• Le revenu de base, une belle idée, comment la mettre en oeuvre?

    Proposition pour un café débat à Saint-Quentin :
    Vision pragmatique d'un revenu de base

    par Christian Rémy, le 24 Septembre 2016

     

    La question « pourquoi un revenu de base » a fait l'objet de nombreux commentaires. Qu'en penser ?Est-il la solution à la crise que nous traversons ? Est-il réaliste ?

     

    Pour tenter de répondre à cette question, nous partirons du « Comment ? », c'est à dire de la description détaillée de projets de mise en œuvre en France. Il y en a peu. La plupart des défenseurs de cette idée préfèrent ne pas entrer dans des détails techniquement difficiles et qui peuvent fâcher. Par exemple, dans un article paru dans Le Monde en mai 2013, Baptiste Mylondo présente la question délicate du  financement en énumérant de nombreuses pistes possibles, sans choisir.

     

    Un premier projet est celui de Marc de Basquiat. Après avoir soutenu en 2011 une thèse sur le sujet (document .pdf de 35 pages), il a publié avec Gaspard Koenig en 2014 « Le Liber » (téléchargeable en version pdf, 67 pages). Ce livre est une présentation complète du pourquoi et du comment. Le « Liber » est un revenu de base (450 € par adulte) prenant la forme d'un impôt négatif. Il est associé à quelques changements dans la structure fiscale.

     

    Un second projet a été élaboré fin 2015 par Léon Régent (document .pdf de 24 pages). C'est une variante du Liber un peu plus généreuse (550 € par adulte) et donc un peu plus redistributive, associée à une simplification plus importante des dispositifs existants.  Il a été volontairement dépouillé de tout ce qui peut techniquement être traité dans d'autres projets « périphériques ». Surcharger un seul train, c'est en effet le condamner à ne pas pouvoir se mettre en route. Ces questions périphériques sont néanmoins sommairement exposées : la dette, les retraites, l'emploi, les inégalités, les lourdeurs administratives, le logement, l'écologie, le système financier.

     

    La question « pourquoi changer ? » vient après l'examen du comment. De quelles valeurs sont porteuses les modifications difficiles et exigeantes proposées ? Que reste-t-il de nos rêves quand ils ont été traduits en nouvelles règles fiscales, en barèmes, en graphiques ?

     

    Il se pourrait bien que nous ayons à choisir entre ces rêves, entretenus par la publicité mensongère et les discours démagogiques, et la prise en compte responsable de la réalité qui s'impose à nous.

     

     

     

    Pour que le débat soit constructif, il est souhaité que les participants aient lu l'essentiel des documents cités. Il ne sera pas possible de les expliquer en 15 minutes. A recommander également, quatre vidéos animées de 3 minutes, « le revenu de base, c'est pas sorcier », qui sont une bonne introduction au sujet.

     

    « En quoi l'économie du partage changera-t-elle notre société? Les « Valeurs occidentales » : quelles sont-elles ? et mode d’emploi. »

  • Commentaires

    1
    Pierre M.
    Dimanche 25 Septembre 2016 à 17:33

    Pour discuter cette très instructive séance du 24/11/2016 j'ai peu de choses à ajouter à ce que je notais sur ce blog, dans le deuxième commentaire portant sur la séance du 28/10/2015 consacrée au "salaire à vie".

     http://quentin-philo.eklablog.com/le-salaire-a-vie-une-utopie-a119137316

     

    Ces idées progressent en France. Ainsi depuis 2015 plusieurs études ou initiatives ont vu le jour qui concluent plutôt positivement sur cette question.

    Entre autres : les préconisations du Conseil national du numérique ("rapport "Travail, emploi, numérique. Les nouvelles trajectoires", janvier 2016), le rapport Sirugue remis au Premier Ministre en avril dernier ("Repenser les minima sociaux…"), la récente étude de la Fondation Jean Jaurès (critiquée pour son maximalisme par nos orateurs de samedi). Le Sénat s'y intéresse (colloque en mai dernier). Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) doit conduire une étude sur "l'allocation universelle d'un revenu citoyen", etc.

    Il y a bouillonnement d'idées et d'initiatives. Il n'est pas douteux qu'à terme le bon sens de nos compatriotes finira par admettre la pertinence de cette idée. Mais je ne suis pas sûr de la voir mise en application de mon vivant. Trop d'incertitudes encore sur les finalités et les moyens. Trop de réticences de la part de ceux qui craignent que ne soient mis en cause leurs avantages acquis. Trop de parti-pris idéologiques que ce soit du côté des intégristes de la valeur-travail ou – à l'opposé – de toutes les nuances des libertariens contempteurs de l'Etat ("le plus froid des monstre froids" selon le Zarathoustra de Nietzsche). Sans compter toutes les caricatures qui en sont faites et dont on ne connait pas très bien ce qui les motive.

     

    Il y a deux autres difficultés de nature politique. 1) La difficulté de mener pareille réforme drastique dans un seul pays (c'est le fameux dilemme du prisonnier de la théorie des jeux). 2) La difficulté (impossibilité ?) – en France en tout cas – de tout "remettre à plat", d'établir un Budget base zéro (BBZ) national. Il faudrait pour ce faire une volonté politique forte d'un véritable homme d'Etat. En existe-t-il encore ? On peut en douter lorsqu'on voit nos édiles, ou ceux qui prétendent le devenir, consacrer le gros de leurs débats à la question du foulard sur la tête des femmes (comme le portait nos grands-mères). Il est vrai qu'à Lilliput une guerre avait été déclenchée pour moins que ça : faut-il manger les œufs à la coque par le gros bout ou le petit bout. Fondamental !

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :