• Programme


     

    Prochains débats et conférences.

     


     

     

    Le Samedi 22 Septembre

     Nous sommes contraints à changer le thème de ce débat. Nous discuterons sur:

    " Face au réchauffement climatique, que pouvons nous faire?"

    Il n'y aura pas de texte d'introduction, chacun est encouragé à réfléchir à ce sujet avant le débat. Le secrétaire peut ouvrir une page avec des petits textes de cinq lignes maximum que vous pourriez proposer (sans signature).

     

    Le Samedi 6 octobre.

    L’écoute, une vertu ?

    introduit par André Hans.

    Pour lire le texte cliquer ici.

    Résumé:

    Ecouter, c’est faire l’hospitalité au sentiment d’autrui !

    Comment prêter l’oreille, sans générosité ni estime ?

    L’écoute entend au-delà des mots, l’humeur dans le ton, l’émotion dans le timbre, la pudeur dans les silences.

     L’accent chante un terroir, mais chaque voie  possède sa propre musicalité, une prosodie unique.

     

     Le Samedi 20 Octobre

    La gouvernance des nations par l’autorité démocratique est-elle possible?

    débat introduit par Daniel Soulat

    Pour lire le texte, cliquer ici.

     Résumé:

    L’autorité, on la réclame aujourd’hui après l’avoir détestée. Mais à condition de ne pas se soumettre. Quel est le secret de ceux qui en imposent ? Peut être moins l’acte de commander que la capacité à faire émerger des capacités nouvelles chez ceux qu’ils dirigent ? L’idée d’autorité est-elle à reconstruire ou toujours à déconstruire ?

     

    Samedi 10 Novembre 2018

     La fraternité est-elle une utopie.

    Introduction par Michèle Gaspalou.

    Résumé;

    La fraternité ne doit pas être confondue avec différentes notions voisines ou connexes : altruisme, générosité, charité, solidarité, etc et il convient de voir en quoi elle diffère. Sur le plan sociétal, la fraternité est sans doute la base de la vie en société et de la démocratie. Là aussi, il conviendra de s’interroger sur la nécessité ou non de cette notion pour la vie en société.
    Elle n’est pas un droit, mais un devoir, et si tout le monde ou presque y souscrit par la pensée, elle risque – paradoxalement - de rester une utopie si les actes ne suivent pas

     

    Samedi 24 Novembre 2018.

    Exposé sur la physique des particules.

    par Benoît Delcourt.

    Résumé:

    Cet exposé, qui  fait suite à deux exposés précédents, est d'expliquer, à ceux qui ne connaissent pas la physique des particules élémentaires, et qui aimeraient en connaître les bases, les avancées de cette Physique, et cela sans la moindre équation à l'écran.

    ________________________________________________

      L'entrée à nos débats est libre; ils  ont lieu le Samedi entre 16h30 et 18h30, au café "Le Marina ", 26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX.. Il n'y a nul besoin, pour y participer, de faire partie de l'association "le café débat de Saint-Quentin en Yvelines"  (cotisation annuelle de 5 euros). Il est seulement demandé de payer sa consommation en sortant. 

     


    Conditions de participation.

     Toute personne peut proposer un sujet. Les sujets sont soumis au vote des adhérents de l'association, de telle manière que seuls les sujets qui ont des chances de réunir un nombre suffisant de participants sont choisis. Si le sujet est retenu, ce qui est le cas le plus fréquent, il  faut alors préparer pour la date choisie une introduction (deux pages format A4 maximum), qui sera lue en début de séance. Pour adhérer à l'association, il suffit de régler une cotisation annuelle modique (5 euros). Pour plus d'informations, voir la rubrique "Fonctionnement" en haut à gauche de cette page.

     Lieu des débats:

    Le MARINA   26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX  

     


     

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  • La gouvernance d’une Nation par l’autorité démocratique est-elle possible ?

                                                                                         Daniel Soulat le 20 Oct 2018

    1/ Qu’est-ce que l’autorité ? 

    Selon Larousse c’est l’ensemble des qualités par lesquelles quelqu'un impose à autrui sa personnalité, ascendant grâce auquel quelqu'un se fait respecter, obéir, écouter.

    D’après la définition du petit Robert l’autorité est « le droit de commander, le pouvoir d’imposer l’obéissance ». Mais c’est aussi « la supériorité de mérite et de séduction qui impose le respect. »

    Selon Frédéric Gros « L’autorité est cette forme de pouvoir qui s’exerce sans contrainte. Ensuite, ce pouvoir est indiscutable. L’autorité s’impose comme du non négociable. C’est cette qualité qui entre en contradiction avec un éthos* démocratique et égalitaire pour lequel tout se discute. Si l‘autorité peut faire fonctionner ensemble ces deux caractères, c’est qu’elle suppose de la part de celui qui obéit la reconnaissance de la légitimité du donneur d’ordres. »

    Selon Michel Serres, membre de l’Académie française : « La seule autorité est celle qui grandit l’autre ».

    2/ Qu’est-ce qui permet à un individu de faire reconnaître son autorité ? 

    Apparemment, des vertus telles que le courage, l’intelligence ou la compétence ne suffisent pas, ni même la position sociale que l’on occupe. La réponse serait plutôt la capacité à faire grandir l’autre, à le rendre meilleur.

    L’autorité mobilise des valeurs objectives telles que l’expertise ou l’exemplarité, mais comment fait-on, à l’heure où toutes les autorités se trouvent remises en question, pour rendre effectives ces valeurs, faut-il user de charisme (suivez-moi), la contrainte (allez-y), ou de la force ?

    La question de l’autorité est immédiatement liée à celle de la légitimité. Quoiqu’il en soit, l’autorité n’est pas un dû, elle se gagne comme le pouvoir, il ne suffit pas de dire « je suis votre chef ! ».

    Le respect naît de cette autorité. Dans plusieurs cas on peut reconnaître l’autorité de personnes qui n’exercent sur vous aucun commandement. Ne dit-on pas cet individu fait autorité dans son domaine de compétences ?

    3/ L’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté.

    C’est pourquoi la discipline et la liberté ne sont pas incompatibles, tout se passe comme s’il fallait, au cours d’une éducation, passer cette première couche de discipline pour s’en affranchir ensuite.

    Dans mon entreprise, j’ai eu à prendre ou à « vendre » des arguments et décisions difficiles. Au milieu d’un groupe, il faut une certaine énergie et du courage pour penser à l’encontre du nombre. Au fond le maître mot l’autorité c’est la fiabilité, on fait confiance à un chef lorsqu’il dit ce qu’il va faire et qu’il fait ce qu’il a dit, en d’autres termes lorsqu’il est capable d’allier rigueur et cohérence.  Mais la fiabilité c’est aussi le courage d’affronter ses supérieurs, quand on estime certaines directives absurdes, inacceptables, incohérentes.

    L’autorité authentique se définit à travers les épreuves. Il faut prendre de la hauteur tout en étant à la hauteur.

    Georges Vian Directeur du bureau d’études chez Renault, avait donné comme conseil à Yves Dubreil Directeur de projet Twingo « Ne racontez jamais de bêtises à un patron, quel qu’il soit, dites toujours ce dont vous êtes absolument certain, et n’ayez pas peur d’être ridicule ».

    Face à l’autorité authentique, on ne se sent pas soumis, on essaie plutôt de se mettre à la hauteur. Elle nous met au défi de donner le meilleur de nous-mêmes.

    4/Autoritarisme, autoritaire 

    Etymologie : du latin auctoritas, capacité de faire grandir, autorité, avec le suffixe -isme, servant à former des mots correspondant à une attitude, un comportement, une doctrine, un dogme, une idéologie ou une théorie. L'autoritarisme est le caractère autoritaire, arbitraire d'un régime ou d'un pouvoir politique qui veut imposer à la société et aux citoyens son idéologie et la toute-puissance de l'Etat.

    « Le pouvoir sans autorité, c’est l’autoritarisme du petit chef. L’autorité sans pouvoir, c’est la sérénité du vieux sage », disait le professeur Pierre Henri Tavoillot. Dans tous les cas, l’autorité n’est pas l’exercice d’un pouvoir tyrannique ni celui de la contrainte par la force. Elle relève du modèle et de l’exemplarité.

     

    5/ Domaine abordé : L’autorité n’est pas un trait de caractère, c’est une relation sociale. Il faut être au moins deux, et cette relation s’exerce toujours dans un dispositif qui est aussi un cadre symbolique : la famille, l’école, la justice, l’entreprise, la Nation. C’est sur le domaine de la Nation que nous nous pencherons plus particulièrement. Pour mémoire, le pouvoir politique désigne les formes d'autorité au sein d'un Etat, comme les trois pouvoirs : 

     LégislatifExécutifJudiciaire. Les pouvoirs publics (le gouvernement et l'ensemble des services chargés de l'administration d'un Etat ou d'une collectivité territoriale) sont les autorités constituées

    6/Contexte : Interview du futur candidat à la présidentielle, Emmanuel  Macron le 16/10/2016 par Challenge :

    « L'heure est grave pour notre pays. L'enjeu est de préserver sa cohésion, d'organiser sa réconciliation. Nous vivons une période de fracturation de la France : il y a désormais plusieurs France. Ces déchirures qui traversent notre pays produisent une crise profonde et perturbent notre imaginaire collectif. L'enjeu capital, notre capacité à réconcilier ces différentes France ? Le politique ne peut plus se satisfaire de s'adresser à des publics différents et antagonistes ; il est indispensable de trouver les chemins de la réconciliation des deux France : celle qui vit la mondialisation et les grandes transformations à l'œuvre comme une chance, la France des nomades heureux, et celle qui en a peur, la France des sédentaires qui subissent. »

    « En revanche, nous devons absolument inventer une nouvelle forme d'autorité démocratique fondée sur un discours du sens, sur un univers de symboles, sur une volonté permanente de projection dans l'avenir, le tout ancré dans l'Histoire du pays. »

     

    7/Qu'est-ce que l'autorité démocratique aujourd'hui ? Interview de Emmanuel Macron par Challenge le 16/10/2016 : « Une capacité à éclairer, une capacité à savoir, une capacité à énoncer un sens et une direction ancrés dans l'Histoire du peuple français. C'est une autorité qui est reconnue parce qu'elle n'a pas besoin d'être démontrée. »

    « Rappelons les trois strates du discours politique : la strate idéologique qui permet de donner du sens et des perspectives ; la strate technocratique qui détaille les moyens techniques d'exécution ; la strate de la réalité et du quotidien, que l'univers politico-médiatique ridiculise et dédaigne. »

    8/ Observations: Selon Frédéric Gros « à l’école, le grand paradoxe de l’éducation est qu’elle doit se servir du levier de l’obéissance pour développer l’esprit critique ». Selon moi,à ces propos, par analogie avec la démocratie qui s’appuie sur la liberté d’expression, il semblerait que l’autorité démocratique vu ci-dessus soit de l’ordre du même paradoxe, puisque jusqu’à l’heure actuelle toutes les autorités se trouvent remises en question.

    9/ Remarques : Le vrai problème est de définir des styles d’obéissance (conformisme, soumission, subordination, consentement, etc.) et d’étudier leurs limites. La subordination, c’est la légitimité du donneur d’ordres et lui obéir. La soumission, c’est une obéissance contrainte, qui repose sur l’impossibilité de désobéir, à cause du coût trop grand à endurer.

    10/ Ouverture du débat : de l’analyse et de l’argumentation ci-dessus, il se dégage plusieurs questions :

    L’idée d’autorité est-elle à reconstruire ou toujours à déconstruire ?

    Autorité non négociable - Pouvoir indiscutable et Ethos démocratique où tout se discute ne sont-ils pas ambivalents (en contradiction ?)

    La légitimité du donneur d’ordres (pouvoir) est-elle reconnue par tous (subordination), alors que jusqu’à l’heure actuelle, toutes les autorités se trouvent remises en question ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

    *Ethos : L'ethos (ou êthos, du grec ancien êthos, pluriel ếthê) est un mot grec qui signifie le caractère habituel, la manière d'être, les habitudes d'une personne. La joie, le courage, la mollesse sont par exemple des êthê. Les êthê sont souvent considérés du point de vue moral. Selon P.Fortin Université du Québec, l’ethos c’est à la fois le lieu où nous habitons et ce qui nous habite, c’est la façon particulière qui fait que nous sommes habités par un monde de normes, de valeurs, de sens et confrontés à celui-ci.

    Bibliographie : Menaces sur l’ethos démocratique https://enseignements-2016.ehess.fr/2016/ue/1693/                          

    L’autorité, à quoi ça sert ? https://fr.aleteia.org/2017/12/03/lautorite-a-quoi-ca-sert/ 

    Philosophie magazine n° 112 septembre 2017 à quoi tient l’autorité ?http://www.philomag.com/les-idees/dossiers/a-quoi-tient-lautorite-24640 

    Slate c’est quoi l’autorité http://www.slate.fr/story/99585/autorite 

    Interview de Emmanuel  Macron Par Challenges.fr le 16.10.2016  https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/interview-exclusive-d-emmanuel-macron-je-ne-crois-pas-au-president-normal_432886 

    La gazette Renault Histoire n°14 décembre 2017                                                 


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         La famille : qu’est-ce-que-c’est ? 

    Par Catherine Gantz.  

     

    Définitions : 

     

    -famille : communauté d’individus réunis par des liens de parenté, existant dans toutes les sociétés humaines. En sociologie,  unité de production, de reproduction biologique et de consommation, la famille est ce qui permet aux sociétés d’exister et de se perpétuer. Fait culturel, et non naturel, le groupe humain que constitue la famille prend des formes variables et complexes, plus ou moins élargies. 

     

    -couple : vivre ou avoir vécu en couple n’est pas moins fréquent qu’autrefois. En revanche, les couples se forment de plus en plus tard  et se séparent davantage. (INSEE) 

     

      

     

    En France, un peu d’histoire : pour 95% de la population :

    pour les classes populaires : 

     

    Au XVI ° et XVII°, le but de la vie était de préparer les générations à venir, à faire ce que les générations passées avaient fait. On disposait de règles claires pour façonner les relations au sein de la famille. Trois types de liens existaient simultanément :  1) les liens à la parentèle  2) les liens à la communauté, dont elle était membre (de travail, de prières…)   3) les liens avec les générations passées et à venir (lignage) 

     

    Le changement s’amorce  avec l’abandon des relations avec la parentèle éloignée, l’apparition de la notion de vie privée, d’intimité du foyer,  qui prévaut sur la communauté et l’abandon de l’esprit du lignage (qui définissait l’individu jusque-là). 

     

    Certaines hypothèses tentent d’expliquer cette métamorphose : l’anonymat de la vie urbaine, les révolutions industrielles successives,  le rationalisme et la laïcisation …  car aucun contrôle n’est possible avec l’éloignement et l’abandon du  fonctionnement chronophage des liens anciens permet un recentrage sur l’individu. 

     

    Une autre hypothèse, moins connue, est « l’intrusion du sentiment dans les trois domaines qui a contribué à déloger la famille traditionnelle des positions qu’elle occupait » : Les fiançailles : avant la formation des couples était basée sur des considérations matérielles (dot, augmentation du patrimoine). Avec les fiançailles, le critère de choix du partenaire est d’atteindre le bonheur personnel et l’épanouissement individuel. De même avec la relation mère/enfant : dans la société traditionnelle, le bien-être du nourrisson passait après bien des considérations (vivre, par ex.).Plus tard, la femme veille à ce que le bien-être du nourrisson- centre du monde, l’emporte sur tout autre souci (possible grâce aux progrès de la médecine). Alors intervient l’abandon des nourrices. 

     

    pour les classes supérieures : 

     

    Jusqu’au XVI°, la famille était une réalité morale, sociale plus que sentimentale. Dans toute la société, les enfants (7/9 jusqu’à 18 ans) étaient envoyés comme « apprentis » pour être éduqués. La notion de « service » est essentielle au Moyen-Age. Le jeune apprenait alors un métier, mais aussi les bonnes manières, par transmission, l’école étant alors une exception. L’enfant échappait très tôt à sa propre famille.  Au XV°, une révolution profonde et lente débute : la scolarisation permet aux enfants de rester chez leurs parents ; même s’il était pensionnaire, le lien avec la famille était moins distendu. Au XVII°, un réseau d’institutions scolaires s’est créé. La scolarité des filles ne se répandra pas avant le XVIII° ; longtemps, elles seront élevées par la pratique et l’usage, souvent dans les maisons des autres. 

     

    Jusqu’au XVII°, il n’existait pas de séparation entre la vie professionnelle, la vie privée, la vie mondaine ou sociale. La densité sociale interdisait l’isolement : à cette époque, c’est une promiscuité de tous les instants ; dans la même salle, on mangeait, on couchait, on dansait, travaillait ou recevait les visiteurs ! Au XVIII°, la famille commence à prendre ses distances à l’égard de la société : pièces donnant sur un couloir et plus en enfilade, les serviteurs sont appelés (sonnette), la chambre à coucher n’abrite que les lits, les visites se font à des heures « convenables » et non  plus sans prévenir … 

     

    Au XVIII°, l’égalité entre enfants est une des marques les plus caractéristiques. L’enfant est un élément indispensable de la vie quotidienne. Il deviendra plus tard le pivot de tout le système. 

     

    Dans beaucoup d’ouvrages, il est noté  que continuité e changement ont coexisté et qu’il est difficile de doser leur poids respectif. 

     

    En France, aujourd’hui : il existe actuellement une « bigarrure » des structures familiales, les familles se défont mais se rénovent aussi. Du fait des bouleversements intervenus dans la société, tels que le travail des femmes, la contraception, ,la contestation du pouvoir patriarcal et de l’autorité en général, la désacralisation du mariage, le refus du renoncement de soi pour la famille … le droit a suivi les mœurs : le divorce par consentement mutuel, l’augmentation des aides en faveur des femmes seules pour élever leurs enfants, la législation sur les couples homosexuels. La famille peut être traditionnelle, monoparentale, recomposée. On voit apparaître la « tribu », constituée d’un couple mixte ou homosexuel marié, ou non marié + enfant(s) , demi-frère(s) ou sœur(s), adoptés ou « fabriqués » mais aussi des grands-parents et de beaux grands-parents . Contrairement aux idées reçues, les solidarités intergénérationnelles continuent d’exister.  

     

    Les valeurs en hausse sont l’individualisation, l’autonomie et l’épanouissement. On note également la montée des valeurs centrées sur l’enfant : puérocentrisme. 

     

    L’amour conjugal tend à devenir un investissement à court ou moyen terme, le long terme s’est déplacé sur la relation parents/enfants. 

     

    En 1985, Françoise Héritier avait résumé  les solutions déjà connues en Afrique, en Asie et ailleurs, aux cas de figures apparemment  nouveaux  induits  par la biomédecine moderne : fécondation de l’épouse par un géniteur extérieur, cession d’enfant par une femme extérieure au couple, adoption d’enfants par des couples de  femmes stériles dont l’une est nommée « père ». Elle concluait : « Toutes les formules que nous pensons neuves sont possibles socialement et ont été expérimentées dans des sociétés particulières. Mais pour qu’elles fonctionnent comme des institutions, il faut qu’elles soient soutenues sans ambiguïté par la loi du groupe, inscrites fermement dans la structure sociale… ». 

     

    Des questions restent actuellement posées : comment le couple peut-il éduquer ses enfants dans un monde si mobile ? Peut-il, doit-il faire référence à sa propre enfance ? Comment  dissocier la question de la filiation et celle du couple ? Comment le parent peut-il envisager que sa place soit unique mais plus exclusive, et que son enfant puisse avoir d’autres références parentales (avec le rajout d’une figure inédite) ? Dans la « tribu », qui n’est pas le retour à la famille élargie, quelle est la place respective de chacun ? Les pratiques de substitution  (PMA ou don de gamètes) qui tendent à séparer sexualité et reproduction, sont mal assumées ; L’anonymat des donneurs et le secret lié à ces manipulations génétiques sont –elles  à remettre en cause ?  Peut-on considérer  que  l’intimité existant  avec  des amis très proches et le manque de lien du sang n’étant plus rédhibitoire,  la famille choisie ou la famille de cœur a toute sa place dans la société actuelle ?

     

     

     

                                            Le 26 Mai 2018 

     

    Bibliographie : 

     

    -Naissance de la famille moderne. E. Shorter. Ed. du Seuil 

     

    -L’enfant et  la vie familiale sous l’ancien Régime. P. Ariès. Ed. du Seuil (chap.III) 

     

    -Familles- Permanence et métamorphoses. Collectif. Ed. Sciences Humaines 

     

    -Revue MGEN .Avril 2018 

     

     

     


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  • La connaissance : quels enjeux

                                                               André Hans, le 5 Mai 2018

    D’abord une très ancienne question : Qu’est-ce que connaitre ?

    Connaitre est consubstantiel à la vie. En bon français cet aphorisme veut dire que tout être vivant, même le plus élémentaire connait, et cela depuis l’origine du vivant. Même une huitre, même une bactérie connait, car connaître c’est « Pouvoir identifier quelqu'un, quelque chose, reconnaître. Et tout être vivant doit impérativement re-connaitre, identifier dans son milieu extérieur les briques nécessaires à sa propre auto construction, pour les capter afin de les restructurer conformément au plan d’architecture encodé dans son génome. Faire du soi à partir de non-soi, afin de croitre et se multiplier.

    À partir de principes qui ont été retenus par 3.8 milliards d’années d’évolution, on peut passer graduellement du mode de connaissance le plus simple au plus complexe : la connaissance humaine. Survolons vite les étapes évolutives avec d’abord la connaissance intégralement héritée génétiquement des unicellulaires, puis la connaissance par renforcement, qui sera en mesure d’activer une réponse strictement stéréotypée puisée dans un registre de comportements figés, puis une connaissance avec une part d’apprentissage, et enfin une connaissance qui fait une part progressivement plus importante à des apprentissages induisant des comportements progressivement plus flexibles et complexes.

    Puis la connaissance humaine, qui est à la fois l’héritière des précédentes (de nombreuses recherches sur le cerveau se font sur des rats) mais en rupture. Et quelle rupture ! Un type de connaissance qui a conféré à notre espèce une domination sans précédent sur toutes les autres espèces. Platon n’affirma-t-il pas que notre connaissance est le souvenir d'un état ancien où, avant d'être incarnée dans un corps, notre âme vivait au contact immédiat des pures idées dans le monde intelligible. Une conception déterminante en philosophie qui fit dire à Whitehead « toute la philosophie occidentale n'est rien de plus qu'une note de bas de page ajoutée aux écrits de Platon. »  Longtemps dans le monde occidental l’idée que la connaissance était de nature surnaturelle a prévalue. Certain encore aujourd’hui avancent qu’elle restera à tout jamais inaccessible. Dans La Critique de la raison pure, Kant renverse le rapport classique sujet/objet : c’est désormais le sujet qui est au centre de la connaissance et non pas l’objet. Mais la voie ouverte par Kant n'a pas été poursuivie. Le vingtième siècle fut celui de la phénoménologie avec Brentano, Husserl et Heidegger, pour ne citer qu’eux. Pour Jacques COLETTE, professeur à la Sorbonne, la sentence est cruelle « On peut voir dans les philosophies de l’existence, soit une rechute dans un spiritualisme angoissé, soit l’abandon au nihilisme se complaisant dans les remous stériles de l’inachevé. » Pourtant, 2 siècles auparavant Kant préconisait « rechercher des éléments de la raison pure en ce qu’ils se laissent confirmer ou de réfuter par une expérimentation ». Pour Karl Popper une théorie que rien ne peut réfuter est dépourvue de caractère scientifique. 

    Pourtant au Moyen-âge, à Paris, la fameuse « querelle des universaux » eut le mérite de poser une des questions essentielles de la philosophe de la connaissance, celle de la dualité de la connaissance. La connaissance intuitive et la connaissance conceptuelle. En clair, par quel miracle sommes-nous capables de reconnaître spontanément et nommer des êtres et des choses en dépit de leur diversité d’apparence ? Prenons un exemple. Comment attribuons-nous spontanément sans la moindre hésitation une même dénomination, par exemple « horloge » à des objets aussi différents qu’une comtoise et une icône sur un écran d’ordinateur ? Pourquoi sans aucune hésitation reconnaissons-nous comme table aussi bien dans la petite table de café-bar au plateau circulaire porté par un seul pied et l’immense table de banquet, table faite de planches et tréteaux pour plusieurs dizaines de convives ? Ce que nous reconnaissons de commun à cette grande variété de mobilier, c’est la possibilité d’« Être à table ». N’est-ce pas là le concept de table et plus haut de l’horloge ? Ce terme d’« être avec » emprunté à Heidegger s’entend comme une relation commune particulière qu’il est possible de nouer avec tous ces mobiliers. Cet « être à table » implique d’abord la reconnaissance de la relation d’intrication physique qu’un sujet peut entretenir avec ce mobilier. Une relation entre un plateau maintenu horizontal à une hauteur comprise entre les coudes et les cuisses d’un sujet assis. Mais cette relation fonctionnelle n’épuise pas toute la richesse de notre relation avec ce mobilier. La table est un objet de sociabilité essentiel en occident.

    À l’inverse, nous attribuons parfois un grand nombre de dénominations à des objets rigoureusement identiques, mais auxquels nous prêtons une intention d’usage différent. Ainsi le même morceau de bois que l’on peut saisir d’une main, peut tout aussi bien être une perche tendue à quelqu’un en difficulté, un épieu pour se défendre, un mat pour tendre une toile, un javelot pour atteindre une cible, une gaule pour faire tomber des fruits, un piquet pour attacher une bête, un tuteur pour supporter une plante, etc. Un concept ce n’est pas l’objet physique en tant que tel, mais l’intention de l’usage que l’on projette sur lui, si peu que celui-ci s’y prête, moyennant des adaptations. Le concept de gaule c’est une tige suffisamment rigide et grande pour prolonger le bras en vue de cueillir des fruits trop hauts. Le concept de tuteur c’est bien le morceau de bois planté en terre pour soutenir un jeune plant.  Intentionnalité à bien distinguer de l’intentionnalité en phénoménologie qui porte essentiellement, pour le dire brièvement sur des états de conscience.

     

    Cette connaissance par concepts, ne serait-ce pas ce qui distingue radicalement les humains de tous les autres genres. C’est une connaissance construite selon une architecture particulière. Reprenant une hypothèse de Kant peu connue, puis de Simondon qui n’eut guère plus de succès, d’une généalogie de concepts où des concepts de rang inférieur participent à la création de concepts plus complexes et plus précis on peut établir par exemple une progression partant du plus général, du plus indistinct vers le plus précis, le plus complexe comme la progression : chose, vivant, animal, oiseau, perroquet, ara. Le système de catégorisation a, pour la chercheuse Hélène ROSCH, une dimension verticale et une dimension horizontale. La dimension verticale repose sur une relation d’inclusion, par exemple pour rouge gorge : être vivant, animal, oiseau, rouge gorge. La dimension horizontale repose sur une distinction entre mots d’un même niveau d’inclusion (termes coordonnés) comme canard et rouge gorge » 

    Ces hypothèses sont-elles une énième vue de l’esprit ? À quoi peuvent-elles bien servir autrement qu’à se faire mal à la tête ? La thèse développée dans cet ouvrage, d’une connaissance structurée selon une arborescente réticulée de concepts, peut se soumettre aux critères de réfutabilité de Popper. La pertinence d’une telle architecture peut être éprouvée expérimentalement, notamment à partir de deux types d’aphasie (trouble du langage) l’une consécutive à une lésion cérébrale localisée, l’autre due à la maladie d’Alzheimer. À partir d’une ‘’ déconstruction’’ de concepts, spécifique à ce modèle, il serait possible de prévoir les termes du lexique qui sont préférentiellement affectés chez chacun de ces patients. 

    Les enjeux

    Le paradoxe de la connaissance, c’est qu’elle sache si peu d’elle-même. Et pourtant plus qu’à toute autre époque la connaissance est devenue stratégique. Qu’est devenu l’ambitieux projet de l’Europe de la connaissance ? L’effondrement de la France dans les enquêtes PISA fait craindre son déclassement pour devenir une nation de second ordre. Aux USA, en Suisse et bien d’autres pays, on a bien compris que l’enjeu pour demain, c’est de retenir les meilleurs cerveaux. Mieux connaitre la connaissance, n’est-ce pas le moyen de mieux la transmettre. La créativité, l’invention, l’innovation sont plus que jamais à l’honneur. Encore faut-il ne pas la stériliser dès le plus jeune âge. La connaissance humaine, se distingue de celle des aux autres espèces c’est la thèse développée ici, c’est avant tout un édifice, une construction. Encore faut-il la doter de solides fondations pour qu’une tour puisse tutoyer les nuages. Les savoirs non structurés, rapidement mémorisés en vue d’un examen seront aussi vite oubliés.    

     

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  •                                                                        Qu'est ce que la virilité?

                                                                       

                                                                par Josette Saint-Marc

     

     

     Avant de commencer, je voudrais préciser que mon intention, en choisissant ce thème, n’est pas d’entrer dans une guerre sexiste.

    Atterrée par les conflits, la violence, les guerres, qui éclatent partout sur la planète, je me pose la question :  la virilité n’en serait-elle pas la Source ?

    J'ai bien conscience que mon propos peut choquer, voire agresser, mais là, je le répète, n’est pas mon intention, car évidemment tous les hommes ne sont pas des dictateurs violents, des violeurs, ou, dans les cas les plus extrêmes, des terroristes. Chercher à connaître l’origine de ces symptômes comportementaux « destructeurs » qui découlent de leur sentiment de virilité, donc de supériorité, serait une excellente chose afin de faire avancer l’Humanité.

     

    Qu'est-ce que la virilité ?

     

    Étymologie,  racine du mot latin « VIR » : À côté du terme générique homo (l'être humain, terme qui s'applique donc aux femmes et aux hommes: homo sum - je suis un homme, dans le sens un être humain), Le terme vir désigne le mâle (dérivant lui-même du sanskrit viras signifiant: «héros», «fort»!

     

    Derrière ce mot qui, pour moi, est une « construction sociologique », que d'incompréhension, de confusion, de peur ! Peur de ne pas être viril, fort… Peur de ne pas être un homme, un vrai ! Cette peur entraîne un désir de puissance donc de domination : soumettre afin de prouver sa force, sa valeur, sa raison d’être.

    Le désir de posséder crée un appétit de conquête, développe l’instinct guerrier. Le désir de prouver sa valeur peut aller jusqu'à l’aliénation. Cette construction est basée sur la toute-puissance guerrière, sexuelle et donc politique : valorisation de la force, de la performance (mot très à la mode) d’où le   goût du pouvoir, de l’argent qui est un outil au service du pouvoir.

    Où commence l'abus de pouvoir ?

    Je pense que le premier dominé est l'homme : en effet il est tombé dans son propre piège dont il a beaucoup de mal à sortir, il s’est fait lui-même prisonnier du Mythe de la virilité. C’est une quête sans fin, une épreuve de force, pour lui d'abord, et ensuite pour les autres : femmes, hommes, enfants, planète. C’est l’exploitation de l'homme par L’homme !

    Pour atteindre ses buts l’homme réprime totalement ses émotions qui sont pour lui un signe de faiblesse, ou qui, au contraire, le font réagir sans aucune maîtrise. Il redoute l'impuissance (terme utilisé à propos de la sexualité), déteste l’efféminement.

    Le sexe de l'homme est à l’extérieur : quand il ne se dresse plus on dit qu'il est impuissant ! (Symboliquement c’est très parlant.) Ce qui est un véritable trauma, une aliénation, je dirais même que son sentiment d'exister peut-être gravement atteint. A l'heure actuelle nous avons des exemples bien vivants (Trump, Kim Jong-un, Bachar Al Assad.) Effectivement ce sont des cas extrêmes qui relèvent, d’après moi, de la psychiatrie. C’est la guerre du plus fort, du plus intelligent du plus puissant, donc du plus VIRIL ! A mon sens c'est vraiment une réduction de ce qu'est un homme !

    Bien que les mentalités aient évolué je pense qu'il y a encore du boulot et cela passe par l’éducation.

    Laissons aux hommes le droit d'avoir peur, de ne pas savoir, d'être tristes, de pleurer : ils seront plus humains. S’ils s'autorisaient à s'abandonner à leurs émotions ils seraient plus proches de la souffrance des autres, plus compatissants et donc moins violents, durs, dominateurs.

    On disait aux petits garçons « Ne pleure pas tu n'es pas une fille ! » Ou « Sois un homme mon fils ! » « Sois courageux, sois fort » (aussi bien physiquement que psychologiquement) Or la maîtrise des émotions risque d’engendrer une rupture avec le Sentiment Humain. Pour ne pas faiblir, ils se construisaient une armure émotionnelle, ils devenaient durs, violents : l'armure protège des coups mais aussi des caresses !

     Je pense que la virilité est une « idéologie aliénante. » Sa mission : prouver la valeur de l’homme, sa supériorité. Cela est destructeur, usant, car violent pour l’homme lui-même. C’est une prison et Marx parle des « hommes dominés par leur domination ». On retrouve ce goût de la compétition dans le sport ; c'est moins dangereux, mais tout aussi symptomatique.

    Cette compétition que je qualifierai d'infernale participe à la destruction de la Nature, de l’Humanité.

    Ce mot s’est transformé en « Économie » en « Compétitivité ». Un véritable mantra : l'argument en Or pour tirer les salaires vers le bas, les acquis sociaux, afin d’être toujours plus compétitif, et cela au détriment de l'Humain. C’est la lutte pour être classée la 1ère, 2ème, 3éme puissance mondiale, ce qui entraîne un appauvrissement des citoyens et développe la misère ! Ce terme qui est une suite logique de l'esprit de compétition est la conséquence de ce mythe de la virilité ! Toujours plus! Plus vite, plus riche, plus fort, plus, plus…

    Bien sûr il y a aussi des femmes qui aiment la compétition sportive, c'est vrai ! Ces femmes ont peut-être un côté masculin plus développé !

    Cette course folle est sans fin car, pour devancer l'autre, il faut l’écraser, l’éliminer, voire le faire disparaître ! Cela est valable au niveau de l'individu, au niveau des rivalités politiques, dans les entreprises et les nations ; elle engendre la révolte, la vengeance des vaincus, des faibles : « on récolte ce que l'on a semé. »

    Ce n'est pas l'esprit de coopération qui règne, hélas !

    Virilité=Puissance phallique ! Devoir de performance ! Dans tous les domaines ! Je dirai même Dictature de la Performance sexuelle et autres !

    Cette puissance phallique se concrétise aussi avec les voitures (ma bagnole disent-ils !), de plus en plus rapides, longues, puissantes. D’ailleurs le comportement au volant de certains hommes est révélateur : coller, klaxonner, insulter parfois ! (Levier de vitesse = phallus)

    On la retrouve également dans les tours : on en construit de plus en plus et de plus en plus hautes. Elles se dressent et dominent ! Très Symbolique !

    Pour moi, la virilité ne s'exprime pas seulement envers la Femme.

    Je conclurai en disant que la virilité est une illusion, un rêve, un mythe, un piège et qu'elle a fait beaucoup de dégâts !

    Les mouvements féministes ont bousculé tout ça et nous avançons, bien lentement cependant, vers un nouveau modèle. Je l'espère en tout cas pour le bien-être de tous.

    J'ajouterai que les femmes ont leur part de responsabilité dans leurs relations aux hommes ! La relation se joue au minimum à deux.

    Un sujet sur la féminité écrit par un homme serait intéressant.

     

     

     


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  • Où va l’Afrique

                                           Mahmadou Sall, Nesrine Azizi.             Le 3 Février 2018.

    Pourrions-nous parler de l'Afrique comme d'un ensemble unifié ?
    Le devenir de l'Afrique est-il  dépendant de la stratégie de la communauté internationale ?
    Très difficile de répondre succinctement  à ces 2 questionnements d’un continent composé de + de 50 pays Les cinquante dernières années ont vu des transformations importantes des structures économiques africaines, mais les enjeux internes de la pression démographique et des inégalités sociales encore fortement présentes laisse augurer des défis à venir. La question est complexe, puisqu’elle suppose appréhender des états dont la nature, l’histoire, la trajectoire et la puissance potentielle sont extrêmement diverses du nord au sud et de l’est à l’ouest. Nous tenterons de développer notre analyse dans le domaine économique au-delà des aspects sécuritaires évidemment lancinants.

    L’afro-pessimisme

    Il dépeint un sentiment relativement partagé y compris par des élites africaines, voyant dans l’Afrique subsaharienne un endroit spécifique de la globalisation (moins de 2 % du PIB mondial), un espace malade : une croissance démographique, manifeste, des capitales avec des bidonvilles qui se déploient à l’infini, une agriculture stagnante, des guerres, des gouvernances délicates etc. …

    L’approche « afro-pessimiste » s’est constituée en trois strates successives d’analyses critiques.

    Celle de chercheurs africanistes, dans les années 1970 et 1980, qui remettent en cause l’explication du retard africain par les conséquences de la colonisation, par l’existence d’un « néo-colonialisme » et en pointant la responsabilité des classes dirigeantes locales.

    Les décideurs politiques et surtout de médias diffusent, plus ou moins volontairement l’image assez dominante d’une sorte de fatalité s’abattant sur le continent.

     

    L’afro-optimisme

    Les discours « afro-optimistes » ont pris une vigueur nouvelle. Des milieux économiques et entrepreneuriaux, encouragés par les principales institutions financières, les grands cabinets conseils et autres agences de notation commencent à l’implanter. Cette approche plus positive des perspectives de développement de l’Afrique s’appuie en effet sur des statistiques flatteuses.

    Quelques données :

    -          Une croissance soutenue (plus de 5 %) depuis le début du XXIe siècle.

    -          Un flux d’investissements étrangers à la hausse, et qui ne touche plus comme antérieurement, les seules industries extractives, mais qui se déploie à de nombreux autres secteurs (BTP, commerce, agriculture, information et communication, services financiers, tourisme…)

    -          D’importantes réserves de minerais et d’énergies fossiles.

    -          Des moteurs internes à la croissance qui s’allument les uns après les autres (émergence d’une classe moyenne).

    -          Une urbanisation et une densité des infrastructures qui s’améliorent.

    -          Une meilleure formation des jeunes et le développement des enseignements, secondaires et supérieurs.

    -          Le succès de quelques transitions politiques (Ghana, Sénégal, Gambie, Mali, Burkina …) témoigne des avancées de la démocratie sur le continent ».

     

     

    Culture et cultures

    Les cultures sont diverses et variées sur un continent aussi immense et c’est un enjeu important : est-ce celle d’un certain passé transmis de génération en génération ou celle de l’Autre, subi ou fantasmé ?

     

    Démocratie, gouvernance et idée panafricaine

    Le printemps arabe en Tunisie, en Egypte, répondait à une quête de dignité.

    Le panafricanisme, multiforme par nature, incluait des thèmes tels que le changement des conditions matérielles et le changement de la conscience.

    Le véritable enjeu démocratique en Afrique aujourd’hui est le droit à l’eau, à l’électricité, au travail etc. 

    Depuis la réintroduction de la démocratie pluraliste à la fin des années 80 et au début des années 90, les partis politiques ont joué un rôle central dans le processus de gouvernance. Si les partis sont les agents essentiels de la démocratisation, leur effica­cité dans la démocratie pluraliste dépend des difficultés à la fois externes et internes auxquelles ils sont confrontés.

    L’Internet, par le biais des médias sociaux comme Facebook, Twitter, les téléphones por­tables, Youtube, etc, permet de démocratiser la politique en Afrique. Le phénomène des citoyens journalistes prend également de l’ampleur dans l’ensemble du continent.

     

    Une perspective africaine

    Les ressources du continent sont considérables : 10% des ressources minérales du monde (l’or, le diamant, le fer, l’aluminium, le cobalt et j’en passe). C’est un tiers du capital hydroélectrique du monde. C’est également 10% des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel. L’Angola a fourni en 2004 près de 10% des importations de pétrole des Etats-Unis. Mais il y a aussi la population africaine dont le rythme de croissance est impressionnant.

    L’essor des classes moyennes fait partie des facteurs d’optimisme. La Banque africaine de développement estime dans un rapport de 2011 que la classe moyenne a triplé en 30 ans.

    L’Afrique est devenue le 2ème marché mondial des télécoms, après l’Asie et devant l’Europe et les États-Unis ».

    Orientée vers l’exportation, l’extraction pétrolière notamment, mais plus généralement les matières premières, constituent la principale richesse produite.

    Pour les entreprises occidentales, c’est sans doute le moment de s’intéresser aux potentiels du continent. Comme la géopolitique l’y invite : sans idées reçues, ni vaines illusions.

     

    Conclusion  

    La très forte pression démographique que connaît et connaîtra l’Afrique pourrait constituer un danger sans dynamisme économique et sans tissu productif local, régional viable.

    Il nourrit par cascade d’immenses défis, parmi lesquels la gestion des flux de populations et en particulier celle de la dynamique urbaine. On l’oublie parfois, vu d’Europe, mais l’essentiel des flux migratoires et de réfugiés africains se limite au seul continent.

    Pour autant, « l’image de l’Afrique est désormais celle d’un continent qui avance à grande vitesse », assure le quotidien Le Monde (23/12/2015).

    Les hommes d’État comme les citoyens ont désormais à rechercher dans le commun qui les fonde la ressource afin d’imaginer des solutions aux problèmes en suspens.

    Ces solutions seront forcément coopératives, et donc pragmatiques

    Un impératif : penser le monde à partir d’une exigence de dignité humaine inscrite dans la nature essentiellement culturelle de notre espèce. 

    Pour voir le compte-rendu de séance, cliquer ici

                                                                         


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