• Peut-on, doit-on actualiser les textes fondamentaux ?

               

                                    Benoît Delcourt  le 25 Mai 2019.

             L’humanité, en plein Mystère sur son origine, poursuit sa longue marche vers la Vérité. Cette Vérité est parfois à la portée des humains, dans le cas de la Science quand elle a été vérifiée de multiples fois ; encore faut-il admettre qu’elle peut n’être pas complète, ou être mieux comprise par des lois encore inconnues. Mais pour ce qui est des « sciences sociales » et des religions, il faut bien comprendre que ce ne sont que des chemins possibles vers une Vérité qui nous dépasse; mais  cela n’est pas accepté par cerains, qui croient la détenir ! Plus humblement, il est  possible d’essayer  des voies pour s’en approcher, et certains humains, qu’on peut appeler des prophètes, ont leur avis sur ce qui est fondamental et fournissent des voies à explorer dans des textes  fondateurs.

     La Bible est le plus ancien texte fondateur connu en Occident. Il a sans doute été écrit vers 600 ans avant J.C, du temps du roi Josias, au retour de l’exil des Juifs à Babylone. Cependant, les historiens et anthropologues ne valident pas tous les faits relatés datant d’avant cette date. Par exemple, il n’y a aucune trace du peuple Juif en Egypte. Or c’est justement la période clef décrite dans la Torah, avec Abraham, Moïse, la captivité en Egypte, puis  David, Salomon, etc…. Faut-il en conclure qu’on ne peut rien tirer d’intéressant de ce livre ? Certainement pas ! Il décrit les relations qu’on peut avoir avec cet être mystérieux auquel la Bible ne donne pas de nom  autre que « celui qui est », ou  « un feu qui ne se consume pas» ou plus simplement « l’éternel ». Evidemment, ce livre a été écrit par des humains, et la violence n’en est pas absente : on pense par exemple à la traversée de la mer Rouge à pieds secs  par les Juifs, alors que le Egyptiens, qui les poursuivent, dans l’eau revenue: une lecture littérale indique que  Dieu serait le protecteur des croyants, mais pas des autres. Evidemment, ce n’est pas la lecture des « exégètes », ces intellectuels qui décortiquent les textes en hébreu et trouvent des sens cachés à tous les versets, pour le plus grand bien des religions contemporaines. Les non-exégètes ne savent pas quel sens donner à ces textes, et, comme ils doutent avec raison de leur Historicité, ils passent bien souvent à autre chose.

              Le monde Greco-Romain  fourmille de divinités diverses, mais il ne m’est pas possible de trouver un « texte fondateur », peut-être est-ce sa force ?. Dieu est un être multiple, et, plus qu’un être au-dessus de l’Humanité, il est chargé, ou plutôt ils sont chargés, de décrire la vie humaine, avec ses bonheurs, ses malheurs, ses qualités et ses défauts. Comment être insensible à tant de perspicacité dans les mythes, tant d’amour de la littérature et de la sculpture ? Mais la Vérité sur nos origines n’est pas vraiment recherchée.

            Vint alors le Christianisme. Il partage avec le judaïsme la Tora, appelée « Ancien Testament » chez lui. Mais l’accent est porté sur trois points fondamentaux qui sont liés:

    ---La dignité de tout humain : « il n’existe plus d’esclave et d’Homme libre, il n’y a plus que des fils de Dieu » dit l’apôtre Paul.

    ---Rendre hommage au Créateur ne consiste pas à lui faire des offrandes qui n’engagent pas comme celles des « marchands du temple », mais à considérer tout humain comme « une empreinte du Dieu », et cela dans toutes les cas.

    --L’être humain est naturellement pécheur, et doit toujours se forcer pour appliquer ces deux principes, même et surtout s’il prétend y obéir.

    Cependant, dans les Evangiles, on trouve beaucoup de passages qui ne conviennent plus, à mon avis, à notre époque. Certains sont tellement naïfs qu’il est facile de les gommer: dans le récit de la « multiplication des pains » on dit que les participants nourris étaient cinq milles, « sans compter les femmes et les enfants » ; on parle aussi des « extrémités de la Terre »…. Laissons cela de côté. Beaucoup plus important est le danger d’obscurcir le message Christique en prenant à la lettre les miracles continuels qu‘aurait faits Jésus (il ne les a d’ailleurs pas relatés lui-même), surtout ceux qu’on trouve dans l’évangile de Jean. Or la mentalité d’il y a 2000 ans  donnait une place importante, sinon prépondérante, aux manifestations occultes. Ces passages  peuvent donc être attribués à la mentalité de ces temps lointains.

    Cela dit, une fois ce travail de défrichage fait, que reste-t-il ? Rien ? Non, il reste le principal, qui tient aux trois  principes fondamentaux cités plus haut.

           Du Coran, je ne dirai rien, car je ne crois pas convenable d’écrire des avis  modernistes sur une religion qui n’est pas la mienne.

    Mais il y a bien d’autres textes fondamentaux que la Bible, les Evangiles et le Coran. Il y a les textes Orientaux, dont je laisse plus connaisseur que moi citer au cours du débat.

             Et puis il y a des textes politiques et de société que nous pouvons citer :

     -- La déclaration des droits de l’Humain et du Citoyen, de 1991, qui répondait aux abus de l’Ancien Régime, qui se pensait pourtant « très Chrétien ». Le texte lui-même n’a pas vieilli, cependant les faits révolutionnaires qui ont suivi sa publication sont pour le moins critiquables.

     --Le Capital, de Karl Marx, qui prône, entre autres la « dictature du prolétariat ». Evidemment, toute dictature, même si elle prétend n’être que temporaire, est mauvaise, car elle ne respecte pas l’individu et organise le népotisme et la corruption à haut niveau. De même le fameux « sens de l’Histoire » n’est qu’un leurre : les humains ne sont pas des molécules. Pourtant, la condition du prolétariat était scandaleuse au dix-neuvième siècle, comparée à celle des « gagnants » de l’ère industrielle, et Marx a forcé les Humains à plus d’équité.

     --Plus près de nous, le livre de Simone de Beauvoir : « Le deuxième sexe » est  généralement pris, au moins en France, comme le manifeste de Libération de la Femme. La femme vivait alors sous la tutelle complète de l’homme, et c’est cette situation que ce livre combat. Pourtant, là aussi on trouve des passages typiques de cette période et qui ne conviennent pas : par exemple, le long chapitre sur la maternité commence par une vingtaine de pages sur l’avortement ! Simone avait, dit-on, horreur des enfants, et Sartre disait qu’avoir des enfants était une « bêtise extrême ». Il n’empêche, Simone de B. a bel et bien écrit un texte fondateur, qui a sans nul doute largement influencé notre société dans les cinquante dernières années, et les défauts qu’on peut trouver dans ce livre n’y changent rien (parole d’un homme).

              En conclusion, ce n’est pas parce qu’un texte fondateur comporte des passages qui ne sont valables qu’à la période où il a été écrit, qu’il faut le rejeter en bloc : il peut tout de même aider à trouver un chemin face au Mystère de la Vie ou encore face à l’organisation de la société.

     

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  • LA COLONISATION, UN BIEN OU UN MAL ?

    Jean-Claude Charmetant – 6 avril 2019

    La colonisation est vieille comme le monde et ne semble pas prête à disparaître. Les premières bactéries, sources de la vie sur Terre, ont peu à peu colonisé la totalité de la planète, continents et océans. La plupart des espèces végétales et animales ont fait de même. Homo sapiens, notre espèce, n’a pas failli à cette règle. Parti d’Afrique orientale (1), il est remonté jusqu’au proche Orient où se situent les plus anciennes civilisations connues. De là, il a poursuivi sa course vers l’Europe à l’ouest et, à l’est, vers l’Asie, puis vers les deux Amériques et les innombrables iles de l’océan Pacifique. Cela aux dépens, là où elles étaient présentes, d’autres espèces voisines, Neandertal en Europe, homo erectus, homo habilis et d’autres qui ont toutes disparu - en nous laissant toutefois quelques gènes.

    Depuis environ 3 000 ans, presque tous les peuples ont été colonisateurs ou colonisés, parfois les deux. Le plus grand pays à n’avoir jamais été colonisé est la Chine ; à l’inverse, des Chinois ont essaimé dans de nombreux pays. Colonisateurs et colonisés en ont conservé des vécus très divers. La France qui fut une des premières puissances coloniales, en est restée marquée, parfois très négativement.

    Avant de porter des jugements, il faut bien délimiter le sujet. Nous empruntons donc au Larousse la définition de la colonisation. Il en donne plusieurs. Coloniser, c’est : 1. Transformer un pays en une colonie, territoire dépendant d’une métropole. 2. Peupler de colons un pays ou une région. 3. Le placer sous sa dépendance économique. 4. occuper en grand nombre un lieu, même temporairement (par exemple le tourisme de masse).

    Je ne vous parlerai que des trois premiers aspects, colonisation permanente ou, au moins, durable. La colonisation a souvent donné lieu à la constitution d’empires, c’est-à-dire d’ensembles soumis à une même domination militaire, politique, économique et culturelle.

    Dans ce cadre, je vous propose un rapide survol de la période historique. Les Grecs -si on excepte l’empire éphémère d’Alexandre le Grand - ont établi des colonies tout autour de la Méditerranée (chez nous, Phocée) sans idée de domination politique ou culturelle mais pour y faire du commerce avec les populations avoisinantes.

    Les Romains ont procédé tout autrement, établissant leur domination sur des pays entiers mais sans aller les peupler, hormis les garnisons militaires et quelques fonctionnaires. Curiosité de l’histoire : les Grecs ont été incorporés à l’empire romain mais, en matière culturelle et religieuse, ce sont eux qui ont colonisé les Romains. De même, ceux-ci ont fini par adopter une religion née dans une de leurs possessions, la Palestine. On peut alors parler de colonisation de l’intérieur ; nous aurons l’occasion d’y revenir.

    Au Moyen-Age, les Vikings ont fait de multiples incursions vers l’Islande et le Groenland, la Russie, l’Amérique du Nord et, pour ce qui nous concerne, la Normandie où ils ont adopté la langue et les usages existants. Colonisation sans domination politique. Mais ces mêmes Normands ont ensuite établi leur domination sur la Grande Bretagne à laquelle ils ont notamment apporté leur langue (le français) qui, par mixage avec la langue saxonne, a donné l’anglais.

    Vinrent ensuite ces grands explorateurs que furent les navigateurs espagnols et portugais. Ils ont conquis, puis contribué à peupler l’Amérique Centrale et du Sud, sans parler des comptoirs établis par les  Portugais en de multiples points d’Afrique, en Inde et même en Chine.

    Enfin, plusieurs pays européens, principalement l’Angleterre et la France qui possédaient déjà  des comptoirs et des îles, ont progressivement conquis ou « protégé » les pays qui restaient, principalement en Amérique du Nord, en Afrique, au Moyen Orient et dans le Pacifique.

    On peut examiner cette histoire suivant trois facettes : La colonisation a-t-elle apporté du bien ou du mal :

    - aux populations colonisatrices,

    - aux populations colonisées,

    - aux territoires conquis ou occupés ?

    Pour les colons, l’expatriation et l’occupation de territoires le plus souvent inexploités, n’a pas toujours été une partie de plaisir. Les cadets de familles aristocratiques qui sont partis créer en Amérique subtropicale des plantations de coton et de canne à sucre ont rapidement bénéficié de maisons confortables et fort agréables. Ils ne travaillaient pas de leurs mains car ils bénéficiaient d’une main d’œuvre bon marché, principalement des esclaves noirs fournis par les « négriers ».

    Au contraire, la majorité des Européens qui se sont expatriés sur tous les continents cherchaient à échapper à la misère et à ne pas mourir de faim. La plupart ont connu, pendant plusieurs générations, des conditions très dures. Il leur a fallu conquérir leurs terrains, souvent au prix de luttes violentes avec les populations autochtones (le folklore illustré par les westerns n’est guère éloigné de la réalité). Construire leurs maisons, fabriquer leur matériel et pratiquement tout ce qu’on ne pouvait pas trouver – le développement du commerce n’est venu qu’après.

    Quant aux colonisateurs forcés que furent les esclaves africains, leur sort est bien connu ; on sait qu’il était encore moins enviable.

    Aujourd’hui, tous les pays sont officiellement décolonisés, ayant rompu leurs liens avec la mère patrie, sauf une relation symbolique entre le Royaume-Uni et ses dominions, Canada, Australie… L’un des premiers pays indépendants fut les Etats-Unis depuis la guerre d’indépendance. En Afrique, la république sud-africaine. Mais la colonisation des autochtones par les blancs, politique, économique, culturelle, y subsistait.

    Les colonisés ont été traités de façon très diverse. Souvent, ils ont été exterminés pour faire de la place aux colons. Ainsi, peu de temps après l’arrivée de Christophe Colomb, il ne restait plus aucun Amérindien aux Caraïbes. Aux Etats-Unis, ils ont été parqués dans des réserves bien plus petites que les territoires qu’ils occupaient depuis la nuit des temps ; mis hors d’état de nuire par d’abondantes distributions d’alcool. Quant aux aborigènes d’Australie, pris de remords, le Gouvernement australien a regroupé des milliers d’enfants dans des écoles spécialisées pour leur apprendre à devenir comme les occupants, créant une génération de gens coupés de leurs racines.

    Les Espagnols et les Portugais ont procédé moins brutalement. Après s’être interrogés sur le caractère humain ou non des Amérindiens (la controverse de Valladolid), ils ont conclu qu’il s’agissait bien d’êtres humains. Mais, pour qu’ils le soient complètement, il fallait en faire des catholiques, ce qui fut fait. En même temps, presque partout, seuls l’espagnol ou le portugais leur ont été enseignés ; seuls trois pays, le Paraguay, le Pérou et la Bolivie, ont une langue locale comme deuxième langue nationale. Ce dernier pays est le seul d’Amérique latine dont le Président est un Amérindien depuis 2006. Enfin, le métissage occupants/occupés est devenu monnaie courante.

    Dans tous les cas de colonisation « dure », les traditions et les usages locaux ont donc été fortement combattus, ce qui ne signifie pas qu’ils aient totalement disparu. La plupart des autochtones, à défaut d’une véritable double culture, ont créé une sorte de mélange. De même, en Afrique ou aux Caraïbes, on peut être chrétien ou musulman sans avoir renoncé à l’animisme.

    Enfin, il existe de nombreux cas de colonisation douce. Il s’agit généralement de protectorats. Si on s’en tient à la France, citons la Tunisie, le Maroc, l’Indochine. L’organisation locale, politique et juridique a subsisté pour les autochtones, l’administration et les lois métropolitaines ayant prise sur les Européens. Hormis les périodes de combats, pour « pacifier » ces pays puis, pour eux, conquérir leur indépendance, la colonisation a peu modifié les conditions de vie des habitants, hormis une nette hausse de revenu pour ceux qui ont bénéficié d’une instruction poussée et ont eu accès à des emplois nouveaux et un accroissement exponentiel de leur population du fait de la diffusion de la médecine.

    Les territoires ont été diversement façonnés par la colonisation. En bien : construction de ports, de routes, de voies ferrées, de villes modernes que les populations locales ont donc reçu en héritage lors de la décolonisation.

    Plus mitigé : pour mettre en culture de nouvelles terres et nourrir des populations croissantes, il a fallu souvent détruire la forêt. C’est particulièrement grave pour les forêts tropicales, que ce soit l’Amazonie, l’Afrique ou l’Indonésie. Plus près de nous, l’Afrique du Nord était il y a 2 000 ans, une région boisée et tempérée. Le déboisement a commencé lorsque les Romains ont eu besoin de plus de blé, d’olives, de fruits. Il est devenu quasi-total quand les nomades arabes sont arrivés avec leurs moutons et leurs chèvres, rendant cette région quasi aride, minée par l’érosion et sujette à de forts écarts de température.

    Pour terminer, une dernière forme de colonisation est l’afflux en Europe de populations venant d’Afrique du Nord, d’Afrique noire, de Turquie et du proche Orient. Elle suit un processus particulier, inverse de celui décrit pour la colonisation française en Algérie. Les migrants ne se présentent pas comme conquérants. Avec la complicité des autochtones, ils se regroupent dans des zones où ils deviennent parfois majoritaires. Discrètement, (hormis le port du voile par les femmes, tandis que les hommes sont souvent barbus et la tête couverte), ils font régner leurs propres coutumes et leurs lois – la charia pour les musulmans. Ce phénomène n’est plus marginal : Actuellement, un garçon sur cinq qui nait en France reçoit un prénom musulman. Cela contribue à la percée du populisme au sein de nombreux peuples d’Europe, pas forcément chez ceux qui, comme les Suisses, hébergent le plus d’étrangers en sachant les convertir à leur propre mode de vie, mais chez les peuples qui sentent leur langue, leurs coutumes et leur mode de vie particulièrement menacés.

    Après rapide survol des multiples formes qu’ont pris, au cours des siècles, les colonisations initiées et subies par homo sapiens, libre à chacun de démêler le bon du mauvais, selon ses propres critères. En pensant qu’une même colonisation peut revêtir plusieurs facettes. C’est ainsi que l’Empire romain qui a parfois été brutal au moment de la conquête de nouveaux territoires, n’a laissé, après quelques siècles d’occupation, que de bons souvenirs chez les peuples qu’il avait conquis, hormis les quelques milliers de martyrs chrétiens tués avant qu’il adopte cette religion. Nous-mêmes trouvons souvent parmi les colonisateurs et les colonisés des gens qui ont gardé un bon souvenir des moments vécus ensemble et qui l’ont parfois transmis à leurs enfants.

    Bibliographie.   Yuval Noah Hariri - SAPIENS. Albin Michel. 501 p.

    Arthur Conte - L’EPOPEE COLONIALE DE LA FRANCE. Plon. 542 p.

    Pierre Singaravélou - LES EMPIRES COLONIAUX.  Editions Points. 458 p.

    HISTOIRE SECRETE DE LA GUERRE D’ALGERIE.

    Jacques ROSEAU - LE 113e ETE. Robert Laffont.

     

    Pour lire le C.R. du débat, cliquer ici

     


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  •                « DES INTOLERABLES TOLERANCES » 

     

    La tolérance désigne la capacité à permettre ce que l’on désapprouve. C’est une vertu qui demande un effort de réflexion et de générosité car nous devons apprendre à connaître les autres pour admettre leurs différences. Cependant, cette même vertu nous force à la vigilance et devrait nous aider à RECONNAÎTRE LE MAL, afin de nous conduire à ne  pas tolérer ce que la morale universelle juge comme intolérable.

    L’Homme éduqué est disposé à agir selon les codes d’honneur qui correspondent à la loi morale.  Chaque fois qu’il agit selon cette loi, il fait acte de liberté et de dignité. Or les infractions commises à l’encontre de cette loi morale - qu’elles soient individuelles ou collectives, consternantes de bassesse ou terrifiantes par leur ampleur et leur barbarie - semblent souvent ne rencontrer aucune autorité capable de leur faire obstacle. C’est que les « forces du Mal » utilisent la faiblesse des Hommes, leur orgueil, leur ignorance. On voit alors la raison céder la place à l’impensable et on assiste, impuissant, au règne de la violence et de toutes les souffrances qu’elle engendre.

    « Nul n’est assez fou pour préférer la guerre à la paix » écrivait Thucydide[1], 465 ans avant notre ère…  Mais voilà, il y en eut tant, à travers le monde et les siècles, de ces fous toujours prêts à livrer des guerres impitoyables pour asseoir leur pouvoir. C’est à se demander s’il reste quel qu’autre fou pour croire encore à l’existence d’un chemin qui conduirait vers une paix durable et universelle.

    Comment diagnostiquer le mal et l’endiguer avant que l’on n’ait plus qu’à en constater les dégâts ?  

    Au fond de chaque être humain, s’agitent des bulles de méchanceté, de jalousie, de haine… qui ne demanderaient qu’à exploser. Saint Augustin[2], Jean-Jacques Rousseau[3], ont chacun fait la confession publique de leurs mauvaises tendances et pulsions. Il ne s’agit pas ici de nous livrer à cet exercice, mais de nous demander comment des individus que l’on aimerait classer dans la catégorie des monstres – ce qui serait plus rassurant - en arrivent à sombrer dans l’indignité et pourquoi, nous-mêmes, avons réchappé[4] à cette malédiction.  

    Dans l’action, l’horreur est banalisée par ceux qui la commettent.[5]  Elle est aussi bien souvent justifiée. Rappelons-nous ce terrible moment de l’Histoire, quand, au matin du 6 août 1945, « little boy »[6] fut largué sur la ville d’Hiroshima, laissant le monde entier en état de sidération. Une cinquantaine d’années plus tard, Paul Tibbets[7] déclara : « En survolant la ville nous avons ressenti de la compassion pour les milliers de Japonais qui allaient mourir 10.000 pieds sous la carlingue de notre avion, mais il nous a fallu mettre nos sentiments en retrait. » Et de conclure par cette surprenante réflexion : « Je dors bien toutes les nuits. » … Probablement revendiquait-il la dignité de son obéissance.

    Par lâcheté on se laisse endormir dans les discours sirupeux du « moindre mal » ; par indifférence on livre des innocents à quelques enragés ; par imbécilité on se fourre la tête dans le sable plutôt que d’affronter les dangers ; par intérêt on s’accoquine avec les infréquentables…

    Alors sans doute nous faut-il admettre que l’Homme n’est pas à la hauteur de la loi morale et de ses idéaux. La vertu qui l’obligerait à obéir à la morale ne promet pas le bonheur : elle demande trop de courage, d’abnégation. Elle prescrit l’invivable !

     « L’homme vertueux est mélancolique, il pleure », nous dit Kant. Et il est vrai que le trouble qui occupe douloureusement la conscience de celui qui côtoie la souffrance de ses semblables, ne le laisse vivre sereinement. L’étourdi semble plus joyeux.

    « INDIGNEZ-VOUS ! » Ecrivait Stéphane Hessel[8] quelques temps avant de nous quitter.  De tous temps des hommes et femmes se sont indignés et sont parvenus à changer favorablement le cours des choses. La torture, l’exploitation des êtres – travail des enfants, esclavage, prostitution - sont interdites … et si ces fléaux ne sont pas encore éradiqués ils sont dénoncés et toujours combattus par l’ONU. Aujourd’hui, nous observons que la souffrance - dont celle des animaux, de la nature – a pris un caractère de scandale qu’elle n’a jamais eu auparavant dans l’Histoire. On s’interroge enfin sur l’état de santé de notre Terre – « ce petit tas de boue », comme l’appelait Voltaire – et on en vient à employer le terme « d’écocide »[9] en évoquant sa destruction. Cette lucidité – ô combien tardive ! - prouverait-elle que l’humanité s’engage enfin sur la voie de la raison ?

    Comme le crocodile et l’anaconda qui, lors d’un combat ne desserrent jamais leur étreinte fatale, « les forces du Bien et les forces du Mal » se disputent l’Humanité. En sortira-t-elle toujours indemne ? Trouvera-t-on les moyens de sauver le merveilleux – et unique !  - territoire qui lui a été confié ?   

    Charlotte Morizur  le 2  février 2019

     



    [1] Hérodote et Thucydide sont les pères fondateurs de l’Histoire, « mère des sciences humaines ».  

    [2] Dans une confession – écrite entre 397 et 405 – qui est à la fois aveu, louange et profession de foi, Saint Augustin d’Hippone fait l’expérience de l’intériorité.

    [3] «  Intus et in cute »  : en entier et sous la peau cad au plus profond de soi-même ; préambule aux confessions.

    [4] Vraiment ???

    [5] En 1963, Hanna Arendt développe un concept philosophique sur la banalité du mal dans son ouvrage « Eichmann à Jérusalem »

    [6] Nom donné à la bombe atomique qui détruisit la ville.

    [7] Paul Tibbets est le colonel américain qui fut chargé de cette mission. Il avait trente ans.

    [8]  STEPHANE HESSEL (1917 – 2013) : écrivain français d’origine allemande, diplomate, résistant, militant politique.

    [9] Destruction volontaire et criminelle du milieu naturel.


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  • Notre civilisation peut-elle disparaître à court terme ? Collapsologie

                                              par Pierre Renard.

    La Collapsologie, qu’est-ce que c’est

      Il s’agit de l’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle

    . C’est « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus »[1].

    Le concept de collapsologie est plus précisément développé dans le livre de Servigne & Stevens, (2015) « Comment tout peut s’effondrer. Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes »[2].  Ces notes font suite à la lecture de ce livre.

    La Thèse

    Les collapsologues, tels qu’ils se désignent eux-mêmes, croient inévitable cet effondrement. Ils développent pour cela 4 arguments principaux, plus 1 accessoire :

    ·         Nous consommons les ressources terrestres à un rythme exponentiel. Donc ces ressources vont s’épuiser et nous allons manquer d’énergie.

    ·         Du fait de l’activité humaine, nous provoquons un dérèglement du climat et de la biodiversité qui à brève ou moyenne échéance va provoquer des catastrophes en série et un désastre écologique (élévation de température, désertification, augmentation du niveau des mers, etc…).

    ·         Nous avons d’ores et déjà dépassé des « frontières » qui ne permettent plus de retour en arrière maîtrisé (présence dans l’atmosphère de gaz à effet de serre, extinction d’espèces vivantes, pollution)

    ·         Notre civilisation industrielle a atteint un degré de complexité tel que nous sommes incapables de la corriger et de l’orienter afin d’éviter les dégâts qu’elle provoque. Exemple : impuissance des organisations internationales, traités internationaux non respectés (COP 21), développement des inégalités,…

    ·         Accessoirement, cette prévision est confirmée par plusieurs modèles. Sont cités, le modèle «Handy» financé par la NASA et surtout le modèle « World 3 » qui a servi de base au rapport Meadows paru en 1972, plus connu sous le nom de « Rapport du Club de Rome[3] », toujours d’actualité car la réalité d’aujourd’hui apparaît sur plusieurs aspects conforme aux prévisions d’hier.

    L’effondrement serait donc inéluctable. Les auteurs du livre se réfèrent à l’image d’une voiture roulant de plus en plus vite, que le conducteur ne maîtrise plus. L’accident est inévitable.

    À la question quand et comment cet effondrement interviendra, les collapsologues répondent :

    L’effondrement interviendra avant la fin de ce siècle (entre 2050 et 2100),  par crises successives plus ou moins violentes. Dans l’ordre : dérèglement climatique, amenant catastrophes naturelles, amenant crises migratoires et explosion des dettes, amenant crises financières, amenant crises des échanges commerciaux, amenant crise alimentaire, conflits sociaux, fin de la mondialisation, crises internationales, guerres, effondrement.

    Après l’effondrement de notre civilisation industrielle, la population humaine, considérablement réduite, se réorganisera dans des petites communautés autonomes résilientes.

    Discussion

    Allons-nous réellement manquer d’énergie ?

    C’est le point essentiel de l’argument 1. On peut en effet considérer que si nous pouvions continuer à extraire l’énergie, qui a permis à la civilisation industrielle de se construire, nous pourrions alors continuer à trouver des substituts aux autres ressources nécessaires. Or l’énergie bon marché qui a permis de porter le développement industriel des deux derniers siècles n’a plus cours Et donc, disent les collapsologues, « s’il n’y a plus de carburant le moteur va s’arrêter ».

    Et il est vrai que les réserves d’énergie fossile s’épuisent petit à petit. Les coûts d’extraction sont de plus en plus élevés. Qui plus est, nous avons découvert que les énergies fossiles (pétrole et gaz) étaient néfastes. A cause des gaz à effet de serre qu’elles rejettent dans l’atmosphère, leur utilisation contribue au dérèglement climatique. Donc, de toute façon, on ne va pas pouvoir les utiliser très longtemps, pas parce qu’il y en a aura plus, mais parce qu’on ne voudra plus les utiliser.

    Les énergies dites renouvelables, majoritairement le solaire et l’éolien vont elles pouvoir prendre le relais ? À l’instar des collapsologues, beaucoup de scientifiques pensent que non : la difficulté du stockage rend le rapport entre puissance utilisable et puissance installée comparativement très faible. Il faut donc continuer à consommer des sources d’énergie traditionnelles parallèlement à la source renouvelable installée.

    Ainsi, la vitesse de substitution reste faible. Or il faut aller vite. Équation impossible à résoudre disent  les collapsologues (mais pas seulement eux).

    Mais ces derniers « oublient » une 3e ressource, ni renouvelable ni épuisable et qui peut en partie s’ajuster à la demande : l’énergie nucléaire. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, l’énergie nucléaire est totalement diabolisée. On ne parle que d’en « sortir » surtout pas d’y « entrer ». Elle fait peur, car elle a la capacité de détruire la planète. Mais elle a peut être celle de la sauver…

    Au plan théorique, l’énergie dégagée par les réactions issues de la transformation des noyaux atomiques (l’énergie émise par le soleil n’est d’ailleurs pas autre chose) pourrait constituer une source quasi inépuisable si elle était bien maîtrisée. En dépit de ce rejet dans l’opinion,  (conjoncturel ?), les recherches se poursuivent d’ailleurs heureusement dans le monde avec les réacteurs de 4e génération (absence de déchets) et au-delà la fusion nucléaire (absence de radioactivité). Mais ces recherches prennent du temps, car elles nécessitent des prototypes qu’il faut construire et tester.

    Pour conclure donc, il n’y aurait pas un seul scénario mais 2 :

    ·         Soit nous gagnons la course vers l’équilibre énergétique entre des besoins stabilisés, et des ressources vertueuses et suffisantes pour plusieurs générations.

    ·         Soit cet équilibre ne sera pas atteint avant que le dérèglement climatique et la réduction de la biodiversité ne rendent la vie sur terre invivable.

    Le dérèglement climatique.

    Quasiment plus personne ne nie le phénomène de réchauffement climatique qui va provoquer montée du niveau de la mer, ouragans, tsunamis,…. Mais l’originalité des collapsologues c’est de dire : « c’est trop tard ; inutile de chercher à l’enrayer. Attendons l’effondrement et tout reviendra dans l’ordre, naturellement ». Croire à la fatalité du phénomène, n’est-ce pas contribuer à l’accélérer ? Donc théorie dangereuse…

    Le dépassement des frontières.

    Les collapsologues parlent de« frontières » que nous aurions franchies, au-delà desquelles plus de retour en arrière possible. Ces frontières seraient : la température moyenne du globe, la biodiversité, certains minerais indispensables, la consommation des ressources en eau, la pollution. Et en effet, l’observation des cycles géologiques de notre planète sur plusieurs centaines de milliers d’années, montre que l’évolution que nous faisons subir à notre environnement en quelques dizaines d’années, est exceptionnelle et effrayante. Notre planète pourra sur certains aspects ne plus jamais redevenir comme avant. Est-ce pour autant qu’elle va devenir invivable pour l’homme et pour l’espèce animale d’aujourd’hui ? Faut-il vraiment un effondrement pour inverser les courbes ?

    Notre civilisation est-elle si fragile ?

    C’est la thèse des collapsologues : nous avons atteint un tel degré de complexité dans nos organisations que nous ne sommes plus capables de les conduire, telle une voiture incontrôlable : c’est l’accident mortel assuré ! L’image est-elle appropriée ? Ou au contraire le genre humain reste t’il capable de s’adapter ?

    Finalement que croire, que faire ? Considérer que l’accident est inévitable et qu’il vaudrait mieux sauter en marche (de notre civilisation industrielle) ? Ou continuer à conduire la voiture, tenir la route, éviter les obstacles?  Nous risquons d’être broyés dans l’accident ? Peut-être, mais nous avons aussi l’espoir que nous allons finir par maîtriser le véhicule, réduire l’accélération, stabiliser la vitesse et la direction. Ce serait alors vraiment trop bête d’avoir sauté en marche trop tôt…



    [2] Ce livre a une suite : « Une autre fin du monde est possible » des mêmes auteurs ; ce dernier ouvrage traite davantage de la manière de se préparer psychologiquement à cet effondrement inévitable.

    [3] le Club de Rome est un groupe de réflexions créé en 1968 qui réunit des scientifiques, des économistes, des fonctionnaires nationaux et internationaux, ainsi que des industriels de 53 pays.


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    ' L'écoute, une vertu ?''

     

                        André Hans, 6 Oct. 2018

     

     

     

    Ecouter, c’est faire l’hospitalité au sentiment d’autrui !

     

    Comment prêter l’oreille, sans générosité ni estime ?

     

    L’écoute entend au-delà des mots, l’humeur dans le ton, l’émotion dans le timbre, la pudeur dans les silences.

     

    L’accent chante un terroir, mais chaque voie  possède sa propre musicalité, une prosodie unique.

     

     - Examinons plus avant, si vous le voulez bien, ce qui nous semble le préalable à toute écoute.

     

     1.   La sympathie

     

    Sans estime, sans amitié, sans intérêt ni curiosité pour autrui, point de place pour sa parole ! Le mépris, la haine ferme à tout échange. La défiance s’empare de mots comme autant de preuves à charge confirmant le soupçon. Ecouter, c’est accepter de recevoir une parole, de la même manière que  l’on reçoit un hôte.  Ce geste d’accueil exige toute notre sympathie pour celui à qui nous accordons notre attention et pour lequel nous sommes entièrement disponibles.

     

     « Ecouter c’est se rendre disponible physiquement, intellectuellement et affectivement pour percevoir par tous les sens les informations dites et non dites par l’interlocuteur dans un esprit de bienveillance» disait  Puybasset

     

     

     

    2.   L'empathie 

     

     C'est la faculté de se mettre intuitivement à la place de son prochain, de ressentir la même chose que lui, de s’identifier à lui. C’est accepter de quitter un instant notre propre regard pour adopter temporairement le regard de celui que l’on écoute. Comment s’emparer autrement de sentiments et de point de vue qui ne sont pas les nôtres ? L’empathie demande un effort d’oubli de soi et un travail de connaissance de l'autre. Elle exige de taire ne serait-ce qu’un instant son égocentrisme. Bien présomptueux celui qui  prétendrait vraiment y parvenir. Mais l’écoute est à ce prix. 

     

    « Supposer chez les autres des sentiments identiques à ceux qui nous mènent, c’est se condamner à ne jamais les comprendre » disait Gustave LE BON 

     

     

     

    3.   L’humilité 

     

    Accepter le risque de mettre en péril sa propre opinion en écoutant une argumentation, une exposition de faits susceptibles de ruiner la notre, requière un minimum d’humilité et de confiance en soit. L’autisme, la fermeture aux points de vue contraires, est un rempart pour dissimuler ses propres faiblesses. Ce manque de confiance en soit s’accompagne souvent d’un souverain mépris des autres. Mais l’humilité à sa récompense,  en repoussant notre horizon.

     

    « Qui parle sème, qui écoute récolte » dit un proverbe persan

     

     

     

    4.   La confiance

     

    Ecouter, c’est accorder crédit à la parole d’autrui. Les fabulateurs, les menteurs et les mythomanes qui ont dilapidé cette confiance ne sont plus écoutés. La parole fait autorité quand la confiance se fonde sur la réputation, la notoriété, la compétence, le savoir, l’expertise ou l’expérience.

     

    Mais le soupçon peut naitre de l’incapacité d’imaginer que des opinions différentes de la sienne puissent être parfaitement fondées, honnêtes et sincères. Le refus d’admettre que nos vérités, que nos évidences ne s’imposent pas nécessairement à toutes personnes sensées et de bonne foi, ruine la confiance en la parole d’autrui.

     

     

     

    5.   La tolérance

     

    Feindre de ne pas entendre l’opinion qui pourrait troubler la quiétude, permet de sauver les apparences d’harmonie et de concorde. Cet effacement, cette élision, aussi bien intentionné soit-il, est une forme de déni d’autrui, une forme policée d’intolérance. Parfois, rencontre-t-on des interlocuteurs bienveillants, mais incapables de la moindre écoute qui ont la fâcheuse habitude d’assimiler l’opinion adverse, à une autre manière de dire leur vérité. « Tu dis la même chose que moi, mais de manière différente, au fond on est d’accord »

     

    « Cette clémence dont on fait une vertu se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte et presque toujours par tous les trois ensemble. » disait  De La Rochefoucauld 

     

     

    6.   L’ouverture à l’altérité

     

    Ecouter, c’est d’abord accepter que le point de vue qui s’exprime, puisse faire référence à des valeurs, à des vécus et à des intérêts différents des nôtres. Le voyage, lorsqu’il ne se limite pas au simple voyeurisme touristique, permet de découvrir la diversité, la richesse des peuples. Quel émerveillement pour ceux qui sont curieux des autres. L’ethnologie est un outil qui permet de mesurer la distance parfois considérable qui nous sépare de la parole d’autrui. Des notions si évidentes pour nous, si universelles à priori, ne sont en fait que très relatives à nos modes de pensé occidental. Par exemple, certains peuples amérindiens ont une conception du temps et de l’espace radicalement opposée à notre sens commun. Ne prenons qu’un exemple : pour les Aymara de Bolivie, le passé est devant eux, et le futur derrière eux, à l’inverse de notre propre sens de la marche du temps. Et leur logique se défend. Comme le passé est connu, il se voit, il est devant eux. Mais par contre le futur qui est inconnu ne se voit pas. Il est dans leur dos.

     

    Mais revenons à un vécu plus proche de notre quotidien. Combien de parents déjà, se plaignent d’être à des années lumière de l’univers de leurs propres enfants? L’écoute inter-générationnelle est déjà si complexe qu’il ne faut pas s’étonner que l’écoute entre peuples exige, volonté, travail et patience. L’écoute est une vertu qui se cultive.  

     

    « Parler est un besoin, écouter est un art » disait Goethe 

     

     

     

    7.   L’effort d’intelligence

     

     

     

    Ecouter exige un effort d’intelligence et d’imagination pour s’emparer du sens, mais mobilise aussi notre sensibilité pour partager des émotions. Parfois la distance entre soi et l’autre est considérable, et le chemin à parcourir pour aller à sa rencontre est long et difficile. Mais souvent un instant de bonheur est au rendez-vous ! 

     

    « Le commencement de bien vivre, c'est de bien écouter. » disait Plutarque   

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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