•                                                                                 D’où vient la violence            

    La violence prend des formes multiples, de la plus extérieure et générale, massivement organisée, celle des Etats (la guerre, certaines famines, les génocides) jusqu’à la plus intime, la violence contre sa famille (enfants, conjoint) et contre soi (suicide, drogue). Entre ces deux extrêmes, on trouve les violences ethniques, celles des mafias et des terroristes auxquelles répondent violemment les Etats avec une supériorité technique et numérique, la violence dans la rue, etc.

    La violence peut être physique, verbale, psychologique, sexuelle, économique, etc…

    La tolérance à la violence change avec le lieu et l’époque : « La définition de la violence a changé. Ce qui était considéré jadis comme tolérable est devenu intolérable aux yeux de la société. C’est le cas des violences sexuelles, des violences conjugales, des maltraitances à enfants, des bagarres entre collégiens, des agressions physiques ou verbales à caractère raciste ou homophobe, des pratiques violentes de bizutage » [1]  C’est même vrai de l’homicide !

    Contrairement à l’image qu’en donnent les médias, la violence dans le monde est en régression continue, qu’il s’agisse des guerres ou des homicides[2]. Les causes de cette décroissance sont :

    1.       un effet civilisationnel « Il est probable qu’un processus de pacification des mœurs continue à travailler la société française et participe du recul continu de l’usage de la violence comme issue aux conflits ordinaires et quotidiens de la vie sociale.[…] notre société ne supporte plus la violence, ne lui accorde plus de légitimité, ne lui reconnaît plus de sens. »1

    2.       un effet de disciplinarisation par les lois et la justice, effet qui a été favorisé par la centralisation progressive du pouvoir royal en particulier aux 15e et 16e siècles. C’est le rôle de l’Etat de réglementer la violence qui devient son monopole : seul l’Etat a le droit d’intervenir avec violence, à part la légitime défense que l’Etat autorise.

    Parmi les causes de la violence, on peut citer :

    L’humiliation

     « L’humiliation engendre et prépare les violences futures. […]Or les humiliés à leur tour risquent d’être humiliants, il y a alors une sorte de contamination d’humiliation qui touche peu à peu tous les tableaux de la vie des individus et des sociétés. L’humiliation est de la violence différée… […] L’humiliation atteint donc les deux racines de la dignité humaine, celle de l’estime de soi et celle du respect d’autrui.[… ] l’humiliation aussi se propage. Une humiliation dans le monde de l’emploi peut avoir des répercussions dans la famille, sur la santé, etc.[3]

    Le manque de mots, l’impuissance linguistique

    Ne pas maîtriser la langue orale, ne pas savoir lire vraiment couramment (accéder au sens sans effort), constituent des handicaps très graves aux échanges avec autrui. Celui qui en est victime ne peut communiquer qu’avec des très proches sur des sujets connus. Il ne peut pas communiquer avec un autre vraiment différent de lui, encore moins sortir des frontières de son espace habituel grâce aux écrits du monde entier. Les autres lui font peur, il les ignore. Quand il se sent en danger, il frappe…

    L’insécurité interne

    Celle-ci touche souvent des adolescents. « Le comportement violent devient le moyen de retrouver par la destructivité une forme de pouvoir et de maîtrise de la situation qu’il ne peut avoir par la recherche du plaisir ou du succès.» [4]

    L’absence de sens, le vide

            Absence de sens > anxiété >  moment paranoïde  > délire logique du bouc émissaire/sacrifice

    L’absence de sens génère la séquence ci-dessus, très bien décrite par Boris Cyrulnik. Le besoin de sens est fondamental, vital. « On ne peut pas s'orienter dans un monde insensé, on ne peut pas s'adapter à un monde confus, mais dès qu'une forme apparaît on se sent mieux, parce que l'insensé en devenant explicable donne une clarté qui ordonne une stratégie d'existence. Désormais on sait que faire, où se cacher, qui affronter ».[5]

    Elle peut aller jusqu’au terrorisme : « Lorsqu'une personne ne parvient pas à exister, […] dans un tel contexte appauvri, l'envoûtement terroriste offre un moment d'existence, un sursaut de dignité. On devient terroriste pour vivre une passion dans un milieu sans espoir. »4

    La perversité, un monde sans altérité.

                     Perversité = un monde sans autrui, l’autre n’existe pas

    La perversité peut être habituelle, structurelle : il s’agit d’un psychopathe qui s’est construit ainsi, il est pervers dans toutes les composantes de sa vie.

    Elle peut aussi être conjoncturelle, ne se produisant que dans certaines circonstances : il s’agit alors d’ « un homme ni névrotique, ni psychopathe, ni traumatisé dont l'existence est telle qu'il se laisse enga­ger dans une aventure perverse. »4 Exemples : le terroriste, le nazi cultivé, qui mène par ailleurs une vie de bon père de famille, le brave hutu, le gentil khmer rouge… « La violence […] répare l'humiliation, mais crée un monde mental sans autrui. L'autre est réduit à l’idée qu’on s'en fait et non pas à l'expérience qu'on pour­rait en avoir. […] [Elle] apporte un soulagement momentané qui empêche les solutions durables. » 

    L’appauvrissement affectif.

    L’appauvrissement affectif peut générer une perversité. L’empathie est étouffée. Il y a de multiples sources à cet appauvrissement affectif : isolement, abandon, la routine, un parent trop exclusif, groupe fusionnel, l’addiction aux écrans…

     «  Que leur famille soit aisée ou pauvre, religieuse ou non, un confinement affectif les a iso­lés au cours de leur développement. La routine les a rendus bons élèves, la pauvreté les a mal socialisés, […]. Les futurs ter­roristes ont été coupés des autres et du réel sensible […] Quand ce confinement individuel se conjugue avec une humiliation, surgit alors un espoir fou : tuer et mourir pour vivre mieux ! »4  Il peut s’y ajouter un phénomène d’emprise qui fait perdre toute autonomie de pensée. C’est un processus cognitif : le psychisme s’est rigidifié, la conscience est anesthésiée.

    En résumé je retiens trois mots-clés générateurs de violence : l’humiliation, l’absence d’altérité, le manque de sens.

     
                                                                   Marie-Odile Delcourt            Débat du 18 Novembre 2017


    [2] Vient de sortir La part d’ange en nous de Steven Pinker, professeur à Harvard. Les Arènes

    [3] Olivier                Abel (Se montrer, s’effacer, in La dignité aujourd’hui, Bruxelles, Ed. des Facultés Universitaires Saint-Louis, 2007.

    [5] Boris Cyrulnik. Autobiographie d’un épouvantail. Odile Jacob.2008


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  • Café débat du 17 juin 2017

     

     

     

    Introduction par André Hans et Bruno Sauvage

     

     

     

     La charité apporte du soulagement, ….

     

     

     

    AH Reprise Accroche

     

    Dans la relation à autrui, comment deux approches de la notion de charité, celle d’un chrétien, fondée sur l’exemple évangélique d’aimer son prochain quel qu’il soit, à l’exemple du Christ et celle d’un athée pour qui la philanthropie, la coopération, et l’assistance mutuelle, traits comportementaux normaux de tout être humain, et raison du succès de l’espèce, pourraient-elles converger ?

     

    Bruno et moi nous vous proposons un échange sur ce thème. Ce dialogue reprend nombre de références bibliques disponibles pour ceux qui le souhaitent.

     

     BS   Pour un chrétien, la charité est ce qui porte à vouloir le bien d'autrui. Le dictionnaire dit : « Charité : capacité à ressentir qu’un être nous est cher ».  La charité n’est pas le monopole des chrétiens, mais elle est au centre du message chrétien. Pour un chrétien, chaque être humain est « cher » à Dieu, et doit par conséquent l’être aussi pour chacun de nous.

     

    Les gestes et les paroles de Jésus rapportés par les Evangiles sont une illustration de l’élan de charité que nous sommes invités à partager. Il se caractérise par trois séries de situations :

     

    -         L’élan personnel vers l’autre et notamment vers les personnes les plus marginalisées dans la société.

     

    -         La vision conviviale de la société : l’image du repas festif, où chacun est appelé, est récurrente dans les Evangiles. Saint Paul souligne la dimension universelle de la charité selon l’exemple donné par Jésus : « Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ. »

     

    -         Désamorcer la violence : Face à l’adversité, face aux menaces, il ne faut pas se laisser entraîner dans l’escalade de la violence, mais par notre comportement essayer de faire prendre conscience à l’adversaire de sa violence.

     

     AH : La philanthropie qui porte à désirer le bien d'autrui, par l'amélioration matérielle et morale de tous, est une vertu partagée aussi par des institutions et des courants de pensée autres que chrétiens, dont certains non déistes. Le désir du bien d’autrui, cohabitent en chaque homme avec le ressentiment, la jalousie, l’égoïsme. La propension des humains à la philanthropie pourrait trouver sa source dans un trait déterminant du succès de notre espèce, la collaboration et l’assistance à autrui. La solidarité n’est-elle pas la meilleure assurance vie d’autant plus indispensable que les conditions de survie sont extrêmes ? Un individu seul est extrêmement vulnérable, et la meilleure assurance vie, c’est l’autre.

     

     BS : Comme je l’ai dit ci-dessus, la charité n’est pas le monopole des chrétiens. Les notions de « philanthropie », « désir du bien d’autrui », « solidarité », « la meilleure assurance vie, c’est l’autre » sont toutes des composantes de la notion de « charité ».

     

    Pour la phrase « Le désir du bien d’autrui, cohabitent en chaque homme avec le ressentiment, la jalousie, l’égoïsme », je proposerais une rédaction un peu différente : « Le désir du bien d’autrui cohabite avec l’instinct de survie qui peut nous pousser à l’égoïsme, au meurtre du concurrent, … ». La charité est aussi un instinct de survie, mais intégré dans une vue collective du bien commun.

     

     AH. S’entendre sur le sens de chaque terme est un préalable à tout échange. Il n’est pas certain pour « Amour » dont la signification ici a toute son importance, que l’on entende tous la même chose. Pour le plus grand nombre, l’AMOUR est un sentiment électif. L’aphorisme de Montaigne, à propos de son amitié profonde envers La Boétie « Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne se peut exprimer qu’en répondant : Parce que c’était lui, parce que c’était moi », est saisissant de concision. Donc, pour moi l’amour est un sentiment qui s’adresse à un ou une élue et ne peut concerner tout le monde. Il y a d’autres termes pour désigner un sentiment positif apriori envers les autres : l’altruisme, la philanthropie, la sympathie, l’affection. Il n’est pas certain que des textes sacrés, vieux de plusieurs millénaires, rendent compte de ces subtilités.

     

     BS : Je ne vois pas d’opposition entre « élection d’une personne » et amour universel, « l’élection d’une personne » ne doit pas se traduire par un repli sur soi.

     

    Dans l’Eglise catholique on accorde beaucoup d’importance au mariage et à la famille, cela ne doit pas être compris comme un repli sur soi, au contraire, la famille est la cellule, le point d’appui, à partir desquels rayonnent la convivialité et la vie sociale.

     

    « Altruisme, philanthropie, sympathie, affection » sont bien sûr des dispositions qui convergent avec la notion de charité.

     

     AH La charité ne porte t-elle pas à vouloir faire le bien d’autrui sans même que celui-ci le désire. En effet, il existe un certain nombre d’individus qui préfèrent inspirer la haine et la crainte (fort sentiment d’exister) à l’amour ; mais surtout pas l’indifférence et le mépris. D’ailleurs amour et haine ne sont-ils pas les deux faces d’une même pièce, deux opposés si proches, qu’il est facile de basculer de l’un à l’autre (haïr l’aimé). Des individus de pouvoir cultivent la domination par la crainte. Ceux-là seront plus difficiles à aimer que d’autres            

     

     BS : Certes, il faut « aimer tout le monde », mais dans la pratique, nous sommes confrontés à des « personnalités difficiles », et puisque je prenais ci-dessus l’exemple de la famille, lorsqu’on a un enfant difficile, on lui consacre encore plus d’attention qu’aux autres. Un enseignant est convaincu de sa mission même si les élèves sont peu coopératifs. Si nous avons un proche qui se laisse prendre par des addictions, nous essaierons de l’en détourner.

     

    C’est une composante importante de la charité que notre attitude face à la violence. Jésus dit : « Heureux les doux », « Heureux les artisans de paix », nous devons faire ce qui est en notre pouvoir pour faire prendre conscience de leur violence aux personnes « qui préfèrent inspirer la haine ».

     

    .AH : Mais, ne fait-on pas la charité pour soi et non pour les autres ? La charité pour certains ne risque-t-elle pas d’engendrer un sentiment narcissique. En analyse transactionnelle la charité ne développe-t-elle pas une relation parent/enfant, une relation de dépendance et inégalitaire, une relation de subordination et de clientélisme ?

     

     BS : Dans l’élan de charité, il y a recherche de convivialité, donc on le fait aussi bien pour soi que pour les autres.

     

    La charité ne génère-t-elle pas un sentiment narcissique ? Cela peut arriver. Je ne suis pas dans la tête de Mère Teresa ou de Jean Vannier… On parle beaucoup d’eux. Tous les admirateurs qui se félicitent de leur travail feraient peut-être mieux d’essayer de les imiter et de moins les louer…

     

    La charité génère-t-elle une relation de dépendance ? Il est vrai que la charité peut prendre, selon les circonstances, une relation de type parent à enfant, enseignant à élève, médecin à malade ; mais dans toutes ces démarches il y a un objectif : rendre l’enfant autonome, que l’élève s’émancipe, guérir le malade.

     

    L’un des gestes de Jésus nous invite à un renversement de la relation du maître au disciple : au début d’un repas, il décide de laver les pieds des disciples, montrant ainsi que celui qui veut se faire le plus grand doit se mettre au service des autres.

     

    AH : L’assistanat peut parfois enfermer dans la dépendance. Redonner la confiance en soi à une personne peut suffire à la sortir d’une mauvaise passe. Par exemple, l’Ecole de la 2éme Chance. Peu porté sur la charité comme tu peux le constater, j’ai néanmoins de l’estime pour le concept de l’abbé Pierre. « Aider les autres, n’est-ce pas la meilleure manière de s’aider soi-même »

     

      BS : Aider quelqu’un à se remettre debout est typiquement une démarche de charité.

     

    Les « vedettes » de la charité comme l’abbé Pierre, Mère Teresa, Jean Vannier et quelques autres, ont créé des communautés conviviales entre exclus et « gens normaux » et cela a profité à tout le monde … Ce sont les exemples qu’il faudrait amplifier pour que la vie dans nos sociétés soit moins dure.

     

    Bien des gens qui vivent à la fois dans le confort et la solitude ressentent ce besoin de convivialité, mais ne trouvent pas la voie pour y répondre.

     

     Mais est-ce une solution à long terme ?  

     

     AH : Nous arrivons là au cœur de notre débat. Certaines misères sont des tonneaux des Danaïdes, des puits sans fond, dont les causes sont souvent d’ordre idéologique (croyances, archaïsme et obscurantisme).

     

     

     

    BS : Il y a beaucoup de misère dans le monde, et pourtant, les moyens matériels d’assurer une subsistance digne à chacun ne manquent pas. Nous sommes là au cœur de la notion de charité : le malheur des hommes est la résultante du manque de charité, du manque de convivialité. Certains conflits ont une source idéologique. Face à cette question on peut dire, comme Saint Paul : « L’amour ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai ». Le travail pour mettre à l’épreuve nos connaissances et nos croyances relève aussi de la charité. 

     

    Les conflits de « source idéologique » sont, pour une raison ou une autre, des phénomènes communautaristes : un groupe veut se protéger contre d’autres, mais cela ne va pas dans le sens de la vision universelle que doit nous inspirer la charité. (Malgré l’Evangile, des chrétiens peuvent aussi être animés de réflexes de défense communautaristes.)

     

     AH : Tant que nous ne nous attaquerons pas aux causes de cette misère, à la racine du mal, cette misère et ce mal subsisteront. L’amour envers les miséreux ne changera rien à leur misère, mais pourra éventuellement la rendre plus supportable. Désormais, on soigne les lépreux.

     

    Ne doit-on pas rechercher une solution durable à un problème, l’anticiper, oser poser les questions qui dérangent ? Certes il y a des problèmes que nous ne pouvons pas encore résoudre mais atténuer les souffrances est déjà un progrès. Une charité ne traitant que les symptômes, plutôt que s’attaquer aux causes, ne prendrait-elle pas le risque de ne pas anticiper des situations ingérables.

     

     BS : « Une charité ne traitant que les symptômes », cela pourrait se dire des « bonnes œuvres », la charité va à la racine du mal : le mal est l’absence de cette charité qui doit pousser les hommes à vivre dans la convivialité et rechercher le bien commun.

     

      AH : Prenons un exemple difficile, une question encore taboue - bien que les langues commencent à se délier -. En Afrique, alors que la population compte actuellement que 1,2 milliard d'habitants, des centaines de milliers d’individus, fuyant la misère, risquent leur vie en traversant la Méditerranée. Qu’en sera-t-il quand, d'ici le milieu du siècle, elle doublera pour atteindre, selon l’Unicef, 4,2 milliards d’habitants en 2100. On va droit dans le mur. Comment les Européens accueilleront-ils sans risque de déstabilisation, un milliard d’Africains ? Certes, on arrivera toujours à les nourrir, mais quelle vie pourra-t-on offrir à ces réfugiés ? N’est-on pas en train d’armer une bombe à retardement ?  Toute la charité du monde sera impuissante face à l’ampleur du phénomène.

     

     

     

    BS : La question soulevée mériterait un autre café-débat.

     

    L’Afrique, dont beaucoup de régions souffrent du réchauffement climatique, est pourtant un continent potentiellement riche. La manière de mettre en valeur les milieux naturels africains ne peut être transposée des méthodes de l’agro-industrie occidentale. Les modèles de développement propres à l’Afrique viendront des Africains et pour cela ils doivent peut-être s’affranchir des modèles occidentaux.

     

    On peut supposer aussi que la transition démographique finira par arriver, comme pour les autres continents.

     

    La situation des pays africains pose également la question de la solidité des institutions publiques. Le bon fonctionnement des institutions publiques dépend des hommes et de leur sens du bien commun. Et le sens du bien commun est une forme d’expression de la charité. 

     

     Deux visions

     

     AH : Ces deux conceptions, celle d’une humanité orientée vers un dessein eschatologique et celle de l’acceptation d’une part d’insaisissable d’un monde non finalisé, partagent néanmoins des valeurs éthiques communes. Ces valeurs, qui les poussent spontanément à porter assistance à autrui sans nécessairement le connaitre, les amènent à se retrouver néanmoins dans une pratique complémentaire de terrain.

     

    -          La première conception est d’abord un engagement répondant à l’exemple donné dans les récits évangéliques qui nous fait considérer que nous sommes tous frères.

     

    -          La deuxième conception est une sorte de réflexe, une spontanéité qui pousse à porter assistance à celui qui se trouve en danger, persuadé que nous serions en droit d’attendre de même

     

    « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux aussi vouloir que cette maxime devienne une loi universelle » Kant s'interroge sur ce que pourrait être une loi déterminée par une volonté bonne, absolument et sans restriction.       

     

     BS : Oui, je pense qu’André a bien exprimé les cheminements des deux visions, visions qui néanmoins se rejoignent.  Par la voie de la raison, comme le formule Kant, on retrouve le caractère universel de la Charité tel qu’il a été illustré dans les récits évangéliques.

     

     

     

    Remarque : Charité et loi morale : Il y a dans les lettres de saint Paul, comme dans les Évangiles, de larges passages pour opposer Charité et préceptes de la loi morale :

     

    L’élan de charité n’a pas besoin de loi morale pour s’exercer. L’élan d’amour nous fait voir immédiatement ce qui est bon pour l’autre. C’est quand l’élan d’amour fait défaut, que l’on se replie sur les préceptes de la loi morale : tu ne tueras pas, tu ne voleras pas, …

     

    La loi morale n’est pas mauvaise en soi, mais si l’on s’en tient aux seuls préceptes de la loi morale, c’est que l’on agit sous la contrainte et non pas porté par l’élan de charité. 

     

    Pour lire le compte-rendu du débat, cliquer ici.

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  • PEUT-ON LUTTER CONTRE LA PAUVRETE SANS CROISSANCE DU PIB ?

    A l’énoncé de cette question, deux réponses sont fréquemment données.

    La première : « Il suffit de prendre aux plus riches pour distribuer aux pauvres ».

    La seconde : «  On ne peut distribuer qu’une richesse qu’on a créée ».

    Ces deux affirmations sont trop incompatibles entre elles pour alimenter un débat qui ne soit pas un dialogue de sourds. Il est donc nécessaire d’approfondir la question. Pour cela, commençons par bien définir la notion de pauvreté. Il convient de distinguer pauvreté absolue et relative.

    1. Pauvreté absolue: Situation d'un individu, d'un groupe de personnes ou d'une société qui ne dispose pas des ressources suffisantes pour lui permettre de satisfaire ses besoins fondamentaux et se développer normalement.

    Besoins fondamentaux : Air pur pour respirer, eau saine (potable pour boire, propre pour se laver), nourriture suffisante en quantité et qualité, de quoi se vêtir, protection contre les intempéries (vêtements et habitat), et contre les maladies. C’est aussi la sécurité des biens et des personnes. On observe d’ailleurs que les populations les plus pauvres sont celles où le taux de mortalité est le plus élevé et l’espérance de vie moyenne la plus faible.

    Seuil d’extrême pauvreté (IPH) : pour les pays en développement, il s'agit d’un revenu inférieur à 1 USD par jour et par habitant. Dans les pays les plus pauvres, l’IPH atteint en moyenne 43,3 % de la population. Il peut atteindre 48 % en Gambie, Mozambique, Mali et Mozambique !

    2. Pauvreté relative : Elle s’établit par comparaison avec le niveau de vie moyen du pays dans lequel on se trouve. On détermine d'abord le revenu médian, revenu qui partage la population en deux parties égales. La pauvreté se définit alors par rapport à une proportion de ce revenu médian.

    Seuil de pauvreté : En France, l’INSEE considère qu'un ménage est pauvre si son revenu est inférieur à 50% du revenu médian français par unité de consommation. Le taux est de 60% pour Eurostat (service statistique de la Commission européenne). Dans nos pays où le revenu médian est relativement élevé, le seuil de pauvreté permet d’accéder à des besoins non fondamentaux tels qu’une voiture, un poste de télévision, un téléphone mobile, un ordinateur et l’accès à Internet.

    Ce seuil est très variable selon les pays : 1286 € par mois en Norvège, 935 € en France, 180 € en Roumanie.

    Taux de pauvreté : Proportion de la population qui vit avec un revenu disponible inférieur au seuil de pauvreté. En Europe, il est en moyenne de 16,9 % de la population, mais seulement 10,1 % en Norvège et aux Pays-Bas. Il atteint 22,2 % en Espagne et 23,1 % en Grèce.

    Pour faire simple, on utilise plutôt la pauvreté absolue dans les pays pauvres, dits « pays en développement » où elle est un état d’extrême dénuement, allant jusqu’à menacer la vie même (dénutrition, empoisonnement…). Et la pauvreté relative dans les pays riches où l’extrême pauvreté n’existe plus.

    Nous examinerons si les réponses à ces questions sont ou non les mêmes selon qu’il s’agit de pays riches ou pauvres.

    Quant au PIB, il a fait l’objet d’un précédent débat. Contentons-nous de rappeler qu’il mesure la richesse totale de tous les habitants d’un pays et que la croissance est la mesure de l’accroissement de cette richesse dans un temps donné.

    Nul ne conteste que l’accroissement du niveau de vie de tous et, donc, la disparition de l’extrême pauvreté en Europe n’ont été possibles que grâce aux progrès considérables réalisés aux 18eme, 19ème et 20ème siècles : industrialisation permettant de fournir à tous des biens nombreux et diversifiés ; explosion des rendements agricoles ; progrès considérables de la médecine.

    Ce que l’Europe ou les Etats-Unis ont réalisé en trois siècles, le Japon l’a réalisé en moins d’un siècle et la Chine avance à marches forcée avec un taux de croissance qui fut longtemps à deux chiffres (ce qui signifie un doublement du PIB en sept ans) et qui reste aujourd’hui un des plus élevés du monde. Le recul de l’extrême pauvreté y est saisissant : En 1985, 360 millions de Chinois vivaient avec moins d’un dollar par jour. Trente ans après, ils ne sont plus que 60 millions, soit six fois moins.

    Il ne s’agit pas d’une distribution « à la française » consistant à prendre aux riches pour donner aux pauvres. La protection sociale et l’aide aux plus démunis sont encore balbutiantes en Chine. Il s’agit d’un phénomène de glissement : Chaque année, des dizaines de millions de très pauvres, venant généralement des campagnes, arrivent en ville pour occuper les emplois générés par la croissance. Malgré les bas salaires – qui tendent maintenant à augmenter du fait du manque de main d’œuvre disponible – ils accèdent ainsi à un statut de « moins pauvres », puis viennent grossir les rangs de la classe moyenne. C’est ainsi que la pauvreté recule. La classe moyenne, en Chine, ceux qui possèdent un appartement et un moyen de transport, se compte maintenant en centaines de millions de personnes. En Inde, pays qui s’est développé moins vite que la Chine, elle représente deux fois la population française.

    A l’inverse, dans des pays sans croissance et même dont le PIB décroît, tels l’Algérie ou le Vénézuela, la pauvreté tend à s’accroître, pas seulement par manque d’argent mais aussi par la difficulté de trouver des biens manufacturés ou alimentaires que le pays ne produit pas ou plus et qu’il n’a plus les moyens d’importer.

    Eradication de la pauvreté ne veut pas dire, nécessairement, réduction des inégalités. Si le nombre de pauvres a diminué en Chine, celui des riches et même des très riches a explosé. La Chine compte désormais plus de milliardaires que les Etats-Unis.

    Dans les pays de l’OCDE, les revenus des 10 % les plus riches ont progressé de moitié en trente ans alors que ceux des 40 % les moins riches n’ont gagné que 30 %. Certes, les moins riches ont vu leur situation s’améliorer mais, s’ils se comparent avec les plus aisés, ils ont une impression de pauvreté relative. S’il est avéré que la croissance du PIB a pour corollaire une réduction de la pauvreté absolue, elle s’avère inopérante pour réduire la pauvreté relative.

    Notons que cet afflux du produit de la croissance vers les plus riches, davantage que vers les plus pauvres, n’est pas une fatalité. La situation est en effet bien différente entre les pays de tradition égalitaire (Suède, Norvège, Danemark) et les autres pays développés, plus inégalitaires.

    Quant aux pays pauvres, c’est là où les inégalités sont à la fois les plus marquées et, surtout les plus criantes en raison de l’extrême misère qu’on y déplore. Il serait illusoire de penser qu’une distribution des richesses de leurs dirigeants suffirait à éradiquer cette extrême pauvreté. Là encore, lorsque le processus de croissance amorcé par les BRICS se développera, le nombre de pauvres se réduira comme il l’a fait en Chine et une classe moyenne émergera.

    L’ONU constate une diminution, ces dernières années, du nombre d’habitants de la Terre disposant de moins d’un dollar par jour. Parallèlement, l’état sanitaire de ces populations est en voie de lente amélioration. Espérons donc que ces mouvements se poursuivront en s’amplifiant. Mieux encore, entreprenons d’y participer.

    Je laisse la conclusion à Confucius qui écrivait, cinq siècles avant JC :

    « Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte "

                           Jean-Claude Charmetant    le 19 Novembre 2016


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  •              Un FabLab à Saint-Quentin-en-Yvelines, pour quoi faire ?

                                                                             Annie Jolivet-Vilbois.

     

    1. Qu'est-ce qu'un FabLab ?

    Le mot FabLab est une contraction de Fabrication Laboratory qui définit un lieu :

    · Avec des machines de fabrication numérique dont des imprimantes 3D mises à disposition du public pour fabriquer à peu près tout ;

    · Ouvert au public, respectant une charte (l'utilisation du mot y est conditionnée, la marque est déposée par le MIT) ;

    · Diffusant du savoir et de la technologie ;

    · Connecté à un réseau français ( RFF ) et mondial de FabLabs.

    Le concept de FabLab a été créé au MIT ( Massachussets Institute of Technology ) par Neil Gershenfeld, à la fin des années 90. Il dispensait alors un cours appelé « Comment fabriquer « presque » tout ? », et qui fut surpris de l'engouement des élèves pour ce cours, y compris de la part d'élèves ne suivant pas ses cours par ailleurs. Il décida alors d'ouvrir l'accès à son laboratoire de fabrication. Le nombre de FabLabs dans le monde approche aujourd'hui les 620, avec une soixantaine en France, laquelle se situe juste derrière les Etats-Unis.

     

    2. Pourquoi fabriquer quand on peut acheter ?

    Pour réparer :

    La première raison pour laquelle quelqu'un se rend dans un FabLab, c'est pour réparer un objet cassé, ne pas le racheter. Les moyens de fabrication du FabLab permettent en effet de rendre vie à un grand nombre d'appareils domestiques. Le FabLab lutte contre l'obsolescence programmée.

    Pour apprendre :

    Souvent, dans un deuxième temps, les adhérents se rendent compte que certains d'entre eux détiennent des connaissances utiles, et qu'eux-mêmes sont également capables d'apprendre aux autres. Dans notre socièté, c'est une expérience inhabituelle

    Pour se réapproprier :

    Ensuite, les adhérents réalisent que cette connaissance acquise leur permet de se lancer dans de nouveaux projets, plus complexes, et que les objets qui nous entourent dans le monde moderne ne sont pas si compliqués ni difficiles à reproduire.

    Pour créer

    Enfin, lorsque l'adhérent a acquis suffisamment de connaissances, qu'il maîtrise les

    possibilités de fabrication qu'offre le Fablab, il peut créer de nouveaux objets, seul ou dans un travail collectif, et partager ou non les plans et méthodes de fabrication avec d'autres, qui pourront modifier sa création.

    « Lorsque j'ai pu finalement me procurer toutes ces machines j'ai compris que la

    Renaissance avait été le moment où les arts libéraux sont apparus- libéraux dans le sens de libération, d'humanisme, le trivium et le quadrivium - et ceux-ci furent un chemin vers l'émancipation, ils furent les moyens de l'expression. C'est le moment où art et artisanat ont divergé. Et il y avait aussi les arts serviles, ceux avec bénéfices commerciaux. ... Nous avons vécu avec cette idée que fabriquer des choses était un art servile à visée commerciale et ne faisait pas partie des moyens d'expression. Mais en fait, aujourd'hui, l'impression 3D, le micro-usinage et la programmation de microcontrôleurs sont tout aussi expressifs que peindre des tableaux ou écrire des sonnets, mais ce ne sont pas des moyens d'expression de la Renaissance. Nous pouvons enfin abolir la frontière entre art et artisanat. » Neil Gershenfeld 

     

    3. Les spécificités du SQYLAB

    Le SQYLAB, FabLab de l’association loi 1901 HATLAB permet aux populations de son territoire, d'horizons divers, de se rencontrer dans un tiers-lieu convivial et de partager leurs connaissances afin de produire des objets, et de faire émerger des innovations.

    Il se propose, en plus, d’être un Eco-FabLab , c'est à dire un FabLab utilisant et valorisant les déchets des entreprises environnantes comme matière première pour les produits fabriqués, quand cela est possible, diffusant des bonnes pratiques d'éco-conception et encourageant l’émergence de projets éco-conçus.

    Le SQYLAB s’appuie sur une population très diversifiée et dynamique composée aussi bien de jeunes, de curieux, de professionnels, de public expert, de collectivités territoriales que de porteurs de projets. Il profite aussi d’un réseau fort entre les différents partenaires des FabLabs français fédérés, notamment par l'adhésion du HatLab en tant que membre fondateur à la toute nouvelle association de 1901 regroupant ces FabLabs : le Réseau Français des FabLabs. Les différents publics concernés vont des entreprises locales, au grand public en passant par monde de l'éducation.

     

    4. Le quotidien du SQYLAB

    Aujourd'hui, le SQYLAB est ouvert les mardis et jeudis soirs, ainsi que les samedis matins, ainsi que sur demande en journée.

    Trois ou quatre nouveaux adhérents sont souvent enregistrés par soirée d'ouverture.

    Les soirs, le lieu accueille environ une dizaine de personnes qui se consacrent à des projets divers et variés, comme un robot autonome suiveur de lignes, une lampe intelligente, ou la reconversion d'anciens robots d'analyse médicale afin d'en faire des fraiseuses numériques.

    Les projets sont documentés sur une plate-forme internet ouverte à tous, selon l'esprit des FabLabs ( http://dokuwiki.hatlab.fr/doku.php ), commune avec le HatLab, association porteuse du FabLab SQYLAB. Ils peuvent donc être repris et améliorés par toute personne désireuse de le faire.

    Les adhérents s'entraident et partagent leurs connaissances pour initier les débutants et résoudre les problèmes complexes des projets plus avancés.

    En parallèle, un groupe de personnes peut travailler sur des projets soutenus par le département sur les quartiers en zone d'éducation prioritaire, en partenariat avec l'association Planète Sciences ( http://www.planete-sciences.org/national/ ), tandis que d'autres personnes organisent la transmission en direct du prochain TEDxSaclay (http://tedxsaclay.com/ ), également partenaire du HatLab.

    D'autres enfin peuvent mettre la dernière main à une formation destinée à l'Ecole de la Deuxième Chance de Trappes, par exemple une initiation à la programmation à travers le logiciel Scratch.

    Dans la journée, selon les demandes, il est possible qu'un indépendant ou une petite entreprise vienne découper des pièces sur la découpeuse laser ou en imprimer en 3D avec l'imprimante ad hoc. Ces demandes, comme elles ne viennent pas enrichir la base de données commune, font l'objet d'une tarification différente.

     

    5. Bibliographie

    1. FAB: The Coming Revolution on Your Desktop--from Personal Computers to Personal Fabrication – Neil Gershenfeld – Basic Books – 2005

    2. Interview de Neil Gershenfeld – Edge - https://www.edge.org/conversation/neil_gershenfeld-digital-reality

    3. Makers: The New Industrial Revolution Hardcover – Chris Anderson – Pearson - Octobre 2012

    4. FabLabs, etc. : Les nouveaux lieux de fabrication numérique. - Camille Bosqué, Ophelia Noor, Laurent Ricard - Eyrolles – 2014

    5. Fab Lab : La révolution est en marche - Massimo Menichinelli, Camille Bosqué, Peter Troxler, Cecilia Raspanti - Editions Pyramyd - 2015

    6. L'âge du faire : Hacking, travail, anarchie - Michel Lallement - Seuil– 2015

     

     

    Ce document appartient à l'association HATLAB et ne peut être communiqué sans son autorisation


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  • Quelques nouvelles des activités des membres de l'association du Café-Débat :

    Dany vient de publier son deuxième livre : "Mal de mère" chez Edilivre, collection "Classiques"
    Vous pourrez la voir sur TV Fil 78 le 7 mai à 18h30, elle y sera interviewée.
    Vous pourrez aussi la rencontrer le samedi 16 mai de 15h à 18h à la Librairie des 7 Mares à Elancourt, elle y dédicacera son ouvrage.
    Enfin, vous pouvez dès à présent commander son livre chez l'éditeur : http://www.edilivre.com
    et plus tard sur Amazone, Alapage et autres librairies en ligne.




    Les débats à l'Ecole de la Deuxième Chance de Trappes continuent en 2009

    Benoît a repris en décembre le sujet sur "Les différences entre l'homme et l'animal", et va traiter en mai "L'esprit et le coeur".
    Jean-Jacques a introduit en janvier un débat sur "L'intelligence est-elle innée ?"
    Claude va reprendre le sujet sur "La conscience" en juin.
    Michelle traitera "La justice"  très bientôt.
    Les textes correspondants sont tous sur le blog, vous pouvez les télécharger.
    Pour en savoir plus sur l'Ecole de la Deuxième Chance, aller ici

    Le "Bar des Sciences" à la Maison de l'Environnement à Magny les Hameaux
    Le 5 mai à 19h, Jean-Jacques animera un débat sur "Les industries face au changement climatique", sujet faisant partie d'un ensemble dont plusieurs aspects ont déjà fait l'objet de débats au Café-Débat (voir les archives du blog).

    ...et n'oubliez pas les élections au Parlement Européen le 7 juin !
    De nombreuses conférences ou débats ont lieu en mai à Saint Quentin en Yvelines, certaines purement informatives, d'autres organisées par les différents partis politiques.
    Sans oublier que, beaucoup plus loin, à Berchères sur Vesgre dans l'Eure et Loir près de Houdan, mais avec Didier Blanc, Maître de conférences à l'UVSQ, Jean-Jacques organise une conférence le 14 mai à 20h30 sur "A quoi sert le Parlement européen ?". Pour plus de détails, allez voir le blog de Berchères...
     


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