• Le pouvoir est-il un aphrodisiaque ?

    Définition :  

    Le mot pouvoir signifie avoir la capacité et la possibilité d’agir (personne ne nous en empêche). En politique le pouvoir est la capacité à obtenir des choses et surtout des individus qu’ils se comportent comme on le souhaite. A noter que démocratie signifie le pouvoir du peuple, il y a donc une notion de rapport de forces.

    Aphrodisiaque, vient du grec « Aphrodite » déesse de l’amour et de la beauté, « aphrodisiakos » signifie amplifier le désir, stimulant.


    I- Le pouvoir peut-il être facteur de séduction, de sollicitation, de facilitation, voire d'abus ?

    Il y a dans l'histoire un grand nombre d'hommes de pouvoir à qui l'on prête de multiples conquêtes, un besoin compulsif de relations avec les femmes. On est dans une forme où le sujet utilise la fascination du pouvoir, son influence sociale, qu'il troque contre un plaisir sexuel, avec le consentement de sa partenaire.

    Il y a parfois un goût pour la compulsion sexuelle qui accompagne le pouvoir, mais on reste dans le jeu relationnel, sans entrer dans le champ de l'agression sexuelle. Cela étant, lorsque la séduction est compulsive, les conquêtes très fréquentes, il peut arriver que des sujets ne comprennent pas et n'acceptent pas la résistance. Des personnes habituées à séduire peuvent ponctuellement dériver dans une forme de contrainte, tant elles sont accoutumées à obtenir gain de cause.

    La séduction est l'attitude normale dans laquelle deux êtres vont se retrouver dans une relation affective et sexuelle. Elle peut prendre une forme harcelante, compulsionnelle, ce qui est caractéristique du donjuanisme. Dans ce cas, le séducteur s'intéresse plus à obtenir ce qu'il cherche qu'à entrer dans une véritable relation avec l'autre.

    Le métier de l’homme politique consiste à séduire, créer de l’empathie avec des hommes et des femmes qui vont voter pour lui. Vous comprendrez que les tentations sont multiples.


    II- A la conquête du pouvoir et des femmes

    Longtemps, les femmes ont été victimes des assauts sexuels d’hommes de pouvoir. Elles devaient se soumettre à un véritable droit de cuissage, cuisant témoignage de la domination masculine. On mentionnera notamment Jules César et ses troupes revenant à Rome, puis les rois et empereurs ayant des dizaines de maîtresses (favorites) notamment Louis XIV, Napoléon, et plus récemment les présidents comme JF Kennedy, Mao Zedong, V Giscard d’Estaing, B Clinton, F Mitterrand, J Chirac.

    Tous les politiciens sont des séducteurs et pourtant tous ne sont pas toujours séduisants. Certaines femmes les trouvent parfois à leur goût. Le pouvoir rend intéressant, confère du charisme et même du charme.


    III - L’énergie pour accéder au pouvoir est-elle liée à une libido particulière ?

    La volonté d’accéder au pouvoir s’appuie sur des ressorts différents selon les gens. Heureusement, la plupart des personnalités politiques sont d’abord mues par une forme d’altruisme. Beaucoup veulent gouverner pour faire évoluer les choses par conviction. Certains, affligés par le narcissisme exacerbé, éprouvent le besoin de se montrer, d’exister, d’être aimés. La soif de dominer, quand elle existe, vient généralement d’un manque profond d’estime de soi. Souvent le goût du pouvoir est un mélange de tout cela. Mais il est vrai aussi qu’à un certain niveau, faire de la politique nécessite une certaine violence symbolique. Il faut se battre pour exister, voire écraser les autres. Ce comportement dominateur peut devenir une façon de vivre. Certains n’arrivent plus à faire la différence entre conquête de pouvoir et conquête sexuelle.


    IV - L’exercice du pouvoir peut-il modifier le comportement sexuel ?

    Le pouvoir (capacité d’exercer une influence sur la conduite des autres) rend désirable pour plusieurs raisons. D’abord, parce que séduire un homme puissant, c’est se prouver qu’on a de la valeur. D’autre part coucher avec lui, c’est s’approprier la force qu’il symbolise. Or le désir qu’on lit dans le regard de l’autre est le plus puissant des aphrodisiaques. Plus on est désiré, plus on est excité sexuellement, et plus on a tendance à répondre aux sollicitations. Un homme très courtisé risque d’en conclure que nul ne peut lui résister. Le jour où une femme se refuse à lui, il n’y croit pas, pense qu’il s’agit d’un jeu, insiste et peut aller jusqu’à l’abuser. Les hommes de pouvoir, les stars, les gens très riches, sont entourés d’une cour intéressée, qui a tendance à les flatter. Ils sont persuadés d’être formidables. Et si personne ne les remet en place, ils peuvent sortir de la réalité.


    V - La confusion des mots

    Séducteur, libertin, dépendant au sexe, violeur : tous ces mots ont fini par se confondre dans un grand brouillard sémantique. Que serait la vie sans séduction ?

    La séduction qui intervient aussi hors du champ sexuel, n’est pas un crime mais une façon d’exprimer son désir et son plaisir d’être avec quelqu’un.

    Libertinage : comme la fidélité, le libertinage relève du choix individuel, c’est la sphère inviolable de chacun qui doit être respectée.

    Libido : c’est un lieu commun de dire que les hommes de pouvoir ont une libido plus développée que les autres. Depuis des siècles récits et témoignages sont légion qui montrent que nos gouvernants ont bien du mal à se gouverner eux-mêmes. Car les hommes de pouvoir affichent bel et bien une activité sexuelle largement au dessus de la moyenne. C’est ainsi que dans une étude portant sur le harcèlement sexuel aux Etats-Unis, les enquêtes ont montré qu’il existait, chez certains hommes, une forte corrélation entre les notions de pouvoir  et de sexualité et que l’activation de l’une de ces notions entraînait automatiquement celle de l’autre (voir biblio : P. Karli p185).

    L’homme de pouvoir peut développer un caractère compulsif, il veut avoir du pouvoir, de l’argent, une grosse voiture et posséder des femmes. Il se sent alors tout permis, peut penser qu’une femme dit « oui » quand elle dit « non » par exemple. Il veut la posséder comme un objet et nie son désir.


    VI Conclusion

    « Le pouvoir est l’aphrodisiaque suprême » disait Henry Kissinger (1976), l’ancien secrétaire d’état du président Richard Nixon. Le pouvoir des hommes est aphrodisiaque là ou celui des femmes ne semble pas l’être. Angela Merkel, Golda Meir, Margaret Thatcher. Elles  ne transgressent jamais leur rôle et perdent tout sex-appeal quand elles accèdent au pouvoir. Elles se sont moulées dans la masculinité et ont perdu leur potentiel de séduction. Ceci dit, quelques célébrités féminines telles Catherine II de Russie, la Reine Victoria n’étaient pas des nonnes, quant à Cléopâtre VII elle figure le symbole du pouvoir mêlé au sexe pour arriver à ses fins avec César, Antoine.

    La vraie question est la tendance, pointée par Montesquieu << C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir a tendance à en abuser. Tout homme va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le nierait ! La vertu même a besoin de limites. >> Source : L’Esprit des lois 1748.

    On ferait bien d’inciter les gens à intégrer ce risque inhérent au pouvoir et à se protéger d’éventuels abus, sexuels et autres, ces abus pouvant engendrer une véritable fabrique de tyrans.

    Cette introduction au débat est plutôt orientée sur le pouvoir politique. Ne pensez vous pas qu’il y aurait de larges similitudes avec ceux qui ont du pouvoir sous quelque forme que ce soit, où qu’ils soient ?


    Bibliographie :

    - La Vie n°2863 du 19 au 25/05/2011,

    - JDD du 22/05/2011,

    - Le Nouvel Observateur n°2228 du 21 au 27/07/2011,

    - L’Express n°3126 du 1er au 7/06/2011,

    - Lien Internet lefigaro.fr 2011/05/21,

    - Le besoin de l’autre  (Essai) P Karli O.Jacob février 2011.

    « Qu'est-ce que la conscience morale ?Les programmes scolaires correspondent-ils aux besoins, et à quels besoins ? »

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