• Programme

     

    Prochains débats et conférences.

     


     

    Samedi 17 Juin 2017

    La charité apporte du soulagement, mais est-ce la solution?

    débat introduit par André Hans et  Bruno Sauvage.

    Pour lire le texte, cliquer ici.

    Résumé:  

    Dans la relation à autrui, comment deux approches de la notion de charité, celle d’un chrétien, fondée sur un commandement évangélique d’aimer son prochain quel qu’il soit, à l’exemple du Christ et celle d’un athée pour qui l’empathie, la coopération, et l’assistance mutuelle, traits comportementaux normaux de tout être humain, et raison du succès de l’espèce, pourraient-elles converger ?

     

    __________________________________________________

      L'entrée à nos débats est libre; ils  ont lieu le Samedi entre 16h30 et 18h30, au café "Le Marina ", 26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX.. Il n'y a nul besoin, pour y participer, de faire partie de l'association "le café débat de Saint-Quentin en Yvelines"  (cotisation annuelle de 5 euros). Il est seulement demandé de payer sa consommation en sortant. 

     


    Conditions de participation.

     Toute personne peut proposer un sujet. Les sujets sont soumis au vote des adhérents de l'association, de telle manière que seuls les sujets qui ont des chances de réunir un nombre suffisant de participants sont choisis. Si le sujet est retenu, ce qui est le cas le plus fréquent, il  faut alors préparer pour la date choisie une introduction (deux pages format A4 maximum), qui sera lue en début de séance. Pour adhérer à l'association, il suffit de régler une cotisation annuelle modique (5 euros). Pour plus d'informations, voir la rubrique "Fonctionnement" en haut à gauche de cette page.

     Lieu des débats:

    Le MARINA   26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX  

     


     

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                       Pouvoir de la connaissance ?

     

    Les mythes fondateurs sont des récits métaphoriques des origines et d’évènements de portée édifiante. Expression de la culture des peuples ils disent leurs croyances, leurs doutes et leurs craintes. Au-delà de leur qualité stylistique et poétique, c’est leur signification et leur portée symbolique qu’il importe de retrouver, car certains de ces mythes qui viennent de loin, très loin, nous concernent toujours  

     

    Le mythe le plus emblématique à notre sens, probablement de porté universelle, n’est-ce celui  « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » de la genèse biblique ? Ce mythe fait référence à évènement majeur d’une portée considérable qui a changé radicalement le rapport des hommes à la nature. Sa thématique est reprise dans d’autres mythologies, les mythes grecs de Pandore et Prométhée par exemple. Ce Mythe évoque d’abord un éden paradisiaque où une humanité insouciante n’a qu’à tendre la main pour cueillir les fruits d’une nature généreuse. Ainsi dans la bible « Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèces, agréables à voir et bons à manger ». Puis dans un second temps, après qu’Adam et Eve eurent cédé à la tentation, la même humanité fut réduite au laborieux travail de la terre « C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre, d'où tu as été pris.  […]. Ainsi, Dieu les chassa du jardin d'Éden pour qu'ils cultivent la terre d'où ils avaient été tirés ».  Même thématique dans un récit mythique Sumérien antérieur de 2000 ans à la bible, où on retrouve : « Aucune plante des champs défrichés n’était encore sur Terre [...] Et le seigneur Dieu prit « l’Homme » et le plaça dans le jardin de l’Éden pour qu’il le cultive et le soigne. » Dans l’un et l’autre texte, les hommes découvrent l’agriculture.

     

    Ce mythe ne serait-il pas d’abord l’expression de la prise de conscience de la singularité humaine au regard des autres espèces, mais aussi celui du regret des temps bienheureux de l’innocence ?  Car c’est bien d’une révolution dont il s’agit, même si ces mythes expriment le regret d’un passé mythifié. D’une révolution qui a marqué la prise de possession de la nature par les hommes, même si elle a pris des siècles en Mésopotamie puis des millénaires pour gagner la planète entière. De la stricte dépendance des hommes par rapport aux ressources aléatoires offertes par leur environnement, les hommes sont devenus producteurs de leurs propres ressources ; c'est-à-dire, qu’ils sont passés du mode de vie de chasseurs-cueilleurs à celui d’agriculteurs. C’est une rupture radicale, sans précédent dans leur mode d’existence. Cette révolution est « La révolution néolithique » qui a d’abord a débuté à Sumer (9000 av. J.-C.) puis indépendamment dans d’autres foyers, Chine, Amériques… pour gagner l’ensemble de la planète, à quelques exceptions près. Sa première conséquence a été un accroissement significatif de la démographie, s’appuyant sur une augmentation et une sécurisation des ressources. Cette révolution a conduit à un soudain emballement de l’histoire avec l’apparition des premières civilisations. D’abord les premiers villages, les premières citées, les premières sociétés, les premiers empires. Agriculture et élevage sont le socle de toutes les civilisations et la condition de leur émergence. Mais, l’agriculture et l’élevage requièrent des connaissances particulières. Pour semer à bon escient il faut connaître les cycles de la nature et établir des calendriers s’appuyant sur des notions d’astronomie, connaître les modes de reproductions, tant des animaux que des végétaux, savoir protéger les récoltes de la vermine et des rongeurs. C’est un processus d’acquisition long et complexe des lois de la nature, de maîtrise progressive des modes de production, de conservation et de stockage. C’est bien à partir de cette mutation majeure dans les modes de subsistance que sont apparues les premières civilisations. L’écrivain et éditeur vaudois Claude Frochaux dans « l’homme seul » soutient cette thèse. Mais quel rapport entre cet événement et « l’arbre de la connaissance du bien et du mal » ?  Ce mythe questionne sur l’ambivalence de la connaissance en bien et en mal. La connaissance permet les deux, selon l’usage que l’on en fait. Cruelle question d’actualité.

     

     

     

    - « La Connaissance du bien » est ce que les civilisations ont de meilleur à offrir : l’organisation, la collaboration et la puissance du travail en commun, la spécialisation des compétences, la solidarité. Mais surtout, l’émergence des civilisations a permis un gigantesque saut des connaissances : un saut inouï des sciences et des techniques, l’écriture, le calcul, la géométrie, l’astronomie, les arts. C’est aussi l’entrée de l’Humanité dans l’ère historique avec l’invention de l’écriture cunéiforme. En un mot, c’est ce que l’on entend par le terme de « progrès ». Progrès auquel contribuent toutes les grandes civilisations, prenant le relais l’une après l’autre, jusqu’aux lumières et les révolutions scientifiques et industrielles : la vapeur, l’électricité, l’atome, l’informatique et la société de la communication et la connaissance.  

     

    - « La connaissance du mal » est ce que les civilisations ont de plus détestable à offrir : la guerre, les conquêtes, les subordinations, l’esclavage, le despotisme, les inégalités. L’archéologie fournit des indices sur la dureté des dominations. L’accompagnement des serviteurs du monarque dans sa tombe démontre le peu de valeur de la vie d’autrui. Marx et Engel font de cet événement l’origine de la propriété privée, de l’esclavage et de la lutte des classes sociales dans « L’origine de la famille de la propriété privée et de l’état »

     

    Mais ne succombons pas à un Rousseauisme naïf, et le mythe du bon sauvage. Avant la civilisation des liens de subordination existaient très certainement, même s’ils ont laissé peu de traces.  

     

    La connaissance, source de puissance :

     

    La connaissance des lois qui régissent les systèmes naturels - biologiques, physiques -  de la nature par les hommes, leur permet de les manipuler à leur bénéfice. En premier lieu la maitrise du feu a conféré un avantage considérable aux pré-humains sur les autres espèces. La connaissance des lois de la physique atomique permet de libérer des forces inouïes de réaction en chaîne, forces utilisées aussi bien pour produire de l’électricité qu’à des fins de destruction militaires. Avec l’accroissement des connaissances scientifiques et les progrès techniques en ce début de XXI siècle, l’action des hommes sur la nature est devenue exponentielle, quasiment sans limite. Nous serions entrés dans une nouvelle ère : l’Anthropocène. L’Anthropocène est un terme de chronologie géologique proposé pour caractériser l'époque de l'Histoire de la Terre qui a débuté lorsque les activités humaines ont eu un impact global significatif sur l'écosystème terrestre. L’humanité sera-t-elle assez sage pour disposer pacifiquement d’un tel pouvoir sur les êtres et les choses ?

     

    Les dieux grecs en doutaient quand Prométhée, un titan connu pour avoir créé les hommes et volé le savoir divin « le Feu sacré de l'Olympe », pour l’offrir aux humains. Il sera cruellement condamné par Zeus à être attaché à un rocher pour se faire dévorer le foie par un aigle

     

    La connaissance, jalousement gardée.

     

    Les savoir-faire étaient parcimonieusement transmis au sein des corporations entre gens de métiers, notamment les architectes et tailleurs de pierres. Plus que jamais, aujourd’hui, la connaissance industrielle et économique revêt une importance stratégique. Elle est protégée par des brevets pour assurer un retour sur investissement de la recherche. La compétition scientifique entre les nations développées est vive et les sanctions sans appel : les décrocheurs encourent le déclassement, la régression économique et sociale.

     

    Avec l’irruption de nouveaux acteurs, l’éducation, l’enseignement, la recherche et l’innovation sont désormais devenus stratégiques. Depuis la révolution néolithique l’Humanité s’est engagée dans une course effrénée. Mais vers quel destin ?    

     

     

     

    Science sans conscience n’est que ruine de l’âme (Rabelais)

     

                                                            André Hans      10 Juin 2017

     

     

     

     


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  • MACHISME, FEMINISME, LAQUELLE DE CES DEUX IDEOLOGIES AURAIT ENGENDRE L’AUTRE ?

    Deux mondes ont coexisté dans l’Histoire de l’Humanité : celui des hommes, absorbant toutes les lumières du pouvoir, de la gloire et de la reconnaissance, et celui des femmes, délaissé dans la nuit de l’indifférence et du mépris. Certains hommes prennent aujourd’hui conscience de l’absurdité de ce déséquilibre, et il faudra bien que l’on puisse compter sur la bonne volonté de tous (hommes et femmes) si nous voulons qu’émerge une société plus intelligente et plus juste. C’est Cicéron qui reconnaît… du bout de la plume, que la femme est plus apte que l’homme à organiser un monde moins violent (1).

    Selon la définition du Robert 2012 : « le machisme est une idéologie suivant laquelle l’homme domine socialement la femme et a droit à des privilèges de maître. » « Le féminisme est l’attitude de ceux qui souhaitent que les droits des femmes soient les mêmes que ceux des hommes. » On le voit cette définition-même traduit bien les faits :  l’égalité des droits n’est encore aujourd’hui qu’un souhait !

    L’organisation de nos sociétés a-t-elle toujours été fondée sur le principe de la phallocratie ?

    Sans une analyse de l’Histoire et des mouvements qui ont scandé celle de l’Humanité nous ne pouvons comprendre l’origine de l’injustice faite aux femmes et, de ce fait, infléchir le futur vers une société plus équilibrée afin qu’il ne soit plus question de deux mondes mais d’un seul où chaque individu occuperait la place qui lui revient.

    Le paléolithique (3 à 400 000 avant notre ère). Ces temps les plus anciens de l’Humanité ne pouvaient être que matriarcaux : en effet, et cela est admis aujourd’hui dans la discipline archéologique, les préhistoriques ignoraient le rôle du père dans la procréation ; la parenté exclusivement reconnue était celle de la mère. La femme occupait alors une place importante et avait un rôle prépondérant dans l’organisation des sociétés. On peut affirmer que la répartition des pouvoirs entre hommes et femmes était plus équilibrée dans ces sociétés primitives que de nos jours.

    Le néolithique (10 000 ans avant notre ère). L’Homme passe du statut de prédateur à celui de producteur ; il se sédentarise, s’organise en cités. On ne chasse plus les animaux, on les parque dans des enclos où les mâles sont séparés des femelles et là… stupéfaction : plus une seule naissance ! On ne tarde pas à comprendre le rôle du mâle dans la procréation et c’est tout farauds que les hommes en déduisent que, sans eux, les femmes ne sont RIEN ! A partir de là, la condition de ces dernières change du tout au tout :  les thuriféraires qui encensaient leur mystérieuse fécondité les font dégringoler de leur piédestal, elles sont dépouillées de tous leurs droits, deviennent domestiques, esclaves ou monnaie d’échange. Le rapport de l’homme à la femme n’est plus mystique mais économique ; tel une maladie chronique qui dure sans que l’on entrevoie un début de guérison, le machisme s’est installé pour de longs siècles et la femme sombre dans le continent noir de l’humanité : désormais, le monde sera dominé par les hommes et l’Histoire ne sera plus éclairée que par les hommes.

    LA MALEDICTION DE LA FEMME

    Si, quelle que soit la religion, la mère reste vénérée, la « femme », elle, devient la pécheresse à la sexualité redoutable. Troublés par la véhémence de leur désir, les hommes pointent sur les femmes un doigt accusateur : ce sont elles, créatures maléfiques, qui sont responsables de ces pulsions qui les malmènent et qu’elles provoquent par leur pouvoir de séduction (2).

    Comble de malheur ! « La femme est un homme inversé, une erreur de la nature » : c’est Claude Galien (129-216) qui diffuse cette idée farfelue. La femme sera donc perçue comme une créature monstrueuse. Le jeune et fougueux Saint Augustin, s’étant une nuit laissé emporter plus que de coutume à des ébats amoureux, qu’au matin il juge avilissants, fouette avec rage sa jeune femme (que pourtant il adore), puis il s’auto-flagelle violemment (il est vrai que Sainte Monique, sa dévote mère, était une personne très perturbée et probablement très perturbante !) (3). La femme est impure (4). Alors on l’écarte du monde des hommes, on la cloître, on lui couvre la tête d’un voile. Il est bien acquis dans les esprits que si la femme enfante dans la douleur c’est qu’il lui faut expier sa faute. Qu’une vache meure, une grange brûle d’une façon inexplicable et c’est une fille-mère, une veuve isolée, que l’on accuse d’avoir pactisé avec le diable ; elle risque alors de brûler sur un bûcher devant un public vociférant et vengeur. Une enfant violée doit garder le silence, si elle se plaint aux autorités on l’enferme dans un couvent pour le restant de ses jours (5). Les veuves sont rejetées, méprisées. La femme n’a aucune place dans le monde de la politique, des arts, la femme qui lit, dit-on, est dangereuse et si elle écrit, ses œuvres ne sont publiées que sous un nom d’emprunt... masculin bien sûr ! Aux femmes reviennent les tâches les moins nobles. Notons cette belle avancée en leur faveur, sans doute plus importante que l’invention de la machine à laver le linge ou la péridurale : il s’agit du moulin à vent, inventé par les Perses et découvert en Palestine lors des croisades. En France, à partir du XIVème siècle, la construction des moulins à travers toutes les campagnes va considérablement améliorer leur quotidien en leur épargnant la rude corvée qui leur revenait, tout naturellement, celle de la mouture du grain à l’aide d’une machine faite de deux énormes meules de granit, très difficile à manœuvrer (6). Certaines, d’épuisement, se jetaient en hurlant leur désespoir au fond d’un puits (on les appelait les folles du village et on y voyait la main du diable).  En Afrique ce sont les femmes qui pilent le manioc ou le mil, au soleil, avec un bébé attaché par un pagne dans le dos. Qu’un garçon s’y essaie et il devient la risée du village.

    … ET PENDANT CE TEMPS-LA, LES HOMMES :

    Formatés dès leur naissance par la certitude de leur supériorité en tant que mâles, leur premier devoir est… de ne pas être une femme ! Nous ne parlerons pas de ceux qui, à trop s’exercer à la « mâletitude » sombrent dans la misogynie et n’ont plus que répulsion pour la femme. La « mâletitude », pour reprendre l’expression, n’est point chose naturelle et l’exhortation : « Sois un homme mon fils » implique que cela ne va pas de soi ; elle oblige le petit garçon, l’adolescent, l’adulte, à sans cesse lutter contre sa part de féminité (7) ; il doit paraître grand et fort (dur !), cacher ses émotions, endosser des responsabilités, partir à la guerre, se conduire en héros…

    La guerre ! Ne nous trompons pas, c’est pour les y préparer que les puissants ont de tout temps manipulé les garçons, flattant leur virilité, afin qu’ils soient prêts à servir aux combats ; sept décennies de paix sur notre sol nous le feraient presque oublier. Pourtant à peu près toutes les générations ont connu une guerre et ils devaient partir, jeunes ou moins jeunes hommes, refoulant leurs peurs et leurs angoisses, acceptant de laisser leur vie sur les champs de bataille. Ceux qui revenaient, s’ils n’avaient pas la gueule cassée, avaient le cœur et l’esprit brisés d’avoir vu leurs compagnons périr. Cela se passait dans la boue des tranchées où des soldats que l’on avait enivrés mouraient en appelant leur mère. Cela se passait sur les dunes du Nord en 40, lorsque les obus allemands faisaient jaillir des geysers de sable qui, en retombant, ensevelissaient les hommes vivants (ils étaient deux milles, qui ne revinrent jamais de leur weekend à Zuydcoote). Cela se passait durant toutes les guerres qui laissaient de lourdes séquelles sur des générations, il ne restait plus que  les tambours pour battre tristement le souvenir des disparus.

    Pourquoi, lors des commémorations, ne voit-on que des hommes au pied des monuments dédiés aux soldats morts pour la patrie ?  Il est vrai qu’on dit toujours que la guerre est une histoire d’hommes… Mais les hommes ne sont-ils pas eux aussi sous influence et les plus faibles également victimes des puissants ? Les femmes n’ont-elles pas admis la soi-disant supériorité des hommes et n’auraient-elles pas été, par l’éducation qu’elles ont donnée à leurs garçons, un des vecteurs du machisme ?

    Attention ! il ne s’agirait pas que les femmes soient une fois de plus rendues coupables de leur condition. Seulement LE PASSE NE PASSE PAS, il charrie ses tabous, ses règles, ses préjugés, ses faux-principes dans lesquels s’embourbent les comportements moraux de chacun. LE PASSE EST L’ADN DE NOTRE PRESENT. Malgré le très courageux combat des féministes il semble que pour certains il soit toujours aussi difficile d’admettre que chaque individu a le droit d’avoir des droits, d’être reconnu comme un être significatif, que sa voix puisse porter… S’il y a eu des avancées, ce ne fut que très récemment et certainement pas pour toutes les femmes, d’ici et d’ailleurs, et ces progrès ne représentent qu’un point-virgule dans le récit qui raconte 400 000 ans de notre histoire. Le monde en effet ne ressemble pas encore à un grand bal où l’on avancerait les uns vers les autres pour évoluer en harmonie. Alors les femmes retiennent leur souffle, attendant que les hommes réinventent leur virilité pour qu’ensemble on puisse écrire la suite de l’Histoire d’un monde plus juste… ou juste un peu moins bancal !

     

    Charlotte Morizur le 6 mai 2017

     

     

     

    1         Victor Hugo disait : « Sans les femmes nous, les hommes, serions gros, sales et nous passerions notre temps à nous battre. »

    2         Emile Cioran dans « SYLLOGISMES DE L’AMERTUME » prétend qu’un moine et un boucher se bagarrent à l’intérieur de chaque désir. Cela me paraît obscur mais sans doute sait-il de quoi il parle !

    3          « LES CONFESSIONS » de Saint Augustin ne sont pas un traité d’érotisme aussi n’en apprendrons-nous pas davantage.

    4         Voir les origines de la Chandeleur.

    5         « LE VIOL » par Georges Vigarello.

    6          Régine Pernoud, historienne médiéviste, dans son ouvrage « EN FINIR AVEC LE MOYEN-AGE. »

    7         Elisabeth Badinter : « XY » ou « DE L’IDENTITE MASCULINE », publié en 1992.  

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Peut-on travailler moins et vivre mieux?

    Un petit peu d'historique pour commencer (sans remonter à l'époque ou envisager de limiter le temps de travail des enfants était considéré comme une hérésie économique…). "Travailler moins et gagner plus" était un concept et une réalité des "Trente Glorieuses" (1946/1975). Le pouvoir d'achat augmentait, alors que le temps de travail diminuait. A partir de 1983, la France s'est "Reaganisée" et "Thatcherisée". En parallèle à la construction de ce qui allait devenir l'UE, de grands pans de l'industrie française ont été détruits, jetant dans le chômage et la misère de nombreux salariés. Cela s'est appelé la "modernisation" ! Il y eu les "nouveaux pauvres". En parallèle, il y a eu une hausse du temps de travail des cadres, sans gagner plus.

     Entre 1997 et 2002, le gouvernement Jospin a concrétisé le "Travailler moins et gagner autant pour travailler tous". Les 35 heures ont permis de sauver ou de créer 350 000 emplois (chiffre communément admis). P. Larrouturoux (économiste) était même en faveur de la semaine de 4 jours afin d'éradiquer complètement le chômage. Nous sommes passés ensuite (Chirac 2002/2007) par "Il faut revaloriser la valeur travail" ce qui voulait dire, pour certains politiques : "Il faut que les français travaillent plus". Les 35 heures étant, selon eux l'horreur absolue qui expliquerait tous les maux dont la France souffre. On a même eu droit (Raffarin) à l'invention d'un nouveau concept appelé "journée de solidarité" qui consiste à faire travailler les salariés gratuitement !

     "Travailler plus pour gagner plus" c'était un concept des années 2007 à 2012 (Sarkozy). Concrètement, c'était : les 35 heures sont une base de référence de déclenchement des heures supplémentaires mieux payées (ce qu'elles étaient d'ailleurs dès l'origine, car il n'y a jamais eu de "plafond des 35 heures" contrairement à certaines affirmations fausses) ; la nouveauté a été de faire des heures supplémentaires défiscalisées. Problème : les économistes indiquent que cela crée du chômage.

     Actuellement, de plus en plus, cela se transforme en "Travailler plus et gagner moins" pour être compétitif et garder son travail. Certains veulent continuer dans ce sens. A l'opposé, d'autres proposent la retraite à 60 ans avec 40 annuités, voire aller vers les 32 heures et même créer un revenu universel (être payés sans contrepartie).

     Alors peut-on travailler moins et vivre mieux ? En fait, pour répondre à cette question, il y a plusieurs angles de vue :

    - Le côté philosophique : Qu'est-ce que vivre mieux ? Est-ce travailler moins ? Est-ce consommer d'avantage ? Est-ce consommer mieux ? Est-ce consommer ou autre chose ? La vie n'est-elle basée que sur la consommation ? Quid des plaisirs gratuits ? Travailler n'est-ce qu'un travail obligatoire et rémunéré ? Quid des dons et du temps donné à une bonne cause ? Et le bricolage chez soi ou faire la cuisine ou aider aux devoirs, n'est-ce pas utile à soi, ses proches, à la société ?

    - Le côté économique : Le travailler moins et gagner plus ou autant a déjà été réalisé ("Trente Glorieuses" et 35 heures). Cela fonctionne économiquement sous certaines conditions. Nombreux sont ceux qui pensent que cela fait baisser le chômage. D'autres diront que cela crée du chômage, car on est moins compétitifs. En fait cela dépend de plusieurs facteurs.

     La mondialisation actuelle, en mettant les salariés du monde entier en concurrence les uns avec les autres exerce une pression sur les salariés, ce qui donne raison aux tenant du "Travailler plus et gagner moins pour être compétitifs et conserver nos emploi". Mais cette logique a une fin : travailler plus et gagner moins jusqu'où ? 70 heures par semaine ? Encore plus ? Gagner 300 euros ? 100 euros ? Juste un bol de riz ? Et puis, les pays comme la France, qui ont des hivers rigoureux, obligent à avoir des vêtements chauds, du chauffage, ce dont sont dispensés certains pays. Au bout du bout, dur de gagner la compétition !

     

    La compétitivité peut se gagner avec la connaissance, la recherche et l'innovation. Mais il est particulièrement idiot de penser que les autres sont moins intelligents que nous. Bon à savoir : des Airbus sont fabriqués en Chine. La chine et l'Inde ont de grands programmes spatiaux…

     Et puis que fait-on des gains de productivité ? Exemples d'utilisation : Ford avec son modèle T (baisse des prix et hausse des salaires) et, plus tard, les "Trente Glorieuses" (baisse du temps de travail, hausse du pouvoir d'achat) ou, comme actuellement destruction d'emplois. Le travail n'arrête pas de changer. Certains pensent même qu'il disparait. Sans aller sur ces extrêmes, force est de constater que de grands bouleversements sont en cours et ne sont pas près de s'arrêter : les chocs pétroliers, la concurrence mondiale, les nouvelles formes de travail (plateformes genre Uber, autoentrepreneurs…) et de modes de production (robotisation, informatisation etc.). Nous voyons apparaitre, en France notamment, un chômage de masse depuis 1974 et surtout depuis 1983. Cela crée des déficits, de la misère, de la pauvreté.

     Plusieurs solutions pour en sortir :

    - Soit on reste dans la mondialisation sauvage actuelle (et l'UE actuelle) et il faut être compétitifs : formation, créativité, recherche/développement, mais aussi baisse des salaires, hausse du temps de travail, partir plus tard à la retraite.

    - Soit on va vers une mondialisation régulée et une Europe faite pour le bien des peuples et pas pour la finance et les grands possédants. Cela permet de travailler moins et gagner plus, d'avancer le départ à la retraite, et même de commencer à envisager un revenu universel. Cela permet aussi une croissance régulée et tournée vers le développement durable. Il faut, bien sûr, maintenir et, plutôt, développer la formation, la créativité, la recherche/développement. Tout cela permet de vivre mieux. A noter que, pour des raisons budgétaires évidentes (compétition mondiale, effet d'appel d'air etc.), un revenu universel n'est pas compatible avec une mondialisation non régulée.

     La politique du continuer comme avant (1983/2017), est dangereuse car il y a risque d'explosion de la dette entrainant la ruine du pays, maintien voire aggravation du chômage et de la misère à haut niveau, risque de monter les français les uns contre les autres etc. De plus, nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle crise financière mondiale et surtout il y a un risque de guerre mondiale !...

     L'économie de la connaissance a l'avantage de ne pas détruire la planète et peut même la sauver. L'économie numérique permet le développement économique avec une moindre pollution. Les plateformes Internet permettent de développer de nouveaux métiers et de rendre de nouveaux services. Hélas, trop souvent, il s'agit de travail mal payé et mal protégé ("Uberisation" de la société).

     Vivre mieux : Cette définition varie en fonction de chacun. De nombreux facteurs sont à prendre en compte. L'exhaustivité n'est pas possible dans ce débat, mais nous pouvons cependant citer quelques points. La sécurité tout d'abord (attentats, meurtres, viols, violences, vols, remise en cause de nos valeurs, de notre mode de vie, insécurité économique, sociale etc.) Et ne parlons pas de la guerre… La hausse du pouvoir d'achat peut être une bonne chose, cependant tout baser sur la consommation est trop limité. La paix, la sécurité, la fraternité, la santé, le bonheur conduisent à vivre mieux. Nous avons de grands risques, mais aussi de formidables opportunités d'aller vers une vie meilleure et envisager de travailler moins et vivre mieux.

     Jean-Marc  (  http://ecomondiale.over-blog.com/)

    Pour lire le compte-rendu de la séance, cliquer ici


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  • Notre Société, et c’est peut-être étonnant (!), s’intéresse à l’Intérêt général. 

    Les grands acteurs en sont les Pouvoirs publics (par l’Education par exemple),

    les Entreprises (par l’Assainissement des eaux par exemple), et les Associations.

       

    Nous connaissons tous et toutes l’existence d’Associations diverses dans lesquelles

    nous exerçons, éventuellement, un rôle de Bénévole. 

      

    Quel est l’ampleur du phénomène des Associations et quelle est la part des Bénévoles ?  

    Quels sont les grands acteurs, et leur poids économique ? 

    Des membres des Cafés-Débats sont venus en décrire quelques exemples (je pense à Marc Henri STROH).

     

    * Le secteur :

    - est dynamique,

    - possède une force de frappe significative (1,8 millions d’emplois Salariés et 16 millions de Bénévoles),

    - à un poids économique non négligeable (128 Milliards d’€),

    - tout en étant très hétérogène…

     

    * 8 Familles Associatives se partagent les actions d’Intérêt général qu’elles jugent utiles de faire.

       

    q   L'action caritative et humanitaire  

    q   Le secteur de l'action sociale et de la santé  

    q   Le secteur "défense des droits et des causes 

    q   Le secteur de l'éducation, de la formation et de l'insertion 

    q   Le sport,  

    q   Le secteur culturel  

    q   Le secteur des loisirs et vie sociale  

    q   Le secteur de l'économie et du développement local 

     

     

     La première partie de ce Café-Débat du 01 Avril 2017, sera consacrée à

    un exposé visuel d’environ 45 mn de Claude Sutren ou tous ces points seront détaillés. 

     

    La deuxième partie sera consacrée aux débats sur ces sujets. 

    Au-delà des chiffres un peu rébarbatifs bien qu’utiles, vos remarques, vos expériences et contributions éventuelles seront appréciées. 

     

     

     

    PANORAMA DU SECTEUR ASSOCIATIF EN FRANCE ET DU BENEVOLAT

     

     Les données ci-dessous sont présentées dans un power point que vous pouvez télécharger ici. Pour ouvrir l'élément sur votre ordinateur, utilisez le clic droit si vous n'avez pas "Office".

     

    Le panorama global du secteur associatif en France est souvent mal connu.

     Il s’agit pourtant d’un acteur important du paysage socio-économique Français :

     

    - Un secteur dynamique :

    *  environ 1,3 million d’associations

    *  68.000 créations annuelles (soit environ un solde net annuel de 33.000 associations)

    * 183 000 associations employeuses, soit 14% des associations

    - Une force de frappe significative :

    *  2,5 millions d’ETP (Equivalent Temps Plein)

    *  1,5 million d’ETP salariés (1,8 millions d’emplois)

    *  1 million d’ETP bénévoles (16 millions de bénévoles)

    - Un poids économique non négligeable :

    * 125 Md€ de valeurs ajoutées

    * 85 Md€ de budget soit 3,2% du PIB français

    * 40 Md€ de valorisation du bénévolat)

    *  5% de la masse salariale totale des emplois publics et privés en France

    - Un secteur très hétérogène :

    *  Tant en termes d’objectifs : d’organisations au service de ses membres (souvent non employeuses) aux structures d’intérêt général (souvent employeuses) …

    * … qu’en terme de domaines d’activité (insertion, sanitaire et social, environnement, recherche, solidarité internationale, culture, sport, défense des droits, éducation populaire…)

     

    T

                                                   Claude Sutren  1er Avril 2017

     


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  •   A l'ère du numérique, que devient notre identité, jusqu'où va-t-on aller ? 

    I/ Imaginez un monde où, sous couvert de santé publique et de gestion des dépenses, chacun se verrait équipé d'instruments de mesure de son poids, de ses efforts physiques quotidiens, du nombre de calories avalées matin midi et soir, ces données étant directement envoyées aux assureurs. Le montant de vos cotisations serait calculé selon vos 'efforts'.

    Un monde où chaque mail, texto, note numérique, message privé via les réseaux seraient expédiés dès leur écriture au-delà des frontières nationales, étudiés, archivés, par des inconnus sans visage ni légitimité.

    Un monde où les élections présidentielles se joueraient in fine, entre les algorithmes choisis par les candidats pour influencer les indécis.

    Un monde où votre web-cam pourrait s'allumer discrètement et à distance, où votre PC pourrait être visité à volonté par des services étrangers, et ce sans mandat bien entendu.

    Un monde où la lecture de votre ebook serait décortiquée de loin (quelles pages avez-vous sautées, sur lesquelles vous êtes-vous attardé ?).

    Un monde où il n’y aurait plus de frontière vie privée / vie publique, rappelons l’expression du père de l’Internet, puis numéro deux de Google, Vinton Cerf, ‘la vie privée est une anomalie’.

    Ce monde étonnant existe et, nous y vivons.

    C’est le monde des géants GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon), les nouveaux rois du monde, toujours plus gourmands de data-données (nos goûts, nos choix, nos clics, nos humeurs, nos positions physiques à tout moment). Rappelons au passage la célèbre maxime qui meut les réseaux sociaux :

                              "Lorsque c'est gratuit, c'est que vous êtes le produit."

    II/ En droit français, l'état civil est constitué des éléments qui permettent l'identification d'une personne, tels que le nom, le ou les prénoms, le sexe, la date et le lieu de naissance, la filiation, la nationalité, le domicile, la situation matrimoniale, la date et le lieu de décès.

    Identité civile : est le fait pour une personne, d’être tel individu et de pouvoir être également reconnue pour tel, sans nulle confusion, grâce aux éléments qui l’individualise (état-civil, signalement, évènements de son histoire), qui font qu’une personne est un être singulier.

    L’identité est un processus historique, qui, après une phase de transition où il fut dirigé d’en haut, par l’Etat naissant et du droit, l’identité qui ne résulte de rien d’autre au début que d’un effort administratif pour réguler la société et ses sujets, il lui fallait les connaître, les mesurer et les compter. Aujourd’hui, c’est l’économie qui impose sa loi, les hommes sont devenus ses sujets. Un des dangers, c’est le classement des individus par catégorie de profils.

    III/ L’identité au sens personnalité, est un système de sentiments et de représentations de soi, c'est-à-dire l’ensemble des caractéristiques, physiques, psychologiques, morales, juridiques, sociales, culturelles, à partir desquelles la personne peut se définir, se représenter, se connaître et se faire connaître, ou à partir desquelles autrui peut la définir, la situer ou la reconnaître. L’identité occupe une fonction vitale et quotidienne, chez tous les individus les traits de personnalité ne sont pas figés. Locke parle de ‘mêmeté’, au sens de ce qui reste permanent en nous, s’étend jusqu’où va notre mémoire au-delà des changements.

    L’identité de la personne est aussi définie comme le fait qu’un individu est bien celui qu’il dit être. L’usage d’un masque, c’est une précaution qu’on va utiliser pour se protéger, ou pour jouer à quelqu’un d’autre, ou se cacher. Décliner son identité et sa personnalité ce n’est pas simplement revendiquer une appartenance nationale, ethnique, communautaire, c’est aussi affirmer une position dans la société.

    Il est devenu courant d’assimiler le mot identité aux communautés d’appartenance. L’identité d’un groupe relève plutôt de la stratégie de mobilisation, plutôt que d’une réalité fondamentale. C’est ce que l’on nomme désormais les « stratégies identitaires ».

    IV/ Pour mémoire l’article 12 de la déclaration universelle des droits de l’homme stipule : Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

    Il n’existe pas de réelle définition juridique de la « vie privée » à l’heure actuelle. Cependant, pour lutter contre les dangers, que le développement de l’informatique peut faire peser sur les libertés et le respect de la vie privée, la Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL) a  créé la loi 78-17 du 6/01/1978, modifiée les 6/08/2004, et 22/11/2016 *.

    V/ L'identité numérique (IDN) permet l’identification de l’individu en ligne, et la mise en relation de celui-ci avec cet ensemble de communautés virtuelles qu’est Internet. Elle peut être définie comme un lien technologique, entre une entité réelle (personne, organisme ou entreprise), et des entités virtuelles (sa ou ses représentations numériques). Elle peut être aussi définie comme la collection des traces (écrits, contenus audios ou vidéos, messages sur des forums, identifiants de connexion, etc.), que nous laissons derrière nous, consciemment ou inconsciemment, au fil de nos navigations sur le réseau, et le reflet de cet ensemble de traces, tel qu’il apparaît « remixé » par les moteurs de recherche :

    ·         Les coordonnées (Comment et où me joindre). Les certificats (qui attestent de l’identité) ;

    ·         L’expression (Ce que je dis). Les avis (Ce que j’apprécie). Les hobbies (Ce qui me passionne). La connaissance (Ce que je sais). Les avatars (Ce qui me représente) ;

    ·         L’audience (Qui je connais). La consommation (Ce que j’achète). La réputation (Ce qui est dit sur moi). La profession (Ce que je fais). La publication (Ce que je partage). Mes choix et opinions à travers les sondages et pétitions.

    Toutes ces bribes d’information composent une identité numérique plus globale qui caractérise un individu, sa personnalité, son entourage, ses habitudes et formes de vie. Aujourd’hui, l’identité personnelle  et l’identité numérique s’entremêlent. En effet, elles sont en perpétuel changement, se modifient et se construisent au fil du temps.

    A partir des informations collectées sur chaque individu, les big data ont carrément créé des êtres numériques, des doubles dotés de leur propre identité. Cela soulève la question ‘Qui est vraiment l’individu auquel nous avons affaire sur la toile ?’.

    Le développement et l’évolution des moyens de communication, au travers notamment de la multiplication des blogs et des réseaux sociaux, changent le rapport de l’individu à autrui. La communication interpersonnelle, est riche de ses signaux verbaux et non verbaux, que n’a pas le numérique.

    VI/ Carte d’identité numérique, en 2005, la France s’est engagée dans un projet de mise en place d’une carte d’identité INES (identité nationale électronique sécurisée) contenant des données biométriques (empreintes digitales, photographie, iris de l’œil…), ceci pour lutter contre l’usurpation ou la fraude d’identité. Le 7/11/2016, le Conseil National du Numérique a demandé la suspension de la constitution d’un méga fichier regroupant les données personnelles des Français pour les passeports et cartes d’identité.

    VII/ Le 11 septembre 2001 a été le déclic qui a rapproché les entités privées et publiques. "La lutte contre le mal" a été le slogan, la surveillance mondiale les moyens. Quelle que soit l'origine ou la destination d'une information (un mail par exemple), ses fibres transitent à un moment ou à un autre par les États-Unis. "Open-bar, pourrait-on dire ", pour la NSA  « Agence Nationale de la Sécurité », organisme gouvernemental du département de la Défense des États-Unis, responsable du renseignement d'origine électromagnétique, de la sécurité des systèmes d'information et de traitement des données du gouvernement américain. Au-delà de l’identification des gens, il y a examen des modes de vie.

    Au motif de traquer Ben Laden et ses complices, la NSA s’est arrogé le droit de capturer les images sur le Net. Puis les services américains (pour l'hégémonie du renseignement) et les big data (dans le but avoué de transformer les citoyens en consommateurs dociles) se sont alliés.

    VIII/ Traçage et ciblage comportemental, permettent  aujourd’hui avec l’aide active des outils de géo-localisation,  de faire fonctionner les industries de la recommandation et un marketing publicitaire de plus en plus « personnalisé » et contextuel. Elles conduisent à des contrôles et des fichages permis par l’interconnexion de fichiers étatiques ou commerciaux.

    IX/ Conclusion : Cette révolution du numérique ne se contente pas de modeler notre mode de vie vers plus d’informations, plus de vitesse de connexions, elle nous dirige vers un état de transparence, dont le résultat final est la disparition de la vie privée, un défi pour les démocraties. Et alors me direz-vous, où est le problème puisque tout le monde y trouve son compte ? Justement, c’est là que ça coince.

    Loin d’être anodine, cette évolution touche à l’un des fondements de la démocratie, car le droit au respect de la vie privée conditionne l’exercice même de la citoyenneté.

    Pour le citoyen de demain, l’identité sera la plus précieuse des marchandises, autrement dit, les internautes producteurs bénévoles de données sont exploités, mais heureux de l’être, les algorithmes pourraient bien enfermer l’internaute dans des entonnoirs. Qu’il s’agisse de transactions bancaires, de données de géo-localisation, e t c…, ces silos de données remplis de copeaux de vie anonymes trahissent une fois traitées, toutes les identités qui s’y entassent. Jamais l’Homme n’avait été aussi nu, aussi traçable, aussi transparent.

     « Le numérique prend-il le pouvoir sur nos vies privées ? » Sans doute mais il apporte aussi de nouveaux outils de contre-pouvoir, qu’il ne reste qu’à utiliser.

    L’acte de résistance sera de remettre l’humain au centre du jeu.

    Tant que vous existez, vous êtes identiques à vous-même, l’homme évolue en permanence, tout en restant le même individu, quels que soient les changements plus ou moins importants qui peuvent advenir, néanmoins on pourra se poser la question avec acuité, lorsque le transhumanisme apparaîtra, notamment avec l’implantation d’une carte mémoire dans le cortex et autres dispositifs numériques téléchargeables, prévus d’ici cinq ans par Google.

    Enfin, au café débat, nous ne pouvons pas aborder tous ces sujets qui nous préoccupent sans nous engager, sans exprimer, pour une part le fond de notre pensée, ce n’est pas une joute, ce sont nos identités différentes qui l’enrichissent.

                                                                                                  Daniel Soulat 25/03/2017

    Pour lire le comptr-rendu du débat, cliquer ici.

    * Article 1er

    L'informatique doit être au service de chaque citoyen. Son développement doit s'opérer dans le cadre de la coopération internationale. Elle ne doit porter atteinte ni à l'identité humaine, ni aux droits de l'homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques.

    Toute personne dispose du droit de décider et de contrôler les usages qui sont faits des données à caractère personnel la concernant, dans les conditions fixées par la présente loi. 

     


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