• Tous influençables? Tous conditionnés? Comment rester libres?

    Tous influençables? Tous conditionnés? Comment rester libres?

    (Jean-Pierre Vérollet -  28/1  pour CD du 9/2/16)

     

    Tous influençables ?

    Il faut bien l’avouer, nous sommes tous influençables à des degrés variables selon le contexte !

    Depuis la mode, l’achat du dernier tee-shirt « si tendance», éventuellement en solde « une vraie affaire à – 50%», la mise au rebut (ou plutôt au point Relais) de l’anorak pas vraiment usé mais évidemment démodé …

    En passant par les modes alimentaires, le light, le sans-gluten qui ont souvent quelques fondements, que nous adoptons parfois mais qui ne résistent pas aux têtes de gondole avec  leurs fromages ou saucissons  bien gras, bien salés et leurs sodas bien sucrés que nous mettons dans le caddie en cachette de nous-mêmes ….

    En passant par la pétition que nous signons en la parcourant rapidement car le cas, présenté par un organisme plus ou moins  connu,  nous touche, voir nous indigne (a-t-on validé les faits et l’organisme ?).

    En passant par cette mendiante inconnue avec son bébé qui nous fait revenir sur notre nième décision définitive de ne plus céder aux sollicitations à chaud dans la rue …

    Nous prenons en permanence de petites décisions disjointes, parfois incohérentes, en toute inconscience de notre fragilité, de notre futilité, de notre émotivité  exploitables par des « professionnels» et de notre tolérance à nos propres contradictions.

     Tous conditionnés ?

    Le rêve de tout « pouvoir » qu’il soit sentimental, commercial, politique, idéologique, religieux est d’emporter notre adhésion automatique en diminuant nos capacités d’analyse de la réalité, pour passer d’une « influence une fois », d’une opinion molle non figée  à  une conviction forte gage d’adhésion fidèle, durable  les yeux fermés.

    Je n’examinerai pas le conditionnement sentimental  et ses aboutissements (du flirt aux mariages). D’ailleurs, est-ce un conditionnement ou un besoin naturel ou les deux ?

    Le conditionnement commercial a mauvaise presse. Il vise à nous faire acheter sans trop réfléchir les produits d’une marque préférée (nourriture, mode, voyages,… ) mise en valeur par de multiples publicités dans les médias, dans les boites aux lettres, sur les murs, au supermarché  en tête de gondole, ou bien encore les petits plats tout-préparés ou le dernier e-pad version n pour gagner du temps. Astucieusement, il tente de nous fidéliser par des avantages personnels. Ce conditionnement peut changer notre mode de vie si par exemple il nous encourage trop à nous simplifier la vie, souhait général, ou dans notre péché mignon inavouable : faire des envieux,  épater son prochain et particulièrement le voisinage.

    Heureusement ce conditionnement classique associé à la « société de consommation » commence à se confronter à un conditionnement contraire d’  «éco-responsabilité » ou d’«éco-citoyenneté» qui, lui, ne va pas dans le sens de la facilité. Par exemple, pratiquer l’achat local, bio ou non, pour se nourrir (être locavore) devient presque mode, comme les économies d’énergie (moins de honte aujourd’hui à dire qu’on fait des économies à ses voisins!) tout en donnant lieu déjà  à des dérives : faire 30 kilomètres pour acheter un kilo de poireaux directement au producteur relève plus du tourisme que de l’Ecologie.

    Le conditionnement politique (pour que je vote systématiquement de la même façon) relève du grand art permis par la Démocratie et sa pluralité d’offres d’informations. La Démocratie nous met à l’abri du conditionnement forcé méthodiquement mis en œuvre par les régimes totalitaires. Par exemple à Cuba, depuis 1959, toute publicité est interdite sauf celle pour la « Revolucion » qui doit avoir bien du mal à se renouveler au bout d’un demi-siècle ! Visant à imposer une dynamique au début, ce type de conditionnement devient très vite un simple rideau, parfois de fer, pour, par des astuces éculées, cacher à la population les échecs d’un  système dévoué au seul bénéfice de l’oligarchie au pouvoir, égoïste et  avide. Sur place, cette tentative de  conditionnement ne fait que reculer l’échec  des régimes totalitaires, et, à l’étranger, elle fait le bonheur de complices locaux dévoués.

    Le conditionnement politique en Démocratie utilise tous les canaux d’informations avec des pointes au moment des élections. Ses canaux sont multiples car on peut voir de la « Politique » partout. Ils  couvrent assez bien de mon point de vue l’éventail des propositions politiques. Cette prolifération  d’informations aboutit  souvent à ce qu’on limite volontairement son choix de sources d’informations (tracts, journaux, newsletter du net, éditoriaux, émissions de TV, … ) et ses contacts à un nombre  limité jamais confronté à des « adversaires d’idées ». Nous entretenons nous-mêmes notre conditionnement dont souvent on situe mal le début. Est-ce un besoin naturel de sécurité intellectuelle, de stabilité, d’autojustification, une fuite devant la difficulté d’observer un monde complexe et fluctuant, une forme de flemme ? Si nous jugeons utile de le faire, nous verrons comment lutter plus tard. Pour moi, le CD est un vrai antidote au conditionnement.

    Le conditionnement idéologique, proche du conditionnement politique par ses buts et ses moyens, est voisin  du conditionnement religieux par des fondements discutables et  des prétentions à dominer ou à modifier l’individu.

    Le conditionnement religieux enfin. La religion est-elle un conditionnement ? Ce conditionnement devrait-il nous aider à lutter contre les autres conditionnements ? A  lutter contre lui-même ou ses dérives en tant que conditionnement ? Je laisse à chacun son « libre arbitre » pour ce chapitre important.

     Comment se faire une opinion robuste et libre dans le flux d’informations? Comment se déconditionner ?

    Un conditionnement vise à obtenir de nous des actes qui servent un « conditionneur » réel ou supposé.

    Nous nous limiterons à 2 types d’actes responsables, l’acte d’achat quasi quotidien et le vote aux élections.

    Fréquent,  l’acte d’achat peut paraître simple et sans conséquences. En fait, en prenant du recul, l’acte d’achat est un acte important, citoyen, socialement responsable car, d’une part ce que nous achetons va servir à notre alimentation, donc agir sur notre santé, peut entrainer des dépenses d’énergie variables ou donner de nous une image souhaitée  positive, et, d’autre part, le choix du  produit va donner du travail à son producteur et à une filière dotée d’une certaine empreinte écologique. Voilà donc un acte complexe qui résulte globalement de notre comportement  plus ou moins choisi (frugalité ou appétit de consommation), et, pour chaque produit, du soin que nous mettons à analyser d’abord sa nécessité, puis à regarder son prix bien sûr, sa composition, ses kilocalories, son fabricant, son pays de  provenance, ses labels de qualité dont ceux écologiques … .

    Chaque achat devrait  donc prendre du temps! Or, nous nous abritons souvent sans nous l’avouer derrière la facilité, le gain de temps ou l’achat d’impulsion. Acheter de façon responsable est donc un souci et un travail de réflexion qui s’accroissent  car le choix de produits et services  s’élargit et se complexifie pour mieux nous plaire. A chacun de faire face à ce « travail » en toute liberté ou de démissionner  et de se prétendre conditionné pour justifier cette démission personnelle, non imposée.

    Moins fréquent, le vote exige  une longue préparation pour connaître et comparer les personnes, les équipes ou partis et les programmes en lice. A l’idéal, il faudrait pour chaque postulant ou parti connaître ses idées, son idéologie (affichée ou cachée) s’il en a une, connaître son comportement dans le passé (rapport promesses initiales/promesses réalisées), connaître son programme pour la prochaine élection, comparer ce programme à celui de ses compétiteurs bien sûr mais aussi à ce qui se passe ou s’est passé dans des pays similaires à la France. Un vrai travail de documentation, important, quasi permanent pour choisir des sources d’informations de façon à observer factuellement en continu  les résultats du  parti au pouvoir et les positions des opposants à travers l’avalanche d’infos quotidiennes ! Pour éviter cette charge, on a trop tendance à limiter ses sources d’informations à celles qui nous confortent dans nos convictions. On s’aveugle soi-même. On paye un journal pour se conditionner. Or chaque élections devrait être l’occasion de revalider ses convictions pour préparer un vote responsable.

    Une astuce minimaliste pour contester ses propres sources : en changer le temps des vacances !

     Quelques pistes pour ne pas être trop manipulable:

    Professionnellement, en milieu industriel, j’ai été plus gravement trompé par de (fausses) bonnes nouvelles  qui confortaient mes convictions techniques que par des signaux faibles, des informations  troublantes, incertaines qui exigeaient une attention pas toujours disponible. D’où ne pas croire trop vite ce qui conforte ses convictions et porter une attention soutenue à ce qui peut les infirmer.

    De même, se méfier des simplifications abusives d’une réalité toujours complexe faites d’intérêts contradictoires.

    Se méfier de la recherche a priori d’un responsable avant même de connaître les faits et de rechercher les causes du problème. Mon expérience est que la recherche de responsabilité doit se faire seulement après l’étude obstinée des faits et de la recherche des causes « physiques » et non pas idéologiques du problème, attitude que les media ont insuffisamment.

    Enfin, de mon point de vue, les idées, les idéologies, (les religions ?) comme tous les systèmes complexes n’ont pas de valeur intrinsèque mesurable a priori. Ce n’est qu’en observant les effets de leur mise en application qu’on peut leur attribuer une valeur positive ou négative. D’où l’intérêt de sortir de chez soi, d’être curieux  pour observer les effets concrets  de systèmes techniques nouveaux, d’idées ou d’idéologies prometteuses  de progrès. On comprend alors pourquoi leurs promoteurs évitent  ou retardent ces comparaisons. Les promesses n’engageant que ceux qui les croient, il est indispensable d’anticiper le résultat de leur mise en œuvre.

     Est-il possible d’être libre ?

    Bien acheter et bien voter demande donc des efforts continus qu’on n’a pas toujours envie de faire !

     D’ailleurs comment en est-on récompensé si ce n’est par une satisfaction personnelle et l’augmentation des conflits d’opinions avec ses amis et connaissances ?

    Alors finalement, il faut lutter, lutter pour être libre … tout en sachant que de multiples  « conditionneurs » peuvent se cacher derrière nos sources d’informations et sont prêts à nous faciliter la Vie !

    A nous de bien les choisir … en connaissance de conditionnement !

    °°°°°°°°°

                  

     

    « C.R. du 7-1-15. Peut-on connaître toute la Vérité? La fiscalité est-elle un instrument de justice sociale ? Fraude et fiscalité : que faire ? »

  • Commentaires

    1
    Danielle M.
    Vendredi 29 Janvier 2016 à 12:08

    Le conditionnement dont il est question, je l’appellerai déterminisme. L’être humain est en grande partie déterminé par la biologie (son sexe, sa santé, sa niche écologique : Grand Nord ou Afrique équatoriale) et par son appartenance culturelle (religion dominante, type de société, de régime politique, type de famille et d’éducation, niveau de vie opulent ou pauvreté). La culture peut renforcer ou atténuer le déterminisme biologique (attentes vis-à-vis des femmes et des hommes, qui forgent les mentalités et dictent les rôles sociaux de chaque sexe pour le plus grand malheur de millions de femmes !).

    La religion est-elle un conditionnement ? Que pourrait-elle être d’autre ? Si elle n’était pas un conditionnement pourquoi a-t-elle lutté pendant des siècles contre la science et ses lumières ? Pourquoi endoctrinerait-elle les enfants dès le plus jeune âge ? Pénétrer facilement dans des esprits non encore formés à la raison critique est plus aisé et plus rentable en terme de recrutement ! Quoique l’intégrisme islamiste et son prosélytisme actuel donne à réfléchir sur la capacité des adultes à utiliser leur saine raison critique…

    Bon, nous sommes tous conditionnés peu ou prou. Mais dans notre société, à partir d’un certain âge, nous devenons libres de choisir nos conditionnements. Et cette liberté là ce n’est pas rien, c’est même à mon sens la seule possible. Suivre le diktat de la nature et faire des petits ou pas ? Suivre le diktat de la culture et se marier ou pas ? Opter pour les valeurs de droite ou pour celles de gauche ? Choisir une philosophie hédoniste, matérialiste ou pas… Devenir bouddhiste ou pas… Succomber aux diktats de la mode ou pas… Le niveau de culture et d’instruction va jouer sur toutes ces possibilités. La force psychologique et la résilience d’un caractère également. Mais opter pour quelque chose c’est avant tout renoncer à tout le reste… Les célibataires endurcis le savent bien !

    Le renoncement qui habite chaque choix est la contrainte suprême de la liberté en même temps que sa marque la plus haute. C’est parce que nous voulons et choisissons que nous sommes libres. Les éternels indécis connaissent plus de chaines que celui ou celle qui opte franchement en connaissance de cause. En Médecine, cela s’appelle le consentement libre et éclairé. Libre parce que fruit d’une volonté qui s’affirme et éclairé parce qu’informé et instruit. Un refus doit être tout aussi libre et éclairé bien entendu...

     

     

      • Vendredi 29 Janvier 2016 à 19:12

        Bonjour Danielle.

        Tu te poses la question: les parents doivent-ils éduquer les enfants comme eux mêmes sont, ou bien faut-il s'en remettre à je ne sais quel philosophe, ou enseignant, éclairé, ou médecin psy, etc..., qui ne le les égarera pas dans des croyances que tu juges débiles?

        Cela a déjà été essayé, notamment par les communistes, les nazis, les kmers rouges, avec les résultats qu'on connaît.

        J'ai toujours revendiqué d'éduquer mes enfants (je ne l'ai pas fait tout seul, il y avait Marie-Odile, le collège et "la rue") en leur proposant les voies que j'ai choisies pour moi, notamment au point de vue religieux, mais aussi politique, humoristique, etc... Bien sûr, quand ils ont grandi, ils ont choisi par eux-mêmes, et je respecte ces choix, qui sont ou ne sont pas les miens. Je crois qu'un être humain aime savoir d'où il vient, de façon concrète (la généalogie), mais aussi abstraite (les valeurs qui composent son bagage initial).

      • Danielle M.
        Samedi 30 Janvier 2016 à 15:30

        Bonjour Benoit

        Je ne posais pas directement la question de savoir si les parents doivent éduquer eux-mêmes leurs enfants (sans doute était-elle sous-jacente et tu l'as entendue). Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs ? Mais l’éducation donnée par les parents est plus ou moins renforcée ou atténuée par les influences de multiples autres facteurs, vecteurs de valeurs et de façons différentes d'être au monde. C'est pourquoi au final dans notre société moderne, l’adolescence se vit sur le mode de la crise. Les jeunes sont en mesure de remettre en cause plus ou moins ce que leurs parents leur ont inculqué, bon gré mal gré ! Ils sortent de l’hétéronomie pour entrer dans l’autonomie (morale et politique).

        Nul doute que les parents pensent que les valeurs qu’ils transmettent sont les meilleures qui soient ! Or la valeur n’est que l’expression d’un désir, d’une option, d’un idéal. Elle n’a aucune possibilité d’être la vérité comme, hélas, les intégrismes de tout poil voudraient nous le faire croire. Si les valeurs avaient valeur de vérité, pourquoi y en aurait-il autant de différentes ? La vérité est une et universelle où elle n’est pas… Spinoza disait avec lucidité « ce n’est pas parce qu’une chose est bonne que nous la désirons, c‘est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne ». Les valeurs qui favorisent l’épanouissement personnel (intellectuel et affectif) et le vivre ensemble harmonieux sont évidemment à promouvoir.

        La religion, quelle qu’elle soit, n’est plus une nécessité pour cet immense travail qui permet de passer de l’hominisation à l’humanisation, travail à refaire à chaque naissance, car si l’on nait du genre Homo, on ne nait pas humanisé. Devenir véritablement humain est le travail de toute une vie. Que de ratés, dus en grande majorité à des conditionnements utiles aux pouvoirs en place (politique, religieux et dernièrement consumériste) ! Le christianisme comme anthropologie philosophique (René Girard) me va tout à fait. Ce que les dogmes monothéistes ont fait de la sagesse qui leur a donné naissance est une catastrophe, je me répète

        Conditionnée oui, mais lucide donc plus difficilement manipulable. C’est pourquoi je maintiens qu’il faudrait attendre l’âge d’homme ou de femme avant d’embrayer sur le catéchisme et les dogmes, là encore ceci étant valable pour toute religion. Il n’y a plus besoin d’un Dieu pour faire comprendre à un enfant qu’il doit respecter l’autre, qu’il ne doit ne pas lui nuire, etc, etc… La règle d’or suffit qui met le réciprocité au cœur de sa réflexion pleine d'humanité

         

         

         

      • Samedi 30 Janvier 2016 à 22:27

        Bonsoir Danielle.

        Il faudra qu'un jour on fasse un débat sur le sujet:: "Dieu, utile ou non?".

        Tu connais ma réponse, mais je te la redis: oui, Il est utile. mais il ne peut être connu, et il ne faut certainement pas croire le connaître, c'est là une source de violences. Mais si nous admettons notre ignorance à son égard, ignorance consubstantielle à notre qualité d'Humain, alors nous pouvons Le chercher tous ensemble, de préférence en chantant!

        Et il y a plusieurs chemins pour le chercher. Ne les opposons pas les uns aux autres.

      • Danielle M.
        Dimanche 31 Janvier 2016 à 14:00

        Bonjour Benoit

        Ce serait un débat houleux pour pas grand chose ! Car la réponse est " Dieu est utile à ceux qui y croient "... Les autres n'en ont que faire et ne le cherchent certainement pas

    2
    Daniel
    Vendredi 29 Janvier 2016 à 18:26

     

    Pourquoi vouloir influencer autrui ? Pour peser sur les choix et décisions, pour faire adhérer à une cause qui n’est pas forcément la sienne, pour canaliser, pour influencer.

     

    Parmi les exemples cités, on peut voir que le coté affectif est facilement influençable, qu’il est un terrain privilégié utilisé par les « dominateurs » sur les « dominés » par manque d’honnêteté des premiers sur la sensibilité, la fragilité et la naïveté des seconds.

     

    Influencer n’est pas persuader, l’art de la persuasion est l’art d’obtenir la coopération et l’adhésion des autres de leur plein gré. Il comporte différentes phases à partir de l’objectif :

     

                Gagner l’attention

     

                Eveiller l’intérêt

     

                Inspirer la confiance

     

                Susciter le désir

     

                Obtenir que les autres agissent.

     

    Tous conditionnés. Conditionner c’est formater en ayant une arrière pensée, c’est rendre dépendant, le pire étant les sectes, c’est faire porter des œillères.

     

    Le conditionnement sentimental : c’est de la manipulation, de la trahison, un abus de confiance, ne dit on pas l’amour rend aveugle ?

     

    Le conditionnement commercial, il vise à susciter le désir, en flattant en enjolivant, parfois en caricaturant.

     

    Le conditionnement politique et idéologique : parfois proches de l’endoctrinement, en faisant des discours construits avec les mots que souhaitent entendre les citoyens, pour rester dans l’illusion, en tenant à l’écart l’objectivité et le réalisme, et en restant dans la démagogie.

     

    Le Café Débat : permet d’avoir un éclairage, sans prosélytisme, il aboutit aux avantages de l’éclectisme.

     

    Le conditionnement religieux : proche du formatage à l’aide de règles morales, en vue de l’espérance et d’une certaine manière de vivre ensemble, nécessaire pour certains, mais qui déresponsabilise les individus (cf F. Lenoir), chose que le Pape François souhaite changer.

     

    Comment se faire une opinion robuste et libre dans le flot d’informations ? Dernièrement dans un débat C dans l’air, à la question « à quoi selon vous sert la presse ? » Christophe Barbier a répondu « à faire l’opinion des lecteurs ! », je pense que la presse amène des éléments pour que chacun puisse se faire une opinion lui même.

     

    Acheter de façon responsable : nécessite de l’information et de la pédagogie.

     

    Le conditionnement professionnel : l’aspect hiérarchique n’est pas mentionné, or les dirigeants n’ont pas les remontées d’informations, il y a des filtres en plus ils ne souhaitent pas entendre les mauvaises nouvelles, le cas récent de VW avec la dépollution des moteurs diesel en est un exemple.

     

    Bien voter : c’est un devoir comme indiquer sur la carte d’électeur, cela demande de la confiance envers le programme proposé par son pilote, et par sa constitutionnalité et son financement. Liberté je dirai rester maître de ses choix.

     

    Enfin, la célèbre expérience de Milgram, met en exergue le conditionnement à la discipline.

     

    3
    Alain B
    Samedi 30 Janvier 2016 à 18:52

    Tous influençables? Oui, à divers degrés, sauf les manipulateurs (trices), car, si nous sommes tous conditionnés par notre état physique et notre situation sociale, nous le sommes surtout par notre intellect et notre affect et le manipulateur, lui, n'est pas conditionné par son affect puisque, comme le psychopathe, il n'en a pas (voir à ce sujet l'article: '' Manipulateurs, pervers narcissiques, qui sont-ils? '' dans les moteurs de recherche).

    Quelque soit le domaine, dès qu'il y a communication, il a, à mon sens, conditionnement, manipulation conscient ou non.

    Ca commence au bulletin Météo du matin... Le météorologiste dit '' demain, il fera beau '' et non ''il y aura du soleil, pas de vent, une température de 24° ''.

    Il me semble qu'on peut s'extraire, au moins partiellement, du ''conditionnement '', par:

    - la recherche personnelle d'informations crédibles 

    - le discernement

    - le dialogue s'il est équilibré (même intellect, même affect)

    -  le débat (=discussion contradictoire) s'il est véritable (càd sans préjugé, ni jugement de valeur, ni critique)

    Outre, cette démarche raisonnée, cela suppose que l'affect intervienne aussi comme garde-fou pour que ne s'expriment pas le rejet, le mépris, la haine des idées, des opinions et des croyances de l'autre dans le dialogue ou le débat..

    4
    charlotte
    Mardi 2 Février 2016 à 10:59

    Tous influençables, donc tous manipulables. Et oui si l'on ne prend garde aux pièges tendus par des manipulateurs (et ils sont légions !) sans scrupules. Il suffit de flatter l'orgueil du fat pour obtenir de lui des faveurs. La littérature, les contes, les fables et légendes foisonnent d'illustrations nous avertissant des dangers que l'on court à se laisser séduire par les paroles et agissements du rusé. Le renard de La Fontaine arrive bien à ses fins dans la fable LE CORBEAU ET LE RENARD. Andersen lui,  utilise le conte LE ROI EST NU pour illustrer ce même propos ; des images subliminales font apparaître des bouteilles de whisky sur la rétine du malheureux alcoolique... Les manipulateurs oeuvrent sournoisement ;  sans vergogne,  ils cherchent la faille et atteignent bien souvent leur but.

    Trois siècles après Jean de La Fontaine...  et Molière, dans le Bourgeois gentilhomme,  Jean-Pierre vient, avec beaucoup de justesse, nous rappeler que des experts nous observent pour mieux exploiter nos faiblesses.

    Merci pour le choix de ce thème, Jean-Pierre, qui , on le voit, suscite par son intérêt toujours d'actualité de nombreuses réactions.

    A bientôt pour en débattre.

             

    5
    Mardi 2 Février 2016 à 13:28

    Bonjour Danielle.

    Là, tu m'épates un peu. Normalement les athées, ou agnostiques, revendiquent une "spiritualité",  reconnaissent qu'il y a "une "transcendance", ce qui est une autre façon de nommer Dieu, sans trop s'y attarder. Toi, rien de tout cela, tu n'y penses pas?

    C'est tout à fait honorable, chacun son truc. Mais de spiritualité, dans ce cas, tu m'avoueras qu'il ne faut point en parler!

      • Danielle M.
        Samedi 6 Février 2016 à 18:26

        Bonsoir Benoit,

        Ben non... Ce n'est pas un souci pour moi. Vivre à hauteur d'être humain me suffit. J'ai eu (comme tout le monde) et j'en aurai encore j'espère, des moments d'émerveillement devant le sublime d'une musique, d'un paysage d'été ou d'un ciel clair bourré d'étoiles. Et je me sens fortement appartenir à cette réalité immanente, être une parcelle de ce tout sans avoir besoin d'autre chose, au dessus ou ailleurs. Pour moi, naître c'est sortir du néant et mourir c'est y retourner, voilà tout. Entre les deux, ce qu'on nomme la vie, l'occasion de maintes expériences existentielles heureuses ou malheureuses... Je m'en contente

         

    6
    sylvain BROUARD
    Mardi 2 Février 2016 à 23:07

    Oui, nous sommes bien soumis à des tentatives - généralement - réussies de nous conditionner et de nous influencer...

    Mais ce qui me surprend le plus dans notre monde actuel, c'est l'abondance des fausses pistes que l'on nous présente, et qui font perdre de vue les enjeux fondamentaux.

    On nous présente et on discute longuement du dernier amour (?) d'une vedette de cinéma, de la robe de Cécile Duflot ou de la présence de Pamela Anderson à l'Assemblée Nationale, on nous égare sur des sujets mineurs à la mode et on marche !!! Les exemples sont innombrables....

    J'invite tous les participants au café-débat à faire l'expérience facile suivante: relisez les journaux papier ou revoyez les journaux télévisés datant de 3 mois ou plus; vous serez effarés de constater la futilité et la vacuité des sujets traités et aussitôt oubliés....Et on se demande bien après coup comment et pourquoi on s'est intéressé à ces sujets sur le moment !!

    Pourtant c'est facile à comprendre et c'est le but non avoué de nos élites ( ?): tant que l'on parle de sujets importants (!!!) sur le moment, mais sans aucun intérêt 3 mois après, on évite de parler des sujets d'avenir, des efforts à faire, des perspectives pour nos enfants, des enjeux sur ce que nous serons dans 20 ou 30 ans, de la stratégie de notre politique, bref on nous conditionne et on nous influence de plus en plus à penser et à agir sur le court terme, quitte à godiller sur le long terme et à se déjuger d'une année sur l'autre.

    Un exemple symbolique: la dette de la France. Régulièrement, on parle de son montant astronomique, des efforts à faire pour la réduire, des engagements à prendre pour améliorer la situation, etc...Et on constate régulièrement qu'elle augmente et que son poids devient de plus en plus insupportable, jusqu'aux prochaines promesses....

    Normal, on a parlé entretemps de tellement de sujets sans intérêt !! mais qui ont captivé notre attention à leur époque.

    Où sont les hommes politiques qui nous parlerons d'avenir ? 

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