• Programme


     

    Prochains débats et conférences.

     

    Samedi 13 Janvier 2018

    Croissance ou décroissance? Telle est la question

    introduit par Bruno Sauvage

     Pour voir le texte, cliquer ici.

    Pour voir le compte-rendu du débat cliquer ici.

    Samedi 27 Janvier 2018

     Comment peut-on voir le monde en 2100 ?

    introduit par Jean-Jacques Vollmer.

    Pour le texte, cliquer ici

    Résumé:

    Il ne s'agira pas de dire comment vous aimeriez que soit le monde en 2100, mais comment vous pensez aujourd'hui qu'il sera demain. C'est un exercice reflétant plutôt vos convictions ou vos croyances, optimistes ou pessimistes, en essayant si possible de justifier un tant soit peu votre opinion. Prédiction, prévision ou prospective, ce sera l'occasion d'observer comment un groupe de personnes, en 2017, imagine le monde de 2100. On pourra exprimer son avis sur différents grands sujets : environnement, politique, moeurs, religions, progrès scientifiques
       

    Samedi 3 Février 2018

     Où va l'Afrique?

    introduit par Mamadou Sall et Nesrine Azizi.

     

    ________________________________________________

      L'entrée à nos débats est libre; ils  ont lieu le Samedi entre 16h30 et 18h30, au café "Le Marina ", 26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX.. Il n'y a nul besoin, pour y participer, de faire partie de l'association "le café débat de Saint-Quentin en Yvelines"  (cotisation annuelle de 5 euros). Il est seulement demandé de payer sa consommation en sortant. 

     


    Conditions de participation.

     Toute personne peut proposer un sujet. Les sujets sont soumis au vote des adhérents de l'association, de telle manière que seuls les sujets qui ont des chances de réunir un nombre suffisant de participants sont choisis. Si le sujet est retenu, ce qui est le cas le plus fréquent, il  faut alors préparer pour la date choisie une introduction (deux pages format A4 maximum), qui sera lue en début de séance. Pour adhérer à l'association, il suffit de régler une cotisation annuelle modique (5 euros). Pour plus d'informations, voir la rubrique "Fonctionnement" en haut à gauche de cette page.

     Lieu des débats:

    Le MARINA   26 place Etienne Marcel  78180 MONTIGNY LE BRETONNEUX  

     


     

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  • Comment voir le monde en 2100 ?                                   Jean-Jacques Vollmer

     

                                                                                                                            27 janvier 2018 

     

     

     

    En 1990, Thierry Gaudin[1] et une petite équipe du Centre de Prospective du Ministère de la Recherche a publié un gros ouvrage intitulé : « 2100, récit du prochain siècle »[2]. Ce travail a été réalisé en utilisant les méthodes de la prospective, et contient beaucoup d'idées neuves dans tous les domaines.[3] C'est lui qui m'a donné envie de proposer ce sujet au Café-Débat, mais bien évidemment sous une autre forme. En effet, nul parmi nous ne possède la capacité de mettre en œuvre la méthodologie des prospectivistes, et quand bien même cela serait, ce n'est certainement pas faisable en deux heures.

     

    Certains m'ont dit : « Pourquoi 2100 ? C'est trop loin, 2050 serait plus facilement prévisible ». Il faut alors rappeler que la prospective[4] n'est pas la prévision, qui concerne le court terme, et encore moins la prédiction qui est plutôt du domaine des marabouts et des voyantes. Le court terme n'est que la prolongation du présent, comme la météo de demain est facilement prévisible à partir de celle d'aujourd'hui. Le long terme, quant à lui, dépend de trop de facteurs imprévisibles, et la simple extrapolation conduit à coup sûr à des conclusions erronées, voire impossibles.

     

    Alors, comment procéder ? Je vous propose une approche plus « sociologique » que scientifique : il ne s'agira pas de dire comment vous aimeriez que soit le monde en 2100 (c'est évident : le meilleur possible !), mais comment vous pensez aujourd'hui qu'il sera demain. C'est un exercice reflétant plutôt vos convictions ou vos croyances, optimistes ou pessimistes, en essayant si possible de justifier un tant soit peu votre opinion, par exemple en tenant compte de facteurs actuels qui vous paraissent déterminants pour l'avenir. Ce sera l'occasion d'observer comment un groupe de personnes, en 2018, imagine le monde de 2100, reflétant ainsi, peu ou prou, la confiance ou la défiance vis à vis de l'évolution de notre société actuelle.

     

    A partir de l'état du monde aujourd'hui, des myriades de possibilités existent pour aboutir au monde tel qu'il sera en 2100. Elles ne sont pas toutes aussi probables, mais il est impossible de les évaluer, et par conséquent impossible de prévoir ce qui va se passer dans les 80 années qui viennent.

     

    La vision globale d'un tel futur peut cependant se définir comme la somme de l'état du monde dans différents domaines : politique, environnement, technologies, religions, société, etc, mais sans oublier que de graves événements imprévisibles peuvent se produire pendant ce laps de temps de 80 ans. C'est là que la meilleure source d'inspiration se trouve être la science-fiction : regardez bien tout ce que les écrivains de ce genre littéraire ont inventé sans rien savoir des progrès de la science, en tombant juste à de très nombreuses reprises. Jules Verne, par exemple, avait prévu  de nombreuses innovations, sans forcément y croire lui-même, et les martiens d'HG Wells utilisaient un rayon de la mort bien proche du laser. Il vous faut donc aussi faire preuve d'imagination, ce sera la meilleure façon de tomber juste dans votre description du monde de demain.

     

    Vous pouvez aussi utiliser le passé comme guide : que pouvait-on dire de sérieux en 1945   sur l'état du monde en 2018 ? Qu'est-ce qui était prévisible de manière sérieuse et argumentée, et qu'est-ce qui est arrivé que personne ne pouvait prévoir ? A partir de cette méthode, vous pouvez imaginer ce qui sera la suite logique de ce qui existe aujourd'hui, et ce qui dépendra d'événements totalement imprévus, peut-être annoncés par ce qu'on appelle les « signaux faibles », petits événements cachés derrière le « bruit » fait par le reste, et qui pourront être le début de quelque chose de formidable, peut-être.

     

    Je ne vous donnerai donc pas ici ma propre vision de 2100, je le ferai sans doute en réunion, mais mon avis n'a pas plus de valeur que le vôtre. Je vous recommande éventuellement de vous mettre dans un état d'esprit particulier pour cet exercice, que je décrirais par la petite histoire suivante :

     

    Imaginez que vous êtes au 1er janvier 2100. Vous vous réveillez tard parce que vous avez un peu trop fait la fête la veille, mais vous êtes d'humeur philosophique, et avant de vous lever vous réfléchissez à cette date historique, et vous vous dites : « Un nouveau siècle commence. Que de changements avons nous connus depuis 80 ans, depuis que nos ancêtres, alertes sexagénaires, discutaient dans un café-débat sur ce que serait le monde d'aujourd'hui ! » Et vous faites mentalement la liste, sûrement incomplète, de ce qui n'existait pas à cette époque et qui a bouleversé votre vie par rapport à la leur.

     

    Vous pouvez aussi, au contraire, faire l'inventaire de ce qui n'a pas changé, et il y a gros à parier que cette liste sera plus courte que la précédente. Par exemple, les bons repas arrosés par quelques bonnes bouteilles, n'ont pas été remplacés par des pilules et des boissons hygiéniques ; on fête toujours certaines dates historiques ; les chrétiens vont toujours à la messe de minuit à Noël...Mais la dinde ou le chapon ont été remplacés dans le four par leur équivalent impossible à distinguer, fabriqué dans des usines à cuisses de dinde ou à beefsteak ayant éliminé la nécessité de tuer des bêtes pour se nourrir. Mais le curé, le pasteur, l'imam ou le rabbin peut officier à la demande chez vous, grâce à un hologramme de grande qualité. Et plusieurs autres exemples vous viennent à l'esprit, mais vous arrêtez de les énumérer, car votre petit déjeuner vous attend, et lui non plus n'a pas beaucoup changé, même s'il est fait par un robot aux petits soins pour vous... 

     

    Arrêtons là cette projection optimiste et occidentale, pas très imaginative, d'un petit morceau de notre future vie quotidienne qui, aussi brève soit-elle, suppose de manière sous-jacente qu'en 2100 notre société, celle où nous vivons, n'aura pas changé fondamentalement.

     

    Aussi, pour structurer un peu notre discussion, et éviter que, dès le départ, on parte dans  toutes les directions, je souhaiterais que les participants examinent successivement et brièvement les grands thèmes suivants. Ce sont, à mon avis, les plus importants, mais nous pourrons les modifier si besoin :

     

    -        recenser les événements prévisibles majeurs et ceux qui sont imprévisibles mais possibles et leurs conséquences : guerres, catastrophes naturelles, maladies nouvelles, inventions extraordinaires, changements de modes de vie, positifs ou négatifs ...

     

    -        la démographie, avec ses corollaires : alimentation, santé, pauvreté,...

     

    -        l'environnement et l'énergie : réchauffement climatique, fin du pétrole (?), biodiversité, ...

     

    -        les ruptures technologiques (le numérique, l'intelligence artificielle, les biotechnologies, ….et tout ce qui aujourd'hui est du domaine du rêve...)

     

    -        la gouvernance mondiale, la géopolitique, le commerce et l'économie, le terrorisme...

     

    -        les changements sociaux et la vie quotidienne (le travail, les loisirs, la vie culturelle, les transports, la famille, les relations entre les personnes,...)

     

    -        l'évolution de la nature humaine : religions, croyances, valeurs, individualisme

     

    -        autres thèmes

     

    Le monde du vivant, et l'humanité qui en fait partie, forment un système extraordinairement complexe, dont chaque élément agit sur tous les autres et se trouve influencé par tous les autres. Son évolution ne peut donc être envisagée que de manière globale, ce qui est très difficile. C'est pourquoi le découpage ci-dessus ne peut être qu'indicatif, chacun des domaines ayant des effets sur tous les autres.

     

     

     

    Mais nous n'avons que deux heures ! Nous n'approfondirons rien cette fois, mais la conclusion sera peut-être que certains sujets devront faire l'objet de futurs débats dans notre café ...

     

     


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  • Croissance ou décroissance ? Telle est la question.

     

    Café débat de Saint Quentin en Yvelines du 13 janvier 2018

     

    Débat introduit par Bruno Sauvage

     

     Face aux enjeux du développement durable et à l’inégalité de la répartition des richesses dans le monde, certaines personnes se demandent s’il ne faudrait pas que l’activité économique décroisse dans certains pays pour qu’elle puisse croître dans d’autres ?

     Répondre à cette question nous conduit à un autre débat : Qu’est-ce que la croissance ? Et pour qu’elle se maintienne, comment assurer la gestion durable des ressources de la planète (énergie, agriculture, forêt, mines, eau, ressources marines) et leur répartition équitable ?

     Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, nous proposons une approche en six étapes :

     1°) – Le PIB, un bon indicateur de l’activité économique d’un pays :

     Le taux de croissance du PIB- « produit intérieur brut », est le critère principal qui permet de juger de l’efficacité de la politique économique d’un Etat.

     Cet étalon mesure la somme de la valeur ajoutée marchande des entreprises d’un pays : il est la somme des rémunérations des travailleurs (salaires et cotisations sociales), des impôts payés par les entreprises et du bénéfice redistribué aux actionnaires.

     Le PIB reflète le revenu total des habitants d’un pays.

     Si le PIB croît, cela signifie que l’économie distribue plus de revenus et crée des emplois nouveaux.

     Si le PIB stagne ou régresse, c’est mauvais signe pour l’emploi.

     2°) – Mais le PIB n’est pas un bon indicateur pour la gestion des ressources primaires

    Si le PIB est un bon indicateur de l’économie marchande, il ne prend cependant pas en compte la valeur du patrimoine grâce auquel s’exercent les activités économiques :

     -          Les réserves de ressources non renouvelables (énergies fossiles et minerais) s’épuisent peu à peu.

     -          Les ressources renouvelables, provenant de l’agriculture, de la forêt ou de la mer, sont souvent exploitées sans souci de conserver le patrimoine productif.

     (On peut noter également que le PIB ne prend pas en compte tous les services non marchands que les hommes échangent entre eux dans leur vie quotidienne et qui constituent le ciment de la vie en société.)

     3°) – Les défis de l’avenir : la gestion des ressources primaires.

     Pour que l’activité économique puisse s’exercer dans de bonnes conditions, elle doit disposer de matières premières et cela de manière durable. Dans le document proposé en annexe sont examinées les grandes catégories de ressources primaires et les questions que pose leur gestion :

     3.1) - Les énergies fossiles.

     3.2) – Les ressources minières

     3.3) – Les ressources marines.

     3.4) – Agriculture et forêts.

     3.5) – Gestion de l’eau

     En conclusion : Tous les domaines examinés montrent que la gestion des ressources primaires ne peut pas dépendre des simples règles de l’économie marchande. Il faut qu’en amont des acteurs économiques, des institutions mondiales (ou locales pour l’eau) assurent une régulation des conditions d’exploitation des ressources et définissent des mécanismes de répartition entre les acteurs économiques.

     4°) – Gestion des ressources primaires et croissance du PIB

     Une entreprise met en œuvre des matières premières. Par son travail et son savoir faire elle les transforme pour fournir des objets fabriqués ou des services.

     C’est la valeur ajoutée par les entreprises que le PIB mesure.

     Les matières premières sont physiquement limitées : les ressources d’énergies fossiles et les minerais ne sont pas renouvelables, les surfaces agricoles et forestières ne sont pas extensibles ; dans chaque bassin versant de fleuve, on ne peut pas prélever plus d’eau que celle offerte par la ressource, …

     Le système économique se heurtera fatalement à des limites.

     Pour que l’économie puisse déployer son activité sur des bases durables et ne devienne pas une foire d’empoigne pour s’approprier les dernières ressources disponibles, il faut que des règles de gestion et de répartition des ressources soient établies à l’échelle mondiale (ou régionale pour certaines ressources comme l’eau).

     Prenons quelques exemples :

     Un irrigant qui a la possibilité de prélever de l’eau sans limite utilisera mal cette eau. Si, une fois établi des règles de répartition, il ne dispose que d’une quantité limitée, il utilisera cette quantité de manière optimale pour en tirer le meilleur parti et maximiser sa valeur ajoutée.

     Mettre en œuvre des dispositifs de contingentement de l’accès à la ressource, comme les quotas d’émission en matière d’énergie fossiles, conduit les entreprises à valoriser au mieux ce dont elles disposent.

     Si je dispose d’une bille de bois : je peux en faire du bois de feu, je peux en faire de la pâte à papier, je peux en faire de simples planches, ou je peux en faire des ouvrages d’ébénisterie de haute valeur … A partir d’une même matière première on peut générer une valeur ajoutée presque nulle ou très élevée …

     Le contingentement des ressources, ne signifie pas une régression du PIB, puisque chaque entreprise, chaque artisan, chaque exploitant, par sa propre dynamique cherchera, ou devra chercher à maximiser le ratio « valeur ajoutée / unité de ressource primaire ».

     Ce contingentement permet de construire l’économie sur des bases « vertueuses ». Le PIB peut continuer de croître, même avec des ressources contingentées.

     5°) – Une gouvernance mondiale nécessaire

     Les activités économiques et financières ne sont pas confinées à l’intérieur des limites territoriales, alors que l’autorité des gouvernements continue à être essentiellement locale. Cette remarque s’applique aussi à la gestion des ressources naturelles qui sont le support de l’activité économique.

     Chaque Etat se préoccupe de la compétitivité de son économie, et on ne peut pas le lui reprocher, mais toutes ces politiques nationales non coordonnées ne font qu’aggraver la crise générale :

     -         Elles encouragent l’optimisation fiscale, les paradis fiscaux et la spéculation financière, avec la course au moins disant fiscal entre les Etats. Les Etats perdent ainsi les ressources fiscales qui leur permettraient d’exercer leur rôle de redistribution et de lutter contre les inégalités.

     -         Elles durcissent les relations entre entreprises et travailleurs, avec un travail de plus en plus précaire pour une grande part de la population, et un enrichissement colossal des personnes situées au sommet du monde des affaires.

     -         Elles ne permettent pas de mettre en place des règles de gestion durable des ressources naturelles, règles de gestion qui doivent être élaborées à l’échelle mondiale, pour être efficaces et équitables.

     Les Etats doivent se donner collectivement les moyens de répondre à ces trois catégories de défis à l’échelle de la planète. Nous devons militer auprès de nos responsables politiques pour qu’ils s’engagent encore plus dans cette voie.

     La mondialisation est un fait, il ne s’agit pas d’être pour ou contre, mais de mettre en place les institutions internationales de coopération capables de la gérer. Le repli sur les frontières étatiques ne résoudrait rien et ne ferait qu’exacerber le problème.

     6°) – Et pour conclure et engager le débat, que pouvons nous faire ?

     Prendre conscience de l’impact de nos modes de vie :

     La société industrielle moderne nous a dotés d’outils, de moyens de locomotion, d’appareils ménagers et électroniques de produits chimiques puissants et très pratiques. Mais grisés par l’usage de ces outils, nous avons du mal à nous représenter les quantités de matières premières mises en œuvre, et les impacts sur les milieux naturels.

     Combien de kilos de carbone avons nous consommés dans l’année, qu’ils viennent des énergies fossiles ou de l’agriculture et de la forêt ? Qu’est-ce que représente une heure d’automobile ou une heure d’avion ? Quel est le poids en matières premières de tous les biens dont nous disposons ? …

     Comme on nous l’a appris quand nous étions jeunes, les responsables doivent montrer l’exemple. Et il est important que cette révision de nos modes de vie commence par les personnes qui ont des positions de responsabilité dans le système économique ou médiatique.

     Quelle qualité de vie recherchons nous ?

     C’est un truisme de dire que le bonheur ne se mesure pas à la quantité de biens matériels dont nous disposons mais à la qualité des relations que nous entretenons avec nos semblables.

     Il convient en particulier de prêter attention à la manière dont nos villes préparent l’avenir pour résoudre les questions de déplacements, de logement, d’intégration sociale…

     Le progrès technique ne s’arrêtera pas, mais ce progrès ne doit pas être synonyme « d’hypertrophie mécanique ». Ce progrès n’aurait pas de sens s’il allait à l’encontre d’une plus grande convivialité entre les hommes, et s’il détruit ou appauvrit l’environnement naturel, support de la vie.

     Pour voir le compte-rendu du débat, cliquer ici

     


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  •                   La nation, un concept « dépassé » ?

     

     

     

    Nous allons au cours de ce débat  approfondir le sens du mot « nation ».

     

    Commençons par citer Ernest Renan (auquel l’ « Histoire mondiale de la France », livre

     

    collectif dirigé par Patrick Boucheron (Seuil), consacre une chapitre entier. La nation ne serait possible que par « la possession commune d’un riche legs de souvenirs d’une part, et d’autre part sur le désir de continuer à vivre ensemble» : ce serait un « plébiscite de tous les jours » . Nous essayerons ici de discuter  les éléments de désir de ce « vivre ensemble », surtout dans la cas de la France du 21ème siècle.  Ces éléments dépendent souvent les uns des autres.

     

     La proximité, les ancêtres.

     

    Dans le mot « nation », il y a « naître ». Les êtres humains ont un « pays natal », une « patrie » ( pays de leurs parents) auquel ils restent généralement attachés. Entre « pays », on voit les mêmes paysages à longueur de temps, d’où un sentiment d « appartenance » commune. Mais, avec la généralisation des voyages, cet attachement à sa terre, à ses paysages, s’estompe. Pour ce qui est des ancêtres, de l’Histoire commune, notre « roman national » n’a pas que des chapitres édifiants (guerre de 14 par exemple), et est sujet à de nombreuses critiques.

     

     La langue

     

    Parler sa  langue maternelle est le propre des humains. Au delà du coté pratique, il y a un certain plaisir à la bien parler, encore plus à bien l’écrire : il y a là un sentiment d’appartenance à son pays. Cependant, avec l’ouverture des frontières et la généralisation de l’Anglais, advient  le sentiment de n’être pas seuls au monde.

     

     La protection, ou la colonisation.

     

    Les relations avec les autres pays sont de deux sortes : il s’agit soit de protéger ses citoyens contre les incursions d’étrangers malveillants, soit au contraire d’envahir ces pays pour les mettre en esclavage. La coopération est plus rare. La protection d’ailleurs fonctionne dans les deux sens : le citoyen protège son pays (par exemple dans le cas d’une guerre), et en retour le pays crée de bonnes conditions de vie au citoyen  (police, enseignement, etc…) ; il y a là une sorte de contrat entre le citoyen et la nation. La nation est alors représentée par l’Etat, qui n’a pas toujours existé en France et dont l’organisation a pris plusieurs siècles (ses débuts sont ai 13eme).

     

     Depuis maintenant soixante  ans, à l’intérieur de l’Union Européenne, il n’y a pas eu de guerre. Et donc l’idée même de nation, de ce point de vue, semble moins prégnante dans nos contrées. Par contre, le citoyen demande toujours la protection de l’Etat, et c’est logique. L’Union Européenne correspond-elle à une nation? Dans le futur, peut-être.

     

     L’idéologie.

     

    La conduite des affaires des nations n’est pas chose simple. Elle ressemble à une navigation dans le brouillard. Cependant, chacun a son avis sur la direction à suivre. Les idéologies fournissent cette direction; elles se présentent sous forme de recettes très simples, pour être comprises du plus grand nombre,  ce qui n’exclue pas que de grands intellectuels s’y laissent prendre . Une certaine communion dans les perspectives idéologiques peut cimenter une nation, et même la persuader d’envahis ses voisins, pour les sauver. C’est le cas de la Révolution de 1789 (abolition des privilèges, suivie par la conquête de l’Europe), de celle de 1917 (mise des ressources dans le domaine public, suivie par la création de l’U.R.S.S.), et aussi du troisième Reich Allemand (supériorité de le race Aryenne, suivie par les conquêtes que l’on sait.). L’idéologie actuelle serait le libéralisme en économie, les conquêtes celles de marchés par tous le moyens.

     

     La religion

     

    La religion est chargée de donner aux humains un sens à leur vie. Elle fait généralement référence à un Dieu créateur, mais parfois  non (bouddhisme). Il y a  alors communion, sensation d’être ensemble sur la bonne voie, et, plus dangereusement, comme pour l’idéologie, de connaître la Vérité (sans d’ailleurs avoir besoin de faire de grands efforts ). On comprend alors l’aspect fédérateur des religions, qui sont souvent des « religions d’Etat ». Cependant, les abus religieux, depuis la Renaissance, qui ont produit des guerres atroces, ont conduit  à se méfier de cet aspect fédérateur et à  se méfier de la « religion d’Etat » : place à la cohabitaion entre les religions (plus l’athéisme), à la laïcité, qui peut elle aussi avoir un aspect fédérateur.

     

     Le patrimoine.

     

    A côté de la langue, ou de la religion, et lié à elles, se trouve le patrimoine. Dans ce dernier, on trouve la façon particulière, qui peut dater de plusieurs siècles,  de pratiquer les arts, la musique, la peinture, l’architecture, la littérature, et même la science,  tout ce qui réunit implicitement les personnes éduquées.  Le patrimoine  comprend aussi l’ « art de vivre », la cuisine, les codes vestimentaires, la façon de faire du sport, de cultiver son corps,… Ernest Renan, qui parlait après la déroute de 1870, inclut dans ce patrimoine, les douleurs vécues ensemble au cours des guerres, les solidarités dans l’adversité.

     

     On ne voit pas que ce patrimoine puisse disparaître.

     

     L’économie

     

    L’ être humain a de multiples besoins : manger, se loger, se déplacer, se distraire, élever ses enfants etc…. Indépendamment, c’est un être de progrès, et ce progrès est gage d’une amélioration des conditions de vie.  L’organisation de l’économie  est donc une nécessité pour   protéger le citoyen. Mais elle peut être détournée à d’autres fins : si les entreprises doivent faire des bénéfices, ce qui est un gage de bonne santé et sinon elles sont nuisibles, leur but principal est de participer au bien être général, et non à seulement quelques uns ; c’est ce qu’ont compris bon nombre de dirigeants d’entreprises, petites ou grandes. Mais l’idéologie actuelle, la doctrine libérale, ne semble juger qu’à l’aune des bénéfices engrangés. Quand aux évadés fiscaux, on ne peut dire qu’ils souhaitent vraiment vivre avec leurs compatriotes. On peut donc douter que l’économie soit vraiment en France un élément fédérateur. 

     

     Ce qui ne peut pas se résoudre à l’échelon national.

     

    Depuis quelques décennies, les êtres humains ont compris que la planète était en danger : réchauffement climatique du à nos émissions de gaz à effet de serre, nombre d’espèces éteintes ou en voie de l’être (où sont passés les hannetons, et verrons nous encore dans quelques décennies les abeilles, les papillons, des hérissons… ?). Pour ces problèmes  l’échelon national est inopérant. 

     

     Conclusion personnelle.

     

    Ce qui contribue actuellement  le plus au sentiment national, à ce « vivre ensemble «  dont parlait Renan, me semble être la langue, la géographie et le patrimoine communs. Mais être « citoyen du monde » est une aspiration de plus en plus répandue. Cependant cette aspiration est encore prématurée :  elle doit être partagée par tous le peuples, ce qui est très loin d’être le cas, sinon existe le risque de devenir vassaux d’autres peuples du globe.

     

     

     

                                                             Benoit Delcourt, le 4 Novembre 2017.

     


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  •                   SUR QUELS CRITERES DOIT-ON CHOISIR SON CONJOINT ?

                                                                         Charlotte Morizur    le 21 octobre 2017

    La principale chose que nous demandons à celui ou celle qui nous accompagne dans la vie est de nous faire honneur.

    En effet, nous désirons tous vivre en compagnie d’une personne qui aurait bon teint, bon œil, l’humeur joyeuse, une éthique sans reproche, de l’éducation, de l’humour…

    C’est sans parler du « coup de foudre » ! Ne rions pas, cela peut arriver à n’importe qui. Il n’est alors pas question de faire un choix, car pour l’amoureux ou l’amoureuse il n’existe plus qu’un seul objet au monde :  celui de sa passion, et puis, on le sait, l’amour rend aveugle ou pour le moins myope. Alors, le doux moment s’étant enfui durant lequel le cœur a court-circuité la raison, il y a parfois - … pas toujours ! – d’étonnantes surprises lorsque, atterrissant de plain-pied dans le quotidien, les tourtereaux apparaissent chacun aux yeux de l’autre avec davantage de précisions !

    Autre situation : le bon sens aiguisé par l’expérience, on est à la recherche de l’âme sœur. Pour choisir une  condition s’impose : celle d’avoir le choix ! Il existe des chanceux, soit, mais beaucoup d’individus de notre espèce ont connu de longues traversées de désert et peut-être y ont-ils perdu une partie de leurs certitudes et espérances. Rappelons-nous la jeune Françoise Hardy des années 60 qui errait dans les rues l’âme en peine, et chantait « Je vais seule, car personne ne m’aime !» …  Quant à Verlaine, il nous confie : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant / D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime… ». Les romanciers, les cinéastes, les poètes, les peintres et les sculpteurs ont depuis toujours exprimé cette quête lancinante d’amour partagé.

    Maintenant, admettons que l’on ait le choix - grâce aux sites de rencontres cela est maintenant possible - qui peut avoir oublié la fable du héron au long bec emmanché d’un long cou ? En voilà un qui eut la chance de voir défiler à portée de bec moulte occasions de se rassasier. Or, à toujours espérer trouver mieux que les truites, tanches et gardons que lui présente le cours d’eau, le héron finit par devoir se contenter… d’un pauvre limaçon ! Alors, forte de la leçon qu’enseigne ce cher Monsieur de Lafontaine, et pour éviter ce genre de déconvenue, si au cours de pérégrinations solitaires une personne vient à en croiser une autre, si cette autre est pourvue d’un minimum de bon sens, qu’elle n’est point trop mal faite, et surtout qu’Eros a la bonne idée de passer par là, l’affaire est souvent assez rapidement conclue…  

    Notons cependant qu’il ne suffit pas de désigner l’objet de son choix pour que ce dernier partage le même enthousiasme et accepte de se lancer dans une aventure à long terme. En effet, il arrive que l’on se prenne ce que l’on appelle… « un gros râteau » ! On se retrouve alors « Gros-Jean, comme devant », dirait encore Monsieur de Lafontaine.

    Un conjoint, ou une conjointe, est une personne qui décide d’embarquer avec une autre sur le même bateau et cela pour une longue croisière. A partir de là tout sera mis en partage :  la cuisine, la douche, la table, le lit (Ô mon Dieu le lit, quelle affaire !) … et autres « futilités » telles que les enfants, les projets, les comptes et les sous, les parents de l’un, ceux de l’autre, et puis la vieillesse ;  les jours heureux et ceux qui peuvent l’être moins. Alors, en appareillant pour cette traversée de la vie, chacun des protagonistes formule des vœux afin que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le tout est de garder le cap et cela en toutes circonstances, ce qui n’est pas facile. Mais - pour rester dans la métaphore de la croisière - sachons que si, d’une façon ou d’une autre, les choses les meilleures ont malheureusement une fin, tous les scénarios ne se terminent pas en catastrophe comme celui du Titanic.    

    En vérité je vous le dis, il faut être doté de beaucoup d’amour pour aller jusqu’au bout de l’aventure. Or l’amour n’est pas un don, c’est une vertu que l’on se doit de cultiver comme toutes les vertus !  Et celle-ci, plus précieuse et rayonnante que les toutes autres, se cultive à la sueur de notre cœur.

     

     


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  •             Le pouvoir des médias représente-il un atout ou un danger pour la démocratie ?  

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                                                                                  Daniel Soulat, le 7 Oct. 2017

    La démocratie est un régime optimiste et exigeant qui, pour être en bonne santé, doit miser sur la capacité d’information et d’éducation de chacun de ses membres puisqu’elle fait le pari d’être l’expression du peuple...

     

    Quel est le rôle des médias dans notre société ? Les médias permettent de comprendre le monde dans lequel on vit, ils sont l’agora, le forum où les citoyens et les citoyennes se forgent une opinion, ils permettent aux citoyens  d’exercer, au moment du vote, leur jugement politique de manière éclairée. « L’opinion publique, disait Bourdieu, n’existe pas, elle est pour l’essentiel une construction médiatique ».

     

    Ainsi le directeur du « Monde diplomatique » Octobre 2003, Ignacio Ramonet explique : « la presse et les médias ont été pendant de longues décennies, dans le cadre démocratique, un recours des citoyens ».  En effet, les trois pouvoirs traditionnels, législatif, exécutif et judiciaire peuvent faillir, se méprendre et commettre des erreurs. Dans un tel contexte démocratique, les journalistes et les médias ont souvent considéré comme un devoir majeur de dénoncer ces violations des droits. Ils l’ont parfois payé très cher.

     

    Le 5 Mars 2017, le Directeur de la rédaction Hervé Gattegno « Le JDD change, pour mieux vous informer, vous éclairer, vous aider à forger vos opinions, dans une actualité mouvante et angoissante, notre ambition reste de raconter ce que vous ignorez, de vous déranger (parfois), de vous stimuler (le plus souvent), de vous divertir (aussi). Ce sera l’enjeu de quelques pages ‘Opinions & Contreverses’. »

     

    L’articulation démocratie / médias : le gouvernement élu représente le peuple souverain et agit en son nom, les médias permettent dans l’intervalle de deux élections de continuer à faire entendre l’opinion du peuple auprès du pouvoir en place.

     

    Les médias sont-ils objectifs ? L’objectivité peut se définir comme ce qui permet de s’approcher au plus près de la vérité, elle suppose le pluralisme (le croisement de multiples points de vue nécessairement subjectifs) et l’impartialité (le fait d’être sans intérêt ni parti pris). On peut alors distinguer la vérité des faits de la liberté de l’interprétation, l’interprétation se référant à des valeurs partagées par une communauté. Pour être objectif un média devrait donc être indépendant économiquement.

     

    La loi liberté, indépendance et pluralisme des médias n° 2016-1524 promulguée le 14 novembre 2016 : « Un journaliste libre doit donner toute son attention. Car s’il ne peut dire tout ce qu’il pense, il lui est possible de ne pas dire ce qu’il ne pense pas ou qu’il croit faux. Et c’est ainsi qu’un journal libre se mesure autant à ce qu’il dit, qu’à ce qu’il ne dit pas. » L’indépendance du journaliste :  « Tout journaliste a le droit de refuser toute pression, de refuser de signer un article, une émission, partie d’émission ou une contribution dont la forme ou le contenu auraient été modifiés à son insu ou contre sa volonté. Il ne peut être contraint à accepter un acte contraire à son intime conviction professionnelle. »  

     

    L’indépendance des médias peut être mise en cause par les investissements opérés par de grands groupes  industriels ou financiers : en France par exemple, nous pouvons citer les Bouygues et TF1, Dassault et le Figaro, Boloré et Canal+, Patrick Drahi pour BFM-TV, RMC, Libération, l’Express…, Feu Pierre Bergé Le Monde, Matthieu Pigasse Le Monde et l’Obs, Xavier Niel (actionnaire du Monde)... Bernard Arnault Le Parisien, François Pinault Les Echos, et Lagardère Le Journal du Dimanche Paris Match Europe 1. 

     

    Le baromètre des médias est au plus bas depuis 2002, dans son quotidien le journal La Croix 2/2/2017 publie une enquête, en réponse aux questions, on y trouve notamment :

     

    Croyez-vous qu’ils résistent aux pressions des partis politiques et du pouvoir ?

     

    ð     67% répondent Non, ils n’en sont pas assez indépendants ;

     

    Croyez-vous qu’ils résistent aux pressions de l’argent ?

     

    ð     58% répondent Non, ils n’en sont pas assez indépendants.

     

    Les médias remplissent-ils aujourd’hui leur rôle de contre-pouvoir ? Aucune démocratie n’est possible sans médias indépendants. Leur absence c’est la dictature. La démocratie ce n’est pas seulement le pouvoir au peuple ou la séparation des pouvoirs chère à Montesquieu ; pour que le peuple exerce son pouvoir il faut qu’il sache, qu’il soit correctement informé.

     

    Média et démocratie, de qui le quatrième pouvoir est-il le nom ? Tout d’abord tentons une définition du quatrième pouvoir. Etant entendu que les trois pouvoirs traditionnels, ceux mis en avant par Montesquieu dans « L’esprit des lois » et qu’il estimait devoir être strictement séparés, étaient le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. C’est pour cette raison que l’on a longtemps parlé du « quatrième pouvoir ». Ce « quatrième pouvoir » était en définitive, grâce au sens civique des médias et au courage de journalistes audacieux, celui dont disposaient les citoyens pour critiquer, repousser, contrecarrer, démocratiquement, des décisions illégales pouvant être iniques, injustes, et même criminelles, contre des personnes innocentes. C’était, on l’a souvent dit, la voix des sans-voix. 

     

    Mais, et c’est un constitutionnaliste émérite puisqu’il s’agit d’un ancien Président de la cinquième République qu’il faut citer, à savoir François Mitterrand qui a déclaré dans une lettre aux Français : « Montesquieu pourrait se réjouir qu’un quatrième pouvoir ait rejoint les trois autres et donné à sa théorie de la séparation des pouvoirs l’ultime hommage de notre siècle. » Cependant, au cours des obsèques de Pierre Bérégovoy le 4 Mai 1993, son discours prononcé à Nevers  laisse à penser qu’il incriminait les médias : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme, et finalement sa vie au prix d'un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d'entre nous. » 

    La presse le quatrième pouvoir, c’est le contre-pouvoir comme le dit Marcel Gauchet « qui n’a pas d’autre pouvoir que celui d’arrêter les pouvoirs,  les trois autres. »

    Depuis une quinzaine d’années, à mesure que s’accélérait la mondialisation libérale, ce «  quatrième pouvoir » a été vidé de son sens, il a perdu peu à peu sa fonction essentielle de contre-pouvoir, puisque les médias sont aujourd’hui le seul pouvoir sans contre-pouvoir, conduisant ainsi à un déséquilibre dommageable pour la démocratie.

     

    Organiser le débat public, réguler les médias : Le caractère contradictoire de la délibération exige qu’elle garantisse que raisons et opinions se répondent et s’affrontent effectivement, en opposant des récits aux récits, des témoignages aux témoignages, des arguments aux arguments.  

     

    Espace public et démocratie L’espace, public est le lieu d’une dialectique vivante, un processus de confrontation où les idées s’entremêlent et s’ajustent mutuellement. Le public acquiert ainsi une nouvelle fonction : celle d’instance critique auquel doit s’exposer le pouvoir. Mais l’apparition de nouvelles technologies offre aux citoyens la possibilité de concurrencer les journalistes dans la saisie et le traitement de l’information.

     

    La Défiance envers les médias s’accentue, le quotidien Le Monde 2/2/2017 a publié les résultats d’une enquête réalisée pour La Croix: « L’année 2016 n’a pas vu d’amélioration dans la confiance que les Français accordent aux médias. Tous les supports voient leur crédibilité baisser : 52 % des personnes interrogées ont confiance dans les informations qu’elles entendent à la radio (– 3 points sur un an), 44 % se fient aux journaux (– 7 points sur un an), 41 % à la télévision (– 9 points sur un an) et 26 % au Web (– 5 points sur un an). »

     

    Principaux dangers et menaces : les réseaux, La Croix 02/02/2017 les Français veulent une information vérifiée, s’informant de plus en plus sur les réseaux sociaux, huit Français sur dix s’estiment ainsi exposés aux fausses nouvelles, ils attendent des médias qu’ils jouent un rôle important, pour fournir une information vérifiée et recoupée. Une inquiétude est que la France se retrouve dans une situation à l’américaine, où les médias traditionnels perdent complètement la main face aux réseaux sociaux et leurs ‘Fake News’, notamment diffusées par Paul Horner lors des élections présidentielles 2017 (Hilary Clinton - Donald Trump), affirmant « des anti-Trump à ses meetings ont été payés 3500 $ pour manifester », nombreux y ont cru. Au sein du journal Le Monde, il y a des journalistes ‘décodeurs’ au sens contrôlent ce qui est sur les réseaux sociaux.

     

    Internet peut présenter des dangers pour la démocratie :

     

    Il porte atteinte à la protection de la vie privée ;

    Il peut être le support d’idées en contradiction avec les fondements de la démocratie.

     

    Publié le 27 Janvier 2017, au Canada, la crise financière qui secoue l’industrie des médias, est telle qu’elle constitue une menace pour la santé de la démocratie. Les revenus publicitaires des médias traditionnels sont en chute libre, un tiers des journalistes a été perdu au cours des six dernières années, pendant ce temps, Facebook et Google gobent 82% de la publicité et 70% des recettes, sans payer d’impôt.

     

    Conclusion : Nous sommes en l’occurrence dans un pays, la France, qui permet une grande liberté d’expression. Nous le voyons à travers la presse écrite, par exemple, dans laquelle la diversité des opinions des journalistes peut se manifester. Et ce n’est pas le cas dans tous les pays ! Dans tous les cas, notre démocratie nous permet bien des choses, cependant l’expression libre sur les réseaux dérive dans certains cas, avec des propos : racistes, négationnistes…. notamment entre deux clips de pub sur Facebook et Youtube. 

    Grâce aux différents médias existants, nous pouvons donc nous informer, nous faire notre propre opinion sur tel ou tel sujet, de la vie politique ou dans tout autre domaine. Les médias ont une influence sur le peuple, sur l’opinion publique. L’information est diffusée en masse, il faut savoir la sélectionner, avoir des qualités de discernement, de jugement et l’esprit critique. Avant tout, l’information doit être vérifiée et fiable, c’est le rôle des médias au sein desquels il y a des journalistes de métiers, ils doivent rester indépendants et objectifs.

    Combien d’affaires ont été médiatisées à outrance, rappelons nous les affaires Grégory-Villemin, Outreau, et diverses personnalités. Qui arrêtera l’instrumentalisation des procédures par le pouvoir médiatique, comment prétendre, et à bon droit, obtenir d’un coté la sanctuarisation du métier de journaliste et refuser, à l’avocat, au médecin, au prêtre lui-même, le respect du secret professionnel ou de la confession, sans oublier la présomption d’innocence et le respect de la vie privée, le curseur étant entre liberté d’expression et la violation des lois et droits ?  

     

     

    Daniel Soulat


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