• La gouvernance d’une Nation par l’autorité démocratique est-elle possible ?

                                                                                         Daniel Soulat le 20 Oct 2018

    1/ Qu’est-ce que l’autorité ? 

    Selon Larousse c’est l’ensemble des qualités par lesquelles quelqu'un impose à autrui sa personnalité, ascendant grâce auquel quelqu'un se fait respecter, obéir, écouter.

    D’après la définition du petit Robert l’autorité est « le droit de commander, le pouvoir d’imposer l’obéissance ». Mais c’est aussi « la supériorité de mérite et de séduction qui impose le respect. »

    Selon Frédéric Gros « L’autorité est cette forme de pouvoir qui s’exerce sans contrainte. Ensuite, ce pouvoir est indiscutable. L’autorité s’impose comme du non négociable. C’est cette qualité qui entre en contradiction avec un éthos* démocratique et égalitaire pour lequel tout se discute. Si l‘autorité peut faire fonctionner ensemble ces deux caractères, c’est qu’elle suppose de la part de celui qui obéit la reconnaissance de la légitimité du donneur d’ordres. »

    Selon Michel Serres, membre de l’Académie française : « La seule autorité est celle qui grandit l’autre ».

    2/ Qu’est-ce qui permet à un individu de faire reconnaître son autorité ? 

    Apparemment, des vertus telles que le courage, l’intelligence ou la compétence ne suffisent pas, ni même la position sociale que l’on occupe. La réponse serait plutôt la capacité à faire grandir l’autre, à le rendre meilleur.

    L’autorité mobilise des valeurs objectives telles que l’expertise ou l’exemplarité, mais comment fait-on, à l’heure où toutes les autorités se trouvent remises en question, pour rendre effectives ces valeurs, faut-il user de charisme (suivez-moi), la contrainte (allez-y), ou de la force ?

    La question de l’autorité est immédiatement liée à celle de la légitimité. Quoiqu’il en soit, l’autorité n’est pas un dû, elle se gagne comme le pouvoir, il ne suffit pas de dire « je suis votre chef ! ».

    Le respect naît de cette autorité. Dans plusieurs cas on peut reconnaître l’autorité de personnes qui n’exercent sur vous aucun commandement. Ne dit-on pas cet individu fait autorité dans son domaine de compétences ?

    3/ L’autorité implique une obéissance dans laquelle les hommes gardent leur liberté.

    C’est pourquoi la discipline et la liberté ne sont pas incompatibles, tout se passe comme s’il fallait, au cours d’une éducation, passer cette première couche de discipline pour s’en affranchir ensuite.

    Dans mon entreprise, j’ai eu à prendre ou à « vendre » des arguments et décisions difficiles. Au milieu d’un groupe, il faut une certaine énergie et du courage pour penser à l’encontre du nombre. Au fond le maître mot l’autorité c’est la fiabilité, on fait confiance à un chef lorsqu’il dit ce qu’il va faire et qu’il fait ce qu’il a dit, en d’autres termes lorsqu’il est capable d’allier rigueur et cohérence.  Mais la fiabilité c’est aussi le courage d’affronter ses supérieurs, quand on estime certaines directives absurdes, inacceptables, incohérentes.

    L’autorité authentique se définit à travers les épreuves. Il faut prendre de la hauteur tout en étant à la hauteur.

    Georges Vian Directeur du bureau d’études chez Renault, avait donné comme conseil à Yves Dubreil Directeur de projet Twingo « Ne racontez jamais de bêtises à un patron, quel qu’il soit, dites toujours ce dont vous êtes absolument certain, et n’ayez pas peur d’être ridicule ».

    Face à l’autorité authentique, on ne se sent pas soumis, on essaie plutôt de se mettre à la hauteur. Elle nous met au défi de donner le meilleur de nous-mêmes.

    4/Autoritarisme, autoritaire 

    Etymologie : du latin auctoritas, capacité de faire grandir, autorité, avec le suffixe -isme, servant à former des mots correspondant à une attitude, un comportement, une doctrine, un dogme, une idéologie ou une théorie. L'autoritarisme est le caractère autoritaire, arbitraire d'un régime ou d'un pouvoir politique qui veut imposer à la société et aux citoyens son idéologie et la toute-puissance de l'Etat.

    « Le pouvoir sans autorité, c’est l’autoritarisme du petit chef. L’autorité sans pouvoir, c’est la sérénité du vieux sage », disait le professeur Pierre Henri Tavoillot. Dans tous les cas, l’autorité n’est pas l’exercice d’un pouvoir tyrannique ni celui de la contrainte par la force. Elle relève du modèle et de l’exemplarité.

     

    5/ Domaine abordé : L’autorité n’est pas un trait de caractère, c’est une relation sociale. Il faut être au moins deux, et cette relation s’exerce toujours dans un dispositif qui est aussi un cadre symbolique : la famille, l’école, la justice, l’entreprise, la Nation. C’est sur le domaine de la Nation que nous nous pencherons plus particulièrement. Pour mémoire, le pouvoir politique désigne les formes d'autorité au sein d'un Etat, comme les trois pouvoirs : 

     LégislatifExécutifJudiciaire. Les pouvoirs publics (le gouvernement et l'ensemble des services chargés de l'administration d'un Etat ou d'une collectivité territoriale) sont les autorités constituées

    6/Contexte : Interview du futur candidat à la présidentielle, Emmanuel  Macron le 16/10/2016 par Challenge :

    « L'heure est grave pour notre pays. L'enjeu est de préserver sa cohésion, d'organiser sa réconciliation. Nous vivons une période de fracturation de la France : il y a désormais plusieurs France. Ces déchirures qui traversent notre pays produisent une crise profonde et perturbent notre imaginaire collectif. L'enjeu capital, notre capacité à réconcilier ces différentes France ? Le politique ne peut plus se satisfaire de s'adresser à des publics différents et antagonistes ; il est indispensable de trouver les chemins de la réconciliation des deux France : celle qui vit la mondialisation et les grandes transformations à l'œuvre comme une chance, la France des nomades heureux, et celle qui en a peur, la France des sédentaires qui subissent. »

    « En revanche, nous devons absolument inventer une nouvelle forme d'autorité démocratique fondée sur un discours du sens, sur un univers de symboles, sur une volonté permanente de projection dans l'avenir, le tout ancré dans l'Histoire du pays. »

     

    7/Qu'est-ce que l'autorité démocratique aujourd'hui ? Interview de Emmanuel Macron par Challenge le 16/10/2016 : « Une capacité à éclairer, une capacité à savoir, une capacité à énoncer un sens et une direction ancrés dans l'Histoire du peuple français. C'est une autorité qui est reconnue parce qu'elle n'a pas besoin d'être démontrée. »

    « Rappelons les trois strates du discours politique : la strate idéologique qui permet de donner du sens et des perspectives ; la strate technocratique qui détaille les moyens techniques d'exécution ; la strate de la réalité et du quotidien, que l'univers politico-médiatique ridiculise et dédaigne. »

    8/ Observations: Selon Frédéric Gros « à l’école, le grand paradoxe de l’éducation est qu’elle doit se servir du levier de l’obéissance pour développer l’esprit critique ». Selon moi,à ces propos, par analogie avec la démocratie qui s’appuie sur la liberté d’expression, il semblerait que l’autorité démocratique vu ci-dessus soit de l’ordre du même paradoxe, puisque jusqu’à l’heure actuelle toutes les autorités se trouvent remises en question.

    9/ Remarques : Le vrai problème est de définir des styles d’obéissance (conformisme, soumission, subordination, consentement, etc.) et d’étudier leurs limites. La subordination, c’est la légitimité du donneur d’ordres et lui obéir. La soumission, c’est une obéissance contrainte, qui repose sur l’impossibilité de désobéir, à cause du coût trop grand à endurer.

    10/ Ouverture du débat : de l’analyse et de l’argumentation ci-dessus, il se dégage plusieurs questions :

    L’idée d’autorité est-elle à reconstruire ou toujours à déconstruire ?

    Autorité non négociable - Pouvoir indiscutable et Ethos démocratique où tout se discute ne sont-ils pas ambivalents (en contradiction ?)

    La légitimité du donneur d’ordres (pouvoir) est-elle reconnue par tous (subordination), alors que jusqu’à l’heure actuelle, toutes les autorités se trouvent remises en question ?                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                

    *Ethos : L'ethos (ou êthos, du grec ancien êthos, pluriel ếthê) est un mot grec qui signifie le caractère habituel, la manière d'être, les habitudes d'une personne. La joie, le courage, la mollesse sont par exemple des êthê. Les êthê sont souvent considérés du point de vue moral. Selon P.Fortin Université du Québec, l’ethos c’est à la fois le lieu où nous habitons et ce qui nous habite, c’est la façon particulière qui fait que nous sommes habités par un monde de normes, de valeurs, de sens et confrontés à celui-ci.

    Bibliographie : Menaces sur l’ethos démocratique https://enseignements-2016.ehess.fr/2016/ue/1693/                          

    L’autorité, à quoi ça sert ? https://fr.aleteia.org/2017/12/03/lautorite-a-quoi-ca-sert/ 

    Philosophie magazine n° 112 septembre 2017 à quoi tient l’autorité ?http://www.philomag.com/les-idees/dossiers/a-quoi-tient-lautorite-24640 

    Slate c’est quoi l’autorité http://www.slate.fr/story/99585/autorite 

    Interview de Emmanuel  Macron Par Challenges.fr le 16.10.2016  https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/interview-exclusive-d-emmanuel-macron-je-ne-crois-pas-au-president-normal_432886 

    La gazette Renault Histoire n°14 décembre 2017                                                 


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    ' L'écoute, une vertu ?''

     

                        André Hans, 6 Oct. 2018

     

     

     

    Ecouter, c’est faire l’hospitalité au sentiment d’autrui !

     

    Comment prêter l’oreille, sans générosité ni estime ?

     

    L’écoute entend au-delà des mots, l’humeur dans le ton, l’émotion dans le timbre, la pudeur dans les silences.

     

    L’accent chante un terroir, mais chaque voie  possède sa propre musicalité, une prosodie unique.

     

     - Examinons plus avant, si vous le voulez bien, ce qui nous semble le préalable à toute écoute.

     

     1.   La sympathie

     

    Sans estime, sans amitié, sans intérêt ni curiosité pour autrui, point de place pour sa parole ! Le mépris, la haine ferme à tout échange. La défiance s’empare de mots comme autant de preuves à charge confirmant le soupçon. Ecouter, c’est accepter de recevoir une parole, de la même manière que  l’on reçoit un hôte.  Ce geste d’accueil exige toute notre sympathie pour celui à qui nous accordons notre attention et pour lequel nous sommes entièrement disponibles.

     

     « Ecouter c’est se rendre disponible physiquement, intellectuellement et affectivement pour percevoir par tous les sens les informations dites et non dites par l’interlocuteur dans un esprit de bienveillance» disait  Puybasset

     

     

     

    2.   L'empathie 

     

     C'est la faculté de se mettre intuitivement à la place de son prochain, de ressentir la même chose que lui, de s’identifier à lui. C’est accepter de quitter un instant notre propre regard pour adopter temporairement le regard de celui que l’on écoute. Comment s’emparer autrement de sentiments et de point de vue qui ne sont pas les nôtres ? L’empathie demande un effort d’oubli de soi et un travail de connaissance de l'autre. Elle exige de taire ne serait-ce qu’un instant son égocentrisme. Bien présomptueux celui qui  prétendrait vraiment y parvenir. Mais l’écoute est à ce prix. 

     

    « Supposer chez les autres des sentiments identiques à ceux qui nous mènent, c’est se condamner à ne jamais les comprendre » disait Gustave LE BON 

     

     

     

    3.   L’humilité 

     

    Accepter le risque de mettre en péril sa propre opinion en écoutant une argumentation, une exposition de faits susceptibles de ruiner la notre, requière un minimum d’humilité et de confiance en soit. L’autisme, la fermeture aux points de vue contraires, est un rempart pour dissimuler ses propres faiblesses. Ce manque de confiance en soit s’accompagne souvent d’un souverain mépris des autres. Mais l’humilité à sa récompense,  en repoussant notre horizon.

     

    « Qui parle sème, qui écoute récolte » dit un proverbe persan

     

     

     

    4.   La confiance

     

    Ecouter, c’est accorder crédit à la parole d’autrui. Les fabulateurs, les menteurs et les mythomanes qui ont dilapidé cette confiance ne sont plus écoutés. La parole fait autorité quand la confiance se fonde sur la réputation, la notoriété, la compétence, le savoir, l’expertise ou l’expérience.

     

    Mais le soupçon peut naitre de l’incapacité d’imaginer que des opinions différentes de la sienne puissent être parfaitement fondées, honnêtes et sincères. Le refus d’admettre que nos vérités, que nos évidences ne s’imposent pas nécessairement à toutes personnes sensées et de bonne foi, ruine la confiance en la parole d’autrui.

     

     

     

    5.   La tolérance

     

    Feindre de ne pas entendre l’opinion qui pourrait troubler la quiétude, permet de sauver les apparences d’harmonie et de concorde. Cet effacement, cette élision, aussi bien intentionné soit-il, est une forme de déni d’autrui, une forme policée d’intolérance. Parfois, rencontre-t-on des interlocuteurs bienveillants, mais incapables de la moindre écoute qui ont la fâcheuse habitude d’assimiler l’opinion adverse, à une autre manière de dire leur vérité. « Tu dis la même chose que moi, mais de manière différente, au fond on est d’accord »

     

    « Cette clémence dont on fait une vertu se pratique tantôt par vanité, quelquefois par paresse, souvent par crainte et presque toujours par tous les trois ensemble. » disait  De La Rochefoucauld 

     

     

    6.   L’ouverture à l’altérité

     

    Ecouter, c’est d’abord accepter que le point de vue qui s’exprime, puisse faire référence à des valeurs, à des vécus et à des intérêts différents des nôtres. Le voyage, lorsqu’il ne se limite pas au simple voyeurisme touristique, permet de découvrir la diversité, la richesse des peuples. Quel émerveillement pour ceux qui sont curieux des autres. L’ethnologie est un outil qui permet de mesurer la distance parfois considérable qui nous sépare de la parole d’autrui. Des notions si évidentes pour nous, si universelles à priori, ne sont en fait que très relatives à nos modes de pensé occidental. Par exemple, certains peuples amérindiens ont une conception du temps et de l’espace radicalement opposée à notre sens commun. Ne prenons qu’un exemple : pour les Aymara de Bolivie, le passé est devant eux, et le futur derrière eux, à l’inverse de notre propre sens de la marche du temps. Et leur logique se défend. Comme le passé est connu, il se voit, il est devant eux. Mais par contre le futur qui est inconnu ne se voit pas. Il est dans leur dos.

     

    Mais revenons à un vécu plus proche de notre quotidien. Combien de parents déjà, se plaignent d’être à des années lumière de l’univers de leurs propres enfants? L’écoute inter-générationnelle est déjà si complexe qu’il ne faut pas s’étonner que l’écoute entre peuples exige, volonté, travail et patience. L’écoute est une vertu qui se cultive.  

     

    « Parler est un besoin, écouter est un art » disait Goethe 

     

     

     

    7.   L’effort d’intelligence

     

     

     

    Ecouter exige un effort d’intelligence et d’imagination pour s’emparer du sens, mais mobilise aussi notre sensibilité pour partager des émotions. Parfois la distance entre soi et l’autre est considérable, et le chemin à parcourir pour aller à sa rencontre est long et difficile. Mais souvent un instant de bonheur est au rendez-vous ! 

     

    « Le commencement de bien vivre, c'est de bien écouter. » disait Plutarque   

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • Compte-rendu de la réunion du Café-Débat de SQY du 8 septembre 2018

    « La liberté est-elle une illusion ? »

     

    Comme on pouvait s'y attendre, ce n'est pas l'aspect philosophique du sujet qui a dominé la discussion, mais l'aspect social et pratique. Plus exactement, la plupart des interventions sont parties du postulat non avoué que nous sommes libres, et se sont attachées à inventorier comment cette liberté était entravée dans notre vie quotidienne et notre mode de vie.

    Le classement des interventions des participants est indicatif.

     

    Synthèse des interventions des participants (22 personnes)

     

    Sur le plan philosophique :

                        Même la science ne croit plus au déterminisme pur, la mécanique quantique en est le meilleur exemple, puisque le hasard est au cœur de ses lois

                        Ma liberté totale est une illusion, mais tout n'est pas écrit. Notre vie, c'est la possibilité de faire des choix entre des alternatives que nous n'avons pas choisies.

                        La liberté, ce n'est pas quelque chose d'extérieur, c'est une chose qu'on porte en soi, mais il faut en avoir conscience

                        Malgré le progrès des neurosciences, on ne sait pas comment fonctionne le cerveau ; la pensée apparaît simplement comme étant l'émergence de causes et de conséquences qui interagissent de manière complexe au niveau sous-jacent. Du cerveau émergent ainsi la pensée, la conscience, la liberté.

                        Selon Sartre, l'existence précède l'essence, ce qui signifie qu'on est libre de construire sa vie. La liberté est un mystère qu'on goûte chaque jour.

                        La liberté est liée à notre conscient ; notre inconscient est plutôt le lieu des contraintes, car y réside tout ce qui est le fruit de l'évolution, de la culture, de l'éducation

                        Il n'y a pas de Destin. Dieu, la nature ou le destin n'agissent pas sur nos vies à tout bout de champ, c'est une illusion totale.

                        Choisit-on librement ? Exemples de Lafcadio dans « Les caves du Vatican » de Gide, et le conte de l'âne de Buridan (voir les liens vers les corrigés de dissertation)

                        Agir trop rationnellement conduit souvent à une décision unique, c'est donc une contrainte pour l'exercice de notre liberté. A l'inverse, agir de manière irrationnelle, s'en remettre au hasard, permet d'agir librement, puisqu'on n'est soumis à aucune contrainte

                        La liberté est un concept subjectif individuel. De manière générale, c'est chercher à vivre bien quelles que soient les conditions de l'environnement.

                        Mais le sens de la vie d'un être humain est-il la recherche de la liberté coûte que coûte, ou bien la simple recherche du bonheur, fût-ce au prix d'un certain nombre d'interdictions ?

     

    Ce qui bride notre liberté de penser :

                        on peut toujours penser ce qu'on veut, mais il faut être vigilant pour le dire. La pensée dominante d'une époque ne le tolère pas toujours, un des meilleurs exemples en est celui de Giordano Bruno, brûlé en 1600 pour avoir prétendu que la Terre tournait autour du soleil

                        l'état de notre cerveau limite notre liberté de penser : les capacités innées sont différentes selon les individus ; les accidents peuvent encore les restreindre ; on a souvent des pensées qui nous traversent l'esprit sans qu'on l'ait voulu, on ne sait d'où elles viennent.

                        On peut être en prison et se sentir libre, parce qu'on est en phase avec ce qu'on pense, comme les prisonniers politiques qui assument leurs choix et leurs opinions. On peut aussi être libre physiquement et être prisonnier de son vécu, de ses croyances, sans s'en rendre compte.

                        On ne peut tout connaître, par conséquent, quand on doit faire des choix sans savoir, il faut faire confiance

                        Tout le monde ne peut pas devenir Einstein, mais apprendre, se cultiver, accroître ses connaissances nous fait évoluer vers une plus grande liberté de penser

     

    Le cadre contraignant de notre liberté :

                        Nous sommes les héritiers de notre espèce, notre liberté s'exerce dans le cadre des contraintes liées à l'évolution de nos capacités, et à celle de nos cultures

                        Notre liberté s'exerce dans un cadre spatio-temporel donné, donc dans un intervalle restreint

                        La liberté du corps est limitée : on ne peut pas voler, même si on le veut. Mais on peut accroître nos capacités physiques par le travail

                        Faire des choix contraignants, c'est assumer sa liberté, ce n'est pas faire n'importe quoi, c'est résister au conditionnement

                        On se sent libre, intuitivement, mais en fait on l'est moins qu'on le sent. Ce sentiment est éphémère, il peut changer d'un jour sur l'autre en fonction de multiples raisons ponctuelles. Nous n'avons qu'une marge étroite de liberté

                        On aliène souvent sa liberté devant une volonté extérieure puissante, parce qu'il est plus facile d'obéir que de résister. C'est même parfois confortable.

                        Lorsqu'on est riche, il est plus facile d'être libre que si on est SDF. Liberté du compte en banque...Pouvoir de l'argent sur le degré de liberté de chacun.

                        Relations médecin – malade : a t-on le choix de refuser une thérapie proposée ?

                        La liberté en occident est fortement liée à l'abondance de biens. Si la catastrophe écologique qui se profile se produit, ce ne sera plus le cas. Personne n'en est vraiment conscient.

     

    La liberté et la morale

                        Il faut respecter les autres en société, et respecter aussi les animaux : c'est une question morale qui nous empêche de faire ce qu'on veut

                        Les lois du groupe brident souvent la liberté de choix personnel, par exemple pour la fin de vie et l'euthanasie, on ne peut le faire en France, il faut aller à l'étranger. Si la personne vulnérable n'est plus lucide, se pose le problème de décider à sa place. Une longue discussion a porté sur la liberté de choix des personnes Alzheimer et sur la liberté de conscience de ceux appelés à décider pour les autres

                        On exerce sa liberté au nom de valeurs qui reflètent notre conception du monde. Exemple : le gendarme qui a sacrifié sa vie devant des terroristes près de Toulouse a exercé sa liberté au nom de ses valeurs.

                        La justice, lorsqu'elle reconnaît un criminel comme irresponsable, affirme le déterminisme. Lorsqu'elle le trouve responsable, elle le nie. C'est un paradoxe difficile à résoudre.

     

    Ce que l'on peut faire librement :

                        On a plus de libertés dans certaines cultures que dans d'autres. Chez nous, nous ne sommes pas prisonniers. La liberté se conquiert au sein d'une culture donnée, c'est un moteur qui nous anime pour vivre pleinement.

                        En occident, on peut aller et venir, on peut se réunir comme on veut, s'habiller comme on veut, voir qui on veut, faire des enfants ou pas, choisir un métier, ...De ce point de vue, la liberté n'est pas une illusion.

                        Développer ses connaissances permet d'être plus vigilant, plus conscient des choix qu'on fait. Mais trop réfléchir conduit à éliminer plus de choix possibles, donc restreint notre liberté.

                        Mais il faut rester vigilant sur la pérennité de ces libertés, notamment sur le phénomène sectaire qui peut déboucher sur une prison intérieure par la main-mise sur l'autonomie de pensée des personnes soumises à un lavage de cerveau.

     

    Liberté, politique et économie

                        On est plus libre en démocratie que sous un régime dictatorial, communiste ou comme sous  l'Ancien Régime, où seuls les nobles étaient libres, contrairement aux serfs. En démocratie, la liberté est un point central.

                        En démocratie, on a juste la liberté de choisir, et encore, nos représentants. C'est l'administration qui a le pouvoir et qui multiplie les lois, règlements, normes, qui brident considérablement la liberté individuelle des citoyens au nom de l'intérêt du groupe, ce qui n'est pas toujours le cas.

                        Le désir de liberté des citoyens devrait s'exprimer plus souvent et plus directement pour s'opposer aux contraintes voulues par le gouvernement et l'administration

                        Pour voter, il faut exercer d'abord son esprit critique, se renseigner, discuter, et essayer de saisir le second degré dans les programmes des candidats. La liberté de choix s'exerce ensuite.

                        La Révolution de 1789 : on dit que c'était au nom de la liberté du peuple, en fait elle résulte d'un problème économique aigu.

                        Il faut trouver un juste équilibre entre la liberté d'entreprendre, d'embaucher et de licencier d'une part, et la nécessité de protéger les travailleurs par des réglementations adéquates. Il faut respecter au minimum la déclaration des droits de l'homme

     

    Pour conclure : une citation de Jean-Jacques Rousseau :

     

    « Je n'ai jamais cru que la liberté de l'homme consistât à faire ce qu'il veut, mais bien à ne jamais faire ce qu'il ne veut pas. »

    C.R. rédigé par Jean-Jacques Vollmer.


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    La liberté est-elle une illusion ? 

     Ce thème est l'archétype des sujets de philo proposés au baccalauréat, et on trouvera sur Internet de nombreux « corrigés de dissertation », payants ou gratuits, pour le traiter. Il est recommandé d'en examiner quelques uns [1] pour s'éclaircir les idées et compléter ce que chacun peut en penser de manière spontanée.

    La problématique de la liberté peut se décliner de deux manières au moins :

    -        philosophique et théorique : l'homme est-il libre de ses choix et de ses actes, ou bien tout est-il écrit ? Quelle est la place du hasard dans nos décisions ? Y a t-il un destin, et sommes nous prédestinés ? Le déterminisme peut-il s'appliquer à l'homme comme il s'applique dans les sciences physiques ? Que nous disent les neurosciences à cet égard ?

    -        Sociale et pratique : quand j'agis, est-ce que c'est moi qui prend une décision, ou bien suis-je manipulé, programmé par mes gènes, par mon éducation, par mon environnement ? Comment prend t-on réellement une décision ? Quelle est notre responsabilité personnelle ? Puis-je exercer ma liberté sans tenir compte des autres ?

    Chacun pourra s'exprimer au cours du débat, mais le développement qui suit ne concerne qu'une partie du sujet et ne reprend pas ce qui apparaît de manière assez uniforme dans les corrigés de dissertations, sommairement résumé dans les questions ci-dessus.

    --oOo--

     

    L'existence de la liberté humaine individuelle est obligatoirement une donnée a priori.

    En effet, si je suis libre de mes pensées, ce que j’écris là a une signification. Si je ne suis pas libre, si ce que j’écris n’est que le résultat de mécanismes reliant les causes aux effets, alors cela n’a aucune valeur, ne signifie rien, si ce n’est l’existence du déterminisme.

    La liberté transcende la causalité. Il ne peut en être autrement : si mes pensées ne sont que le fruit  du jeu des causes et des effets, comment puis-je démontrer que je ne suis pas libre si je ne suis pas d’abord libre moi-même ? Le principe de non-contradiction s’applique ici et nécessite que la liberté soit une donnée première. On ne peut rien dire de cohérent s’il n’en est pas ainsi.

    Une autre manière, plus « moderne », de réfléchir à ce sujet, est de s’appuyer sur les développements assez récents de la théorie de la complexité et de la notion d’émergence qui en découle. L’évolution d’un phénomène déterministe, obéissant aux lois de la physique et du monde matériel, est le fruit d’interactions généralement complexes où interviennent d’innombrables variables, et ne peut être prédite à l’avance. Le comportement de ce phénomène « émerge » de la complexité du monde. Et la prise de décision par une personne, même si elle semble simple et souvent sans formulation consciente, est un phénomène complexe.

    Choisir, décider librement, semble néanmoins lié à notre état de conscience dans l'évolution. Même si on pense que la conscience (humaine) n’est qu’une « émergence » de la complexité matérielle, définir ce qu’est la conscience, de manière objective, est une tâche très difficile, voire impossible. On sait, on sent intuitivement ce que c’est, mais la définir précisément avec des mots aboutit toujours à quelque chose d’insatisfaisant, de la même manière que Saint Augustin essayait de définir le temps.

    On peut aussi dériver vers une réflexion sur la vie et les phénomènes vitaux : ne sont-ils le fruit que d’interactions matérielles entre atomes et molécules ? Sinon, qu’est ce qui les différencie des phénomènes physiques de la matière inerte ? La conscience est-elle obligatoirement liée à la vie, avec différents degrés de manifestation en fonction du niveau d'évolution atteint ?

    En conséquence, y a t-il des degrés dans la notion de liberté, qui serait le fruit de l'état de conscience chez les êtres vivants ?

     

                              Matière --> vie --> conscience --> liberté

                                                               

     

                                                        Déterminisme

                                 Hasard

                                Complexité

                                Emergence

     

    Ainsi, il apparaît qu'en raison de ces phénomènes d'émergence, le déterminisme strict, tel qu'il se manifeste en physique, ne peut s'appliquer au vivant. Les décisions prises, plus ou moins consciemment, par les êtres vivants, sont le fruit d'une multitude de causes qui interagissent entre elles, mais qui sont en outre soumises à des aléas imprévisibles. On peut alors s'orienter vers deux types de conclusions :

    ·         soit on estime que, émergence ou pas, le déterminisme est partout présent et par conséquent c'est lui qui pilote nos vies, sans qu'on puisse toutefois prévoir notre comportement. On a alors affaire à une apparence de liberté, très proche de ce que serait une « vraie » liberté ;

    ·         soit on considère que la notion de liberté, telle qu'on peut la définir[2] dans l'absolu, est un concept qui n'existe pas dans la réalité, et que nous avons seulement une certaine marge de libre-arbitre dans un univers soumis au déterminisme d'une part, au hasard d'autre part

    Aucun des termes de cette alternative ne pouvant être prouvé rationnellement, il est sage de se comporter en pratique comme si la liberté existait, ainsi que nous le conseille à demi mot Spinoza, tout en excluant la définition spontanée de la liberté comme étant la possibilité de faire ce qu'on veut comme on veut. Il est clair que si je veux que mes pensées et mes actes présentent la moindre valeur, je dois CROIRE à la liberté individuelle. Sinon, pourquoi écrire ? Pourquoi penser ? Pourquoi ne pas faire n’importe quoi ?

    La liberté totale et absolue est impossible. La liberté que l'on vit n'existe que par l'existence de contraintes dans le monde. Comme toute idée-force, elle ne se définit que par rapport à son contraire : ordre/désordre ; beauté/laideur ; liberté/contrainte.

     

    Citation :

     « La liberté est l'ignorance de la cause qui détermine »   Spinoza

                                                            

                                                                                           Jean-Jacques Vollmer

    Pour lire le compte-rendu du débat, cliquer ici.



    [2]    Liberté : Pouvoir d’agir sans contraintes étrangères ou extérieures ; pouvoir d’être cause première d’un acte, d’initier une chaîne causale ; aptitude des individus à exercer leur volonté

          Libre-arbitre :  pleine liberté de décider, de faire selon sa volonté, en l'absence de contrainte


     


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         La famille : qu’est-ce-que-c’est ? 

    Par Catherine Gantz.  

     

    Définitions : 

     

    -famille : communauté d’individus réunis par des liens de parenté, existant dans toutes les sociétés humaines. En sociologie,  unité de production, de reproduction biologique et de consommation, la famille est ce qui permet aux sociétés d’exister et de se perpétuer. Fait culturel, et non naturel, le groupe humain que constitue la famille prend des formes variables et complexes, plus ou moins élargies. 

     

    -couple : vivre ou avoir vécu en couple n’est pas moins fréquent qu’autrefois. En revanche, les couples se forment de plus en plus tard  et se séparent davantage. (INSEE) 

     

      

     

    En France, un peu d’histoire : pour 95% de la population :

    pour les classes populaires : 

     

    Au XVI ° et XVII°, le but de la vie était de préparer les générations à venir, à faire ce que les générations passées avaient fait. On disposait de règles claires pour façonner les relations au sein de la famille. Trois types de liens existaient simultanément :  1) les liens à la parentèle  2) les liens à la communauté, dont elle était membre (de travail, de prières…)   3) les liens avec les générations passées et à venir (lignage) 

     

    Le changement s’amorce  avec l’abandon des relations avec la parentèle éloignée, l’apparition de la notion de vie privée, d’intimité du foyer,  qui prévaut sur la communauté et l’abandon de l’esprit du lignage (qui définissait l’individu jusque-là). 

     

    Certaines hypothèses tentent d’expliquer cette métamorphose : l’anonymat de la vie urbaine, les révolutions industrielles successives,  le rationalisme et la laïcisation …  car aucun contrôle n’est possible avec l’éloignement et l’abandon du  fonctionnement chronophage des liens anciens permet un recentrage sur l’individu. 

     

    Une autre hypothèse, moins connue, est « l’intrusion du sentiment dans les trois domaines qui a contribué à déloger la famille traditionnelle des positions qu’elle occupait » : Les fiançailles : avant la formation des couples était basée sur des considérations matérielles (dot, augmentation du patrimoine). Avec les fiançailles, le critère de choix du partenaire est d’atteindre le bonheur personnel et l’épanouissement individuel. De même avec la relation mère/enfant : dans la société traditionnelle, le bien-être du nourrisson passait après bien des considérations (vivre, par ex.).Plus tard, la femme veille à ce que le bien-être du nourrisson- centre du monde, l’emporte sur tout autre souci (possible grâce aux progrès de la médecine). Alors intervient l’abandon des nourrices. 

     

    pour les classes supérieures : 

     

    Jusqu’au XVI°, la famille était une réalité morale, sociale plus que sentimentale. Dans toute la société, les enfants (7/9 jusqu’à 18 ans) étaient envoyés comme « apprentis » pour être éduqués. La notion de « service » est essentielle au Moyen-Age. Le jeune apprenait alors un métier, mais aussi les bonnes manières, par transmission, l’école étant alors une exception. L’enfant échappait très tôt à sa propre famille.  Au XV°, une révolution profonde et lente débute : la scolarisation permet aux enfants de rester chez leurs parents ; même s’il était pensionnaire, le lien avec la famille était moins distendu. Au XVII°, un réseau d’institutions scolaires s’est créé. La scolarité des filles ne se répandra pas avant le XVIII° ; longtemps, elles seront élevées par la pratique et l’usage, souvent dans les maisons des autres. 

     

    Jusqu’au XVII°, il n’existait pas de séparation entre la vie professionnelle, la vie privée, la vie mondaine ou sociale. La densité sociale interdisait l’isolement : à cette époque, c’est une promiscuité de tous les instants ; dans la même salle, on mangeait, on couchait, on dansait, travaillait ou recevait les visiteurs ! Au XVIII°, la famille commence à prendre ses distances à l’égard de la société : pièces donnant sur un couloir et plus en enfilade, les serviteurs sont appelés (sonnette), la chambre à coucher n’abrite que les lits, les visites se font à des heures « convenables » et non  plus sans prévenir … 

     

    Au XVIII°, l’égalité entre enfants est une des marques les plus caractéristiques. L’enfant est un élément indispensable de la vie quotidienne. Il deviendra plus tard le pivot de tout le système. 

     

    Dans beaucoup d’ouvrages, il est noté  que continuité e changement ont coexisté et qu’il est difficile de doser leur poids respectif. 

     

    En France, aujourd’hui : il existe actuellement une « bigarrure » des structures familiales, les familles se défont mais se rénovent aussi. Du fait des bouleversements intervenus dans la société, tels que le travail des femmes, la contraception, ,la contestation du pouvoir patriarcal et de l’autorité en général, la désacralisation du mariage, le refus du renoncement de soi pour la famille … le droit a suivi les mœurs : le divorce par consentement mutuel, l’augmentation des aides en faveur des femmes seules pour élever leurs enfants, la législation sur les couples homosexuels. La famille peut être traditionnelle, monoparentale, recomposée. On voit apparaître la « tribu », constituée d’un couple mixte ou homosexuel marié, ou non marié + enfant(s) , demi-frère(s) ou sœur(s), adoptés ou « fabriqués » mais aussi des grands-parents et de beaux grands-parents . Contrairement aux idées reçues, les solidarités intergénérationnelles continuent d’exister.  

     

    Les valeurs en hausse sont l’individualisation, l’autonomie et l’épanouissement. On note également la montée des valeurs centrées sur l’enfant : puérocentrisme. 

     

    L’amour conjugal tend à devenir un investissement à court ou moyen terme, le long terme s’est déplacé sur la relation parents/enfants. 

     

    En 1985, Françoise Héritier avait résumé  les solutions déjà connues en Afrique, en Asie et ailleurs, aux cas de figures apparemment  nouveaux  induits  par la biomédecine moderne : fécondation de l’épouse par un géniteur extérieur, cession d’enfant par une femme extérieure au couple, adoption d’enfants par des couples de  femmes stériles dont l’une est nommée « père ». Elle concluait : « Toutes les formules que nous pensons neuves sont possibles socialement et ont été expérimentées dans des sociétés particulières. Mais pour qu’elles fonctionnent comme des institutions, il faut qu’elles soient soutenues sans ambiguïté par la loi du groupe, inscrites fermement dans la structure sociale… ». 

     

    Des questions restent actuellement posées : comment le couple peut-il éduquer ses enfants dans un monde si mobile ? Peut-il, doit-il faire référence à sa propre enfance ? Comment  dissocier la question de la filiation et celle du couple ? Comment le parent peut-il envisager que sa place soit unique mais plus exclusive, et que son enfant puisse avoir d’autres références parentales (avec le rajout d’une figure inédite) ? Dans la « tribu », qui n’est pas le retour à la famille élargie, quelle est la place respective de chacun ? Les pratiques de substitution  (PMA ou don de gamètes) qui tendent à séparer sexualité et reproduction, sont mal assumées ; L’anonymat des donneurs et le secret lié à ces manipulations génétiques sont –elles  à remettre en cause ?  Peut-on considérer  que  l’intimité existant  avec  des amis très proches et le manque de lien du sang n’étant plus rédhibitoire,  la famille choisie ou la famille de cœur a toute sa place dans la société actuelle ?

     

     

     

                                            Le 26 Mai 2018 

     

    Bibliographie : 

     

    -Naissance de la famille moderne. E. Shorter. Ed. du Seuil 

     

    -L’enfant et  la vie familiale sous l’ancien Régime. P. Ariès. Ed. du Seuil (chap.III) 

     

    -Familles- Permanence et métamorphoses. Collectif. Ed. Sciences Humaines 

     

    -Revue MGEN .Avril 2018 

     

     

     


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