• Sur quels critères doit-on choisir son conjoint?

                      SUR QUELS CRITERES DOIT-ON CHOISIR SON CONJOINT ?

                                                                         Charlotte Morizur    le 21 octobre 2017

    La principale chose que nous demandons à celui ou celle qui nous accompagne dans la vie est de nous faire honneur.

    En effet, nous désirons tous vivre en compagnie d’une personne qui aurait bon teint, bon œil, l’humeur joyeuse, une éthique sans reproche, de l’éducation, de l’humour…

    C’est sans parler du « coup de foudre » ! Ne rions pas, cela peut arriver à n’importe qui. Il n’est alors pas question de faire un choix, car pour l’amoureux ou l’amoureuse il n’existe plus qu’un seul objet au monde :  celui de sa passion, et puis, on le sait, l’amour rend aveugle ou pour le moins myope. Alors, le doux moment s’étant enfui durant lequel le cœur a court-circuité la raison, il y a parfois - … pas toujours ! – d’étonnantes surprises lorsque, atterrissant de plain-pied dans le quotidien, les tourtereaux apparaissent chacun aux yeux de l’autre avec davantage de précisions !

    Autre situation : le bon sens aiguisé par l’expérience, on est à la recherche de l’âme sœur. Pour choisir une  condition s’impose : celle d’avoir le choix ! Il existe des chanceux, soit, mais beaucoup d’individus de notre espèce ont connu de longues traversées de désert et peut-être y ont-ils perdu une partie de leurs certitudes et espérances. Rappelons-nous la jeune Françoise Hardy des années 60 qui errait dans les rues l’âme en peine, et chantait « Je vais seule, car personne ne m’aime !» …  Quant à Verlaine, il nous confie : « Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant / D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime… ». Les romanciers, les cinéastes, les poètes, les peintres et les sculpteurs ont depuis toujours exprimé cette quête lancinante d’amour partagé.

    Maintenant, admettons que l’on ait le choix - grâce aux sites de rencontres cela est maintenant possible - qui peut avoir oublié la fable du héron au long bec emmanché d’un long cou ? En voilà un qui eut la chance de voir défiler à portée de bec moulte occasions de se rassasier. Or, à toujours espérer trouver mieux que les truites, tanches et gardons que lui présente le cours d’eau, le héron finit par devoir se contenter… d’un pauvre limaçon ! Alors, forte de la leçon qu’enseigne ce cher Monsieur de Lafontaine, et pour éviter ce genre de déconvenue, si au cours de pérégrinations solitaires une personne vient à en croiser une autre, si cette autre est pourvue d’un minimum de bon sens, qu’elle n’est point trop mal faite, et surtout qu’Eros a la bonne idée de passer par là, l’affaire est souvent assez rapidement conclue…  

    Notons cependant qu’il ne suffit pas de désigner l’objet de son choix pour que ce dernier partage le même enthousiasme et accepte de se lancer dans une aventure à long terme. En effet, il arrive que l’on se prenne ce que l’on appelle… « un gros râteau » ! On se retrouve alors « Gros-Jean, comme devant », dirait encore Monsieur de Lafontaine.

    Un conjoint, ou une conjointe, est une personne qui décide d’embarquer avec une autre sur le même bateau et cela pour une longue croisière. A partir de là tout sera mis en partage :  la cuisine, la douche, la table, le lit (Ô mon Dieu le lit, quelle affaire !) … et autres « futilités » telles que les enfants, les projets, les comptes et les sous, les parents de l’un, ceux de l’autre, et puis la vieillesse ;  les jours heureux et ceux qui peuvent l’être moins. Alors, en appareillant pour cette traversée de la vie, chacun des protagonistes formule des vœux afin que tout aille pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le tout est de garder le cap et cela en toutes circonstances, ce qui n’est pas facile. Mais - pour rester dans la métaphore de la croisière - sachons que si, d’une façon ou d’une autre, les choses les meilleures ont malheureusement une fin, tous les scénarios ne se terminent pas en catastrophe comme celui du Titanic.    

    En vérité je vous le dis, il faut être doté de beaucoup d’amour pour aller jusqu’au bout de l’aventure. Or l’amour n’est pas un don, c’est une vertu que l’on se doit de cultiver comme toutes les vertus !  Et celle-ci, plus précieuse et rayonnante que les toutes autres, se cultive à la sueur de notre cœur.

     

     

    « C.R. du débat du 23 Septembre; Nos valeurs Républicaines sont-elles recevables dans toutes les cultures ?C.R. du 6 Oct.17 Le pouvoir des médias représente-t-il un atout ou un danger pour la démocratie ? »

  • Commentaires

    1
    Pierre M.
    Lundi 23 Octobre à 00:04

    Voilà un très joli texte sur un faux bon sujet : il est verrouillé de prime abord. En fait il pose comme évident 1° Qu'on a besoin d'un conjoint, avec ce double sous-entendu que ce conjoint est unique et pérenne. 2° Qu'on a liberté de choix fondée sur des critères objectifs. Il faudrait toujours questionner les questions pour pouvoir y répondre.

    Ici il faudrait d'abord mettre en doute la pertinence de la proposition : a-t-on vraiment besoin d'un conjoint ? D'un ou de plusieurs ? Je n'invente rien : la polygamie ou la polyandrie ça existe ou ça a existé. Même dans notre société occidentale et bourgeoise, des pamphlétaires se sont posé la question,  comme Georges-Anquetil, bien connu en son temps, qui prônait il y a un siècle "La maîtresse légitime, essai sur le mariage polygamique de demain" ou  "L'amant légitime, code d'amour du vingtième siècle" (titres de deux de ses ouvrages, le plus connu étant "Satan conduit le bal").

    De fil en aiguille c'est le concept même de famille qui doit être interrogé. Il suffit de voir ce qu'il en est dans d'autres civilisations (amérindiennes par exemple).

    S'interrogeant sur l'unicité du conjoint ou peut aussi s'interroger sur sa permanence. Comment interpréter autrement l'importance du nombre des divorces ? Imagine-t-on  Tristan et Yseut, Roméo et Juliette, Paul et Virginie vieillards, Eloïse et Abélard grands-parents ? Que sait-on de Daphnis et de Chloé après leurs épousailles ? La pièce "Stella" du jeune Goethe  – scandaleuse à l'époque – se termine par la constitution harmonieuse d'un ménage à trois (un homme et deux femmes). Ce même Goethe qui, bien plus tard, pensait pouvoir démontrer scientifiquement le jeu des "Affinités électives".

     

    Pour ce qui est de la liberté du choix, d'une façon très (trop) prosaïque il faudrait évoquer les déterminismes de la rencontre et de l'appariement entre individus : nationalité, culture, classe sociale, etc. On aimerait croire que les rois épousent les bergères. Et quand bien même cela arriverait quelle serait la permanence d'une telle union ? Enfin s'il existe des critères objectifs de choix d'un conjoint, dans notre société du tout numérique il devrait pouvoir être possible de procéder à des choix rationnels informatisés : des mariages assistés par ordinateur (MAO). Mais cela existe déjà plus ou moins  !

     

     

    Poussant un peu plus loin la provocation à propos de notre libre arbitre, on pourrait se demander si tout ceci n'est pas une illusion. Si l'on veut bien suivre la théorie – assez consistante – du fameux biologiste Richard Dawkins, grand spécialiste de l'évolution ("Le gène égoïste", 1976) tout se passe "comme si" les gènes, étant les éléments moteurs de la sélection naturelle, ils induisaient des attitudes, des comportements, des situations, voire des sociétés… leur permettant de se répliquer indéfiniment et paisiblement. Les gènes dei in machina à la place de notre Deus ex machina ! Alors, comme le brave Pangloss, réjouissons- nous que tout aille pour le mieux dans le meilleur des monde. Imaginons la complication s'il fallait trois sexes différents au lieu de deux pour assurer la reproduction des êtres vivants. C'est déjà source de conflits avec deux, alors avec trois…! Il est difficile d'imaginer un tel monde, peut-être existe-t-il chez les extra-terrestres. Ce n'est pas seulement la biologie qui serait bouleversée mais aussi toute l'organisation économique et sociale, toute la culture artistique qui repose en grande partie sur l'exaltation de la passion amoureuse. 

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