• Programme

      Précédents et prochains débats et conférences.

    Samedi 9 Novembre 2019 :

                Quelle éthique pour le XXIème siècle ?

                          par Pierre Marsal.

    Pour lire le texte, cliquer ici.

    Compte-rendu de la séance.

    Résumé:Nos sociétés fonctionnent selon des principes hérités des siècles passés. Les grands bouleversements, occasionnés notamment par l’évolution des sciences et techniques, nécessitent le réexamen de certains fondements de notre éthique.

    Samedi 23 Novembre 2019 :

    Une opinion doit-elle toujours se fonder sur une connaissance ?

                                   par Jean-Jacques Vollmer.

    Pour lire le texte d'introduction, cliquer ici. 

    Lire le compte_rendu

    Résumé: Dans une discussion, il arrive souvent qu'on exprime son opinion sur un sujet quelconque, sans vouloir - ou pouvoir - dire pourquoi on a cette opinion, ou ce qui la justifie un tant soit peu. Peut-on alors penser, avec Gaston Bachelard, que "l'opinion pense mal, elle ne pense pas, elle traduit des besoins en connaissances" ?

     

    Samedi 7 Décembre 2019 :

                      Avoir du sens? Faire du sens ?

                                   par Benoît Delcourt.

    Pour lire le texte cliquer ici

    Résumé: En Allemand comme en Anglais, contrairement au Français, on ne dit pas qu'une action a du sens, mais qu'elle fait du sens. Donner un sens à sa vie serait-il plus naturel outre-Manche et outre-Rhin que chez nous?

     

     

     


     

     

     

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      L'entrée à nos débats est libre; ils  ont lieu le Samedi entre 16h30 et 18h30, au café "Le Marina ", 26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX.. Il n'y a nul besoin, pour y participer, de faire partie de l'association "le café débat de Saint-Quentin en Yvelines"  (cotisation annuelle de 5 euros). Il est seulement demandé de payer sa consommation en sortant. 

     


    Conditions de participation.

     Toute personne peut proposer un sujet. Les sujets sont soumis au vote des adhérents de l'association, de telle manière que seuls les sujets qui ont des chances de réunir un nombre suffisant de participants sont choisis. Si le sujet est retenu, ce qui est le cas le plus fréquent, il  faut alors préparer pour la date choisie une introduction (deux pages format A4 maximum), qui sera lue en début de séance. Pour adhérer à l'association, il suffit de régler une cotisation annuelle modique (5 euros). Pour plus d'informations, voir la rubrique "Fonctionnement" en haut à gauche de cette page.

     Lieu des débats:

    Le MARINA   26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX  

     


     

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             Avoir du sens ? faire du sens ?

     

     

     

    Les Allemands et les Anglais que j’ai côtoyés dans ma vie professionnelle,  ne disent pas qu'une action a du sens, contrairement à nous Français, mais qu'elle fait du sens. Il n’est évidemment pas interdit de dire « faire du sens « en Français, mais ce n’est pas une expression courante. Le sens est donc en Français, une donnée inerte, statique, enfermée dans le présent, alors qu’en Anglais ou en Allemand, ce serait une donnée dynamique, impliquant le futur.

     

    Ce mot : « sens »,  et ses dérivés ont  beaucoup d’utilités différentes en Français :  le sens des mots, les cinq sens, les insensés, la direction et le sens (c’est cette dernière acception que nous privilégierons ici) , la sensation, la sensibilité et la sensiblerie…. On  retrouve certaines de ces utilisations,, mais pas toutes,  en Allemand et en Anglais, qui, à mon sens, sont plus précis que le Français pour ce qui est du vocabulaire (pour la grammaire, c’est une autre affaire).

     

    C’est dans   l’évaluation d’une religion ou d’une idéologie, que les différences apparaissent entre le Français et les Anglo-Saxons. On dira communément en Français : cette religion n’a aucun sens, et rarement qu’elle ne fait aucun sens. Nous avons déjà discuté sur le sens de la vie à deux reprises, en 2016, avec Jean-Jacques, (lien) et en 2008, avec Marie-Odile (lien, aller en milieu de page). Le titre de ces débats était d’ailleurs le même :  « La vie a-t-elle un sens ? » . Le sens de la vie est en effet un problème majeur pour certains d’entre nous : nous avons reçu la vie, qui comporte le paradis, mais aussi l’enfer, mais à qui on a omis de  dire de quoi ou de qui elle venait, et dans quel but. Ce problème n’est d’ailleurs pas majeur pour tout le monde ; certains, comme Sartre et bien d’autres, postule que la vie est absurde, point barre.

     

    Mais si on formule la question comme les Anglo-saxons, la question n’est pas de savoir si la vie a un sens, ce qu’on ne saura  jamais, mais bien de savoir si l’on peut lui en donner un, en « faire un », en produire un. Le débat ne porterait donc  pas, linguistiquement, sur l’existence d’un sens, déterminé une fois pour toutes, souvent par une vérité Historique (une « révélation »), mais sur la possibilité d’en créer un, autrement dit sur un chemin de vie à suivre. Il y a pour cela de propositions par des « prophètes », dont le rôle n’est pas de prévoir l’avenir, mais de montrer un chemin ; citons en quelque-uns : Confucius, Bouddha, Socrate, Jésus, Mohammed, ainsi que des personnages exemplaires du vingtième siècle ayant suivi un ou plusieurs de ces chemins, Gandhi, Mandela, et pour nous Français, l’abbé Pierre. ( le débat en citera sans doute d’autres). 

          

    Qu’est ce qui peut donner du sens (à notre vie), et qu’est-ce qui n’en donne pas ? Attention, nous ne jugeons pas ici de la moralité des comportements, mais seulement du sens qu’ils peuvent donner à nos vies.

     

    Le plaisir. Ce serait hypocrite de nier l’importance du plaisir, mais ce ne peut être qu’une condition favorable à la production de sens ; et le plaisir peut aussi être défavorable : cas des addictions (alcoolisme, tabagisme, drogue, addiction au sexe, etc..). Le plaisir peut enfermer la personne dans le présent, or ce qui  fait du sens se réfère au futur! Par exemple, les ascètes sont les personnes qui se passent du plaisir pour essayer de donner un sens à leur vie

     

    Le bonheur, la santé : je le définirais le bonheur comme un plaisir continu doublé de la joie naturelle à trouver la nature belle,  Donc : mêmes remarques, c’est très souhaitable, mais n’est pas « fléché ». Certes, le malheur peut avoir un caractère constructif, par réaction, mais il peut être destructeur. Dans le même ordre d’idée : la santé. Le bonheur, a santé : oui, mais pour quoi faire ?

     

    Si tout cela n’a pas en soi un sens, cela peut aider à faire du sens : par exemple, on travaillera mieux si on est heureux et en bonne santé, que vice-versa.

     

    La frivolité : c’est, par définition un défaut qui consiste à ne rechercher que le plaisir fugace, sans but. Donc cela ne favorise pas la recherche du sens, ne fait pas du sens.

     

     L‘amitié, le respect du prochain: ce ne sont pas des états, mais des décisions plus ou moins conscientes que nous prenons pour la conduite de nos vies. Leurs contraires « font aussi du sens », mais dans la mauvaise direction, au moins pour nos valeurs occidentales

     

    L’amour, c’est comme l’amitié, mais il comporte en plus une perspective incontestable : la fondation d’une famille, qui est une machine à faire du sens. La fidélité est évidemment porteuse de sens, moyennant quoi ce n’est pas toujours possible.

     

    Les acquisitions

    d’objets : c’est selon : si c’est seulement pour le plaisir, c’est non ;  mais si c’est en vue d’actions futures, alors là oui (par exemple, acquérir une voiture fait du sens, elle  permettra de se déplacer, et ne se limitera pas seulement à ses jolis chromes). 

     de compétences : oui, évidemment. Ces compétences peuvent être acquises par l’éducation des parents, par les cours à l’école ou les cours du soir, la lecture d’un livre, par la visualisation d’un film, par l’écoute d’une musique…

     Le travail : ce n’est pas toujours très drôle, mais oui, cela fait du sens, la production ou l’étude étant « flèchées ». C’est pourquoi la vie des chômeurs est souvent insupportable. Il fait d’autant plus de sens qu’il est réalisé en équipe, car il se double alors de relations humaines.

     La foi : Si la vie a un sens, tout est en ordre, et de plus si je connais ce sens, je peux suivre mon existence en ayant le bonheur de constater ce sens ; mais c’est dangereux, car on ne peut démontrer que  ce sens est réel. Autrement dit, si la « foi du charbonnier » comme l’enthousiasme du militant de base,  procure un bonheur certain, elle peut amener aussi des révisions tragiques.

     

     Ceci nous amène à penser  que « faire du sens » peut conduire  à des impasses. Dans le cas d’une tâche à remplir : une maison à construire, des enfants à élever, une recherche à faire, etc.., pas de problème. Mais si on pense à l’idéologie, ou à la religion, les choses ne sont plus aussi évidentes : il faut vérifier que l’on ne fait pas du contre-sens, qu’on ne s’enfile pas dans une impasse, ou pire : un sens interdit. Faire quelque-chose qui a du sens est très agréable à l’Humain, cela est dans sa nature liée à sa perception du  futur, mais des agréments parasites sont à craindre et à combattre; l’illusion de sortir de l’anonymat, d’être utile, ou de gagner en pouvoir sur les autres, ou d’accaparer les richesses et les plaisirs. On est vraiment étonné, quand on ouvre des livres d’Histoire, de voir comme il était commun pour nos prédécesseurs, de donner leur vie pour des causes qui nous semblent finalement peu claires …  Les cas les plus criants sont à trouver dans le vingtième siècle : la guerre de 14 n’avait pas de raison valable ( la formation dans les années 1950 de l’U.E. l’a bien montré), les nazis ont certes fait du sens, mais c’était, on peut le dire, un contre-sens ; pour les communistes, c’était plutôt une impasse, même si l’affiche initiale  semblait hyper-morale, ce que beaucoup de nos intellectuels ont mis bien du temps à comprendre et à admettre. Du côté des religions, méfions-nous des faux prophètes, qui vous flattent pour mieux vous berner, financièrement ou sexuellement ; c’est le cas des sectes, et l’actualité a montré que les religions instituées n’étaient pas, pour ce qui est du sexe, à l’abri.    

     

     En conclusion : « faire du sens » serait une expression  reliée surtout  au futur, avec le risque de s’engager dans une mauvaise direction, contrairement à « avoir du sens », qui n’interdit pas certes d’envisager le futur, mais peut à la limite s’en passer. Quel est votre choix : vivre dans le présent, ou vivre en fonction du futur ? (Les deux mon capitaine est aussi une bonne réponse).

     

     

                                    Benoît Delcourt. Le 7/12/2019

     

     


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                           Quelle éthique pour le XXIème siècle?   

                                                     Pierre Marsal (Samedi 9 Novembre 2019)

                               Synopsis  Principes (rappels, séance janvier 2013)


    Pour plus de précisions voir le résumé complet  à ce  lien:.

    Pourquoi l'éthique ? La liberté de l'homme
    - La liberté est le propre du vivant. Il faut la préserver.
    - Mais la liberté génère le danger. Il faut donc l'encadrer.
    - Les animaux y parviennent grâce à l'instinct. Les êtres humains ont perdu l'instinct animal originel.
    - La fonction de l'éthique est de pallier cette absence de garde-fous.
    Pourquoi repenser l'éthique aujourd'hui ? Le "changement d'ère".
    - Notre société a changé et change à une vitesse accélérée.
    - Les repères jadis pertinents sont devenus caducs ou obsolètes.
    - Les doctrines ou idéologies du passé ont fait faillite : elles ne peuvent plus nous fournir de repères.
    - Deux voies seulement offrent actuellement une certaine consistance idéologique : le fondamentalisme et l'économie de marché. On ne peut pas s'y résoudre.
    - À l'autre extrême est la tentation relativiste ("tout se vaut"). C'est très libéral, mais signifie la fin de toute cohésion sociale.
    - Seule la référence à des valeurs universellement partagées peut réunir une collectivité sur un projet commun.
    - Il faut donc s'accorder sur ces valeurs.
    Quelle éthique ? De l'éthique des préceptes à l'éthique de la discussion
    - Bref tour d'horizon des démarches de l'éthique.
    - Les éthiques formelles mettent l'accent sur les procédures. Les éthiques des valeurs proposent des systèmes de valeur qui ne correspondent pas au but recherché.
    - Il faut donc s'entendre sur les valeurs à privilégier.
    Sur quelle valeur fonder une démarche éthique ? L'incommensurable valeur du vivant.
    - La prise en considération de la spécificité du vivant peut emporter l'adhésion de tout être humain quels que soient ses origines, ses engagements, sa philosophie.
    - Cette attitude n'est pas nouvelle, mais la science contemporaine (biologie) la conforte et lui donne des fondements objectifs.
    - L'être humain fait partie du monde du vivant, il est individuellement irremplaçable et n'existe qu'en société. Sur ces trois caractéristiques on peut fonder un système de valeur.
    - Il en résulte que la logique, l'économique, l'éthique du vivant (et de l'être humain) ne peuvent être celles qui s'appliquent aux choses mortes. C'est pourtant celles qui ont cours aujourd'hui.
    - En particulier la valeur de l'homme n'est ni une valeur économique, ni une valeur technologique, mais une valeur non mesurable (incommensurable).
     
    Conclusion : changer son point de vue et son comportement
    - La question à se poser "Et le vivant ? et l'homme, où sont-il dans tout ça ?".
    - Cette question s'adresse à chacun d'entre nous, en toutes circonstances.
    - Il ne faut pas attendre qu'autrui fournisse la réponse.
    - Il faut revoir nos comportements à la lumière de ce questionnement :
    * comportement à l'égard de l'autre (humain bien sûr, mais aussi tout forme d'être vivant dans son milieu) ;
    * comportement dans le groupe social (ritualisation de l'intégration) ;
    * comportement à l'égard des règles sociales sensées nous protéger des excès de notre liberté.
    - Il faut revisiter de la même manière les règles et réglementations sociales qui doivent toutes concourir à préserver notre liberté, sans attenter au reste du monde vivant.
    - On peut aussi réexaminer notre comportement individuel, notre acceptation de nous-mêmes.
    Pierre MARSAL (janvier 2013)
     
                             Quelle éthique pour le XXIème siècle ?


     Applications à quelques situations concrètes (séance novembre 2019)


    Une critique du point de vue développé dans la précédente séance et trois pistes d’application.
    Objections théoriques
    L’auteur de ces lignes n’est pas philosophe. Des objections philosophiques sont possibles. Ainsi Paul Ricoeur, dans son débat avec Jean-Pierre Changeux (1998), met-il l’accent sur la difficulté de passage entre le discours objectivant des sciences de la vie et l’approche phénoménologique sur le vécu.
    1. Une nouvelle conscience de Soi dans le Monde
    Quelques faits donnant à reconsidérer notre statut d’individu
    - « La science moderne a transposé une philosophie occidentale fondée sur l’individu en une biologie fondée sur l’organisme. » et « Le concept d’organisme montre aujourd’hui ses limites : il faut désormais prendre en compte le fait qu’un animal ou une plante ne peut vivre sans les multiples microorganismes qui l’habitent » (Marc-André Selosse, nov. 2016, oct. 2019). Aujourd’hui la notion d’holobionte tend à remplacer cette d’organisme et d’individu.
    - Nous sommes constitués de quelques 10exp(14)(cent mille milliards !) êtres vivants qui ont « accepté » de vivre avec nous, pour nous (les cellules), et sans doute d’autant de microbiotes colonisant à notre profit notre système digestif et notre peau. Leurs gènes sont 20 à 30 fois plus nombreux que les gènes humains. Chaque seconde l’ADN de ces « hôtes » est cassé et très efficacement réparé des centaines de milliards de fois (les très rares erreurs de réparation provoquent des mutations dont certaines peuvent être néfastes comme le cancer).
    - Nous ne subsistons que par l’ingestion d’aliments issus du vivant, végétaux, animaux. Leur corps devient notre corps, leur énergie, notre énergie. Par l’oxygène généré par la photosynthèse des végétaux. C’est là une transsubstantiation qui n’a rien de surnaturel.
    Ces quelques faits, brièvement exposés, incitent au respect de notre corps, des organes qui le composent, des êtres vivants, internes ou externes, qui participent directement ou indirectement à notre survie. Les sociétés traditionnelles rendent grâce à leurs Dieux extérieurs aux pouvoirs problématiques. Ne faudrait-il pas aujourd’hui tourner nos pensées vers nos Dieux intérieurs (organes et cellules) ? Ne serait-ce que par la prise de conscience de leur existence et de leurs actions. On peut en tirer des règles de comportement personnel.
    2. Une nouvelle conscience de l’Autre
    Les progrès de la science (biologie, écologie, éthologie, etc. ?) nous obligent à reconsidérer des modes de penser très incrustés dans notre société occidentale contemporaine. Encore quelques faits
    - En dehors même de la reproduction sexuée, tous les êtres vivants échangent des informations génétiques : nous faisons tous partie de la même grande chaîne du vivant. Depuis la nuit des temps nous sommes tous des OGM ! Ne serait-ce que par les mitochondries, indispensables « usines » à tout faire de nos cellules et sans doute résultant de l’intrusion de bactéries il y a quelques milliards d’années.
    - Chaque être vivant a sa raison d’exister, a sa place dans la Nature. Contrairement à ce qu’on apprenait jadis à l’école, il n’y a pas d’espèces utiles et d’espèces nuisibles, pas de bonnes et de mauvaises herbes. Les tentatives de rétablir un équilibre favorable aux desseins humains créent de nouveaux déséquilibres (hier le DDT, aujourd’hui le glyphosate, demain peut-être le forçage génétique ou gene drive pour éradiquer moustiques et paludisme).
    - Par une perversion de sa pensée – contre laquelle Darwin s’était d’ailleurs opposé – la théorie évolutionniste est devenue synonyme de struggle-for-life conduisant au « darwinisme 
    social » (Herbert Spencer), voire à l’eugénisme (Galton, cousin de Darwin). Au contraire « la théorie évolutionniste insiste sur le développement de l’altruisme, de l'empathie et de la coopération entre les individus. » (Mathieu Ricard, 2013). En cette période de récolte des champignons nous avons un bel exemple de relations symbiotique entre champignons et arbres. Dans cet esprit, divers auteurs en diverses périodes ont voulu faire du darwinisme la base d’une organisation politique de gauche de la société (Pierre Kropotkine, Peter Singer).
    Ces quelques faits pris parmi d’autres nous incitent à traiter avec respect et considération tous les êtres vivants – animaux, végétaux et bien sûr humains-- fussent-ils les plus insignifiants en apparence. Sans violence inutile. Faut-il imiter ces peuples premiers qui honoraient en les sacrifiant les animaux dont ils prenaient la vie afin conserver la leur ?
    3. Une place nouvelle dans le Monde
    Le contraste entre notre Monde borné, notre écoumène « infini dans sa finitude » (Augustin Berque) et le potentiel infini de croissance de l’espèce humaine et de ses besoins, pose problème. Comment un esprit rationnel peut-il concevoir que le salut de l’humanité se mesure à un taux de croissance économique croissant soutenu ? Il y a là une absurdité qu’économistes et hommes politiques font mine d’ignorer. Pourtant les mises en garde ne sont pas récentes. Quelques exemples déjà anciens.
    - Au XIXe siècle déjà Pierre Leroux – écologiste avant l’heure – prônait un mode de production solidariste inspiré du circulus (c’est en gros l’idée de « rien ne se perd, rien ne se crée » : il y aurait intérêt à discuter plus avant la place de l’être humain et des autres entités biologiques dans ce processus création-destruction, production-consommation).
    - Toujours dès le XIXe siècle des scientifiques comme le physicien irlandais John Tyndall mettaient en évidence la responsabilité de l’activité humaine sur l’évolution du climat. Aujourd’hui il n’est point besoin d’insister.
    On pourrait multiplier les exemples. Mais ce qu’il importe de retenir c’est l’idée de la nécessité de trouver un équilibre dynamique dans l’évolution de la société humaine. Cet équilibre ne peut évidemment pas être trouvé dans la poursuite des dérives actuelles. Dans un contexte d’accélération forcenée économique et sociale (Hartmut Rosa, 2010), il importe dès à présent de poser des limites. Mais quelles limites et qui doit les instituer et les faires respecter ? Ce peut être l’objet de notre débat.
    Quelques pistes de réflexion parmi d’autres :
    - le système économique actuel (système marchand ou capitaliste, c’est selon) en est évidemment incapable : ses présupposés -- compétition, croissance sans borne…-- vont à l’encontre des valeurs du vivant (René Passet, 1979 et 2012) ;
    - l’appropriation et la gestion privée des biens publics est inefficace et contreproductive (Elinor Orstrom) ;
    - on ne peut pas compter sur les « majors » de l’économie (GAFAM notamment) pour atteindre l’équilibre souhaitable : seul le pouvoir régalien des Etats et des accords internationaux peuvent éviter les dérives d’une compétition aveugle et mortifère ;
    - bien d’autres questions entrent dans cette problématique vitale…
    Et pourquoi ne pas faire nôtre cette réflexion attribuée au grand violoncelliste Pablo Casals, qui fut aussi un grand militant pour la liberté et la paix :
    « Je ne crois pas m'être réveillé un seul jour de ma vie sans contempler la Nature avec un émerveillement nouveau ».
    Pierre MARSAL (novembre 2019)

                                                                                Compte_rendu de la seance.

     


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    Les mots à la mode ?

     

                                                                 Par Josette Saint-Marc 

     

                        Qu’est-ce que je veux dire ? 

     

      Certains mots n'étaient pas utilisés, ou l'étaient très rarement, dans les médias, dans les entreprises, par les politiques, et dans les entreprises !! Peu à peu, doucement mais sûrement ils sont arrivés !! 

        Quelques exemples : 

       Collaborateur, compétitivité, productivité, progressiste, populiste, nationaliste, efficience, et tous les mots en phobie ! (Euro phobie, homophobie...). Le sens est utilisé en psychiatrie ! La phobie, origine du grec ancien phobos (effroi, peur), peur irraisonnée, irrationnelle ! Ça en dit long !!!

    A tel po

     Unique  en              Du formatage, pour moi, en  vue du  politiquement correct!!!Et surtout une façon perverse de faire Taire «les méchants!!!!»

    Un jour j'ai réalisé que le » rabâchage » de tous ces mots n’était pas un fait du hasard ! Mais bien intentionnel !

    Par exemple, le mot « collaborateur » en remplacement du mot collègue, était utilisé par les dirigeants, puis les cadres !   Pourquoi ce changement ? 

     Nous étions tous interpellés par l'utilisation de ce mot !

    Aujourd'hui, les politiques, les journalistes, les dirigeants d'entreprises en usent et en abusent !

    Son utilisation n'est pas anodine ! Que veut dire « collaborer ?»

    C'est travailler sur un pied d’égalité ! Or, les salariés d'une entreprise ne collaborent pas, ils sont subordonnés ! C’est donc de la manipulation, de l 'abus de langage à des seuls fins de « flatterie, valorisation » pour mettre le personnel dans son camp, le soumettre ! 

     

    Par ailleurs, la référence aux « collabos » de la 2éme guerre est toujours présente !

    Les collabos ont adhéré, soutenu et accepté, plus ou moins intéressés, l’occupation nazie en Europe.

    J'ai pris l'exemple de ce mot, le moins anodin pour moi afin d'essayer de comprendre si tous ces mots à la mode, branchés » sont là par hasard ? 

    Je pense que non ! Je risque d'être traitée de « complotiste » ! Un mot très utilisé aussi ! Mais cela m'est égal ! 

    Si je prends des mots comme « productivité, » traduction : Travaillez plus! 

     

    « Compétitivité » traduction : Coûtez moins cher pour le travail accompli ! Ça passe mieux ! 

     

    « Efficience » Efficacité ne convenait plus ? Un anglicisme pour parler de la capacité d'obtenir de bonnes   « Performances « Mot également très utilisé en Entreprise ! 

     

      

     

    Ce sont de véritables mantras !

    Ce qui d'après moi est inquiétant c'est le fait que les utilisateurs de ces mots « les médias, les politiques, les grands patrons » sont totalement formatés ! Des Robots en chair et en os ! Des perroquets !!Pensée Unique et expression unique !!! 

     

    Lorsqu'un citoyen, un politique ose s'élever contre ce matraquage, remettre en question des théories il est aussitôt traité de populiste, voire nationaliste, anti-progressiste ! Ringard !!

    Quant aux mots « en phobie » il en est de même !

    On colle des étiquettes ! Par exemple, si on est contre le fonctionnement de l'UE on est europhobe !

    Si on critique la politique d'un membre du gouvernement, connu pour son homosexualité, on est homophobe !

    Un peu simpliste mais pratique ! C'est jouer avec la peur !

    Si l'on craint d'être mis dans une case, catalogué d'europhobe, d'homophobe, de populiste, nationaliste, raciste, sexiste on se tait !

    Une façon subtile mais perverse de garder le Pouvoir en désignant les « mauvais, les méchants, les ringards » qui ne comprennent rien !

    Des boucs émissaires, des ennemis !

    Où est la « liberté d’expression » dont on nous rabat aussi les oreilles !

    Si c'était aussi vrai que cela, on n’aurait pas besoin de nous le répéter sans cesse !

    Quand il y a cohérence entre les discours et les actes il n'est point besoin d'en rajouter!! Seuls les actes comptent !

    Si tu veux connaître quelqu'un ne regarde pas ce qu'il dit mais ce qu'il fait !!Dalaï-lama  

    Je pense aussi à la chanson de Dalida » paroles, paroles !»

    Une chose est sûre la règle c'est le Politiquement correct !

    Je pense qu'il est plus sain de dire ce que l'on pense ! En effet, on peut ne pas être d'accord, voire choqué par certaines opinions et alors ?

    Certes, ce n'est pas toujours facile à entendre mais au moins les choses sont claires !       

    On peut échanger, chercher à comprendre ! D'ailleurs, plus c'est refoulé plus c'est dangereux ! Ça finit dans la violence !

    L'effet cocotte-minute ! L'histoire le prouve tous les jours !

    Me suis-je éloignée du sujet ? Non ! Les mots peuvent être une arme de manipulation mentale si on n'y prête pas attention !!

    Une citation d'Aldous Huxley :

    La dictature parfaite serait une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s'évader. Un système d'esclavage où, grâce à la consommation et au divertissement, les esclaves auraient l'amour de leur servitude … 

    D’où l'importance des mots utilisés ! 

     

    Les mots sont des fenêtres, ou bien ils sont des murs : Livre de Marshall Rosenberg. 

     

    Explicite ! 

    Pour lire un compte-rendu personnel, cliquer ici

     

      

     

      

     

      

     

     

     


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  • Peut-on, doit-on actualiser les textes fondamentaux ?

               

                                    Benoît Delcourt  le 25 Mai 2019.

     

    L’humanité, en plein Mystère sur son origine, poursuit sa longue marche vers la Vérité. Cette Vérité est parfois à la portée des humains, dans le cas de la Science quand elle a été vérifiée de multiples fois ; encore faut-il admettre qu’elle peut n’être pas complète, ou être mieux comprise par des lois encore inconnues. Mais pour ce qui est des « sciences sociales » et des religions, il faut bien comprendre que ce ne sont que des chemins possibles vers une Vérité qui nous dépasse; mais  cela n’est pas accepté par cerains, qui croient la détenir ! Plus humblement, il est  possible d’essayer  des voies pour s’en approcher, et certains humains, qu’on peut appeler des prophètes, ont leur avis sur ce qui est fondamental et fournissent des voies à explorer dans des textes  fondateurs.

     

    La Bible est le plus ancien texte fondateur connu en Occident. Il a sans doute été écrit vers 600 ans avant J.C, du temps du roi Josias, au retour de l’exil des Juifs à Babylone. Cependant, les historiens et anthropologues ne valident pas tous les faits relatés datant d’avant cette date. Par exemple, il n’y a aucune trace du peuple Juif en Egypte. Or c’est justement la période clef décrite dans la Torah, avec Abraham, Moïse, la captivité en Egypte, puis  David, Salomon, etc…. Faut-il en conclure qu’on ne peut rien tirer d’intéressant de ce livre ? Certainement pas ! Il décrit les relations qu’on peut avoir avec cet être mystérieux auquel la Bible ne donne pas de nom  autre que « celui qui est », ou  « un feu qui ne se consume pas» ou plus simplement « l’éternel ». Evidemment, ce livre a été écrit par des humains, et la violence n’en est pas absente : on pense par exemple à la traversée de la mer Rouge à pieds secs  par les Juifs, alors que le Egyptiens, qui les poursuivent, dans l’eau revenue: une lecture littérale indique que  Dieu serait le protecteur des croyants, mais pas des autres. Evidemment, ce n’est pas la lecture des « exégètes », ces intellectuels qui décortiquent les textes en hébreu et trouvent des sens cachés à tous les versets, pour le plus grand bien des religions contemporaines. Les non-exégètes ne savent pas quel sens donner à ces textes, et, comme ils doutent avec raison de leur Historicité, ils passent bien souvent à autre chose.

     

    Le monde Greco-Romain  fourmille de divinités diverses, mais il ne m’est pas possible de trouver un « texte fondateur », peut-être est-ce sa force ?. Dieu est un être multiple, et, plus qu’un être au-dessus de l’Humanité, il est chargé, ou plutôt ils sont chargés, de décrire la vie humaine, avec ses bonheurs, ses malheurs, ses qualités et ses défauts. Comment être insensible à tant de perspicacité dans les mythes, tant d’amour de la littérature et de la sculpture ? Mais la Vérité sur nos origines n’est pas vraiment recherchée.

     

    Vint alors le Christianisme. Il partage avec le judaïsme la Tora, appelée « Ancien Testament » chez lui. Mais l’accent est porté sur trois points fondamentaux qui sont liés:

    ---La dignité de tout humain : « il n’existe plus d’esclave et d’Homme libre, il n’y a plus que des fils de Dieu » dit l’apôtre Paul.

    ---Rendre hommage au Créateur ne consiste pas à lui faire des offrandes qui n’engagent pas comme celles des « marchands du temple », mais à considérer tout humain comme « une empreinte du Dieu », et cela dans toutes les cas.

    --L’être humain est naturellement pécheur, et doit toujours se forcer pour appliquer ces deux principes, même et surtout s’il prétend y obéir.

    Cependant, dans les Evangiles, on trouve beaucoup de passages qui ne conviennent plus, à mon avis, à notre époque. Certains sont tellement naïfs qu’il est facile de les gommer: dans le récit de la « multiplication des pains » on dit que les participants nourris étaient cinq milles, « sans compter les femmes et les enfants » ; on parle aussi des « extrémités de la Terre »…. Laissons cela de côté. Beaucoup plus important est le danger d’obscurcir le message Christique en prenant à la lettre les miracles continuels qu‘aurait faits Jésus (il ne les a d’ailleurs pas relatés lui-même), surtout ceux qu’on trouve dans l’évangile de Jean. Or la mentalité d’il y a 2000 ans  donnait une place importante, sinon prépondérante, aux manifestations occultes. Ces passages  peuvent donc être attribués à la mentalité de ces temps lointains.

    Cela dit, une fois ce travail de défrichage fait, que reste-t-il ? Rien ? Non, il reste le principal, qui tient aux trois  principes fondamentaux cités plus haut.

     

    Du Coran, je ne dirai rien, car je ne crois pas convenable d’écrire des avis  modernistes sur une religion qui n’est pas la mienne.

    Mais il y a bien d’autres textes fondamentaux que la Bible, les Evangiles et le Coran. Il y a les textes Orientaux, dont je laisse plus connaisseur que moi citer au cours du débat.

             Et puis il y a des textes politiques et de société que nous pouvons citer :

     

    -- La déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, de 1791, qui répondait aux abus de l’Ancien Régime, qui se pensait pourtant « très Chrétien ». Le texte lui-même n’a pas vieilli, cependant les faits révolutionnaires qui ont suivi sa publication sont pour le moins critiquables.

     

    --Le Capital, de Karl Marx, qui prône, entre autres la « dictature du prolétariat ».

    Evidemment, toute dictature, même si elle prétend n’être que temporaire, est mauvaise, car elle ne respecte pas l’individu et organise le népotisme et la corruption à haut niveau. De même le fameux « sens de l’Histoire » n’est qu’un leurre : les humains ne sont pas des molécules. Pourtant, la condition du prolétariat était scandaleuse au dix-neuvième siècle, comparée à celle des « gagnants » de l’ère industrielle, et Marx a forcé les Humains à plus d’équité.

     

    --Plus près de nous, le livre de Simone de Beauvoir : « Le deuxième sexe » est  généralement pris, au moins en France, comme le manifeste de Libération de la Femme. La femme vivait alors sous la tutelle complète de l’homme, et c’est cette situation que ce livre combat. Pourtant, là aussi on trouve des passages typiques de cette période et qui ne conviennent pas : par exemple, le long chapitre sur la maternité commence par une vingtaine de pages sur l’avortement ! Simone avait, dit-on, horreur des enfants, et Sartre disait qu’avoir des enfants était une « bêtise extrême ». Il n’empêche, Simone de B. a bel et bien écrit un texte fondateur, qui a sans nul doute largement influencé notre société dans les cinquante dernières années, et les défauts qu’on peut trouver dans ce livre n’y changent rien (parole d’un homme).

     

    En conclusion, ce n’est pas parce qu’un texte fondateur comporte des passages qui ne sont valables qu’à la période où il a été écrit, qu’il faut le rejeter en bloc : il peut tout de même aider à trouver un chemin face au Mystère de la Vie ou encore face à l’organisation de la société.

     Pour lire un compte-rendu de la séance, cliquer ici.

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  • I/Introduction : Au temps des algorithmes, il paraît maintenant possible pour certains scientifiques de créer un être supérieurement intelligent, immortel, invincible et cela par d’autres moyens que la reproduction sexuée, et de rejoindre ainsi les thèmes de la mythologie et de la littérature de science-fiction. La machine est-elle, ou sera-t-elle, semblable à l’Homme, capable comme lui d’apprendre, de sentir, de décider ? Faut-il croire ceux qui l’annoncent déjà comme plus intelligente que l’être humain, susceptible de le remplacer au travail, d’enseigner, de soigner, de juger, de piloter une voiture sans provoquer d’accident, de prédire nos faits et gestes, d’anticiper nos comportements et nos pensées… A nous d’en décider !

    II/Définitions de l’intelligence naturelle : L’intelligence est le moyen dont l’humanité a été pourvue par l’évolution darwinienne pour survivre dans un environnement sauvage. Si elle consiste largement à l’acquisition de l’instruction, c'est-à-dire des savoirs utiles à la vie en société, elle n’a de sens que complétée par l’habileté à mobiliser les connaissances et à les associer. Nous avons coutume d’entendre par intelligence, la faculté de nous adapter à notre environnement, en apportant la réponse qu’il faut aux situations auxquelles celui-ci nous confronte.

    Dès les années 1980 le psychologue américain Howard Gardner, déduit que notre intelligence s’exprime de façons multiples et relativement autonomes : Logico-mathématiques, verbale linguistique, visuelle-spatiale, corporelle, kinesthésique, musicale, interpersonnelle et intra personnelle, ce à quoi Bertrand Vergely philosophe et théologien rajoute une intelligence spirituelle. La vie spirituelle consiste à retrouver la véritable intelligence de soi-même et de la vie en apprenant à lire entre les lignes, c'est-à-dire au-delà des apparences. Que dire des subtilités : feindre, ruser, tromper, réagir avec vivacité et intuition ? Un ensemble de philosophes a identifié sept circuits de la pensée : la déduction, l’induction, l’analogie, l’intentionnalité, la synthèse à priori, la compréhension, l’imagination. Pour d’autres la sagesse est le summum de l’intelligence, elle se place au cœur de la vie.

    L’intelligence émotionnelle recouvre de multiples caractéristiques du comportement humain : L’empathie, la maîtrise de soi, l’aptitude à conserver son humeur égale et à ne pas se laisser dominer par le chagrin qui asphyxie la pensée, l’ardeur, la persévérance, la faculté de s’inciter à l’action, la capacité d’espérer. Notre intelligence est inutile quand nous sommes sous l’emprise de nos émotions déclare Daniel Goleman psychologue américain. L’intelligence théorique ne prépare pas l’individu à affronter les épreuves de l’existence et à saisir les opportunités.

    Le cerveau est un ordinateur très complexe et d’une nature différente des circuits intégrés. Sa particularité, grâce à l’interconnexion de ses milliards de neurones, réside dans sa capacité à appréhender des situations inconnues, à inventer, à réagir devant l’imprévu et à se reprogrammer en permanence.

    III/ Définitions de l’intelligence artificielle ‘IA’ : L’IA est l’ensemble des théories et techniques mises en œuvre, en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence. On évoque l’IA forte et l’IA faible. D’autres remarquant la définition peu précise de l’IA, notamment la CNIL, la définissent comme le grand mythe de notre temps.
    Selon le site francophone au Québec : Le concept est d’élaborer des programmes informatiques, capables d’effectuer des tâches accomplies par des humains demandant un apprentissage, une organisation, une mémoire, et un raisonnement. Le but est de donner des notions de rationalité, des fonctions de raisonnement et de perception.
    Le grand basculement de l’IA s’est produit en 2012 avec le renouveau permis par le Deep Learning, système d’apprentissage et de classification, basé sur des réseaux de neurones artificiels numériques qui permettent à un ordinateur d’acquérir certaines capacités du cerveau humain. La technologie du Deep Learning apprend à représenter le monde c’est à dire la parole ou l’image (il ne faut au bébé qu’un nombre limité d’associations image-nom pour faire le lien, alors qu’il en faut des milliers à l’IA). Pour un énoncé ambigu du type : ‘ Antoine a réconforté Bob car il était énervé ’, nous subodorons sans peine que c’est bien Bob et non Antoine que désigne le pronom. Pour une machine, ce genre de compréhension reste pour l’instant très difficile.

    IV/ Le match du siècle : Avons-nous la certitude que jamais une IA n’égalera l’intelligence humaine ? Comment une machine pourrait-elle démontrer, prédire, juger, inventer, s’adapter, réfléchir, méditer, comprendre, interpréter, aussi bien que le cerveau humain ? Selon les transhumanistes, il est évident qu’à plus ou moins long terme l’intelligence jusqu’alors confinée dans son support biologique, le cerveau, deviendra progressivement non biologique, et considérablement plus puissante au point que des cyborgs remplaceront les humains. La question centrale posée par l’IA est finalement celle des limites que nous voulons fixer à notre hybridation. Certains médecins affirment que le sujet a été galvaudé jusqu’à devenir un fantasme désinformant le public et dénoncent l’imposture de l’IA qui devrait s’intituler l’informatique cognitive ; à l’instar de Stéphane Mallard, ils évoquent une disruption (séparation, rupture).

    V/ Interrogations : La question de la protection de l’intégrité cérébrale va devenir essentielle. Il s’agira d’un enjeu plus vertigineux encore que celui de la disparition de la vie privée. C’est désormais l’intégrité de nos cerveaux, ultime refuge de notre liberté, qui va être menacée.

    VI/ Approche de la CNIL Déc 2017 : Les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle : Objectif de son travail : Faire en sorte que ces nouveaux outils soient à la main humaine, à son service, dans un rapport de transparence et de responsabilité. Puissent ces réflexions alimenter celles en cours au sein des pouvoirs publics, dont celle de la mission Villani, mais aussi des différentes composantes de la société civile. Puissent-elles ainsi participer à l’élaboration d’un modèle français de gouvernance éthique de l’IA.
    Le véritable enjeu sera alors de s’assurer que les choix éthiques qui seront pris au stade du développement, ne feront pas l’objet d’une confiscation par « une petite caste de scribes » (Antoine Garapon juriste et magistrat).

    Conclusion de la CNIL : A l’ère numérique les principes de loyauté et de vigilance pourraient s’inscrire dans une nouvelle génération de principes et de droits de l’Homme.

    VII/ Rapport du député et chargé de mission Cédric Villani « Donner du sens à l’IA ». Le mathématicien et député s’est vu confier l’élaboration d’un rapport sur l’état du développement de l’IA en France et en Europe. Le constat est amer : « les pays les plus en avance sur le déploiement de l’IA sont les Etats Unis, la Chine, l’Angleterre, le Canada et Israël. Nous, n’y sommes pas. »
    Les leaders de l’IA et des nouvelles technologies surnommées les GAFAM américains, et ceux de la Chine BATX, attirent de nombreux chercheurs français, grâce à des salaires plus élevés ; aussi serait-il urgent de stopper cette fuite des ‘cerveaux’ français vers les GAFAM. Malgré sa capacité certaine à former des chercheurs à la hauteur de ces défis, la France peine à garder dans ses filets les ‘cerveaux’ qu’elle éduque. ‘Il y a un différentiel entre l’excellence de sa capacité de recherche et de formation d’experts en France et notre faculté à voir dans les grandes entreprises un développement de l’IA, au même niveau économique que nos concurrents’, a-t-il souligné. Cédric Villani a proposé tout un ensemble de mesures pour pallier ces inconvénients. Par ailleurs, il demande la création d’une instance éthique.


    VIII/ Discours et décisions du Président Macron suite au rapport Villani: Le 29 mars 2018 annonçant un programme national sur l’IA, Emmanuel Macron a déclaré quelques jours après, les détails de sa stratégie dans ce domaine clef des technologies futures de l’IA, pour veiller en particulier sur les questions d’éthique. Emmanuel Macron a insisté sur le moment crucial qui était en train de se jouer. « Les progrès de l’IA sont de nature à donner le vertige ».  Il a demandé de prévoir des axes de progrès autour de six chantiers :

    1/ Positionner la France comme pays leader de l’IA ;
    2/ Ouverture des données éléments clé d’une stratégie IA ;
    3/ La santé et le véhicule autonome, les deux secteurs prioritaires ;
    4/ Un plan de 1,5 milliard d’euros dédié à l’IA ;
    5/ Création d’un Laboratoire de la transformation publique ;
    6/ Une IA éthique et démocratique.

    Par ailleurs, il a annoncé la création d’un GIEC, dont le rôle sera de mener une réflexion prospective sur les impacts de l’IA. Le Président Macron indique que l’IA ne doit pas devenir une dystopie (récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre). « Rien ne serait pire que de laisser ces choix de société à des entreprises privées, ou à des pays non démocratiques ». Il appelle d’ores et déjà à prendre en compte nos valeurs et d’injecter de la « transparence et de la loyauté » dans nos algorithmes.

    IX/ Conclusion : Depuis la naissance de l’IA, c’est une longue histoire d’amour - haine. Beaucoup de propos issus de sociologues, psychologues, théologiens, neurobiologistes, médecins, philosophes, juristes, informaticiens, futurologues, aboutissent à diverses approches, et posent questions. Certains y voient la clef de l’avenir, d’autres le début de l’asservissement des humains. D’ores et déjà nous vivons une guerre des algorithmes pour capter et pirater l’attention des clients, les assister, les rendre dépendants. Ceux qui créer des dépendances cognitives gagneront la guerre économique.
    Ils ont les GAFAM, nous avons la CNIL et heureusement ! De sympathiques nains numériques pour tenter de cadrer les futuristes. L’enjeu principal pour l’humanité sera alors de déterminer des modalités de cohabitation avec l’IA. Il ne s’agira pas de stopper une technologie dont les effets sont inquiétants, mais plutôt de freiner les progrès qui apportent dans l’immédiat des services réellement utiles que tout le monde réclamera à cor et à cri. Le problème sera exactement le même pour l’eugénisme et la manipulation du vivant. L’argument de l’utilité commune sera très difficile à contrer.
    Alors que l’intelligence était déjà, dans sa définition étymologique même, la capacité à lier les choses entre elles, l’Homme devra demain devenir un virtuose dans la capacité à lier les intelligences biologiques et artificielles entre elles.

    Serons-nous assez intelligents pour contrôler l’IA ? Notre cerveau biologique est de plus en plus concurrencé par l’IA, sa cohabitation avec le cerveau de silicium pourrait conduire à des inégalités insupportables voire à une guerre des intelligences. Notre société va au-devant de trois crises :

    Une crise sociale, une crise éthique, une crise existentielle.

    Face à l’IA nous ne pèserons rien, du moins si nous restons les mêmes humains qu’aujourd’hui. Notre unique planche de salut sera de co-évoluer avec les machines et de définir des limites et des règles à l’IA.



                                                                                                                      Daniel Soulat 4 Mai 2019

    Pour relire des notes prises pendant la séance, cliquer ici

     GLOSSAIRE


    Algorithme : Description d’une suite finie et non ambigüe d’étapes ou d’instructions permettant d’obtenir un résultat à partir d’éléments fournis en entrée. Exemple le cas de l’Algorithme d’Euclide : les données d’entrée sont deux nombres entiers non nuls ‘a’ et ‘b’, tels que ‘a’ soit supérieur à ‘b’. Un algorithme renvoie, en général, d’autres données en sortie. Dans le cas de l’algorithme d’Euclide, il s’agit d’un nombre entier, qui est le plus grand diviseur commun PGCD des nombres ‘a’ et ‘b’.Ex a=471 b= 90, à chaque étape, calculer le reste r de la division de a par b, puis remplacer a par b et b par r. Quand le reste est nul, le calcul s’arrête et le résultat est le nombre b. En plus synthétique : r=a/b, (tant que a ≠ 0 (faire a=b, b=r, r=a/b), sinon fin), PGCD=b


    Apprentissage machine (ou apprentissage automatique, machine learning) : Branche de l’intelligence artificielle, fondée sur des méthodes d’apprentissage et d’acquisition automatique de nouvelles connaissances par les ordinateurs, qui permet de les faire agir sans qu’ils aient à être explicitement programmés. Alors que le programmeur doit traditionnellement décomposer en de multiples instructions la tâche qu’il s’agit d’automatiser de façon à en expliciter toutes les étapes, l’apprentissage automatique consiste à alimenter la machine avec des exemples de la tâche que l’on se propose de lui faire accomplir. L’Homme entraîne ainsi le système en lui fournissant des données à partir desquelles celui-ci va apprendre et déterminer lui-même les opérations à effectuer pour accomplir la tâche en question. Cette technique permet de réaliser des tâches hautement plus complexes qu’un algorithme classique. L’intelligence artificielle qui repose sur les machines Learning concerne donc des algorithmes dont la particularité est d’être conçus de sorte que leur comportement évolue dans le temps, en fonction des données qui leur sont fournies. Apprentissage : base théorique n’est pas modélisable dans le cadre de la logique déductive des connaissances dérivées, or il s’agit ici de la démarche inverse par observations limitées, tirée des généralisations plausibles, c’est un procédé par induction. La notion d’apprentissage recouvre deux réalités souvent traitées de façon successives :

    Mémorisation : le fait d’assimiler sous une forme dense des exemples éventuellement nombreux ; Généralisation : le fait d’être capable, grâce aux exemples appris, de traiter des exemples distincts, encore non rencontrés mais similaires.

    Apprentissage mode supervisé ou non : un apprentissage est dit supervisé lorsque le réseau est forcé à converger vers un état final précis, en même temps qu’un motif lui est présenté. A l’inverse, lors d’un apprentissage non supervisé, le réseau est laissé libre de converger vers n’importe quel état final lorsqu’un motif lui est présenté. Apprentissage machine supervisé : L’algorithme apprend des données d’entrée qualifiées par l’humain et définit ainsi des règles à partir d’exemples qui sont autant de cas validés. Apprentissage machine non supervisé : L’algorithme apprend à partir de données brutes et élabore sa propre classification qui est libre d’évoluer vers n’importe quel état final lorsqu’un motif ou un élément lui est présenté. Pratique qui nécessite que des instructeurs apprennent à la machine comment apprendre.

    BATX : Baidu moteur de recherche, Alibaba équivalent d’Amazon vente en ligne, Tencent messagerie, Xiaomi (≠Apple)

    Big data : Désigne la conjonction entre, d’une part, d’immenses volumes de données devenus difficilement traitables à l’heure du numérique et, d’autre part, les nouvelles techniques permettant de traiter ces données, voire d’en tirer par le repérage de corrélations des informations inattendues.

    Cognition : Est l’ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissance, mémoire, langage, raisonnement, apprentissage, intelligence, résolution de problèmes, prise de décision, perception, attention. Système Cognitif : comprend le langage humain, génère des hypothèses de façon statistique, s’adapte et apprend avec l’interlocuteur.

    Cyborg : De l'anglais « cybernetic organism », traduisible par « organisme cybernétique ») est un être humain, ou à la rigueur un autre être vivant intelligent, en science-fiction qui a reçu des greffes de parties mécaniques ou électroniques. La cybernétique étant l'étude exclusive des échanges à l’aide de processus de commande et de communication.

    Deep Learning ‘DL’ : Inspiré des neurosciences, son principe : laisser les ordinateurs apprendre par eux-mêmes.
    L’apprentissage profond est le socle des avancées récentes de l’apprentissage automatique, dont il est l’une des branches. On distingue l’apprentissage automatique supervisé, il nécessite que des instructeurs apprennent à la machine les résultats qu’elle doit fournir, qu’ils «l’entraînent ». Les personnes entraînant l’algorithme remplissent en fait souvent une multitude de tâches très simples. Des plateformes telles que le « Mechanical Turk » d’Amazon sont les lieux où se recrutent ces milliers de « micro-tâcherons » dont le rôle est d’étiqueter les immenses quantités de photographies utilisées pour entraîner un logiciel de reconnaissance d’images. Le système de captcha de Google « recaptcha » est un autre exemple d’utilisation à grande échelle d’humains pour entrainer des machines. Ces algorithmes d’apprentissage sont utilisés dans un nombre croissant de domaines, allant de la prédiction du trafic routier à l’analyse d’images médicales. Nota : les DL sont performants sans comprendre.


    GAFAM : Google moteur de recherche, Apple fabricant d’ordinateurs, Face Book réseaux, Amazon, Microsoft.   

    Intelligence artificielle (IA) On distingue l’IA faible (IA capable de simuler l’intelligence humaine pour une tâche bien déterminée) et l’IA forte (IA générique et autonome) qui pourrait appliquer ses capacités à n’importe quel problème, répliquant en cela une caractéristique forte de l’intelligence humaine, soit une forme de « conscience » de la machine. Une IA consciente : Elle est considérée comme impossible par les machines. Il faudrait des systèmes capables d’imiter le fonctionnement des neurones ainsi que du cerveau humain. Il faut passer par un apprentissage par l’expérience, s’inspirant des neurones biologiques, les réseaux de neurones formels utilisés avec des ordinateurs pourraient résoudre le problème. D’autres pensent que la pensée n’est pas calculable par des processus discrets et finis, idée réfutée par d’autres experts.

    Réseau de neurones artificiels: Modèle rudimentaire du cerveau humain, et qui par la suite s’est rapproché des méthodes statistiques. Une cellule neuronale possède une sortie et des entrées reliées à d’autres neurones. Ces réseaux partagent des propriétés importantes avec le cerveau humain. Pour apprendre à un réseau de neurones à reconnaître l’image d’un chat par exemple, on lui montre des images et on lui dit si c’est un chat ou pas. A aucun moment, un homme ne doit décrire ce qu’est un chat. Les réseaux de neurones artificiels sont capables de reconnaitre des formes, des caractères manuscrits, …) d’identifier, de classer. Utilité : les réseaux de neurones, en tant que systèmes capables d’apprendre, mettent en œuvre le principe de l’induction, c'est-à-dire l’apprentissage par l’expérience. Ils ne fournissent pas toujours les règles exploitables par un humain et restent souvent une boîte noire qui fournit une réponse quand on lui présente une donnée, mais donnent pas de justification facile à interpréter. Limites : les réseaux de neurones artificiels ont besoin de cas réels, servant d’exemple pour leur apprentissage (on appelle cela la base d’apprentissage).

    Réseau de neurones artificiels et algorithme : la large majorité des réseaux de neurones possède un algorithme ‘d’entrainement’, dont le but est de lui permettre d’apprendre, à partir d’exemples. Tout l’intérêt de ces réseaux de neurones réside dans leur capacité à généraliser à partir du jeu test. Il est donc possible de les utiliser pour réaliser une mémoire, on parle alors de mémoire neuronale.

    Le Système expert est un outil capable de reproduire les mécanismes cognitifs d'un expert, dans un domaine particulier. Il s'agit de l'une des voies tentant d'aboutir à l'intelligence artificielle. Plus précisément, un système expert est un logiciel capable de répondre à des questions, en effectuant un raisonnement à partir de faits et de règles connues.


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