• Le pouvoir des médias représente-t-il un atout ou un danger pour la démocratie ?

     

    20 personnes présentes ont émis 24 commentaires et la conclusion du café débat.

     

    I/S’agissant de la démocratie, (mot composé du grec "demos", le peuple "qui habite la cité" et du grec "kratos", celui qui est fort, puissant, au sens de celui qui est "capable de gouverner"), le domaine d’informations des médias traité est principalement celui qui concerne la politique. L'étymologie du mot politique vient du grec"politikè" qui signifie : science des affaires de la Cité. La politique est donc l'organisation de la Cité ou de nos jours l'État. Par conséquent les informations liées aux sports, aux loisirs, la santé … n’ont pas été débattues.

    II/ Les propos tenus ont principalement été orientés sur les dangers et les critiques, puisque la question d’emblée a été posée ‘de quels dysfonctionnements parle-t-on ?’. On peut les structurer de la manière suivante :

     

    II-1/Critiques des médias centrées sur leur fonctionnement industriel :

    Les médias appartiennent à des grands groupes, 10 milliardaires se partagent le gâteau, ce qui conduit à un manque d’objectivité établi par une impartialité subjective, pouvant aller dans certains cas à une théorie du complot.

    Leurs objectifs est la course à l’audience. Avoir de l’influence, en ayant prise sur des décideurs politiques, mettre un pied dans l’opinion, garder la main mise sur la commande de sondages, brider les investigations.

    Il a été fait état de "marronnier ": Un marronnier en journalisme est un article ou un reportage d'informations de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres.

    Peu de médias sont indépendants financièrement, tels La Croix, le Canard enchaîné.

    Les médias perçoivent des subventions de la part de l’Etat.

     

    II-2/ Critiques centrées sur les journalistes :

    Les journalistes relatent des faits selon leurs opinions, un bon journaliste devrait être honnête pour faire un bon média. Les journalistes ont toujours la faculté de laisser poindre leurs opinions, la frontière est floue entre informer et expliquer, ce dernier volet donne lieu à des dérives, pour un même fait leurs commentaires sont différents selon les journaux.

    Notre temps est limité, les médias souhaitent capter notre attention. Les journalistes sont des otages des fabricants de buzz, au sens rumeur. Certains journalistes cherchent à développer le désordre.

     

    II-3/ Critiques centrées sur la médiacratie (pouvoir qu’exerce les médias au sein de la société, souligne leur influence sur les trois autres pouvoirs).

    Les médias ont la capacité de créer un évènement à partir d’un non évènement, c’est la démesure des médias, tout se passe comme s’ils avaient besoin de prouver leur force en créant quelque chose à partir de rien.

    L’affaire Fillon « nous a bassiné », il n’y a pas eu de campagne présidentielle. L’Etat est maltraité par les médias,voire caricaturé.

    Les médias des départements ou des régions sont moins à l’affut du scoop. Entre le bien et le mal,  c’est le mal qui est souvent relaté dans les médias.

    Le pouvoir des médias est relatif, on écoute ou on n’écoute pas, les guignols de l’info à la TV et les humoristes ont un pouvoir très important. On ne serait pas manipulés comme on le pense. Les médias véhiculent la pensée dominante, ce qui conduit à un esprit grégaire (penser ce que tout le monde pense, obéissance de l’individu à la masse de manière aveugle et sans réflexion). Le principal pouvoir des médias c’est d’orienter les réflexions, d’endormir la pensée de chacun d’entre nous, pour éviter de penser aux réels problèmes. Le pouvoir des médias c’est nous qui leur donnons, c’est aux gens de sélectionner leurs canaux d’information ou spectacles. Question qu’est-ce que cherchent les gens, ils cherchent « à être dans le bain » sentiment d’unité. Pour avoir une information correcte, il y a plusieurs sources d’informations : certaines émissions de radios, les émissions de TV bien faites et informatives (hélas en général en deuxième partie de soirée et/ou sur de petites chaines), les livres, certains films (ex "le capital" de Costa Gavras), les recherches sur Internet, les rapports parlementaires, certains débats qui peuvent être très utiles. La finance mondiale est le chef d’orchestre des gros médias. Bon nombre de ces derniers véhiculent la pensée unique "il n'y a pas d'autre voie que la mondialisation de concurrence dure". Le quatrième pouvoir souffre d’un mal : le cinquième pouvoir qui n’existe pas (serait de moins en moins vrai grâce à Internet).

    Questions : qu’entend-on par opinion et diversité, n’y a-t-il pas plusieurs peuples ?

     

    Question : comment juger les médias, à cette question il a été mentionné l’organisme ACRIMED Action CRItique des MEDias, à étudier car peut connue. Sur Internet il y a la liberté d’expression mais il n’y a pas de limite (ex : il y a certains propos racistes, xénophobes), il peut y avoir aussi de la désinformation.

     

    II-4/ Critique sur le traitement de l’information

    Rappels : l’information est devenue une marchandise, qui obéit à des contraintes de rentabilité. Elle entre dans des programmes où elle côtoie des désirs d’influence, la conquête incessante des parts de marché. Les risques sont d’aller dans le sens de la propagande, on peut noter aussi l’influence des publicités.

    Nous sommes matraqués par les médias, bien souvent ils utilisent un titre accrocheur mais l’article est creux. Toute communication est une manipulation, aujourd’hui on est saturés d’informations, il n’y a pas d’information parfaite. Les subventions de l’Etat pour la presse ne doivent pas être arbitraires.

    Lorsque l’on va chercher une information, nombre de personnes ont tendance à aller chercher une information qui se rapproche de leur opinion (croyance), (cela s’appelle biais de confirmation).

    On n’a pas le temps d’approfondir ce que disent les médias, alors que la justice prend le temps pour que la vérité émerge.

     

    Lorsqu’il y a eu le passage aux 35 heures, j’avais du mal à comprendre. Internet on y trouve de tout et n’importe quoi, c’est devenu le café du commerce, où certains consommateurs abusent des petits blancs. Ce que disent les médias c’est l’écume de l’information, c’est pour cela qu’il faut aller chercher des informations dans différents rapports parlementaires.

    Sur Tweeter il y a énormément de déclarations d’opinions dangereuses.

     

    III/ Démocratie et médias

    La France serait mal placée dans le tableau de classement des pays démocratiques, les médias véhiculent la pensée dominante.

     

    La démocratie est influencée par les médias qui ont le pouvoir de masquer les problèmes essentiels, et manipuler notre pensée.

     

    A ce propos, il a été rappelé ce que le Général de Gaulle voulait l’élection du Président de la République au suffrage universel, en premier lieu pour lui donner plus de légitimité, mais aussi pour empêcher les manipulations comme c’était le cas sous la IV e République. De Gaulle estimait qu’il était plus difficile de manipuler des millions d’électeurs que quelques centaines de députés et sénateurs. Les réseaux et groupes de pressions ont réussi à reprendre la main et manipuler ces millions d’électeurs depuis les années 1970.

     

    IV/ Conclusion : l’urgence est de préserver le véritable métier de journaliste.

    Comme il a été fait état de plusieurs critiques, cela donne matière à ce sur quoi il faudrait réfléchir, à ce qu’il faudrait faire, et d’être relayé par un « Zola » du XXI e siècle, au sens de « J’accuse ». Le rôle démocratique des médias est à redéfinir, à défaut ils seront balayés, et la démocratie y perdra tout.

                                                                                Daniel Soulat, avec l'aide de participants


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  •  ‘Nos valeurs Républicaines sont-elles recevables dans toutes les cultures ?’

     

    17 personnes présentes ont émis 30 commentaires et la conclusion du café débat.

     

    I/ Rappels, la République Française est fondée sur :

    -       Des valeurs, des principes, les Déclarations des Droits de l’Homme, une souveraineté, une constitution, des symboles.

    I-1/ Les valeurs annoncées par la devise « Liberté Egalité Fraternité » reposent  sur celles mentionnées dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 Août 1793, reprises ultérieurement dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en 1948, et dans la Constitution de 1958.

    I-2/ Les principaux principes sur lesquels s’appuie la République :

    -       L’Article 1 de la Constitution de la Ve République 1958 contient :

    La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale.

     

    -       La loi de séparation des Eglises et de l’Etat décembre 1905 contient :

    Article 1er : La République assure la liberté de conscience, elle garantit le libre exercice des cultes.

    C’est l’application stricte de la laïcité.

    I-3/ Le respect des droits de l’Homme et du principe de souveraineté nationale (le pouvoir appartient à la nation, c'est-à-dire à l’ensemble des citoyens).

    I-4/ Les symboles de la République Française :

    -       La devise, le drapeau tricolore, Marianne, la Marseillaise, la fête nationale du 14 Juillet, le coq.

     

    II/Valeurs : vu dans le CD« Les Valeurs occidentales : quelles sont-elles et mode d’emploi ? ». Les « Valeurs » sont des principes auxquels doivent se conformer les manières d'être et d'agir, ces principes étant ceux qu'une personne ou qu'une collectivité reconnaissent comme  idéales… Elles constituent une morale qui donne aux individus les moyens de juger leurs actes etc….

    II-1/ Origine :La plupart des valeurs républicaines, notamment Démocratie, Liberté Egalité Fraternité, proviennent de la pensée Grecque, et de la Bible avec ses valeurs (sacrées) tombées dans le domaine public (profane) notamment la Fraternité. Les valeurs occidentales du type Judéo Chrétiennes, Gréco Romaines ont été rediffusées à la Renaissance, puis le mouvement des Lumières (émancipation) a été à l’origine de la Révolution Française. En Angleterre, il y a eu l’Habeas Corpus (présomption d’innocence) qui a permis que les individus puissent manifester pour leurs droits élémentaires. Au Danemark, via un philosophe des Lumières, il y a eu la liberté d’expression écrite et orale, et la diffusion. L’histoire coloniale a conduit à classer les populations selon leur origine.

     

    II-2/ Partage : L’individu est autonome, il a un statut, il est au sein d’une communauté, ceci diffère selon les pays, par exemple la République en Irlande a une constitution appuyée sur des valeurs catholiques, en Pologne il y a une forte pression religieuse.Bon nombre de pays partagent nos valeurs, avec des exceptions car cela dépend de leurs applications.

     

    II-3/ Comment sont-elles diffusées, à l’école avec des manuels scolaires et l’instruction civique. La langue commune facilite cette tâche. Autrefois au service militaire des éléments de civisme étaient rappelés. Il existe un guide du citoyen.

     

    II-4/ A quoi servent elles : notamment à faire en sorte qu’il y ait la paix au lieu de la haine, mais dans la réalité les ventes d’armes sont contraires à cet idéal. Comment faire pour que le bien prenne l’ascendant sur le mal ?

    Elles permettent d’avoir le sentiment d’histoire commune, de former les citoyens et de vivre ensemble. En France les valeurs qui nous relient conduisent au sentiment  d’appartenance à une nation, si on s’y reconnaît tant mieux, sinon cela fait émerger des conflits. Elles permettent de vivre une vie paisible en tant que citoyen, auquel il est demandé de  respecter les lois. S’il ne veut pas les respecter, il ne peut pas être reconnu citoyen.

    Le devoir de respecter la famille a régressé.

    Pour ceux qui refusent d’être citoyen leur voie est de faire la révolution.

    Au Liban, les peuples apprennent ensemble à se respecter, c’est profondément ancré chez ce peuple, peut être parce qu’ils font des affaires ensemble ?

     

    II-5/ Témoignage de vécu : « de par mon travail, j’ai visité plusieurs pays, là où il fallait s’adapter ». « Je vais souvent dans une région ou Jean Jaurès a laissé son empreinte », « ceci conduit à la question des régions : ont-elles les mêmes valeurs républicaines ?», une amorce de réponse a été formulée relative à l’Alsace, ceci issu du très long rattachement de cette région à l’Allemagne.

    Pour information, Il y a longtemps le sujet « Valeurs universelles » a été débattue au café débat. 

    III/ Définition de la culture, en fait il y a plusieurs définition (vu dans CD et son CR « Est-ce un devoir pour l’homme d’être cultivé ? ») : E.B. Tylor définissait le contenu de toute « culture » ou « civilisation » comme l'ensemble des connaissances, croyances, arts, lois et coutumes acquis par l'homme en tant que membre d'une société.Vu sur Internet : En sociologie, la culture est définie comme « ce qui est commun à un groupe d'individus » et comme « ce qui le soude », c'est-à-dire ce qui est appris, transmis, produit et créé. L' UNESCO définit la culture de cette manière-ci : « La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts, les lettres et les sciences, les modes de vie, les lois, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances. »La culture est en fait un ensemble de normes et de valeurs, qu'un individu acquiert au cours de sa vie et qui le font entrer dans la société, mais aussi dans des catégories et des groupes sociaux. L'apprentissage de la culture se fait par la socialisation.

    IV/ Discussion sur les principales valeurs évoquées en séance :

    Un intervenant a dit ''nos valeurs républicaines ont créé notre Nation''.

     

    Suite à cette intervention, il a été rappelé que, malheureusement dans l'Histoire et encore aujourd'hui, il y avait de nombreux exemples où des Nations ou des Communautés avaient été/sont ''créées'' avec d'autres ''valeurs'', exemples : ''économie parallèle de la Mafia'', ''réseaux de drogue'', ''valeurs'' nazies''.

     

    Les 10 commandements du christianisme sont tout à fait respectables et utiles pour bien vivre en société, mais la république a été déclarée laïque en assurant, par ailleurs, la liberté de culte.

     

    Ces réflexions qui mettent en évidence la grandeur, mais aussi la difficulté, de faire progresser nos valeurs républicaines.

     

    IV-1/ Liberté : rappel, cf l’article 4 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ‘La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaquehomme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Cesbornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

     

    On peut la dissocier (liberté d’expression, d’être informé, de choix, …), selon certains la liberté individuelle est un mythe, une illusion.

     

    IV-2/ Egalité : elle est plutôt stricte dans le domaine des droits en France, l’égalité n’existe pas, le devoir d’une nation c’est de créer les conditions d’obtenir l’égalité des chances (exemple l’école), égalité différente selon les pays surtout au niveau de son application. 

    IV-3/ Fraternité : en France il y a différents systèmes de protections sociales, et indirectement une solidarité au travers de la répartition des impôts perçus évaluée à 52 milliards d’euros, concernant 15 à 20 millions de personnes qui en bénéficient. L’Etat devrait s’occuper en priorité des cas urgents. Le revenu universel, argument avancé au cours des élections présidentielles lors du premier tour en avril 2017 a été évoqué, cela ne semble pas avoir fait l’unanimité. Difficile à distinguer la Fraternité dons, de la Solidarité impôts.

    IV-4/ Laïcité : considérée comme très important pour certains.

    IV-5/ Valeur et démocratie: est-ce un beau discours ou une réalité ? 

    Il y a des fossés entre ce que l’on voudrait, ce qui est, ce qui devrait être : (exemple droit au logement, droit au travail…). Certaines valeurs sont même parfois confrontés à des lois contradictoires, notamment dans le domaine de la liberté d'expression : certains domaines sont tabous, les gens sont devenus hypocrites, le politiquement correct va bon train. Il y a même des cas où les gens sont condamnés à de lourdes amendes, à la ruine sociale, voire à la prison (avec mort possible) pour des idées. La France est mal classée pour la liberté d'expression (exemple classement international RSF).

    La devise, Liberté, Egalité, Fraternité : c’est un idéal, très loin de la réalité, cela pose la réflexion sur les différences qu’il y a entre ce que l’on voudrait, ce qui est, ce qui devrait être. Ceci mériterait d’être abordé dans un café débat spécifique.

    Question : Si le régime politique n’est pas démocratique, a-t-il des valeurs ?

    IV-6/ Peut-on exporter nos valeurs ? :

    Les valeurs sont subjectives. Pour certains la seule valeur actuelle c’est l’argent au sens économie.

    Définition sur Internet : "Les valeurs correspondent à ce à quoi les gens attribuent de la valeur, de l'importance : comme le partage, l'équité, la justice, l'honneur. Elles sont subjectives et varient selon les différentes cultures et sexes. Elles peuvent être renforcées par des normes sociales. Les types de valeurs sociologiques incluent les valeurs morales et éthiques, les valeurs idéologiques (politique) et spirituelles (religion), les croyances, les valeurs écologiques ou encore esthétiques, ouvertes, individuelles et collectives."

    Exemple, le livre : "Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus" (mais contesté pendant le débat).

    Les 12 valeurs universelles définies par le psychologue Shalom Schwartz n'ont pas fait l'unanimité.

    Sur le site "Eduscol", il y a une définition des valeurs de la république :

    http://eduscol.education.fr/cid46702/les-valeurs-de-la-republique.html 

    "L'École transmet les valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité ; laïcité ; refus de toutes les discriminations. Les élèves étudient les grands textes qui les fondent."

    Commentaire : cela exclue donc même la discrimination positive.

    L'égalité des filles et des garçons est également citée.

    Par extension c'est aussi l'égalité homme/femme, à voir si c'est recevable dans toutes les cultures.

    Pour la question "Nos valeurs républicaines sont-elles recevables dans toutes les cultures ?", nous pouvons prendre en exemples:

    - La "culture de la rue" (Exemple la chanson de Johny Halliday, faisant passer, en gros le message suivant : "Les portes du pénitencier se sont refermées derrière moi, femmes ne laissez pas vos fils trainer dans les rues le soir") et, dans la même veine, la culture de la citée : les valeurs républicaines ne sont pas forcément recevables dans ces cultures.

    - Religions / croyances : à voir si nos valeurs républicaines sont recevables dans toutes ces cultures.

    - Terrorisme : cette "culture" n'est apparemment pas compatible avec nos valeurs républicaines…

    Comme on le voit certaines cultures ont du mal avec nos valeurs républicaines.

    V/ Démocratie et légitimité, la démocratie représentative est contestée au regard du faible pourcentage des voix obtenues par rapport aux nombre d’électeurs (alors que sur la carte d’électeur il est mentionné ‘ le vote est un droit, c’est aussi un devoir’.

      .

    VI/ L’ injustice a été mentionnée indirectement, en citant le cas des cols blancs et de la délinquance financière, dont le montant est estimé à 100 milliards d’euros, sans être poursuivis, alors que les quelques salariés excédés par leur direction chez Air France ayant déchiré la chemise d'un dirigeant ont été condamnés  à de la prison.

     

    VII/ Tentative de réponse à la question: « Est-ce recevable dans toutes les cultures ? », en rappelant la sécularisation :

     

    Dans une démocratie, c’est un processus de libération, dans lequel l’individu acquiert une certaine autonomie vis-à-vis de la religion, prend en main sa destinée, et obtient le droit de penser, de juger indépendamment du religieux.

     

    Une société sécularisée devient autonome sur le plan politique, moral et scientifique, et élabore ses propres lois plutôt que d’être régie par des lois sacrées. Dans un régime politique démocratique, l’Etat porteur du pouvoir politique, est un instrument de médiation au service de la population. L’individu a une place centrale, et c’est à lui que revient la gestion de sa destinée individuelle et collective.

     

    On peut en déduire que,  c’est certainement, difficilement recevable par des personnes ayant une culture religieuse qui feraient passer la Religion et ses orientations  avant l’Etat et la République.

     

    VIII/ Conclusion: Suggestion proposée en fin du café débat, au travers des multiples contradictions ou manques évoqués ci-dessus, l’ensemble du débat a mis en évidence plusieurs interrogations, elles mériteraient d’avoir différents cafés débat d’approfondissement, de même la diversité des cultures à peu été abordée, à suivre donc.


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  • Compte-rendu du café débat du 9 Sept. 2017 :

     

          «L’éducation peut-elle seule permettre l’émergence d’un   homme libre ? » 

     

     

    Education et Instruction.

     

     L’éducation serait la tâche de la famille, complétée par la société, et la rue, elle consisterait en la transmission des valeurs, ou de la religion. L’Instruction serait celle de l’école, elle consisterait en la transmission de savoirs. Dans ce modèle, ce serait une erreur d’avoir transformé le nom du  ministère de l’ « Instruction publique »  en  « Education nationale ». Cependant l’école est aussi un lieu d’éducation, l’enfant y trouve des « copains », commence ainsi le « vivre ensemble ». D’ailleurs, les enfants qui apprennent en dehors de l’école ont un retard  dans leur sociabilité.

     

     

     

    L’instruction.

     

     Certains se sont plaints de la mauvaise qualité du l’instruction en France. Une majorité d’élèves ne saurait ni lire ni écrire en sortant de terminale, les enfants de maintenant ne s’intéresseraient qu’à la qualité du prof. Et non à ce qu’il enseigne : une génération de spectateurs, et non d’acteurs (mais les enfants de 10 ans sont incapables de juger de ce  qu’ils ont appris d’un prof).

     

    Au contraire, pour d’autres, certains progrès sont à constater depuis notre jeunesse : les enfants s’exprimeraient sans timidité, de façon plus intelligente  qu’autrefois, sans confondre une assertion et sa réciproque . Il est vrai que l’orthographe n’est souvent pas leur point fort, (de ce point de vue, regarder les forums sur Internet est instructif !), mais est-ce vraiment important ? Et la qualité du (de la) prof est essentielle : idéalement, c’est un être de chair, comme l’élève, qui se passionne pour le sujet enseigné, qui vous entraîne dans son goût pour la matière enseignée.

     

    En tous cas, l’instruction est absolument nécessaire pour la formation du citoyen. D’ailleurs, une forte proportion de chômeurs sont illettrés(estimation à 10%). En 1914, les « bleus » ne parlaient souvent que leur patois local, ce qui rendait difficile de les commander, d’où l’utilité d’enseigner à tous la même langue.

     

    Elle est essentielle pour permettre à l’adulte d’analyser des situations, d’en faire une synthèse et ensuite de prendre des décisions (par exemple dans l’urbanisme) ; il y aurait par exemple un trou dans les programmes de biologie : si on enseigne bien la biologie moléculaire, on n’enseigne rien sur  les éco-systèmes, et les politiques n’ont pas ce qu’il faut pour prendre des décisions environnementales.

     

    Le programme étudié est un reflet de la société, dépendant de la culture du pays, bien qu’on assiste à une uniformisation des savoirs. 

     

    Mais l’instruction n’est pas tout : les Allemands en 1930 étaient bien instruits, on a vu la suite ! Une bonne éducation SEULE ne fait pas émerger des.hommes libres, certes elle y contribue inlassablement 

     

    La connaissance  doit se construire, c'est un édifice. L'apprenant n'est pas un grand fourre-tout qui ingurgite pêle-mêle des savoirs sans cohérences entre elles. Les connaissances justes mémorisées mais non assimilées seront vite oubliées

     

    . 

    L’Education.

     

      Elle commence à la naissance. Le bébé apprend vite à communiquer ses émotions. Puis les parents sont là pour lui donner les outils nécessaires, lui apprennent à verbaliser, puis à lire et écrire, puis….Le but de l’éducation n’est pas de forcer l’enfant à reproduire les convictions de ses parents, ce serait du formatage, mais à l’amener à choisir les siennes propres au terme de son adolescence, à se réaliser, (voir CR du café débat du 3/12/2016 « nous sommes des produits pédagogiques semi-finis qui doivent mener seuls notre production à terme), à avoir du plaisir à apprendre (même si les parents ne sont  pas très instruits eux-mêmes), à trouver sa place dans la société. Trois qualités importantes, sinon primordiales : la confiance en soi, et l’harmonie avec les autres, ainsi que le courage. Tout cela se fait en rapport avec les parents (accord ou désaccord), car on ne peut rien construire à partir de rien.

     

    A bannir : le formatage, l’interdiction de la critique. L’esprit critique est une nécessité, d’ailleurs.

     

    Pour ce qui est de la vie en société et de la religion, il ne s’agit pas de transmettre la Vérité, toujours fluctuante, mais de montrer des chemins de vie possibles, pour trouver l’harmonie avec soi-même et avec les autres. Pour ce qui est de sciences exactes, à l’exclusion des « sciences humaines » (point contesté), c’est du ressort de l’Instruction.

     

    Si on ne s’occupe pas d’un enfant, il peut devenir autiste : cas cité d’un enfant de 2,5 années ayant un développement qui a fait penser qu'il était devenu autiste à cause issu d’une utilisation intensive d’écran seul dans son coin. L'arrêt de cette utilisation intensive lui a rendu un développement normal.

     

    Qui peut juger d’une éducation ? C’est un reflet de la société. (véracité de ce cas contestée)

     

    Pour la partie négative : apprendre à supporter les revers, les tristesses de la vie.

     

    Remarque : le mot éducation vient de « ducere », guider, et donc on pourrait penser qu’il est contraire à la liberté. Mais l’étymologie est parfois trompeuse !

     

     

     

    Liberté .

     

     La liberté, qui inclut la liberté de pensée et le libre arbitre, serait tout d’abord celle de choisir, et d’assumer ses choix.

     

    Ne pas confondre la liberté avec celle de faire n’importe quoi en nuisant à autrui !

     

     Quand l’Etat se mêle d’éduquer les enfants (autrement que par l’école), comme c’est le cas dans les pays totalitaires, il ne peut y avoir de liberté.

     

    De plus, dans un environnement hostile, totalitaire, où il y a risque d'être ruiné, emprisonné, voire tué pour des idées :

     

    - Celui qui est peu éduqué, inconscient de la situation peut se sentir libre (se laisse manipuler par la pensée dominante et s'y conforme, sans voir de problème).

     

    - Celui qui est éduqué, conscient, indépendant, qui voit les manipulations des foules, qui voit le pays s'enfoncer peu à peu dans un certain totalitarisme ne se sentira pas libre.

     

    Par contre, dans un environnement sain, non totalitaire, ce dernier sera d'avantage libre puisqu'il peut penser par lui-même.

     

    Devenir ce que l’on est ? Oui, mais qui suis-je ? Et ne sommes nous pas des êtres en devenir ? Michel Onfray : « on ne choisit pas d’être pédophile », à discuter !

     

    La liberté peut se définir par son contraire : l’addiction à toutes sortes de drogues , la prison évidemment. Les robots ne sont pas libres !

     

    Les milieux fermés ne favorisent pas la liberté : les enfants reproduisent le modèle qu’ils voient, leur choix est limité. L’exemple de milieux fermés : l’Ancien régime, qui a été violemment écarté par la Révolution Française.

     

    De même pour la société Anglaise qui refusait le droit de vote aux femmes : les suffragettes y ont mis bon ordre.

     

     

     

    La conclusion du président : il n’y a pas d’inquiétude sur notre capacité d’être libre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  •  

                 La France, pays « charitable » ?

    C’est du moins ce qu ‘en dit l’ »Histoire Mondiale de la France », de P. Boucheron (Seuil), qui date cette tendance à 1954, et de l’appel à la radio de l’abbé Pierre, qui aurait déclenché, plus tard, dans notre République, toutes tendances confondues, les « french doctors » de Médecins sans frontières, et Médecins du Monde, A.T.D quart monde, les Restos du Cœur de Coluche, le Téléthon, et bien d’autres associations. Il a même été proposé de remonter plus loin et de voir dans les lois sociales de 1936 une tendance de notre Républiqueà la charité, mais cela a été contesté : ce serait plutôt une « conquête »…

    En tous cas,   depuis 1945, il a été reconnu que l’Etat  doit aider les précaires, ce qu’il fait  : RSA, Sécu, CMU, AME, etc. Pourtant, cela ne peut être suffisant :  par exemple, en ce moment, nous avons en France des réfugiés sans papiers, dont l’Etat ne peut par définition pas s’occuper, et que nous ne pouvons pas laisser mourir de faim !

     

    Charité versus solidarité.

    La charité consiste à s’occuper de qui vous est cher. C’est un mot employé par l’Evangile, et c’est pourquoi cela dérange ceux qui sont athées. Pourtant, si les chrétiens emploient volontiers ce mot que Saint Paul utilise souvent, et qui évite l’ambigüité du mot amour (philae, eros et agapé), ils n’en sont pas propriétaires. Et puis ce mot a des relents désagréables, et certains ont du mal à se libérer du mépris pour les pauvres, générés par des réflexions, entendues chez des « bonnes âmes », comme « ces objets sont trop bien pour eux », ou encore « on vient me manger dans le main », ou encore du paternalisme, qui a précédé l’Etat « providence » créé en 1945.

     Les athées et agnostiques préfèrent le mot « solidarité ». Pourtant, ce dernier terme a un sens légèrement différent, dans la mesure où il ne suppose pas de relations personnelles entre l’accueillant et l’accueilli (« bénéficiaire » pour les restos du cœur) ; c’est un mot volontiers employé par les responsables politiques.

    La charité ne s’adresse pour certains qu’aux personnes en état de détresse, comme par exemple aux victimes de l’incendie de Londres, ou de la guerre en Syrie. Et c’est vrai que nous voyons souvent des cas de détresse, comme celle, au Moyen Age, de ce pauvre qui a apitoyé Saint Martin. Pourtant, la mendicité est parfois interdite dans nos villes.

     Pour certains, la charité, contrairement à la solidarité,  s’adresse au prochain, quel qu’il soit, qu’il fasse partie de son clan ou non : l’écoute, la sympathie et l’empathie sont ses qualités principales, applicables à tout le monde. Elle l’aidera par tous les moyens, et pas seulement matériels : une présence humaine, une aide à retrouver du travail, à sortir d’une dépression, ou simplement à partager un repas ou une activité….

               Il est vrai que « faire la charité » à une personne qui n’a rien demandé humilie cette personne !

    La       La charité profite autant à l’accueillant qu’à l’accueilli : c’est une constatation que tous les bénévoles font.

    Elle concernerait plus le niveau personnel ou associatif, la solidarité étant plus l’apanage de l’Etat.

     Enfin la charité, dans sa version moderne, ne fait rien sans l’assentiment de la personne aidée : « jamais sans toi ».

     Les aides « solidaires » ou « charitables » peuvent être à très court terme (par exemple au « Samu social » ou aux « Restos du cœur »), ou à plus long terme comme la recherche d’un travail.

     En conclusion de ce paragraphe, tous les présents étaient pour la solidarité, chrétiens ou pas. Mais les chrétiens croient qu’ils devront rendre compte de leurs actes pour  « entrer au paradis » (dit par un athée, le paradis n’étant plus un mot d’actualité dans les Eglises).

     

    La solidarité.

     La solidarité, avons nous dit, est organisée par l’Etat, en Europe Occidentale, plus qu’aux USA ; c’est, si l’on veut, un paternalisme d’Etat. Le cas de l’Allemagne est spécial : il existe un impôt de solidarité, récolté par l’Etat et reversé aux œuvres caritatives de la religion indiquée par le contribuable (pas d’impôt pour un athée).

     Mais la solidarité est elle bien gérée ?

                Certains ont des doutes. En premier lieu, elle ne marche que si les agents de l’Etat font bien leur travail.

                 Et puis le problème est que la personne aidée ne sait pas d’où vient cet argent qu’on lui donne, et ne peut dire merci ! En plus, le nombre d’aides différentes peut être important, et on se peut se perdre dans toutes ces aides accordées, qu’il faudrait recenser personne par personne (le sont elles ?).

     En plus trop de solidarité aboutit à de l’assistanat, à donner du poisson plutôt qu’à enseigner la pêche, ce qui n’est pas le but recherché !

     

     Question : la solidarité s’étend elle à tous les êtres humains ? Il est à remarquer que le nombre de personnes ayant faim dans le monde n’a pas augmenté depuis 1945, alors que le nombre d’humains a doublé.

     Le premier devoir de solidarité de l’Etat est de trouver du travail à tout le monde. Pour cela il doit s’occuper autant de la production (« l’offre ») que de la redistribution (« la demande »). C’était le cas pendant les « 30 glorieuses », mais cela ne l’est plus, suite à la compétition entre les différents quartiers du « village planétaire ». Depuis une dizaine d’années, la France a créé bon nombre d’emplois, contrairement à ce qui a été dit,  mais pas assez pour compenser l’arrivée supplémentaires de candidats au travail.

      Il faudrait que l’humanité travaille plus en coopération (cf. Airbus) qu’en compétition (cf. délocalisations)!

     Faudrait-il que les retraités abandonnent certains privilèges liés à leur génération très chanceuse ?  En tous cas, généralement, ils ne gardent généralement pas tout leur argent pour eux, et aident leur famille en cas de besoin.

     La solidarité, comme la charité s’étend elle aux animaux ? On peut être ému par les souffrances des bébés phoque, le sommes nous pour la sole que nous grillons dans notre poêle ?

    Conclusion d’André : pour aider quelqu’un, il faut d’abord  avoir de l’estime pour elle. La solidarité n’est pas nouvelle : on peut en trouver des traces dans le préhistoire, en direction d’handicapés. Enfin il est important de connaître la culture de l’autre.

     Conclusion de Bruno : pour le logement, il faudrait permettre de fabriquer des logements précaires, malgré le barrage de certaines communes. Enfin, n’y aurait-il pas trop de pêcheurs (sachant pêcher donc) pour une réserve de poisson limitée ?

     

    Compte rendu rédigé par Benoît Delcourt

     

     

     

     

     


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  • Compte-rendu du café débat du 10 Juin 2017 :

     

    « Face à l'ambivalent pouvoir conféré par la connaissance,
    aurons-nous la sagesse d'en disposer pour le meilleur? »

     

    Connaissance.

               Ethymologiquement, connaissance signifie naissance avec ; c’est ainsi que je nais à la géométrie en apprenant les théorèmes de base. Et si je suis « né », je peux agir ! 

    Elle peut être livresque ou tirée du vécu. On ne peut la confondre avec l’avis de la majorité, mais de l’analyse des faits.

    Elle a trait aux sciences, certes, mais aussi aux arts et aux lettres, là où l’intuition joue un plus grand rôle, et où rien n’est « démontré ».      De ce point de vue, le cas de Pompidou, littéraire plus que scientifique, est exemplaire.

    Une image : la vérité est un cercle, et la connaissance est un polygone enfermé dans ce cercle, donc toujours de moindre surface !

    La connaissance et l’érudition sont liées. Pourtant l’érudition, une connaissance pour la connaissance, serait marginale, car volontairement découplée de l’action. C’st toute l’opposition entre « tête bien faite » (attribuée à Montaigne) et tête bien pleine (à Rabelais) ; un équilibre entre les deux semble souhaitable.

     

    Connaissance et action.

     

    Il y a trois sortes d ‘attidudes :

             Ne pas savoir, mais agir (cela semble le cas de Donald Trump, le climato-sceptique) , savoir et ne pas agir (science fondamentale, institutions de l’ONU ou de l’Organsiation internationale du travail, sans moyens de faire appliquer les lois), et enfin savoir et agir (ingénierie).

    Cette ambivalence entre connaissance et action serait un avatar de l’opposition séculaire entre le « spirituel » et le « matériel ».

    Le manque de connaissances serait évident dans la défaite de 1870.

    Conjuguer Force et action est le meilleur moyen de dominer.

    La connaissance et l’action sont deux pouvoirs différents. On sait que dans un société équilibrée, il faut que le pouvoir (politique, dans l’action) soir équilibré par un contre-pouvoir, dont fait partie la connaissance : on ne peut faire ce qui est contraire à ce qu’on sait. Question : les politiques ont-ils des connaissances suffisantes ? Difficile à dire, mais en tous cas, un homme politique doit s’entourer de personnes qui ont ces connaissance!

             Le cas de deux diplômés en philosophie a été cité : l’un a choisi d’être avocat, l’autre chef d’entreprise. Qu’est ce que cela a à voir avec la philo ? Beaucoup ! Ce qu’ils ont appris dans ces études leur sert dans leur façon de défendre des mis en examen ou de gérer des humains. Ils sont passés, disent ils, de la théorie à la pratique.

     

              Les risques du savoir.

    Le savoir n’est pas sans danger. Exemple : le « couteau suisse » en Biologie, inventé par deux chercheuses (une Française et une Américaine) , qui permet de couper dans l’ADN les parties indésirables, et modifier ainsi le génome. Magnifique « avancée » (niveau prix Nobel), mais dont les risques d’eugénisme sont évidents, sans compter qu’on ne peut imaginer toutes les conséquences (une « commission d’éthique », comme on fait en France, serait elle un bon par-feu ?). Autre exemple plus lointain : la découverte par Fermi et ses étudiants, que les neutrons ralentis pouvaient amener à un réaction en chaîne, à la bombe atomique. Dans ces cas, l’excitation des scientifiques, bienvenue à première vue, n’exclut pas une utilisation inopportune de leurs résultats.

    Dans tous les cas, ces risques seraient liés à un climat de guerre, militaire (bombe atomique) ou économique (dividendes gigantesques).

    Les grecs connaissaient déjà ces risques : voire le mythe de Prométhée, puni pour avoir enseigné le feu aux humains(voir le texte d’introduction). Cependant, Prométhée est inséparable de son frère Epiméthée, qui avait oublié l’Homme dans sa distribution des dons aux divers animaux…Le mythe de Prométée se prolonge chez les chrétiens par la figure de « Lucifer », celui qui apporte la lumière, autre nom de Satan ! Et aussi de Léviathan, qui fait peur !

    Ce risque du savoir a été ressenti à toutes les époques : sous la révolution : «le peuple n’a pas besoin de savoir lire », « la République n’a pas besoin de savants » (Lavoisier) ; jusqu’en 1945, les femmes étaient exclues des études au delà du brevet ; dans certains pays musulmans, l’école ne sont que « coraniques » ; certains des Etats-Unis refusent l’enseignement du Darwinisme.

    Autre inconvénient : le savoir avance à une vitesse souvent plus grande que le droit. Par exemple, il semblait normal il y a une siècle d’arroser ses plantes avec l’eau du puits. Mais l’électrification a amené des pompes très puissantes, qui peuvent s’attaquer au niveau des nappes phréatiques. Il a fallu beaucoup de temps pour que créer une autorisation de pomper à ces vitesses, et des dégâts ont eu lieu pendant ce temps. Dans le même sens, il faudrait maintenant rationner l’utilisation des automobiles et des avions, pour limiter le réchauffement climatique : nous n’y sommes pas encore ! Une autre solution pour ce problème serait peut-être de limiter l’expansion démographique, comme proposé en 1972 aux USA.

     

                     Les bienfaits du savoir.

    Toutes les connaissances accumulées depuis un siècles ont permis d’éviter la famine à quelques milliards d’humains,  alors que la population de la terre a doublé ! Ce qui n’empêche d’ailleurs pas que 40% des humains soient mécontents de leur sort !

    Les actions les plus spectaculaires que nous connaissons sont liées à la réalisation de « projets », où l’on coordonne  les acquis de différents domaines, comme Airbus, ou, plus modestement les «robots cueilleurs de pommes »( pas encore tout à fait au point, paraît-il).

    Dans le même ordre d’idées, l’équipée de Rosetta n’aurait pas été possible sans  des connaissances approfondies dans beaucoup de domaines.

    Et puis le savoir engendre le savoir. Par exemple, la connaissance des planètes du soleil a permis la découverte de la dernière planète ; celle du tableau de Mendeleev a pemis de trouver d’autres éléments qui manquaient sur ce tableau…..

     

                  L’Education nationale.

    Cette institution a été très critiquée. Elle masquerait aux enfants la nécessité de faire des efforts pour apprendre, privilégiant l’aspect ludique qu’on constate chez beaucoup de sujets. (point contesté). Même, elle « priverait «  25% des enfants de savoir lire et écrire !

    Quand on a installé le protocole « qualité totale » chez Renault, les ingénieurs ont mis du temps à comprendre son utilité. (voir à ce sujet le commentaire détaillé n°2 tout en bas de cette page) Pourquoi n’y a-il pas un protocole similaire dans l’E.N. N’y aurait-il pas un nombre important de parasites parmi les enseignants (réaction : un être humain n’est pas une voiture !).

     

                      Les conditions de l’apprentissage scientifique.

    Une qualité primordiale est l’humilité : on n’avance en science que par des « coups de pied dans le derrière ».

    Il a été avancé que la science découlait du « bon sens », par opposition au « sens commun ». Vive contestation ! On ne pourrait pas dire que Newton ait résisté à l’accusation de sorcellerie, en exposant que les masses avaient  une action à distance, uniquement avec du bon sens ! Et quid de la physique moderne, qui est absolument contraire au bon sens, comme au sens commun ? (Sur ce point, lire le droit de réponse dans le commentaire n°1 de ce texte, en bas de cette page.)

    Plutôt que de bon sens, il a été proposé de mettre en avant la remise en cause de ce qu’on pensait jusqu’alors, recadrage souvent difficile. Il est même parfois nécessaire de lutter contre le formatage acquis par l’éducation.

    Il a été remarqué que l’apprentissage se fait maintenant aussi dans le cadre de l’entreprise.

     

                  Internet et la diffusion des connaissances.

    Internet semble un moyen extraordinaire pour la diffusion des connaissances….. pour ceux qui savent s’en servir. Pour les autres, ce serait plutôt le contraire, car sur ce réseau traînent des « fausses nouvelles » qu’un esprit critique peut éliminer. Or l’esprit critique est précisément ce que l’E.N. est chargée d’enseigner, et ceux qui n’ont pas réussi à l’avoir sont désavantagés.

    Ce problème n’est pas vraiment nouveau : au 15ème siècle, du fait de l’invention de l’imprimerie un peu avant, les connaissances sur la bible ont explosé, ce dont à profité Luther : des traductions de la Bible ont été faites par les protestants, qui n’étaient pas identiques à celles des catholiques. Mais cela ne profitait guère à la majorité des humains, qui ne savaient pas lire!(Sur ce point, lire aussi  le droit de réponse dans le commentaire n°1 de ce texte, en bas de cette page.)

     

    Dans sa conclusion, André Hans a regretté qu’on n’ait pas plus parlé du pouvoir de la connaissance.

                            Compte rendu rédigé par Benoît Delcourt

     

     

     

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