• réunion 5 : 25 mars 2011

    Comme les deux dernières fois, nous nous sommes réunis chez Elisabeth qui, thème "bio" oblige, nous a proposé une délicieuse soupe exotique, suivie d'une tarte aux épinards et pour finir des gâteaux secs dont nous n'avons fait qu'une bouchée...Nous avons supposé que tout cela venait de son potager bio, et nous avons dégusté avec une grande attention tous ces bons produits pendant que Marie-Odile, pour une fois la seule à avoir potassé le sujet à l'avance, se contentait de nous transmettre des nourritures intellectuelles, fort intéressantes au demeurant...

    Mais elle n'avait pas eu le temps de faire de diaporama, si bien que n'avons que son compte-rendu à nous mettre sous la dent, qu'on pourra lire ci-dessous

     

    Vers 20 heures est arrivée Caroline Petit, doctorante à l'INRA, qui nous a exposé sa thèse portant sur la conversion des agriculteurs d'Ile de France à l'agriculture bio.

    Nous nous sommes tous quittés vers 22h30.


    Compte-rendu de Marie-Odile

    Le 25 mars nous avons à nouveau été accueillis par Elisabeth.

    Dans un premier temps, nous avons réfléchi sur les items à produire et sur la forme que pourrait prendre notre restitution. Chacun enverra ses items par mail et la discussion/sélection se fera également par mail.

     

    Marie Odile a fait un petit exposé oral sur le sujet

    L’agriculture bio peut-elle nourrir toute l’humanité ?

     Les rendements en bio sont à terme inférieurs d’environ 20% à ceux de l’agriculture conventionnelle, ce pourcentage se réduisant au cours du temps car la terre se régénère peu à peu. Pour conserver une production globale suffisante, il faudrait donc augmenter les surfaces cultivées, et ceci ne pourrait se faire qu’au détriment des forêts.

    Cependant l’agrobiologie apparaît très bien adaptée aux terres fragiles et aux climats moins favorables, où les rendements pourraient même être supérieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle. La réserve de productivité et de production est considérable dans ces espaces peu développés. On s’orienterait plutôt vers une agriculture intermédiaire. Dans tous les cas de figure, on peut produire assez de nourriture, mais selon les choix environnementaux, il faut réfléchir au modèle de consommation (voir thème 6 et scénarios Agrimonde thème 1).

     

    Puis Caroline Petit, jeune chercheur en cours de thèse à l’INRA, nous a  parlé de la

     

    Transition vers l’agriculture biologique en région parisienne

     

    en s’interrogeant sur les systèmes de production et de commercialisation. Les présents s’avèrent faire tous partie des 25% de français qui consomment au moins 1 produit bio par mois. L’intérêt est si fort en France que nous importons 30% des produits bio consommés. Seuls 2,5% des surfaces cultivées en France le sont en bio, et même 1% en région parisienne. C’est très insuffisant au regard de la pollutions des eaux, qui n’est pas du tout aux normes européennes et qui induit de forts coûts de traitement. Il est donc important de comprendre les mécanismes qui font qu’un agriculteur décide ou non de passer au bio.

     

    Les enjeux de la conversion sont  à la fois environnementaux (améliorer l’environnement eau et sols, ne plus faire voyager sur de longues distances des produits bio) et commerciaux (satisfaire la demande bio, réduire le coût de traitement). La bio apparaît tout à fait rentable, car les produits sont vendus plus cher et des aides substantielles à la conversion existent, ce qui compense largement la baisse de rendement (bien que les distributeurs prennent une marge énorme). Mais la décision appartient à l’agriculteur qui souvent hésite ou est réfractaire. C’est pourquoi la conversion au bio est devenue un sujet de recherche en soi.

     

    C.Petit enquête auprès d’agriculteurs sélectionnés qui sont soit en agriculture conventionnelle, soit déjà convertis au bio, soit proches de la conversion, en s’intéressant particulièrement aux aires d’alimentation de captage de l’eau. Sont examinés

    1. pour la production : le système de culture (succession et conduite technique), la main d’œuvre (qui est plus importante pour le bio), l’équipement et le stockage
    2. pour la commercialisation : la filière, les circuits (courts vs longs), les critères de qualité, les formes de coordination

    Le travail étant en cours, on ne peut pas encore tirer de conclusions très précises sinon relever l’importance des aspects organisationnels et logistiques dans les conversions.