• Comment traiter un problème

    Comment traiter un Problème ?

    E2C78/ JP Vérollet / 11-03-2008

     

                 Consciemment ou inconsciemment, nous sommes souvent préoccupés par des problèmes (pas seulement scolaires bien sur !). Nous éprouvons du plaisir à les surmonter, mais  pouvons être démoralisés si nous échouons à les traiter.

    Peut-on améliorer notre façon d'aborder et de résoudre les problèmes de la vie courante ?

    Voici un guide, un chemin à parcourir, un peu complexe et même un peu « lourd » au quotidien pour les petits problèmes, mais à utiliser comme référence qu'on garde en tête pour les cas difficiles.

     

    Au fait, qu'est-ce qu'un problème ?

    Selon le Larousse:

    -         une question à résoudre par des méthodes logiques, rationnelles dans un domaine scientifique.

    -         difficulté souvent complexe à laquelle on est confronté: « j'ai un problème... ».

    Pour l'exposé, un problème est :

    -         une insatisfaction par rapport à un besoin matériel ou relationnel

    -         une difficulté pour atteindre un objectif qu'on s'est fixé,

    -         une difficulté pour détecter le besoin d'une action personnelle, la décider et la réaliser

     

    Quelques aides à la « résolution de problèmes ».

     

              Nous vous proposons le questionnement  suivant, simple formalisation de la démarche que chacun pratique inconsciemment, enrichie de l'expérience commune.

     

    1)    Mon problème est-il réel ? Quel est le vrai problème que j'ai à traiter ?

    Cette étape est importante car selon le dicton populaire « problème révélé = problème à moitié résolu! ». 

    Souvent, selon son humeur, on voit des problèmes partout ou au contraire on accepte tout sans rechigner !

    En fait, il faut prendre du recul pour s'assurer que l'on est en face d'un vrai problème (répétitif, qui revient souvent à l'esprit, qui gêne ou empêche de progresser) et non pas d'une péripétie vite oubliée de la vie quotidienne ! Ainsi, on précise le problème (ex: je ne veux plus être en retard au travail, aux réunions de famille, d'amis,....- je cours toujours après le temps - je voudrais m'arrêter de fumer- ...).

    Cette étape nous oblige aussi à  confirmer  la motivation indispensable pour espérer le résoudre !

     

    2)    Quelles sont les causes de mon problème ?

    Il faut se poser la question: « Pourquoi  mon problème existe-t-il »

    -         Les causes peuvent être internes (dues à soi, son comportement,...) ou externes (le contexte, les « autres », ...). Comme il est plus facile d'agir soi-même que de faire agir ou changer les autres, il faut approfondir d'abord les causes qui dépendent de soi avant de se tourner vers les causes externes, sans présager de son choix final.

    -         Un problème peut avoir plusieurs causes d'importances différentes: causes principales et secondaires.

    -         Pour réussir, il faut remonter aux vraies causes ou causes profondes en cherchant parfois la cause de la cause (je ne trouve pas un objet parce que je n'ai pas rangé, éliminé ou classé, étiqueté,....)

    -         Se méfier de ses a priori, de ses idées préconçues, de ses automatismes de pensée qui  font tourner en rond ! Souvent, on s'attache à un détail et on fonce aussitôt à la solution... qui n'en est pas une car on n'a pas vraiment analysé le problème! Il faut savoir remettre en cause son analyse, son jugement en particulier quand on bute toujours au même endroit sur le même problème. Il faut avoir le doute constructif.

    -         Quand on a affaires à des personnes, il faut s'assurer qu'on les a bien écoutées, comprises pour ne pas partir d'un malentendu ! En particulier, il faut éviter les jugements de valeur, les opinions toutes faites qui empêchent d'écouter une personne et de tirer bénéfice de ses remarques.

    -         Bien distinguer causes et conséquences (ou effets): la cause précède les conséquences. Si on supprime la cause, la conséquence disparaît. Attention néanmoins : ceci n'est pas toujours vrai car, dans la Nature, un effet peut avoir plusieurs causes et une cause plusieurs effets !

    -          De fait, il n'est pas facile de faire le tour des causes... car on ne les connait pas au début!

    Raison de plus pour bien réussir cette étape! ... sans toujours imiter  les Japonais qui affirment que pour trouver la cause profonde d'un problème industriel, il faut appliquer la « règle des 5 Pourquoi » !

            3) Quelles sont les solutions possibles à mon problème ?

    Maintenant, il faut se poser la question « Comment  remédier aux causes détectées? »

    -         Il faut se forcer à rechercher d'abord des solutions aux causes principales ou profondes.

    Ensuite seulement les causes secondaires, même si c'est plus facile, car la solution est rarement « sous le lampadaire » !

    -         On trouve des solutions en analysant avec son expérience, son intuition et en faisant appel aux capacités des personnes qu'on peut contacter (famille, amis, enseignants, internet, …). Si on les sollicite aimablement,  les gens aident volontiers par leurs conseils.... souvent utiles mais qui ne sont pas toujours bons. En effet, ils ont eux aussi parfois leurs idées toutes faites pour résoudre un problème. mais ce n'est pas du vôtre qu'il s'agit !

    En cas de difficultés ‘insolubles’, il faut savoir mobiliser sa propre créativité par des astuces: changer l'angle d'attaque, faire d'un inconvénient un avantage,  changer le problème pour le résoudre autrement,...

     

    4)    Comment passer à l'action pour traiter le problème ?

    Le moment est venu d'établir son plan d'action, mot un peu pompeux mais étape à ne pas sauter !

    En bâtissant ce plan, nous pourrons nous fixer un objectif réaliste (comment? avec quoi? dans quel délai?) de résolution de ce « foutu problème ».

    -         Classer les solutions par efficacité, difficulté et rapidité de mise en oeuvre.

    -         Sur un problème simple, traiter une seule cause, la principale, est souvent suffisant.

    -         Sur un problème plus complexe (argent, santé, situation,...), il est souvent utile de mettre en oeuvre plusieurs solutions pour s'approcher de l'objectif. L'expérience confirme bien sur qu'il faut traiter les causes principales, mais que souvent nous pouvons progresser aussi par des actions rapides et légères dont les résultats nous encouragent à continuer et nous aident à patienter.

    -         Définir son plan d'action: liste des actions à entreprendre et leurs échéances.

    -         Il faut choisir les solutions qu'on sent les plus sûres, les plus efficaces... et les plus faisables.

    -         Ne pas hésiter à consulter quelqu'un de confiance et d'expérience. Ne pas hésiter à  faire ce choix en plusieurs fois, à se donner le temps de la réflexion : la qualité prime sur la rapidité.

    -         Bien sur, il faut simplifier autant que possible et ne pas planifier comme un débarquement sur la lune un petit déplacement, ...encore que pour avoir des billets Prems SNCF !

    -         Une fois le plan décidé, il faut l'attaquer le plus tôt possible même si, au début, il semble ne pas y avoir d'urgence. « Le temps perdu ne se rattrape jamais » dit la sagesse populaire!

     Son agenda suffit le plus souvent pour afficher le plan!

     

           5) Pourquoi et comment suivre son plan d'action ?

    -         Il faut bien réaliser que le plan d'action portant sur le futur est incertain par nature: il est écrit dans le marbre pour la motivation, mais au crayon pour la réactivité et l'humilité face aux évènements !

    C'est pourquoi, pour les problèmes complexes, nous devons « surveiller la réalisation du plan »

    -          Prendre rendez-vous avec soi-même pour contrôler les opérations et entretenir sa motivation.

    -         Réagir si le plan ne se déroule pas comme prévu, l'adapter, le corriger en fonction des évènements. Dans un cas complexe ou de longue durée, il arrive parfois d'être obligé de devoir recommencer son plan car le contexte a pu changer. Cela ne résulte pas forcément d'une défaillance personnelle!

    Devant les difficultés, il ne faut pas désespérer mais persévérer avec ténacité ! Il ne faut pas s'avouer vaincu trop rapidement ! (Voir la fable des grenouilles)

     

    6) Comment conclure le traitement d'un problème ?

    -         En cas de succès comme en cas d'insuccès, il faut « prendre le temps »de tirer positivement la leçon de cette aventure pour réussir mieux la prochaine fois.

    -         En effet de la même manière que « c'est en forgeant qu'on devient forgeron », c'est en tirant la leçon de chaque problème qu'on améliore ses capacités !

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    Les 2 grenouilles et le lait :

    Deux grenouilles qui ne savaient pas nager (c’est assez rare mais bien utile pour la fable !) tombent dans un liquide blanchâtre.

    La première dit : «  je ne sais pas nager » et elle ne tarde pas à couler.

    La seconde s'agite autant qu'elle peut face au danger et finit par surnager... car le liquide blanc était du lait qui s'est pris en beurre et la soutient !