IFOP s'est penché pour la première fois sur la façon dont les lycéens perçoivent l'un des fondements de la République française,  inscrit dans la Constitution.

     

    Résultats publiés dans le journal le Point. https://www.lepoint.fr/education/sondage-les-lyceens-rejettent-majoritairement-la-laicite-a-la-francaise-03-03-2021-2416143_3584.php  

     

    l’IFOP révèle une profonde fracture générationnelle.

     

    La première diapo a montré la question posée : ‘Personnellement, seriez-vous favorable ou opposé au port de signes religieux ostensibles (ex : croix, voile, kippa, turban, soutane, kesa, e t c… ?’. L’article mentionne :

     

    Plus d'un lycéen sur deux (52 %) se dit ainsi favorable au port de signes religieux ostensibles dans les lycées publics, soit deux fois plus que dans l'ensemble de la population (25 %). 49 % ne voient pas d'inconvénient à ce que les agents publics affichent leurs convictions religieuses. Et 38 % sont favorables à ce qu'une loi autorise les élèves à porter un « burkini » (une proportion qui atteint 63 % chez les seuls élèves scolarisés en REP, et 76 % chez les lycéens se déclarant musulmans). 

     

    Mais la population lycéenne elle-même est divisée : Si les jeunes musulmans s'opposent à 78 % au droit d'outrager une religion, de même que 65 % des personnes perçues comme « non blanches » et 60 % des jeunes vivant dans des zones d'éducation prioritaire, ce n'est le cas que de 45 % des catholiques et de 47 % des élèves se définissant « sans religion ». « Critiquer la religion, c'est agresser les croyants. » 

     

    La deuxième diapo a montré la question posée : ‘En France, la loi de Juillet 1881 sur la liberté de la presse autorise l’expression de critiques, y compris outrageants, à l’encontre d’une croyance, d’un symbole ou d’un dogme religieux ?’ L’article mentionne :

     

    Le sujet du « droit au blasphème » clive une opinion lycéenne qui se dit désormais majoritairement opposée au « droit de critiquer une croyance, un symbole ou un dogme religieux ». 52 % des élèves du secondaire n'y sont pas favorables… Mais la population lycéenne elle-même est divisée : Si les jeunes musulmans s'opposent à 78 % au droit d'outrager une religion, 

     

    « L'enquête met en exergue un double clivage : entre les jeunes et le reste des Français d'une part, et d'autre part entre les jeunes eux mêmes… ».

     

    Le mot « outrageant* » a donné lieu à la remarque ‘la question est mal posée’. 

     

    Question sensible qui a déclenché de vives réactions aux réponses à ces deux questions, ces réactions ne sont pas mentionnées dans ce CR.

     

    Pour information la Laïcité fait partie des Valeurs de la République https://www.elysee.fr/la-presidence/les-principes-de-la-republique 

     

    Il a été rappelé qu’il y a le droit de critiquer une religion (droit au blasphème), par contre critiquer des croyants relève du délit d’opinion, cette non distinction est à enseigner.

     

    II/ Ce qui n’est pas dans l’édito, mais présent dans le texte du CD mis sur le blog et qui a été débattu :

     

    1- Le contrôle du fonctionnement de l’Education Nationale : l’Etat ne sait pas se servir de ses outils, et ne sait plus piloter, pourtant il ne manque pas de ‘pognon’ à l’EN, on constate que beaucoup d’élèves ont des difficultés pour lire et écrire en fin de primaire et même au collège. Il a été rappelé que dans le texte il était fait état de la Cour des comptes qui se penche sur cette question du budget de l’EN et de ses résultats.

     

    2- Le Programme International de Suivi des Acquis PISA : lorsque l’on n’est pas satisfait on accuse le thermomètre.

     

    Il a été rappelé que sur trois domaines évalués par PISA en 2018 sur les jeunes de 15 ans : Lecture => niveau faible 21,5%, Culture mathématique => niveau faible 23,5%, Culture scientifique => niveau faible 22,1% , alors que le niveau maxi des fondamentaux insuffisamment maîtrisés est fixé à 15% (pour plus d’info voir le site de l’édito du Ministre de l’Education Nationale.). La France est en 25e position sur 72 pays et moins bonne que la moyenne des pays de 28 pays de l’UE.

     

    Il a été mentionné qu’en parallèle à ces résultats, le taux de réussite au brevet des collèges est de 87,1%. Il y a donc un décalage significatif entre le niveau des jeunes Français au brevet et leur évaluation internationale PISA.

     

    Dans le classement PISA on retrouve les pays les plus riches en tête. PISA établi à l’origine par les Chinois pour mesurer la concurrence, or l’Education Nationale refuse la concurrence

     

    Les objectifs de scolarité sont différents selon les pays, la mesure des écoles internationales pour les adultes est moins problématique. Il y a une différence entre les résultats du public et du privé. Dans le privé ce ne sont pas que des enfants de riches.

     

    III/ Le terme Démocratie n’étant pas employé explicitement dans l’édito de JM. Blanquer autrement qu’à travers la Laïcité, la Démocratie faisant partie du sujet du CD a été abordé moins longuement, par manque de temps ? 

     

    Démocratie : J’ai des interrogations par rapport à la démocratie, pour éclairer cette interrogation deux diapos ont été visualisées sur le parcours du citoyen, qui mentionne qu’il y a des droits et devoirs, qui servent à vivre ensemble. La démocratie s’appuie sur les valeurs de la République dont la Laïcité. En élisant leurs délégués de classe les élèves apprennent la Démocratie. Le sujet de l’information et de la presse a été relaté plus haut.

     

    IV/ Conclusion : Sujet dense et sensible, après avoir longuement débattu sur la partie relative à la fonction de l’enseignement, de ses résultats et des difficultés rencontrées, il est resté moins de temps pour aborder la partie Démocratie à l’école.

     

     Il y a encore un énorme travail pour trouver un équilibre entre la Liberté d’être soi sans nuire à autrui, et la force d’être ensemble. Il y a encore des manques de connaissances sur la Laïcité en ne faisant pas de distinction entre le droit au blasphème et le délit d’opinion, qui lui est répréhensible au niveau de la loi, son déploiement est à accentuer. Les programmes sont très ambitieux, et conduisent à des décrochages, les professeurs passant trop de temps à faire de la discipline. La ‘boite à outils’ des méthodes sur Internet site de l’Eduction Nationale  est très bien développée, mais est elle utilisée ? Enfin beaucoup de dysfonctionnements et de difficultés que rencontrent les enseignants n’ont pas été mentionné faute de temps, les grands sujets absents sont l’orientation et l’apprentissage.

     

     

     

                                                                                                              Daniel Soulat 15/03/2021

     

     

     

    *Hors débat, il y a eu nécessité d’élucider le mot ‘outrageant à l’encontre d’une croyance …’

     

    Pour cela le site https://www.cbf-avocats.com/liberte-d---expression-et-offenses-aux-croyances-religieuses_ad105.html  a été consulté afin d’en voir la signification :

     

    Le  thème du site est : Liberté d’expression et offenses aux croyances religieuses

     

     « Le délit de blasphème n’existe plus dans notre droit. 

     

    Le blasphème se définit comme l’outrage fait aux divinités, ce qui dans une religion est considéré comme relevant du sacré. 

     

      

     

    Le délit de blasphème n’existe plus depuis la déclaration des droits de l’homme et des citoyens. 

     

      

     

    Pour autant, cela ne signifie pas que l’offense religieuse en tant que telle ne peut pas être réprimée. 

     

      

     

    Toutefois, la loi pénale est d’interprétation stricte. 

     

      

     

    Par conséquent, c’est au travers du champ étroit de la loi pénale et de la loi pénale spéciale en l’espèce qu’il faut appréhender l’offense religieuse. »

     

                            Annexe :  Edito du Ministre de l’Education Nationale JM. Blanquer

     

     

     

    En cette rentrée 2018-2019, de la maternelle au lycée, nous amplifions les perspectives ouvertes à la rentrée passée et nous  déployons les mesures présentées au cours des mois écoulés. Il s’agit de permettre à tous les élèves de mieux maîtriser les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter et respecter autrui) et d’être mieux accompagnés vers leur avenir. Pour cela, il est indispensable de rassembler les Français autour de leur École.

     

    L’École est la colonne vertébrale de la République. Elle est la matrice du destin collectif comme de la réussite de chacun. À ce titre, elle porte une politique de progrès social qui consiste à donner davantage à ceux qui ont besoin de plus. C’est le sens du dédoublement de 4 700 classes supplémentaires en réseaux d’éducation prioritaire. Son objectif est de porter chacun au plus haut de son talent et de son mérite. Cela passe par l’enrichissement des enseignements au collège, le développement de l’éducation artistique, culturelle et sensorielle et la réforme des lycées généraux, technologiques et professionnels. Ces transformations sont portées par un état d’esprit, celui de la confiance. Pour les lycéens par exemple, cela signifie davantage de liberté et de temps pour concevoir leur projet d’orientation ainsi que des enseignements nouveaux qui accordent une large place au numérique. Pour les professeurs, cela se traduit par de nouveaux outils, notamment les évaluations en CP, CE1 et 6  qui leur permettront d’adapter leurs pédagogies aux besoins de leurs élèves. Le renforcement de leur formation et surtout un soutien constant de l’institution les aideront à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent. Pour les parents, qui sont les premiers partenaires de l’École, il s’agit de mieux les associer par le dispositif Mallette des parents car la confiance réciproque entre eux et l’École est la clé de la réussite des élèves.

     

    Par les connaissances et les valeurs qu’elle transmet, l’École est le socle d’une société fraternelle et sereine. C’est pourquoi le ministère fait de l’accueil des enfants en situation de handicap une priorité. C’est pourquoi aussi, il est indispensable de  lutter contre toutes les formes de harcèlement et cela passe notamment par une sensibilisation au risque des écrans. À la rentrée, l’interdiction de l'utilisation du téléphone portable dans les écoles et les collèges contribue à la bonne marche des enseignements et à la richesse de la vie collective. Dans le même sens, le principe de laïcité à l’École et celui de l’égalité entre les filles et les garçons sont des valeurs cruciales dont on doit assurer le respect sans faille.

     

    La cohésion nationale dépend de notre capacité à nous rassembler autour de  l’essentiel, c’est-à-dire l’avenir des élèves et, au-delà, de notre pays. Tous les  territoires : urbains, périurbains, ruraux et ultramarins, font l’objet d’une attention particulière. En cette rentrée, je tiens à saluer l’action de toutes celles et de tous ceux qui font vivre au quotidien notre École. Leur engagement est indispensable pour relever les défis du XXIe  siècle à l'échelle de la France comme à l'échelle du monde.

     

    Jean-Michel Blanquer

     

    Ministre de l’Éducation nationale

     

     

     


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                                           PEUT-ON SE METTRE A LA PLACE DES AUTRES ?

     

     

     

    A la suite de la lecture du texte, un participant a très justement fait remarquer que le thème proposé pour ce débat était l’empathie, l’empathie dans tous ses états. La définition du mot empathie a donc été rappelée : capacité à s’identifier à autrui dans ce qu’il ressent (Robert) ; capacité à se mettre à la place de l’autre afin de comprendre son fonctionnement, ses pensées, ses émotions (Larousse).

     

    A un commentateur malicieux, absent lors du débat, mais qui se reconnaîtra… je dis NON !  Non, se mettre à la place des autres ce n’est pas prendre leur place ! Et vouloir être Sissi impératrice, ou beau comme Alain Delon… et bien ce sera peut-être, mais dans une autre vie!!!)

     

    La définition de l’empathie cognitive a été contestée par une participante qui ne suppose dans l’empathie aucun calcul, aucune analyse qui pourraient offrir une moindre prise en compte des émotions et souffrance d’autrui ; seule l’empathie émotionnelle permettrait de s’ouvrir à l’autre et de le comprendre.

     

    C’est cette empathie émotionnelle qui a poussé Mamoudou Gassama, à escalader les 4 étages de la façade d’un immeuble pour sauver un petit garçon suspendu dans le vide. Il est évident qu’il n’a pas calculé le danger qu’il courait, ni analysé sa propre situation de sans-papier. Il n’a, comme on dit et c’est très facile à dire, écouté que son courage.  (Grand hommage soit rendu à ce garçon… si vous permettez, juste en passant !)Cependant c’est par observation, déduction et sans la participation de l’émotion, que l’on peut prévoir les réactions et comportements d’autrui.

     

    A la question peut-on, c’est-à-dire avons-nous la capacité et le droit de nous mettre à la place des autres, la réponse a été radicale pour une participante : NON, et en aucun cas ! Cependant se mettre à la place de quelqu’un n’est-ce pas, en regardant depuis sa fenêtre, élargir son propre horizon ?

     

    Cette réponse fut plus nuancée pour d’autres : notre propre vécu, nos expériences, nos connaissances, peuvent nous éclairer sur la situation d’un proche, et nous permettre, à condition d’y être sollicités, de l’aider. En tous les cas, se mettre à la place des autres demande un effort d’écoute et d’oubli de soi, afin de pouvoir, avec toute la bienveillance qu’exige l’exercice, examiner et comprendre sa situation, le soulager alors qu’il traverse un mauvais moment.  Cet exercice est plus difficile vis-à-vis d’un étranger dont on ne connaît ni la langue, ni le pays d’où il vient, ni la culture (religion, us et coutumes, tabous…) Une personne a fait remarquer que ce n’est pas seulement une permission mais un devoir de venir en aide à quelqu’un lorsqu’on en a la capacité.

     

    Nous nous sommes longuement interrogés sur le cas de ces individus que l’on classe dans la catégorie des « monstres » tant les actes qu’ils commettent provoquent l’effroi et n’offrent aucune ouverture à la compréhension. Faut-il les écarter du genre humain ou les considérer comme des êtres défectueux, des « ratés de fabrication » ? Sont-ils dotés de l’empathie inhérente à tout être humain ? Et l’empathie est-elle morale ?

     

    Ces questions ont obtenu des réponses diverses.

     

    L’empathie est innée, cependant elle peut être plus ou moins consistante selon l’éducation que l’on a reçue et lorsqu’on est animé par un désir constant à vouloir bien faire vis-à-vis des autres (relire la conclusion du texte). Selon l’avis de certains, le fait de considérer autrui, de le comprendre, est un acte ni moral, ni immoral, mais amoral : L’empathie est un outil qui peut être utilisé, pour faire de bonnes choses (aider, soigner, consoler, comprendre) ; elle s’accompagne alors de vertus comme la générosité, l’altruisme, la bonté. Cependant, cet outil peut également être utilisé pour dominer, manipuler, séduire et, dans le pire des cas pour faire souffrir, abimer, détruire. C’est la même empathie qui habite celui qui compatit ou celui qui fait souffrir, mais dans ce dernier cas, elle est accompagnée de haine, ou de plaisir sadique. Le sadique est un voyeur qui sait parfaitement se mettre à la place de sa victime pour ressentir sa souffrance et s’en réjouir.

     

    Un excellent exemple pour illustrer ce propos sur l’amoralité de l’empathie a été donné par un participant qui a comparé l’empathie à la force physique : Chaque individu, a-t-il dit, est doté d’une certaine force qu’il peut à loisir développer. Cette force, il la mettra au service des faibles pour les protéger, ou, par goût de la domination, il leur cassera la figure. C’est l’intention, l’acte, et non la force, qui doivent être considérés comme moraux ou immoraux.

     

    Il est évident que cette vision de l’empathie n’a pas été partagée par tous : l’individu capable de cruautés étant pour certains un monstre, c’est-à-dire un être non-humain, il ne peut être habité d’empathie. L’empathie serait donc toujours morale.

     

    L’empathie n’est pas (comme le bon sens vu par Descartes !)  la chose la mieux partagée au monde. Certaines pathologies privent des personnes de cet outil absolument indispensable à la vie en communauté et ce manque les handicape fortement.

     

    Autre question : l’empathie est-elle adaptée à un monde où il y a plus de 7,5 milliards d’individus ?

     

    L’être humain est ainsi fait, a expliqué un participant, qu’il est capable de s’identifier à une personne ou à un petit nombre de personnes pour comprendre leur détresse et leur venir en aide. A la suite de quoi cette question a été posée : Si on ne sait pas vivre la fraternité près de chez nous, comment peut-on aider ceux qui sont loin ? En effet, les informations nous donnent le récit, chaque jour, de catastrophes, d’attentats, de la douleur de certains peuples et chaque fois nous restons atterrés, durant un moment, mais un moment seulement, par les malheurs qui s’abattent sur différents points de la planète. Et plus ces événements sont situés loin de nous, plus vite nous les oublions, trop occupés sommes-nous par notre quotidien. L’empathie qui éveille notre compassion est capricieuse : sommes-nous plus sensibles à la mort cruelle d’un bébé-phoque ou à la souffrance de milliers de soles que l’on voit se débattre dans le filet des pêcheurs ? Un attentat à Nice ou en Afghanistan retient-il notre attention avec la même intensité ? Cependant, des gouvernements mondiaux, des associations, permettent que chacun puisse, par des dons, participer à l’entraide internationale (ça console de notre indifférence coupable !)

     

    Et enfin : Comment garder la bonne distance entre empathie et compassion pour ne pas se laisser dévorer par l’émotion ?

     

    Il est des métiers qui demandent sang-froid et maîtrise des émotions afin de pouvoir agir avec tous les moyens nécessaires à la bonne marche de l’action. (Ex : un chirurgien ne peut pas se mettre à sangloter, bistouri à la main, au-dessus d’un patient dont il vient d’ouvrir le ventre. S’il faut se concentrer, pour comprendre un plaignant, un malade, ce doit être sur ses émotions à lui, non sur les siennes-propres. Les hommes et les femmes dont c’est le métier de sauver des personnes en détresse (médecins urgentistes, pompiers…) apprennent à se mettre en retrait de leur propre ressenti afin de conserver toute la maîtrise des techniques qu’ils ont à leur disposition pour aboutir au succès de leur mission.

     

    CONCLUSION : Ce sujet à provoqué des réactions contraires parfois. Cependant chacun des participants a pu donner son avis, et répondre aux questions posées dans le texte d’introduction, ce qui a donné un débat enrichissant.

                                           C.R. Rédigé par Charlotte Morizur.

     

     


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