• Programme

     

    Prochains débats

    Le Samedi 19 Juin à 16h30 en visio, sur inscription.

    Sujet: 

    L’habitat participatif : effet de mode ou vraie réponse

    aux enjeux de la ville de demain ?

                                                             par Nesrine Azizi.

    Pour lire le texte d'introduction.

    Résumé:   Et si le pari des dynamiques collectives était la solution pour bien vivre ensemble dans les villes du futur? Sans doute faut-il commencer par déconstruire certaines idées reçues sur l'habitat participatif, puis nous étudierons le pour et le contre de ces nouvelles initiatives.

    Anciens débats et conférences:

    Le Samedi 22 Mai, à 16h30,

    Conférence débat:

    L'énergie électrique en France

    par Jean-Piere Vérollet.

    Comment assurer la fourniture d’énergie électrique et l’équilibre du réseau tout en décarbonant globalement l’énergie ? 

     

    Les progrès considérables de la condition humaine depuis le 19 ème siècle se sont faits en particulier par l’accès quasi illimité et en constante croissance à des énergies fossiles pas chères, mais productrices de Gaz à Effet de Serre. « Décarboner » notre production totale d’énergie nous demande de passer quasi exclusivement à des sources d’Energies « Renouvelables ».

    En ce qui concerne l’électricité, de profondes transformations sont nécessaires aux niveaux des sources et de la consommation tout en respectant la nécessité d’équilibrer le réseau.

    La conférence-débat fait le point pour le France et le Monde et propose des conditions de réussite de la conduite de ce difficile changement.

    Pour lire le texte de la conférence 

     

    Le 29 Mai, nous aurons notre assemblée générale en visuel, sur inscription. Nous nous retrouverons à 16h30 sur ZOOM, le code d'entrée étant fourni à l'inscription.

     

    Débats passés:

    Le 10 Avril 2021  à 16h30, en visuel (Zoom) sur inscription

    Sujet

      Douter, remettre en question serait-il devenu un affront, un abus, un acte complotiste ?

    Introduction par Josette Saint-Marc .

     Pour lire le texte d'introduction

    Pour lire un Compte-rendu personnel

    Résumé:

     Pourquoi ce mot “complotiste” est-il autant utilisé, et de plus en plus, particulièrement par les politiques, les médias...? (Mais pas seulement !).      Quelle est l'intention, quel sens ?   Ne serait-ce-pas une attaque à la liberté d'expression?

     

     

     



             
     

     

    ______________________________________________

      L'entrée à nos débats est libre; ils  ont lieu le Samedi entre 16h30 et 18h30, au café "Le Marina ", 26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX.. Il n'y a nul besoin, pour y participer, de faire partie de l'association "le café débat de Saint-Quentin en Yvelines"  (cotisation annuelle de 5 euros). Il est seulement demandé de payer sa consommation en sortant. 

     


    Conditions de participation.

     Toute personne peut proposer un sujet. Les sujets sont soumis au vote des adhérents de l'association, de telle manière que seuls les sujets qui ont des chances de réunir un nombre suffisant de participants sont choisis. Si le sujet est retenu, ce qui est le cas le plus fréquent, il  faut alors préparer pour la date choisie soit une introduction (deux pages format A4 maximum), qui sera lue en début de séance, ou simplement un plan de discussion, soit , à défaut, un sujet et un résumé . Pour adhérer à l'association, il suffit de régler une cotisation annuelle modique (5 euros). Pour plus d'informations, voir la rubrique "Fonctionnement" en haut à gauche de cette page.

     Lieu des débats:

    Le MARINA   26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX  

     


     

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    L’habitat participatif : effet de mode ou vraie réponse aux enjeux de la ville de     demain ?

     

                                              Par Nesrine Azizi, le 19 Juin 2021

    À visualiser :https://www.facebook.com/181507605233947/videos/2746276845694400

     

           Les villes de demain doivent relever des défis de taille : être durables, intelligentes et pouvoir faireface aux risques technologiques et aux catastrophes naturelles empirées par le changement    climatique. Elles doivent également pourvoir aux besoins de leurs habitants en matière de santé, de logement et de transport et améliorer le vivre-ensemble dans une société de plus en plus marquée par l’individualisme etla montée de la violence, le tout dans un contexte de post-pandémie.

             Néanmoins, les projets des villes de demain ne prennent pas toujours en compte les avis et les aspirations réelles des populations concernées. Si du côté de la maîtrised’ouvrage, la démarche de la programmation urbaine et architecturale est devenue un outil indispensable pour favoriser une approche inclusive des populations concernées, des tentatives privées, du côté des habitants, voient le jour depuis quelques années. Elles s’inscrivent dans la tendance actuelle de l’économie collaborative, qui permet à des personnes de mettre en commun et d’échanger des biens ou des services. Parmi ces modes de vie privilégiés, l’habitat participatif ou habitat coopératif a aujourd’hui le vent en poupe en France.

          En réalité, vivre en communauté prend aujourd’hui plusieurs formes parfois novatrices : squats, habitat groupé ou participatif, habitat intergénérationnel, écovillage, ou encore gamping[1]. Il s’agit de familles mais également des personnes seules et des couples de tout âge, se regroupant pour habiter en communauté, temporairement ou en permanence, et ce dans un esprit d’échange et d’entraide. 

        Très développé dans les pays nordiques, il se base sur le principe de l’autoconstruction et de la mutualisation des ressources des participants. Concrètement, il propose à plusieurs personnes de se regrouper sous la forme de coopératives d’habitants ou de sociétés d’attribution et d’autopromotion, de construire et d’autogérer ensemble leur futur logement avec une empreinte écologique minimale.

         C’est la loi pour l’accès au logement et à un urbanisme rénové qui a donné une reconnaissance légale à cette forme alternative de logement. La loi ALUR définit l’Habitat Participatif comme : 

          « Une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s’associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d’acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d’assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis. (…) L’Habitat Participatif favorise la construction et la mise à disposition de logements, ainsi que la mise en valeur d’espaces collectifs dans une logique de partage et de solidarité entre habitants ». (Art. L. 200-1)

           L’habitat participatif pourra-t-il être une réelle alternative économique et humaine ou s’agit-il simplement d’un mode expérimental dont les détracteurs n’y voient rien de nouveau si ce n’est qu’un syndicat de copropriété avec « du verbiage de bobos » ! C’est l’objet de notre prochain débat.


    [1]     Camping chez l’habitant. Il vient de la contraction du mot Garden et  du mot Camping,  à ne pas confondre avec le Glamping, contraction de Glamour camping, qui est une tendance de l’industrie touristique à proposer des hébergements insolites. 

     


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  •  par Josette Saint-Marc, le 10 Avril 2021

     

    Pourquoi ce mot «complotiste» est-il autant utilisé, et de plus en plus, particulièrement par les politiques, les médias...? (Mais pas seulement!) 

    Quelle est l'intention, quel sens ?

    Ne serait-ce pas une attaque à la liberté d'expression ?

     

     Penser par soi-même se questionner, interroger, s'opposer, douter n'est pas un délit !

    C'est un droit et même un devoir! On ne doit pas penser par procuration ! 

    Ma conviction est que traiter les personnes de «complotiste» est devenu un «usage» pour éteindre toute pensée critique ! Sinon pourquoi ??

     

    En effet, il est très difficile, voire douloureux et plus pour certaines personnes, de se voir catégoriser, classer, étiqueter «complotiste» ! C'est souvent vécu comme du rejet, de l'exclusion ! Or, nous avons besoin d'appartenance (La pyramide de Maslow).

    Donc la réaction, bien souvent, est de se taire, pour éviter ça !!!

    J'ai l'impression que c'est devenu un réflexe Pavlovien que de coller cette étiquette !

    Et pourquoi éteindre toute pensée critique ? Mécanisme de défense !!

    La peur d'être déstabilisé, d'être remis en question, est une raison évidente ! Donc pas si confiant et tranquille que ça !!

    Errare humanum est !!

     

    Quand on veut tuer son chien, on l'accuse de la rage !

    En ce moment, donc, et de plus en plus il y a une technique simple pour décrédibiliser une personne qui pose des questions dérangeantes, il suffit de la traiter de «corona-sceptique», «d'antivax», de «populiste».... etc. et le top du top, de «complotiste» !

    Ce qui est sous-entendu, en gros, c’est «ne les prenez pas au sérieux, ce sont des gens un peu bizarres avec des croyances farfelues !». Des Paranos !!

    C’est sûr, il est plus facile de faire cela que d’accepter la discussion, la confrontation, la remise en question !!!

    Autre chose que je voudrais préciser !I! Il faut séparer «l'observation et l'évaluation» ! Je reconnais que c'est difficile, voire très difficile et cela demande un entrainement ! Quand on traite quelqu'un de complotiste ou autre, on l'évalue !

    Il se sent agressé, humilié, attaqué, ostracisé ! Le résultat est le blocage !

    Soit il va se renfermer, soit il va, à son tour, attaquer la personne et le conflit commence !! Il est donc préférable de pratiquer l'observation de faits, de comportements, ou d'expressions que d'infliger une évaluation !

    Sauf, si l'intention est de rabaisser l'autre, de le faire taire pour le contrôler !!

     Où est passée la liberté d’expression si chère à notre pays?

     

                                             Citation

    «Rien ne devrait recevoir un nom, de peur que ce nom ne le transforme.»

                      Virginia Woolf,écrivaine (1882-1941)

     

     Donc, pourquoi persister à mettre les gens dans des  cases?

    Un esprit de division, de séparation est entretenu !

    "Diviser pour mieux régner !"

    Il y aurait des gens intelligents, des gentils citoyens, des gens simples… et des «complotistes» !!

    Des mécanismes qui entrainent vers une spécialisation à outrance et qui empêchent d'avoir une vision d'ensemble et donc une compréhension de la société !

    Ce mot est une «arme», une flèche lancée contre quelqu'un qui dérange, bouscule, voire déstabilise !

     La Pluralité d'expressions = La Richesse de la pensée!!!!

     Confrontations, complémentarités, animent le débat et nous empêchent d'être des clônes !

     Pour conclure, le mot Complotiste a remplacé le mot «hérétique» du Moyen Âge pendant  l'Inquisition !

     Le poids des mots» qui peut être élévateur ou destructeur !!

     

                                                                       Pour lire lun compte-rendu du débat.

     


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  •     L’esprit s’oppose t’il au cœur ?

                                                            Benoit Delcourt  Débat du 27 Mars 2021

     

    Pour beaucoup de nos contemporains, ce qu’on appelle le « cœur » est le plus important. On dit par exemple de quelqu’un qu ‘ « il n’est pas bien malin, mais il a du cœur », ce qui est pris comme positif.  Même Saint-Exupery, dans le Petit Prince : « On ne voit bien qu’avec le cœur ».

    Et pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence : notre cœur obéit en permanence aux commandes de notre esprit. Et si notre cœur bat tout à coup plus rapidement, c’est qu’une forte émotion a troublé notre cerveau, qui a donné au cœur l’ ordre de battre fort, par un procédé que nous ne maîtrisons pas. Cela dit, nous ne savons pas encore parfaitement quelle est la zone du cerveau qui donne cet ordre, mais cela ne saurait tarder.

    Alors pourquoi cet appel au « cœur » ? Tout simplement parce que l’esprit, la réflexion, fait peur, a toujours fait peur. On nous a appris à l’école à réfléchir, ce qui est très bien. Mais on en a profité pour sélectionner les bons, ceux qui étaient capables de pensées, et  les mauvais, définitivement incapables. De véritables classes sociales se sont ainsi créées : les intelligents, et les autres. Ces derniers ont alors trouvé un moyen de s’en sortir en prétendant qu’ils ont autre chose que de l’intelligence, qui fonctionne aussi bien, et même plus vite.

    Dans le domaine de la foi religieuse, il est courant d’entendre dire qu’on ne croit pas avec son esprit , mais avec son cœur. Façon de se défiler devant des questions qui pourraient être embarrassantes !

    Examinons trois sortes d’émotions : la première a trait à l’amour, la seconde à la foi, la troisième à la peur.

     

    Voyons ce qui se passe quand un Roméo fréquente une Juliette, dans une situation que j’invente ici. Juliette a une voix qui rappelle à Roméo celle de sa mère, elle marche de façon légère (on dirait qu’elle vole plutôt), ses formes avantageuses promettent une vie généreuse, comme celle la grand-mère de Roméo. Ce dernier a un regard autoritaire, un peu macho, qui rappelle à Juliette son grand-père mort l’année d’avant,  et en même temps une conversation intéressante, qui promet qu’on ne s’ennuiera pas avec lui… etc….A cela, ajoutons le désir physique.

    Inutile d’aller plus loin. Ces remarques, plus ou moins conscientes, sont faites par le cerveau qui puise dans la mémoire, et aussi se projette dans l’avenir. Ce qu’on appellerait le « cœur » serait alors le côté inconscient de cette activité cérébrale ;  il n’y a pas forcément formulation de l’émotion ressentie.

     

    Prenons maintenant le cas de l’émotion religieuse,  ou politique, ou même sportive (football par exemple). Ne précisons pas ici la religion, ou le parti. Dans les deux cas, ont lieu des « cérémonies » ou « meetings » ; un « croyant » ou un « militant »  n’y va pas pour trouver des raisons supplémentaires d’adhérer, mais pour partager une émotion commune, de nature métaphysique (la métaphysique est ce qu’on apprenait chez Aristote une fois connue la  « physique », c’est à dire la science de la nature). C’est pourquoi on adopte une « liturgie » (ensemble des règles fixant le déroulement du rassemblement) invariable,  l’arrivée super entourée des ténors du parti (ou d’évêques), puis leurs discours avec petites phrases assassines  et les applaudissements frénétiques. Et aussi on chante, « alleluia » ou la Marseillaise (ou l’Internationale) ; il passe par le chant un enthousiasme qui  n’a nul besoin de la raison. Pendant la paire d’heures passée là, le militant n’a guère recours à sa raison ; c’est son « cœur » qui parle.

     

    Autre émotion : la peur. Quelqu’un par exemple vous menace d’un coup de poignard, ou bien, dans une armée, on prépare une offensive  Le cœur se met à battre la chamade. Votre cerveau vous met en position de trouver tous les moyens d’esquiver les mauvais coups. Là aussi, il semble qu’il y aie absence de raison.

     

    Et pourtant !

    Pourtant, cette soi-disant absence de raison n’est réelle en fait que pour un sujet sans aucune expérience, un « bleu » comme on dit dans l’armée. En fait chaque épisode de ce type lance une intense activité cérébrale.

     

    Première étape : reconnaître qu’on a été ému, soit par un être, soit par une idée, soit par un événement par exemple menaçant. C’est quelque chose qui était interdit aux garçons dans les éducations anciennes : ils étaient préparés dès la naissance à se sacrifier à la  guerre.

    Mais il ne suffit pas de se sentir touché ; il faut aussi essayer de savoir pourquoi, et d’analyser comment on a réagi. Car toute émotion se traduit par des attitudes, qu’il vaut mieux savoir maîtriser.

     

    Reprenons le cas de notre Roméo. Juliette l’a « envoyé au bain », lui a préféré quelqu’un d’autre. Roméo, très dépité, a tout intérêt a se demander  ce que Juliette, au delà du désir physique, lui apportait, à quels souvenirs elle le rattachait, quelles projections dans le futur et dans le passé elle lui permettait, et ce que lui même pensait pouvoir lui apporter (à propos d’amour, les anciens employaient le mot de « commerce »). Si par exemple il s’aperçoit que c’était la voix de Juliette qui lui rappelait sa mère, il est bien possible qu’il se soit senti en face de Juliette comme quinze ans auparavant avec sa maman, ce qui a pu déplaire à Juliette…Ou bien s’il était un peu trop admiratif des formes de Juliette, cela a pu agacer cette dernière, qui se sentait réduite à un bel animal. ( ?)

     

    Pour ce qui est d’une foi, cette dernière ne peut s’exprimer sans retenue que dans le cas où une réflexion profonde s’exerce en permanence à son propos. Sinon on s’expose à des virements de bord, qu’on observe d’ailleurs beaucoup en ce moment dans le domaine politique !

     

    Dans le cas du « bleu » plongé dans une action violente, il lui faut analyser ce qui le paralyse, est-ce un certain défaitisme qui lui fait considérer l’adversaire comme plus fort ; ou bien au contraire, n’a-t-il pas tendance à trop s’exposer, à fanfaronner, ce qui n’est pas sans risque ? S’il maîtrise mieux ses attitudes, ce sera plus tard un « courageux ».

     

    Analyser nos émotions, comprendre les attitudes qui en découlent,  nous prépare à affronter d’autres situations similaires dans le futur. Et si nous sommes bien préparés, inutile de réfléchir le moment venu, la réflexion s’est faite en amont, la réaction peut être rapide. Ce serait cela : « avoir du cœur ». Le mot « cœur » pourrait être pris alors dans le sens de « centre »  (on dit bien le « cœur de ville » pour le centre ville) : un Homme qui saurait où est son centre, qui il est, quelles attitudes il a dans des situations diverses, serait celui qui a du « cœur ».

     

    En conclusion, parler de « cœur » par opposition à l’esprit, comme c’est souvent le cas dans le langage courant, n’a pas vraiment de sens ; parlons de l’émotion, souvent inconsciente et non formulée, mais en général formulable après une activité cérébrale qui peut être intense ; soit dit en passant, cette réflexion sur ses émotions n’est pas réservée aux forts en maths, et au contraire, beaucoup de ces derniers n’ont que mépris pour cette activité. Analyser ses émotions et les attitudes qui en découlent, c’est se préparer à affronter des situations similaires dans le futur. Le « cœur » ne peut s’opposer à l’esprit, puisqu’il procède de l’esprit.

    Pour lire un compte-rendu personnel du débat.


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  • L'intelligence artificielle peut-elle dépasser l'intelligence humaine ?   

                                   Jean-Jacques VOLLMER
                                        4 février 2021
                 

     

    Qu'est-ce qui fait la spécificité de l'intelligence humaine? L'homme est-il capable de créer une intelligence qui le dépasse ? La conscience peut-elle émerger dans des robots créés par l'homme ? Quels impacts l'existence de robots intelligents peut-elle avoir sur les sociétés humaines ?
     

    Beaucoup de scientifiques affirment, comme si cela allait de soi, que jamais un robot, aussi évolué soit-il, ne pourra éprouver d'émotions, ni être conscient comme le sont les êtres humains. Les arguments soutenant ce point de vue me semblent assez faibles, et viennent simplement appuyer une croyance préétablie, celle qui postule que l'Homme est plus qu'un simple assemblage fonctionnel de molécules, et plus encore, que l'Homme ne peut créer quelque chose qui le dépasse.
    Un argument souvent avancé consiste à dire qu'une intelligence artificielle ne peut que simuler l'intelligence humaine, dans la mesure où c'est cette dernière qui a écrit le « programme », quel qu'il soit, qui est à la base du comportement et du raisonnement d'une IA. Un robot ne pourrait faire que ce que pour quoi il a été programmé. A partir de là, des axes de réflexion complémentaires peuvent s'ouvrir pour nuancer ce point de vue, ou alors le contredire.
    Le premier axe est de nature scientifique. Le développement des réseaux de neurones informatiques (appelés neurones, mais leur fonctionnement est largement différent de celui de nos neurones) montre déjà que le comportement de ces systèmes, dont la programmation se fait par apprentissage, à l'image des tout petits enfants et non par algorithmes déterministes, est largement imprévisible.  Mais cela n'est pas suffisant : une IA qui serait comparable à une IH (Intelligence humaine) devrait pouvoir faire la même chose, ce qui n'est pas encore le cas.
    Un deuxième est scientifique et technique. Il consiste à examiner ce que sont les émotions et les sensations. Une IA purement informatique serait limitée aux raisonnements, aux concepts, à l'intelligence pure. Pour pouvoir se comporter comme une personne, même en tant que simple simulation, il faut qu'elle soit en relation avec le milieu extérieur d'une manière identique à celle d'un humain, c'est à dire pouvoir réagir aux stimulus  d'au moins cinq sens et pouvoir éprouver des émotions. Ce qui nous amène à la notion de robot, qui serait alors une IA dotée de sensibilité et de motricité. Certains pensent que c'est possible, et de vastes programmes de recherche existent en ce domaine.
    Un troisième est plus philosophique. Il consiste à se poser la question de savoir s'il y a une différence entre le comportement d'un homme répondant à des stimulus variés et le comportement d'une IA aboutissant au même résultat. Ce ne serait qu'une « simulation », c'est à dire un « zombi » agissant comme un humain sans en être un. Mais comment les distinguer ? Certains disent qu'une IA, en présence de conditions identiques, répondra toujours de la même façon, alors que ce qui caractérise l'IH, c'est le fait de pouvoir agir de façon irrationnelle, intuitive, sous le coup de l'émotion, en se trompant. C'est tout de même un comble d'en arriver à caractériser l'IH par le flou, l'approximatif, le doute, l'irrationnel, et l'importance des émotions...Mais n'est-ce pas là la définition de la liberté, qui serait l'apanage de l'homme et dont les robots seraient privés ?
    Un quatrième point nous relie à la notion d'émergence. Nous avons déjà discuté dans le café-débat de ce qui distingue le vivant de l'inerte, sans arriver à vraiment éclaircir la question. Le vivant, comme la matière inerte, est composé d'atomes et de molécules, et pourtant il en est fondamentalement différent. Pourquoi ? Sans pouvoir y répondre, nous pouvons faire l'hypothèse que le vivant est une « émergence » de l'inerte dans certaines conditions. Par analogie, un robot électromécanique doté de cinq sens et d'un vaste réseau de neurones virtuels constituant une intelligence sensible, donc constitué de matière inerte, pourrait-il être assimilé à un être vivant, en l'occurrence à un homme ? Ou bien se réduirait-il quoi qu'on fasse à une simulation, un simulacre agissant comme un homme sans être doté de conscience ? La question reste ouverte, mais on est ici confronté à une difficulté : la notion d'émergence se définit par rapport à différents niveaux, le niveau supérieur étant doté de propriétés qui n'existent pas dans les éléments du niveau inférieur qui pourtant le constituent. Pourrait-on alors imaginer que le robot, doté au fur et à mesure du progrès de possibilités de plus en plus complexes, voie un jour émerger de cette matière inerte qui le constitue, une forme de conscience, de plus en plus évoluée quand la complexité de sa structure augmente ?
    Cette notion de conscience est une des choses les plus difficiles à cerner qui soient. On a vu qu'elle pouvait être en lien avec la complexité et avec la matière vivante. Il faudrait y revenir en détail, car j'ai beau tourner et retourner ce concept dans ma tête, je n'arrive pas à le définir et je n'ai trouvé nulle part de définition claire ni convaincante. On en est toujours à la tautologie : « La conscience, c'est d'abord la conscience de soi » ou encore : « La conscience, c'est avoir la connaissance de ses pensées ». On tourne en rond, et ce n'est pas parce que les chercheurs ont défini trois niveaux de conscience et trouvé paraît-il les zones du cerveau où se manifeste cette conscience qu'on est plus avancés. C'est pourquoi je me demande bien pourquoi un robot n'arriverait pas à être conscient, puisqu'on ne sait pas ce qu'est la conscience...

    Il était prévu de débattre aussi des impacts possibles de l'existence de robots intelligents sur les sociétés humaines. C'est une question de nature différente de ce qui précède, et je vous propose de l'évoquer plutôt dans une réunion ultérieure où nous examinerions en même temps ce que pourrait être le travail humain dans un futur aussi bien utopique que dystopique.

     ibliographie (très) sommaire, interne au blog :
    http://quentin-philo.eklablog.com/le-vivant-et-l-inerte-quelle-difference-a102316667
    http://discussions.eklablog.com/intelligence-artificielle-simulation-et-conscience-a205036260
    http://quentin-philo.eklablog.com/la-technologie-va-t-elle-changer-la-nature-de-l-homme-a118981596
    Autres documents accessibles :
    Sciences et avenir hors série n°199 : « L'intelligence artificielle en 50 questions »   2019
    Sciences et avenir  n° 886 décembre 2020 : « L'IA au service de l'intelligence humaine »
    https://www.sciencesetavenir.fr/high-tech/intelligence-artificielle/

    Pour lie le compte-rendu du débat.


    5 commentaires
  •  

    "Quel choix de société, payer pour des vies, ou payer avec des vies ?"

     

    I/ Introduction :

     

    La pandémie du corona virus et ses victimes nous interrogent sur la valeur que chaque société accorde à la vie humaine. Que vaut celle d’un jeune face à une personne âgée ? Peut-on sacrifier un secteur économique ? Analyse liée depuis toujours à la décision politique ?

     

    Le prix d’une vie est largement abordé par la justice pour indemniser les familles des victimes d’accident ou d’attentat, nous n’aborderons pas le prix de la vie dans ce cadre vu par la justice, ni le dédommagement des compagnies aériennes en cas de crash.

     

    II/ Les choix décidés par le Président :

     

    Emmanuel Macron Président de la République l’a rappelé « La vie humaine demeure le principe intangible ».

     

    L’Etat aurait-il changé de stratégie ? Serait-il passé de la survie à tout prix à un équilibre difficile entre la préservation des vies et de la vie sociale, tout en montrant des hésitations dans son action ? « L’Etat paiera quoi qu’il en coûte », cette phrase prononcée par le Président Macron, à la veille du premier confinement, est un slogan. Il existe des contraintes en termes matériels qui pèsent sur un Etat, dès lors l’hypothèse d’un prix infini n’est pas tenable.

     

    L’Etat a modifié son équilibre politique, il soupèse différemment le poids des vies par rapport à celui des intérêts, d’un coté on paie pour des vies, de l’autre on paie avec des vies. Le Président Macron indique que le gouvernement a fait « le choix humaniste de placer la santé au dessus de l’économie ».

     

    L’année 2020 et la crise sanitaire signent-elles le début d’une nouvelle ère : celle où les Etats donnent plus de prix à l’existence ?

     

    III/ Le prix d’une vie vu par des économistes, ainsi que par un professeur de philosophie et d’éthique, interrogations :

     

    Sur le papier, quoi de plus précieux qu’une vie ? Elle n’aurait à priori rien à voir avec le domaine de la monnaie sonnante et trébuchante. Pourtant, depuis la pandémie du coronavirus, le gouvernement ne cesse de faire les comptes entre les pertes économiques et le nombre des victimes. Patrick Artus, économiste a même calculé qu’une vie humaine sauvée pendant le confinement avait coûté 6 millions d’euros à la collectivité. Comme le souligne Ariel Colonomos membre du CNRS, professeur de philosophie et d’éthique à sciences PO, « le calcul du prix d’une destinée est au cœur des décisions politiques », « le prix de la vie nous dit qui nous sommes ».

     

    Les vies sont une variable essentielle de la décision politique. Une vision venant des Grecs, met l’accent sur la nécessité pour le politique de trouver la juste mesure. La juste mesure de quoi, si ce n’est celle de la vie des êtres humains dont le politique est responsable ? Mais le politique ne s’en tient pas là : il est un système qui repose sur les intérêts qu’il poursuit, un Etat a besoin de ressources, il doit lui-même survivre en tant qu’organisation. En raison de ces deux impératifs, être, d’une part, responsable des vies humaines, et, de l’autre, poursuivre des intérêts, les vies sont mises en balance avec d’autres biens matériels.

     

    Avec la crise, le prix de la vie revêt-il la même valeur pour les jeunes et les personnes âgées ? Toutes les vies se valent-elles ?

     

    C’est une question de justice importante. Elle a une dimension morale bien sûr. Elle a aussi une forte dimension politique, car la définition du juste a des incidences sur notre équilibre politique et sur le sens du ‘vivre-ensemble’. Les divers confinements ont montré que nos sociétés hormis le Brésil, ont fait payer un lourd tribut à l’ensemble de leurs citoyens en vue de préserver des vies, notamment parmi les personnes âgées. D’une certaine manière, les actifs et les générations à venir ont accepté ces sacrifices pour sauver des personnes âgées.

     

    Mais faut-il différencier les efforts que l’on fait pour sauver des vies ? Par exemple, les années à préserver des enfants sont-elles plus importantes que celles de personnes qui sont au soir de leur vie, puisque sans les générations à venir nous n’avons pas de futur.

     

    IV/ Mais alors une autre question se pose :

     

    La solidarité avec les handicapés : investissement ou charge pour la société ?

     

    Victimes d’un accident ou nés avec un handicap, certains se voient renvoyer l’image de personnes considérées comme une charge, au motif qu’elles ne seraient pas ou plus productives économiquement.

     

    V/ Politique et société :

     

    En définitive, surtout dans un contexte démocratique, le politique est cet équilibre capable, avec plus ou moins de dextérité, de saisir l’orientation de nos préférences et de nos sensibilités, selon que nous acceptons plus ou moins de souffrance ou de violence ou que nous sommes prêts à de fortes concessions pour les minimiser.

     

    VI/ Le consentement impossible équation :

     

    Le consentement au cœur d’une impossible équation.

     

    Avec la crise sanitaire de la Covid-19, des pans de l’économie sont sacrifiés pour sauver des vies. Au centre de l’impossible équilibre entre coûts humain, économique et démocratique, l’assentiment des citoyens est surveillé de près par le pouvoir.

     

    « Pour nous rien n’est plus important que la vie humaine ». Lors de son allocution du 28 octobre 2020, annonçant le re-confinement, Emmanuel Macron a rappelé ce « principe intangible » qui justifie des coûts économiques et démocratiques sans précédent. Une équation impossible qui ne tient qu’à la condition d’être consentie par les citoyens.

     

    Le mythe du gaulois réfractaire : or l’enjeu est immense tant le consentement des citoyens est « constitutif de la démocratie elle-même », explique le philosophe Michel Terestchenko, auteur des scrupules de Machiavel.

     

    Depuis Thomas Hobbes, on considère, en effet, que le pouvoir légitime est celui qui résulte du consentement des citoyens.

     

    Olivier Borraz, sociologue et co-auteur de la covid-19 une crise organisationnelle, « en sociologie des risques, la notion d’acceptabilité est centrale. », « Comment expliquer un si fort consentement alors que la défiance vis-à-vis des politiques est extrêmement haute ? ». Cette contradiction « montre la maturité de la population française dont les comportements ne sont pas automatiquement dictés par leur opinion ».

     

    Ce consentement est obtenu en démocratie « par une information éclairée ».

     

    Or un consentement, « doit être fondé sur une relation de confiance et de respect réciproque, entre adultes. »

     

    VII/ Risques : « Le pseudo consentement actuel pourrait aboutir à la révolte de demain. Car si la démocratie, via les partis traditionnels, les syndicats et les instances de médiation, n’est plus capable de canaliser la contestation, celle-ci prendra une forme violente ou nourrira les extrêmes et les discours complotistes ».

     

    VIII/ Ce à quoi il faudrait réfléchir, défi proposé par certains, est-ce envisageable ?

     

    François Xavier Albouy directeur de recherche en transitions économiques et démographiques, nous invite à réfléchir aux conditions d’une assurance santé mondiale basée sur un prix minimum, universel de la vie humaine, c’est le grand défi du XXIe siècle.

     

    Personnellement, on commence par gérer la vie humaine avec des comptes d’apothicaires, en faisant la distinction hommes-femmes, jeunes ou âgés, valides ou invalides, que choisirait-on entre une personne âgée avec potentiel de savant prix Nobel et jeune non expérimenté, catégorie socioprofessionnelle en fonction de l’intérêt pour le pays, etc. Cela ressemble au dilemme du tramway, c’est une expérience de pensée qui se conçoit ainsi sous une forme générale : une personne peut effectuer un geste qui bénéficiera à un groupe de personnes A, mais, ce faisant, nuira à une personne B ; dans ces circonstances, est-il moral pour la personne d'effectuer ce geste ? 

     

    Pour mémoire : Vous ne pouvez faire figurer dans les offres d’emploi des références liées à l’origine, au sexe, à l’orientation ou à l’identité sexuelle, à l’âge, à la situation de famille ou à la grossesse, aux caractéristiques génétiques, à l’appartenance ou la non-appartenance, vraie ou supposée à une ethnie, une nation ou une race, aux opinions politiques, aux activités syndicales ou mutualistes, aux convictions religieuses, à l’apparence physique, au patronyme, à l’état de santé ou au handicap. Ces principes sont inscrits dans le Code du travail (article L. 1132-1), mais aussi dans le Code pénal (articles 225-1 et 225-2).

     

    IX/ Deux questions : Alors pourquoi autoriser la discrimination sur le prix d’une vie ?  Existe-il un juste milieu au quoiqu’il en coûte, au dilemme éthique posé par la situation actuelle ?

     

                                                                                                              Daniel Soulat 19/12/2020

    Pour lire le compte-rendu du débat.

     


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