• Le salaire à vie : une utopie ?

    1.      Préambule

     A partir des travaux de Bernard Friot (repris par Réseau Salariat[1]) sur le salaire à vie d'une part et la sécurité sociale d'autre part, nous allons débattre pour examiner cette utopie.

     2.      Exemple de salariés

     Essayons dans un premier temps de voir les caractéristiques d'une infirmière dans un hôpital (type CHU[2]). Elle est sous statut de la fonction publique et perçoit un salaire à vie.

     2.1.     La fonction publique

     Le statut[3] généralisé de la fonction publique d’État[i] s'appuie sur 2 éléments : 

     ·         le grade (et le corps) qui est attribué au fonctionnaire par concours. Ce grade est attaché à la personne.

                     Des exemples de grades :

            catégorie A : professeur, cadre administratif, directeur d’hôpital

            catégorie B : rédacteur, adjoint cadre hospitalier, assistant de bibliothèque

            catégorie C : adjoint technique, brigadier

     ·         la fonction définit le poste de travail. Un même grade peut donc exercer plusieurs fonctions. Par exemple un attaché territorial pourra se voir confier le poste de responsable du service foncier ou des affaires scolaires. Il verra donc ses missions successives changer, mais son grade demeurer. Les changements de poste peuvent se succéder au gré des besoins de la collectivité.

     

    2.2.     Salaires

     Le salaire de l'infirmière (et plus généralement du fonctionnaire) est versé en fonction du grade et à vie.

     Il provient de la cotisation sociale mise en place lors de la création de la sécurité sociale.

     Une caractéristique importante de ce mécanisme de financement est qu'il ne passe pas par l'épargne ou marchés financiers.

                                               Cotisations sociales   –---------->        salaires (soignants,…)

     

                                                                     –----->        ÉPARGNE    --------->

     Aujourd'hui ce type de financement représente près de 35 % du PIB[4] de la France, une part non négligeable hors du circuit des marchés financiers. Et 12 millions de personnes (5 millions de fonctionnaires et 7 millions de retraités) bénéficient de  ce principe et ont déjà un salaire à vie.

     3.        Généralisation salaire à vie pour tous

     Sur la base de ce qui existe déjà (35 % du PIB) :

     Comment poursuivre :

     ·         sur l'exemple du grade de la FP, attribuer une qualification à tous, qualification qui va servir à moduler les salaires. Voir ci-après.

     ·         sur la base de ce qui existe dans la FP et par généralisation de la cotisation sociale, attribuer un salaire à vie à tous en fonction de la qualification.

     

     Cela revient à définir le droit politique d'un salaire à vie pour tous (à partir de 18 ans par exemple).

     On peut imaginer 4 niveaux de qualification[ii] correspondant à des salaires allant de 1500€ à 6000€[5], par exemple. 

     Et la question qui vient de suite :

     4.       Où allons-nous trouver l'argent ?

     Aujourd'hui le total salaires (nets) + cotisations sociales : 1200 milliards €.

      Un salaire moyen de 25000€/an[6] x 50 millions de personnes = 1250 milliards €.

     4.1.     Mécanisme

     Un mécanisme similaire à celui de la cotisation sociale est mis en place : les entreprises versent un pourcentage de la valeur ajoutée à une caisse des salaires (CS) qui verse un salaire à tous, comme la sécurité sociale verse un salaire au personnel soignant aujourd'hui.

     4.2.   Étapes

     Plusieurs étapes peuvent être envisagées pour arriver au salaire à vie.

     Par exemple :

    ·         Une augmentation de la cotisation sociale[7] (de 16%, comme en 1946) permettrait de verser un salaire aux 18-25 ans. 1500*12*5millions = 90 milliards

           On peut s'inspirer de ce qui est en place pour les intermittents du spectacle qui perçoivent un salaire direct et un salaire indirect [iii] et généraliser.

              etc

    5.      Financement des investissements

     Un mécanisme similaire à celui de la caisse des salaires peut être envisagé pour les investissements dans les entreprises.

     Il faut se rappeler que les CHU dans les années 70 ont été construits sans faire appel aux marchés financiers. Une augmentation de la cotisation sociale a permis de trouver les finances nécessaires.

    6.      Structure PIB[8]

    6.1.   Définition du PIB

     Exemple baguette.

     Le prix de vente correspond aux consommations intermédiaires (farine, électricité du four, etc) + valeur ajoutée.

     La valeur ajoutée correspond au salaire du boulanger, à la cotisation sociale et au profit du boulanger propriétaire, dont une partie pourra servir à renouveler le four.

     La somme de toute les valeurs ajoutées au niveau France donne le PIB. Il est actuellement de 2000 milliards d'euros.

     

                  

    |

    |  Profits : 700 Mrds

    |

     

    |  Trav. ind:100

     

    |

    | Cotisations : 700[iv]

     

    |  Salaires : 500.

     

     

     

     

    Toute la richesse est produite par le travail (2000 Mrds €). Elle se répartit en :

     

    - Les cotisations + salaires = 1200 Mrds €

    - profits : 700 Mrds € (dont environ 400 vont à l'investissement).

    - travailleurs indépendants : 100 Mrds €

     

     

     

     Note : Le personnel soignant (hôpitaux par exemple) travaille et produit de la valeur économique (hors du circuit marchand)[9]. Le salaire qui lui est versé correspond à cette création de valeur.

     Après généralisation du salaire à vie, la structure du PIB deviendrait :

     

    |

    | Investissement : 700 Mrds

    |

     

    |

    |  Salaires : 1250 Mrds

    |

    |

     

     

     

     

     

     

     

    7.      Conclusion

     Cette utopie que nous venons d'examiner rapidement est sous nos yeux et fonctionne déjà. Elle représente 1/3 du PIB de la France. Est-ce encore une utopie ?

    8.      Références

    8.1.   Liens

    http://www.reseau-salariat.info : information sur le salaire à vie, les vidéos de Bernard Friot, etc

     8.2.   Livres

    L'enjeu des retraites : Bernard Friot

    Puissance du salariat : Bernard Friot

    Émanciper le travail : Bernard Friot

    L'enjeu de la cotisation sociale : Christine Jakse


    [1]    L'association Réseau Salariat (www.reseau-salariat.info) diffuse ses thèses et ses travaux.

    [2]    Centre Hospitalier Universitaire

    [3]    Mis en place en 1946

    [4]    Produit Intérieur Brut

    [5]    En 2010, Angus Deaton (Nobel économie 2015) et Daniel Kahneman (Nobel d’économie 2002), ont montré que l’argent faisait le bonheur, mais pas au-delà de 75 000 dollars par an, soit 6 200 dollars par mois .

    [6]    C'est le salaire moyen en 2014 (2100€ *12). Rappel le salaire médian est de 1700€

    [7]    En fait il faut simplement se remettre sur la trajectoire d'augmentation de la cotisation depuis 45, et qui a été stoppée en 1990.

    [8]    Produit Intérieur brut

    [9]    En effet c'est l'ensemble des salaires des fonctionnaires qui est pris en compte dans le calcul du PIB. C'est bien qu'ils correspondent à une valeur économique produite.

     



    [i]
          Qui comprend la fonction publique d'état (FPE) 50 % des effectifs, la FP territoriale : 30 % des effectifs, et la FP hospitalière 20 % des effectifs.

     

    [ii]    L'écart inter-décile entre les plus hauts salaires et les plus bas salaires dans la fonction publique est de 4. Il est aussi 4 dans le privé dans le cadre des conventions collectives bien négociées. D'où la proposition d'avoir quatre niveaux de qualification.

     

    [iii]    Le régimes des intermittents du spectacle montre le chemin.

          Ils perçoivent un salaire direct versé par l'employeur et un salaire indirect versé par l'ensemble des employeurs. Ce salaire indirect peut représenté entre 40 et 60 % du revenu de l’intermittent.  

     

    [iv]   700 Mrds : 150 M pour les fonctionnaires, 250 M pour les retraites, 200 M personnels soignants, 70 M chômeurs, 30 M famille. La contribution de l'administration au PIB est bien mesurée par la somme des salaires.

     

     

    « Compte-rendu de la réunion du 17 octobre 2015 du Café-Débat de Saint Quentin en Yvelines « La technologie va t-elle changer la nature de l'homme ? »Défis du développement durable »

  • Commentaires

    1
    Daniel
    Samedi 7 Novembre 2015 à 13:09

    pourquoi parler de salaire, puisque selon la définition INSEE c'est le paiement du travail convenu entre un salarié et son employeur (contrat de travail). Ne serait-il pas plus opportun de parler de rente (revenu périodique, non obtenu par le travail). Une autre manière serait l'allocation, ce qui est proposé en Finlande à titre expérimental par le Premier Ministre voir l'article http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2015/07/25/20002-20150725ARTFIG00001-en-finlande-travailler-pourrait-devenir-un-choix.php

    Dans cet article il est stipulé que cette allocation ou revenu universel versé à tous sans distinction d'âge, de situation sociale ou de santé. Puis il est évoqué un salaire minimum qui remplacerait alors toutes aides sociales en vigueur dont la pension de retraite. Les citoyens qui souhaitent avoir un niveau de vie plus élevé pourront bien sûr compléter ce revenu de base en étant salarié. Mon commentaire est que l'on va sur la retraite par capitalisation.

    Il est mentionné la valeur de PIB par habitant 4645 dollars en Finlande, 43910 euros en Allemagne, 37741 euros en France. Au delà de ces chiffres mentionnés dans l'article on peut également comparer les salaires moyen Finlande 46940 dollars / an, France 25560 euros net / an nous n'avons donc pas les mêmes volumes de cotisation de retraite.

    Elément important exprimé dans cet article par Isa Aldeghi chercheuse au Crédoc, elle évoque que travailler  ne sert pas seulement à gagner de l'argent mais est également un facteur d'identité, de sociabilité.

    Arnaud Montebourg aurait déclaré "ce serait une façon de transférer la responsabilité sur le citoyen", de mon point de vue il est montrer dans le livre "la société de défiance" des différences fondamentales entre le niveau confiance et de civisme Finlande / France. Pour ma part la notion de responsabilité fait référence à ces deux caractéristiques.

    Il y a donc du boulot à entrevoir sur le comportement des individus avant de généraliser cette approche.

     

      • Claude
        Lundi 9 Novembre 2015 à 23:23
        La principale difficulté du revenu de base c'est le fait de la voir comme une extension du RSA et de faire de nous des assistés.
    2
    Pierre M.
    Mardi 10 Novembre 2015 à 17:39

    Dès lors que l'on estime qu'un être vivant a le droit d'exister, on a le devoir de lui reconnaître le droit d'accès aux moyens qui lui permettent d'exercer ce droit (Groussard, Marsal, 1998).

    Pourquoi traiterait-on plus mal les êtres humains que les animaux dits domestiques, animaux de rente ou de compagnie ? Quel que puisse être le destin de ces animaux, on leur accorde gite et nourriture. Les spécialistes de l'élevage, les zootechniciens, depuis toujours savent en effet distinguer en matière d'alimentation du cheptel la ration de base, octroyée à tout animal pour qu'il puisse subsister, et la ration de production qui lui permet une activité productive (travail physique ou production de viande, de lait ou d'œuf). Il en va autrement pour les humains : si l'on est ni travailleur, ni propriétaire de biens ou de titres, le droit à logement et à nourriture n'est nullement assuré. La simple équité justifierait qu'on accorde au moins à tout humain ce minimum indispensable. Et peu importe le nom qu'on lui donne (revenu de base, universel, d'existence, etc.). Pour André Gorz (2003) " le revenu d'existence n'a de sens que s'il n'exige rien et ne rémunère rien". D'un point de vue éthique, il s'agit donc de donner à l'ensemble des humains, quel que soit leur âge et leur statut social, un minimum de moyens pour y parvenir. Autrement dit de leur distribuer une partie de la richesse créée. Mais tout le monde ne partage pas ce sentiment. L'idée la plus répandue est que chacun doit être rémunéré au prorata de la part qu'il prend dans la création de cette richesse. Alors de quelle richesse s'agit-il, comment justifier son partage et comment faire concrètement ?

    S'il y a peu de doutes sur l'origine de cette richesse (en dernière analyse elle est produite directement ou indirectement – sous forme de capital – par le travail humain), il y a désaccord sur la valeur qu'on lui attribue. On connait les deux grandes théories de la valeur économique, celle de la valeur travail, concept classique hérité de Smith, Ricardo et Marx, et, plus récente, celle de la valeur utilité (Jevons, Walras, Ricardo). C'est elle qui domine actuellement et sert de support idéologique au néo-libéralisme ambiant. Ce sont toutes les deux des théories de la "valeur substance", c'est-à-dire qu'elles confèrent aux biens une valeur intrinsèque. Elles ont l'avantage de se prêter au calcul, d'où la multiplication de modèles économétriques qui justifient les bonnes et (surtout) les mauvaises politiques économiques. Elles sont surtout clivantes et irréconciliables et donnent lieu à des controverses passionnées, sinon passionnantes. En témoigne un débat télévisé récent sur le revenu universel, où aux éructations d'un Bernard Friot refusant de détacher le revenu du travail, répondaient les lamentations d'un Martin Hirsch à la recherche de l'utilité de chacun (7/06/2013).

    Aujourd'hui, face à l'évolution du monde, ces concepts perdent de leur pertinence. L'augmentation continue et considérable de la productivité du travail décroche de plus en plus la production de richesse du travail humain, et la fiction du caractère inépuisable des ressources naturelles a fait long feu. Keynes avait bien prévu (1931) pour ses petits-enfants que " Trois heures par jour, et une semaine de 15 heures, constitueront une transition utile pour commencer". Il n'y a que nos gouvernants, de tout bord, pour s'acharner à vouloir aller à contre-courant, aggravant ainsi la situation, pour de simples raisons comptables (allongement de l'âge de départ à la retraite, allongement de la durée du travail, recours plus ou moins forcé aux heures supplémentaires et autres inepties de ce genre).

    Dans ce nouveau contexte, de nouvelles théories de la valeur commencent à émerger. Et même les néomarxistes en arrivent à contester la pertinence de la valeur travail (groupe allemand Krisis) ! Si la valeur n'est plus attachée aux objets ni aux services, elle est recherchée dans les relations économiques entre individus et objets et entre les individus eux-mêmes. Pour André Orléan par exemple (2011) elle est "une production collective qui permet la vie en commun". A signaler que sa position est très proche de celle de René Girard – décédé cette semaine – pour qui le fondement de la valeur était le "désir mimétique" propre à chaque être humain. Il n'est pas question de lister ici toutes les critiques ou les suggestions (comme cette idée d'émergence d'intelligence sociale chez Gorz déjà cité). Je ne mentionnerai que cette idée originale de valeur temps défendue par Yoland Bresson (1984, 2000), dans la mesure où c'est à partir d'étude économétrique prospective sur l'intérêt économique du temps gagné par l'avion Concorde qu'il en est arrivé à la conviction de la nécessité d'instaurer un revenu d'existence. Tous les chemins ne mènent pas seulement à Rome ! Ils conduisent aussi au constat de la nécessité de ce revenu.

    Ces idées commencent à battre son plein dans l'opinion, puisqu'elles ne sont plus, comme ce fut le cas à l'origine, un marqueur politique différenciant la gauche de la droite. En témoignent le projet du gouvernement de centre-droit finlandais ou la prochaine votation de la Suisse sur ce sujet (2016). Par contre sur les façons d'y parvenir le clivage est considérable : les tenants de la valeur travail mettent l'accent sur la rémunération de ce facteur (voir le "salaire à vie" de Friot), au risque d'imaginer un système bureaucratique et discriminatoire car non universel. Pour les adeptes de l'utilitarisme, l'idée de base est de corriger les inégalités de façon directe ou indirecte, par des subventions, aides ou prestations diverses qui, pour la plupart, contribuent à diminuer le coût de travail et peuvent s'analyser en dernier instance comme des "cadeaux aux patrons" (détaxations, RSA, CICE, etc.). L'analyse de Friot, même si on ne la retient pas, a au moins le mérite de montrer que la mutation est comptablement possible. L'ennui est qu'au niveau du financement elle demeure dans un classicisme dépassé : le travail étant la mesure de toute choses, il servirait aussi d'assiette aux prélèvements, alors que nous avons besoin d'une véritable révolution dans le domaine fiscal, comme celle que proposait notre regretté ami Jacques Weber, en mettant l'accent sur la consommation de ressources non ou difficilement renouvelables.

     

    Une chose en tout cas est certaine : avec l'épuisement du gisement du travail décent, la justice (voir J. Rawls) comme l'éthique devraient conduire à la dissociation au moins partielle de la rémunération et du travail. C'est d'ailleurs ce qui existe déjà. Un des exemples les plus frappants est le découplage des aides allouées aux agriculteurs dans le contexte de la PAC : elles représentent grosso modo (très variable selon les systèmes de production) la moitié du revenu des agriculteurs et sont octroyées sans obligation de production. Autrement il n'y aurait plus d'agriculteurs en France !

    3
    Jean-Jacques
    Dimanche 15 Novembre 2015 à 18:24

    Tu expliques très bien la problématique, et je partage à peu près tous les points de vue que tu exprimes. Je voudrais juste ajouter quelque chose : j'ai toujours été choqué, dans le système actuel, par la manière dont sont traités deux catégories de population.

    Les repris de justice, quand ils vont en prison, ont droit au minimum vital dont nous parlons : le gîte et le couvert, la nourriture, les soins, et même les distractions. Certes, ils sont privés de liberté et forcés de cohabiter avec des personnes que certains ne voudraient pas fréquenter, tout délinquants qu'ils soient. Finalement, aller en prison procure le minimum vital, et il y a là quelque chose de vaguement choquant.

    Les handicapés, pris en charge par la société, plus ou moins bien selon leur handicap et la lourdeur de leur pathologie, bénéficient eux aussi, au travers des diverses allocations existantes, de l'aide de la société pour vivre à peu près décemment. Cette fois, cela me paraît plus normal, et même parfois insuffisant.

    Par contre, les personnes pauvres, non handicapées, non délinquantes, même si elles peuvent souvent bénéficier d'aides diverses, ont une vie très dure, sans doute le prix de leur liberté ou de leur autonomie qui les rendrait théoriquement capables de subvenir elles-mêmes à leurs besoins. C'est là que l'effort devrait porter en priorité au travers de l'édification d'un revenu de base qui réponde vraiment aux besoins de tout le monde.

     

    4
    Jean-Pierre
    Lundi 16 Novembre 2015 à 21:59

    Mes réactions à chaud lors du débat(trop abruptes sur la forme, je m’en excuse)!

    1)      Sur § 4.2 «  On peut s’inspirer du régime des intermittents du spectacle qui perçoivent un salaire direct et un salaire indirect et généraliser »

    Ce régime montré ici en exemple fait l’objet de beaucoup de controverses car il n’est pas du tout équilibré financièrement parlant, au point de donner lieu à de nombreux rapports alarmants de la Cour des Comptes.

    Celui de février 2012 nous apprend qu’il concerne environ 100.000 personnes en nombre croissant. En 2010, elles ont cotisé à l’UNEDIC pour 232 millions d’€ et en ont reçu 1.263. La CDC dit : « En 2010, le déficit du régime des annexes 8 et 10 a représenté un tiers de celui de l’assurance chômage dans son ensemble, alors même que les intermittents ne représentaient que 3 % des demandeurs d’emploi en fin d’année ». Il est de plus à noter que ce déficit est financé entièrement par les employeurs et employés du Privé à travers l’UNEDIC, la solidarité du Public se limitant à profiter des spectacles. Ce curieux et avantageux privilège n’est donc pas généralisable.

    Comment peut-on le prendre comme exemple ? 

    2)      Sur l’analyse du PIB en salaires  et profits

    Je tente une comparaison entre les chiffres du document et ceux que donne l’INSEE pour le PIB 2014.

    http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1549.

    Des rubriques INSEE à gauche, j’essaie de me rapprocher des rubriques du document:  // 2.000  (en Md€)

    PIB : 2.132 = 1.910 Valeur Ajoutée + 222 Impôts sur produits (TVA, …)       // 2.000 

    Rémunérations des salariés

    des entreprises : 793                                                         // Cotisations : 700

    des administrations : 278                                                  // Salaires : 500

    des entrepreneurs individuels (EI) : 87                           // Travailleurs  Indépendants :   100

                                       total : 1158                                       //  1.300

    Profits :

    Excédent Brut d’Exploitation des:

    *sociétés non financières : 316

    *sociétés financières : 36

    *ménages (locations, ….) : 177

                                           total : 529                                           // 700  

    Je trouve aussi EBE + Revenu Mixte des entreprises : 468

    Dont investissements :             

    En additionnant les 3  formations brutes de capital fixe,

    on trouve : 379  dont 264 pour les entreprises                 //400

                                           115     pour les particuliers

    Conclusion partielle : pour un non spécialiste de bonne volonté, il est difficile de rapprocher de façon sure (problème de définition et de contenu de chacune des nombreuses lignes) la présentation INSEE du PIB 2014 du document. Cela dit les ordres de grandeurs semblent assez proches pour la partie salaire, Entrepreneurs Individuels compris : les totaux sont à moins de 15 % près.

    Par contre les différences sont énormes sur la rubrique Profits dont Investissements. En effet il y a loin de l’EBE INSEE à la notion de profits citée ici qui d’habitude fait référence  au bénéfice net classique d’une entreprise dont une partie est distribuable aux actionnaires.

    Pour essayer d’estimer l’ordre de grandeur du bénéfice net des entreprises françaises, j’utilise le budget 2015 qui prévoit un Impôt sur les Sociétés (IS) de 58 Md€. Le taux de l’IS étant de 33% mais bénéficiant parfois de réduction, je l’estime à 25 % ce qui correspond à une fourchette de 200 à 250 Md€ de bénéfices annuels avant impôt et donc un bénéfice net de 150 à 200 Md€.

    Autant au niveau des salaires versés, une similitude existe, autant au niveau des profits, ils sont estimés à 3 à 4 fois leur valeur réelle. Quelle volonté derrière cette étrange erreur ?

    3)      Conclusion sur l’analyse comptable : 

    L’essentiel du raisonnement  du document  se résume à : c'est possible comptablement sans beaucoup changer, donc cette utopie est réaliste. Ayant du coup essayé de regarder la compta nationale…  en comptable amateur, je montre de nombreuses anomalies dont les principales viennent d’être analysées.
    Ce niveau d'erreurs orientées dénote soit un amateurisme inquiétant voire insolent  pour qui veut changer toute la Société, soit une volonté sournoise d'imposer de façon "subliminale" des idées para totalitaires déjà mises en œuvre ailleurs avec le succès que l'on sait. La frontière entre la naïveté et la mauvaise foi est difficile à tracer, sauf que pour l'auditeur, le message reçu est le même.

    Il y a une fatalité humaine qui fait que l'égalitarisme  profitera toujours  très grassement à ceux qui l'imposent au détriment de leur victime, l’ensemble de la population.

    Mes réactions à froid sur le fond
    Le sujet m'avait paru intéressant car je me pose souvent la question: comment se fait-il que notre pays la France qui a le taux d'imposition générale (impôts directs et indirects, taxes sur salaires, etc : regardez vos factures d'eau, de gaz, ..il y a toujours des taxes en plus du produit de base et de sa TVA) le plus élevé (entre 53 à 55% du PIB) des grands pays développés ne réussissent pas mieux, en contrepartie légitime, son filet social en faveur de ceux qui en ont besoin, ni même à diffuser efficacement les pratiques Ecologiques dans sa population?
    Ma conviction est que notre machine à redistribuer fonctionne de plus en plus mal:
     

    1) elle redistribue mal et n'incite pas à se dynamiser personnellement pour bonifier l'aide reçue

    2) elle consomme, elle prélève beaucoup trop pour son propre fonctionnement au détriment des secourus et de la Nation. Elle en devient prédatrice avec les meilleures intentions (apparentes) du monde. Cf les dernières aventures fiscales, les remarques du Président  et du 1er Ministre, ... mais ce défaut n'est pas d'hier!
     
    Du coup, on peut effectivement proposer des alternatives éventuellement utopistes en jouant sur la répartition de revenus supposés constants (ce document), plus difficilement en augmentant la richesse produite ce qui suppose une attitude créatrice de valeur bien différente  de celle du grand répartiteur étatique omniscient et omnipotent.

    Avant d’accentuer son côté « grande distribution », l’Etat a un premier devoir qui est, à travers principalement l’Education Nationale, de donner à chacun les outils minimum pour réussir son développement personnel. Comme pour les gens de mon époque, il s’agit des outils de base (lire, écrire, compter) pour acquérir petit à petit une culture générale de base permettant de monter efficacement dans le train de la vie.

    Si l’Etat et aussi la Société ne réussissent pas ce premier devoir pour lequel nous dépensons beaucoup et comme de toutes façons, il restera quelques personnes hors du train, on doit penser à un filet de protection dont le déploiement réussi concernera une frange de notre société. En cas de problème, avant d’augmenter le montant global alloué, il faut s’occuper sérieusement de la machine à redistribuer pour augmenter son efficacité, par exemple en simplifiant le système. 

    Vouloir faire évoluer l’Etat vers une énorme machine à tout redistribuer  alors que la machine partielle d’aujourd’hui fonctionne déjà mal  et ceci seulement  pour être un genre de Service Après-Vente d’une  Education Nationale et d’une Société  insuffisamment efficaces me parait relever d’une fuite en avant pour le moins douteuse, à moins d’y voir un intérêt personnel ou idéologique sournois.

    Rappelons-nous du proverbe chinois que je cite approximativement :

    ·         Si tu veux faire d’un pauvre homme ton éternel obligé, donne lui à manger,

    ·         Si tu veux faire de lui un homme libre, apprend  lui à pêcher.

    C’est pourquoi je ne tiens pas cette utopie ci pour un progrès mais plutôt comme une servitude habilement déguisée.

    °°°°°°°

                                                                                                

    5
    Pierre M.
    Mercredi 18 Novembre 2015 à 01:00

    Les démonstrations de Jean-Pierre sont  intéressantes mais pas convaincantes. Il est bien évident que le régime des intermittents du spectacle, régime d'exception justifié par un contexte particulier, n'est pas généralisable. Il est bien évident aussi que des calculs globaux "à la louche" ne peuvent plaider ni pour ni contre une mesure qui suppose  une modification substantielle du panorama économique et fiscal général. Et même comptable. Nul n'est comme Michel Foucault capable de porter un jugement sur la normalité d'un système à partir de ses a-normalités (la folie, la prison).

     

    L'idée de revenu universel – quel soit le qualificatif employé – fait son chemin (comme l'idée des monnaies complémentaires d'ailleurs). Il suffit de lire la presse. Mode ? "Marronnier" de journaleux ? Plus certainement tentatives de réponse, éthique, sociale, économique, à une situation économique insupportable. Sans détailler, sans revenir sur ce que j'écrivais sur ce blog il y a quelques jours, une des premières justifications de cet outil réside dans l'accroissement des inégalités, reconnu par tous, y compris par les économistes les plus orthodoxes : c'est là une des principales causes du dysfonctionnement de nos sociétés. Le prix Nobel Joseph Stiglitz, dans son dernier ouvrage, indiquait que 80 (ou 85 je ne me souviens plus) milliardaires dans un autobus rassemblaient une fortune égale à celle de la moitié la plus pauvre de l'humanité, soit plus de 3 milliards ! Une autre raison, moins apparente  mais tout aussi réelle, est l'incapacité des thérapeutiques utilisées pour prévenir les crises économiques. La crise de 1929 a débouché sur les recettes keynésiennes. Celle de 2008 sur… rien du tout. On continue à appliquer les mêmes recettes. Business as usual. Alors que la doxa néolibérale avec ses leitmotive déconnectés de la réalité (efficience des marchés, anticipations rationnelles, etc.) continue à sévir. Ce n'est pas qu'il manque au monde des économistes de valeur qui ont pris la mesure de la situation, c'est surtout qu'ils sont inaudibles, et peu visibles, dans les médias dominants comme sur les bancs des universités. La pensée unique se reproduit et il faudra du temps ou peut-être des drames pour adapter notre système économique à la nouvelle réalité du monde.

     

     

    En tout cas il faudra du temps pour faire évoluer les mentalités. Comme il a fallu du temps, de la pédagogie et la puissance financière de nombreux think tanks pour imposer l'idéologie néolibérale du Consensus de Washington et les Reaganomics, qui dominent encore aujourd'hui le paysage politique et économique contemporain.

     

    Pour ce qui me concerne, je pense que les propositions de Bernard Friot sont intéressantes, mais ne constituent pas une réponse au problème posé (ne serait-ce que du fait de sa non universalité, de son caractère bureaucratique, etc.). Et pour de nombreuses raisons qu'il serait trop long de développer ici. Mais il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain.

      • Mercredi 18 Novembre 2015 à 18:09

        "l'accroissement des inégalités, reconnu par tous"?  Je ne le pense pas. Ce qui est reconnu par tous, c'est l'envolée des très très hauts revenus, et notamment des très très hauts salaires (le premier "centile" ou "millile" de Piketty). mais pour ce qui est du reste de la population, je ne crois pas qu'il y ait un accroissement des inégalités, par rapport à, mettons il y a cinquante ans. Regarde par exemple l'accroissement du nombre de bagnoles, ou de logements.

        Ce qui est vrai, à mon avis, est que la peur du déclassement augmente.

    6
    Jean-Jacques
    Mercredi 18 Novembre 2015 à 07:56

    Je voudrais quand même faire une remarque sur la question des inégalités et de la richesse extraordinaire de certaines personnes.

    Quand on dit que Bill Gates possède une fortune de disons 50 milliards de $, il ne faut pas imaginer qu'il a un compte en banque à ce niveau d'où il peut tirer ce qu'il veut quand il veut. L'essentiel de sa fortune est investie en capital dans diverses entreprises, dont Microsoft mais bien d'autres, et que ce capital investi sert à ces entreprises pour réaliser des produits divers, c'est à dire contribue à faire travailler des milliers de personnes. Il serait bien d'avoir une étude pouvant chiffrer ces retombées des investissements de ces riches milliardaires en termes de création d'entreprises et d'emplois .

      • Mercredi 18 Novembre 2015 à 18:15

        Oui, mais va te promener à Saint-Tropez, tu verras des yachts à plusieurs dizaines de millions d'euros, regarde les cadeaux de l'héritière de Loréal à son copain coquin (500 millions pour Noël).... Tu n'as donc pas complètement raison.

    7
    Jean-Jacques
    Mercredi 18 Novembre 2015 à 18:51

    Quelqu'un qui me dirait que j'ai raison à 100% aurait certainement tort à 100%..

    C'est l'éternel bataille entre l'utile et le superflu. Les yachts des milliardaires sont inutiles : on n'a pas besoin de ça pour vivre, et même pour s'amuser, c'est déconnecté du "bonheur". Mais par ailleurs, on peut dire aussi que la fabrication de ces yachts a fait travailler X personnes pendant Y mois. Ou comme l'a rappelé Pierre à l'avant dernière réunion du CD : payer des gens à creuser des trous et d'autres à les reboucher, ça procure du travail à plein de gens...

    C'est pourquoi je parle de faire une étude, et je n'affiche pas d'opinion a priori sur ce que je crois qu'on trouvera..

      • Vendredi 20 Novembre 2015 à 17:38

        Il doit y avoir en économie une notion que je qualifierais de "fécondité économique". Quand on paye des gens à creuser, puis reboucher des trous, cela sert à ces personnes, mais cela s"arrète là. Si maintenant j'imagine quelqu'un qui fabrique des pièces pour un moteur, il va les vendre, et donc non seulement il aura un salaire, mais le garagiste qui achète ces pièce réparera une voiture, et touchera lui aussi un salaire, et ainsi de suite; Dans le cas des yachts de Saint Tropez, la fécondité doit être à peu près la même que pour le creuseur-reboucheur de trous: ces yachts restent à quai le plus souvent et donc ne servent pas à grand-chose.

        la fécondité économique de Bill Gates et consort est évidente. celle de Bernard Tapie ne l'est pas, à mon avis.

    8
    Pierre M.
    Jeudi 19 Novembre 2015 à 00:00

    Il y a environ une semaine (le 10/11/2015), je justifiais le revenu universel par des raisons éthiques, faisant valoir qu'il n'était pas normal que les humains soient plus mal traités que les animaux. Du moins les animaux à qui on accorde le droit d'exister à qui on fournit gite et alimentation de subsistance sans contrepartie  (ration de base). Alors qu'on commence à redécouvrir Gilbert Simondon, un peu plus d'un quart de siècle après sa disparition, j'aurais pu en le citant aller bien plus loin : "ce serait un progrès moral inestimable si l'on appliquait à tout être humain et plus généralement à tout vivant les normes de protection, de sauvegarde et de ménagement que l'on accorde intelligemment à l'objet technique : on doit traiter l'homme au moins comme une machine, afin d'apprendre à le considérer comme celui qui est capable de les créer" ("Sur la technique", éd. 2014).

     

    - Réponse à Benoît : la croissance des inégalités ne serait pas reconnue de tous ? Les économistes ne sont pas des ignares, ils savent lire les statistiques. Ce sont les conséquences qu'ils en tirent qui font les différences d'appréciation. Certes Thomas Piketty a eu le grand mérite de creuser la question et de la faire connaître (bouquin vendu à 1,5 millions d'exemplaires dans le monde !). Mais c'est aussi aujourd'hui au centre des préoccupations de l'OCDE et du FMI. Cela ne veut pas dire pour autant qu'ils en tirent les bonnes conséquences.

    - Réponse à Jean-Jacques : les milliardaires ne sont pas nécessairement des salauds. Il est vrai que leur argent ne dort pas dans des bas de laine. Il est vrai aussi que beaucoup d'entre eux (surtout aux USA au travers de fondations, et bien moins en France) utilisent leur richesse à des œuvres utiles, culturelles ou philanthropiques. Voir par exemple la Fondation Melinda et Bill Gates. Mais cela ne change rien à l'affaire.

     

    9
    Daniel
    Jeudi 19 Novembre 2015 à 10:00

    Dans son récent livre "Faire" éditions Albin Michel, pages 117-118, François Fillon propose une allocation sociale unique qui se substituerait au RSA, à la prime pour l'emploi, à l'allocation solidarité spécifique, à l'allocation de parent isolé, au chômage longue durée, à l'allocation d'adulte handicapé, au minimum vieillesse, au minimum d'invalidité et à l'allocation logement. Un seul guichet, un seul dossier, une seule allocation transparente et juste. Ce serait un véritable impôt négatif, individualisable, sans effet de seuil. Sa gestion unifiée serait moins coûteuse, elle faciliterait grandement la lutte contre les fraudes, elle permettrait de s'assurer que les revenus de l'assistance demeurent en deçà de ceux du travail.

    On remarque qu'il est employé le mot allocation et salaire, en dehors de cette proposition il en propose d'autres dans différents domaines notamment pour relancer l'emploi, réformer l'éducation, aider l'innovation, etc.

      • Daniel
        Jeudi 19 Novembre 2015 à 10:02

        une erreur de ma part s'est glissée dans ma remarque, il faut lire allocation et non salaire

    10
    Jean-Pierre
    Jeudi 19 Novembre 2015 à 23:44

    Plusieurs remarques au fil des contributions:

    Comptabilité: pour moi, c'est une mesure physique des échanges d'argent donc de biens, de services et de travail. Elle n'est pas "politique". C'est un facteur de transparence que redoutent les démagogues, les petits ou grands patrons incompétents et les aventuriers (Madoff ...)

    Keynesianisme et politique des Banques centrales. Du peu que je connaisse, il consiste dans une situation de crise déflationniste à ce que les Etats injectent de l'argent facile dans le circuit économique pour soutenir  ou relancer l'activité. Un exemple emblématique est une politique de grands travaux routiers ou autres y compris l'armement. Emblématique JD Roosevelt après 29 .De Gaulle l'a fait aussi à son retour au pouvoir. La politique des BC US et E de prèter à taux zéro depuis 2009 et 2013 autant qu'on veut ne semble pas avoir le même effet alors qu'elle est de même nature me semble-t-il. Comme si on ne trouvait plus de bons et beaux projets pour les utiliser? Les déficits récurrents de la France et d'autres pays ne semblent pas non plus leur donner une meilleure santé, alors que la aussi, on injecte de l'argent. Bien curieux et gènant ! A mon niveau, on est la dans le domaine de la "grande économie" qui à la différence de la basique compta ci-dessus n'est ni transparente ni tellement prédictive ni même répétitive!

    Accroissement des inégalités: Les exemples cités montrent effectivement des écarts de richesses considérables. Quand ce sont des entrepreneurs qui sont devenus riches, je pense à tous les emplois que leurs entreprises ont créés. Moi-même, j'ai bossé dans une entreprise aventureuse mais qui résulte exclusivement des initiatives hardies de Louis Renault en 1898 et à la suite. Ce dont je suis quasi sur, c'est que LR comme les autres créatifs a d'abord bossé pour assouvir sa passion des voitures avant de penser à s'enrichir, ce qu'il a néanmoins fort bien réussi  ensuite aussi.

    J'ai parcouru le livre de T Piketty qui analyse les sociétés occidentales de façon bourgeoise. Il dénote effectivement une accumulation de richesse qui me parait énorme. Mais n'est-elle pas aussi la récompense (excessive peut-être) des services rendus par l'innovation? Il est dommage que TK n'ait pas analysé la richesse des "élites" des pays marxistes (ou communistes ou socialistes selon la période!) car cette "élite" disposait non seulement d'une richesse matérielle énorme (souvent cachée!) mais aussi un pouvoir politique absolu, autre forme de richesse sans commune mesure celle-ci, que n'ont pas nos riches bourgeois. Trop compliqué d'additionner les 2 richesses pour nos jeunes économistes? Cette situation qui découle directement de la philosophie et du système marxiste est tellement intéressante, enrichissante que 2 pays au moins ont créé des dynasties marxistes héréditaires : Cuba et la Corée du Nord, comme la famille Bettencourt mais en pire! En tout cas, à ma connaissance, à part la Kalachnikov, le marxisme n'a pas inventé de produit de grande consommation pour les masses populaires comme il le promettait dans sa publicité pardon philosophie . Qu'ont-ils fait de leurs doubles richesses personnelles pour leurs peuples?

    Je ne sais pas ce que la société occidentale avait promis, mais elle a quand même quelques  bonnes réalisations à son actif.

    TK n'a pas non plus regardé les publications de l'ONU qui montrent que ces 15 dernières années, le nombre de pauvres gens en dessous du seuil de pauvreté s'est réduit de 1 milliard bien que la population mondiale ait cru de ? milliards ou centaines de millions. Mais d'accord il reste beaucoup à faire. Bill Gates s'en occupe sur le plan santé.

    Dans les analyses d'inégalités, je suis d'accord que la morale doit avoir un certain poids, mais je pense aussi que la banale jalousie en a beaucoup trop. En tout cas c'est ce que m'inspire la remarque de J Stiglitz dont la réponse à la demande de N Sarkozy sur les nouveaux indicateurs a fait moins de bruit que son bus collectif

    Si vous voulez avoir un autre point de vue, voyez par exemple Bernard Zimmern à :  http://www.emploi-2017.org/-qui-sont-les-riches,r0019-.html  .

    JPV =1/3TK + 1/3 BZ + la curiosité et le plaisir d'échanger

    Salaire à vie: A titre personnel, je n'aime pas être trop dépendant car je ne sais pas où ça mène. Quand je le peux, je préfère donner que recevoir (je m'idéalise un peu!). Je considère que tout ce qui est gratuit est vite gaspillé et finit même par être déconsidéré. Ca n'encourage pas la générosité! Pour ces raisons personnelles je n'aime donc pas la notion de salaire à vie que notre richesse comptable permet presque déjà (voir plus haut "l'allocation sociale unique" qui parait l'oeuf de Collomb dans l'océan de la complexité actuelle). Je préfère mériter mon salaire (.. à la sueur de mon front?) mais d'accord pour cotiser pour ceux qui ont besoin de notre aide.

    La comparaison avec les animaux me va bien. Le fermier prend effectivement grand soin de ses bêtes, nourries, logées, soignées également et même dans leur cas équitablement car ce ne sont pas elles qui touchent le prix inégal de leur vie vente mais le fermier philosophe.

    Bonne nuit

     

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