• Compte-rendu de la réunion du Café-Débat de SQY du 8 septembre 2018

    « La liberté est-elle une illusion ? »

     

    Comme on pouvait s'y attendre, ce n'est pas l'aspect philosophique du sujet qui a dominé la discussion, mais l'aspect social et pratique. Plus exactement, la plupart des interventions sont parties du postulat non avoué que nous sommes libres, et se sont attachées à inventorier comment cette liberté était entravée dans notre vie quotidienne et notre mode de vie.

    Le classement des interventions des participants est indicatif.

     

    Synthèse des interventions des participants (22 personnes)

     

    Sur le plan philosophique :

                        Même la science ne croit plus au déterminisme pur, la mécanique quantique en est le meilleur exemple, puisque le hasard est au cœur de ses lois

                        Ma liberté totale est une illusion, mais tout n'est pas écrit. Notre vie, c'est la possibilité de faire des choix entre des alternatives que nous n'avons pas choisies.

                        La liberté, ce n'est pas quelque chose d'extérieur, c'est une chose qu'on porte en soi, mais il faut en avoir conscience

                        Malgré le progrès des neurosciences, on ne sait pas comment fonctionne le cerveau ; la pensée apparaît simplement comme étant l'émergence de causes et de conséquences qui interagissent de manière complexe au niveau sous-jacent. Du cerveau émergent ainsi la pensée, la conscience, la liberté.

                        Selon Sartre, l'existence précède l'essence, ce qui signifie qu'on est libre de construire sa vie. La liberté est un mystère qu'on goûte chaque jour.

                        La liberté est liée à notre conscient ; notre inconscient est plutôt le lieu des contraintes, car y réside tout ce qui est le fruit de l'évolution, de la culture, de l'éducation

                        Il n'y a pas de Destin. Dieu, la nature ou le destin n'agissent pas sur nos vies à tout bout de champ, c'est une illusion totale.

                        Choisit-on librement ? Exemples de Lafcadio dans « Les caves du Vatican » de Gide, et le conte de l'âne de Buridan (voir les liens vers les corrigés de dissertation)

                        Agir trop rationnellement conduit souvent à une décision unique, c'est donc une contrainte pour l'exercice de notre liberté. A l'inverse, agir de manière irrationnelle, s'en remettre au hasard, permet d'agir librement, puisqu'on n'est soumis à aucune contrainte

                        La liberté est un concept subjectif individuel. De manière générale, c'est chercher à vivre bien quelles que soient les conditions de l'environnement.

                        Mais le sens de la vie d'un être humain est-il la recherche de la liberté coûte que coûte, ou bien la simple recherche du bonheur, fût-ce au prix d'un certain nombre d'interdictions ?

     

    Ce qui bride notre liberté de penser :

                        on peut toujours penser ce qu'on veut, mais il faut être vigilant pour le dire. La pensée dominante d'une époque ne le tolère pas toujours, un des meilleurs exemples en est celui de Giordano Bruno, brûlé en 1600 pour avoir prétendu que la Terre tournait autour du soleil

                        l'état de notre cerveau limite notre liberté de penser : les capacités innées sont différentes selon les individus ; les accidents peuvent encore les restreindre ; on a souvent des pensées qui nous traversent l'esprit sans qu'on l'ait voulu, on ne sait d'où elles viennent.

                        On peut être en prison et se sentir libre, parce qu'on est en phase avec ce qu'on pense, comme les prisonniers politiques qui assument leurs choix et leurs opinions. On peut aussi être libre physiquement et être prisonnier de son vécu, de ses croyances, sans s'en rendre compte.

                        On ne peut tout connaître, par conséquent, quand on doit faire des choix sans savoir, il faut faire confiance

                        Tout le monde ne peut pas devenir Einstein, mais apprendre, se cultiver, accroître ses connaissances nous fait évoluer vers une plus grande liberté de penser

     

    Le cadre contraignant de notre liberté :

                        Nous sommes les héritiers de notre espèce, notre liberté s'exerce dans le cadre des contraintes liées à l'évolution de nos capacités, et à celle de nos cultures

                        Notre liberté s'exerce dans un cadre spatio-temporel donné, donc dans un intervalle restreint

                        La liberté du corps est limitée : on ne peut pas voler, même si on le veut. Mais on peut accroître nos capacités physiques par le travail

                        Faire des choix contraignants, c'est assumer sa liberté, ce n'est pas faire n'importe quoi, c'est résister au conditionnement

                        On se sent libre, intuitivement, mais en fait on l'est moins qu'on le sent. Ce sentiment est éphémère, il peut changer d'un jour sur l'autre en fonction de multiples raisons ponctuelles. Nous n'avons qu'une marge étroite de liberté

                        On aliène souvent sa liberté devant une volonté extérieure puissante, parce qu'il est plus facile d'obéir que de résister. C'est même parfois confortable.

                        Lorsqu'on est riche, il est plus facile d'être libre que si on est SDF. Liberté du compte en banque...Pouvoir de l'argent sur le degré de liberté de chacun.

                        Relations médecin – malade : a t-on le choix de refuser une thérapie proposée ?

                        La liberté en occident est fortement liée à l'abondance de biens. Si la catastrophe écologique qui se profile se produit, ce ne sera plus le cas. Personne n'en est vraiment conscient.

     

    La liberté et la morale

                        Il faut respecter les autres en société, et respecter aussi les animaux : c'est une question morale qui nous empêche de faire ce qu'on veut

                        Les lois du groupe brident souvent la liberté de choix personnel, par exemple pour la fin de vie et l'euthanasie, on ne peut le faire en France, il faut aller à l'étranger. Si la personne vulnérable n'est plus lucide, se pose le problème de décider à sa place. Une longue discussion a porté sur la liberté de choix des personnes Alzheimer et sur la liberté de conscience de ceux appelés à décider pour les autres

                        On exerce sa liberté au nom de valeurs qui reflètent notre conception du monde. Exemple : le gendarme qui a sacrifié sa vie devant des terroristes près de Toulouse a exercé sa liberté au nom de ses valeurs.

                        La justice, lorsqu'elle reconnaît un criminel comme irresponsable, affirme le déterminisme. Lorsqu'elle le trouve responsable, elle le nie. C'est un paradoxe difficile à résoudre.

     

    Ce que l'on peut faire librement :

                        On a plus de libertés dans certaines cultures que dans d'autres. Chez nous, nous ne sommes pas prisonniers. La liberté se conquiert au sein d'une culture donnée, c'est un moteur qui nous anime pour vivre pleinement.

                        En occident, on peut aller et venir, on peut se réunir comme on veut, s'habiller comme on veut, voir qui on veut, faire des enfants ou pas, choisir un métier, ...De ce point de vue, la liberté n'est pas une illusion.

                        Développer ses connaissances permet d'être plus vigilant, plus conscient des choix qu'on fait. Mais trop réfléchir conduit à éliminer plus de choix possibles, donc restreint notre liberté.

                        Mais il faut rester vigilant sur la pérennité de ces libertés, notamment sur le phénomène sectaire qui peut déboucher sur une prison intérieure par la main-mise sur l'autonomie de pensée des personnes soumises à un lavage de cerveau.

     

    Liberté, politique et économie

                        On est plus libre en démocratie que sous un régime dictatorial, communiste ou comme sous  l'Ancien Régime, où seuls les nobles étaient libres, contrairement aux serfs. En démocratie, la liberté est un point central.

                        En démocratie, on a juste la liberté de choisir, et encore, nos représentants. C'est l'administration qui a le pouvoir et qui multiplie les lois, règlements, normes, qui brident considérablement la liberté individuelle des citoyens au nom de l'intérêt du groupe, ce qui n'est pas toujours le cas.

                        Le désir de liberté des citoyens devrait s'exprimer plus souvent et plus directement pour s'opposer aux contraintes voulues par le gouvernement et l'administration

                        Pour voter, il faut exercer d'abord son esprit critique, se renseigner, discuter, et essayer de saisir le second degré dans les programmes des candidats. La liberté de choix s'exerce ensuite.

                        La Révolution de 1789 : on dit que c'était au nom de la liberté du peuple, en fait elle résulte d'un problème économique aigu.

                        Il faut trouver un juste équilibre entre la liberté d'entreprendre, d'embaucher et de licencier d'une part, et la nécessité de protéger les travailleurs par des réglementations adéquates. Il faut respecter au minimum la déclaration des droits de l'homme

     

    Pour conclure : une citation de Jean-Jacques Rousseau :

     

    « Je n'ai jamais cru que la liberté de l'homme consistât à faire ce qu'il veut, mais bien à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas. »

    C.R. rédigé par Jean-Jacques Vollmer.


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                 Compte-rendu du café débat du 24 Mars 2018 :

     

     

     

                        « Quels sont les dangers des idéologies ? »

     

     

     

    Un hommage a été rendu aux victimes de l'attentat de la veille (et tout particulièrement au gendarme héroïque).

     

     Qu’est-ce qu’une idéologie ?

     

     

     

    Une définition synthétique était donnée dans le texte d'introduction (qui doit rester court). Cependant, il s’est avéré nécessaire de la compléter.

     

    L’idéologie est une construction intellectuelle, un système prédéfini d’idées (cf de Stutte, au 18ème siècle), utilisant des axiomes (ou postulats, non démontrés) visant à définir le monde dans lequel nous vivons. Si elle est indémontrable, elle a néanmoins une cohérence et permet d’avoir son avis sur le futur. Elle est propre à l’Homme, les animaux n’ont pas d’idéologie.

     

     

     

    Quels peuvent être les avantages des idéologies ?

     

     

     

    Au départ, il y a un postulat de base, la construction d'un monde, un regroupement. La construction est intelligente, cohérente. Il y a une base qui accepte, d'autres qui s'alignent, car les points de vues convergent.

     

    Les idéologies correspondent à des besoins des gens, par exemple être reconnus (cela apporte des avantages à certains), parfois c'est une réponse (qui peut être bonne, mais aussi mauvaise) à un problème réel (par exemple, la crise économique dans l'Allemagne des années trente a favorisé la montée du nazisme).

     

    Une idéologie a pour fonction de se préparer à l’avenir, et même de le préparer, ce qui est une nécessité pour l’humanité. C'est une façon de lutter contre l'incertitude que l'on ne supporte pas.

     

    Elle donne le sentiment de résumer sa personnalité, par un mot se terminant par "iste", elle permet d’appartenir à un groupe, où "l’on se tient chaud". Elle peut même soigner une anxiété existentielle.

     

    Elle organise des rituels, comme les processions, ou les manifestations, où l’on peut se sentir bien.

     

     

     

    Quels sont les dangers des idéologies ?

     

     

     

    L’idéologie amène souvent à une certitude de connaître la vérité (alors que ce n’est qu’un essai de s’en approcher) : cela peut amener à des heurts, des affrontements, c'est une des causes de la guerre.

     

    Elle peut enfermer dans un carcan, dans un dogme.

     

    Si elle n'est pas adoptée par d'autres, cela peut être considéré comme une offense.

     

    Dans le cas des juges, l'idéologie est une catastrophe (cf le mur des cons !).

     

    Poussée à l’extrême, cela devient une drogue.

     

    Elle peut mener à désigner un bouc émissaire et à lui faire violence

     

    Pour des gens ayant raté leur vie, peu importe pour eux de mourir pour leur idéologie.

     

    Elle peut servir de tremplin à des hommes sans vergogne ; le Marxisme aurait été utilisé par Lénine, qui au départ vivait en bourgeois, pour assouvir sa soif de pouvoir (voir le livre : « Lénine, l’inventeur du totalitarisme » par Stéphane Courtois, ed. Perrin.).

     

    Elle peut pousser à la haine, à la violence et à détruire ce qui va à son encontre.

     

    Connaissant tous ces dangers, il est cependant possible de vivre son idéologie ou sa religion sereinement, et sans violence.

     

     

     

    Y aurait-il actuellement un manque d'idéologies ?

     

     

     

    Pour certains, les démocraties occidentales pêcheraient par manque d'idéologie. Les dirigeants, bien que sachant manipuler et se faire élire, n'auraient aucune idéologie et se borneraient à gérer les affaires courantes.

     

    Pour d'autres, au contraire, il y aurait trop d'idéologies, que ce soit dans le domaine politique, économique, ou celles qui mènent à "l'anti France", au racisme sous toutes ses formes et/ou au terrorisme etc. On manquerait plutôt de cohésion nationale et/ou européenne et surtout de volonté, ainsi que d'humanisme, d'humanité et de bon sens.

     

    Un participant trouve que ceux qui ont une idéologie ne vont pas bien : on peut être si tranquille dans son coin des Yvelines ! D’ailleurs, les idéologies ne seraient que sournoises, et aliénantes (sauf l’idéologie du bonheur…). Ce serait prétentieux de vouloir que tout aille bien dans le monde.

     

     

     

    Comment remplacer l'idéologie ?

     

     

     

    Un drogué d'une idéologie est fasciné par une construction cohérente. Si on démoli son idéologie, il se retrouve sans rien. Il se défend bec et ongles. Comment remplacer l'idéologie ? Comment lutter contre l'extrémisme ?

     

    Il faut développer l'humanisme, le sens critique, le bon sens, le respect de l'Autre.

     

     

     

    Les religions sont-elles des idéologies ? :

     

     

     

    Certains concepts religieux peuvent se voir détournés dans les idéologies :

     

    - Le paradis aux cieux peut, dans une certaine mesure, se voir détourner/décliner sur terre par certaines idéologies (par exemple chez les communistes, sous la forme de la défaite finale des capitalistes)

     

    - L'ennemi (nombreux exemples dans les idéologies) pourrait, selon ces dernières, se comparer au "mal" religieux.

     

    On retrouve aussi en commun la préoccupation du futur. Cependant, contrairement aux idéologies, la construction d'une religion n'est pas seulement intellectuelle, mais elle est initiée par un message externe à l’humanité (ou prétendu tel).

     

    Les religions ne posent pas de problème si elles sont pratiquées paisiblement. C'est le totalitarisme (religieux ou pas) qui pose un problème.

     

    Les religions ne doivent pas obligatoirement tomber dans la violence. Historiquement, c'est arrivé, mais on peut vivre sa religion paisiblement.

     

    En France, nous avons la chance de pouvoir adhérer à différentes religions, ce n'est pas le cas partout.

     

    La laïcité, selon la loi de 1905, n’est pas une idéologie : elle ne reconnaît aucune religion, mais elle organise leur cohabitation dans la paix. Elle ne s’applique qu’aux religions, et non aux idéologies politiques. Cependant, elle peut être prise comme une affirmation de l’athéisme, ce qui en ferait une idéologie.

     

     

     

    Ce qui est une idéologie, ce qui n’en est pas :

     

     

     

    Il arrive parfois qu'une idéologie réponde (plus ou moins bien) à un vrai problème. Inversement, toutes les réponses à un vrai problème ne sont pas forcément des idéologies.

     

    Il ne faut pas confondre l’idéologie avec la nécessité de résoudre un problème. Dans ces conditions, le progrès n’est pas une idéologie, c’est un mouvement naturel de l’humanité, tendue vers l’amélioration de ses conditions de vie, même s’il peut paraître parfois plutôt gênant (nous rend-il plus heureux ?). De même pour l’écologie, qui n’est plus une option, mais une nécessité. La mondialisation, de son côté, est une réalité de notre époque. La robotisation, quant à elle, fait partie de la notion de progrès (allège la charge humaine).

     

    Cependant, tout excès en ces domaines peut être une idéologie néfaste (entrainant chômage, productivisme, etc.)

     

    Le véganisme (qui découle généralement d'une idéologie sur les relations des humains aux animaux) est considéré par certains comme une idéologie issue de l'écologie.

     

    Il y a des idéologies de droite, et de gauche, mais être à droite ou être à gauche ne signifie pas nécessairement que l’on suit une idéologie.

     

    L'anarchie serait une idéologie, mais certaines définitions de cette dernière incluent un chef, ce qui rend discutable un statut d'idéologie pour la première.

     

    Le conservatisme qui s'oppose au progressisme : cela fait deux idéologies.

     

    Le nationalisme est une idéologie (qui serait destructrice si elle amène à la guerre). Selon une participante, le chauvinisme est un "petit péché".

     

    Le scientisme est une idéologie : il consiste à penser que tout est ou sera explicable par la science. Mais beaucoup de scientifiques ne sont pas scientistes.

     

    Le libéralisme est bien une idéologie ; la théorie du « ruissellement » (enrichir les riches finirait par enrichir aussi les pauvres) en est un avatar.

     

    Dans l’histoire ancienne, citons comme idéologies : celle des « Lumières », qui a abouti à la constitution Américaine et à la Révolution Française ; dans les Arts, le retour à la Grèce Antique à la Renaissance. Plus récemment, le nazisme et le communisme déjà cités.

     

    N’en déplaise à certains, le foot n’est pas une idéologie : il apporte une communion dans les beaux gestes sportifs, malheureusement accompagnée parfois par des mouvements de foule intempestifs.

     

    Le hooliganisme (qui incite à la haine et à la violence en prenant prétexte de supporter une équipe) est considéré par certains comme une idéologie, une sorte de nazisme à petite échelle, qui mène à des bagarres et à du racisme. Pour un participant, c'est plus un défoulement qu'une idéologie ou un idéal.

     

    La tolérance entre idéologies permet de reconnaître dans l’idéologie de son prochain toute son humanité, si du moins on consent à l’écouter.

     

     

     

    Conclusion du débat :

     

     

     

    Dans sa conclusion, en réponse à la question "comment lutter contre l'extrémisme ?", Jean-Marc s’est prononcé pour un développement de l'éducation, de l’esprit critique positif, du bon sens et de l’humanisme.

     

     

     

    C.R. rédigé Jean-Marc N.

     


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                                Compte-rendu du café débat du 24 Mars 2018 :

     

     

     

                        « Quels sont les dangers de l’idéologie ? »

     

     

     

    Un hommage a été rendu aux victimes de l'attentat de la veille (et tout particulièrement au gendarme héroïque).

     

    Qu’est-ce qu’une idéologie.

     

               Une définition  était donnée dans le texte d’introduction (qui doit rester court) Cependant, il s’est avéré nécessaire de la compléter. L’idéologie est une construction intellectuelle, un système prédéfini d’idées (cf de Stutte, au 18ème siècle), utilisant des axiomes (ou postulats, non démontrés) visant à définir un idéal pour le monde dans lequel nous vivons. Si elle est indémontrable, elle a néanmoins une cohérence et vise un avenir meilleur. Elle est propre à l’Homme, les animaux n’ont pas d’idéologie.

     

    Les idéologies ont souvent les mêmes caractéristiques que les religions chrétienne, juive ou musulmane,  ou même égyptienne : le paradis (chez les communistes la défaite  finale des capitalistes, un monde sans argent) ; l’ennemi ou le salaud (par exemple, pour les nazis, le juif, ou pour les religions le diable, le mal )

     

    Avantages de l’idéologie.

     

    Elle a pour fonction de se préparer à l’avenir, et même de le préparer, ce qui est une nécessité pour l’humanité.

     

    Elle donne le sentiment de résumer sa personnalité, par un mot se terminant par « iste », elle permet d’appartenir à un groupe,  où l’on se tient chaud. Elle peut même soigner  une anxiété existentielle.

     

    Elle organise des rituels, comme les processions, ou les manifestations, où l’on peut se sentir bien.

     

    Dangers.          

     

    L’idéologie amène souvent à une certitude de connaître la vérité (alors que ce n’est qu’un essai de s’en approcher) : cela est une des causes de la guerre.

     

    Elle peut enfermer dans un carcan, dans un dogme.

     

    Dans le cas des juges, c’est une catastrophe (cf le mur des cons !).

     

    Poussée à l’extrême, cela devient une drogue.

     

    Elle peut mener à désigner un bouc émissaire et à lui faire violence

     

    Elle peut servir de tremplin à des hommes sans vergogne  : le Marxisme aurait été utilisé par Lénine, qui au départ vivait en bourgeois, pour assouvir sa soif de pouvoir (voir le livre : « Lénine, l’inventeur du totalitarisme » par Stéphane Courtois, ed. Perrin.).

     

    Connaissant tous ces dangers, il est cependant possible de vivre son idéologie ou sa religion sereinement, et sans violence.

     

    Manque actuel d’idéologies ?

     

     Les politiciens actuels n’auraient aucune idéologie : ils se borneraient à gérer les affaires courantes.

     

    Pour d'autres, au contraire, il y aurait trop d'idéologies, que ce soit dans le domaine politique, économique, ou celles qui mènent à "l'anti France", au racisme sous toutes ses formes et/ou au terrorisme etc. On manquerait plutôt de cohésion nationale et/ou européenne et surtout de volonté, ainsi que d'humanisme, d'humanité et de bon sens.

     

    Un participant trouve que ceux qui ont une idéologie ne vont pas bien : on peut être si tranquille dans son coin des Yvelines ! D’ailleurs, les idéologies ne seraient que sournoises, et aliénantes (sauf l’idéologie du bonheur…).

     

     

     

    Ce qui est une idéologie, ce qui n’en est pas.

     

    Il ne faut pas confondre l’idéologie avec la nécessité de résoudre un problème. Dans ces conditions, le progrès n’est pas une idéologie, c’est un mouvement naturel de l’humanité, tendue vers l’amélioration de ses conditions de vie, même s’il peut paraître parfois discutable (nous rend-il plus heureux ?). De même pour l’écologie, qui n’est plus une option, mais une nécessité, et ses sous-ensembles comme le véganisme ; de même  pour la mondialisation, qui a permis de sortir de la famine bon nombre de nos contemporains, et pour la robotisation.

     

    Une idéologie peut cependant parfois être une  réponse  à un problème réel (par exemple, la crise économique dans l'Allemagne des années trente a favorisé la montée du nazisme).

     

    Il y a des idéologies de droite, et de gauche, mais être à droite ou être à gauche ne signifie pas que l’on suit une idéologie.

     

    Le nationalisme est une idéologie destructrice, en ce qu’elle mène directement à la guerre ; selon une participante, le chauvinisme n’est qu’un "petit péché".

     

    . Si l’anarchie est une idéologie , la xénophobie et le racisme ne seraient  que  des peurs conduisant à la haine.

     

    Les religions sont-elles des idéologies ? On retrouve bien en elles les axiomes à la base, la préoccupation du futur, les « salauds » (Satan, le mal). Cependant, leur construction n’est pas seulement intellectuelle : elle est initiée par la croyance dans une révélation divine. Disons qu’elles ont bien des caractéristiques d’une idéologie.

     

    La laïcité, selon la loi de 1905, n’est pas une idéologie : elle ne combat aucune religion, mais elle organise leur cohabitation dans la paix. Elle ne s’applique qu’aux religions, et non aux idéologies politiques. Cependant, elle peut être prise comme une affirmation de l’athéisme, ce qui peut en faire une idéologie, le laïcisme.

     

    Le scientisme est une idéologie : il consiste à penser que tout est ou sera explicable par la science. Mais la grande majorité des scientifiques ne sont pas scientistes.

     

    Le libéralisme est bien une idéologie ; la théorie du « ruissellement » (enrichir les riches finirait par enrichir aussi les pauvres) en est un avatar.

     

    La tolérance entre idéologies permet de reconnaître dans l’idéologie de son prochain  toute son humanité, si du moins on consent à l’écouter.

     

    Dans l’histoire ancienne, citons comme idéologies : celle des « Lumières », qui a abouti à la constitution américaine et à la Révolution française ; dans les arts, le retour à la Grèce Antique à la Renaissance. Plus récemment, à part le nazisme et le communisme déjà cités  : le modèle social Français (1945).

     

    N’en déplaise à certains, le foot n’est pas une idéologie : il apporte une communion dans les beaux gestes sportifs, accompagnée parfois par des mouvements de foule intempestifs (hooliganisme). Ce ne serait qu’un défoulement.

     

     

     

     

     

    Dans sa conclusion, en réponse à la question "comment lutter contre l'extrémisme ?", Jean-Marc s’est prononcé pour un développement de l'éducation, de l’esprit critique positif, du bon sens et de l’humanisme.

     

    C.R. rédigé par B.Delcourt.

     

     

     

     

     


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  • Compte rendu du C. D Où va l'Afrique ? 

     

    La réunion a commencé par une brève présentation, - complémentaire du texte mis en ligne-, du continent Africain. Peuplée de plus de 1,2 milliard d'habitants, l'Afrique est un territoire colossal de 30 millions km2, soit 22,5 % des terres émergées. Elle se compose de 5 grandes parties : Afrique du Nord, Afrique de l’Ouest, Afrique Centrale, Afrique de l’Est, et l'Afrique Australe.

     

    L'Afrique Subsaharienne désigne communément le regroupement de l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, et l’Afrique Centrale. L'Afrique est plurielle. C'est une mosaïque de peuples, de cultures et de religions.

     

     

     

    I- L'Afrique : état des lieux 

     

     

    1                    Économie 

     

    Il y a eu consensus sur le fait que l'Afrique est en proie à des problèmes complexes internes et externes plombant son développement économique. Quelques chiffres ont été donnés : pour près de 15 % de la population mondiale, l'Afrique ne représente que 1,5 % du produit intérieur brut (PIB) et 3% seulement du commerce mondial. Les indicateurs de pauvreté et d’inégalités y sont les plus élevés au monde. Sur 49 pays les moins avancés dans la planète, 33 sont en Afrique.

     

    2                    L'explosion démographique 

     

    Avec une population qui avoisinerait plus de 2 milliards d'habitants en 2050, le plus grand défi pour l'Afrique reste démographique. Pourtant, une transition démographique est déjà entamée dans certaines parties du continent comme l'Afrique du Nord, mais la tendance demeure tardive et très hétérogène. Les défis liés à l'explosion démographique sont énormes. Ils concernent notamment la sécurité alimentaire, l'éducation, la santé, et l'environnement. En matière d’éducation par exemple, il a été avancé qu'il faudra recruter 1,3 million d'enseignants supplémentaires d'ici 2030, pour maintenir le niveau actuel d’accès à l’éducation des jeunes. Ces derniers représentent aujourd’hui 600 millions, soit 50%s de la population africaine. (d’après le Figaro/les échos?). 

     

    3                    L'immigration  

     

    Il est tout à fait compréhensible qu'une partie de la population africaine, sans emploi et crevant de faim, cherche par tous les moyens à quitter le continent. Néanmoins, outre les dangers auxquels ces personnes s'exposent dans leurs périples, - souvent clandestins -, il n'est guère de garantie que leurs nouvelles conditions soient meilleures. Et même si le différentiel démographique entre l'Europe et l'Afrique ne cesse de croître, il a été dit que l'Europe ne peut « accueillir toute la misère du monde », mais elle peut prendre une part de responsabilité comme l'a fait l'Allemagne. Certains expriment une inquiétude quant à la distinction biaisée établie actuellement entre réfugiés politiques, éligibles à l'asile, et les migrants économiques, qui ne le seraient pas.

     

    4                    Matières premières : chance ou malédiction ? 

     

    Il y a eu consensus sur le fait que l'Afrique est un continent riche en matières premières. Il a été avancé que le secteur minier contribue seul à plus de 500 milliards d'exportations. Néanmoins, ces richesses engendrent le plus souvent ce que l'on appelle le syndrome de la rente pétrolière : la croissance économique n’est soutenue que par le secteur minier, au détriment d'autres secteurs économiques comme le cas de l’Algérie. Par ailleurs, le fait que ces richesses ne soient pas transformées sur le sol africain, cause leur dévalorisation au profit des multinationales accaparant le secteur minier. Si certains pensent que ces dernières ne contribuent pas à la création d'emplois et ne cherchent qu'à ramasser les bénéfices, d'autres pensent qu'il existe bien des multinationales comme Danone, Orange, Veolia, Schneider qui contribuent réellement au développement en Afrique.

     

     

     

    5                     Le legs colonial et néocolonialisme 

     

    Sur ce thème, les avis sont partagés. C'est une erreur de ressasser le passé disent certains car non seulement il est très difficile de séparer le bon grain de l'ivraie mais aussi car cela comporte le risque d'attiser les sensibilités. Aujourd'hui le temps devrait plutôt être à la coopération. D’autres pensent, que même si l’ère coloniale est révolue, elle prend aujourd'hui la forme d'un néo-colonialisme marqué par l’ingérence directe et indirecte dans les affaires des ex-pays colonisés. Il a été cité l'exemple du franc CFA, monnaie datant de l’ère coloniale et utilisée encore aujourd'hui dans plusieurs pays africains. Ce point a été polémique. Par ailleurs, il a été question du lien, -  encore continu - ,  entre le colonialisme et l'immigration. La grande majorité des immigrants provient souvent des ex-pays autrefois colonisés par les empires coloniaux.

     

    6                    Les conflits 

     

    Alors que la sécurité des biens et des personnes est une condition sine qua non du développement, L'Afrique est souvent en proie à de nombreux conflits armés: coups d’état, insurrection, terrorisme, etc...  Le phénomène est souvent accentué par le caractère tribal de beaucoup de pays africains.

     

    7                    La corruption

     

    Il est indéniable que la corruption existe dans beaucoup de sociétés dans le monde, néanmoins le phénomène prend beaucoup d'ampleur en Afrique où il gangrène l’économie de la plupart des pays africains à tous les niveaux. Ce fléau est d'autant plus prononcé par l’accès au pouvoir de certains clans, familles, ou ethnies. L'emprise est alors quasi totale sur les richesses et les institutions et la chose publique se confond souvent à la chose privée(le cas de Ben Ali en Tunisie). La course à l’enrichissement semble alors être le dénominateur commun de la majorité des dirigeants africains. Pourtant, beaucoup d'entre eux font partie des élites, souvent formées a l’étranger.

     

     

     

    II- L'avenir de l'Afrique 

     

    Sur l’avenir de l'Afrique la tonalité générale du groupe est  plutôt d'un optimisme modéré. 

     

    1                    Les aides extérieures : un bien ou un mal ? 

     

    Certains pensent qu'il appartient d'abord aux Africains de décider du sort de leur continent ce qui n'exclut pas de les aider. Sur le plan politique, la France peut encourager des pays comme le Maroc ou la Tunisie où des progrès importants sont atteints( instauration d'un régime démocratique en Tunisie, niveau d’éducation élevé etc...). Ainsi le retour sur surinvestissement sera certainement rapide et assuré. Par contre, le chaos engendré par l'intervention militaire en Libye, est l'illustration même de ce qui ne peut guère être assimilé à une aide.

     

    Sur le plan économique, certains avis pensent que l’Afrique n'a pas besoin d'aides financières, d'abord en raison des risques de corruption et de détournement des fonds de la part de ses dirigeants, ensuite car il existe suffisamment de banques africaines pour financer des programmes de développement. D'autres pensent qu'il suffirait de 50 milliard par an pour réaliser le développement du continent. Un autre avis préconise que ces aides devraient être conditionnées,  par exemple, en contrepartie de l’octroi du  droit de vote des femmes dans certains pays.

     

    2                    Le saut technologique

     

    L'Afrique n'est pas uniquement le continent des ténèbres. Il a été dit que beaucoup de progrès sont en train de se réaliser  grâce a la technologie et les nouveaux moyens de communication. Le téléphone portable à titre d'exemple, a révolutionné le quotidien des gens en augmentant considérablement leurs transactions grâce à des applications comme easybanking pour le transfert de cash via smartphone (4 G). Il a été dit que la densification des réseaux de communication ou de transports est l'un des moyens les plus importants pour accompagner le développement des projets et des microentreprises a une échelle locale.

     

    3                    L’éducation

     

    Il a été dit que l'avenir de l'Afrique passe sans doute par l’éducation de la population, notamment l’éducation des filles. C'est un défi de taille qui permettra, - toujours selon cet avis,   non seulement de promouvoir le développement économique, mais également le contrôle de la croissance démographique,  la fécondité maternelle diminuant le plus souvent avec le niveau d'éducation des filles.  D'autres pensent que l’éducation est une vraie arme dans la mesure où  des citoyens instruits et éduqués ont réellement  le pouvoir de changer les choses et d'agir,  à travers des associations par exemple,  car les solutions ne viendraient, selon cet avis, ni des politiques, ni des multinationales. Un autre avis estime qu'un travail sur le renforcement de la citoyenneté africaine devrait être réalisé. Ce travail préparatif et de longue haleine a par exemple précédé en Europe, la création de l'Union Européenne,  tandis qu’en Afrique des institutions existent comme l'Union Africaine ou la BAD ( banque africaine de développement), sans que les citoyens africains n'y prennent vraiment part. 

     

    4                    Une meilleure exploitation des richesses  naturelles

     

     

     

    L'exportation des richesses naturelles est certes une bonne chose, mais le plus important pour réaliser un développement économique soutenu et durable est de pouvoir les transformer sur le sol africain. « Il est important de vendre des fruits et des légumes mais développer une industrie agroalimentaire est certes mieux ». L’énergie solaire et hydraulique sont d'autres atouts considérables souvent peu ou mal utilisés par les Africains et qui peuvent assurer un développement notable. L'important est que tout cela s'accompagne par une bonne gouvernance économique et une redistribution équitable des richesses.

     

     

     

               Compte rendu rédigé par Nesrine AZIZI

     

    nesrine24@gmail.com

     

     

     

     

     


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  • La propriété est-ce le vol ?

                                                        Synthèse des débats

     

     A propos de la classification des biens

    La classification des biens (E. Orstrom) suscite quelques réactions, dues en partie au fait que certains confondent la nature des biens (privé, public, etc.) et leur mode de gestion. Il n'est pas évident que les biens publics, ou supposés tels, soient mieux gérés par les pouvoirs publics ou leurs émanations. On cite l'exemple de la SNCF ("pompe à fric") et, en opposition, certaines prestations de Google (gratuit).

    Une autre classification, plus juridique, comprend trois catégories : les biens qui ont un propriétaire ressortissant soit au domaine public soit au secteur privé, les biens qui appartiennent à tous et les biens sans maître (res nullius) mais qui peuvent être appropriés par chacun (seau d'eau pris dans la mer).

     Les vertus et les tares de la propriété

    L'idée que la propriété (sous-entendu privée) serait génératrice de nuisances pour l'environnement, n'est pas évidente pour tous : exemple de l'URSS et des catastrophes écologiques qui y ont vu naissance. La nationalisation des terres est souvent contre-productive (exemple du Zimbabwe, ex Rhodésie du Sud). Etre propriétaire c'est être responsable (exemple de la différence de comportement dans un immeuble selon qu'on est propriétaire ou locataire) ; il y a une éthique de la propriété. D'autres au contraire admettent d'autant plus cette vision dépréciative que l'évolution de la société se poursuit : après Dieu, après l'Homme, c'est l'Argent qui est devenu le véritable propriétaire et tout lui est sacrifié.

     Les limites du droit de propriété

    Le droit de propriété a un caractère absolu et inviolable. En matière de propriété foncière, en principe il s'exerce sans limitation sur le dessous du terrain, comme sur le dessus (article 552 du Code civil, CC). Pourtant, il subit de nombreuses exceptions, dans le temps et dans l'espace. Sont cités entre autres (dans le désordre) :

    - Ancienne limitation de la plantation d'arbres le long des voies de circulation ("hors de portée d'arquebuse") pour des raisons de sécurité publique.

    - Actuelle limitation réglementaire de la plantation d'arbres aux limites séparatives des propriétés (CC + usages locaux) ; contre-exemple du Québec bien plus libéral.

    - Code minier : loi de 1810 sans cesse remaniée ; ne déroge pas au CC, mais puisque les ressources du sous-sol sont considérées comme res nullius (non appropriables) l'Etat se réserve le droit de les attribuer.

    - Eaux souterraines : même problème (propriété inaliénable mais avec des exceptions ou limitations : eau de source, déclarations d'utilité publique…). En cas de pompage pour irrigation il est évident que cela n'affecte pas les seules ressources situées sous la propriété, mais l'ensemble de la nappe phréatique : le Code rural de 1992 soumet à autorisation les pompages importants. A noter que c'est le plus souvent en matière de gestion de l'eau que la propriété collective est la plus efficace.

    - Urbanisme et aménagement du territoire : c'est un domaine de plus en plus encadré, notamment au niveau individuel (plan simple de gestion forestière – PSG – assorti d'avantages successoraux), communal (Plan local d'urbanisme ou PLU, schéma de cohérence territorial ou SCOT, etc.) ou régional (Schémas directeurs, Natura 2000, loi littoral, Trames verte et bleue, etc.)

    - Survivance actuelle de droits anciens (forêt usagère de la Teste de Buch),

    - Prescription acquisitive (usucapion) en cas d'installation non contestée de 30 ans sur tout ou partie d'un bien immeuble appartenant à autrui.

     Les contraintes du droit de propriété

    La législation française est pointée du doigt en ce qu'à force de réglementations elle décourage les achats d'immeubles qui pourraient donner lieu à locations, ou même qu'elle spolierait nos concitoyens (violente critique de l'ISF, idem à propos des droits de succession). Pourtant les droits de succession seraient plus élevés aux USA.

    Est notée une anomalie : en France à côté des résidences secondaires (3,2 millions) et des logements vacants (1,8 millions), on compte un nombre important et mal connu de SDF (probablement plus de 100 000). Malgré le "droit opposable au logement". Est-ce à cause de l'exercice qui est fait du droit de propriété ?

     Les variations du concept

    La conception de la propriété, des droits et des devoirs qui y sont attachés varie dans le temps et dans l'espace, mais se retrouve dans toutes les civilisations humaines organisées (exemple de Sumer, naissance des clôtures et barrières matérialisant concrètement les limites de la propriété). En France elle ne cesse d'évoluer. Le droit de l'environnement est en train de vider le droit de propriété de sa substance. On en revient à la situation du Moyen-Age  quand la propriété était éclatée en un faisceau de droits et d'utilités.

    D'autres exemples historiques sont donnés : rencontre entre les pèlerins du Mayflower et les amérindiens. Exemple géographique : les cinq statuts fonciers actuels au Maroc.

    Origine du concept

    L’origine de la propriété du sol est sans doute à rechercher comme une résultante de la révolution néolithique. Avant, dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, ou encore dans les sociétés pastorales aujourd’hui, les fruits de la terre appartiennent au premier qui les recolte. Dès lors que ces fruits provenaient d’un travail d’un lopin de terre et de son ensemencement, il devint évident que seuls ceux qui avaient consenti cet investissement étaient légitimes d’en être les seuls bénéficiaires. Leur lopin devint leur domaine réservé, puis leur propriété.

    S’en suivit une véritable révolution scientifique, l’arpentage des terres exigeait des notions de géométrie, le commerce des récoltes exigeait des bases de calcul et d’écriture, le calendrier des semailles exigeait des bases d’astronomie. Cette appropriation s’étendit bien au-delà des terres, jusqu’à la possession des hommes.

     La propriété et son usage

    - La propriété vise plusieurs finalités, dont certaines ne sont pas toujours respectables : spéculation, assise du statut social ("mon auto est plus belle que la tienne"). Il y a consensus pour admettre que ce qui importe le plus c'est l'usage qui en est fait. Elle peut être utilisée à diverses fins, légitimes ou illégitimes, utiles ou non à la collectivité. Si Robespierre, cité dans l'exposé, entendait limiter l'absolutisme du droit de propriété, c'est qu'à l'époque ce sont surtout des spéculateurs, enrichis dans le trafic des grains, qui faisaient l'acquisition de Biens nationaux.

    - En matière de foncier en France, la situation est de plus en plus évolutive et complexe (sous l'effet de l'évolution des techniques et de la Politique agricole commune, PAC) : concentration du foncier, portages fonciers et financiers, etc.

    - Beaucoup s'inquiètent de l'accaparement des terres. En particulier lorsqu'il est le fait de puissances  étrangères ou de gros groupes économiques étrangers, surtout dans les pays du Tiers Monde, au détriment de l'indépendance alimentaire de ceux-ci (les deux tiers de ces acquisitions ont été faites en Afrique subsaharienne, Cf. Banque Mondiale, 2010).

     Conclusion (provisoire complétant celle de l'exposé)

    Le droit de propriété a un double visage. Prolongement incorporel de la personne physique, il est aussi une frontière entre ce que l'individu a le pouvoir de contrôler et ce qui est du domaine d'autrui.

    Suivant la vieille tradition romaine, c'est un droit d'utiliser (jus utendi), de faire fructifier (jus fruendi) et même d'abuser (jus abutendi). D'où son caractère protecteur. Mais c'est aussi le droit d'exclure autrui (jus excludendi alios). De là viennent les conflits et les divergences de point de vue, surtout lorsque cela porte sur des biens en quantité déterminée et non ou peu extensible (la terre).

     Illustrations, interventions et questions diverses

    - La discussion est émaillée d'illustrations variées : histoire de la jeune vietnamienne brûlée au napalm, photographiée par un journaliste américain ; comportement des Vénitiens récupérant des esclaves des Barbaresques ; historique des subprimes américaines ; …

    - Le patrimoine économique national est supérieur au PIB.

    - En principe on ne peut pas se promener ni récolter (bois, champignons…) dans des forêts privées, sans autorisation. Idem pour le public, mais il y a des tolérances.

    - Qui représente l'intérêt collectif ?

    - Quid de l'évasion fiscale ?

    - Il faudrait traiter de la propriété immatérielle et du droit des brevets notamment dans le domaine numérique (objet d'une future séance ?).

     

    Références citées :

    - A côté de Proudhon d'autres auteurs sont cités. Evidemment Gracchus Babeuf ("Manifeste de plébéiens", 1795)[i], qui en raison de son origine sociale et de son activité professionnelle, commissaire à terriers et feudiste, a sans doute été de tous les révolutionnaires le plus proche des préoccupations des campagnes (voir commentaire sur le site). D'autres sont cités aussi, Grotius, Thomas More, Marx (1869), Kropotkine (1892) et même Kant. Disraeli, ministre conservateur de la reine Victoria, qui envisageait une sorte d'Etat-Providence, financé par la rente foncière prélevée par l'Etat.

    - Article 17 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948)[ii]

     

                                                            Pierre. Marsal. (19/02/2018)



    [ii] Article 17 : 1.Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.

                         2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété 


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