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                         La Mer, un Océan de promesses,

                                         saurons-nous la protéger ?

     

    1/ Les caractéristiques : La Mer constitue 71% de la surface de la planète soit 370 millions de Km². La Mer représente aussi 97,4% de l’eau sur terre quand l’eau douce souterraine n'en représente que 0,2%.

     

    Plus de la moitié de l’humanité vit à moins de 60 km du littoral, proportion qui devrait atteindre 75% aux alentours de 2030.

     

    En 2015 la France s’est agrandie de 579000 km², l’équivalent de la superficie de l’hexagone. Mais ce n’est pas pour la gloire que l’Etat a constitué depuis 15 ans les dossiers nécessaires à l’obtention de cette extension. C’est pour garantir ses droits souverains afin d’exploiter les ressources à la fois du sous-sol et des eaux sus-jacentes. Le droit de la Mer répond à la Convention des Nations Unies de 1982, selon laquelle, chaque pays côtier dispose d’un espace maritime large de 200 milles marins (370 km), appelé ‘zone économique exclusive’ (ZEE). Celle de la France a plus de 11 millions de km² (la seconde au monde pour ce qui est de la superficie),  dans laquelle l’Outre - Mer constitue 97 % de cette zone française. Au-delà de cette zone, les eaux et les fonds marins sont régis par des instances internationales et considérés comme un bien de l’humanité.

     

    2/ L’océan grand régulateur du climat nous protège : 70 % de l’oxygène que nous respirons provient du phytoplancton. L’océan absorbe 93 % de l’excès de chaleur dû aux émissions de gaz à effet de serre que l’homme injecte dans l’atmosphère.

     

    Véritable pompe à carbone, l’océan absorbe 25 % du CO, ces eaux vont ensuite plonger en profondeur, emportant avec elles cet excès de carbone qui les rend plus acides, ce qui détériore plusieurs espèces, dont le krill sorte de petite crevette constituant la nourriture pour des cétacés, phoques, manchots, calamars et poissons.

     

    3/ La Mer nous fournit de l’énergie : Parmi les ressources énergétiques de la Mer, la première et pour longtemps, c'est le pétrole puis le gaz. Près de 20% de la production cumulée de gaz et de pétrole sur Terre provient de la Mer. La Mer c’est aussi 30% des réserves mondiales de pétrole et de gaz,

     

    Les Energies Marines Renouvelables EMR : vent, courants, vagues, thermiques, ont un potentiel énorme.

     

    4/ La Mer nous nourrit : elle est aussi source de vie : L’aquaculture permet déjà de produire 55% de la production mondiale de poissons. Demain les algues constitueront une part significative de l’alimentation.

     

    5/ La Mer nous soigne : Les biotechnologies marines apportent des solutions nouvelles dans les domaines de la santé, comme dans la lutte contre le cancer, et de la cosmétique.

     

    Les Crambe crambe (espèces d’éponges) diffusent naturellement des molécules toxiques pour se défendre. Il suffit de les chahuter pour qu’elles produisent individuellement 500 milligrammes de composé pur par an. Ce dernier contient plusieurs familles de molécules, dont deux ont des propriétés intéressantes. L’une serait anticancéreuse l’autre antifongique.

     

    Une scientifique française a découvert  le sang d’annélide (petit vers marin appelé Arenicola marina), animal dont l'hémoglobine est la plus proche de l'hémoglobine humaine, ce qui pourrait régler la pénurie sanguine au niveau mondial. L’hémoglobine de ce ver est capable de transporter 150 fois plus d’oxygène que l’hémoglobine humaine, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la préservation des organes en attente de transplantation.

     

    6/ Problèmes avérés, et menaces : La surpêche, provoque des disparitions locales d’espèces. Aujourd’hui, on estime que 30 à 40 % des espèces sont surexploitées. Au niveau mondial, les populations actuelles de grandes espèces de poissons représentent moins de la moitié de ce qu’on avait il y a cinquante ans. 

     

    80 millions de tonnes récupérées mais 150 millions vraiment pêchés car remis en partie à l’eau. Pour l’aquaculture, il faut 4 à 6 kg de farine de poisson pour obtenir 1 kg de poisson d’élevage.

     

    La pollution : Des millions de tonnes de plastique sont déversées  en Mer et forment le Gyre ‘7e continent’, aussi grand que la France. Cette pollution met en péril les écosystèmes.

     

    Les récifs coralliens couvrent seulement 0,5% du plancher océanique, ils abritent environ 30% des espèces de poissons, si le réchauffement se poursuit au rythme actuel, tous les éco systèmes très riches en biodiversité auront disparu en 2070.

     

    7/ Les enjeux :

     

    économiques : La Mer est un vaste champ d’exploration pour des minerais, en métaux rares indispensables au développement de l’industrie électronique ;

     

    climatiques : L'océan est le principal réservoir et tampon thermique planétaire. 30 % de l’énergie qui y est stockée est ensuite restituée à l’atmosphère par évaporation, sous forme de chaleur latente pour former les nuages. Il joue donc un rôle majeur pour le climat et la pluviométrie dont dépendent l'agriculture et de nombreuses activités humaines ;

     

    de biodiversité. La biodiversité est le fondement des richesses auto-entretenues des océans;

     

    de gouvernance : La France s'est dotée d'une Agence des aires marines protégées, mais c'est l'ensemble du dispositif de gouvernance maritime qu’il convient désormais de repenser. La France souhaite aussi contribuer à une meilleure gouvernance de la « haute Mer », espace marin situé hors des zones de juridiction nationale ;

     

    énergétiques : Les éoliennes offshores, sur les côtes européennes cumulaient fin 2017, environ 15 gigawatts (GW) raccordés au réseau électrique. A titre de comparaison, une centrale nucléaire française a une puissance installée de 900 à 1500 MW. La France s’est fixée comme objectifs 500 MW d’éolien à l’horizon 2018  et 3000 MW en 2023. Un objectif deux fois moins ambitieux que celui du Grenelle de la Mer, que l’on s’était fixé en Juillet 2009. Alors que le Royaume Uni a déjà installé 5 Gigawatts dans le secteur des EMR, soit l’équivalent de 3 EPR (Réacteur Pressurisé Européen). Mi 2019, Saint-Nazaire est la première concrétisation du développement éolien offshore en France, 80 éoliennes pour une puissance installée totale de 480 MW d’ici fin 2022 , « Avec plus de 3 000 éoliennes en mer opérationnelles dans le nord de l’Europe, l’éolien en Mer est une réalité industrielle. On aura besoin de cette énergie renouvelable marine pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris », estime Aurélien Babarit ;

     

    commerciaux : c’est par la Mer que s’effectue 90% du commerce mondial en volume. Presque tout ce que nous consommons parcourt des milliers de km en mer avant de nous parvenir, et le trafic ne cesse d’augmenter : 1 milliard de tonnes de marchandises en 1960, 2,5 milliards en 1970, 3,7 milliards en 1980 ; 4 milliards en 1990, 5,8 milliards en 2000, 8,3 milliards en 2010, et 9,1 milliards en 2018 ;

     

    de santé ; Les scientifiques travaillent aujourd'hui sur 66 molécules d'origine marine dans la lutte contre le cancer. En polluant la Mer, on scie la branche sur laquelle nous allons avoir de plus en plus besoin de nous asseoir. 

     

    8/ Les responsabilités : La Mer est un espace de manœuvre stratégique dans toutes ses dimensions, l’amiral  Pierre François Forissier rappelle que ce sont des enjeux civils et militaires, c'est la responsabilité des marines que de s'impliquer dans la gouvernance des océans pour y préserver les différentes libertés et y maîtriser les abus. 

     

    Les actions de l’Etat en Mer : Tenir en état les Mers françaises, protéger, défendre l’espace maritime français : lutter contre le pillage des ressources, la piraterie, les trafics, l’immigration clandestine, les pollutions. Toutes ces menaces ayant considérablement crû ces dernières années. 

     

    L’importance accrue des flottes de combat est une conséquence directe de ces tendances.

     

    9/ Opportunités pour la France : Il nous faut pour cela, partager la même vision stratégique à tous les niveaux y compris au plus haut niveau de l’Etat, car la Mer n’est pas un enjeu droite / gauche. Ce n’est pas de nouveaux budgets dont nous avons besoin, mais d’une vision à 30 ans, voire 50 ans qui donnera confiance pour agir dans le temps présent. Avec cette vision partagée, les énergies se libéreront. 

     

    La France doit absolument renforcer la fonctionnalité de ses ports. Nous avons deux conteneurs sur trois qui arrivent par des ports communautaires. Le premier port français aujourd'hui est le port d'Anvers, en Belgique ! C'est un scandale écologique et un non-sens économique. Aujourd'hui, cela coûte plus cher de faire Rotterdam - Marseille que de faire Singapour - Rotterdam. Nos ports, et c'était noté dans le rapport de Louis Gallois, sont de formidables infrastructures, mais ils ne fonctionnent pas suffisamment bien.

     

    10/ Le Grenelle de la Mer : Juillet 2009 a conduit la France à se doter d'une politique maritime véritablement intégrée, allant de la pêche au transport maritime en passant par la politique industrielle (développement des énergies marines, construction navale), l'exploration des grands fonds marins ou encore la protection du littoral et de l'environnement marin. Il a mis en place le premier plan consacré aux énergies marines renouvelables, il a créé des zones marines protégées, etc. Mais depuis, l'élan est retombé.                              

     

    11/ Conclusions : Ne nous y trompons pas, cette « planète Mer » n’est pas une planète de rechange et encore moins une seconde chance. Il ne s’agit pas de reproduire « sur mer » les erreurs commises « sur terre » au cours du siècle précédent.

     

    L’humanité tirera-t-elle les leçons du passé afin de respecter cet océan qui lui rend tant de services ?  

     

    Cyrille Coutansais résume la situation : « Tout l’enjeu des années à venir, réside dans notre capacité à tenir l’étroite ligne de crête, entre une Mer fragile qu’il faut protéger et une Mer qui représente l’espoir de la Terre par ses ressources et leur exploitation. »

     

    La France a une belle carte à jouer si elle prend la vague de l’avenir, mais la Mer n’a pas d’électeurs.

     

    Citations : "Celui qui commande la Mer commande le commerce; celui qui commande le commerce commande la richesse du monde, et par conséquent le monde lui-même" (Walter Raleigh 1554-1618).   La Chine a bien compris cela, les 8 premiers ports mondiaux en tonnage sont chinois, Marseille est 53e.

     

                                                                       Daniel Soulat 22/02/2020

     

     

     


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  • Bourré à la limite du raisonnable durant les fêtes, mon lave-vaisselle a rendu l’âme. J’ai alors vécu un très mauvais moment car en même temps que cet appareil s’introduisait dans les foyers, il y a de cela bien longtemps, je perdais le savoir-faire exceptionnel que j’avais acquis dans le maniement d’une brosse et d’un torchon et cela avant même d’avoir atteint ma dixième année. Aussi, très embarrassée devant cette situation, je me suis posée la question suivante :

    MONTAIGNE A-T-IL RAISON LORSQU’IL DIT QUE LES HABITUDES SONT UNE FORCE, MAIS UNE FORCE TROMPEUSE ?

     Les habitudes offrent un confort indéniable à la bonne marche du quotidien. Mais comment éviter la routine qui engourdit l’esprit critique, freine les décisions, lorsque les accidents ou contretemps viennent brusquement perturber l’agencement de nos vies.   

    Nous avons tous connu cette situation où nous nous sommes retrouvés ballots face à une remarque qui nous a pris de court, que ce soit une agression ou bien un trait d’humour. Comme nous nous en voulons alors de n’avoir pu, d’une superbe réplique, estourbir notre interlocuteur ! C’est souvent après avoir longuement cogité qu’une formule percutante nous vient à l’esprit ; mais il est hélas trop tard et cela ne fait   que renforcer notre dépit.

    Pourquoi cet exemple pour entamer notre propos ? Parce qu’il en va de même dans le déroulement de nos vies : en effet, nous sommes peu entraînés à l’improvisation. Nous engageons toutes nos connaissances et aptitudes dans l’élaboration de plans et itinéraires qui devraient nous conduire aux buts que nous nous sommes fixés. Forts de cette préparation et agissant au mieux, nous voilà bientôt installés dans le confort d’un exercice bien rôdé. Tout semble prendre bonne tournure lorsque, brutal et cruel parfois, mettant tous nos projets en péril, survient « l’événement » ! Complètement désorientés, nous nous agitons en tous sens alors qu’il faut le plus rapidement possible « apprivoiser la situation » et retrouver l’équilibre.    

    Par définition, il est impossible d’anticiper l’imprévisible et, s’il est agréable de partir à l’aventure de notre propre gré, nous sommes le plus souvent bien désemparés lorsque c’est l’aventure qui vient à nous.

    Dans ses Essais, Montaigne consacre un long chapitre à ce qu’il appelle « la force trompeuse des habitudes » et de nous donner moult exemples de pièges que nous réserve l’engoncement dans ce que nous appelons plus vulgairement le train-train ou la routine.

    Je propose qu’ensemble nous précisions les pièges et dangers qui nous guettent si, préférant stagner dans la douce quiétude de nos pratiques, nous traitons avec indifférence les avertissements qui nous sont donnés pour les éviter.   

    Mais parlons d’abord des bonnes habitudes : indispensables à l’organisation de notre vie, elles sont prises consciemment, et sont souvent un engagement moral.  Il faut initier très tôt les enfants à la vertu qui consiste à se mettre dans une disposition constante à faire toujours mieux pour atteindre le bonheur ou du moins la satisfaction dans l’accomplissement des actes de la vie.  Ceci est d’ailleurs une méthode préconisée par ce bon, vieil Aristote.     

    Une fois les bonnes habitudes prises, nous nous retrouvons sur des rails et cheminons sereins tant nous sommes sûrs de nos lendemains. C’est alors que la monotonie risque de s’installer, notre vigilance de s’émousser : on ne voit plus celui qui, sur notre chemin, serait en quête d’un regard, d’une attention ; du moment qu’elles ne nous dérangent point trop, on se fait, sans chercher à les modifier, aux incohérences de la société dans laquelle nous évoluons.  

    Celui qui en racontant une journée de sa vie a raconté sa vie, est à coup sûr une victime de la routine .

     La routine est toxique, elle étouffe notre sensibilité, anesthésie notre empathie, éléments essentiels pour mieux vivre avec les autres.  Elle nous fragilise et nous en souffrons, souvent sans en être conscients. Alors comment lui échapper, comment scier les barreaux d’un quotidien qui nous enferme dans une satisfaction narcissique ou un mortifère ennui ? (Voir illustration ci-contre)[1]

    Le voyageur qui laisse son quotidien derrière lui sans craindre d’affronter l’inconnu, devient ce qu’un Humain devrait toujours être : sensible, curieux de tout, ouvert à tout ce qui lui est différent… Il est alors plus apte à réagir devant l’infortune et l’adversité. Je pense qu’Il n’est pas de plus court chemin pour parvenir à soi que celui qui passe par le tour du monde des autres. Alors abandonnons notre train-train mental, aventurons-nous à étudier ce que l’on ne nous a pas appris, soyons attentifs à ce qui se passe autour de nous, accueillons avec bienveillance ceux qui nous font la grâce de venir vers nous : notre cœur, notre corps se délieront et le monde nous sourira.

    L’actualité est une illustration tragique de notre propos et une question me vient : est-il possible que nous, les enfants de la guerre, qui avons connu les privations dans une Europe saccagée par la folie des hommes, n’ayons pas entendu plus tard, alors que nous barbotions dans un confort de plus en plus douillet, les avertissements de ceux qui nous faisaient entrevoir les catastrophes à venir, résultat de nos abus. Il faut bien reconnaître qu’aveuglés et assourdis par les sirènes de l’abondance, nous nous sommes laissés enliser dans nos habitudes de consommation. Nous ne nous sommes rien interdit. Alors, pris d’une frayeur tardive, nous jetons nos plastiques et bouteilles de verre dans des containers de recyclage ; mus par une bonne volonté pathétique, nous fermons le robinet lorsque nous nous brossons les dents… et nous mangeons bio ! Serions-nous débarrassés de nos funestes habitudes ? On peut en douter et en voici un exemple - mais il en existe bien d’autres - :  chaque jour, des touristes embarquent, toujours plus nombreux, sur des bateaux gigantesques qui sillonnent les mers et les polluent, gravement. (Dans cette parenthèse, je vous confie qu’en regardant les brochures qui invitent au voyage, je ne peux m’empêcher d’imaginer ces mastodontes heurtant de leur coque d’acier le corps perdu de ceux qui sont partis parce qu’un jour ils ont rêvé d’un pays où ils trouveraient douceur et abondance.)  

    L’humanité aurait-elle entamé le millénaire de trop ? Notre Terre a roulé sa bosse, elle s’essouffle, elle crie grâce. Certains songent à l’abandonner : des savants étudient le moyen de fabriquer une nouvelle Arche de Noé. Les astronomes explorent l’univers afin d’y découvrir une planète, avec un ciel bleu, de l’air pur, de l’eau claire, une planète qui pourrait accueillir les Hommes, aussi belle et fertile que celle qu’ils auront quitté. Et s’ils n’y parviennent pas ? … Alors on ira tous au paradis !

    Mais Je ne voudrais pas que mon discours vous impose une représentation apocalyptique de l’avenir… tout ça à cause d’un lave-vaisselle ! Il est dans notre assemblée, des esprits brillants et informés qui pourront au cours de ce débat nous donner l’espoir d’une vie sereine et la vision d’un univers joyeux.  D’ailleurs, les puissants de ce monde réunis à Davos en janvier dernier, ont déclaré être conscients des problèmes d’environnement et ont promis - comme chaque année depuis 2018 ! - d’y réfléchir sérieusement.

    Charlotte Morizur. Février 2020.

     

     

     

     



    [1] Œuvre de Théo Mercier intitulée « Le solitaire »


     


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  • La franc-maçonnerie

    Planche pour le 25/01/2020, réalisée par André Hans. 

    La franc-maçonnerie moderne est née en 1717 à Londres en grande Bretagne dans une taverne « L’oie et le gril ». Elle réunissait des gens du peuple, sans doute dans l’intention première de créer des liens de solidarité, à une époque dépourvue de protection sociale. Mais c’est sans compter avec les Ecossais qui revendiquent d’en être à l’origine. C’est une franc-maçonnerie « Spéculative », réunissant des personnes de toutes origines contrairement aux loges dites « opératives » qui ne réunissent que des gens du métier. Mais dans l’imaginaire maçonnique, l’origine de la maçonnerie remonterait à l’époque des bâtisseurs de cathédrales. Et même bien au-delà. Ce qui est avéré, c’est que l’Angleterre était déchirée comme partout en chrétienté par les guerres de religions et de succession. Les loges maçonniques était un lieu refuge de tolérance, où on ne discute, ni de politique, ni de religion, qui sont des facteurs de division. C’est une règle qui a encore cours. Du passé mythique des bâtisseurs de cathédrales, il en reste des symboles. Les outils des tailleurs de pierres sont autant de symboles qui expriment des valeurs, comme l’équerre, symboles d’équité. Ces outils des maçons dit opératifs décorent le temple. En cette fin de 18éme siècles, une profonde mutation s’opère. Ceux qui vont réellement créer la Franc maçonnerie, ce sont deux personnages. Fils de Haguenau français, Desaguliers, est un scientifique reconnu, dont les parents ont émigré en Angleterre à la suite de la révocation de l’Edit de Nantes et un pasteur protestant en mal d’argent qui produisait des biographies bidonnées à des bourgeois en mal de lignée prestigieuse. Le révérent pasteur Anderson rédigea les fameuses « Constitutions d’Anderson » (1723) texte référence en maçonnerie. Elles établissent une origine mythique de sa création, à l’origine ses temps - 6000 ans AV JC comme on le croyait au 18éme siècle. Donc, la FM est fondée sur des récits mythiques qui n’appellent à aucune croyance comme en religion. Une profonde mutation opéra en cette fin de siècle. Sans doute par l’influence de Desaguliers qui était membre de la prestigieuse Royal-society une véritable mode maçonnique s’empara de Londres, puis de l’Angleterre, puis en France avec des émigré anglais qui fuyaient la guerre civile, Puis elle gagna le continent entier.

    Napoléon Bonaparte qui n’a jamais été franc- maçon tenta d’en faire un outil d’influence. Au 19éme siècle, il y eu des modes comme la référence aux Templiers, puis à l’Egypte pharaonique. Il existe des loges dont le rituel se réfère à l’Egypte ancienne ou aux templiers. Lors de la commune de Paris 1870, il se trouva des FM dans chacun des 2 camps. Au cours du 19éme siècles la F M évolua, notamment le retrait de l’obligation d’avoir une croyance religieuse. Puis il y eut les premières loges féminines qui eurent pour modèle les combattantes Maria Deraismes, Olympe de Gouges ou encore Louise Michel. Aujourd’hui, si les franc-maçonnes ne sont plus toutes aussi militantes, elles restent néanmoins très attachées à l’émancipation des femmes. 

    La Franc-maçonnerie française sous le régime de Vichy fut l’objet d’une féroce répression Si aujourd’hui elle est restée discrète, non pas secrète à l’inverse de la franc maçonneries anglo-saxonnes qui a pignon sur rue, c’est un héritage de la répression qu’elle a subie sous l’occupation. En France on comptait en 2016, 42 obédiences et environ 188130 frères et sœurs. Le Grand Orient de France a été profondément impliqué dans la vie publique et politique sous la III éme république.

    Aujourd’hui le Grand Orient privilégie la réflexion philosophique avec plus de 52 000 membres répartis dans environ 1 250 loges. C’est la première obédience adogmatique d'Europe. Depuis 2010, il laisse à ses loges la liberté d’initier des femmes. Ses relations avec l’église catholique sont variables, le plus souvent difficiles. Le pape excommunia l’année passée un prêtre membre du GODF. Contrairement à la franc maçonnerie anglo-saxonne en crise, la franc maçonnerie française progresse.

     


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  • Une opinion doit-elle toujours se fonder sur une connaissance ?

    Jean-Jacques Vollmer – 23/11/2019

     

    Il arrive souvent que l’on exprime son opinion sur un sujet quelconque, sans vouloir - ou pouvoir - dire  ce qui la justifie. Peut-on alors penser, avec Gaston Bachelard, que "l'opinion pense mal, elle ne pense pas, elle traduit des besoins en connaissances" ?

    Avant d’entamer le débat, il est nécessaire de définir ce qu’est une opinion. Comme nous sommes ici dans un groupe de discussion et pas en train de faire une dissertation sur ce sujet (il y en a plein sur Internet), je me bornerai à dire ce que je pense sur cette question, au risque de me tromper ou d'oublier des pistes de réflexion, que l'assemblée se chargera, j'espère, de mettre en lumière.

    L'opinion individuelle

    Quand un individu donne son opinion, il dit ce qu'il pense à propos d'une question, d'un fait, d'un événement, d'une manière de penser. Cette opinion peut être objective, en se fondant sur des faits incontestables ou une démonstration, c'est à dire sur des connaissances rationnelles. Elle peut aussi, sans être formellement objective, s'appuyer sur des justifications de toute nature qui ne sont pas rationnelles mais qui traduisent un effort, un cheminement de la pensée pour expliquer un tant soit peu ce que l'on pense et pourquoi on le pense.

    Mais dans le langage courant, il me semble que ce mot « opinion » traduit d'abord la subjectivité du locuteur. On a une opinion sur quelque chose quand on l'affirme sans le démontrer ni le justifier. On considère que c'est une donnée de base, une évidence, une croyance qui n'a pas à être expliquée. On peut dire aussi que c'est l'intuition qui justifie ce qu'on pense : on « sent » que c'est vrai, on pense qu'il y a peut-être une justification, mais sans pouvoir l'énoncer ni l'expliquer.

    Tout ceci étant quelque peu théorique, il convient de donner quelques exemples pour illustrer ce qui vient d'être dit. Je souhaiterais cependant que ces exemples ne deviennent pas l'objet principal de notre débat, car on peut en trouver dans tous les domaines d'activité de l'homme :

                        Quand on rencontre quelqu'un pour la première fois, on dit parfois : « Celui-là, je ne le sens pas, il ne me fait pas bonne impression ». Rien ne justifie ce jugement. Quelqu'un de raisonnable et de réfléchi optera pour un jugement neutre : « Je ne sais pas, on verra à l'usage », il affiche son besoin de connaissance pour fonder son opinion objectivement.

                        Quand un créationniste affirme que le monde a été créé en l'an 4004 avant JC, il va plus loin que la simple opinion, il affirme une chose que personne n'est en mesure de prouver, une croyance absolue que nul ne peut réfuter. C'est un choix a priori qui ne souffre pas de discussion ni de remise en cause.

                        Philippe Coiffet, chercheur en robotique et Intelligence artificielle, démontre dans ses ouvrages qu'un robot ne pourra jamais atteindre le degré de conscience de l'homme. Si on suit son raisonnement, on constate qu'il procède à une démonstration rationnelle aboutissant à une connaissance, et non une opinion subjective. Par contre, quand il ajoute « ...et je dis que c'est une grande chance », il donne son point de vue personnel qui n'est en rien justifié.

                        Quand je discute avec mon fils sur des sujets polémiques pour lesquels nous n'avons pas la même opinion, il se trouve parfois à court d'arguments pour défendre son point de vue. Mais comme il ne veut jamais baisser les armes sa conclusion pour mettre fin au débat est la suivante : « De toutes façons, c'est ton opinion contre la mienne, et la mienne est tout aussi valable. »  Toutes les opinions se valent-elles ? C'est le danger du relativisme qui nous guette, dire que tout se vaut revient à nier l'existence de valeurs

    La formation de l'opinion

    Que notre opinion soit une simple conviction ou qu'elle soit argumentée, elle a toujours des causes expliquant sa formation. 

    Lorsqu'une opinion est subjective, elle peut résulter de l'accumulation non formulée ou inconsciente d'influences diverses : éducation par les parents (notamment pour les questions religieuses), conversations avec des proches ou des amis, influence des rumeurs, des médias, valeurs qui sont les nôtres. Elle peut aussi refléter un manque d'esprit critique ou de curiosité. Il faut ici souligner l'influence des leaders d'opinion, ceux qui parlent bien et qui savent convaincre.

    Importance de la dimension temporelle : si on vous demande à brûle-pourpoint ce que vous pensez de quelque chose que vous ne connaissez pas, vous n'avez pas le temps de réfléchir longtemps pour répondre, même si vous avez de la curiosité et un esprit critique. La meilleure solution dans ce cas est de rester neutre « jusqu'à plus ample informé ». Mais on ne peut en permanence rester neutre en attendant des informations, cela risque de vous faire passer pour quelqu'un d'inconsistant, qui ne croit à rien, qui ne se mouille pas. Vous vous sentez souvent tenu d'avoir une opinion, de prendre parti.

    Il est aussi très difficile, après s'être exprimé à chaud, de revenir en arrière et changer d'opinion, au risque d'apparaître comme versatile, comme une « girouette ». Souvent, on cherchera alors les seuls arguments défendant la prise de position initiale.

    Il faut développer l'esprit critique des enfants, leur apprendre à penser par eux-mêmes.

    L'opinion collective

    Un groupe de gens est autre chose qu'une juxtaposition d'individus. Il apparaît à ce niveau d'autres manières de penser que celles qu'on peut trouver chez les individus, puisqu'un individu n'existe jamais seul, il vit en société.

    L'opinion publique, c'est l'opinion majoritaire d'un groupe sur un sujet quelconque. Certains l'appellent la « pensée unique » : plutôt que se forger sa propre opinion, plutôt que de penser par soi-même, ce qui peut être long et peut-être difficile, la majorité des individus préfèrent se rallier à l'opinion générale : c'est plus rassurant, cela renforce l'impression d'appartenir à un groupe en partageant ce qu'on prend pour des valeurs communes. A cet égard, on peut même dire que l'opinion a tort et qu'elle peut être dangereuse même quand elle est vraie, quand on ne sait pas dire pourquoi elle est vraie.

    A titre d'exemple, je citerai la récente déclaration du ministre de la culture à propos des accusations d'atteintes sexuelles d'un grand cinéaste à l'encontre de jeunes comédiennes, et de la manifestation d'un groupe d'individus voulant pour cette raison interdire immédiatement la projection de son dernier film : « Laissons faire la justice et non le tribunal de l'opinion »

    L'opinion publique se partage en divers groupes, chacun d'entre eux ayant une opinion tranchée et radicale sur tous les sujets qui le caractérisent, de manière souvent binaire. Par exemple :

                        En politique, ce que fait la droite est toujours mauvais pour la gauche, et vice versa. Chaque groupe cherche d'abord à confirmer ses dogmes de base, ce qu'il a envie de croire sans jamais se remettre en question, n'essayant jamais de poser correctement les problèmes pour les résoudre si possible rationnellement. L'important est de gagner, et pour cela la position de chaque membre doit refléter celle du parti auquel il appartient.

                        En économie, tout est fondé sur la « rationalité des agents économiques ». Pourtant, il est bien connu que ce qui différencie un homme d'un robot, c'est que l'homme est le seul à pouvoir agir de manière irrationnelle. L'économie se fonde donc sur des postulats faux et ne peut se prévaloir d'être une science permettant d'accéder à des connaissances vraies : l'économie énonce des opinions contradictoires en les faisant passer pour des vérités démontrées.

    Dans la société existent des groupes d'opinion, des groupes de pression : lobbies, médias, presse d'opinion. Aucun de ces groupes ne procède par des approches rationnelles. Au contraire, quand il s'agit de convaincre, tous les moyens sont bons, y compris le mensonge.

    On forge l'opinion publique en s'appuyant sur les moyens de communication au service de finalités majoritairement marchandes. L'opinion publique devient un rouage actif pour réaliser les objectifs des oligopoles qui la pilotent à leur profit.

    On pourra analyser le rôle de l'opinion publique sur certains sujets qui exacerbent les passions : les OGM, les centrales nucléaires, le Brexit, la valeur de la démocratie représentative, le changement climatique, le complotisme, la nocivité des vaccins, etc... Sans oublier le racisme.

    Conclusion

    La connaissance cherche la vérité, l'opinion croit qu'elle la possède déjà.

    L'opinion veut convaincre, la connaissance démontre.

    L'opinion est un obstacle à la connaissance et ne peut se fonder sur elle

    Pour lire le compte-rendu du débat.


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  • Quelle éthique pour le XXIème siècle ?

    Applications à quelques situations concrètes 

     

    Séance du 9 novembre 2019

     

    Projet de compte rendu thématique

    Contexte des débats : cette séance, rassemblant une vingtaine de participants, ne s’est pas organisée selon les lignes directrices suggérées par le texte d’introduction (conscience de Soi, conscience de l’Autre, conscience de sa situation au Monde). Les intervenants ne se sont pas contentés d’évoquer des situations concrètes, ils sont aussi revenus sur les fondements et la fonction de l’éthique. Le compte rendu qui suit sera donc structuré autour des principales questions qui ont été évoquées et des propositions qui ont été suggérées. Bénéficiant des notes prises en séance par Benoît et Bruno, le rédacteur de ces lignes est le seul responsable des omissions ou erreurs éventuelles.

     

    La nécessité d’un équilibre naturel

    Constat est fait qu’il existe une forte demande éthique dans le monde contemporain, que la réponse est très diversifiée (est notamment citée l’Ethique du samouraï moderne selon maître Isogushi), mais pas toujours consensuelle. Elle se fonde sur des Valeurs, mais y a-t-il des valeurs communes dans un monde en changement ? Dans un monde en crise où l’Etre humain s’est éloigné de la Nature : en maîtrisant les forces de la nature son ubris s’est développé, on est sorti du naturel. Des exemples de cette démesure sont donnés (prolifération du plastique, gigantisme des navires de croisière, etc.). Le développement de la technique moderne nous a éloignés de la réalité du monde vivant. On a bouleversé les équilibres naturels. Il faut les retrouver. Il n’y a rien d’impossible si l’on en prend conscience car, selon Gandhi, « La terre fournit suffisamment pour satisfaire les besoins de tous les hommes, mais pas la cupidité de chaque homme. ».

    Même si le terme de modération n’est pas prononcé, il est sous-entendu dans les propos de plusieurs intervenants notamment par l’évocation des méfaits de l’obsolescence programmée, de l’action de l’abbé Pierre, des barres HLM, tant critiquées de nos jours, mais qui ont permis à de nombreux concitoyens au moins d’avoir chaud et de sortir de la précarité, etc. Dans de nombreux domaines il est possible de gérer plus efficacement des ressources rares (exemple de la gestion de l’eau pour l’irrigation du maïs).

     

    Les comportements

    Nous sommes responsables mais pas nécessairement coupables. L’important est de trouver les moyens de vivre ensemble : il y aura toujours des inégalités, des riches ? des pauvres, des catégories d’individus moins favorisées que d’autres. Il est indispensable que ces différences ne deviennent pas intolérables. C’est pourtant le cas actuellement : les composants du système (système financier, agro-business par exemple) écrasent les individus. Des solutions sont proposées pour remédier à certaines dérives (sont évoqués entre autres les 32 heures, l’éco-féminisme,…).

    Nous sommes à la croisée des chemins : on doit construire l’avenir mais on manque de références. Il faut se garder des utopies, comme le communisme qui fut un enfer pavé de bonnes intentions.

    Ces comportements doivent être évidemment fondés sur une éthique. Mais quelle éthique ? Pour un intervenant l’éthique est une morale débarrassée des croyances. Il se réfère, sans le dire explicitement, aux trois interrogations de Kant « Que puis-je connaître ? Que dois-je faire ? Que m’est-il permis d’espérer ? ». La difficulté est que les principes kantiens définissent ce qu’est une personne morale, mais ne disent rien sur ce que cette personne doit faire, ni sur les valeurs qu’elle doit prendre en considération. On ne peut pas se désintéresser des conséquences de nos actes.

    L’éthique doit s’exercer à tous les niveaux, ceux du citoyen, des entreprises et de l’Etat (exemples cités : gilets jaunes, avidité des dirigeants d’entreprises cotées, situation de Hong-Kong).

     

    Le statut de la connaissance

    Avec la science, la connaissance évolue dans le temps, il est donc normal de poser de nouvelles questions, de proposer de nouvelles réponses, mais ce n’est pas de la Science qu’il faut attendre le salut -- elle ne peut qu’éclairer le chemin -- c’est de l’Homme : le progrès humain n’est pas à attendre seulement des progrès scientifiques, l’éducation et la culture y ont place. D’ailleurs le développement des sciences et des techniques nous questionne aussi : partant d’une récente émission de télévision (« Un monde sans viande ? », 7/11/2019) un intervenant s’interroge sur les conséquences techniques, agronomiques, nutritionnelles, économiques et financières, des projets de fabrication de « viande alternative ». Le conso-acteur a un rôle à jouer. On s’interroge aussi sur le rôle ambigu de l’Intelligence artificielle et du statut des futurs robots. 

    Comme pour toutes les sciences cette connaissance doit nécessairement être englobante, dans une approche systémique (Cf. la systémie en psychothérapie).

    Les sciences et techniques ont un côté prométhéen : puisqu’Epiméthée, l’imprévoyant avait laissé l’espèce humaine faible et nue, ayant épuisé toutes les qualités qu’il avait pour mission de répartir entre les êtres vivants, Prométhée a dérobé le feu sacré pour en doter les humains. Mal lui en prit (comme pour son homologue Lucifer, le « porteur de lumière »). Ce côté prométhéen peut être aussi bien le salut que la perte de l’humanité.

     

    En quoi la biologie peut-elle nous orienter ?

    Il est évident que le Vivant a des propriétés remarquables. Les techniques modernes comme l’électronique, la robotique, l’informatique sont peu de choses par rapport à ses propriétés.

    Pour un intervenant la caractéristique d’un organisme vivant c’est d’abord sa faculté de reproduction. Cette assertion est un peu trop sommaire : les virus eux-aussi peuvent se reproduire, sont-ils des êtres vivants ? On cite même le prion, simple protéine qui, lorsqu’elle change simplement de structure spatiale, devient pathogène en se multipliant dans le cerveau de certains mammifères (Cf. maladie de la vache folle). Les cristaux minéraux peuvent aussi se reproduire.

    Il est faux de prétendre que nous sommes « habités » par des cellules. Et il n’y a pas de frontière nette entre inerte et vivant. On avance justement que la vie est une propriété émergente de l’inerte organisé.

    Peut-on tirer de ses spécificités des règles de comportement ? Cette question essentielle est à peine abordée. Tout juste cite-t-on incidemment la prise de position d’un biologiste réputé (Marc-André Selosse) contre les excès de l’hygiénisme contemporain (la douche quotidienne détruisant le microbiome protecteur de la peau).

     

    Et la liberté dans tout ça ?

    La question de la liberté du vivant suscite des interprétations diverses. Bien sûr un être vivant a plus de liberté qu’une pierre. Mais est-il vraiment libre ? Beaucoup, se référant à l’être humain, estiment que la liberté n’est pas totale puisqu’elle est encadrée par des règles codifiées qui nous permettent de vivre ensemble (déclaration des Droits de l’Homme, civisme…). En fait cette affirmation ne met pas en cause la thèse défendue. S’il y a règles c’est bien qu’en leur absence les humains seraient livrés à leurs seules pulsions. Le Principe Responsabilité d’Hans Jonas est justement lié à cette propriété fondamentale du Vivant, sa liberté.

    Un intervenant rappelle d’ailleurs que déjà Georges Bernanos, inquiet de l’évolution de l’homme moderne à la fin de la dernière guerre mondiale, posait la question « La liberté pour quoi faire ? ».Mais peu importe l’individualisme libertaire : il n’est pas opposé à l’altruisme quand il permet une meilleure prise de conscience

     

    Conséquences pour la société

    - Conséquences techniques.

    Puisque la science moderne nous donne la possibilité d’éradiquer des parasites dangereux, au nom de quoi s’en priverait-on ? On fonde beaucoup d’espoir sur le forçage génétique pour éradiquer les moustiques vecteurs de paludisme (plus de 400 000 décès par an). Pourtant les choses ne sont pas aussi simples : risque de chaos écologique, risque contournement génétique des moustiques cibles, une preuve de la grande résilience du vivant.

     

    - Conséquences économiques.

    Certains contestent la critique du capitalisme qui nous a apporté bien-être et libération.

    Est surtout contestée la critique de la croissance. Il faudrait distinguer la croissance en quantités de matières premières ou de kilos de produits finis d’une part et la croissance en termes de temps de travail, de services rendus d’autre part. La première a atteint ses limites. La seconde est vertueuse. Cette distinction mériterait discussion.

    Il faut limiter la consommation. Cette prise de conscience est assez nouvelle. Comment faire ?

    Pourtant le système économique actuel n’a pas que des défenseurs. On accepte l’idée que la gestion privée des biens publics n’est pas la meilleure option, que les GAFAM (les « Grandes Compagnies » de notre temps) ont un rôle pervers, qu’il est nécessaire d’imposer des limitations externes à l’excès de liberté destructrice. Mais qui doit le faire ? Les Etats ? Dans une économie mondialisée ils ont perdu tout pouvoir d’initiative. L’UE ? Elle est trop inféodée à « l’ultra-libéralisme ». Les accords internationaux ? On critique le CETA et pointe l’échec de l’Accord de Paris de la COP21. Les organisations internationales ? Exemple est donné de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) qui a des positions très éthiques sur le travail, notamment celui des enfants, mais qui n’a pas de « casques bleus » (ou blancs) pour les faire respecter. Alors qui ?

     

    P. M. 11/11/2019

     


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