• Peut-on, doit-on actualiser les textes fondamentaux ?

               

                                    Benoît Delcourt  le 25 Mai 2019.

     

    L’humanité, en plein Mystère sur son origine, poursuit sa longue marche vers la Vérité. Cette Vérité est parfois à la portée des humains, dans le cas de la Science quand elle a été vérifiée de multiples fois ; encore faut-il admettre qu’elle peut n’être pas complète, ou être mieux comprise par des lois encore inconnues. Mais pour ce qui est des « sciences sociales » et des religions, il faut bien comprendre que ce ne sont que des chemins possibles vers une Vérité qui nous dépasse; mais  cela n’est pas accepté par cerains, qui croient la détenir ! Plus humblement, il est  possible d’essayer  des voies pour s’en approcher, et certains humains, qu’on peut appeler des prophètes, ont leur avis sur ce qui est fondamental et fournissent des voies à explorer dans des textes  fondateurs.

     

    La Bible est le plus ancien texte fondateur connu en Occident. Il a sans doute été écrit vers 600 ans avant J.C, du temps du roi Josias, au retour de l’exil des Juifs à Babylone. Cependant, les historiens et anthropologues ne valident pas tous les faits relatés datant d’avant cette date. Par exemple, il n’y a aucune trace du peuple Juif en Egypte. Or c’est justement la période clef décrite dans la Torah, avec Abraham, Moïse, la captivité en Egypte, puis  David, Salomon, etc…. Faut-il en conclure qu’on ne peut rien tirer d’intéressant de ce livre ? Certainement pas ! Il décrit les relations qu’on peut avoir avec cet être mystérieux auquel la Bible ne donne pas de nom  autre que « celui qui est », ou  « un feu qui ne se consume pas» ou plus simplement « l’éternel ». Evidemment, ce livre a été écrit par des humains, et la violence n’en est pas absente : on pense par exemple à la traversée de la mer Rouge à pieds secs  par les Juifs, alors que le Egyptiens, qui les poursuivent, dans l’eau revenue: une lecture littérale indique que  Dieu serait le protecteur des croyants, mais pas des autres. Evidemment, ce n’est pas la lecture des « exégètes », ces intellectuels qui décortiquent les textes en hébreu et trouvent des sens cachés à tous les versets, pour le plus grand bien des religions contemporaines. Les non-exégètes ne savent pas quel sens donner à ces textes, et, comme ils doutent avec raison de leur Historicité, ils passent bien souvent à autre chose.

     

    Le monde Greco-Romain  fourmille de divinités diverses, mais il ne m’est pas possible de trouver un « texte fondateur », peut-être est-ce sa force ?. Dieu est un être multiple, et, plus qu’un être au-dessus de l’Humanité, il est chargé, ou plutôt ils sont chargés, de décrire la vie humaine, avec ses bonheurs, ses malheurs, ses qualités et ses défauts. Comment être insensible à tant de perspicacité dans les mythes, tant d’amour de la littérature et de la sculpture ? Mais la Vérité sur nos origines n’est pas vraiment recherchée.

     

    Vint alors le Christianisme. Il partage avec le judaïsme la Tora, appelée « Ancien Testament » chez lui. Mais l’accent est porté sur trois points fondamentaux qui sont liés:

    ---La dignité de tout humain : « il n’existe plus d’esclave et d’Homme libre, il n’y a plus que des fils de Dieu » dit l’apôtre Paul.

    ---Rendre hommage au Créateur ne consiste pas à lui faire des offrandes qui n’engagent pas comme celles des « marchands du temple », mais à considérer tout humain comme « une empreinte du Dieu », et cela dans toutes les cas.

    --L’être humain est naturellement pécheur, et doit toujours se forcer pour appliquer ces deux principes, même et surtout s’il prétend y obéir.

    Cependant, dans les Evangiles, on trouve beaucoup de passages qui ne conviennent plus, à mon avis, à notre époque. Certains sont tellement naïfs qu’il est facile de les gommer: dans le récit de la « multiplication des pains » on dit que les participants nourris étaient cinq milles, « sans compter les femmes et les enfants » ; on parle aussi des « extrémités de la Terre »…. Laissons cela de côté. Beaucoup plus important est le danger d’obscurcir le message Christique en prenant à la lettre les miracles continuels qu‘aurait faits Jésus (il ne les a d’ailleurs pas relatés lui-même), surtout ceux qu’on trouve dans l’évangile de Jean. Or la mentalité d’il y a 2000 ans  donnait une place importante, sinon prépondérante, aux manifestations occultes. Ces passages  peuvent donc être attribués à la mentalité de ces temps lointains.

    Cela dit, une fois ce travail de défrichage fait, que reste-t-il ? Rien ? Non, il reste le principal, qui tient aux trois  principes fondamentaux cités plus haut.

     

    Du Coran, je ne dirai rien, car je ne crois pas convenable d’écrire des avis  modernistes sur une religion qui n’est pas la mienne.

    Mais il y a bien d’autres textes fondamentaux que la Bible, les Evangiles et le Coran. Il y a les textes Orientaux, dont je laisse plus connaisseur que moi citer au cours du débat.

             Et puis il y a des textes politiques et de société que nous pouvons citer :

     

    -- La déclaration des droits de l’Humain et du Citoyen, de 1991, qui répondait aux abus de l’Ancien Régime, qui se pensait pourtant « très Chrétien ». Le texte lui-même n’a pas vieilli, cependant les faits révolutionnaires qui ont suivi sa publication sont pour le moins critiquables.

     

    --Le Capital, de Karl Marx, qui prône, entre autres la « dictature du prolétariat ».

    Evidemment, toute dictature, même si elle prétend n’être que temporaire, est mauvaise, car elle ne respecte pas l’individu et organise le népotisme et la corruption à haut niveau. De même le fameux « sens de l’Histoire » n’est qu’un leurre : les humains ne sont pas des molécules. Pourtant, la condition du prolétariat était scandaleuse au dix-neuvième siècle, comparée à celle des « gagnants » de l’ère industrielle, et Marx a forcé les Humains à plus d’équité.

     

    --Plus près de nous, le livre de Simone de Beauvoir : « Le deuxième sexe » est  généralement pris, au moins en France, comme le manifeste de Libération de la Femme. La femme vivait alors sous la tutelle complète de l’homme, et c’est cette situation que ce livre combat. Pourtant, là aussi on trouve des passages typiques de cette période et qui ne conviennent pas : par exemple, le long chapitre sur la maternité commence par une vingtaine de pages sur l’avortement ! Simone avait, dit-on, horreur des enfants, et Sartre disait qu’avoir des enfants était une « bêtise extrême ». Il n’empêche, Simone de B. a bel et bien écrit un texte fondateur, qui a sans nul doute largement influencé notre société dans les cinquante dernières années, et les défauts qu’on peut trouver dans ce livre n’y changent rien (parole d’un homme).

     

    En conclusion, ce n’est pas parce qu’un texte fondateur comporte des passages qui ne sont valables qu’à la période où il a été écrit, qu’il faut le rejeter en bloc : il peut tout de même aider à trouver un chemin face au Mystère de la Vie ou encore face à l’organisation de la société.

     

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  • Peut-on, doit-on actualiser les textes fondamentaux ?

               

                                    Benoît Delcourt  le 25 Mai 2019.

             L’humanité, en plein Mystère sur son origine, poursuit sa longue marche vers la Vérité. Cette Vérité est parfois à la portée des humains, dans le cas de la Science quand elle a été vérifiée de multiples fois ; encore faut-il admettre qu’elle peut n’être pas complète, ou être mieux comprise par des lois encore inconnues. Mais pour ce qui est des « sciences sociales » et des religions, il faut bien comprendre que ce ne sont que des chemins possibles vers une Vérité qui nous dépasse; mais  cela n’est pas accepté par cerains, qui croient la détenir ! Plus humblement, il est  possible d’essayer  des voies pour s’en approcher, et certains humains, qu’on peut appeler des prophètes, ont leur avis sur ce qui est fondamental et fournissent des voies à explorer dans des textes  fondateurs.

     La Bible est le plus ancien texte fondateur connu en Occident. Il a sans doute été écrit vers 600 ans avant J.C, du temps du roi Josias, au retour de l’exil des Juifs à Babylone. Cependant, les historiens et anthropologues ne valident pas tous les faits relatés datant d’avant cette date. Par exemple, il n’y a aucune trace du peuple Juif en Egypte. Or c’est justement la période clef décrite dans la Torah, avec Abraham, Moïse, la captivité en Egypte, puis  David, Salomon, etc…. Faut-il en conclure qu’on ne peut rien tirer d’intéressant de ce livre ? Certainement pas ! Il décrit les relations qu’on peut avoir avec cet être mystérieux auquel la Bible ne donne pas de nom  autre que « celui qui est », ou  « un feu qui ne se consume pas» ou plus simplement « l’éternel ». Evidemment, ce livre a été écrit par des humains, et la violence n’en est pas absente : on pense par exemple à la traversée de la mer Rouge à pieds secs  par les Juifs, alors que le Egyptiens, qui les poursuivent, dans l’eau revenue: une lecture littérale indique que  Dieu serait le protecteur des croyants, mais pas des autres. Evidemment, ce n’est pas la lecture des « exégètes », ces intellectuels qui décortiquent les textes en hébreu et trouvent des sens cachés à tous les versets, pour le plus grand bien des religions contemporaines. Les non-exégètes ne savent pas quel sens donner à ces textes, et, comme ils doutent avec raison de leur Historicité, ils passent bien souvent à autre chose.

              Le monde Greco-Romain  fourmille de divinités diverses, mais il ne m’est pas possible de trouver un « texte fondateur », peut-être est-ce sa force ?. Dieu est un être multiple, et, plus qu’un être au-dessus de l’Humanité, il est chargé, ou plutôt ils sont chargés, de décrire la vie humaine, avec ses bonheurs, ses malheurs, ses qualités et ses défauts. Comment être insensible à tant de perspicacité dans les mythes, tant d’amour de la littérature et de la sculpture ? Mais la Vérité sur nos origines n’est pas vraiment recherchée.

            Vint alors le Christianisme. Il partage avec le judaïsme la Tora, appelée « Ancien Testament » chez lui. Mais l’accent est porté sur trois points fondamentaux qui sont liés:

    ---La dignité de tout humain : « il n’existe plus d’esclave et d’Homme libre, il n’y a plus que des fils de Dieu » dit l’apôtre Paul.

    ---Rendre hommage au Créateur ne consiste pas à lui faire des offrandes qui n’engagent pas comme celles des « marchands du temple », mais à considérer tout humain comme « une empreinte du Dieu », et cela dans toutes les cas.

    --L’être humain est naturellement pécheur, et doit toujours se forcer pour appliquer ces deux principes, même et surtout s’il prétend y obéir.

    Cependant, dans les Evangiles, on trouve beaucoup de passages qui ne conviennent plus, à mon avis, à notre époque. Certains sont tellement naïfs qu’il est facile de les gommer: dans le récit de la « multiplication des pains » on dit que les participants nourris étaient cinq milles, « sans compter les femmes et les enfants » ; on parle aussi des « extrémités de la Terre »…. Laissons cela de côté. Beaucoup plus important est le danger d’obscurcir le message Christique en prenant à la lettre les miracles continuels qu‘aurait faits Jésus (il ne les a d’ailleurs pas relatés lui-même), surtout ceux qu’on trouve dans l’évangile de Jean. Or la mentalité d’il y a 2000 ans  donnait une place importante, sinon prépondérante, aux manifestations occultes. Ces passages  peuvent donc être attribués à la mentalité de ces temps lointains.

    Cela dit, une fois ce travail de défrichage fait, que reste-t-il ? Rien ? Non, il reste le principal, qui tient aux trois  principes fondamentaux cités plus haut.

           Du Coran, je ne dirai rien, car je ne crois pas convenable d’écrire des avis  modernistes sur une religion qui n’est pas la mienne.

    Mais il y a bien d’autres textes fondamentaux que la Bible, les Evangiles et le Coran. Il y a les textes Orientaux, dont je laisse plus connaisseur que moi citer au cours du débat.

             Et puis il y a des textes politiques et de société que nous pouvons citer :

     -- La déclaration des droits de l’Humain et du Citoyen, de 1991, qui répondait aux abus de l’Ancien Régime, qui se pensait pourtant « très Chrétien ». Le texte lui-même n’a pas vieilli, cependant les faits révolutionnaires qui ont suivi sa publication sont pour le moins critiquables.

     --Le Capital, de Karl Marx, qui prône, entre autres la « dictature du prolétariat ». Evidemment, toute dictature, même si elle prétend n’être que temporaire, est mauvaise, car elle ne respecte pas l’individu et organise le népotisme et la corruption à haut niveau. De même le fameux « sens de l’Histoire » n’est qu’un leurre : les humains ne sont pas des molécules. Pourtant, la condition du prolétariat était scandaleuse au dix-neuvième siècle, comparée à celle des « gagnants » de l’ère industrielle, et Marx a forcé les Humains à plus d’équité.

     --Plus près de nous, le livre de Simone de Beauvoir : « Le deuxième sexe » est  généralement pris, au moins en France, comme le manifeste de Libération de la Femme. La femme vivait alors sous la tutelle complète de l’homme, et c’est cette situation que ce livre combat. Pourtant, là aussi on trouve des passages typiques de cette période et qui ne conviennent pas : par exemple, le long chapitre sur la maternité commence par une vingtaine de pages sur l’avortement ! Simone avait, dit-on, horreur des enfants, et Sartre disait qu’avoir des enfants était une « bêtise extrême ». Il n’empêche, Simone de B. a bel et bien écrit un texte fondateur, qui a sans nul doute largement influencé notre société dans les cinquante dernières années, et les défauts qu’on peut trouver dans ce livre n’y changent rien (parole d’un homme).

              En conclusion, ce n’est pas parce qu’un texte fondateur comporte des passages qui ne sont valables qu’à la période où il a été écrit, qu’il faut le rejeter en bloc : il peut tout de même aider à trouver un chemin face au Mystère de la Vie ou encore face à l’organisation de la société.

     

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  • La conclusion ci-dessous est issue des prises de notes au cours du café débat du 04/05/2019, au sein duquel il y avait 15 personnes présentes.

                                                                                         Daniel Soulat.

    Pour certains, le terme Guerre des intelligences est mal approprié, il faudrait être plus factuel, de même l’IA est perçue comme un non-sens.

    Le terme IA est utilisé à tout va, 40% des start-ups disant faire de l’IA font de l’informatique algorithmique classique, c’est un vecteur de communication porteur, parfois à mauvais escient, comme la terminologie « réalité virtuelle ». On peut dire que la situation est critique mais pas désespérée, puisqu’une récente publicité de PSA concernant un véhicule évoque "et si la réalité était la sensation la plus excitante qui soit !" posant la question:".:

    et si la réalité était une espèce à protéger?

    On a pu voir qu’il y a à avoir une vigilance sur ces approches de l’IA, tout en ayant une démarche de cadrage pour définir ce que l’Homme souhaite voir comme apports de l’IA et non de la subir. L’intelligence émotionnelle est une caractéristique essentielle à la vie des humains, à ne pas négliger et à ne pas déconsidérer dans l’approche des scientifiques, de même pour l’éthique. Quid de la conscience en IA et d’un monde programmé sans hasard ?

    Prises de notes des interventions successives :

    1/ La difficulté majeure est qu’il y a plusieurs intelligences comme décrit dans le texte d’introduction. L’IA est un terme excessif car ne couvre pas l’ensemble des intelligences. Dans mes cours j’ai essayé d’expliquer le fonctionnement de la voiture autonome, une des difficultés est de détecter l’environnement (piétons, vélos, obstacles divers). Généralement il faut décrire une association image-nom.

    Avec le Deep Learning un des freins à son utilisation c’est que l’on ne sait pas comment sont construits les résultats proposés. Il y a cinq catégories de classement qui permettent de faire d’autres classements.

    Le trans-humanisme est un fantasme.

    Amazon se sert beaucoup de l’IA.

    2/ Pourquoi exprimer une guerre des intelligences, avec la recherche de l’autonomie apportée par l’IA, je ne vois pas de concurrence, cela nécessite des explications.

    3/ Quelques commentaires et réponses aux deux premières interventions, on peut ajouter aux difficultés exprimées par Claude, qu’un des problèmes majeurs de la voiture autonome est éthique, puisque souvent il est énoncé le dilemme du tramway, choix difficile dans lequel quel que soit la direction prise il y aura mort d’humains. Pour information, en France parmi les start-up se proclamant faire de l’IA, 40 % font des algorithmes informatiques traditionnels. Par ailleurs le Deep learning est une boite noire.

    En réponse à la deuxième intervention : L’exemple des toilettes publiques en Chine est significatif, puisqu’à Pékin, le papier est en libre-service. L’usager doit observer une caméra à reconnaissance faciale pendant 3 à 4 secondes, pour que 60 centimètres de papier se déroulent devant lui. L’opération peut être répétée 2 fois maximum. Le souci est écologique. En cas de diarrhée, le personnel assure se tenir à disposition pour distribuer un peu plus de papier hygiénique. Jusqu’où les chinois sont-ils disposés à troquer leur liberté contre une vie numérique un peu plus pratique ? C’est un exemple de la guerre entre l’intelligence biologique et l’artificielle. A terme, il est probable qu’au moment d’une décision de consommation, un client soit prévenu par une notification qui lui dise « attention, tu es sur le point de te laisser guider par un marketing efficace, mais d’après ton profil et tes besoins réels, tu devrais reconsidérer ta décision’. Ceci montre que les géants de la Tech vont se faire concurrence féroce et se battre.

    4/ Ce qui m’interpelle ce sont les propos "nous n’y sommes pas", car en France nous avons des sociétés dans le domaine de l'IA.Ariane est pilotée automatiquement par son ordinateur de bord. La formation en France est de bon niveau, mais il faut regretter que beaucoup d’ingénieurs Français aillent faire profiter les USA de leurs compétences. La guerre des intelligences existe depuis longtemps notamment dans les brevets, l’espionnage, etc. Pour avoir de bons emplois il faut être entre avance. Les chinois ne sont pas bêtes, ils font des Airbus, ils vont dans l’espace. Exemple vécu de la capacité d'apprentissage de l'IA : avec un jeu vidéo, j'ai tendu un premier piège et l’IA est tombée dedans, mais elle enregistre sa défaillance et n’y retombe plus et cela plusieurs fois avec des pièges différents. Concernant la voiture autonome, il faut que l’humain à l’intérieur du véhicule soit toujours vigilent, pour faire face à des imprévus : un accident mortel a eu lieu aux USA lors de la percussion d’un véhicule autonome avec une remorque. Au Technocentre Renault il y a des essais de véhicule autonome et qui parfois va rouler à Versailles. Il y a des projets de voitures volantes, mais cela doit passer par le véhicule autonome, car tout le monde n'est pas pilote. Que dire d’un chien qui accompagne son maître aveugle, il s’arrête avant de traverser sur les passages piétons, laisse de la place pour que sa maitresse puisse passer e t c. C'est une forme d'intelligence.

    5/ L’IA c’est de l’intelligence de l’Homme qui a été intégrée dans des logiciels informatiques avec des algorithmes. L’IA apporte des bienfaits pour l’Homme réparé. Dans des EHPAD il y a des petits animaux factices qui apportent du réconfort, cela me dérange au niveau éthique, car il serait bon que ce réconfort soit apporté par des relations humaines.

    6/ L’IA n’est pas émotionnelle, il faut intervenir pour que les machines restent des machines, l’IA facilitera notre vie demain. Dans certains pays il y aura des dérives, notamment avec des "Hackers" qui entrent par effraction dans des systèmes et détournent l’objet de son but, et posent des problèmes d’éthique.

    7/ L’IA est du ressort de fantasme, terme complètement faux, cerveaux multitâches, ne sait pas nuancer. Qu’est-ce que l’on va permettre à l’IA de faire c’est la question fondamentale. Youri Casparov champion du jeu d’échec a déclaré qu’il faut une coopération des humains avec l’IA et non de la concurrence. La Chine est l’exemple à ne pas suivre en termes d’IA car elle contrôle tout le social et la politique c’est une atteinte à la liberté.

    8/ Réponses à des interrogations mentionnées ci-dessus :L’IA comme évoquée est construit à partir d’informations et d’apprentissages en faisant des associations réalisées à partir de "tâcherons", si un imprévu n’a pas été déclaré initialement, l’IA ne sait pas l’appréhender et l’accident est fatal, le jour où il y aura 80% de véhicules autonomes, les 20% non autonomes auront parfois des comportements non prévus, et là il y aura la guerre entre les connectés et les non connectés. Au Japon il y a des robots auprès des gens âgés afin de leur amener de la présence et de ‘l’affection’, on peut être pour ou contre, néanmoins cela procure du bien être aux personnes âgées. A propos de l’éthique, Google avait mis récemment une équipe de réflexion sur l’éthique, le fonctionnement n’a duré que quelques jours et l’équipe a été dissoute suite à des divergences d’opinions. La question posée est bien la question fondamentale posée dans le texte d’introduction issue des réflexions des différents spécialistes (futurologues, scientifiques, humanistes, théologiens, psychologues, philosophes…).

    9/ L’IA cette expression n’a aucun sens, quelle est son intention ? Le véhicule autonome c’est quoi le but, c’est l’économie, c’est remplacer l’humain, remplacer les médecins dont on manque actuellement ? Aller sur Mars c’est la mégalomanie des hommes, gagner sur qui sur quoi, narcissisme humain démesuré, le véhicule autonome n’a aucune utilité.

    10/ "Coopération" j'aime ce mot. La coopération entre humains et IA c'est ce qu'il faut viser et dans mon travail, cela a déjà été le cas. Néanmoins, il risque d'y avoir concurrence entre humains et IA (et robotisation) dans le choix par le patronat de l'organisation du travail et des investissements.Dans les armées il y a la terre, la mer et l'air ; maintenant il y a l’IA en plus. Conquérir la planète Mars c’est étendre le champ de la terre, la connaissance, l’exploration.

    11/ Réponses à des questions exprimées ci-dessus, notamment ‘quelle est l’intention de l’IA ?’ : Ceux qui sont à la pointe de l’avancée de l’IA veulent capter l’attention et rendre dépendants les individus, en ayant transposé l’intelligence cognitive dans les systèmes informatiques, un des terrains privilégiés de l’IA c’est la publicité adressée aux Internautes en fonction des différentes consultations de différents sites et de leurs profils.

    12/ L’IA reçoit la connaissance des humains leurs informations et leurs savoirs. L’IA augmente-t-elle la fracture numérique et la pauvreté ? Il n’y a pas assez d’arguments factuels pour statuer et nous convaincre.

    13/ L’homme doit rester vigilant et devra continuer à réfléchir, que deviendra le cerveau humain, car le cerveau doit s’entretenir à différentes facultés déjà énoncées, le GPS est une bonne aide.

    14/ Sur le smartphone on peut poser la question « où se trouve le boulanger le plus proche ? » Amazon a eu des déboires lorsqu’il a utilisé l’IA pour embaucher des candidats. L’IA est utilisée pour l’étude de l’environnement, par exemple détecter des objets anormaux contribuant ainsi aux dépistages de certains qui pourraient nuire à la sécurité.

    15/ L’IA est une accumulation d’algorithmes, le cerveau a d’autres dimensions que l’IA et il fonctionne avec des sentiments, je ne vois pas comment les insuffler dans l’IA, on ne peut pas penser que l’IA aurait une conscience. Peut-on penser qu’avec l’IA le hasard n’existera plus, vivre dans un monde sans hasard, c’est l’IA qui pilotera, que deviendra-t-on ?

    16/ Avant on avait un téléphone basique, on connaissait plusieurs numéros par cœur, plus maintenant. Une voiture sans GPS oblige à regarder sur un plan avant, on peut se perdre quand c'est compliqué, mais on arrive à se retrouver. L’IA n’aura pas d’imagination.

    17/ Antonio Damasio a écrit sur les émotions, les sentiments, la conscience différents livres traitent de ces sujets. Pour moi l’IA est un prolongement de nous-même. Une personne avait le cerveau gravement endommagé, elle a été opérée, mais il manquait l'affect, cela a nui à son intelligence.

    18/ Lorsqu’il pleut, lorsque l’on est au bord de la mer, on y pense on a des sensations, de même lorsque l’on évoque le terrorisme on a des réactions, on réagit par associations de sentiments et d’idées. Des robots lisent l'expression sur les visages.

    19/ Les avions militaires de combat sont instables pour être plus maniables. Ils ne sont pilotables que grâce à l'IA. De même, l'IA peut aider les militaires à traiter les menaces. Dans les avions de ligne, l'IA a de plus en plus d'importance. Les jeunes pilotes se sont bien adaptés à cela, peut-être un peu trop, car ils risquent d'oublier les bases du pilotage. Le pilote qui a réussi à poser son avion sur l'Hudson était très expérimenté ce qui lui a permis de faire les bons choix et du pilotage réel hors procédures et de sauver les passagers et les membres de l'équipage.

    20/ Réponses à des interrogations formulées ci-dessus : à propos de GPS, un de mes gendres demande à mon épouse « par où faut-il passer pour aller à la plage ?», mon épouse répond « la plage se situe à 600 m, tu sors de la résidence, tu prends à gauche, puis tout droit pendant 100 m, puis à droite prendre une rue pendant 300 m, puis à gauche et à droite et tout droit », aussitôt mon gendre sort son smartphone pour rechercher le trajet. Ceci va au détriment de la vision dans l’espace et de la mémorisation.

    21/ Elon Musk, Billes Gates, Stephen Hawking sont pessimistes et s’inquiètent. Ils se demandent qui contrôle l’IA. Peut-on recenser les inconvénients et les risques liés à l’IA ?

    22/ IA ça colle pas. Intelligence ne va pas avec artificielle. A du mal à dire "Intelligence artificielle", elle dit plusieurs fois "Intelligence émotionnelle" avant de se reprendre. Intelligence artificielle est un terme qui ne passe pas, comme le terme "collaborateur".

    23/ L’IA n'imagine pas.

    24/ Elle a vu de "l'art" fait par l'IA. Cela ne l'a pas touchée. Il est vrai que tout ce qui est art ne la touche pas forcément. En art, elle aime que cela la touche.

    25/ Conclusion (voir au début).


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  • I/Introduction : Au temps des algorithmes, il paraît maintenant possible pour certains scientifiques de créer un être supérieurement intelligent, immortel, invincible et cela par d’autres moyens que la reproduction sexuée, et de rejoindre ainsi les thèmes de la mythologie et de la littérature de science-fiction. La machine est-elle, ou sera-t-elle, semblable à l’Homme, capable comme lui d’apprendre, de sentir, de décider ? Faut-il croire ceux qui l’annoncent déjà comme plus intelligente que l’être humain, susceptible de le remplacer au travail, d’enseigner, de soigner, de juger, de piloter une voiture sans provoquer d’accident, de prédire nos faits et gestes, d’anticiper nos comportements et nos pensées… A nous d’en décider !

    II/Définitions de l’intelligence naturelle : L’intelligence est le moyen dont l’humanité a été pourvue par l’évolution darwinienne pour survivre dans un environnement sauvage. Si elle consiste largement à l’acquisition de l’instruction, c'est-à-dire des savoirs utiles à la vie en société, elle n’a de sens que complétée par l’habileté à mobiliser les connaissances et à les associer. Nous avons coutume d’entendre par intelligence, la faculté de nous adapter à notre environnement, en apportant la réponse qu’il faut aux situations auxquelles celui-ci nous confronte.

    Dès les années 1980 le psychologue américain Howard Gardner, déduit que notre intelligence s’exprime de façons multiples et relativement autonomes : Logico-mathématiques, verbale linguistique, visuelle-spatiale, corporelle, kinesthésique, musicale, interpersonnelle et intra personnelle, ce à quoi Bertrand Vergely philosophe et théologien rajoute une intelligence spirituelle. La vie spirituelle consiste à retrouver la véritable intelligence de soi-même et de la vie en apprenant à lire entre les lignes, c'est-à-dire au-delà des apparences. Que dire des subtilités : feindre, ruser, tromper, réagir avec vivacité et intuition ? Un ensemble de philosophes a identifié sept circuits de la pensée : la déduction, l’induction, l’analogie, l’intentionnalité, la synthèse à priori, la compréhension, l’imagination. Pour d’autres la sagesse est le summum de l’intelligence, elle se place au cœur de la vie.

    L’intelligence émotionnelle recouvre de multiples caractéristiques du comportement humain : L’empathie, la maîtrise de soi, l’aptitude à conserver son humeur égale et à ne pas se laisser dominer par le chagrin qui asphyxie la pensée, l’ardeur, la persévérance, la faculté de s’inciter à l’action, la capacité d’espérer. Notre intelligence est inutile quand nous sommes sous l’emprise de nos émotions déclare Daniel Goleman psychologue américain. L’intelligence théorique ne prépare pas l’individu à affronter les épreuves de l’existence et à saisir les opportunités.

    Le cerveau est un ordinateur très complexe et d’une nature différente des circuits intégrés. Sa particularité, grâce à l’interconnexion de ses milliards de neurones, réside dans sa capacité à appréhender des situations inconnues, à inventer, à réagir devant l’imprévu et à se reprogrammer en permanence.

    III/ Définitions de l’intelligence artificielle ‘IA’ : L’IA est l’ensemble des théories et techniques mises en œuvre, en vue de réaliser des machines capables de simuler l’intelligence. On évoque l’IA forte et l’IA faible. D’autres remarquant la définition peu précise de l’IA, notamment la CNIL, la définissent comme le grand mythe de notre temps.
    Selon le site francophone au Québec : Le concept est d’élaborer des programmes informatiques, capables d’effectuer des tâches accomplies par des humains demandant un apprentissage, une organisation, une mémoire, et un raisonnement. Le but est de donner des notions de rationalité, des fonctions de raisonnement et de perception.
    Le grand basculement de l’IA s’est produit en 2012 avec le renouveau permis par le Deep Learning, système d’apprentissage et de classification, basé sur des réseaux de neurones artificiels numériques qui permettent à un ordinateur d’acquérir certaines capacités du cerveau humain. La technologie du Deep Learning apprend à représenter le monde c’est à dire la parole ou l’image (il ne faut au bébé qu’un nombre limité d’associations image-nom pour faire le lien, alors qu’il en faut des milliers à l’IA). Pour un énoncé ambigu du type : ‘ Antoine a réconforté Bob car il était énervé ’, nous subodorons sans peine que c’est bien Bob et non Antoine que désigne le pronom. Pour une machine, ce genre de compréhension reste pour l’instant très difficile.

    IV/ Le match du siècle : Avons-nous la certitude que jamais une IA n’égalera l’intelligence humaine ? Comment une machine pourrait-elle démontrer, prédire, juger, inventer, s’adapter, réfléchir, méditer, comprendre, interpréter, aussi bien que le cerveau humain ? Selon les transhumanistes, il est évident qu’à plus ou moins long terme l’intelligence jusqu’alors confinée dans son support biologique, le cerveau, deviendra progressivement non biologique, et considérablement plus puissante au point que des cyborgs remplaceront les humains. La question centrale posée par l’IA est finalement celle des limites que nous voulons fixer à notre hybridation. Certains médecins affirment que le sujet a été galvaudé jusqu’à devenir un fantasme désinformant le public et dénoncent l’imposture de l’IA qui devrait s’intituler l’informatique cognitive ; à l’instar de Stéphane Mallard, ils évoquent une disruption (séparation, rupture).

    V/ Interrogations : La question de la protection de l’intégrité cérébrale va devenir essentielle. Il s’agira d’un enjeu plus vertigineux encore que celui de la disparition de la vie privée. C’est désormais l’intégrité de nos cerveaux, ultime refuge de notre liberté, qui va être menacée.

    VI/ Approche de la CNIL Déc 2017 : Les enjeux éthiques des algorithmes et de l’intelligence artificielle : Objectif de son travail : Faire en sorte que ces nouveaux outils soient à la main humaine, à son service, dans un rapport de transparence et de responsabilité. Puissent ces réflexions alimenter celles en cours au sein des pouvoirs publics, dont celle de la mission Villani, mais aussi des différentes composantes de la société civile. Puissent-elles ainsi participer à l’élaboration d’un modèle français de gouvernance éthique de l’IA.
    Le véritable enjeu sera alors de s’assurer que les choix éthiques qui seront pris au stade du développement, ne feront pas l’objet d’une confiscation par « une petite caste de scribes » (Antoine Garapon juriste et magistrat).

    Conclusion de la CNIL : A l’ère numérique les principes de loyauté et de vigilance pourraient s’inscrire dans une nouvelle génération de principes et de droits de l’Homme.

    VII/ Rapport du député et chargé de mission Cédric Villani « Donner du sens à l’IA ». Le mathématicien et député s’est vu confier l’élaboration d’un rapport sur l’état du développement de l’IA en France et en Europe. Le constat est amer : « les pays les plus en avance sur le déploiement de l’IA sont les Etats Unis, la Chine, l’Angleterre, le Canada et Israël. Nous, n’y sommes pas. »
    Les leaders de l’IA et des nouvelles technologies surnommées les GAFAM américains, et ceux de la Chine BATX, attirent de nombreux chercheurs français, grâce à des salaires plus élevés ; aussi serait-il urgent de stopper cette fuite des ‘cerveaux’ français vers les GAFAM. Malgré sa capacité certaine à former des chercheurs à la hauteur de ces défis, la France peine à garder dans ses filets les ‘cerveaux’ qu’elle éduque. ‘Il y a un différentiel entre l’excellence de sa capacité de recherche et de formation d’experts en France et notre faculté à voir dans les grandes entreprises un développement de l’IA, au même niveau économique que nos concurrents’, a-t-il souligné. Cédric Villani a proposé tout un ensemble de mesures pour pallier ces inconvénients. Par ailleurs, il demande la création d’une instance éthique.


    VIII/ Discours et décisions du Président Macron suite au rapport Villani: Le 29 mars 2018 annonçant un programme national sur l’IA, Emmanuel Macron a déclaré quelques jours après, les détails de sa stratégie dans ce domaine clef des technologies futures de l’IA, pour veiller en particulier sur les questions d’éthique. Emmanuel Macron a insisté sur le moment crucial qui était en train de se jouer. « Les progrès de l’IA sont de nature à donner le vertige ».  Il a demandé de prévoir des axes de progrès autour de six chantiers :

    1/ Positionner la France comme pays leader de l’IA ;
    2/ Ouverture des données éléments clé d’une stratégie IA ;
    3/ La santé et le véhicule autonome, les deux secteurs prioritaires ;
    4/ Un plan de 1,5 milliard d’euros dédié à l’IA ;
    5/ Création d’un Laboratoire de la transformation publique ;
    6/ Une IA éthique et démocratique.

    Par ailleurs, il a annoncé la création d’un GIEC, dont le rôle sera de mener une réflexion prospective sur les impacts de l’IA. Le Président Macron indique que l’IA ne doit pas devenir une dystopie (récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre). « Rien ne serait pire que de laisser ces choix de société à des entreprises privées, ou à des pays non démocratiques ». Il appelle d’ores et déjà à prendre en compte nos valeurs et d’injecter de la « transparence et de la loyauté » dans nos algorithmes.

    IX/ Conclusion : Depuis la naissance de l’IA, c’est une longue histoire d’amour - haine. Beaucoup de propos issus de sociologues, psychologues, théologiens, neurobiologistes, médecins, philosophes, juristes, informaticiens, futurologues, aboutissent à diverses approches, et posent questions. Certains y voient la clef de l’avenir, d’autres le début de l’asservissement des humains. D’ores et déjà nous vivons une guerre des algorithmes pour capter et pirater l’attention des clients, les assister, les rendre dépendants. Ceux qui créer des dépendances cognitives gagneront la guerre économique.
    Ils ont les GAFAM, nous avons la CNIL et heureusement ! De sympathiques nains numériques pour tenter de cadrer les futuristes. L’enjeu principal pour l’humanité sera alors de déterminer des modalités de cohabitation avec l’IA. Il ne s’agira pas de stopper une technologie dont les effets sont inquiétants, mais plutôt de freiner les progrès qui apportent dans l’immédiat des services réellement utiles que tout le monde réclamera à cor et à cri. Le problème sera exactement le même pour l’eugénisme et la manipulation du vivant. L’argument de l’utilité commune sera très difficile à contrer.
    Alors que l’intelligence était déjà, dans sa définition étymologique même, la capacité à lier les choses entre elles, l’Homme devra demain devenir un virtuose dans la capacité à lier les intelligences biologiques et artificielles entre elles.

    Serons-nous assez intelligents pour contrôler l’IA ? Notre cerveau biologique est de plus en plus concurrencé par l’IA, sa cohabitation avec le cerveau de silicium pourrait conduire à des inégalités insupportables voire à une guerre des intelligences. Notre société va au-devant de trois crises :

    Une crise sociale, une crise éthique, une crise existentielle.

    Face à l’IA nous ne pèserons rien, du moins si nous restons les mêmes humains qu’aujourd’hui. Notre unique planche de salut sera de co-évoluer avec les machines et de définir des limites et des règles à l’IA.



                                                                                                                      Daniel Soulat 4 Mai 2019

    Pour relire des notes prises pendant la séance, cliquer ici

     GLOSSAIRE


    Algorithme : Description d’une suite finie et non ambigüe d’étapes ou d’instructions permettant d’obtenir un résultat à partir d’éléments fournis en entrée. Exemple le cas de l’Algorithme d’Euclide : les données d’entrée sont deux nombres entiers non nuls ‘a’ et ‘b’, tels que ‘a’ soit supérieur à ‘b’. Un algorithme renvoie, en général, d’autres données en sortie. Dans le cas de l’algorithme d’Euclide, il s’agit d’un nombre entier, qui est le plus grand diviseur commun PGCD des nombres ‘a’ et ‘b’.Ex a=471 b= 90, à chaque étape, calculer le reste r de la division de a par b, puis remplacer a par b et b par r. Quand le reste est nul, le calcul s’arrête et le résultat est le nombre b. En plus synthétique : r=a/b, (tant que a ≠ 0 (faire a=b, b=r, r=a/b), sinon fin), PGCD=b


    Apprentissage machine (ou apprentissage automatique, machine learning) : Branche de l’intelligence artificielle, fondée sur des méthodes d’apprentissage et d’acquisition automatique de nouvelles connaissances par les ordinateurs, qui permet de les faire agir sans qu’ils aient à être explicitement programmés. Alors que le programmeur doit traditionnellement décomposer en de multiples instructions la tâche qu’il s’agit d’automatiser de façon à en expliciter toutes les étapes, l’apprentissage automatique consiste à alimenter la machine avec des exemples de la tâche que l’on se propose de lui faire accomplir. L’Homme entraîne ainsi le système en lui fournissant des données à partir desquelles celui-ci va apprendre et déterminer lui-même les opérations à effectuer pour accomplir la tâche en question. Cette technique permet de réaliser des tâches hautement plus complexes qu’un algorithme classique. L’intelligence artificielle qui repose sur les machines Learning concerne donc des algorithmes dont la particularité est d’être conçus de sorte que leur comportement évolue dans le temps, en fonction des données qui leur sont fournies. Apprentissage : base théorique n’est pas modélisable dans le cadre de la logique déductive des connaissances dérivées, or il s’agit ici de la démarche inverse par observations limitées, tirée des généralisations plausibles, c’est un procédé par induction. La notion d’apprentissage recouvre deux réalités souvent traitées de façon successives :

    Mémorisation : le fait d’assimiler sous une forme dense des exemples éventuellement nombreux ; Généralisation : le fait d’être capable, grâce aux exemples appris, de traiter des exemples distincts, encore non rencontrés mais similaires.

    Apprentissage mode supervisé ou non : un apprentissage est dit supervisé lorsque le réseau est forcé à converger vers un état final précis, en même temps qu’un motif lui est présenté. A l’inverse, lors d’un apprentissage non supervisé, le réseau est laissé libre de converger vers n’importe quel état final lorsqu’un motif lui est présenté. Apprentissage machine supervisé : L’algorithme apprend des données d’entrée qualifiées par l’humain et définit ainsi des règles à partir d’exemples qui sont autant de cas validés. Apprentissage machine non supervisé : L’algorithme apprend à partir de données brutes et élabore sa propre classification qui est libre d’évoluer vers n’importe quel état final lorsqu’un motif ou un élément lui est présenté. Pratique qui nécessite que des instructeurs apprennent à la machine comment apprendre.

    BATX : Baidu moteur de recherche, Alibaba équivalent d’Amazon vente en ligne, Tencent messagerie, Xiaomi (≠Apple)

    Big data : Désigne la conjonction entre, d’une part, d’immenses volumes de données devenus difficilement traitables à l’heure du numérique et, d’autre part, les nouvelles techniques permettant de traiter ces données, voire d’en tirer par le repérage de corrélations des informations inattendues.

    Cognition : Est l’ensemble des processus mentaux qui se rapportent à la fonction de connaissance, mémoire, langage, raisonnement, apprentissage, intelligence, résolution de problèmes, prise de décision, perception, attention. Système Cognitif : comprend le langage humain, génère des hypothèses de façon statistique, s’adapte et apprend avec l’interlocuteur.

    Cyborg : De l'anglais « cybernetic organism », traduisible par « organisme cybernétique ») est un être humain, ou à la rigueur un autre être vivant intelligent, en science-fiction qui a reçu des greffes de parties mécaniques ou électroniques. La cybernétique étant l'étude exclusive des échanges à l’aide de processus de commande et de communication.

    Deep Learning ‘DL’ : Inspiré des neurosciences, son principe : laisser les ordinateurs apprendre par eux-mêmes.
    L’apprentissage profond est le socle des avancées récentes de l’apprentissage automatique, dont il est l’une des branches. On distingue l’apprentissage automatique supervisé, il nécessite que des instructeurs apprennent à la machine les résultats qu’elle doit fournir, qu’ils «l’entraînent ». Les personnes entraînant l’algorithme remplissent en fait souvent une multitude de tâches très simples. Des plateformes telles que le « Mechanical Turk » d’Amazon sont les lieux où se recrutent ces milliers de « micro-tâcherons » dont le rôle est d’étiqueter les immenses quantités de photographies utilisées pour entraîner un logiciel de reconnaissance d’images. Le système de captcha de Google « recaptcha » est un autre exemple d’utilisation à grande échelle d’humains pour entrainer des machines. Ces algorithmes d’apprentissage sont utilisés dans un nombre croissant de domaines, allant de la prédiction du trafic routier à l’analyse d’images médicales. Nota : les DL sont performants sans comprendre.


    GAFAM : Google moteur de recherche, Apple fabricant d’ordinateurs, Face Book réseaux, Amazon, Microsoft.   

    Intelligence artificielle (IA) On distingue l’IA faible (IA capable de simuler l’intelligence humaine pour une tâche bien déterminée) et l’IA forte (IA générique et autonome) qui pourrait appliquer ses capacités à n’importe quel problème, répliquant en cela une caractéristique forte de l’intelligence humaine, soit une forme de « conscience » de la machine. Une IA consciente : Elle est considérée comme impossible par les machines. Il faudrait des systèmes capables d’imiter le fonctionnement des neurones ainsi que du cerveau humain. Il faut passer par un apprentissage par l’expérience, s’inspirant des neurones biologiques, les réseaux de neurones formels utilisés avec des ordinateurs pourraient résoudre le problème. D’autres pensent que la pensée n’est pas calculable par des processus discrets et finis, idée réfutée par d’autres experts.

    Réseau de neurones artificiels: Modèle rudimentaire du cerveau humain, et qui par la suite s’est rapproché des méthodes statistiques. Une cellule neuronale possède une sortie et des entrées reliées à d’autres neurones. Ces réseaux partagent des propriétés importantes avec le cerveau humain. Pour apprendre à un réseau de neurones à reconnaître l’image d’un chat par exemple, on lui montre des images et on lui dit si c’est un chat ou pas. A aucun moment, un homme ne doit décrire ce qu’est un chat. Les réseaux de neurones artificiels sont capables de reconnaitre des formes, des caractères manuscrits, …) d’identifier, de classer. Utilité : les réseaux de neurones, en tant que systèmes capables d’apprendre, mettent en œuvre le principe de l’induction, c'est-à-dire l’apprentissage par l’expérience. Ils ne fournissent pas toujours les règles exploitables par un humain et restent souvent une boîte noire qui fournit une réponse quand on lui présente une donnée, mais donnent pas de justification facile à interpréter. Limites : les réseaux de neurones artificiels ont besoin de cas réels, servant d’exemple pour leur apprentissage (on appelle cela la base d’apprentissage).

    Réseau de neurones artificiels et algorithme : la large majorité des réseaux de neurones possède un algorithme ‘d’entrainement’, dont le but est de lui permettre d’apprendre, à partir d’exemples. Tout l’intérêt de ces réseaux de neurones réside dans leur capacité à généraliser à partir du jeu test. Il est donc possible de les utiliser pour réaliser une mémoire, on parle alors de mémoire neuronale.

    Le Système expert est un outil capable de reproduire les mécanismes cognitifs d'un expert, dans un domaine particulier. Il s'agit de l'une des voies tentant d'aboutir à l'intelligence artificielle. Plus précisément, un système expert est un logiciel capable de répondre à des questions, en effectuant un raisonnement à partir de faits et de règles connues.


    2 commentaires
  • CR personnel de Jean-Marc du débat "Quelle Europe voulons-nous" du 13/04/2019

       

    Le débat a été très riche. Il a évité les dérives et la "guéguerre" entre "Eurobéas" et "Eurosceptiques". Il est vrai que le texte "Euroscepticisme pourquoi ?" distribué en parallèle au texte d'introduction permettait d'éviter les simplifications inappropriées. Il a été aussi revendiqué le droit de critiquer l'UE sans être taxé d'Europhobie. Inversement, il a été souhaité de pouvoir être un Européiste convaincu sans être taxé d'être un Eurobéa.

     Une petite "pique" cependant concernant le texte d'introduction qui n'aurait pas donné assez de solutions. Il a été répondu que de nombreuses solutions sont décrites sur le blog "Ecomondiale" (bien des politiques feraient bien de s'en inspirer…) et que le texte est une introduction au débat sur l'Europe que l'on veut. Ce n'est pas un texte avec un catalogue de solutions toutes prêtes, le but du débat étant d'indiquer les objectifs (exprimer ce que l'on veut), pas nécessairement les solutions (pas le "comment faire").

     Pas d'intervention relative au "Frexit", pas d'intervention non plus d'Europhobe, mais de nombreuses interventions prônant une union européenne de la coopération, des Nations et de l'humain d'abord étaient en compétition avec les interventions qui défendaient l'UE ultralibérale actuelle.

     Nous étions par ailleurs honorés de la présence du président de l'union France Allemagne qui, comme il se doit, défendait cette idée.

     Il a été rappelé que l'Europe est avant tout des traditions et des valeurs.

     Il a été regretté les défaillances de l'UE actuelle ("L'Europe embourbée") même parmi les gens qui y croyaient.

     Les critiques majeures sur l'UE actuelle concernaient souvent le fait que l'UE ne nous protégeait pas de la concurrence, ni externe, ni interne (un comble !). Pire, la concurrence (mal interprétée en plus !) et les échanges commerciaux sont le fondement même d'une UE sensée nous protéger… De nombreux exemples ont été donnés (désindustrialisation, pertes d'emploi, fermeture d'usines, perte de savoir-faire industriel, délocalisations, travailleurs détachés, travailleurs mal payés et avec de mauvaises conditions de travail en concurrence, etc.)

     Notamment, il a été regretté des étapes franchies trop rapidement ainsi qu'une extension trop rapide avec des pays trop différents sur le plan des salaires et des conditions sociales, fiscales et de travail. Il a été rappelé que les pays Européens ont mis du temps à se construire, que les cultures différentes mènent parfois à des incompréhensions.

     Il a été dit que le commerce fait la richesse des nations, certes, mais au bénéfice de qui ? (au bénéfice des 1% les plus riches, les autres s'alignent vers le bas) De plus, l'ultralibéralisme ruine certaines nations (situées en Afrique souvent, mais pas seulement) et bien des catégories sociales (chômage de masse durable notamment). Il a été dit que l'UE est en retard "d'une guerre" en prônant l'ultralibéralisme dans un monde qui l'est de moins en moins.

     Cette concurrence tire les salaires et les conditions de travail des Français vers le bas. Il a été rétorqué qu'il fallait faire une "moyenne " pour tirer certains pays vers le haut, ce qui a été contesté. La compétitivité reviendrait à écraser l'autre. La coopération serait nettement plus souhaitable. Les dirigeants n'auraient pas montré une volonté d'harmoniser vers le haut, il n'est pas souhaité de s'harmoniser vers le bas.

     Plusieurs interventions ont été émises en faveur d'une Europe des coopérations et des projets à géométrie variable (projets concrets, comme Ariane et Arbus, avec quelques pays, sans attendre une unanimité). Erasmus est apprécié. L'exemple de la chine, état stratège, a été cité. L'Europe doit réagir, notamment dans l'économie numérique ("les GAFA gèrent le monde", la 5G est développée en Asie). L'inertie de l'UE génère du pessimisme en France et pousse le populisme en Europe.

     Il serait souhaitable de trouver et développer des spécificités industrielles pour chaque pays (coopération) plutôt que de se "tirer dans les pattes" (concurrence prônée par l'UE). Il faudrait aussi des réglementations contraignantes pour pousser les états de l'UE à acheter européen.

     Le protectionnisme a été évoqué comme étant à éviter, il a été rétorqué qu'entre un protectionnisme forcené et une ouverture totale (celle prônée par l'UE), il y a un juste milieu à trouver. La lutte contre le protectionnisme a mené à un excès de libéralisme. Les USA et la Chine font du protectionnisme, l'UE est bien naïve. Il a été rappelé que les Chinois ne nous veulent pas du bien et que l'Euro zone est la seule zone du monde à ne pas être maitre de son taux de change.

     Il a été dit que l'Europe de la physique est formidable, que c'est l'Europe idéale avec un langage commun. Mais l'Europe que l'on cherche à faire n'en n'est pas encore là avec ses différences de langue, de culture, de religion ; elle ne se fera pas en cinquante ans, mais plutôt en cinq cent ans. Ne pas en faire un "bouc émissaire". Le Brexit crée un problème en Irlande. L'idée était d'arrêter la guerre en faisant le plus facile : l'économie et la suppression des barrières douanières. Le reste est plus difficile.

     Personne ne s'est montré en faveur de faire la guerre, la paix durable était souhaitée.

     La paix a été citée comme étant un acquis de l'UE ("succès phénoménal"), mais cela a été contesté par certains qui indiquaient que la paix avait d'autres origines : "force de dissuasion", qui, comme son nom l'indique est là pour dissuader de faire la guerre, honte de l'Allemagne suite à la deuxième guerre mondiale, peuples Européens devenu pacifiques, etc. De plus, "il n'y a pas de raison de se faire la guerre" ; cela a été contesté par certains craignant une guerre en Irlande (suite au "Brexit") et/ou en Espagne (Catalogne). Mais est-ce que la Suisse et la Norvège, qui ne font pas partie de l'UE, sont des pays en guerre ?

     Certains se montrent en faveur d'une Armée Européenne, d'autres y sont farouchement opposés : une décision de faire la guerre ou pas se ferait à 27 ou plus, avec un processus de décision que l'on peut sérieusement craindre : c'est aberrant et antidémocratique ! Il vaut mieux des armées nationales avec coopération entre alliés en cas de besoin (et, si possible, ne pas en avoir besoin).

     Les problèmes de migration, pourtant un sujet important pour les élections européennes, d'après les sondages, n'ont pas été évoqués.

     Certains ont indiqué que le fonctionnement réel de l'UE leur était peu connu. D'autres ont estimé qu'il ne fallait pas avoir une approche comptable (la France verse plus à l'UE qu'elle ne reçoit).

     Sur le plan de la démocratie, il a été dit que les commissaires européens sont désignés par des élus et passent devant le parlement. Certains ont critiqué la qualité des commissaires, ces derniers ont été défendus par d'autres. Les décisions se prennent en plusieurs temps. Les lobbies ont une forte influence. La tenue d'un blog serait-elle une forme de lobby ? Sans doute d'influence moindre qu'une multinationale effectuant un lobby auprès de l'UE… La difficulté de se mettre d'accord entre plusieurs pays a été soulevée. Certains souhaitent une union avec un patron et un gouvernement, d'autre préfèrent la liberté des peuples et les décisions démocratiques et proches du terrain. Il a été regretté que le résultat du référendum de 2005 n'ait pas été pris en compte dans les faits par les dirigeants de l'UE. Il a été aussi regretté la politique de privatisations excessives.

     La cour de justice européenne aurait recadré le gouvernement à propos des gilets jaunes estropiés. Les valeurs européennes et la pression de la population devraient pousser les têtes pensantes à évoluer. Où va passer l'argent de la transition écologique ? Comment être crédible au sein de l'UE quand on a des déficits, une lourde fiscalité et du chômage ?

     En conclusion :

    Il y a plusieurs approches pour l'Europe que nous voulons (utopie, côté pratique). Chaque avis est respectable, l'important est de s'écouter. L'Europe des nations ne veut pas dire guerre (exemple Suisse, Norvège). La coopération permet de faire grand (on peut viser l'international) et d'aller vite (on fait avec ceux qui veulent). Il faut arrêter la naïveté de l'UE concernant l'ouverture totale, la compétition et les privatisations à tout prix, il vaut mieux préférer la coopération, développer des spécificités industrielles compétitives, faire des projets à géométrie variables.

     

    Jean-Marc

      Blog Ecomondiale :

    http://ecomondiale.over-blog.com/

     Euroscepticisme : pourquoi ?

    http://ecomondiale.over-blog.com/2017/01/euroscepticisme-pourquoi.html

      V01B 16/04/2019


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