•                                                                        Qu'est ce que la virilité?

                                                                       

                                                                par Josette Saint-Marc

     

     

     Avant de commencer, je voudrais préciser que mon intention, en choisissant ce thème, n’est pas d’entrer dans une guerre sexiste.

    Atterrée par les conflits, la violence, les guerres, qui éclatent partout sur la planète, je me pose la question :  la virilité n’en serait-elle pas la Source ?

    J'ai bien conscience que mon propos peut choquer, voire agresser, mais là, je le répète, n’est pas mon intention, car évidemment tous les hommes ne sont pas des dictateurs violents, des violeurs, ou, dans les cas les plus extrêmes, des terroristes. Chercher à connaître l’origine de ces symptômes comportementaux « destructeurs » qui découlent de leur sentiment de virilité, donc de supériorité, serait une excellente chose afin de faire avancer l’Humanité.

     

    Qu'est-ce que la virilité ?

     

    Étymologie,  racine du mot latin « VIR » : À côté du terme générique homo (l'être humain, terme qui s'applique donc aux femmes et aux hommes: homo sum - je suis un homme, dans le sens un être humain), Le terme vir désigne le mâle (dérivant lui-même du sanskrit viras signifiant: «héros», «fort»!

     

    Derrière ce mot qui, pour moi, est une « construction sociologique », que d'incompréhension, de confusion, de peur ! Peur de ne pas être viril, fort… Peur de ne pas être un homme, un vrai ! Cette peur entraîne un désir de puissance donc de domination : soumettre afin de prouver sa force, sa valeur, sa raison d’être.

    Le désir de posséder crée un appétit de conquête, développe l’instinct guerrier. Le désir de prouver sa valeur peut aller jusqu'à l’aliénation. Cette construction est basée sur la toute-puissance guerrière, sexuelle et donc politique : valorisation de la force, de la performance (mot très à la mode) d’où le   goût du pouvoir, de l’argent qui est un outil au service du pouvoir.

    Où commence l'abus de pouvoir ?

    Je pense que le premier dominé est l'homme : en effet il est tombé dans son propre piège dont il a beaucoup de mal à sortir, il s’est fait lui-même prisonnier du Mythe de la virilité. C’est une quête sans fin, une épreuve de force, pour lui d'abord, et ensuite pour les autres : femmes, hommes, enfants, planète. C’est l’exploitation de l'homme par L’homme !

    Pour atteindre ses buts l’homme réprime totalement ses émotions qui sont pour lui un signe de faiblesse, ou qui, au contraire, le font réagir sans aucune maîtrise. Il redoute l'impuissance (terme utilisé à propos de la sexualité), déteste l’efféminement.

    Le sexe de l'homme est à l’extérieur : quand il ne se dresse plus on dit qu'il est impuissant ! (Symboliquement c’est très parlant.) Ce qui est un véritable trauma, une aliénation, je dirais même que son sentiment d'exister peut-être gravement atteint. A l'heure actuelle nous avons des exemples bien vivants (Trump, Kim Jong-un, Bachar Al Assad.) Effectivement ce sont des cas extrêmes qui relèvent, d’après moi, de la psychiatrie. C’est la guerre du plus fort, du plus intelligent du plus puissant, donc du plus VIRIL ! A mon sens c'est vraiment une réduction de ce qu'est un homme !

    Bien que les mentalités aient évolué je pense qu'il y a encore du boulot et cela passe par l’éducation.

    Laissons aux hommes le droit d'avoir peur, de ne pas savoir, d'être tristes, de pleurer : ils seront plus humains. S’ils s'autorisaient à s'abandonner à leurs émotions ils seraient plus proches de la souffrance des autres, plus compatissants et donc moins violents, durs, dominateurs.

    On disait aux petits garçons « Ne pleure pas tu n'es pas une fille ! » Ou « Sois un homme mon fils ! » « Sois courageux, sois fort » (aussi bien physiquement que psychologiquement) Or la maîtrise des émotions risque d’engendrer une rupture avec le Sentiment Humain. Pour ne pas faiblir, ils se construisaient une armure émotionnelle, ils devenaient durs, violents : l'armure protège des coups mais aussi des caresses !

     Je pense que la virilité est une « idéologie aliénante. » Sa mission : prouver la valeur de l’homme, sa supériorité. Cela est destructeur, usant, car violent pour l’homme lui-même. C’est une prison et Marx parle des « hommes dominés par leur domination ». On retrouve ce goût de la compétition dans le sport ; c'est moins dangereux, mais tout aussi symptomatique.

    Cette compétition que je qualifierai d'infernale participe à la destruction de la Nature, de l’Humanité.

    Ce mot s’est transformé en « Économie » en « Compétitivité ». Un véritable mantra : l'argument en Or pour tirer les salaires vers le bas, les acquis sociaux, afin d’être toujours plus compétitif, et cela au détriment de l'Humain. C’est la lutte pour être classée la 1ère, 2ème, 3éme puissance mondiale, ce qui entraîne un appauvrissement des citoyens et développe la misère ! Ce terme qui est une suite logique de l'esprit de compétition est la conséquence de ce mythe de la virilité ! Toujours plus! Plus vite, plus riche, plus fort, plus, plus…

    Bien sûr il y a aussi des femmes qui aiment la compétition sportive, c'est vrai ! Ces femmes ont peut-être un côté masculin plus développé !

    Cette course folle est sans fin car, pour devancer l'autre, il faut l’écraser, l’éliminer, voire le faire disparaître ! Cela est valable au niveau de l'individu, au niveau des rivalités politiques, dans les entreprises et les nations ; elle engendre la révolte, la vengeance des vaincus, des faibles : « on récolte ce que l'on a semé. »

    Ce n'est pas l'esprit de coopération qui règne, hélas !

    Virilité=Puissance phallique ! Devoir de performance ! Dans tous les domaines ! Je dirai même Dictature de la Performance sexuelle et autres !

    Cette puissance phallique se concrétise aussi avec les voitures (ma bagnole disent-ils !), de plus en plus rapides, longues, puissantes. D’ailleurs le comportement au volant de certains hommes est révélateur : coller, klaxonner, insulter parfois ! (Levier de vitesse = phallus)

    On la retrouve également dans les tours : on en construit de plus en plus et de plus en plus hautes. Elles se dressent et dominent ! Très Symbolique !

    Pour moi, la virilité ne s'exprime pas seulement envers la Femme.

    Je conclurai en disant que la virilité est une illusion, un rêve, un mythe, un piège et qu'elle a fait beaucoup de dégâts !

    Les mouvements féministes ont bousculé tout ça et nous avançons, bien lentement cependant, vers un nouveau modèle. Je l'espère en tout cas pour le bien-être de tous.

    J'ajouterai que les femmes ont leur part de responsabilité dans leurs relations aux hommes ! La relation se joue au minimum à deux.

    Un sujet sur la féminité écrit par un homme serait intéressant.

     

     

     


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                 Compte-rendu du café débat du 24 Mars 2018 :

     

     

     

                        « Quels sont les dangers des idéologies ? »

     

     

     

    Un hommage a été rendu aux victimes de l'attentat de la veille (et tout particulièrement au gendarme héroïque).

     

     Qu’est-ce qu’une idéologie ?

     

     

     

    Une définition synthétique était donnée dans le texte d'introduction (qui doit rester court). Cependant, il s’est avéré nécessaire de la compléter.

     

    L’idéologie est une construction intellectuelle, un système prédéfini d’idées (cf de Stutte, au 18ème siècle), utilisant des axiomes (ou postulats, non démontrés) visant à définir le monde dans lequel nous vivons. Si elle est indémontrable, elle a néanmoins une cohérence et permet d’avoir son avis sur le futur. Elle est propre à l’Homme, les animaux n’ont pas d’idéologie.

     

     

     

    Quels peuvent être les avantages des idéologies ?

     

     

     

    Au départ, il y a un postulat de base, la construction d'un monde, un regroupement. La construction est intelligente, cohérente. Il y a une base qui accepte, d'autres qui s'alignent, car les points de vues convergent.

     

    Les idéologies correspondent à des besoins des gens, par exemple être reconnus (cela apporte des avantages à certains), parfois c'est une réponse (qui peut être bonne, mais aussi mauvaise) à un problème réel (par exemple, la crise économique dans l'Allemagne des années trente a favorisé la montée du nazisme).

     

    Une idéologie a pour fonction de se préparer à l’avenir, et même de le préparer, ce qui est une nécessité pour l’humanité. C'est une façon de lutter contre l'incertitude que l'on ne supporte pas.

     

    Elle donne le sentiment de résumer sa personnalité, par un mot se terminant par "iste", elle permet d’appartenir à un groupe, où "l’on se tient chaud". Elle peut même soigner une anxiété existentielle.

     

    Elle organise des rituels, comme les processions, ou les manifestations, où l’on peut se sentir bien.

     

     

     

    Quels sont les dangers des idéologies ?

     

     

     

    L’idéologie amène souvent à une certitude de connaître la vérité (alors que ce n’est qu’un essai de s’en approcher) : cela peut amener à des heurts, des affrontements, c'est une des causes de la guerre.

     

    Elle peut enfermer dans un carcan, dans un dogme.

     

    Si elle n'est pas adoptée par d'autres, cela peut être considéré comme une offense.

     

    Dans le cas des juges, l'idéologie est une catastrophe (cf le mur des cons !).

     

    Poussée à l’extrême, cela devient une drogue.

     

    Elle peut mener à désigner un bouc émissaire et à lui faire violence

     

    Pour des gens ayant raté leur vie, peu importe pour eux de mourir pour leur idéologie.

     

    Elle peut servir de tremplin à des hommes sans vergogne ; le Marxisme aurait été utilisé par Lénine, qui au départ vivait en bourgeois, pour assouvir sa soif de pouvoir (voir le livre : « Lénine, l’inventeur du totalitarisme » par Stéphane Courtois, ed. Perrin.).

     

    Elle peut pousser à la haine, à la violence et à détruire ce qui va à son encontre.

     

    Connaissant tous ces dangers, il est cependant possible de vivre son idéologie ou sa religion sereinement, et sans violence.

     

     

     

    Y aurait-il actuellement un manque d'idéologies ?

     

     

     

    Pour certains, les démocraties occidentales pêcheraient par manque d'idéologie. Les dirigeants, bien que sachant manipuler et se faire élire, n'auraient aucune idéologie et se borneraient à gérer les affaires courantes.

     

    Pour d'autres, au contraire, il y aurait trop d'idéologies, que ce soit dans le domaine politique, économique, ou celles qui mènent à "l'anti France", au racisme sous toutes ses formes et/ou au terrorisme etc. On manquerait plutôt de cohésion nationale et/ou européenne et surtout de volonté, ainsi que d'humanisme, d'humanité et de bon sens.

     

    Un participant trouve que ceux qui ont une idéologie ne vont pas bien : on peut être si tranquille dans son coin des Yvelines ! D’ailleurs, les idéologies ne seraient que sournoises, et aliénantes (sauf l’idéologie du bonheur…). Ce serait prétentieux de vouloir que tout aille bien dans le monde.

     

     

     

    Comment remplacer l'idéologie ?

     

     

     

    Un drogué d'une idéologie est fasciné par une construction cohérente. Si on démoli son idéologie, il se retrouve sans rien. Il se défend bec et ongles. Comment remplacer l'idéologie ? Comment lutter contre l'extrémisme ?

     

    Il faut développer l'humanisme, le sens critique, le bon sens, le respect de l'Autre.

     

     

     

    Les religions sont-elles des idéologies ? :

     

     

     

    Certains concepts religieux peuvent se voir détournés dans les idéologies :

     

    - Le paradis aux cieux peut, dans une certaine mesure, se voir détourner/décliner sur terre par certaines idéologies (par exemple chez les communistes, sous la forme de la défaite finale des capitalistes)

     

    - L'ennemi (nombreux exemples dans les idéologies) pourrait, selon ces dernières, se comparer au "mal" religieux.

     

    On retrouve aussi en commun la préoccupation du futur. Cependant, contrairement aux idéologies, la construction d'une religion n'est pas seulement intellectuelle, mais elle est initiée par un message externe à l’humanité (ou prétendu tel).

     

    Les religions ne posent pas de problème si elles sont pratiquées paisiblement. C'est le totalitarisme (religieux ou pas) qui pose un problème.

     

    Les religions ne doivent pas obligatoirement tomber dans la violence. Historiquement, c'est arrivé, mais on peut vivre sa religion paisiblement.

     

    En France, nous avons la chance de pouvoir adhérer à différentes religions, ce n'est pas le cas partout.

     

    La laïcité, selon la loi de 1905, n’est pas une idéologie : elle ne reconnaît aucune religion, mais elle organise leur cohabitation dans la paix. Elle ne s’applique qu’aux religions, et non aux idéologies politiques. Cependant, elle peut être prise comme une affirmation de l’athéisme, ce qui en ferait une idéologie.

     

     

     

    Ce qui est une idéologie, ce qui n’en est pas :

     

     

     

    Il arrive parfois qu'une idéologie réponde (plus ou moins bien) à un vrai problème. Inversement, toutes les réponses à un vrai problème ne sont pas forcément des idéologies.

     

    Il ne faut pas confondre l’idéologie avec la nécessité de résoudre un problème. Dans ces conditions, le progrès n’est pas une idéologie, c’est un mouvement naturel de l’humanité, tendue vers l’amélioration de ses conditions de vie, même s’il peut paraître parfois plutôt gênant (nous rend-il plus heureux ?). De même pour l’écologie, qui n’est plus une option, mais une nécessité. La mondialisation, de son côté, est une réalité de notre époque. La robotisation, quant à elle, fait partie de la notion de progrès (allège la charge humaine).

     

    Cependant, tout excès en ces domaines peut être une idéologie néfaste (entrainant chômage, productivisme, etc.)

     

    Le véganisme (qui découle généralement d'une idéologie sur les relations des humains aux animaux) est considéré par certains comme une idéologie issue de l'écologie.

     

    Il y a des idéologies de droite, et de gauche, mais être à droite ou être à gauche ne signifie pas nécessairement que l’on suit une idéologie.

     

    L'anarchie serait une idéologie, mais certaines définitions de cette dernière incluent un chef, ce qui rend discutable un statut d'idéologie pour la première.

     

    Le conservatisme qui s'oppose au progressisme : cela fait deux idéologies.

     

    Le nationalisme est une idéologie (qui serait destructrice si elle amène à la guerre). Selon une participante, le chauvinisme est un "petit péché".

     

    Le scientisme est une idéologie : il consiste à penser que tout est ou sera explicable par la science. Mais beaucoup de scientifiques ne sont pas scientistes.

     

    Le libéralisme est bien une idéologie ; la théorie du « ruissellement » (enrichir les riches finirait par enrichir aussi les pauvres) en est un avatar.

     

    Dans l’histoire ancienne, citons comme idéologies : celle des « Lumières », qui a abouti à la constitution Américaine et à la Révolution Française ; dans les Arts, le retour à la Grèce Antique à la Renaissance. Plus récemment, le nazisme et le communisme déjà cités.

     

    N’en déplaise à certains, le foot n’est pas une idéologie : il apporte une communion dans les beaux gestes sportifs, malheureusement accompagnée parfois par des mouvements de foule intempestifs.

     

    Le hooliganisme (qui incite à la haine et à la violence en prenant prétexte de supporter une équipe) est considéré par certains comme une idéologie, une sorte de nazisme à petite échelle, qui mène à des bagarres et à du racisme. Pour un participant, c'est plus un défoulement qu'une idéologie ou un idéal.

     

    La tolérance entre idéologies permet de reconnaître dans l’idéologie de son prochain toute son humanité, si du moins on consent à l’écouter.

     

     

     

    Conclusion du débat :

     

     

     

    Dans sa conclusion, en réponse à la question "comment lutter contre l'extrémisme ?", Jean-Marc s’est prononcé pour un développement de l'éducation, de l’esprit critique positif, du bon sens et de l’humanisme.

     

     

     

    C.R. rédigé Jean-Marc N.

     


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  • Juger sans préjuger

                                                                                                                                                  par Loman Bourdet

    Peut-on juger sans préjugés ou sans préjuger  ° ? sans préjuger, la décision s’annonce impartiale. Mais pouvons-nous encore juger sans préjuger ? Il y a forcément un minimum de concepts, de valeurs, qui nous permettent d’émettre un jugement, avant même d’avoir tous les éléments à notre disposition.

    Juger c’est arbitrer selon un code prédéfini, donner une décision, trancher pour une partie plus qu’une autre, donner son avis.

    Préjuger « juger-avant » c’est juger sans avoir tous les éléments en main pour prendre une décision impartiale. Préjuger, c’est aussi faire appel à son éducation (bases de la réflexion pourvue par l’instruction), son système de valeur (ce qui est bien, ce qui est mal) et sa propre histoire (cas similaire, empathie, etc.).

    Si l’on juge avec des préjugés, on risque de mal juger, précipiter une décision erronée. Si l’on juge Impossibilité de juger sans préjugés

    Nos pensées sont prétries de préjugés. Comment réagir à l’énoncé d’un verdict sur une affaire dont nous ne connaissons rien ? Ce sont alors les préjugés qui nous dictent qu’une décision est respectable ou non. Voici un exemple d’information (La Montagne, 16/12/2017) sur laquelle nous pouvons axer notre réflexion : « un voleur multirécidiviste condamné à de la prison ferme ».

    Nos pensées sont tournées vers les mots « voleur » et « multirécidiviste », ce qui semble dire que la personne avait déjà volé plusieurs fois, et qu’elle savait ce qu’elle faisait quand elle a à nouveau volé. Il est donc moralement normal qu’il soit condamné, le jugement est évident.

    A-     Se forcer à critiquer pour juger en toute liberté

    Alors que les bonnes questions seraient : était-il jugé pour ce qu’il a volé ou pour un tout autre acte ? Quelle est la profession de cette personne (voleur n’est pas un métier) ? Qu’a-t-il volé cette fois et qu’avait-il volé les fois précédentes ? Est-on sûr que les autres vols étaient bien de son fait ? Qu’a-t-il commis pour mériter la prison ferme ? A-t-il eu le temps de préparer sa défense ?

    La personne est présentée en tant que voleur, mais remplaçons ce mot par « militant », « robin-des-bois », « opposant politique », et notre (pré)jugement s’en trouve affecté, la décision pourrait avoir un tout autre sens. Nous ne voyons plus la personne de la même façon, et pourtant elle est la même que nous trouvions normal qu’elle soit condamnée. Le jugement n’apparait pas si évident.

    B-      Ce que nous apportent les préjugés

    Les préjugés sont des jugements non-fondés mais faut-il pour autant s’en débrasser ? Descartes dans Discours de la méthode montre que bon nombre de nos connaissances relèvent de préjugés. Ils ne sont pas un obstacle à la pensée puisqu’ils sont la base de nos certitudes, préparent la réflexion, et c’est un travail de juger sans préjuger. On peut alors juger sans se faire dominer par ses désirs. Mais avons-nous conscience de nos préjugés ?


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                                Compte-rendu du café débat du 24 Mars 2018 :

     

     

     

                        « Quels sont les dangers de l’idéologie ? »

     

     

     

    Un hommage a été rendu aux victimes de l'attentat de la veille (et tout particulièrement au gendarme héroïque).

     

    Qu’est-ce qu’une idéologie.

     

               Une définition  était donnée dans le texte d’introduction (qui doit rester court) Cependant, il s’est avéré nécessaire de la compléter. L’idéologie est une construction intellectuelle, un système prédéfini d’idées (cf de Stutte, au 18ème siècle), utilisant des axiomes (ou postulats, non démontrés) visant à définir un idéal pour le monde dans lequel nous vivons. Si elle est indémontrable, elle a néanmoins une cohérence et vise un avenir meilleur. Elle est propre à l’Homme, les animaux n’ont pas d’idéologie.

     

    Les idéologies ont souvent les mêmes caractéristiques que les religions chrétienne, juive ou musulmane,  ou même égyptienne : le paradis (chez les communistes la défaite  finale des capitalistes, un monde sans argent) ; l’ennemi ou le salaud (par exemple, pour les nazis, le juif, ou pour les religions le diable, le mal )

     

    Avantages de l’idéologie.

     

    Elle a pour fonction de se préparer à l’avenir, et même de le préparer, ce qui est une nécessité pour l’humanité.

     

    Elle donne le sentiment de résumer sa personnalité, par un mot se terminant par « iste », elle permet d’appartenir à un groupe,  où l’on se tient chaud. Elle peut même soigner  une anxiété existentielle.

     

    Elle organise des rituels, comme les processions, ou les manifestations, où l’on peut se sentir bien.

     

    Dangers.          

     

    L’idéologie amène souvent à une certitude de connaître la vérité (alors que ce n’est qu’un essai de s’en approcher) : cela est une des causes de la guerre.

     

    Elle peut enfermer dans un carcan, dans un dogme.

     

    Dans le cas des juges, c’est une catastrophe (cf le mur des cons !).

     

    Poussée à l’extrême, cela devient une drogue.

     

    Elle peut mener à désigner un bouc émissaire et à lui faire violence

     

    Elle peut servir de tremplin à des hommes sans vergogne  : le Marxisme aurait été utilisé par Lénine, qui au départ vivait en bourgeois, pour assouvir sa soif de pouvoir (voir le livre : « Lénine, l’inventeur du totalitarisme » par Stéphane Courtois, ed. Perrin.).

     

    Connaissant tous ces dangers, il est cependant possible de vivre son idéologie ou sa religion sereinement, et sans violence.

     

    Manque actuel d’idéologies ?

     

     Les politiciens actuels n’auraient aucune idéologie : ils se borneraient à gérer les affaires courantes.

     

    Pour d'autres, au contraire, il y aurait trop d'idéologies, que ce soit dans le domaine politique, économique, ou celles qui mènent à "l'anti France", au racisme sous toutes ses formes et/ou au terrorisme etc. On manquerait plutôt de cohésion nationale et/ou européenne et surtout de volonté, ainsi que d'humanisme, d'humanité et de bon sens.

     

    Un participant trouve que ceux qui ont une idéologie ne vont pas bien : on peut être si tranquille dans son coin des Yvelines ! D’ailleurs, les idéologies ne seraient que sournoises, et aliénantes (sauf l’idéologie du bonheur…).

     

     

     

    Ce qui est une idéologie, ce qui n’en est pas.

     

    Il ne faut pas confondre l’idéologie avec la nécessité de résoudre un problème. Dans ces conditions, le progrès n’est pas une idéologie, c’est un mouvement naturel de l’humanité, tendue vers l’amélioration de ses conditions de vie, même s’il peut paraître parfois discutable (nous rend-il plus heureux ?). De même pour l’écologie, qui n’est plus une option, mais une nécessité, et ses sous-ensembles comme le véganisme ; de même  pour la mondialisation, qui a permis de sortir de la famine bon nombre de nos contemporains, et pour la robotisation.

     

    Une idéologie peut cependant parfois être une  réponse  à un problème réel (par exemple, la crise économique dans l'Allemagne des années trente a favorisé la montée du nazisme).

     

    Il y a des idéologies de droite, et de gauche, mais être à droite ou être à gauche ne signifie pas que l’on suit une idéologie.

     

    Le nationalisme est une idéologie destructrice, en ce qu’elle mène directement à la guerre ; selon une participante, le chauvinisme n’est qu’un "petit péché".

     

    . Si l’anarchie est une idéologie , la xénophobie et le racisme ne seraient  que  des peurs conduisant à la haine.

     

    Les religions sont-elles des idéologies ? On retrouve bien en elles les axiomes à la base, la préoccupation du futur, les « salauds » (Satan, le mal). Cependant, leur construction n’est pas seulement intellectuelle : elle est initiée par la croyance dans une révélation divine. Disons qu’elles ont bien des caractéristiques d’une idéologie.

     

    La laïcité, selon la loi de 1905, n’est pas une idéologie : elle ne combat aucune religion, mais elle organise leur cohabitation dans la paix. Elle ne s’applique qu’aux religions, et non aux idéologies politiques. Cependant, elle peut être prise comme une affirmation de l’athéisme, ce qui peut en faire une idéologie, le laïcisme.

     

    Le scientisme est une idéologie : il consiste à penser que tout est ou sera explicable par la science. Mais la grande majorité des scientifiques ne sont pas scientistes.

     

    Le libéralisme est bien une idéologie ; la théorie du « ruissellement » (enrichir les riches finirait par enrichir aussi les pauvres) en est un avatar.

     

    La tolérance entre idéologies permet de reconnaître dans l’idéologie de son prochain  toute son humanité, si du moins on consent à l’écouter.

     

    Dans l’histoire ancienne, citons comme idéologies : celle des « Lumières », qui a abouti à la constitution américaine et à la Révolution française ; dans les arts, le retour à la Grèce Antique à la Renaissance. Plus récemment, à part le nazisme et le communisme déjà cités  : le modèle social Français (1945).

     

    N’en déplaise à certains, le foot n’est pas une idéologie : il apporte une communion dans les beaux gestes sportifs, accompagnée parfois par des mouvements de foule intempestifs (hooliganisme). Ce ne serait qu’un défoulement.

     

     

     

     

     

    Dans sa conclusion, en réponse à la question "comment lutter contre l'extrémisme ?", Jean-Marc s’est prononcé pour un développement de l'éducation, de l’esprit critique positif, du bon sens et de l’humanisme.

     

    C.R. rédigé par B.Delcourt.

     

     

     

     

     


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  • Quels sont les dangers des idéologies ?

     

    Qu'est-ce qu'une idéologie ? Quels exemples d'idéologies nous viennent à l'esprit ? Quels en sont les dangers ? Ont-elles des avantages ou seulement des inconvénients ?

     Qu'est-ce qu'une idéologie ? Une idéologie est un système de croyances, d'idées, de doctrines, de représentations, à partir desquelles la réalité est analysée ; les idéologies influent le comportement individuel ou collectif. Exemples : "Tout ce qui est de droite est mauvais, tout ce qui est de gauche est bon."  Ou, plus actuel : "Tout ce qui est mondialisation est bon, tout ce qui est contre est mauvais" et vice versa.

     Si chacun voit la vie à travers le prisme déformant de son idéologie, cela crée des conflits (parfois très violents) et empêche les bonnes solutions d'émerger. Cela nie l'apaisement, le pragmatisme, le sens du réel, la recherche de bonnes solutions et, plus généralement, cela nie le bon sens. Le bon sens étant la capacité à bien juger, à distinguer le vrai du faux. Voir le texte à ce sujet sur : http://ecomondiale.over-blog.com/2014/02/le-bon-sens-paysan-n-est-il-que-du-sens-commun-ou-est-ce-la-science-de-la-réalité.html Certains persistent à confondre le bon sens avec le sens commun, qui est la manière de juger selon les opinions dominantes dans une société donnée.

     Une idéologie a une phase de naissance, de vie puis de mort ou de mise en sommeil (prête à renaitre de ses cendres).

     Quels exemples d'idéologies nous viennent à l'esprit ? Quels en sont les dangers ?

     Certaines idéologies sont dangereuses pour la vie en société et le "vivre ensemble". Cela peut être le sexisme, la xénophobie et le racisme sous toutes leurs formes.

     Attention, contrairement à ce que certains pensent, le racisme n'est ni monolithique ni à sens unique. Si l’antiracisme a pour but de lutter contre le racisme c'est bien, si c'est pour voir du racisme partout et/ou seulement dans un sens (blancs vis-à-vis des autres, jamais l'inverse), non. De même si le féminisme a pour but de défendre les droits des femmes, il ne s’agirait pas que ce mouvement devienne une lutte anti hommes. La vérité est généralement complexe et nuancée. Les positions monolithiques et simplistes n'aident ni à la discussion, ni à la recherche de solutions réalistes.

     Les idées radicalement opposées et caricaturales au sujet de l’Europe ne peuvent évidemment coïncider. Ex : Une personne serait absolument hostile à toute idée de coopération européenne, tandis que l'autre serait une "euro béate" qui ne jugerait que par l'UE telle qu'elle est et rien d'autre. L'une rejetterait toute velléité de créer des normes communes, de coopérer dans le domaine de la police ou économique. L'autre serait aveuglée par la paix que l'UE aurait soi-disant permise à l'exclusion de toute autre influence et sans tenir compte des dégâts sociaux et culturels. L'une accuserait l'autre de "collaboration nazie" en permettant à l'Allemagne de peser sur le destin de l'Europe. L'autre renverrait la première à "voulant faire la guerre à l'Allemagne", "ne voyant pas plus loin que la ligne bleue des Vosges", de raciste, xénophobe, fasciste etc. Quel dialogue peut-il y avoir ? Quelles solutions peuvent émerger ?

     Le fascisme est une idéologie dangereuse. Certains se revendiquent comme étant fascistes ; d'autres ont des comportements fascistes, sans s'en rendre compte (en pensant même parfois lutter contre lui !) ; d'autres encore ont une idéologie fascisante, même si elle n'est pas liée au fascisme.

     Certaines idéologies vont jusqu'à condamner à mort ceux qui ne partagent pas la même pensée. Les extrémismes (politiques, mais aussi religieux) font partie des idéologies dangereuses.

     La loi française de 1905 sur la laïcité est plutôt bien faite, mais certains prennent la laïcité comme une religion (on peut les appeler "les laïcards").

     L'idéologie du "vivre ensemble" et celle du "multiculturalisme" : C'est très beau, c'est très bien, mais, pour que cela marche, il faut que les cultures soient compatibles entre elles et qu'il n'y ait pas de haine. Est-ce possible avec des gens qui ont des cultures d'exclusion, de dogmes, d'idéologies, de combat, de pouvoir, de conquête ? Est-ce possible avec des difficultés économiques (chômage de masse en particulier) ? Est-ce possible avec l'idéologie de la "repentance" ?

     A force de se repentir, d'oublier les choses positives, d'oublier les contextes historiques ainsi que les choses négatives des autres civilisations, cela pousse à vous détester et à pousser les autres à vous détester. Cela conduit à des haines et des heurts plus ou moins graves. Cela peut pousser à une guerre civile ! Si repentance il doit y avoir, il faut que ce soit complet et objectif et pas à sens unique. Et surtout passer à autre chose !  Comment lutter contre toutes les formes d'esclavagisme, sexuel ou économique, entres autres, qui existent encore de nos jours ?

     L'idéologie chez les juges est un grand danger ! La justice est censée être aveugle, ce qui n'est pas le cas si l'on a affaire à un idéologue. Quelle valeur a la justice en ce cas ? Cela peut remettre en cause l'un des principaux fondements de nos sociétés.

     L'idéologie liée au "Big Data" est illustrée dans le film, "The circle" qui est une bonne description des dangers (et avantages) de cette idéologie.

     L'idéologie du travail (le travail considéré comme une religion ou un dieu) est évoquée dans "Le travail est-il une valeur ?" sur http://ecomondiale.over-blog.com/article-6703003.html

     L'idéologie (l'utopie ?) du "ruissellement" : Autrefois les riches, les classes moyennes et les pauvres avaient un taux de croissance des revenus comparable (ces derniers restant néanmoins différents) alors que maintenant, la croissance ne profite quasiment qu'aux riches.

     L'idéologie cataloguant les propriétaires comme "méchants" et les non propriétaires comme "gentils" aboutit à des contraintes, des règlements, des taxes, des lois qui frisent parfois l'absurde et qui découragent les vocations de propriétaires loueurs, ce qui finit par aboutir à un manque de logements à louer donc se retourne contre les locataires. Au lieu d'investir dans des logements à louer, ce qui permettrait de faire baisser les prix des loyers (loi de l'offre et de la demande), les gens ayant de l'argent sont parfois poussés à des placements spéculatifs néfastes pour l'humain et l'économie. La loi va même jusqu'à donner plus de droits d'occupation à des squatters qu'aux propriétaires occupants ou aux locataires honnêtes ! Exemple : le cas de la personne âgée partie à l'hôpital et qui n'a pas pu rentrer chez elle, car son logement était occupé par des squatters (protégés par la loi !!!...)

     Au secours bon sens, reviens !

     Les idéologies ont-elles des avantages ou seulement des inconvénients ?

     Les idéologies ont-elles des avantages ? Oui et non. La politique, la religion, l'engagement social, le syndicalisme par exemple peuvent avoir de bons côtés lorsqu'il s'agit d'améliorer le sort de l'humanité et/ou de la rendre meilleure. Citons entres autres l'engagement de certains militants politiques, associatifs et/ou syndicaux qui se battent sur des mesures concrètes, parfois en étant eux-mêmes victimes de leur engagement, mais on peut d'avantage parler de convictions (certitude fondée sur des preuves évidentes), de militantisme, de générosité, de don de soi, etc.

     De même pour la religion : s'il s'agit de relier les hommes, d'améliorer l'être humain, de faire du bien, cela est bon. A l'inverse, de multiples exemples existent concernant les dérives de la politique, des associations, des syndicats, des religions.

     Notons que "faire du bien" est différent de "faire le bien" qui peut pousser à l'extrémisme ; car qu'est-ce que "faire le bien" ? En général c'est basé sur une idéologie et c'est la porte ouverte au mal : fermeture à la pensée libre, à l'écoute de l'Autre, au bon sens et à l'humanité. Cela peut pousser aux meurtres, aux massacres, au terrorisme, aux sacrifices humains, à l'exclusion de l'Autre - de celui qui n'est "pas bien", à la volonté de conquête, à l'hégémonie, au totalitarisme, à la tyrannie, aux emprisonnements arbitraires etc.

     Lorsqu'un "drogué d'une idéologie" ne raisonne qu'à travers elle, ne voit qu'elle, n'agit qu'à travers elle, il est un handicapé de la pensée, il est fermé à toute discussion qui n'irait pas dans son sens. C'est un extrémiste, donc une personne dangereuse, surtout s'il tue et/ou pousse d'autres à le faire. Certes, on peut avoir des convictions, à condition de rester ouvert, humain, réaliste et armé de bon sens, ce qui ne doit pas empêcher la créativité intelligente ainsi que la recherche du bien commun.

     

    Jean-Marc N.                        20/03/2018

     

    http://ecomondiale.over-blog.com/

    Pour voir le compte-rendu de séance, cliquer ici


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