• Vivre sans pétrole

    Vivre sans pétrole

     

    1/ Quelques chiffres

     

    Toutes les énergies sont exprimées dans la même unité : la TEP (Tonne Equivalent Petrole), ou son multiple le million de tonnes équivalent pétrole (MTEP).

    Les hydrocarbures (HC) se trouvent sous trois formes :

    -          liquide : le pétrole

    -          gazeuse : le gaz naturel (90% méthane) et les gaz de pétrole (butane, propane… 10%)

    -          solide : le charbon (90% de carbone). On n’en parlera pas ici.

    La consommation totale d’énergie fossile en France est de 194 MTEP en 2007 (Millions de TEP), hors production d’électricité nucléaire (les centrales thermiques de production d’électricité au gaz et au charbon consomment 10 MTEP, et les raffineries 5,5 MTEP).

    La répartition des consommations par secteur est la suivante :

     

    Secteur

    Conso totale

    Pétrole

    Gaz

    Total HC

    % HC/Total

    Industrie/ Agric.

    40

    8

    12,5

    20,5

    51%

    Résidentiel

    70,5

    14

    23

    37,5

    53%

    Transports

    51,5

    49

    0,1

    49

    95%

    Non énergétique

    16

    13,5

    1,5

    15

    100%

    Total

    178

    84,5*

    37**

    122

    69%

     

    * Il faut y ajouter 5,5 MTEP consommées dans les raffineries pour fabriquer les 84,5  MTEP de produits raffinés (essence et gazole essentiellement).

    ** Il faut ajouter 4 MTEP pour les centrales électriques à gaz

     

    On voit aussi que les transports représentent 57% du pétrole consommé en France, et que le chauffage des logements représente 62% des consommations de gaz.

    Les gisements de gaz sont la plupart du temps reliés à ceux de pétrole, et le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole.

    Par conséquent, si le pétrole vient à manquer :

    -          le gaz manquera aussi peu après,

    -          les prix du fuel domestique, de l’essence, du gazole, du kérosène et du gaz vont augmenter fortement bien avant qu’on en manque,

    -          les problèmes concerneront d’abord les transports (voitures, camions, avions, bateaux), et dans une moindre mesure le chauffage des habitations.

     

    Alors, quelles solutions pour résoudre ce problème ?

     

    2/ Trouver quelque chose qui remplace les hydrocarbures pour que rien ne change.

     

    Ce n’est pas possible.

    Le pétrole (et le gaz) servent à :

    -          chauffer les habitations

    -          faire rouler voitures et camions, avions, bateaux

    -          fabriquer des matériaux en plastique pour de multiples usages

    -          en tant que matière première pour la chimie et la pharmacie (engrais, pesticides, peintures, solvants,…)

     

    L’électricité peut chauffer les habitations

    Elle aura du mal à faire rouler les voitures de la même façon

    Pour les camions et les bateaux, c’est pratiquement exclu, pour les avions c’est impossible

    Et la production d’électricité devra augmenter, dans des proportions incompatibles avec la construction de nouvelles centrales nucléaire ou le développement des énergies renouvelables

     

    Des combustibles non pétroliers ?

    -          les agro-carburants, mais avec des conséquences alimentaires et écologiques très mauvaises ; éventuellement les carburants issus du bois, de l’herbe et de la biomasse (pas encore au point) ;

    -          la liquéfaction du charbon ? Il faut de l’hydrogène, d’où viendrait-il ?

    -          le charbon seul ? Très polluant, et pas de transport avec du charbon, sauf les bateaux.

    -          l’hydrogène pourrait être extrait de l’eau par électrolyse, avec un mauvais rendement, et donc des besoins accrus en électricité

     

    L’utilisation du pétrole en tant que matière première ? Les tonnages étant assez limités, on pourrait remplacer les plastiques ex pétrole par des matériaux bio. C’est possible sans impact sur l’alimentation, contrairement aux agro carburants.

     

    3/ Changer de mode de vie

     

    Modifier nos modes de vie 

    On peut vivre très bien en changeant à la marge nos habitudes :

    -          plus d’engrais ni de pesticides à haute dose, réexamen de l’impact de la chimie lourde, cultures bio ;

    -          économies d’énergie dans les habitations : mieux isoler, chauffage performant (PAC, solaire), maisons à énergie zéro, maisons passives

    -          transport électrique individuel pour les courtes distances, train pour les longues distances (et le vélo !)

    -          suppression des emballages plastique et des usages inutiles, réutilisation des récipients

    -          production décentralisée d’énergie pour les besoins individuels à l’échelle de la commune ou du canton (bois, solaire, éolien)

    -          réserver la production d’énergie centralisée pour l’industrie, surtout l’industrie lourde (sidérurgie, métallurgie, chimie) tout en réduisant les besoins.

     

    Changer fortement nos modes de vie

    -          relocalisation des productions agricoles de base

    -          vivre plus avec son environnement proche

    -          commerce de proximité

    -          rapprochement domicile – travail

    -          transports collectifs locaux mieux développés et optimisés

    -          échanges de services de proximité

    -          télétravail

    -          éliminer les gadgets et les faux besoins

    -          disparition du tourisme de masse

     

    Changer de mentalité

    -          le « plus » n’est pas forcément mieux

    -          coopérer plutôt que concurrencer ou éliminer

    -          arriver à découpler les notions de richesse et de bonheur

    -          détruire le mythe de la croissance, ne pas le confondre avec le développement

     

    Faire décroître progressivement la population mondiale