• Peut-on ne pas croire en Dieu ?

    L'un des caractères de l'esprit humain est la recherche par l'homme, depuis l'aube des temps, d'une autorité surnaturelle, d'un être suprême qui confère à la fois un sens à son existence sur terre et révèle une vision du monde reliée à l'idée du sacré, de l'inaccessible. Au-delà des relations de l'homme avec les autres hommes s'organise la relation de l'homme avec le divin, un ensemble de règles et d'interdits mais aussi de pratiques culturelles et cultuelles, de croyances et de dogmes.


    Qui est DIEU ?  Dans les religions monothéistes, être suprême, transcendant, unique et universel, créateur et auteur de toutes choses, principe de salut pour l'humanité, qui se révèle dans le déroulement de l'histoire.


    Citations :

    • - Si Dieu nous a faits à son image, nous le lui avons bien rendu. (Voltaire)
    • - Je ne serais pas Chrétien sans les miracles. (Saint-Augustin)
    • - Nous naissons si contraires à cet amour de Dieu et il est si nécessaire qu'il faut que nous naissions coupables, ou Dieu serait injuste. (Pascal)
    • - C'est un fait reconnu que les hommes n'ont jamais recours à la dévotion que lorsqu'ils sont accablés par la douleur ou la maladie. N'est-ce pas là une preuve que l'esprit de religion a plus d'affinité avec la douleur qu'avec la joie ? (Hume)
    • - Si Dieu existait, cela devrait se voir ou se sentir, il suffirait d'ouvrir les yeux ou l'âme. Plus je le fais, plus c'est le monde que je vois, plus ce sont les humains que j'aime. L'hypothèse la plus simple : Dieu ne se cache pas, il n'existe pas. (André Comte-Sponville)
    • - Croire en Dieu signifie voir que la vie a un sens. (Ludwig Wittgenstein)
    • - Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés. (Verlaine)
    • - Le souvenir du fruit défendu est ce qu'il y a de plus ancien dans la mémoire de chacun de nous, comme dans celle de l'humanité. Que n'eut pas été notre enfance si l'on nous avait laissé faire ! Nous aurions volé de plaisir en plaisir. (Henri Bergson)
    • - On ne s'attaque pas à l'obscurantisme des religions monothéistes ; les trois, je les tiens pour un semblable opium du peuple. Reprenons le flambeau de Voltaire puis des Lumières pour lutter contre les religions, ce recours des âmes trop fragiles pour construire leur paradis sur terre. (Michel Onfray)
    • - Ce n'est pas la religion qui fonde la morale, c'est la morale qui justifie la religion. Ce n'est pas parce que Dieu existe que je dois bien agir ; c'est parce que je dois bien agir que je peux avoir besoin, non pour être vertueux, mais pour échapper au désespoir, de croire en Dieu. (Kant)


    Aucune religion ne doit être imposée par la force. Croyants ou non croyants, chacun doit respecter la religion ou l'absence de religion de l'autre et les édifices religieux. Chacun doit pouvoir se rendre à son lieu de culte sans se sentir obligé, sans crainte d'être arrêté ou tué.


    Plus de 150 ans après la révolution industrielle, on pourrait croire que le recul du sentiment religieux, dans les civilisations occidentales, serait irréversible. Dû en grande partie au développement d'idées neuves (philosophie des lumières) au XVIIIème siècle ; recul accentué par la révolution française et les avancées scientifiques. Pourtant, depuis la fin du siècle dernier, la déception face aux références laïques et aux idéologies, les conflits qui se multiplient, la montée des nationalismes, l'échec économique des pays nantis, poussent les hommes à chercher à nouveau un refuge dans l'illusion de la religion (illusion : appréciation conforme à ce que l'on souhaite croire, mais fausse par rapport à la réalité).


    La baisse du sentiment religieux s'accompagne d'un déclin constant de la pratique. L'identification religieuse est remplacée par l'identification sociale.

    Paradoxe, les pèlerinages connaissent un regain de fréquentation à la fin du XXème siècle : avec cinq millions de visiteurs (dont les ¾ sont des pèlerins), Lourdes est la deuxième ville touristique de France.

    La Mecque reçoit trois millions de pèlerins contre un million en 1970.

    L'Islam est aujourd'hui la religion la plus dynamique.


    Le principal ressort psychologique des religions réside dans l'alternance de peur et d'espérance.

    La religion peut prendre la forme d'un délire de la pensée et inciter les fanatiques à commettre les pires crimes au nom de leur morale religieuse.


    On peut se passer de religion, mais pas de communion, ni de fidélité, ni d'amour. L'esprit est une chose trop importante pour qu'on l'abandonne aux prêtres, aux mollahs ou aux spiritualistes.


    Le Christianisme, plus encore que d' autres religions, a conféré à la douleur et à la souffrance, une autre « valeur », une autre « utilité » : sa valeur rédemptrice.


    J'ai perdu la foi à l'âge de 13 ans. A la suite d'un événement familial, j'ai surpris et écouté le désespoir de ma mère et de ma grand-mère et le « MENSONGE » m'a transpercée et la colère qui m'a envahie ne m'a jamais quittée ; aujourd'hui encore, cette colère est restée intacte. Il ne fallait pas me dire que Dieu était bon, juste et amour.

    Si Dieu existait, je le prendrais par la main, je l'emmènerais à l'hôpital Necker et je lui dirais : explique moi.


    Je fais mienne la pensée d'André Comte-Sponville : croire en Dieu, c'est croire au Père noël, mais à la puissance infinie.


    Quand les Dieux ont créé l'humanité, c'est la mort qu'ils lui ont réservée ! L'immortalité, ils l'ont gardée pour eux.


    Nous ne savons pas si Dieu existe. C'est pourquoi la question se pose d'y croire ou pas. A la question qui lui était posée : « Croyez-vous en Dieu ? » Einstein répondit simplement « Dites-moi d'abord ce que vous entendez par Dieu , je vous dirai ensuite si j'y crois ».


    Posons nous tous cette question : est-ce que la religion est un mensonge utile ?


                                              -------------------------------


    Bibliographie :

    * Michel ONFRAY                         - La philosophie féroce

    * Henri BERGSON                        - Les deux sources de la morale et de la religion

    * Jacques POHIER                       - La mort opportune

    * Jacques BOUVERESSE          - Peut-on ne pas croire ?

    * André COMTE-SPONVILLE    - L'esprit de l'athéisme

    * David HUME                               - Dialogue avec la religion naturelle

    * Blaise PASCAL                         - Pensées

    * Léo SCHEER (adaptation)      - Gilgamesh



                                                    ANNEXES


    • Marc-Alain OUAKMIN  )                                        )   Juif
    • Dom Robert LEGALL  )   Grandes  Religions    )   Catholique
    • Malek CHEBEL            )                                        )   Musulman


    QUESTIONS :


    Qui est Dieu ?

    Pour le judaïsme, la question de Dieu est la question de la révélation de Dieu.

    Dieu se révèle successivement à Isaac, Jacob et Moïse. Dieu n'est qu'une voix qui s'adresse au peuple du haut de la montagne (Sinaï) par l'intermédiaire de Moïse ; Dieu qui reste en retrait, invisible, dont la seule incarnation est la voix, sa parole qui se grave sur les tables(les tables de la loi). Le texte est étonnant car il parle d'une vision des voix : « et tout le peuple vit les voix ». Verset que les commentateurs expliquent comme vision du texte donné, révélé au Sinaï. La Révélation, c'est d'abord la révélation d'un texte, voilà la grande Révolution que nous apporte le récit biblique. Et le premier et essentiel rapport à Dieu est un rapport à ce texte de la Loi.

    Entre le Père et le Fils et leur Esprit, qui sont l'unique Dieu pour les chrétiens, existe une unité à laquelle nous sommes appelés selon la prière de Jésus avant sa Passion : « Je prie pour tous ceux qui croiront en moi, afin que tous soient un. Comme toi, Père tu es en moi et moi en toi, qu'eux aussi soient en nous, afin que le monde croie que tu m'as envoyé » .

    Père, Fils, Souffle d'amour : les noms des trois qui sont Un.

    Chaque prière de la messe s'adresse au Père par le Fils et dans le Saint-Esprit. Chaque psaume s'achève par un « Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit ». La Trinité n'est pas une équation insoluble entre trois et un, mais un mystère de vie et d'amour, car il faut être plusieurs pour aimer et être aimé, dans l'unité à laquelle tend la vraie dilection.

    La seule connaissance de Dieu ne peut être exposée : il faut la vivre intimement. Elle relève de la perception concrète, car connaître Dieu, c'est d'abord l'aimer et le servir. Une certitude du cœur, plus qu'une construction abstraite.

    Les musulmans croient en une autre vertu d'ordre esthétique, mais qui est cruciale : Allah est beau. Et le prophète (Mohamed) Mahomet d'ajouter que ce Dieu Beauté est aussi un Dieu de la Beauté, ce qui inclut toutes les vertus que la charte humaine s'est donnée.

    C'est par ce biais là que se fait l'approche du divin en Islam, autant pour en mesurer sa véracité et sa puissance que pour asseoir une vénération authentique.


    Qu'est-ce que la Foi ?

    Dans sa recherche, l'homme Juif doute. Il ne recherche pas la vérité, mais le sens. La question n'est plus : Comment Dieu a-t-il créé le monde ?, mais « Puisque le texte me dit que Dieu a créé le monde, quel sens cela a-t-il pour moi ? ».

    Principes essentiels auxquels les juifs se doivent d'adhérer :

    -    L'existence de Dieu ;

    -    L'unicité de Dieu ;

    -    L'incorporéité de Dieu ;

    -    L'éternité de Dieu ;

    -    Dieu seul doit-être l'objet d'adoration ;

    -    Croire en la prophétie ;

    -    Supériorité de Moïse sur tous les autres prophètes ;

    -    Dieu a révélé la Tora à Moïse ;

    -    La Tora est immuable dans son texte ;

    -    Omniscience de Dieu ;

    -    Il existe des rétributions et des châtiments ;

    -    Le messie viendra ;

    -    Les morts ressusciteront.


    La foi est au cœur des relations entre personnes : « On ne voit bien qu'avec le cœur, dit le renard au Petit Prince ; l'essentiel est invisible pour les yeux. »

    Dans la tradition catholique, on distingue la foi, l'espérance et la charité. La foi est destinée à faire place à la vision ; l'espérance à la possession ; mais l'amour atteint déjà son objet. La limite de cette distinction est de faire de la foi une vertu intellectuelle, alors qu'elle est adhésion de tout l'être à ce que Dieu nous révèle : "La foi est la substance des biens que l'on espère, la preuve des réalités qu'on ne voit pas".

    Toute l'écriture est un appel à donner sa foi et sa confiance en Dieu. « Jésus a fait sous les yeux de ses disciples beaucoup de signes qui ont été mis par écrit pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu'en croyant vous ayez la vie en son nom ».

    La foi, c'est croire en Dieu, à ses anges, à l'autre vie, aux prophètes et à la résurrection, et le Coran d'ajouter : sans plus jamais en douter par la suite.

    Foi et croyance sont les deux facettes d'une même attitude. Il ressort que la foi est une disposition fondée sur la « crainte » de Dieu. La foi est un sentiment intime qui n'accepte aucun artifice. La piété consiste à croire aux prescriptions des textes sacrés, à craindre Dieu et respecter son prophète. Dans la pratique, la foi comprend le respect que l'on doit aux prescriptions canoniques qui constituent l'Islam :

    -         Profession de foi ;

    -         Prière ;

    -         Aumône ;

    -         Jeûne ;

    -         Pèlerinage.


    Qu'est-ce qu'un prophète ? 

    C'est l'homme qui parle, qui s'élève à un niveau de conscience tel qu'il entend la parole de Dieu et sait la retraduire de manière à ce qu'elle soit audible pour les hommes.

    Le prophète est un homme qui parle au nom de Dieu.

    Le prophète est le messager de Dieu.


    Doit-on considérer les « textes sacrés » comme une volonté transcendantale ou comme la parole d'êtres « supérieurs » ?

    Le Talmud est l'ensemble des interprétations que les commentateurs ont donné à propos du texte de la révélation depuis Moïse jusqu'à nos jours. Le peuple Juif n'est pas « le peuple du livre » mais « le peuple de l'interprétation du livre ». Il s'agit de tuer l'idole de Dieu, enfermée dans un système par la théologie et la philosophie, pour faire vivre le Dieu vivant et infini.

    Pour les Catholiques, l'Ecriture sainte ou la Bible comporte soixante-treize livres : l'ancien testament 46 livres, le nouveau testament 27 livres.

    Ce sont les dispositions prises par Dieu pour que le peuple soit héritier de ses promesses. Les deux testaments contiennent la Révélation faite par le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, qui est le Père de Jésus-Christ, fils de Dieu.


    Le Coran est tenu pour l'authentique parole divine sur laquelle aucun doute n'est permis. Texte sacré transcendant et législation émancipatrice, le Coran est en outre réfractaire à l'évaluation humaine, dans la mesure où il fonde un rapport nouveau à Dieu.


    La religion est-elle nécessaire ?

    Il ressort clairement que sur la question du mal et de la responsabilité des hommes, vis-à-vis des hommes et vis-à-vis de Dieu lui-même et du monde, que la religion - en tant que structure sociale et politique qui permet le bien et le refus du mal - est une nécessité absolue. La religion c'est d'abord la Loi, avant Dieu lui-même.

    Le mot religion signifie relier = la religion met en rapport, donne des références. On peut dire que la religion est ce qui lie, ce qui relie, ce qui met en gerbe l'ensemble de nos relations, de nos rapports.

    La religion est à la fois un édifice moral pour les hommes et un lieu de médiation avec le Créateur, un système de croyances. La religion est nécessaire parce qu'elle offre une norme salutaire pour l'homme où qu'il se trouve, un moment d'intimité avec l'Ordre supérieur du monde.


    La religion est-elle dangereuse ?

    Toute religion est totalisante, parce qu'elle regroupe toutes les relations qui nous font être et vivre : à la nature, aux autres et à Dieu. La religion est une force unificatrice puissante. Si elle est mise au service d'autres que Dieu, elle peut devenir un pouvoir dangereux, totalitaire.

    On peut donc dire que, pas plus que la citoyenneté ou le savoir, la religion ne saurait se passer d'éducation.

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  • Commentaires

    1
    Mardi 3 Mars 2009 à 10:48
    Soyons fou et cogitons...

    Dieu est traditionnellement conçu comme éternel et immobile. Je crois que c'était aussi à peu près le cas pour l'univers selon Aristote et d'autres. Il n'y avait donc pas incompatibilité.

    Selon une autre conception (Platon, Christianisme...), l'univers est toujours immobile (statique), mais il a été créé. L'immobile peut-il "devenir" créateur? Pour cacher la contradiction, Platon avait, je crois, imaginé un intermédiaire entre l'immobile et l'univers, le démiurge.

    Mais aujourd'hui, l'univers est conçu comme mobile, en évolution: accroissement d'incompatibilité avec l'immobile. Aujourd'hui, c'est le temps qui crée l'univers, c'est donc le temps, le mobile, qui est dieu.

    Il est vrai qu'en même temps (en même dieu!), l'univers peut être conçu aujourd'hui comme un espace-temps quadridimensionnel. Dans cette conception, le temps cesse d'être un absolu et devient une simple dimension de l'univers, redevenu immobile. Le présent mobile n'est qu'un point qui se déplace sur ce nouvel axe. Mais l'épaisseur du temps, c'est le passé. Dieu c'est donc le passé. C'est le passé immobile qui crée le présent mobile.
    2
    Pierre
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:23
    « Peut-on ne pas croire en Dieu ? ». Il faut avoir du courage pour aborder cette question. Et Michelle dans son texte fait preuve tout à la fois de courage et d’érudition.
    L’ennui sur de tels sujets est qu’il débouche le plus souvent sur des affrontements irréductibles et, hélas, parfois violents. L’ennui est aussi qu’il dérive inévitablement de la question de Dieu à celle de la religion et, pire encore, celle des églises. Comment éviter ces dérives ? Comment, entre gens raisonnables arriver à s’entendre sur un consensus minimal ?

    I)    Dieu.
    Et si la question était mal posée ? Et si tout n’était pas finalement qu’une question de langage ? Sauf à désespérer, chaque être humain recherche, sans toujours y parvenir, un sens à son existence et au monde dans lequel il vit. Mais il n’y a pas qu’une seule voie de recherche : pour atteindre le sommet d’une montagne il y a une infinité de chemins, plus ou moins praticables. Il en va de même de la Vérité – si elle existe – que l’on recherche. Croyants, comme non croyants, fidèles de toutes religions, adeptes de toutes sectes, regardent tous vers ce sommet, le nomment différemment et cheminent diversement (la seule différence peut-être résiderait dans la croyance en l’immanence ou dans la transcendance : la Vérité imprègne tout ou bien elle se trouve au sommet ; mais passons).
    Alors, que cette Vérité, cette substance du Tout, se cherche dans l’un ou l’autre des quatre éléments (présocratiques), dans le Logos, le Verbe, la Parole (pour les religions du Livre), dans l’Atman, dans le Tao (qui est justement « le chemin »), dans Dieu finalement ou dans la Matière, après tout qu’importe. On ne va pas se battre pour cela. Grande serait notre prétention à chacun d’entre nous de prétendre que notre chemin est le seul chemin qui vaille. Même les plus tolérants des convaincus ne peuvent pas s’empêcher de faire preuve d’une certaine condescendance à l’égard de ceux qui ne partagent pas leurs convictions : on respecte leur opinion, on les juge sincères, mais on pense qu’ « il leur manque quelque chose ». Cela fait penser à cette magnifique parabole bouddhique des « aveugles et de l’éléphant » où des aveugles réunis autour de la bête sont mis en demeure de la décrire : ceux qui tiennent la trompe disent que c’est un tuyau, ceux qui touchent les pattes disent que c’est un pilier , etc. et tous s’accusent de ne rien comprendre et d’être de mauvaise foi ! Nous sommes tous ces aveugles et nous nous croyons clairvoyants.
    J’espère donc que cette réunion du 14 février se sera passée en évitant cette incompréhension mutuelle.

    II)    Et maintenant la Religion.
    C’est surtout cela qui pose problème. Et en fait, c’est toujours à son propos que dérivent les discussions sur Dieu.
    Si je reprend mon image de la montagne, la religion c’est la carte d’état-major qui permet de rallier le sommet. Et d’abord les livres sacrés dans les religions du Livre. J’espère ne heurter personne en livrant ma pensée : la lecture de la Bible (Nouveau et Ancien Testament, sans oublier les Evangiles apocryphes – Jacques, Pierre, Thomas… – qui, pour des raisons mystérieuses, ont été écartés) et du Coran (hélas tous en traduction française, ce qui en atténue la portée) est souvent suggestive et émouvante. J’avoue pourtant (pitié ne lancer pas une fâtwa contre moi !) que parfois certains textes me dérangent : ainsi la description complaisante des massacres dans le livre de Josué (y compris Jéricho), l’Apocalypse de Jean, la sourate 24 (La Lumière) où sont décrits les châtiments corporels des fornicateurs (-trices), etc. Mais je veux bien admettre que l’interprétation personnelle sur ces sujets est contestable et que ce sont des domaines où il ne faut pas s’aventurer sans guides.
    Je voudrais tout de même faire deux observations assez banales je pense, mais qui me troublent. Sans doute, les experts en religion ont-ils une réponse à y apporter.
    Il existe un très fort déterminisme géographique et historique dans le fait que tel ou tel individu pratique telle ou telle religion. A moins qu’il soit dans les desseins de Dieu de nous prédestiner ainsi. Si j’étais né au Japon, je serais sans aucun doute shintoïste et/ou bouddhiste, en Iran chiite, en Sibérie animiste (par parenthèse, on méprise souvent à tort le très riche contenu spirituel de l’animisme)… Si Constantin n’avait pas battu Maxence au Pont Milvius, si Julien dit l’Apostat, l’empereur  philosophe, n’était pas mort prématurément, il y a fort à parier que le christianisme aurait disparu depuis longtemps, peut-être même du vocabulaire (et Paris ou Lutèce, aurait été la capitale de l’Empire : Julien appréciait beaucoup la pureté de l’eau de la Seine !).
    Le monothéisme porte naturellement à l’intolérance. Quand la Vérité est une et qu’on la détient, ceux qui s’en écartent doivent être convertis de force pour leur salut, s’ils sont de bonne foi, éradiqués s’ils ont la perversité de persister dans leur erreur. Les Romains antiques étaient très tolérants à l’égard des croyances d’autrui. En ce qui concerne les premiers Hébreux – peut-être pourra-t-on m’éclairer – il me semble que leur monothéisme était très spécial : Elohim ou Yahvé était le seul dieu d’Israël, mais aussi le Dieu du seul Israël. Sauf erreur de ma part, c’est une des rares religions (avec les Druses par exemple) qui ne fait pas de prosélytisme, alors que celui-ci a tendance à s’intensifier, avec tous les dégâts que cela peut provoquer (exemple des mouvements protestants évangéliques, notamment au Maghreb ; exemple des recruteurs islamistes – salafistes ou tabligh – dans nos banlieues).

    III La fonction sociale de la religion.
    C’est un peu ce que Michelle aborde dans son texte, en notant l’évolution contemporaine « L'identification religieuse est remplacée par l'identification sociale ». Comme son nom l’indique la religion crée le lien. Et le lien est indispensable à la cohésion sociale. On trouve dans toutes les religions de nombreux préceptes dont l’observance est nécessaire. Ainsi ce fameux tabou de l’inceste, qui se retrouve même chez les aborigènes d’Australie, et dont l’universalité a fasciné de nombreuses personnalités qui se sont attachées à en expliquer l’origine (Freud, Lévi-Strauss, entre autres). Beaucoup portent sur la nourriture, la boisson et sa symbolique, beaucoup sur la famille et les relations humaines, certaines même sur l’économie (prohibition du prêt à intérêt, encore impérative en terre d’Islam).
    Ce rôle est si fondamental qu’un agnostique comme Charles Maurras défendait l’église catholique de son temps, car il considérait que c’était la seule institution (avec la monarchie) capable de faire respecter un certain ordre moral et social.
    Et, puisque Michelle fait référence à Henri Bergson dans ses références, celui-ci, dans l’ouvrage cité, définit la religion (en fait c’est surtout la religion qu’il qualifie de statique, qui est visée, c’est-à-dire les superstitions, mais n’entrons pas dans les détails) comme « une réaction défensive de la nature contre le pouvoir dissolvant de l'intelligence » et chargée de « combler, chez des êtres doués de réflexion, un déficit éventuel de l'attachement à la vie ». Belle définition. Et Bergson était tout sauf un athée.
    Que la religion exerce une fonction, soit. Mais pas toutes les fonctions comme ce fut le cas en d’autres temps et aujourd’hui encore en d’autres lieux. Certains n’ont pas accepté le recul du rôle de la religion dans la vie civile et tentent de la réinvestir. Pour donner l’exemple de la science, un équilibre s’était établi entre Raison et Foi. D’ailleurs Bertrand Russell (« Science et religion », 1971) notait qu’à chaque fois qu’il y a eu un conflit prolongé entre science et religion, la première en est invariablement sortie victorieuse. Aujourd’hui  une certaine forme de religion ne s’oppose plus à la science, elle tente d’investir la science, comme c’est le cas des créationnistes de la mouvance de l’intelligent design qui récusent totalement Darwin. Heureusement de telles dérives ne sont pas généralisées, comme en témoigne Jacques Arnould, scientifique et dominicain, qui tente de démystifier ces manœuvres.
    Mais le ton est donné, peut-être sous l’aiguillon de l’activisme intégriste. Même au plus haut niveau, lorsqu’on voit les interventions de notre chef d’Etat (la « laïcité positive ») ou du pape Benoît XVI : dans sa leçon universitaire de Ratisbonne en septembre 2006 (texte d’ailleurs d’une haute tenue intellectuelle), non content de critiquer l’Islam – seule chose que la presse  ait retenu – tentait de relativiser la rationalité scientifique en déplorant « l'autolimitation de la raison à ce qui est falsifiable dans l'expérience ».
    Que l’on ne s’étonne pas que, dans une telle atmosphère, fusent les réactions des parties adverses. Dans sa biblio. Michelle cite Michel Onfray, Comte-Sponville. On pourrait en citer d’autres. Par exemple, le célèbre biologiste, Richard Dawkins n’hésite pas à titrer son ouvrage, traduit en français, « Pour en finir avec Dieu » (« The God Delusion », 2006). Est-ce le début de nouvelles guerres de religion, ou de conflits de société ? A cela s’ajoute l’oppression du « politiquement correct »  (du « religieusement correct » devrait-on dire) qui menace de toutes les sanctions possibles celui dont la plume déraperait ou la langue se délierait trop (voir Salman Rushdie, les caricatures islamiques, l’amalgame fait entre critique de la religion et propos racistes, etc.).
    Vivons-nous une régression de la pensée, une atténuation de la liberté de penser et de s’exprimer ? De nos jours il serait certainement impossible d’écrire le « De tribus impostoribus » (le Livre des trois imposteurs), livre mythique du Moyen-Age, attribué par certains à l’empereur Frédéric II. Il ne dénonçait rien de moins que ces trois imposteurs qui ont trompé les hommes : "un berger, un guérisseur et un chamelier". Rien que ça ! A coté de cela les caricatures de Mahomet sont des blagues de potaches.
    Je rêve de voir le droit au blasphème inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme. Car Dieu n’a pas besoin des lois humaines pour se défendre tout seul. Vouloir le protéger ainsi le ravale au statut des faibles ou des incapables juridiques qui n’ont que la loi humaine pour seule défense.

    Voilà pourquoi je pense qu’il est utile d’échanger nos idées, de partager nos expériences, de verbaliser nos jugements, sans fard et sans agressivité. Au lieu de jeter l’anathème sur celle ou celui qui est différent, qui pense différemment. C’est la seule façon de désamorcer les conflits. C’est vrai pour ce débat sur Dieu, que, à tort ou à raison, j’imagine potentiellement explosif. Mais c’est valable aussi sur tous les autres sujets qui ont été récemment abordés (le libéralisme, la Nation, l’héritage…).
    Et merci au café-débat d’ouvrir cet espace de dialogue.

    Alors finalement avez-vous tranché ? Dieu existe-t-il ? Mais d’abord qu’est-ce qu’exister ?


    Pierre (14/02/09)
    3
    PLAS Guillaume
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:23

     

    Croire en un Dieu qui n’existe pas, telle est la devise du pasteur protestant, Klaas, Hendrikse.

    15.2.2009

    Par Guillaume.

    Le pasteur protestant Klaas Hendrikse, PKN (1) de Midelburg-Zierikzee a semé la consternation et la pagaille dans l’Eglise protestante néerlandaise en révélant à divers médias son «athéisme» et en publiant son livre « Croire en un Dieu qui n’existe pas : manifeste d’un pasteur athée.»(2)  La bible n’est pour lui qu’un ramassis d’histoires mythologiques.

    Personnellement je ne suis pas étonné de cette déclaration et de ce livre. On sait depuis longtemps, qu’il y a énormément de curés et de pasteurs athées, et qu’ils n’ont pas l’obligation de croire en Dieu, mais de convaincre tous les crédules du monde entier, d’y croire. C’est le but de toutes les religions, faire croire en Dieu, la résurrection, la réincarnation, la Trinité, les saints, les faux miracles etc., tout en sachant que ce n’est rien d’autre que de l’exploitation de la crédulité humaine, de l’imposture, de la supercherie,  de la tromperie, de la fourberie, de la tartufferie. Le pasteur sait aussi que Dieu est le seul être qui, pour régner, n’ait pas besoin d’exister, comme l’a dit si bien Baudelaire. C’est pourquoi il suffit de croire en un Dieu qui n’existe pas pour faire survivre Dieu et les religions.

    Que Dieu n’existe pas, est selon ce pasteur une condition préalable à l’exercice du sacerdoce de pasteur. Déjà pendant ses études de théologie, Klaas Hendrikse ne croyait pas à la théologie qu’on lui enseignait. Selon ce pasteur beaucoup de croyants ont abandonné l’idée de l’existence de Dieu ou en doutent, mais cela n’a aucune importance pour lui, du moment qu’on croit en ce Dieu inexistant.

    <address>Il compare la Bible et ses récits mythiques à la mythologie grecque ou romaine. Personne ne se pose encore la question de savoir si Janus, Saturne, Cronos ou Zeus, alias Jupiter, ont existé. Il s’étonne que plus personne ne croit à ces dieux mythiques, mais qu’on n’agit pas de même avec le Dieu monothéiste juif, chrétien ou musulman. On croit même dit-il dans le Fils d’un Dieu qui n’existe pas. Lisez le mythe de Jésus sur le site : http://www.assatashakur.org/forum/.. </address><address> </address><address>Puisque le pasteur protestant dit qu’un Dieu inexistant ne peut avoir un enfant, c’est normal que le pape Léon X, à qui on attribue ces paroles, aurait dit au cardinal Pietro Bembo en 1520 : "On sait de temps immémorial combien cette fable de Jésus-Christ a été profitable à nous et à nos proches."[Quantum nobis nostrisque que ea de Christo fabula profuerit, satis est omnibus seculis notum.]. (3) tandis que le pape Paul III, homosexuel notoire, déclare au duc Mendoza, ambassadeur d’Espagne : «N'ayant pu découvrir aucune preuve de la réalité historique de Jésus-Christ de la légende chrétienne, j'étais dans l'obligation de conclure à un dieu solaire mythique de plus.» (4)</address>

     

    Le pasteur Klaas Hendrikse, ne prononce jamais les mots « Seigneur aidez-nous », et refuse de les prononcer. Il sait évidemment que c’est inutile et ridicule. Le Seigneur, n’a jamais aidé personne, ni multiplié les pains pour les millions de pauvres qui meurent de faim en ce monde à la dérive. Au lieu d’arrêter les famines et les catastrophes dans le monde, ce Dieu tout-puissant et infiniment mauvais, se complaît sadiquement à les aggraver chaque jour encore plus, d’abord sur terre, et puis comme si cela ne suffisait pas, il promet encore que dans l’au-delà, il va nous rôtir en enfer. Même après la mort, pas de pardon. Il surchauffe même actuellement la terre à un tel rythme, que bientôt il va nous rôtir vivant, sans attendre qu’on arrive en enfer. Il est plus diabolique que le diable, qui n’est que son serviteur et exécuteur de la volonté divine. Oui, Diderot a raison, l'idée qu'il n'y a pas de Dieu ne fait trembler personne; on tremble plutôt qu'il y en ait un. Le Dieu biblique, n’a rien de bon. Il est jaloux, violent, vindicatif, cruel et criminel. On préfère qu’un tel Dieu n’existe pas.

    Cela n’empêche pas les gens crédules de crier « Allah Akbar » lorsqu’ils font la guerre ou s’entretuent religieusement un peu partout dans le monde, ou lorsqu’ils prient, après une grande catastrophe, pour que le Tout-Puissant ne récidive pas trop vite. Ces prières chrétiennes, musulmanes, juives, hindoues, bouddhistes, ne sont jamais entendues et ne servent à rien, comme chacun peut s’en apercevoir, sauf les crédules et superstitieux.

    Devant toute la misère dont le Tout-Puissant est censé être l’auteur, il n’y a qu’une excuse pour Dieu, c’est qu’il n’existe pas, écrivait Stendhal. On n’a pas besoin d’un Dieu qui nous accable de tous les malheurs possibles, qui n’a jamais aidé l’humanité souffrante, qui ne s’est jamais manifesté pour donner ne fût-ce qu’un seul pain à un affamé. Il va même jusqu’à foudroyer et incendier des églises pendant que les «bigots» s’y agenouillent et prient inutilement.

    Epicure a bien résumé l’inutilité de Dieu: Ou Dieu veut empêcher le mal et ne le peut, ou il le peut et ne le veut, ou il ne le peut ni ne le veut, ou il le veut et le peut. S’il ne veut et ne le peut, il est impuissant, s’il le peut et ne le veut, il est pervers, s’il ne le peut ni ne le veut, il est impuissant et pervers, s’il ne veut et le peut, que ne le fait-il, mon père ? (A. France. Les Dieux ont soif).

    Selon une enquête, un sur six pasteurs, ignorent s’il existe un Dieu. On n’apprend rien aux théologiens en leur disant que Dieu n’existe pas. La lecture des livres saints exécrables, ne peut que les conduire à l’athéisme. Le pasteur dit qu’il n’existe pas de Dieu, qui préserve l’homme des malheurs qui l’accablent, ou qui les lui infligent. Croire qu’il existe un Dieu qui protège les uns et non les autres, est une dépendance immature, et sans les êtres humains Dieu n’est rien, est sa conclusion.

    Oui, le pasteur a raison, sans l’homme, Dieu n’est rien, puisqu’il n’existe que dans l’esprit des hommes et donc grâce à eux. Il n’est qu’une chimère, qui aujourd’hui survit dans l’esprit du croyant et meurt demain lorsqu’il devient athée. Dieu n’est pas mort comme l’a dit Nietzsche, parce qu’il ne le sera que le jour où il n’existe plus de croyants pour le garder en vie. Dieu n’est rien d’autre qu’un être fictif, une création de l’homme, dont la  survie ne dépend que des croyants. Ce sont les croyants qui le maintiennent encore en vie, et ils sont loin de l’avoir fait mourir, compte tenu du nombre infime d’athées.

    Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer disait Voltaire. L’homme s’en est chargé et l’a créé à son image. Si Dieu l’avait créé, il ne serait évidemment pas aussi mauvais et imparfait. Un Dieu parfait ne peut créer des êtres imparfaits. L. Fuerbach considère que Dieu est le produit de notre imagination, et estime que l’homme a créé Dieu et la religion, et non l’inverse, en projetant à l’extérieur de lui toutes les valeurs idéales dans un être fictif. (Essence du Christianisme)

    Klaas Hendrikse n’est pas le seul pasteur ou le seul curé athée. Il y en eut bien d’autres, mais pas tous aussi célèbres que le curé Jean, Meslier, (1664-1729) qui a dénoncé l’imposture chrétienne dans ses mémoires, cachées jusqu’après sa mort, pour échapper aux bûcher.

    «Il est absurde écrit-il, d'appeler Dieu de justice et de bonté, un être qui fait tomber indistinctement tous les maux sur les bons et les méchants, sur les innocents et les coupables; il est fantasque d'exiger que les malheureux se consolent de leur infortune, dans les bras mêmes de celui qui en est l'auteur (Le bon sens)

    La citation célèbre du livre de Dostoïevski «Les Frères Karamazov&raq

    4
    Mireille Frésil
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:23
    Pour moi le Dieu que nous construisons à notre image n'existe pas. Ca je le sais. S'il existait il serait de même nature que l'humanité et serait capable de répondre à nos questionnements et à nos demandes de protections. Il serait comme un père avec son enfant.
    Pour le créer nous n'avons pas d'autres références que celles que nous connaissons, celles de nos rapports humains.
    Mais si Dieu existe il n'est certainement pas de même Nature que nous, les humains et nous ne pouvons donc guère en appréhender quoi que ce soit; pas plus que le papillon n'appréhende, ne comprend la chrysalide ou la chenille dont il est issu ?

    Ce qui peut me mener vers l'existence d'une Nature Toute Autre c'est l'émergence au corps de la matière puis au coeur de la matière vivante (dont l'homme est issu) de cette capacité d'aimer.

    Comment de microparticules puis de l'organisation des atomes peuvent se créer, s'élaborer des  sentiments et entre autres celui d'aimer ?

    Cette capacité d'amour de l'homme ( et aussi de haine) comment et surtout pourquoi (pour quoi) émerge-telle du cahot primitif ? Pour quel Avenir ? Vers quelle autre Nature ( lire Theillard de Chardin);

    Serait-ce cet Etre là qui comble notre solitude ?
    "Un seul Etre nous manque et tout est dépeuplé" Lamartine.
     
    5
    Pierre
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:23
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    Le débat est maintenant lancé et il devient passionnant. Dieu existe-t-il ? Dans ma première réaction je posais la question « Qu’est-ce qu’exister ? ». Bien sûr, étymologiquement, exister signifie sortir de (quelque part), se montrer (ex-s-istere). En ce sens, Dieu n’existe pas, sauf pour quelques manipulateurs, névropathes ou autres illuminés qui prétendent l’avoir rencontré ou qu’il leur parle régulièrement. Mais qu’importe. On peut reposer la question autrement : Dieu est-il ? C’est ce qui fait l’objet de nos controverses. Mais surtout – et c’est là le plus grave – c’est une question qui donne lieu à bien des questions, des violences et pas seulement des violences verbales.

    <o:p></o:p>

    La question est-elle aussi importante que cela ? Ne pourrait-on pas s’entendre sur un consensus minimal : il est évident pour tous que la question de Dieu est du domaine de l’inconnaissable ou de l’indécidabilité godélienne. Alors à quoi bon s’étriper sur cette affaire ? Il n’y a pas de juge de paix pour trancher entre les thèses.

    <o:p></o:p>

    Une autre chose est évidente : la connaissance humaine, l’action humaine, se construisent en ébauchant des théories et des modèles. C’est ainsi que s’édifie la science, qui vise à rendre compréhensible et maîtrisable l’univers qui nous entoure. Cette construction se fait avec les moyens intellectuels et culturels dont on dispose. C’est vrai dans la vie courante : ainsi le jeune enfant qui apprend à marcher en mimant les adultes, qui apprend à parler en écoutant ses parents. Il en va de même pour les religions, humaines constructions qui visent à répondre à des questions irrésolues que les hommes se posent, et dont les caractéristiques dépendent du contexte intellectuel, historique, sociologique et culturel des peuples qui les portent. Autrement il y aurait une religion unique. Dieu est la clé de voûte de ce dispositif. Et encore, il existe des « religions » qui n’ont pas un besoin impératif de dieu (confucianisme, taoïsme).

    <o:p></o:p>

    C’est le présocratique Xénophane de Colophon qui disait déjà : « Si les bœufs, les chevaux et les lions avaient des mains et pouvaient produire des oeuvres comme les hommes, ils donneraient aux Dieux qu'ils dessineraient des corps pareils aux leurs, les chevaux les mettant sous la figure de chevaux, les bœufs sous la figure de bœufs. »

    <o:p></o:p>

    Alors ? Si chacun pouvait s’imprégner de ces évidences, bien des sources de conflit pourraient être évitées. Il reste pourtant à s’interroger sur l’utilité collective et sociale de ces phénomènes religieux et c’est souvent là où le bât blesse. S’il faut juger l’arbre à ses fruits (Mathieu, 7, 15-21), le bilan humain des religions établies n’est pas brillant. Il n’est pas besoin de rappeler les horreurs qui leur sont dues. Par contre le bilan culturel est considérable (cathédrales, icônes, musique sacrée, etc.). Et même des non-croyants affirmés comme Saint-Saëns ont produit de magnifiques œuvres religieuses (sa fameuse Messe de Requiem ; je crois d’ailleurs qu’on pourrait en dire autant pour Gabriel Fauré). La religion est-elle, comme la langue d’Esope, la meilleure et la pire des choses ?

    <o:p></o:p>

                Je profite de l’occasion pour réagir brièvement à de précédents commentaires.

    1. Luestan (commentaire du 3/03/09) met l’accent avec raison sur la question essentielle, le mystère fondamental, celui du temps. Mais plutôt que de convoquer Platon et Aristote, je pense que les deux références antithétiques sur ce sujet seraient plutôt Héraclite (tout change) et Parménide (rien de change, l’Etre est incréé et immuable). C’est Augustin dans ses « Confessions » qui a posé de façon très moderne la question du temps et de l’histoire. Il résout les différentes contradictions que cela entraîne (Dieu est à la fois intemporel et pourtant  « historique ») en se référant au dogme de la Trinité et en créant le concept – bien embarrassant – de prédestination.

    <o:p></o:p>

    2. Guillaume (commentaire très documenté du 3/09/09). Bien sûr, on dit que Léon X et même Paul III (le pape de l’Inquisition et du Concile de Trente !) étaient athées. Ce n’est pas avéré, mais ce serait bien possible. En tout cas cela n’aurait rien d’étonnant. Il y a eu aussi une foultitude de prélats de haut ou de bas étage qui le furent. Il doit certainement y en avoir encore de notre temps. Dieu reconnaîtra les siens !!!

    En complément à cette énumération d’arguments, apparemment paradoxaux, on pourrait ajouter notamment cette citation du théologien protestant suisse, Karl Barth, « s’il y a bien un athéisme de l’homme, un homme sans Dieu, il n’y a pas de Dieu sans l’homme ».

    <o:p></o:p>

    Pierre (05/09/09)

    6
    dany
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:23
    Incroyable mais vrai : à chaque fois que l'on présente un tel sujet, il déchaîne les passions et l'envie de s'exprimer. Pour moi, Dieu est évidemment une création humaine, il n'existe pas... mais qu'est-ce qu'il fait parler de lui !!!
    7
    LeChercheur
    Mardi 9 Septembre 2014 à 17:02

     


     Que l'on veuille l'admettre ou non, les hommes ont été créés avec un besoin de spiritualité, un besoin inné d'adorer un être supérieur. Avec ses grandes processions d'armements, l'Union Soviétique d'alors rendait un culte


     


    au dieu de la guerre, comme le paganisme de l'antiquité. Le mausolée de Lénine, où se trouve le corps préservé du père du communisme est exposé au public depuis 1924, ainsi que ses nombreuses statues d'un bout à l'autre du pays, démontre qu'il fut l'objet d'un culte national. L'histoire le démontre, durant sa présidence, Joseph Staline faisait l'objet d'un culte.


     


     


     


    En Union Soviétique, les 70 ans de communismes athées n’ont pas empêché la croyance en Dieu. Une fois le communisme écroulé, les religions ont de nouveau fleuri. Même si officiellement la Corée du Nord pratique l'athéisme, Kim Jong-un, comme son père et son grand-père, fait manifestement l'objet d'un culte. Au milieu des années 70, Pol Pot, le chef des Khmers rouges communistes athées du Cambodge faisait aussi l'objet d'un culte. Quant à la


     


    Chine communiste, elle aussi fut incapable de tuer la religion. La Chine est à la fois, officiellement athée et très superstitieuse.


     


     


     


    Lorsque les athées dénoncent avec vigueurs les crimes passés comme présent, commis au nom de Dieu par des religions, ils ont parfaitement raison. Il n'existe aucune excuse pour justifier les crimes contre l'humanité perpétrés par des religions passées comme présentes. Si on jette un regard objectif, force est de constater que l'athéisme au pouvoir n'a fait guère mieux. Vu son jeune âge, peut-être même pire.


     


     


     


    En 1918, l'accession du communisme au pouvoir à causer des exécutions de masses et les libertés individuelles abolies. Vers les années 1950, Mao Zedong a délibérément créé une famine qui a causé la mort de 50 millions de personnes, soit l'équivalent des pertes de vie de la 2e guerre mondiale. Staline fut responsable de génocides et de cruautés sur une grande échelle. Les atrocités des Khmers rouges sont notoires. Dans l'ensemble, l'athéisme au pouvoir combat les libertés individuelles, et fait peu de place aux droits de l'homme. Le fanatisme religieux tout comme le fanatisme athée ont un point commun, le non-respect de la vie humaine.  


     


     


     


    LA CONVERSION À L'ATHÉISME


     


     


     


    Les motifs pour lesquels on devient athée sont sans doute divers. Pour une large part, sans doute à cause des crimes commis au nom de Dieu. À cause de l'histoire, et surtout devant l'état lamentable où se trouve présentement l'humanité, devant tant de souffrances, certaine on conclu que, la non-intervention de Dieu prouve sa non-existence. Si on y regarde de plus près, il existe une autre raison. C'est le désir d'être indépendant de Dieu. De n'avoir pas de compte à lui rendre. Bref, de décider soit même ce qui est bon et ce qui est mal. Exactement comme Adam et Ève ont fait dans le jardin d'Éden.


     


     


     


    Des athées qui prient au cas ou... qui se réunissent pour partager leur foi... qui prêchent leurs croyances sur internet... qui pratique le darwinisme avec zèle... qui font des cadeaux à Noël, font des souhaits au Nouvel An, qui se laissent mener par des traditions, se laisse guider par des maîtres à penser, ou par des philosophies humaines contradictoires, accomplissent en réalité, des actes religieux.


     


     


     


    L'ORIGINE DES RELIGIONS


     


     


     


    Ceci étant dit, la bible explique l'origine des religions. Le point de départ est la toute première prophétie de la bible consignée dans Genèse 3 :15. Il existe deux semences une provenant de Dieu et l'autre provenant de Satan, qualifié ailleurs dans la bible comme le père du mensonge. Dieu qui donne le libre arbitre cherche à attirer l'humanité vers lui, et Satan un Rebel, appelé le grand tentateur, cherche à éloigner de toutes les façons possibles, les humains pour qui ne sert pas le seul vrai Dieu. Ceci explique la présence incalculable de religions, de l'athéisme et de philosophies de tout acabit. Les croyances religieuses et philosophiques vont dans toutes les directions, c'est la botte de foin et la vérité c'est l'aiguille qui est cachée. Où trouver la vérité dans tout cela?


     


     


     


    Ce combat est en cours et les signes donnés dans la bible, indique que le vrai Dieu interviendra dans un proche avenir. Avant l'intervention divine, les Écritures annoncent une succession d'événements dont certaines sont actuellement à l'œuvre. Puis, il mettra une fin définitive aux conditions lamentables et à la méchanceté très rependue. La bonne nouvelle, les conditions sur la terre vont changer de façon radicale en faveur de ceux et celles qui sont humbles de cœurs et qui lui obéit.


     


     


     


    Cela suscitera sans doute, de la part d'athées pratiquant le darwinisme, de fortes réactions. Des réactions similaires à des religieux dont les dogmes sont attaqués et mis en doutes


     

    8
    tino
    Lundi 21 Septembre 2015 à 17:44
    A chacun son dieu .
    pour ma part je sais que chaque groupe de personnes a son dieu part intérêt .
    9
    Pierre M.
    Vendredi 2 Octobre 2015 à 00:16

    A propos de Dieu, des Religions, de l'intégrisme et de la terreur religieuse, lire l'excellent petit roman "2084 - La fin du monde" de Boualem Sansal (Editions Gallimard). Excellent : je ne sais pas s'il bénéficiera cette année d'un grand prix littéraire, mais il le mériterait. Courageux, car, malgré sa charge virulent et transparente cet auteur continue parait-il de vivre en Algérie. C'est l'Orwell du vingt-et-unième siècle, le totalitarisme religieux remplaçant le totalitarisme politique de "1984".

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