• Programme

      Précédents et prochains débats et conférences.

    Samedi 14 septembre 2019 :  

     Quelles citoyennetés dans le monde d’aujourd’hui et de demain ?

    Débat introduit par Bruno Sauvage

    Résumé:

    Pour exprimer nos attentes de citoyens, nous nous tournons naturellement vers l’Etat. Mais beaucoup d’enjeux ont une dimension mondiale et appellent un renforcement des institutions internationales, et pour tout ce qui relève de l’organisation urbaine et de la vie locale, ce sont nos communes qui sont compétentes. Comment, aujourd’hui et demain, vivre ces trois niveaux de citoyenneté : citoyen du monde, citoyen d’un pays et citoyen d’une ville ?

    ______________________________________________

      L'entrée à nos débats est libre; ils  ont lieu le Samedi entre 16h30 et 18h30, au café "Le Marina ", 26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX.. Il n'y a nul besoin, pour y participer, de faire partie de l'association "le café débat de Saint-Quentin en Yvelines"  (cotisation annuelle de 5 euros). Il est seulement demandé de payer sa consommation en sortant. 

     


    Conditions de participation.

     Toute personne peut proposer un sujet. Les sujets sont soumis au vote des adhérents de l'association, de telle manière que seuls les sujets qui ont des chances de réunir un nombre suffisant de participants sont choisis. Si le sujet est retenu, ce qui est le cas le plus fréquent, il  faut alors préparer pour la date choisie une introduction (deux pages format A4 maximum), qui sera lue en début de séance. Pour adhérer à l'association, il suffit de régler une cotisation annuelle modique (5 euros). Pour plus d'informations, voir la rubrique "Fonctionnement" en haut à gauche de cette page.

     Lieu des débats:

    Le MARINA   26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX  

     


     

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  • Peut-on, doit-on actualiser les textes fondamentaux ?

               

                                    Benoît Delcourt  le 25 Mai 2019.

     

    L’humanité, en plein Mystère sur son origine, poursuit sa longue marche vers la Vérité. Cette Vérité est parfois à la portée des humains, dans le cas de la Science quand elle a été vérifiée de multiples fois ; encore faut-il admettre qu’elle peut n’être pas complète, ou être mieux comprise par des lois encore inconnues. Mais pour ce qui est des « sciences sociales » et des religions, il faut bien comprendre que ce ne sont que des chemins possibles vers une Vérité qui nous dépasse; mais  cela n’est pas accepté par cerains, qui croient la détenir ! Plus humblement, il est  possible d’essayer  des voies pour s’en approcher, et certains humains, qu’on peut appeler des prophètes, ont leur avis sur ce qui est fondamental et fournissent des voies à explorer dans des textes  fondateurs.

     

    La Bible est le plus ancien texte fondateur connu en Occident. Il a sans doute été écrit vers 600 ans avant J.C, du temps du roi Josias, au retour de l’exil des Juifs à Babylone. Cependant, les historiens et anthropologues ne valident pas tous les faits relatés datant d’avant cette date. Par exemple, il n’y a aucune trace du peuple Juif en Egypte. Or c’est justement la période clef décrite dans la Torah, avec Abraham, Moïse, la captivité en Egypte, puis  David, Salomon, etc…. Faut-il en conclure qu’on ne peut rien tirer d’intéressant de ce livre ? Certainement pas ! Il décrit les relations qu’on peut avoir avec cet être mystérieux auquel la Bible ne donne pas de nom  autre que « celui qui est », ou  « un feu qui ne se consume pas» ou plus simplement « l’éternel ». Evidemment, ce livre a été écrit par des humains, et la violence n’en est pas absente : on pense par exemple à la traversée de la mer Rouge à pieds secs  par les Juifs, alors que le Egyptiens, qui les poursuivent, dans l’eau revenue: une lecture littérale indique que  Dieu serait le protecteur des croyants, mais pas des autres. Evidemment, ce n’est pas la lecture des « exégètes », ces intellectuels qui décortiquent les textes en hébreu et trouvent des sens cachés à tous les versets, pour le plus grand bien des religions contemporaines. Les non-exégètes ne savent pas quel sens donner à ces textes, et, comme ils doutent avec raison de leur Historicité, ils passent bien souvent à autre chose.

     

    Le monde Greco-Romain  fourmille de divinités diverses, mais il ne m’est pas possible de trouver un « texte fondateur », peut-être est-ce sa force ?. Dieu est un être multiple, et, plus qu’un être au-dessus de l’Humanité, il est chargé, ou plutôt ils sont chargés, de décrire la vie humaine, avec ses bonheurs, ses malheurs, ses qualités et ses défauts. Comment être insensible à tant de perspicacité dans les mythes, tant d’amour de la littérature et de la sculpture ? Mais la Vérité sur nos origines n’est pas vraiment recherchée.

     

    Vint alors le Christianisme. Il partage avec le judaïsme la Tora, appelée « Ancien Testament » chez lui. Mais l’accent est porté sur trois points fondamentaux qui sont liés:

    ---La dignité de tout humain : « il n’existe plus d’esclave et d’Homme libre, il n’y a plus que des fils de Dieu » dit l’apôtre Paul.

    ---Rendre hommage au Créateur ne consiste pas à lui faire des offrandes qui n’engagent pas comme celles des « marchands du temple », mais à considérer tout humain comme « une empreinte du Dieu », et cela dans toutes les cas.

    --L’être humain est naturellement pécheur, et doit toujours se forcer pour appliquer ces deux principes, même et surtout s’il prétend y obéir.

    Cependant, dans les Evangiles, on trouve beaucoup de passages qui ne conviennent plus, à mon avis, à notre époque. Certains sont tellement naïfs qu’il est facile de les gommer: dans le récit de la « multiplication des pains » on dit que les participants nourris étaient cinq milles, « sans compter les femmes et les enfants » ; on parle aussi des « extrémités de la Terre »…. Laissons cela de côté. Beaucoup plus important est le danger d’obscurcir le message Christique en prenant à la lettre les miracles continuels qu‘aurait faits Jésus (il ne les a d’ailleurs pas relatés lui-même), surtout ceux qu’on trouve dans l’évangile de Jean. Or la mentalité d’il y a 2000 ans  donnait une place importante, sinon prépondérante, aux manifestations occultes. Ces passages  peuvent donc être attribués à la mentalité de ces temps lointains.

    Cela dit, une fois ce travail de défrichage fait, que reste-t-il ? Rien ? Non, il reste le principal, qui tient aux trois  principes fondamentaux cités plus haut.

     

    Du Coran, je ne dirai rien, car je ne crois pas convenable d’écrire des avis  modernistes sur une religion qui n’est pas la mienne.

    Mais il y a bien d’autres textes fondamentaux que la Bible, les Evangiles et le Coran. Il y a les textes Orientaux, dont je laisse plus connaisseur que moi citer au cours du débat.

             Et puis il y a des textes politiques et de société que nous pouvons citer :

     

    -- La déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, de 1791, qui répondait aux abus de l’Ancien Régime, qui se pensait pourtant « très Chrétien ». Le texte lui-même n’a pas vieilli, cependant les faits révolutionnaires qui ont suivi sa publication sont pour le moins critiquables.

     

    --Le Capital, de Karl Marx, qui prône, entre autres la « dictature du prolétariat ».

    Evidemment, toute dictature, même si elle prétend n’être que temporaire, est mauvaise, car elle ne respecte pas l’individu et organise le népotisme et la corruption à haut niveau. De même le fameux « sens de l’Histoire » n’est qu’un leurre : les humains ne sont pas des molécules. Pourtant, la condition du prolétariat était scandaleuse au dix-neuvième siècle, comparée à celle des « gagnants » de l’ère industrielle, et Marx a forcé les Humains à plus d’équité.

     

    --Plus près de nous, le livre de Simone de Beauvoir : « Le deuxième sexe » est  généralement pris, au moins en France, comme le manifeste de Libération de la Femme. La femme vivait alors sous la tutelle complète de l’homme, et c’est cette situation que ce livre combat. Pourtant, là aussi on trouve des passages typiques de cette période et qui ne conviennent pas : par exemple, le long chapitre sur la maternité commence par une vingtaine de pages sur l’avortement ! Simone avait, dit-on, horreur des enfants, et Sartre disait qu’avoir des enfants était une « bêtise extrême ». Il n’empêche, Simone de B. a bel et bien écrit un texte fondateur, qui a sans nul doute largement influencé notre société dans les cinquante dernières années, et les défauts qu’on peut trouver dans ce livre n’y changent rien (parole d’un homme).

     

    En conclusion, ce n’est pas parce qu’un texte fondateur comporte des passages qui ne sont valables qu’à la période où il a été écrit, qu’il faut le rejeter en bloc : il peut tout de même aider à trouver un chemin face au Mystère de la Vie ou encore face à l’organisation de la société.

     Pour lire un compte-rendu de la séance, cliquer ici.

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  • I/Introduction : Au temps des algorithmes, il paraît maintenant possible pour certains scientifiques de créer un être supérieurement intelligent, immortel, invincible et cela par d’autres moyens que la reproduction sexuée, et de rejoindre ainsi les thèmes de la mythologie et de la littérature de science-fiction. La machine est-elle, ou sera-t-elle, semblable à l’Homme, capable comme lui d’apprendre, de sentir, de décider ? Faut-il croire ceux qui l’annoncent déjà comme plus intelligente que l’être humain, susceptible de le remplacer au travail, d’enseigner, de soigner, de juger, de piloter une voiture sans provoquer d’accident, de prédire nos faits et gestes, d’anticiper nos comportements et nos pensées… A nous d’en décider !

    II/Définitions de l’intelligence naturelle : L’intelligence est le moyen dont l’humanité a été pourvue par l’évolution darwinienne pour survivre dans un environnement sauvage. Si elle consiste largement à l’acquisition de l’instruction, c'est-à-dire des savoirs utiles à la vie en société, elle n’a de sens que complétée par l’habileté à mobiliser les connaissances et à les associer. Nous avons coutume d’entendre par intelligence, la faculté de nous adapter à notre environnement, en apportant la réponse qu’il faut aux situations auxquelles celui-ci nous confronte.

    Dès les années 1980 le psychologue américain Howard Gardner, déduit que notre intelligence s’exprime de façons multiples et relativement autonomes : Logico-mathématiques, verbale linguistique, visuelle-spatiale, corporelle, kinesthésique, musicale, interpersonnelle et intra personnelle, ce à quoi Bertrand Vergely philosophe et théologien rajoute une intelligence spirituelle. La vie spirituelle consiste à retrouver la véritable intelligence de soi-même et de la vie en apprenant à lire entre les lignes, c'est-à-dire au-delà des apparences. Que dire des subtilités : feindre, ruser, tromper, réagir avec vivacité et intuition ? Un ensemble de philosophes a identifié sept circuits de la pensée : la déduction, l’induction, l’analogie, l’intentionnalité, la synthèse à priori, la compréhension, l’imagination. Pour d’autres la sagesse est le summum de l’intelligence, elle se place au cœur de la vie.

    L’intelligence émotionnelle recouvre de multiples caractéristiques du comportement humain : L’empathie, la maîtrise de soi, l’aptitude à conserver son humeur égale et à ne pas se laisser dominer par le chagrin qui asphyxie la pensée, l’ardeur, la persévérance, la faculté de s’inciter à l’action, la capacité d’espérer. Notre intelligence est inutile quand nous sommes sous l’emprise de nos émotions déclare Daniel Goleman psychologue américain. L’intelligence théorique ne prépare pas l’individu à affronter les épreuves de l’existence et à saisir les opportunités.

    Le cerveau est un ordinateur très complexe et d’une nature différente des circuits intégrés. Sa particularité, grâce à l’interconnexion de ses milliards de neurones, réside dans sa capacité à appréhender des situations inconnues, à inventer, à réagir devant l’imprévu et à se reprogrammer en permanence.

    III/ Définitions de l’intelligence artificielle ‘IA’ : L’IA est l’ensemble des théories et techniques mises en œuvre, en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence. On évoque l’IA forte et l’IA faible. D’autres remarquant la définition peu précise de l’IA, notamment la CNIL, la définissent comme le grand mythe de notre temps.
    Selon le site francophone au Québec : Le concept est d’élaborer des programmes informatiques, capables d’effectuer des tâches accomplies par des humains demandant un apprentissage, une organisation, une mémoire, et un raisonnement. Le but est de donner des notions de rationalité, des fonctions de raisonnement et de perception.
    Le grand basculement de l’IA s’est produit en 2012 avec le renouveau permis par le Deep Learning, système d’apprentissage et de classification, basé sur des réseaux de neurones artificiels numériques qui permettent à un ordinateur d’acquérir certaines capacités du cerveau humain. La technologie du Deep Learning apprend à représenter le monde c’est à dire la parole ou l’image (il ne faut au bébé qu’un nombre limité d’associations image-nom pour faire le lien, alors qu’il en faut des milliers à l’IA). Pour un énoncé ambigu du type : ‘ Antoine a réconforté Bob car il était énervé ’, nous subodorons sans peine que c’est bien Bob et non Antoine que désigne le pronom. Pour une machine, ce genre de compréhension reste pour l’instant très difficile.

    IV/ Le match du siècle : Avons-nous la certitude que jamais une IA n’égalera l’intelligence humaine ? Comment une machine pourrait-elle démontrer, prédire, juger, inventer, s’adapter, réfléchir, méditer, comprendre, interpréter, aussi bien que le cerveau humain ? Selon les transhumanistes, il est évident qu’à plus ou moins long terme l’intelligence jusqu’alors confinée dans son support biologique, le cerveau, deviendra progressivement non biologique, et considérablement plus puissante au point que des cyborgs remplaceront les humains. La question centrale posée par l’IA est finalement celle des limites que nous voulons fixer à notre hybridation. Certains médecins affirment que le sujet a été galvaudé jusqu’à devenir un fantasme désinformant le public et dénoncent l’imposture de l’IA qui devrait s’intituler l’informatique cognitive ; à l’instar de Stéphane Mallard, ils évoquent une disruption (séparation, rupture).

    V/ Interrogations : La question de la protection de l’intégrité cérébrale va devenir essentielle. Il s’agira d’un enjeu plus vertigineux encore que celui de la disparition de la vie privée. C’est désormais l’intégrité de nos cerveaux, ultime refuge de notre liberté, qui va être menacée.

    VI/ Approche de la CNIL Déc 2017 : Les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle : Objectif de son travail : Faire en sorte que ces nouveaux outils soient à la main humaine, à son service, dans un rapport de transparence et de responsabilité. Puissent ces réflexions alimenter celles en cours au sein des pouvoirs publics, dont celle de la mission Villani, mais aussi des différentes composantes de la société civile. Puissent-elles ainsi participer à l’élaboration d’un modèle français de gouvernance éthique de l’IA.
    Le véritable enjeu sera alors de s’assurer que les choix éthiques qui seront pris au stade du développement, ne feront pas l’objet d’une confiscation par « une petite caste de scribes » (Antoine Garapon juriste et magistrat).

    Conclusion de la CNIL : A l’ère numérique les principes de loyauté et de vigilance pourraient s’inscrire dans une nouvelle génération de principes et de droits de l’Homme.

    VII/ Rapport du député et chargé de mission Cédric Villani « Donner du sens à l’IA ». Le mathématicien et député s’est vu confier l’élaboration d’un rapport sur l’état du développement de l’IA en France et en Europe. Le constat est amer : « les pays les plus en avance sur le déploiement de l’IA sont les Etats Unis, la Chine, l’Angleterre, le Canada et Israël. Nous, n’y sommes pas. »
    Les leaders de l’IA et des nouvelles technologies surnommées les GAFAM américains, et ceux de la Chine BATX, attirent de nombreux chercheurs français, grâce à des salaires plus élevés ; aussi serait-il urgent de stopper cette fuite des ‘cerveaux’ français vers les GAFAM. Malgré sa capacité certaine à former des chercheurs à la hauteur de ces défis, la France peine à garder dans ses filets les ‘cerveaux’ qu’elle éduque. ‘Il y a un différentiel entre l’excellence de sa capacité de recherche et de formation d’experts en France et notre faculté à voir dans les grandes entreprises un développement de l’IA, au même niveau économique que nos concurrents’, a-t-il souligné. Cédric Villani a proposé tout un ensemble de mesures pour pallier ces inconvénients. Par ailleurs, il demande la création d’une instance éthique.


    VIII/ Discours et décisions du Président Macron suite au rapport Villani: Le 29 mars 2018 annonçant un programme national sur l’IA, Emmanuel Macron a déclaré quelques jours après, les détails de sa stratégie dans ce domaine clef des technologies futures de l’IA, pour veiller en particulier sur les questions d’éthique. Emmanuel Macron a insisté sur le moment crucial qui était en train de se jouer. « Les progrès de l’IA sont de nature à donner le vertige ».  Il a demandé de prévoir des axes de progrès autour de six chantiers :

    1/ Positionner la France comme pays leader de l’IA ;
    2/ Ouverture des données éléments clé d’une stratégie IA ;
    3/ La santé et le véhicule autonome, les deux secteurs prioritaires ;
    4/ Un plan de 1,5 milliard d’euros dédié à l’IA ;
    5/ Création d’un Laboratoire de la transformation publique ;
    6/ Une IA éthique et démocratique.

    Par ailleurs, il a annoncé la création d’un GIEC, dont le rôle sera de mener une réflexion prospective sur les impacts de l’IA. Le Président Macron indique que l’IA ne doit pas devenir une dystopie (récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre). « Rien ne serait pire que de laisser ces choix de société à des entreprises privées, ou à des pays non démocratiques ». Il appelle d’ores et déjà à prendre en compte nos valeurs et d’injecter de la « transparence et de la loyauté » dans nos algorithmes.

    IX/ Conclusion : Depuis la naissance de l’IA, c’est une longue histoire d’amour - haine. Beaucoup de propos issus de sociologues, psychologues, théologiens, neurobiologistes, médecins, philosophes, juristes, informaticiens, futurologues, aboutissent à diverses approches, et posent questions. Certains y voient la clef de l’avenir, d’autres le début de l’asservissement des humains. D’ores et déjà nous vivons une guerre des algorithmes pour capter et pirater l’attention des clients, les assister, les rendre dépendants. Ceux qui créer des dépendances cognitives gagneront la guerre économique.
    Ils ont les GAFAM, nous avons la CNIL et heureusement ! De sympathiques nains numériques pour tenter de cadrer les futuristes. L’enjeu principal pour l’humanité sera alors de déterminer des modalités de cohabitation avec l’IA. Il ne s’agira pas de stopper une technologie dont les effets sont inquiétants, mais plutôt de freiner les progrès qui apportent dans l’immédiat des services réellement utiles que tout le monde réclamera à cor et à cri. Le problème sera exactement le même pour l’eugénisme et la manipulation du vivant. L’argument de l’utilité commune sera très difficile à contrer.
    Alors que l’intelligence était déjà, dans sa définition étymologique même, la capacité à lier les choses entre elles, l’Homme devra demain devenir un virtuose dans la capacité à lier les intelligences biologiques et artificielles entre elles.

    Serons-nous assez intelligents pour contrôler l’IA ? Notre cerveau biologique est de plus en plus concurrencé par l’IA, sa cohabitation avec le cerveau de silicium pourrait conduire à des inégalités insupportables voire à une guerre des intelligences. Notre société va au-devant de trois crises :

    Une crise sociale, une crise éthique, une crise existentielle.

    Face à l’IA nous ne pèserons rien, du moins si nous restons les mêmes humains qu’aujourd’hui. Notre unique planche de salut sera de co-évoluer avec les machines et de définir des limites et des règles à l’IA.



                                                                                                                      Daniel Soulat 4 Mai 2019

    Pour relire des notes prises pendant la séance, cliquer ici

     GLOSSAIRE


    Algorithme : Description d’une suite finie et non ambigüe d’étapes ou d’instructions permettant d’obtenir un résultat à partir d’éléments fournis en entrée. Exemple le cas de l’Algorithme d’Euclide : les données d’entrée sont deux nombres entiers non nuls ‘a’ et ‘b’, tels que ‘a’ soit supérieur à ‘b’. Un algorithme renvoie, en général, d’autres données en sortie. Dans le cas de l’algorithme d’Euclide, il s’agit d’un nombre entier, qui est le plus grand diviseur commun PGCD des nombres ‘a’ et ‘b’.Ex a=471 b= 90, à chaque étape, calculer le reste r de la division de a par b, puis remplacer a par b et b par r. Quand le reste est nul, le calcul s’arrête et le résultat est le nombre b. En plus synthétique : r=a/b, (tant que a ≠ 0 (faire a=b, b=r, r=a/b), sinon fin), PGCD=b


    Apprentissage machine (ou apprentissage automatique, machine learning) : Branche de l’intelligence artificielle, fondée sur des méthodes d’apprentissage et d’acquisition automatique de nouvelles connaissances par les ordinateurs, qui permet de les faire agir sans qu’ils aient à être explicitement programmés. Alors que le programmeur doit traditionnellement décomposer en de multiples instructions la tâche qu’il s’agit d’automatiser de façon à en expliciter toutes les étapes, l’apprentissage automatique consiste à alimenter la machine avec des exemples de la tâche que l’on se propose de lui faire accomplir. L’Homme entraîne ainsi le système en lui fournissant des données à partir desquelles celui-ci va apprendre et déterminer lui-même les opérations à effectuer pour accomplir la tâche en question. Cette technique permet de réaliser des tâches hautement plus complexes qu’un algorithme classique. L’intelligence artificielle qui repose sur les machines Learning concerne donc des algorithmes dont la particularité est d’être conçus de sorte que leur comportement évolue dans le temps, en fonction des données qui leur sont fournies. Apprentissage : base théorique n’est pas modélisable dans le cadre de la logique déductive des connaissances dérivées, or il s’agit ici de la démarche inverse par observations limitées, tirée des généralisations plausibles, c’est un procédé par induction. La notion d’apprentissage recouvre deux réalités souvent traitées de façon successives :

    Mémorisation : le fait d’assimiler sous une forme dense des exemples éventuellement nombreux ; Généralisation : le fait d’être capable, grâce aux exemples appris, de traiter des exemples distincts, encore non rencontrés mais similaires.

    Apprentissage mode supervisé ou non : un apprentissage est dit supervisé lorsque le réseau est forcé à converger vers un état final précis, en même temps qu’un motif lui est présenté. A l’inverse, lors d’un apprentissage non supervisé, le réseau est laissé libre de converger vers n’importe quel état final lorsqu’un motif lui est présenté. Apprentissage machine supervisé : L’algorithme apprend des données d’entrée qualifiées par l’humain et définit ainsi des règles à partir d’exemples qui sont autant de cas validés. Apprentissage machine non supervisé : L’algorithme apprend à partir de données brutes et élabore sa propre classification qui est libre d’évoluer vers n’importe quel état final lorsqu’un motif ou un élément lui est présenté. Pratique qui nécessite que des instructeurs apprennent à la machine comment apprendre.

    BATX : Baidu moteur de recherche, Alibaba équivalent d’Amazon vente en ligne, Tencent messagerie, Xiaomi (≠Apple)

    Big data : Désigne la conjonction entre, d’une part, d’immenses volumes de données devenus difficilement traitables à l’heure du numérique et, d’autre part, les nouvelles techniques permettant de traiter ces données, voire d’en tirer par le repérage de corrélations des informations inattendues.

    Cognition : Est l’ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissance, mémoire, langage, raisonnement, apprentissage, intelligence, résolution de problèmes, prise de décision, perception, attention. Système Cognitif : comprend le langage humain, génère des hypothèses de façon statistique, s’adapte et apprend avec l’interlocuteur.

    Cyborg : De l'anglais « cybernetic organism », traduisible par « organisme cybernétique ») est un être humain, ou à la rigueur un autre être vivant intelligent, en science-fiction qui a reçu des greffes de parties mécaniques ou électroniques. La cybernétique étant l'étude exclusive des échanges à l’aide de processus de commande et de communication.

    Deep Learning ‘DL’ : Inspiré des neurosciences, son principe : laisser les ordinateurs apprendre par eux-mêmes.
    L’apprentissage profond est le socle des avancées récentes de l’apprentissage automatique, dont il est l’une des branches. On distingue l’apprentissage automatique supervisé, il nécessite que des instructeurs apprennent à la machine les résultats qu’elle doit fournir, qu’ils «l’entraînent ». Les personnes entraînant l’algorithme remplissent en fait souvent une multitude de tâches très simples. Des plateformes telles que le « Mechanical Turk » d’Amazon sont les lieux où se recrutent ces milliers de « micro-tâcherons » dont le rôle est d’étiqueter les immenses quantités de photographies utilisées pour entraîner un logiciel de reconnaissance d’images. Le système de captcha de Google « recaptcha » est un autre exemple d’utilisation à grande échelle d’humains pour entrainer des machines. Ces algorithmes d’apprentissage sont utilisés dans un nombre croissant de domaines, allant de la prédiction du trafic routier à l’analyse d’images médicales. Nota : les DL sont performants sans comprendre.


    GAFAM : Google moteur de recherche, Apple fabricant d’ordinateurs, Face Book réseaux, Amazon, Microsoft.   

    Intelligence artificielle (IA) On distingue l’IA faible (IA capable de simuler l’intelligence humaine pour une tâche bien déterminée) et l’IA forte (IA générique et autonome) qui pourrait appliquer ses capacités à n’importe quel problème, répliquant en cela une caractéristique forte de l’intelligence humaine, soit une forme de « conscience » de la machine. Une IA consciente : Elle est considérée comme impossible par les machines. Il faudrait des systèmes capables d’imiter le fonctionnement des neurones ainsi que du cerveau humain. Il faut passer par un apprentissage par l’expérience, s’inspirant des neurones biologiques, les réseaux de neurones formels utilisés avec des ordinateurs pourraient résoudre le problème. D’autres pensent que la pensée n’est pas calculable par des processus discrets et finis, idée réfutée par d’autres experts.

    Réseau de neurones artificiels: Modèle rudimentaire du cerveau humain, et qui par la suite s’est rapproché des méthodes statistiques. Une cellule neuronale possède une sortie et des entrées reliées à d’autres neurones. Ces réseaux partagent des propriétés importantes avec le cerveau humain. Pour apprendre à un réseau de neurones à reconnaître l’image d’un chat par exemple, on lui montre des images et on lui dit si c’est un chat ou pas. A aucun moment, un homme ne doit décrire ce qu’est un chat. Les réseaux de neurones artificiels sont capables de reconnaitre des formes, des caractères manuscrits, …) d’identifier, de classer. Utilité : les réseaux de neurones, en tant que systèmes capables d’apprendre, mettent en œuvre le principe de l’induction, c'est-à-dire l’apprentissage par l’expérience. Ils ne fournissent pas toujours les règles exploitables par un humain et restent souvent une boîte noire qui fournit une réponse quand on lui présente une donnée, mais donnent pas de justification facile à interpréter. Limites : les réseaux de neurones artificiels ont besoin de cas réels, servant d’exemple pour leur apprentissage (on appelle cela la base d’apprentissage).

    Réseau de neurones artificiels et algorithme : la large majorité des réseaux de neurones possède un algorithme ‘d’entrainement’, dont le but est de lui permettre d’apprendre, à partir d’exemples. Tout l’intérêt de ces réseaux de neurones réside dans leur capacité à généraliser à partir du jeu test. Il est donc possible de les utiliser pour réaliser une mémoire, on parle alors de mémoire neuronale.

    Le Système expert est un outil capable de reproduire les mécanismes cognitifs d'un expert, dans un domaine particulier. Il s'agit de l'une des voies tentant d'aboutir à l'intelligence artificielle. Plus précisément, un système expert est un logiciel capable de répondre à des questions, en effectuant un raisonnement à partir de faits et de règles connues.


    3 commentaires
  • Quelle Europe voulons-nous ?

                                                   Laurence D.. et Jean-Marc N. le 13 Avril 2019

    LD Quelle Europe voulons-nous ? Très clairement, moi je "rêve" d’une Europe qui repousserait les frontières de la France quant à la devise "Liberté Egalité Fraternité", ou en référence à la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen "Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits." Et je veux croire en une Europe capable de mettre Simone Veil comme présidente de son parlement : c’est pour moi un symbole fort quant à l’unification de l’Europe et la volonté de sortir d’une logique de guerre ! Mais je suis dans une réflexion non pas sur le comment faire, mais sur les buts à atteindre. Je suis sûrement dans quelque chose de très utopique, mais je pense aussi ne pas avoir les compétences quant aux moyens d’arriver à ces objectifs, n’est-ce pas le rôle des professionnels formés pour ça ?

     

    JM En discutant avec Laurence, lors de la préparation du texte d'introduction, il nous est très vite apparu que nous avons des idées communes sur le fait que l'humain est primordial et doit être placé avant tout. J'avais même écrit un texte (voir mon blog) "Un monde qui marche sur la tête" dans lequel je regrette que la finance dirige tout, que l'économie soit au service de la finance et l'homme au service de l'économie alors que c'est exactement l'inverse qui serait souhaitable. Je suis persuadé que l'Union Européenne (UE) est en partie responsable de ces priorités inversées. L'UE est basée, dans les faits, sur les échanges commerciaux et sur la concurrence (d'ailleurs citée de nombreuses fois dans les textes). Pourtant l'idée originelle était de créer une zone de paix et de prospérité, ce à quoi j'adhère.

     

    LD Je suis fondamentalement pour la création de cette zone de paix et de prospérité, mais je pense qu’il y a des obstacles : les inégalités existantes entre les pays constituant l'UE, les différences culturelles, religieuses, historiques et, quand on voit ce qui se passe en France actuellement, ne faudrait-il pas commencer par "réunifier la France" ? Mais je veux croire aussi en une Europe enrichie par les échanges au-delà des frontières depuis très longtemps dans l’Histoire. Que serions-nous sans les Romains ? Qu’aurait été la Renaissance limitée à nos frontières françaises ? Et, inversement, la France n’a-t-elle pas aussi rayonné à l’étranger ? Les frontières européennes ne sont-elles pas alors que symboliques, l'Europe n’existe-t-elle pas depuis longtemps comme civilisation ? Et quel manque d’ambition : pourquoi se limiter aux frontières de l'Europe et ne pas viser le monde entier ?

     

    JM Pour moi, le premier problème avec l'UE est le manque de démocratie. Nous allons voter pour le parlement Européen, et en plus à la proportionnelle intégrale, ce qui est bien ; mais le parlement a peu de pouvoir. Il y a des entités autres pour lesquelles nous, peuple européen, n'avons pas d'élections. Les commissaires et le président de la commission sont désignés par les "élites". De même, beaucoup de décisions de l'UE sont le fait "d'élites" alors que, dans la constitution française de 1958, il est écrit que le principe de la république est : "gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple". On en est loin maintenant. Il faudrait davantage de démocratie.

     

    LD Pour la démocratie, il y a les obstacles liés à la nature humaine :

    - sommes-nous tous égaux quant à nos capacités d’analyse face à un vote ? (Mais cela pourrait faire l'objet d'un autre débat) ;

    - le réflexe de protection individuelle pourrait être constitutif du cerveau reptilien de l'être humain ;

    - quand on n’est pas suffisamment formé, on a une idée sur "où on veut aller" et pas forcément sur "comment on peut le faire" ;

    Pour répondre à ces obstacles, je suis dans l’idée que :

    - les règlementations sont un moyen de contraindre pour aller vers de l’égalité,

    - les textes ont le mérite d’exister et d’être une base de travail qu’on peut toujours améliorer, c’est plus facile que de partir de rien.

     

    JM Il y a plusieurs possibilités pour l'Europe :

    1) - On continue à effacer les pays et on augmente le nombre d'états membres, tout en transférant davantage de pouvoir à l'UE, ce qui ne me plait pas du tout car je trouve qu'il y a déjà trop de pouvoir à l'UE et qu'elle va dans le mauvais sens (l'ultralibéralisme qui détruit la planète, qui nie les peuples, les nations, les cultures différentes - Allemands et Grecs avec la même monnaie !) De plus, le nombre important d'états, très différents de surcroît (avec notamment des écarts de salaires bien trop importants), fait que l'UE est difficilement gérable et qu'elle tend au "dumping" social et fiscal.

     

    LD Des pertes d’acquis sont pour moi nécessaires pour arriver à l’égalité. Pas pour un dumping social généralisé bien sûr, mais, quand on cherche à faire une moyenne, il y a forcément des perdants et des gagnants. Par exemple, je ne connais pas suffisamment le problème des retraites hors de nos frontières, mais, déjà en France, certains avantages me paraissent injustes par rapport à d’autres situations et l’égalisation par le haut ne me parait pas réalisable financièrement !

     

    JM Je ne pense pas que l'égalité soit le but ultime, surtout s'il s'agit de s'aligner vers le bas. Je préfère le mot "coopération", ce qui permet d'aller vers le mieux tout en restant libres. Les autres possibilités pour l'Europe sont :

    2) - On reste comme maintenant, ce qui serait un moindre mal, mais n'est pas satisfaisant loin de là !

    3) - On fait un "Frexit" comme le préconisent certains (avec l'avantage de reprendre les manettes : la monnaie, les lois, les frontières, les dépenses, les impôts, la politique, l'économie, la culture). L'Angleterre est en train de faire son "Brexit", ce qui affole les marchés et les hommes d'affaires.

     

    LD Quel retour en arrière et constat d’échec ! Je pense que l’Europe (512,6 millions d’habitants) est seule de taille à pouvoir négocier avec les Etats Unis (327,2 millions d’habitants) ou la Chine (1,386 milliard !) pour mémoire la population de la France est actuellement de 67 millions d’habitants. J’aimerais aussi évoquer des choses qui n’existent pour moi que grâce à l’UE, entre autres : - les parcours de remise à niveau pour adultes (ayant comme objectif l’emploi), qui sont subventionnés par l’Union Européenne (Fond Social Européen), - Erasmus (European action Schemes for Mobility of University Students), - les projets de Recherches communes à plusieurs états financés au niveau européen.

     

    JM Quand on dit "subventionné par l'UE", il faut rappeler que c'est de l'argent qui vient des états. La France donne plus de financement à l'UE qu'elle n'en récupère. L'UE me parait être plus en échec qu'en réussite en ce moment, elle semble très divisée, très soumises aux dictats des marchés, avec un déficit de démocratie, de sécurité, de prospérité et de social. Je continue sur les possibilités :

    4) Je me dois de citer "Union France Allemagne" qui propose de quitter l'UE actuelle et de faire "une union des peuples dans une fédération des régions françaises et des länders allemands".

    Mais la solution qui, en ce moment, m'attirerait le plus, pour moi qui, comme Laurence, suis attaché à l'humain, au peuple souverain et aux décisions proches du terrain, serait plutôt :

    5) - Une Europe des nations, qui serait basée sur la coopération (ce qui est mieux que sur la concurrence et la guerre), en faisant des projets à géométrie variable. C'est le principe d'Airbus et d'Ariane, deux réussites européennes qui ne sont pas liées à l'UE. Parfois la France travaille en coopération directe avec les USA. En fait, il faut viser les coopérations mondiales à géométrie variable. Nous devons pouvoir protéger certains de nos emplois face à des produits qui sont fabriqués sans respecter un minimum de normes sociales et écologiques. De nombreuses "normes UE" (normes EN) pouraient être adoptées librement par les états pour faciliter le marché intérieur UE. Les normes EN et ISO (normes internationales) seraient privilégiées pour faciliter les échanges mondiaux (ce qui se fait en partie maintenant).

     

    LD Moi je serais plutôt pour des normes moins étendues mais obligatoires, à l’intérieur de l’union européenne. Par ailleurs, je serais favorable à une armée européenne.

     

    JM La politique extérieure devrait être au niveau des nations, ainsi que l'armée (mais les armées doivent être interopérables avec les alliés, même s'ils ne sont pas dans l'UE). Les traités de libre échange devraient être faits au niveau des états, avec consultation démocratique (référendum), de même pour les grandes orientations. Erasmus pourrait continuer. Les projets de recherche en commun pourraient être conservés et même développés. L'agence européenne de police criminelle Europol (European Police Office) serait conservée, voire développée au niveau mondial. La souveraineté des peuples serait le principe fondamental de l'Europe, afin de remettre l'humain et la démocratie avant tout. L'objectif (utopique ?) serait, tout en préservant la planète, de créer une zone démocratique mondiale d'humanité, de paix, de libertés, d'équité et de prospérité.

     

     

     

    LD Finalement tu conclus avec des objectifs que nous partageons. Mais vous avez sans doute d’autres idées. Maintenant le débat est ouvert, à vous de vous exprimer.

    Laurence D. et Jean-Marc N.

    Pour lire je compte-rendu de séance de Jean-Mars, cliquer ici

     

    Textes complémentaires :

     

    Quelle Europe voulons-nous ? (texte différent, plus précis)

    - http://ecomondiale.over-blog.com/

     

    - Euroscepticisme : pourquoi ?

    http://ecomondiale.over-blog.com/2017/01/euroscepticisme-pourquoi.html

     

    - Pour un monde meilleur : un nouveau système économique mondial :

    http://ecomondiale.over-blog.com/article-24979162.html

     

    - Mondialisation : faut-il réguler et comment ? :

    http://ecomondiale.over-blog.com/article-24978672.html

     

    - Un système qui marche sur la tête :

    http://ecomondiale.over-blog.com/article-23814356.html

     

    - Faut-il travailler plus pour gagner plus ? :

    http://ecomondiale.over-blog.com/article-18464485.html

     

    - Le travail est-il une valeur ? :

    http://ecomondiale.over-blog.com/article-6703003.html

     

     


    4 commentaires
  • GRAND DEBAT NATIONAL

    Le Café-Débat de Saint Quentin en Yvelines a mené avec la plupart de ses adhérents une réflexion interne dans la ligne du "Grand débat national". Ceci a conduit à la rédaction d'un texte qui, sans être exhaustif, ni complètement finalisé, ni une réponse au questionnaire proposé, avance un certain nombre de pistes d'action et de réflexion.

    Vous pouvez lire ce document sur ce blog :

    "Contribution du Café-Débat de Saint Quentin en Yvelines

    au

    Grand Débat National"


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  • Nos idéaux républicains sont-ils recevables au sein de toutes les cultures ?

                                                             par André Hans, le 30 Mars 2019

    Nos idéaux républicains sont fondés principalement sur la démocratie, les droits de l’homme, l’égalité en droit. En cela ils sont en effet totalement incompatibles avec les usages, les rôles et les statuts assignés à la personne au sein de certaines cultures. Si le modèle occidental a tendance à gagner progressivement par le biais de sa domination économique et culturelle, il n’en reste pas moins une surprenante solidité à nos yeux de coutumes ancestrales en totale opposition avec notre conception du statut la personne humaine.  Des sociétés où la personne est assignée à un rôle en fonction de son sexe et de sa naissance. Les sociétés brahmaniques reposent sur un régime de castes qui perdure en dépit de la volonté des autorités centrale de le supprimer. De même pour les actes les plus intimes comme le choix du conjoint, la décision échappe aux intéressés.  La démocratie est inconcevable aux yeux de certains fondamentalistes qu’ils soient musulmans, hindouistes ou autres.

    Nos idéaux républicains se fondent essentiellement sur un idéal de Liberté d’autonomie d’individus libres et égaux en droit, maitres de leur destin. C’est la liberté et le libre arbitre. Ne pas être sous l’emprise, la domination de quiconque. Chacun doit être libre de ses opinions et libre de les faire connaitre. Pour être citoyen d’une république, il faut être apte à juger, c’est-à-dire avoir du discernement pour former une opinion et échapper à la manipulation. Mais la démocratie républicaine ne serait qu’une mascarade sans « La liberté d’information ». Avoir librement accès aux informations est indispensable pour pouvoir se forger un avis, une opinion.

    Si l’accès à l’information libre et non partisane est un droit inaliénable, l’engagement civique et citoyen est d’une nécessité absolue afin que vive une démocratie authentique. La république ne peut exister sans l’engagement de personnalités qui possèdent trois qualités indispensables.

    -         De l’abnégation et un sens aigu des responsabilités, pour diriger et administrer des petites communes et certains territoires.   

    -         De la compétence pour assurer les fonctions auxquelles on prétend. 

    -         De la probité pour conserver la confiance des électeurs. 

      

    Les autres cultures.

     La diversité des modes d’organisations humaines et des représentations collectives est stupéfiante, même si les moyens de communication actuels ont tendance à les niveler et menacent à terme de les faire disparaitre. La conception linéaire et progressiste du temps avec une origine et un aboutissement (une genèse et une parousie) qui fait du passé un temps révolu sur lequel il n’est pas possible d’intervenir, qui interdit aux acteurs disparus d’interférer avec le présent, et d’un futur que seul des magiciens de fête foraine osent la prédiction. Aucune liberté ne peut s’exercer si notre destin est écrit d’avance. Saint Augustin à l’origine de la philosophie chrétienne de l’histoire remit en cause la conception cyclique du temp de l’Antiquité en élaborant une nouvelle conception désormais tenue pour universelle. En particulier, l’intuition générale du TEMPS, apparait en un écoulement lent, régulier et continu. Toutes parties de l’univers nous semble avancer au rythme d’un métronome unique, (ce que démentent les jumeaux des physiciens) et l’observateur impuissant est emporté dans le courant de la durée. Alors qu’elle tend désormais à s’imposer aux autres civilisations, il persiste bien, même dans la nôtre, des vestiges sous la forme croyances de cette conception qui a prévalu pour tous les peuples. Celle du temps cyclique, fait de perpétuels recommencements et d’apocalypses, celle surtout qui fait du futur un livre déjà écrit, négation de notre faculté de décider de notre avenir. L’appréhension du temps comme une durée linéaire, accumulation d’événements, de progrès matériels et moraux ne s’est imposée en occident que très tardivement. « Le temps devenait linéaire, irréversible ». L’organisation temporelle chrétienne se distinguait aussi bien de la conception antique orientée uniquement vers le passé que du messianisme et de sa vision prophétique du futur, caractéristique de la conception temporelle biblique.  Aux Indes, le renouvellement des temps selon la tradition bouddhique s’opérait par des réincarnations. Plus près Dionysos mourait chaque hiver et ressuscitait chaque printemps. Cette régénération cyclique, accompagnée de la fructification de la terre, promettait la résurrection des morts. Les rites jusqu’au triomphe du Christianisme célébraient ces retours régénérateurs du temps. Pour décider, il suffisait de consulter les augures.  A quoi bon la démocratie. Peu de place laissée par ces croyances au libre arbitre de chacun.

    Le choc des cultures (Issu du texte de Kamel Daoud écrivain algérien)
    Les événements de Cologne à la Saint-Sylvestre 2015 ont été un révélateur de représentations de la personne humaine en tant qu’altérités autonomes dans deux cultures différentes. C’est la liberté que le réfugié désire, vient chercher, mais n’assume pas. La liberté de la femme en Occident est un point d’autant plus sensible qu’elle est d’acquis récents. Le sentiment d’urgence de certains humanitaires occulte que certains réfugiés transportent inconsciemment le piège culturel du rapport à la femme, nœud gordien dans le monde d’Allah.  Le sexe est la plus grande misère dans le « monde d’Allah ». À tel point qu’il a donné naissance à ce porno-islamisme dont font discours les prêcheurs islamistes pour recruter leurs « fidèles » : descriptions d’un paradis plus proche du bordel que de la récompense pour gens pieux,

    Religions et démocratie (repris patiemment du philosophe Y Michaud)

    Quand on ouvre les yeux, on est forcé de reconnaître que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie. Pour la plupart des musulmans, ne pas croire est un crime, la charia prime sur tout autre droit, et l’apostasie est absolument interdite. Les atteintes à la liberté d’expression ou l’inégalité entre les sexes viennent de ces dogmes. L’immense majorité des pays arabo-musulmans n’ont pas ratifié la Convention universelle des droits de l’homme de 1948. En est-il de même pour toutes les religions ? Oui, sauf que dans l’Europe chrétienne, la construction du théisme puis du déisme est allée dans le sens du rationalisme. Ce fut l’œuvre d’abord des théologiens, puis de philosophes qui ont pensé le contrat social à partir de la fin du XVIe siècle. Je pense à tous ceux qui insistent sur la souveraineté du politique, à Spinoza, Hobbes, Althusius, Locke, Hume, et à Rousseau qui, à la fin, récapitule – à sa manière – cette pensée. Ces philosophes ne sont pas d’accord sur tout, mais ils se posent les mêmes questions : comment constituer une communauté souveraine ? À qui devons-nous obéir ? Que faut-il mettre en commun et que faut-il sacrifier ? Qui détient la légitimité du pouvoir ? Tous se retrouvent sur une idée fondamentale : il faut renoncer au primat des croyances religieuses.

    Certains prônent une religion d’État, mais tolérante et assez édulcorée. Le plus radical est Spinoza, pour qui la religion doit rester une affaire intérieure, un peu comme Voltaire. Tenir ces positions ne fut pas facile, il y eut des combats et des persécutions. Spinoza fut victime d’une tentative d’assassinat par un intégriste juif. Cette philosophie, d’abord cantonnée à la sphère du monde intellectuel, a ensuite cherché à penser l’époque de façon concrète.  Le monde musulman n’a pas connu la même évolution. C’est le problème. L’islam refuse toute interprétation du dogme depuis le XIe siècle. La loi divine l’emporte toujours, comme le combat pour étendre l’islam. L’universitaire tunisien Abdelmadjid Charafi, a parfaitement analysé le " retard " historique de l’islam.

    Conclusion

    L’autonomie de l’individu a été en Europe un long processus qui n’a abouti qu’imparfaitement. La tentation est grande de penser les autres sociétés en vertu de notre propre trajet vers un idéal de droits universels.  Chaque culture a son tropisme, notamment la tendance à se prendre pour le nombril du monde. Ce qui nous semble apriori naturel et universel, n’est que relatif à notre société. Les sociétés occidentales pensent en termes d’universalisme. Leur avance technologique et scientifique leur a conféré un pouvoir de domination sur toutes les autres cultures et pensent que cette domination serait fondée sur une supériorité morale.  Par là même elles s’octroient un devoir d’ingérence reposant sur les justifications éthiques qui sont les siennes, sans même se poser la question de leur relativité au regard des autres.

    Pour lire un compte-rendu personnel du débat, cliquer ici


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