• Un FabLab à Saint-Quentin-en-Yvelines, pour quoi faire ?

                 Un FabLab à Saint-Quentin-en-Yvelines, pour quoi faire ?

                                                                             Annie Jolivet-Vilbois.

     

    1. Qu'est-ce qu'un FabLab ?

    Le mot FabLab est une contraction de Fabrication Laboratory qui définit un lieu :

    · Avec des machines de fabrication numérique dont des imprimantes 3D mises à disposition du public pour fabriquer à peu près tout ;

    · Ouvert au public, respectant une charte (l'utilisation du mot y est conditionnée, la marque est déposée par le MIT) ;

    · Diffusant du savoir et de la technologie ;

    · Connecté à un réseau français ( RFF ) et mondial de FabLabs.

    Le concept de FabLab a été créé au MIT ( Massachussets Institute of Technology ) par Neil Gershenfeld, à la fin des années 90. Il dispensait alors un cours appelé « Comment fabriquer « presque » tout ? », et qui fut surpris de l'engouement des élèves pour ce cours, y compris de la part d'élèves ne suivant pas ses cours par ailleurs. Il décida alors d'ouvrir l'accès à son laboratoire de fabrication. Le nombre de FabLabs dans le monde approche aujourd'hui les 620, avec une soixantaine en France, laquelle se situe juste derrière les Etats-Unis.

     

    2. Pourquoi fabriquer quand on peut acheter ?

    Pour réparer :

    La première raison pour laquelle quelqu'un se rend dans un FabLab, c'est pour réparer un objet cassé, ne pas le racheter. Les moyens de fabrication du FabLab permettent en effet de rendre vie à un grand nombre d'appareils domestiques. Le FabLab lutte contre l'obsolescence programmée.

    Pour apprendre :

    Souvent, dans un deuxième temps, les adhérents se rendent compte que certains d'entre eux détiennent des connaissances utiles, et qu'eux-mêmes sont également capables d'apprendre aux autres. Dans notre socièté, c'est une expérience inhabituelle

    Pour se réapproprier :

    Ensuite, les adhérents réalisent que cette connaissance acquise leur permet de se lancer dans de nouveaux projets, plus complexes, et que les objets qui nous entourent dans le monde moderne ne sont pas si compliqués ni difficiles à reproduire.

    Pour créer

    Enfin, lorsque l'adhérent a acquis suffisamment de connaissances, qu'il maîtrise les

    possibilités de fabrication qu'offre le Fablab, il peut créer de nouveaux objets, seul ou dans un travail collectif, et partager ou non les plans et méthodes de fabrication avec d'autres, qui pourront modifier sa création.

    « Lorsque j'ai pu finalement me procurer toutes ces machines j'ai compris que la

    Renaissance avait été le moment où les arts libéraux sont apparus- libéraux dans le sens de libération, d'humanisme, le trivium et le quadrivium - et ceux-ci furent un chemin vers l'émancipation, ils furent les moyens de l'expression. C'est le moment où art et artisanat ont divergé. Et il y avait aussi les arts serviles, ceux avec bénéfices commerciaux. ... Nous avons vécu avec cette idée que fabriquer des choses était un art servile à visée commerciale et ne faisait pas partie des moyens d'expression. Mais en fait, aujourd'hui, l'impression 3D, le micro-usinage et la programmation de microcontrôleurs sont tout aussi expressifs que peindre des tableaux ou écrire des sonnets, mais ce ne sont pas des moyens d'expression de la Renaissance. Nous pouvons enfin abolir la frontière entre art et artisanat. » Neil Gershenfeld 

     

    3. Les spécificités du SQYLAB

    Le SQYLAB, FabLab de l’association loi 1901 HATLAB permet aux populations de son territoire, d'horizons divers, de se rencontrer dans un tiers-lieu convivial et de partager leurs connaissances afin de produire des objets, et de faire émerger des innovations.

    Il se propose, en plus, d’être un Eco-FabLab , c'est à dire un FabLab utilisant et valorisant les déchets des entreprises environnantes comme matière première pour les produits fabriqués, quand cela est possible, diffusant des bonnes pratiques d'éco-conception et encourageant l’émergence de projets éco-conçus.

    Le SQYLAB s’appuie sur une population très diversifiée et dynamique composée aussi bien de jeunes, de curieux, de professionnels, de public expert, de collectivités territoriales que de porteurs de projets. Il profite aussi d’un réseau fort entre les différents partenaires des FabLabs français fédérés, notamment par l'adhésion du HatLab en tant que membre fondateur à la toute nouvelle association de 1901 regroupant ces FabLabs : le Réseau Français des FabLabs. Les différents publics concernés vont des entreprises locales, au grand public en passant par monde de l'éducation.

     

    4. Le quotidien du SQYLAB

    Aujourd'hui, le SQYLAB est ouvert les mardis et jeudis soirs, ainsi que les samedis matins, ainsi que sur demande en journée.

    Trois ou quatre nouveaux adhérents sont souvent enregistrés par soirée d'ouverture.

    Les soirs, le lieu accueille environ une dizaine de personnes qui se consacrent à des projets divers et variés, comme un robot autonome suiveur de lignes, une lampe intelligente, ou la reconversion d'anciens robots d'analyse médicale afin d'en faire des fraiseuses numériques.

    Les projets sont documentés sur une plate-forme internet ouverte à tous, selon l'esprit des FabLabs ( http://dokuwiki.hatlab.fr/doku.php ), commune avec le HatLab, association porteuse du FabLab SQYLAB. Ils peuvent donc être repris et améliorés par toute personne désireuse de le faire.

    Les adhérents s'entraident et partagent leurs connaissances pour initier les débutants et résoudre les problèmes complexes des projets plus avancés.

    En parallèle, un groupe de personnes peut travailler sur des projets soutenus par le département sur les quartiers en zone d'éducation prioritaire, en partenariat avec l'association Planète Sciences ( http://www.planete-sciences.org/national/ ), tandis que d'autres personnes organisent la transmission en direct du prochain TEDxSaclay (http://tedxsaclay.com/ ), également partenaire du HatLab.

    D'autres enfin peuvent mettre la dernière main à une formation destinée à l'Ecole de la Deuxième Chance de Trappes, par exemple une initiation à la programmation à travers le logiciel Scratch.

    Dans la journée, selon les demandes, il est possible qu'un indépendant ou une petite entreprise vienne découper des pièces sur la découpeuse laser ou en imprimer en 3D avec l'imprimante ad hoc. Ces demandes, comme elles ne viennent pas enrichir la base de données commune, font l'objet d'une tarification différente.

     

    5. Bibliographie

    1. FAB: The Coming Revolution on Your Desktop--from Personal Computers to Personal Fabrication – Neil Gershenfeld – Basic Books – 2005

    2. Interview de Neil Gershenfeld – Edge - https://www.edge.org/conversation/neil_gershenfeld-digital-reality

    3. Makers: The New Industrial Revolution Hardcover – Chris Anderson – Pearson - Octobre 2012

    4. FabLabs, etc. : Les nouveaux lieux de fabrication numérique. - Camille Bosqué, Ophelia Noor, Laurent Ricard - Eyrolles – 2014

    5. Fab Lab : La révolution est en marche - Massimo Menichinelli, Camille Bosqué, Peter Troxler, Cecilia Raspanti - Editions Pyramyd - 2015

    6. L'âge du faire : Hacking, travail, anarchie - Michel Lallement - Seuil– 2015

     

     

    Ce document appartient à l'association HATLAB et ne peut être communiqué sans son autorisation

    « Peut-on construire une société en ayant un climat de défiance? C.R. du 28 Mai 2016 . Société construite sur la défance? »

  • Commentaires

    1
    Pierre M.
    Dimanche 19 Juin 2016 à 00:55

    Je regrette de n'avoir pu assister à cette séance sur les FabLabs. Pourtant ce genre d'activité n'est pas pour moi, qui suis incapable de planter un clou sans provoquer de dommage matériel voire corporel !

    Ce type d'activité naissante est un des multiples volets de cette économie collaborative – voire cette économie du partage – en émergence. Il me semble que celle-ci a beaucoup de mérites, d'abord en bouleversant les règles du jeu du système économique dominant (open source, open desk, open hardware, etc.), en répondant au gâchis de l'obsolescence programmée, en revitalisant l'activité productive au niveau local, en réagissant au gigantisme et à la concentration des unités de production dans leur recherche d'économies d'échelle ("small is beautiful" ?), en changeant la nature des relations producteur-consommateur, et peut-être surtout en suscitant une créativité collective partagée.

    Questions : est-il concevable que ces initiatives et celles des monnaies locales complémentaires, des SEL, etc. puissent converger ? D'après le texte publié sur ce site, la France occupe une place importante dans ce développement prometteur. Mais nous ne sommes pas les seuls, ni peut-être les plus avancés : peut-on avoir des informations sur le projet FabCity de Barcelone ?

     

    Le seul reproche que je formulerais à l'encontre de toutes ces initiatives c'est l'emploi outré de termes anglo-saxons. Sans être patriotard on peut tenir à l'intégrité de sa culture nationale et éviter de parler en Novlangue lorsqu'on peut trouver des termes équivalents.

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