• Faut-il craindre le "Big Data" ?

    Le Big Data est un concept né d’une nouvelle génération de technologies et d’architectures informatiques conçues pour extraire, à un coût accessible, de la « valeur » de très grands volumes d’une large variété de données en permettant une capture, une exploration ou une analyse à grande vitesse et leur visualisation exploitable, d’où le concept associé des « 4 V » (volume, valeur, variété, vitesse). Plus de 40 ans de progrès en matière de télécommunication, d’informatique, de statistique, de logiciels et de baisse du coût des traitements informatiques en ont créé les outils au fil de l’eau.

    Par extension, le Big Data (en Français académique mégadonnées ou données massives) désigne la capacité nouvelle et croissante pour des institutions diverses (Etats, entreprises, groupes de pressions, …, individus ?) de traiter informatiquement en temps quasi réel l’énorme flux de données émises en continu par tous les citoyens et les mêmes institutions pour en tirer des avantages de toutes natures. Quasiment en tous domaines, ses applications sont croissantes.

     

    Parcourons les principaux domaines de données où se pratique le Big Data.

    Commercialement, tous nos achats sont répertoriés 2 fois au moins, à l’unité au passage en caisse et globalement pour les paiements par l’intermédiaire des banques. Ils sont donc analysables en détail en temps réel par exemple pour la gestion des stocks mais aussi pour connaitre nos habitudes d’achat et faire du marketing, des propositions « avantageuses » individualisées ou des publicités ciblées. Mieux encore, dans les mêmes buts, nos démarches aléatoires précèdant l’achat sont analysables par les fournisseurs d’accès (FT, Numéricable, ... ), les moteurs de recherches(Google, … ) ou les sites des vendeurs (Amazon, FNAC, … ).

    Fiscalement (économiquement et socialement), au titre de la lutte contre l’évasion fiscale, l’Etat accède à l’ensemble détaillé de nos revenus légaux (salaires, retraites, revenus de placements, ventes d’immeubles) au point de préremplir gracieusement notre déclaration de revenus. Idem pour toutes les prestations sociales. Au-delà, dans le cadre judiciaire, il peut mettre sous contrôle en temps réel toutes les revenus et dépenses d’individus ou d’entités soumises à une enquête. De l’ensemble de ce type de données associé à bien d’autres sources économiques ou sociales classiques, des ministères et organismes publics ou privés comme l’INSEE peuvent mesurer systématiquement et tenter de prévoir une foultitude de paramètres économiques et sociaux de façon plus performante.

    En matière de santé, la Sécurité Sociale est capable d’analyser toutes nos prescriptions individuelles (y compris redondantes !) par docteur, maladie supposée, … lui permettant d’observer notre comportement et les multiples aspects du fonctionnement de notre système de santé pour l’améliorer en efficacité sanitaire, détecter les épidémies, faire de la prévention et maîtriser son coût énorme en chassant les gaspillages et dysfonctionnements. La connaissance de ces données nous intéresse au premier chef ainsi que nos soignants pour notre santé, mais aussi beaucoup d’agents économiques : chercheurs, secteur pharmaceutique, employeurs, assureurs, vendeurs dont les intérêts ne sont pas identiques aux nôtres.

    En matière scientifique, le Big Data permet de renouveler et d’accroitre les capacités de Recherche, Développement et Exploitation en matière de santé, de biologie et de génétique (ADN), de météorologie, d’économie, d’énergie (réseau intelligent), d’écologie, en fait dans pratiquement en tous domaines scientifiques car la Science s’appuie depuis toujours sur le traitement de nombreuses données mesurées. Accroitre la capacité de mesure, de collecte et d’analyse est le rêve de tout chercheur pour innover, valider, améliorer les procédés, réduire les risques et les gaspillages de toutes natures,…

    En matière d’informations, chacun d’entre nous, selon ses équipements de télécommunication et surtout l’usage qu’il en fait, fournit en permanence à ses destinataires de courriels, ses réseaux sociaux, ses moteurs de recherches, les sites d’informations ou d’achat qu’il parcourt et où il laisse parfois même des commentaires, et in fine ses fournisseurs d’accès des informations sur ses activités, leur lieu, ses opinions et comportements, toutes informations « banales » unitairement mais collectivement utiles à des fins commerciales, sociales ou judiciaires. Inclus dans ce flux issu de notre quotidien, les réseaux sociaux qui prolifèrent (Facebook,Linkedin, Tweeter, …) sont l’occasion pour certains d’afficher publiquement des informations personnelles intimes, des opinions tranchées qu’en d’autres temps ils auraient caché même à leurs proches. Cette exposition volontaire est en somme authentifiée 2 fois: écrite par l’émetteur qui en décide le réseau de diffusion! Quitte à s’en plaindre ensuite !

    Bien au-delà de ces traitements individuels, des Etats ont mis en place et développent des systèmes géants pour observer en continu et en temps réel, tous les échanges de données publiques ou privées circulant sur les différents moyens de transmissions nationaux et internationaux ( téléphonie fixe et mobile, internet, voies filaires ou satellites).Le plus célèbre est le réseau Echelon issu de la guerre froide que les USA ont largement développé depuis. En fait, chaque état développe son système selon ses moyens. Les objectifs affichés sont la sécurité des états et des citoyens et la lutte contre le terrorisme et la criminalité. Très louables, ces objectifs, mais les mêmes moyens de surveillance permettent très facilement de faire de l’espionnage économique systématique ou de surveiller chaque citoyen, en particulier ceux détectés par des filtres basés par exemple sur des mots clés spécifiques au but recherché. Pour limiter les risques de contestation politique, certains états limitent même l’utilisation de l’internet ou du mobile (Chine, Corée du Nord, Cuba, …).La puissance qu’on devine de ces moyens d’observation fait craindre une surveillance excessive des individus du type « Big Brother». Il faut néanmoins noter que ce type de surveillance à des fins politiques (Stasi, Gestapo, KGB, .., Renseignements généraux) était largement développée « au crayon » avant la naissance de l’informatique et que le détournement présidentiel des écoutes téléphoniques légales à des fins personnelles a déjà existé chez nous.

    Et nous, dans tout ça, que faire?

    Tout d’abord, il faut intégrer que cette situation ne peut que se développer. En effet, d’une part, le Big Data est de moins en moins couteux pour ses utilisateurs sous l’effet du cloud (informatique en nuage) et de la persistance de la loi de Moore. D’autre part, le besoin de connaissances des situations pour contrôler, anticiper, prévenir, orienter, améliorer, réagir ou se protéger est une constante à tous les niveaux de la société humaine. Par exemple, qui n’a pas rêvé de filtrer l’usage de l’internet pour ses enfants ?

    Ensuite, on ne peut compter sur l’Etat pour régenter le système. Tout d’abord, ce système est mondial. Le limiter au pouvoir des GAFAM, c’est se boucher maladroitement et volontairement les yeux. Mais surtout, l’Etat a nécessairement une position ambigüe car il doit d’une part assurer la Liberté des citoyens et d’autre part leur Sécurité. L’équilibre est en permanence difficile à trouver. Il suffit de se rappeler les positions des acteurs politiques sur l’utilisation de l’ADN ou sur la vidéosurveillance pour réaliser la faiblesse et l’hypocrisie de certaines positions, sans compter le risque permanent de forfaiture. Néanmoins, l’Etat doit légiférer pour accompagner un développement permanent, complexe et mondial qu’il est incapable de piloter et d’anticiper, et se donner les moyens d’assurer notre Sécurité quitte pour moi à perdre un peu de notre Liberté.

    Alors qu’elle attitude adopter ?

    Devons-nous arrêter d’émettre des signaux exploitables vers l’extérieur (ou tout crypter?) à la manière des personnes sensibles aux ondes radio qui doivent s’isoler totalement de la civilisation pour ne plus souffrir du mobile ou du wifi?

    Devons-nous en conscience nous adapter à ces systèmes en réduisant notre signature à la façon des silhouettes de navires ou d’avions antiradar ?

    C’est mon point de vue discutable, pensant que ma modeste silhouette d’acheteur et plus généralement de citoyen un peu engagé n’est pas susceptible d’intéresser à titre personnel, individuel un « adversaire-partenaire » éventuel « bien ou mal » intentionné. Par contre, j’accepte volontiers le traitement collectif de ces données au risque qu’il soit en parti détourné car ceci permet à la Société de progresser, en particulier en matière de DD.

    Du coup, je limite un peu mon émission d’informations personnelles, beaucoup plus d’ailleurs par manque de temps et incompétence que par détermination inflexible !

     

    Et maintenant, à chacun de « courir le risque » ( !) de nous exposer

    ses questions et idées sur le sujet dans le cadre de notre sympathique CD !

     

    Jean-Pierre Vérollet

    « Sommes-nous des êtres exclusivement rationnels ?Sommes nous victimes du jugement des autres. »

  • Commentaires

    1
    Gilles JEAN-AMANS
    Lundi 8 Juin 2015 à 00:51

    Le fait de chercher une signature faible, par exemple en utilisant TOR, est-il, ou pas, un signal fort auprès des algorithmes/institutions de contrôle ?

    En d'autre termes, pour vivre heureux, faut-il vivre caché ou bien au contraire se laisser épier sans sourciller ?

    C'est tout à fait ouvertement que je pose cette question ;-)

    2
    Lundi 8 Juin 2015 à 14:12

    Etant de formation scientifique et réaliste cartésien, votre exposé, je l'aurais sans doute rédigé en dix fois moins de lignes. C'est sans doute là que le commun des mortels aurait sans doute pu mettre en évidence les affirmations et les contradictions, les enthousiasmes et les consternations ou les élans de libéralismes et les impulsions sectaires.

    Pour convaincre une opinion, il ne faut pas mettre tous les ingrédients possibles sur son étalage, mais seulement ceux que l'on porte et les exprimer clairement.

    Nous pouvons apprécier, dans votre exposé, des origines lettrées avec un certains soin d'éviter soigneusement les répétitions, mais vous ne toucherez jamais la grande majorité des "consommateurs" c'est à dire les adolescents, les scientifiques ou même les ploucs. Si c'est pour une joute intellectuelle, d'accord ! Mais pas pour entrer dans le monde du busines, il faut plus de réalisme.

    Pourtant dans vos points de vue nous ressentons clairement vos désir de voir votre exposé glorifié. Dans la réalité, nous ne faisons pas un concours de sémantique ni de rhétorique, il faut convaincre tout le monde et si nos intellectuels peuvent comprendre les ploucs et les lettrés, les ploucs ne comprennent que les ploucs et ils sont plus nombreux que les intellos.

    Essayez (comme moi) de créer une société avec des salariés et des clients (dans le monde entier), vous comprendrez que pour convaincre, il faut être clair et concis.

     

    Mais ce n'est que mon avis !

     

    3
    soulat daniel
    Lundi 8 Juin 2015 à 18:40

    ci dessous, une synthèse personnelle issue d'un ensemble d'articles publiés périodiquement dans le journal les échos, complétée par ma conclusion.

     

    I/ Le Big Data sera très utile aux entreprises, en étudiant le comportement de leurs clients afin de mettre en adéquation l’offre et la demande. L'entreprise va pouvoir mieux connaître ses clients mais aussi mieux comprendre leurs usages et attentes. Par conséquent, toutes ces informations si elles sont bien exploitées vont permettre aux entreprises d'améliorer leurs services et de concevoir des offres personnalisées. Après que le charbon ait alimenté les chaudières, le pétrole les moteurs à explosion, l’électricité les moteurs électriques, les données numériques vont alimenter les moteurs de recherche.

     

    II/ Les données de MasterCard : exemple de dérive possible
     

    Le réseau MasterCard gère chaque jour les paiements de deux milliards de titulaires de carte et des dizaines de millions de commerçants dans plus de 210 pays à travers le monde. Ces transactions génèrent des données en temps réel à l'échelle mondiale, disponibles plus rapidement que les statistiques publiques habituelles. Les données restent anonymes, mais en comprenant ce qu'elles nous montrent, nous pouvons créer des indicateurs macro-économiques très sophistiqués. L'une de nos activités en plus forte croissance est d'aider nos partenaires et clients à élaborer des services et des produits plus appropriés et sur-mesure, grâce à l'utilisation des données globalisées des modèles de dépense, issues des paiements que nous traitons.

     

    III/ Faisons en sorte que le Big Data aide les opérationnels à agir avec plus d'intelligence. Par exemple les Galeries Lafayette afin de moderniser leur système de gestion et d’encaissement ont mis en place au total, 940 tableaux de bord couvrant les différents métiers de l'entreprise et 5 700 rapports permettant d'explorer les données en profondeur sont générés pour servir les besoins de 2 000 utilisateurs actifs. Si bien que la question de la performance des systèmes techniques qui calculent ces indicateurs attendus dans tous les services de l'entreprise est devenue un sujet d'attention. Le décisionnel traite 7 To (Téraoctets = 1012 octets) de données à ce jour ; un triplement de ce volume est attendu dans les cinq ans.

    Cf la remarque d’un lecteur de cet article sur Internet : « Désolé par avance pour cette volée de bois vert? Après tout, le softeux ne se sent jamais responsable des bêtises qu'on lui demande. Néanmoins? "940 tableaux de bord, 5 700 rapports pour 2000 utilisateurs" ! Et vous en êtes FIERS ? Quant est-ce qu'ils trouvent le temps de bosser les 2000 en question ? Et pour l'armée sans visage des péons qui doivent remplir la base informatique au lieu de s'occuper du client … » risque d’entropie.

     

    IV/ La crainte que nous pouvons avoir en tant que citoyen est de voir nos données personnelles utilisées à n'importe qu’elle fin marketing. Et cela grâce aux outils de Business Intelligence, ça devient de plus en plus simple. Il faut vraiment des garde-fous ou au moins l'assurance que ces données qualifiées ne servent pas à faire n'importe quoi, avec risques de dérive vers des services de renseignements.

     

    A une curiosité naturelle est en train de succéder une exigence de transparence qui, d’abord perçue comme une vertu de la démocratie, apte à promouvoir le droit à l’information et à agir en contre-pouvoir face aux abus des puissants…, est en train de se muer en outil d’inquisition. Ou, suivant que cette exigence de tout voir et tout savoir prend la forme d’un open space, d’un WikiLeaks ou d’une émission de télé-réalité, en société non plus de l’information mais du spectacle.

     

    Les conséquences de cette dictature de la transparence seront considérables : La liberté individuelle ne sera plus celle de ne rien dire de soi, mais de tout dire des autres.   Nous convergeons vers une société de la surexposition, or toute forme de vie publique requiert des espaces privés, une part préservée d’opacité. Faute de quoi, elle se met en danger.

     

    Une énorme machine est en train de se mettre en place à l’échelle mondiale. Les Etats surveillent et s’espionnent jusque dans les ambassades. Les Etats stockent des données sur tous les individus. Plusieurs affaires type NSA / Edward Snowden,  Nicolas Sarkozy / Patrick Buisson, multiples transgressions des secrets de l’instruction dans notre pays, entraînent une réflexion sur l’équilibre de nos démocraties. A-t-on le droit de tout savoir ?

     

    Conclusion : il y a un potentiel énorme d’utiliser des masses d’informations collectées par une multitude de capteurs, au-delà des apports très louables de l’analyse de ces informations, il y a des dérives possibles par des utilisations mal intentionnées. Le risque est de rentrer dans une société de contrôle et de surveillance tout azimut. A noter qu’en Mai 2015 un projet de loi « Renseignements » a été à l’étude, au-delà de la surveillance de masse visant la sécurité principalement, il y a des risques de débordement vers des formes de polices politiques qui s’en prendraient aux mouvements sociaux et politiques qui n’auraient plus l’heur de plaire. A ce titre, le principe de précaution est à mettre en œuvre, afin de réfléchir sur les conséquences envers notre démocratie. D’un équilibre nouveau à trouver dépendra  la survie de celle-ci. Le sentiment d’être sous surveillance fait perdre la confiance.

     

    4
    Jean-Jacques
    Lundi 8 Juin 2015 à 21:55

    A l'attention de Khayam :

    Les textes publiés sur ce blog ont deux finalités, toutes deux liées à la nature même du Café-Débat :

    1/ Avant le débat, il s'agit de bien placer la problématique sous-tendue par le titre. En général, la personne qui a proposé le sujet fait un tour d'horizon de la question, en essayant de traiter de manière équitable tous les aspects, même ceux qui ne lui plaisent pas. Ensuite, il indique des pistes pour développer la discussion entre les participants dans le sens qu'il souhaite, mais le plus souvent cela ne se passe pas de la manière prévue...Il ne s'agit en aucun cas de rédiger un traité exhaustif du sujet (auquel cas il n'y aurait plus de discussion possible), ni de faire oeuvre d'auteur, ni de vouloir convaincre qui que ce soit,  ni même d'exprimer des idées originales. Après la lecture de ce texte, limité volontairement à une feuille A4, le participant moyen, qui ne connaît éventuellement rien au sujet, doit être en mesure d'en avoir une idée et de pouvoir s'exprimer de manière argumentée. Il ne s'agit pas en effet d'affirmer des opinions, ce qui est facile et sans intérêt, mais de se mettre à réfléchir sur des questions auxquelles on n'a éventuellement jamais pensé.

    C'est pourquoi votre affirmation relative à votre ressenti sur le texte de Jean-Pierre n'a pas beaucoup d'intérêt : au lieu de dire ce que vous pensez du Big Data sur le fond, avec des arguments, vous vous en prenez au style de JP, à sa longueur, et à des supposées ambitions d'auteur voulant être admiré. Bref, vous faites de l'attaque "ad hominem" envers quelqu'un que vous ne connaissez pas et à qui vous prêtez des intentions sans les étayer. Il aurait mieux valu dire ce que vous pensez du sujet, ce dont je ne trouve pas trace dans votre commentaire...

    2/ Après le débat, il est parfois fait un compte-rendu de la réunion. C'est un exercice très difficile, car il faut absolument que ce compte-rendu reflète ce qui a été dit dans le débat, et non insister sur les aspects que l'auteur du compte rendu voudrait valoriser. Et c'est pour cela qu'il n'y en a pas beaucoup...

     

     

    5
    Mardi 9 Juin 2015 à 09:31

    A l'attention de JEAN JACQUES !

    Je vois que dans votre cercle de réflexion, vous êtes à cent pas de la réalité productive d'une société. Vous creusez irrémédiablement le fossé qui existe entre les intellectuels pensants (minoritaires) et les productifs travaillants (largement majoritaires)

    Les gérants de PME, les artisans et beaucoup de cadres décisionnaires ne goûtent pas à vos débats compliqués et sans issu. Quand les entrepreneurs ont "le nez dans le guidon" ils n'ont pas le temps de se plonger dans ces réflexions surchargées et répétitives (à l'image de Daniel SOULAT) pour exposer un avis.

    Les clients, les collaborateurs ou même les partenaires ne sont pas du "matériel" qu'il faut disséquer, il sont humain comme vous. Il faut vraiment faire un complexe de supériorité pour croire que les consommateurs font toujours ce que pensent nos grands diplômés. Vous imaginez-vous observés, analysés, examiner par vos dieux de votre Olympe qui, comme vous le faites avec les ploucs, vous feront avaler des couleuvres ?

    Les débats, pour moi, n'ont de valeur que dans l'apport de solution. Or, la plupart des débats d'intellectuels qui se disent "argumentés" ne sont en fait que de simples avis vaporeux et n'apportent aucune solution consensuelle ou tout au moins un compromis. Dans la "réalité", quand les décisionnaires débattent, il faut à tout prix aboutir à un choix et non à un auto-satisfecit sans solution.

    La télévision propose toutes les semaines de ces débats sans issue et bien trop compliqués pour le petit peuple, celui qui vous nourrit !

    Les diplômes ne sont pas des vaccins contre la conneries !

    " Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement ! " (Nicolas BOILEAU)

    Je ne pense pas que votre "Café Débat" puisse avoir beaucoup de retombées sur la France productive, redescendez sur Terre !

    6
    Jean-Jacques
    Mardi 9 Juin 2015 à 09:49

    Je ne comprends pas bien le sens de vos deux interventions : soit vous ne comprenez pas ce qui est écrit, et cela vous entraîne à dire que c'est inutile et sans intérêt, soit vous comprenez bien, mais vous estimez qu'il vaut mieux agir sans réfléchir, le "nez dans le guidon" quoi.


    Sachez que dans notre "cercle d'intellectuels" il y a des gens de toute sorte, depuis l'immigré parlant à peine le français jusqu'aux ingénieurs et cadres retraités ou en activité, en passant par toutes sortes d'autres métiers avec ou sans diplômes. Par conséquent vos affirmations consistant à dire que vous seul êtes dans la vraie vie et que les participants au café-débat sont des gens qui causent et ne servent à rien, me semblent vraiment très mal ciblées.


    On pourrait peut-être avoir une discussion apaisée sur le fond, et non sur la forme ? Si vous habitez dans la région, venez donc une fois voir comment ça se passe, je vous offrirai une bière avec plaisir.

    7
    Mardi 9 Juin 2015 à 11:13

    Le BIG DATA, puisque c'est de lui que nous parlons n'est pas une invention ni même une découverte, c'est une erreur !

    Tout comme la profusion de nourriture de mauvais choix ou mal élaborée a abouti à l'obésité des consommateurs.

    Pour être plus concret, j'ai un ami, photographe amateur, qui voyages beaucoup (en France et dans le Monde) il possède deux appareils photos et glane tous les ans des dizaines de milliers de photos, toutes intéressantes (plusieurs centaines de milliers au total). Il ne peut plus partager avec ses amis et sa famille, il ne peut plus les classer, les rubriques sont déjà trop nombreuses. Une vie entière ne suffirait pas pour les commenter.

    Avec la capacité des nouvelles mémoires, avec la diversité et la puissance d'Internet, nous sommes devant une indigestion d'informations contradictoires et invérifiables !

    OÙ EST LE PROGRES ?

    En 1989, lors des premiers documents sur le Net, les promoteurs du système promettaient une vertigineuse simplification de la vie laborieuse. En fait, beaucoup de gens sont largués par la complexité des méthodes de recherche, ils sont floués par les fausses informations et au pire embarqués dans des camarillas, pour ne pas dire des sectes ou des unités combattantes.

    OÙ EST LE PROGRES ?

    Au début des années 2000, les transactions financières ont commencé sur le net, les achats, les formalités administratives sont entrés dans le bain. Selon les journaux tout se passerait bien,

    En 2010 (dernier constat) plus de 500.000 ménages ont été escroqués lors de paiement par carte sur le Net (Chiffre ONDRP de 2012). Et je nous vous parle pas des indiscrétions, voir des moyens de pression aboutissant au suicide.................... A mon avis les banques procèdent de la même façon que vous et ils ne changeront jamais de système, les frais de vols sont refacturés au clients et ainsi les escrocs font partie du jeu !

    OÙ EST LE PROGRES ,

    Ne faites pas comme les Médicis imbu de leur personne et qui se déplaçaient à Florence par le "Corridor de Vasari" pour ne pas se mélanger avec le petit peuple "sauvage" en-dessous ! 

    D'en haut, vous zappez les vrais problèmes existentiels, vous imaginez des applications à la fulgurance Internet, mais pour l'instant ce navire n'est encore pas étanche, c'est même  "LE" problème du moment................... Vous n'allez quand même pas me dire que vous n'êtes pas au courant des failles du système, plusieurs fois par an des secrets (vrais ou faux) sont révélés par les hackers, même le Pentagone à été craqué !

    Les espions ne sont plus dans les avions et les trains, ils sont devant leur écran !

    Dans des sociétés hyper-connectées comme AIRBUS tous les employés sur place peuvent envoyer des informations par internet et même négocier une compensation avec la Russie ou la Chine !

    Un exemple ? Regardez les photos du "Soukhoï Super Jet 100" Russe ou du  "C919" chinois, n'ont-ils pas un air de famille avec l' A320 ?.....Dans la décennie qui vient, ils seront au point et seront très concurrentiels.

    INTERNET C'EST " LA COUR DES MIRACLES " !

    VOUS AVEZ TOUJOURS ENVIE DE TRAVAILLER AVEC LE NET ?....PAS MOI !

     

    Sans haine ni rancune !

    Rémy.

     

    8
    Pierre M.
    Lundi 15 Juin 2015 à 00:36

    Erreur ou progrès le Big Data ?  Big Fatra ou Big Cata ? Qu'importe, c'est un fait et il faut s'en accommoder. Que ce soit pour en tirer parti ou pour s'en préserver. En tout cas c'est un marqueur de ce que d'aucuns nomment la société post-industrielle. Aussi est-il pour le moins nécessaire d'appréhender ce phénomène pour son existence et dans sa dynamique.

    Observons d'abord que malgré sa jeunesse – cela fait seulement sept ou huit ans qu'on entend parler de Big Data et de Cloud – ce phénomène est en progression exponentielle. Sans multiplier les indicateurs on peut citer quelques données chiffrées. Ainsi, on sait qu'en 10 ans, Internet, vecteur essentiel de ce système, a connu une hausse de près de 600 % ; qu'il s'échange actuellement 3 millions du courriels par seconde (dont les 2/3 sont des pourriels !) ; qu'il y a 2 millions de requêtes sur Google chaque minute ; que plus de 800 000 nouveaux sites sont mis en ligne chaque jour, etc. Pourtant on est loin de la fin de son expansion : le nombre d'internautes ne représenterait aujourd'hui que 40 % de la population mondiale (mais à peine un quart serait actuellement concernée aujourd'hui par ce système). Sous le triple effet de l'augmentation de la population mondiale, du taux d'accès et – surtout - de l'évolution des technologies, tout porte à croire que l'on est loin de voir la fin de cette expansion. Par exemple on annonce pour les toutes prochaines années la mise en service d'une génération 5G 100 fois plus rapide que l'actuelle 4G.

    Cette évolution semble irréversible et n'est pas sans conséquences dont il faut se préoccuper dès à présent. En voici quelques-unes.

    - Le Cloud en question est très énergivore en raison de la multiplication de ses "fermes" de serveurs qu'il faut réfrigérer : il a été calculé que si le Cloud était un pays il viendrait au 4ème rang mondial pour la consommation mondiale d'électricité, que le standard 4G consomme 60 fois plus d'énergie que l'ancien 2G, que l'envoi d'un courriel est l'équivalent en énergie totale de la consommation d'une ampoule électrique pendant une heure (et il s'en envoie 3 millions par seconde, voir plus haut). Dans un contexte de recherche mondiale d'économies d'énergie quel est l'avenir d'un système aussi vorace ? Sans compter les autres ressources non renouvelables et non récupérables qu'un tel système utilise (métaux rares).

    - Le Cloud est très sensible à diverses perturbations extérieures comme les tempêtes solaires. Que se passerait-il si une catastrophe de cette nature advenait  (relire "Ravages" de Barjavel). Sans compter les actes de terrorisme. Comment y remédier ? Créer des redondances ?

    - Big Data contre Long Data : la jeunesse du système, mettant l'accent sur le recueil de données en temps réel, donne une vision à courte vue de l'état du monde et de la société. En se focalisant sur les données actuelles du Cloud on n'échappe pas à la "tyrannie du présent". Big Data tend ainsi à uniformiser la pensée.

    - L'infobésité du Cloud pose trois types de questions. 1) Comment "faire le ménage" régulièrement pour éviter l'asphyxie du système ? 2) Comment stocker de façon pérenne et fiable l'information "utile" ? (on ne sait déjà plus lire des disquettes de 5 pouces ¼ et les archéologues du futur, terrestres ou extra-terrestres, se demanderont comment une brillante civilisation humaine qui avait inventé des écritures – comme en témoignent les pierres gravées – a pu rétrograder et ne laisser aucune trace d'elle autre que des armoires métalliques ou des disques irisés dont on ne saura pas très bien à quoi cela servait). 3) Comment exploiter cette information pléthorique ? On va passer du Big Data au Visual Big Data (exemple infos météo).

    - Le Visual Big Data consacre le primat de l'image et de l'icône et comporte donc un risque considérable pour l'avenir de la culture écrite.

    - Et donc quelles incidences sur l'éducation et la culture ?

    - Big Data et son mode d'exploitation, le Visual Big Data, ne vont-ils pas générer de nouvelles inégalités entre ceux (individus, groupes, nations) qui y auront accès facile et les autres ?

    - Plus important encore : quel statut conférer au Big Data ? A l'exception de données privées bien identifiées, ce devrait être un bien commun voire un bien public (c.-à-d. dont l'utilisation n'est ni rivale, ni exclusive) et géré comme tel. Mais on peut faire confiance aux lobbys de toute sorte pour tenter d'en accaparer le pouvoir (n'est-ce pas déjà le cas ?). Faut-il en laisser la maîtrise au funeste pouvoir marchand ?

    - Je passe sur le risque, souvent mis en avant, que Big Data ne devienne l'instrument de Big Brother.

     

    Qu'en aurait pensé le grand Omar Khayyam ? Lui qui savait tout de la science, de la technique, des arts de son temps.

    9
    charlotte
    Mardi 16 Juin 2015 à 15:03

    Mais c'est qui les ploucs, Monsieur Khayyam, c'est moi ? Bouhou ! bouhou ! Bouhou !

    10
    Mardi 16 Juin 2015 à 17:09

    @CHARLOTTE !

    C'est comme çà que les intellos du microcosme parisien appellent les provinciaux mal dégrossis comme moi.

    Comme le dit Jean Jacques, le Café/Débat "cherche du grain à moudre" !...... Toute son intervention est basé sur le : "Vous n'avez rien compris..."

    J'ai participé, plusieurs fois, à ces débats parisiens sans fin.  Ils partent d'une idée étroite et progresse (le verbe est fort) dans un couloir pour arriver dans des exposés étriquées, sans dégager le moindre consensus ou éventuellement un compromis.........C'est le même principe que la recherche appliquée face à la recherche fondamentale, ils n'ont aucune largeur d'esprit, aucun éventail de solution.

    Comme l'artiste peintre "en bleu", très doué dans toutes les nuances de bleu et qui ne sait même pas qu'il existe un arc en ciel de couleur.

    Par exemple :

    -- Je croyais avoir convaincu mon auditoire (écolos, capitalistes et collectivistes) que l'énergie nucléaire autre que l'EPR existait et pouvait être rentable, non dangereuse et ne risquant aucune prolifération (plutonium clandestin). Tant que nos "débatteurs" ne connaissent pas, pour eux,  çà ne peut pas exister ! Et portant...

    -- Il y deux décennies (environ) j'ai expliqué devant plusieurs personnes que la fiscalité pouvait être plus simple, plus juste, et "à la source" (sans ligne sur les bulletins), ils arguaient que cette simplicité allait créer du chômage et des blocages (sous entendu, plus de magouille possible).

    Etc. Etc.

    Alors, tu peux comprendre pourquoi ils m'ont royalement ignoré et le pourquoi de mon dégoût pour ces débats stériles !

    Cordialement !

    Rémy.

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    Jeudi 9 Juillet 2015 à 22:03

    bonsoir Rémy, chez nous on dit plutôt pecnaud, et il n'est pas inutile que quelques uns fassent la balance, j'aime lire tes réponses et pour ma part mon dynamisme n'est ni pratique ni intellectuel mais plutôt de type émotionnel-intuitif...il faut de tout pour faire un monde, ton franc-parler me plaît....il est certain qu'il y a un décalage entre les strates de la société, d'un côté les clients (sont-ils humains? et de l'autre les travailleurs (censés satisfaire les clients). Et que fait-on des besoins des travailleurs...est-il ou pas un client à satisfaire et qui détermine ses besoins?....Je suis en plein dedans...le droit à la parole devient utopique, nous avons généré une société d'emprise..la liberté redevient intérieure et propre à chacun...les coups de gueule peuvent être des constats d'impuissance et génèrent de la négativité...mais cependant n'empêchent pas d'être dans l'action et de rester humain .

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