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         La famille : qu’est-ce-que-c’est ? 

    Par Catherine Gantz.  

     

    Définitions : 

     

    -famille : communauté d’individus réunis par des liens de parenté, existant dans toutes les sociétés humaines. En sociologie,  unité de production, de reproduction biologique et de consommation, la famille est ce qui permet aux sociétés d’exister et de se perpétuer. Fait culturel, et non naturel, le groupe humain que constitue la famille prend des formes variables et complexes, plus ou moins élargies. 

     

    -couple : vivre ou avoir vécu en couple n’est pas moins fréquent qu’autrefois. En revanche, les couples se forment de plus en plus tard  et se séparent davantage. (INSEE) 

     

      

     

    En France, un peu d’histoire : pour 95% de la population :

    pour les classes populaires : 

     

    Au XVI ° et XVII°, le but de la vie était de préparer les générations à venir, à faire ce que les générations passées avaient fait. On disposait de règles claires pour façonner les relations au sein de la famille. Trois types de liens existaient simultanément :  1) les liens à la parentèle  2) les liens à la communauté, dont elle était membre (de travail, de prières…)   3) les liens avec les générations passées et à venir (lignage) 

     

    Le changement s’amorce  avec l’abandon des relations avec la parentèle éloignée, l’apparition de la notion de vie privée, d’intimité du foyer,  qui prévaut sur la communauté et l’abandon de l’esprit du lignage (qui définissait l’individu jusque-là). 

     

    Certaines hypothèses tentent d’expliquer cette métamorphose : l’anonymat de la vie urbaine, les révolutions industrielles successives,  le rationalisme et la laïcisation …  car aucun contrôle n’est possible avec l’éloignement et l’abandon du  fonctionnement chronophage des liens anciens permet un recentrage sur l’individu. 

     

    Une autre hypothèse, moins connue, est « l’intrusion du sentiment dans les trois domaines qui a contribué à déloger la famille traditionnelle des positions qu’elle occupait » : Les fiançailles : avant la formation des couples était basée sur des considérations matérielles (dot, augmentation du patrimoine). Avec les fiançailles, le critère de choix du partenaire est d’atteindre le bonheur personnel et l’épanouissement individuel. De même avec la relation mère/enfant : dans la société traditionnelle, le bien-être du nourrisson passait après bien des considérations (vivre, par ex.).Plus tard, la femme veille à ce que le bien-être du nourrisson- centre du monde, l’emporte sur tout autre souci (possible grâce aux progrès de la médecine). Alors intervient l’abandon des nourrices. 

     

    pour les classes supérieures : 

     

    Jusqu’au XVI°, la famille était une réalité morale, sociale plus que sentimentale. Dans toute la société, les enfants (7/9 jusqu’à 18 ans) étaient envoyés comme « apprentis » pour être éduqués. La notion de « service » est essentielle au Moyen-Age. Le jeune apprenait alors un métier, mais aussi les bonnes manières, par transmission, l’école étant alors une exception. L’enfant échappait très tôt à sa propre famille.  Au XV°, une révolution profonde et lente débute : la scolarisation permet aux enfants de rester chez leurs parents ; même s’il était pensionnaire, le lien avec la famille était moins distendu. Au XVII°, un réseau d’institutions scolaires s’est créé. La scolarité des filles ne se répandra pas avant le XVIII° ; longtemps, elles seront élevées par la pratique et l’usage, souvent dans les maisons des autres. 

     

    Jusqu’au XVII°, il n’existait pas de séparation entre la vie professionnelle, la vie privée, la vie mondaine ou sociale. La densité sociale interdisait l’isolement : à cette époque, c’est une promiscuité de tous les instants ; dans la même salle, on mangeait, on couchait, on dansait, travaillait ou recevait les visiteurs ! Au XVIII°, la famille commence à prendre ses distances à l’égard de la société : pièces donnant sur un couloir et plus en enfilade, les serviteurs sont appelés (sonnette), la chambre à coucher n’abrite que les lits, les visites se font à des heures « convenables » et non  plus sans prévenir … 

     

    Au XVIII°, l’égalité entre enfants est une des marques les plus caractéristiques. L’enfant est un élément indispensable de la vie quotidienne. Il deviendra plus tard le pivot de tout le système. 

     

    Dans beaucoup d’ouvrages, il est noté  que continuité e changement ont coexisté et qu’il est difficile de doser leur poids respectif. 

     

    En France, aujourd’hui : il existe actuellement une « bigarrure » des structures familiales, les familles se défont mais se rénovent aussi. Du fait des bouleversements intervenus dans la société, tels que le travail des femmes, la contraception, ,la contestation du pouvoir patriarcal et de l’autorité en général, la désacralisation du mariage, le refus du renoncement de soi pour la famille … le droit a suivi les mœurs : le divorce par consentement mutuel, l’augmentation des aides en faveur des femmes seules pour élever leurs enfants, la législation sur les couples homosexuels. La famille peut être traditionnelle, monoparentale, recomposée. On voit apparaître la « tribu », constituée d’un couple mixte ou homosexuel marié, ou non marié + enfant(s) , demi-frère(s) ou sœur(s), adoptés ou « fabriqués » mais aussi des grands-parents et de beaux grands-parents . Contrairement aux idées reçues, les solidarités intergénérationnelles continuent d’exister.  

     

    Les valeurs en hausse sont l’individualisation, l’autonomie et l’épanouissement. On note également la montée des valeurs centrées sur l’enfant : puérocentrisme. 

     

    L’amour conjugal tend à devenir un investissement à court ou moyen terme, le long terme s’est déplacé sur la relation parents/enfants. 

     

    En 1985, Françoise Héritier avait résumé  les solutions déjà connues en Afrique, en Asie et ailleurs, aux cas de figures apparemment  nouveaux  induits  par la biomédecine moderne : fécondation de l’épouse par un géniteur extérieur, cession d’enfant par une femme extérieure au couple, adoption d’enfants par des couples de  femmes stériles dont l’une est nommée « père ». Elle concluait : « Toutes les formules que nous pensons neuves sont possibles socialement et ont été expérimentées dans des sociétés particulières. Mais pour qu’elles fonctionnent comme des institutions, il faut qu’elles soient soutenues sans ambiguïté par la loi du groupe, inscrites fermement dans la structure sociale… ». 

     

    Des questions restent actuellement posées : comment le couple peut-il éduquer ses enfants dans un monde si mobile ? Peut-il, doit-il faire référence à sa propre enfance ? Comment  dissocier la question de la filiation et celle du couple ? Comment le parent peut-il envisager que sa place soit unique mais plus exclusive, et que son enfant puisse avoir d’autres références parentales (avec le rajout d’une figure inédite) ? Dans la « tribu », qui n’est pas le retour à la famille élargie, quelle est la place respective de chacun ? Les pratiques de substitution  (PMA ou don de gamètes) qui tendent à séparer sexualité et reproduction, sont mal assumées ; L’anonymat des donneurs et le secret lié à ces manipulations génétiques sont –elles  à remettre en cause ?  Peut-on considérer  que  l’intimité existant  avec  des amis très proches et le manque de lien du sang n’étant plus rédhibitoire,  la famille choisie ou la famille de cœur a toute sa place dans la société actuelle ?

     

     

     

                                            Le 26 Mai 2018 

     

    Bibliographie : 

     

    -Naissance de la famille moderne. E. Shorter. Ed. du Seuil 

     

    -L’enfant et  la vie familiale sous l’ancien Régime. P. Ariès. Ed. du Seuil (chap.III) 

     

    -Familles- Permanence et métamorphoses. Collectif. Ed. Sciences Humaines 

     

    -Revue MGEN .Avril 2018 

     

     

     


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  • La connaissance : quels enjeux

                                                               André Hans, le 5 Mai 2018

    D’abord une très ancienne question : Qu’est-ce que connaitre ?

    Connaitre est consubstantiel à la vie. En bon français cet aphorisme veut dire que tout être vivant, même le plus élémentaire connait, et cela depuis l’origine du vivant. Même une huitre, même une bactérie connait, car connaître c’est « Pouvoir identifier quelqu'un, quelque chose, reconnaître. Et tout être vivant doit impérativement re-connaitre, identifier dans son milieu extérieur les briques nécessaires à sa propre auto construction, pour les capter afin de les restructurer conformément au plan d’architecture encodé dans son génome. Faire du soi à partir de non-soi, afin de croitre et se multiplier.

    À partir de principes qui ont été retenus par 3.8 milliards d’années d’évolution, on peut passer graduellement du mode de connaissance le plus simple au plus complexe : la connaissance humaine. Survolons vite les étapes évolutives avec d’abord la connaissance intégralement héritée génétiquement des unicellulaires, puis la connaissance par renforcement, qui sera en mesure d’activer une réponse strictement stéréotypée puisée dans un registre de comportements figés, puis une connaissance avec une part d’apprentissage, et enfin une connaissance qui fait une part progressivement plus importante à des apprentissages induisant des comportements progressivement plus flexibles et complexes.

    Puis la connaissance humaine, qui est à la fois l’héritière des précédentes (de nombreuses recherches sur le cerveau se font sur des rats) mais en rupture. Et quelle rupture ! Un type de connaissance qui a conféré à notre espèce une domination sans précédent sur toutes les autres espèces. Platon n’affirma-t-il pas que notre connaissance est le souvenir d'un état ancien où, avant d'être incarnée dans un corps, notre âme vivait au contact immédiat des pures idées dans le monde intelligible. Une conception déterminante en philosophie qui fit dire à Whitehead « toute la philosophie occidentale n'est rien de plus qu'une note de bas de page ajoutée aux écrits de Platon. »  Longtemps dans le monde occidental l’idée que la connaissance était de nature surnaturelle a prévalue. Certain encore aujourd’hui avancent qu’elle restera à tout jamais inaccessible. Dans La Critique de la raison pure, Kant renverse le rapport classique sujet/objet : c’est désormais le sujet qui est au centre de la connaissance et non pas l’objet. Mais la voie ouverte par Kant n'a pas été poursuivie. Le vingtième siècle fut celui de la phénoménologie avec Brentano, Husserl et Heidegger, pour ne citer qu’eux. Pour Jacques COLETTE, professeur à la Sorbonne, la sentence est cruelle « On peut voir dans les philosophies de l’existence, soit une rechute dans un spiritualisme angoissé, soit l’abandon au nihilisme se complaisant dans les remous stériles de l’inachevé. » Pourtant, 2 siècles auparavant Kant préconisait « rechercher des éléments de la raison pure en ce qu’ils se laissent confirmer ou de réfuter par une expérimentation ». Pour Karl Popper une théorie que rien ne peut réfuter est dépourvue de caractère scientifique. 

    Pourtant au Moyen-âge, à Paris, la fameuse « querelle des universaux » eut le mérite de poser une des questions essentielles de la philosophe de la connaissance, celle de la dualité de la connaissance. La connaissance intuitive et la connaissance conceptuelle. En clair, par quel miracle sommes-nous capables de reconnaître spontanément et nommer des êtres et des choses en dépit de leur diversité d’apparence ? Prenons un exemple. Comment attribuons-nous spontanément sans la moindre hésitation une même dénomination, par exemple « horloge » à des objets aussi différents qu’une comtoise et une icône sur un écran d’ordinateur ? Pourquoi sans aucune hésitation reconnaissons-nous comme table aussi bien dans la petite table de café-bar au plateau circulaire porté par un seul pied et l’immense table de banquet, table faite de planches et tréteaux pour plusieurs dizaines de convives ? Ce que nous reconnaissons de commun à cette grande variété de mobilier, c’est la possibilité d’« Être à table ». N’est-ce pas là le concept de table et plus haut de l’horloge ? Ce terme d’« être avec » emprunté à Heidegger s’entend comme une relation commune particulière qu’il est possible de nouer avec tous ces mobiliers. Cet « être à table » implique d’abord la reconnaissance de la relation d’intrication physique qu’un sujet peut entretenir avec ce mobilier. Une relation entre un plateau maintenu horizontal à une hauteur comprise entre les coudes et les cuisses d’un sujet assis. Mais cette relation fonctionnelle n’épuise pas toute la richesse de notre relation avec ce mobilier. La table est un objet de sociabilité essentiel en occident.

    À l’inverse, nous attribuons parfois un grand nombre de dénominations à des objets rigoureusement identiques, mais auxquels nous prêtons une intention d’usage différent. Ainsi le même morceau de bois que l’on peut saisir d’une main, peut tout aussi bien être une perche tendue à quelqu’un en difficulté, un épieu pour se défendre, un mat pour tendre une toile, un javelot pour atteindre une cible, une gaule pour faire tomber des fruits, un piquet pour attacher une bête, un tuteur pour supporter une plante, etc. Un concept ce n’est pas l’objet physique en tant que tel, mais l’intention de l’usage que l’on projette sur lui, si peu que celui-ci s’y prête, moyennant des adaptations. Le concept de gaule c’est une tige suffisamment rigide et grande pour prolonger le bras en vue de cueillir des fruits trop hauts. Le concept de tuteur c’est bien le morceau de bois planté en terre pour soutenir un jeune plant.  Intentionnalité à bien distinguer de l’intentionnalité en phénoménologie qui porte essentiellement, pour le dire brièvement sur des états de conscience.

     

    Cette connaissance par concepts, ne serait-ce pas ce qui distingue radicalement les humains de tous les autres genres. C’est une connaissance construite selon une architecture particulière. Reprenant une hypothèse de Kant peu connue, puis de Simondon qui n’eut guère plus de succès, d’une généalogie de concepts où des concepts de rang inférieur participent à la création de concepts plus complexes et plus précis on peut établir par exemple une progression partant du plus général, du plus indistinct vers le plus précis, le plus complexe comme la progression : chose, vivant, animal, oiseau, perroquet, ara. Le système de catégorisation a, pour la chercheuse Hélène ROSCH, une dimension verticale et une dimension horizontale. La dimension verticale repose sur une relation d’inclusion, par exemple pour rouge gorge : être vivant, animal, oiseau, rouge gorge. La dimension horizontale repose sur une distinction entre mots d’un même niveau d’inclusion (termes coordonnés) comme canard et rouge gorge » 

    Ces hypothèses sont-elles une énième vue de l’esprit ? À quoi peuvent-elles bien servir autrement qu’à se faire mal à la tête ? La thèse développée dans cet ouvrage, d’une connaissance structurée selon une arborescente réticulée de concepts, peut se soumettre aux critères de réfutabilité de Popper. La pertinence d’une telle architecture peut être éprouvée expérimentalement, notamment à partir de deux types d’aphasie (trouble du langage) l’une consécutive à une lésion cérébrale localisée, l’autre due à la maladie d’Alzheimer. À partir d’une ‘’ déconstruction’’ de concepts, spécifique à ce modèle, il serait possible de prévoir les termes du lexique qui sont préférentiellement affectés chez chacun de ces patients. 

    Les enjeux

    Le paradoxe de la connaissance, c’est qu’elle sache si peu d’elle-même. Et pourtant plus qu’à toute autre époque la connaissance est devenue stratégique. Qu’est devenu l’ambitieux projet de l’Europe de la connaissance ? L’effondrement de la France dans les enquêtes PISA fait craindre son déclassement pour devenir une nation de second ordre. Aux USA, en Suisse et bien d’autres pays, on a bien compris que l’enjeu pour demain, c’est de retenir les meilleurs cerveaux. Mieux connaitre la connaissance, n’est-ce pas le moyen de mieux la transmettre. La créativité, l’invention, l’innovation sont plus que jamais à l’honneur. Encore faut-il ne pas la stériliser dès le plus jeune âge. La connaissance humaine, se distingue de celle des aux autres espèces c’est la thèse développée ici, c’est avant tout un édifice, une construction. Encore faut-il la doter de solides fondations pour qu’une tour puisse tutoyer les nuages. Les savoirs non structurés, rapidement mémorisés en vue d’un examen seront aussi vite oubliés.    

     

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  •                                                                        Qu'est ce que la virilité?

                                                                       

                                                                par Josette Saint-Marc

     

     

     Avant de commencer, je voudrais préciser que mon intention, en choisissant ce thème, n’est pas d’entrer dans une guerre sexiste.

    Atterrée par les conflits, la violence, les guerres, qui éclatent partout sur la planète, je me pose la question :  la virilité n’en serait-elle pas la Source ?

    J'ai bien conscience que mon propos peut choquer, voire agresser, mais là, je le répète, n’est pas mon intention, car évidemment tous les hommes ne sont pas des dictateurs violents, des violeurs, ou, dans les cas les plus extrêmes, des terroristes. Chercher à connaître l’origine de ces symptômes comportementaux « destructeurs » qui découlent de leur sentiment de virilité, donc de supériorité, serait une excellente chose afin de faire avancer l’Humanité.

     

    Qu'est-ce que la virilité ?

     

    Étymologie,  racine du mot latin « VIR » : À côté du terme générique homo (l'être humain, terme qui s'applique donc aux femmes et aux hommes: homo sum - je suis un homme, dans le sens un être humain), Le terme vir désigne le mâle (dérivant lui-même du sanskrit viras signifiant: «héros», «fort»!

     

    Derrière ce mot qui, pour moi, est une « construction sociologique », que d'incompréhension, de confusion, de peur ! Peur de ne pas être viril, fort… Peur de ne pas être un homme, un vrai ! Cette peur entraîne un désir de puissance donc de domination : soumettre afin de prouver sa force, sa valeur, sa raison d’être.

    Le désir de posséder crée un appétit de conquête, développe l’instinct guerrier. Le désir de prouver sa valeur peut aller jusqu'à l’aliénation. Cette construction est basée sur la toute-puissance guerrière, sexuelle et donc politique : valorisation de la force, de la performance (mot très à la mode) d’où le   goût du pouvoir, de l’argent qui est un outil au service du pouvoir.

    Où commence l'abus de pouvoir ?

    Je pense que le premier dominé est l'homme : en effet il est tombé dans son propre piège dont il a beaucoup de mal à sortir, il s’est fait lui-même prisonnier du Mythe de la virilité. C’est une quête sans fin, une épreuve de force, pour lui d'abord, et ensuite pour les autres : femmes, hommes, enfants, planète. C’est l’exploitation de l'homme par L’homme !

    Pour atteindre ses buts l’homme réprime totalement ses émotions qui sont pour lui un signe de faiblesse, ou qui, au contraire, le font réagir sans aucune maîtrise. Il redoute l'impuissance (terme utilisé à propos de la sexualité), déteste l’efféminement.

    Le sexe de l'homme est à l’extérieur : quand il ne se dresse plus on dit qu'il est impuissant ! (Symboliquement c’est très parlant.) Ce qui est un véritable trauma, une aliénation, je dirais même que son sentiment d'exister peut-être gravement atteint. A l'heure actuelle nous avons des exemples bien vivants (Trump, Kim Jong-un, Bachar Al Assad.) Effectivement ce sont des cas extrêmes qui relèvent, d’après moi, de la psychiatrie. C’est la guerre du plus fort, du plus intelligent du plus puissant, donc du plus VIRIL ! A mon sens c'est vraiment une réduction de ce qu'est un homme !

    Bien que les mentalités aient évolué je pense qu'il y a encore du boulot et cela passe par l’éducation.

    Laissons aux hommes le droit d'avoir peur, de ne pas savoir, d'être tristes, de pleurer : ils seront plus humains. S’ils s'autorisaient à s'abandonner à leurs émotions ils seraient plus proches de la souffrance des autres, plus compatissants et donc moins violents, durs, dominateurs.

    On disait aux petits garçons « Ne pleure pas tu n'es pas une fille ! » Ou « Sois un homme mon fils ! » « Sois courageux, sois fort » (aussi bien physiquement que psychologiquement) Or la maîtrise des émotions risque d’engendrer une rupture avec le Sentiment Humain. Pour ne pas faiblir, ils se construisaient une armure émotionnelle, ils devenaient durs, violents : l'armure protège des coups mais aussi des caresses !

     Je pense que la virilité est une « idéologie aliénante. » Sa mission : prouver la valeur de l’homme, sa supériorité. Cela est destructeur, usant, car violent pour l’homme lui-même. C’est une prison et Marx parle des « hommes dominés par leur domination ». On retrouve ce goût de la compétition dans le sport ; c'est moins dangereux, mais tout aussi symptomatique.

    Cette compétition que je qualifierai d'infernale participe à la destruction de la Nature, de l’Humanité.

    Ce mot s’est transformé en « Économie » en « Compétitivité ». Un véritable mantra : l'argument en Or pour tirer les salaires vers le bas, les acquis sociaux, afin d’être toujours plus compétitif, et cela au détriment de l'Humain. C’est la lutte pour être classée la 1ère, 2ème, 3éme puissance mondiale, ce qui entraîne un appauvrissement des citoyens et développe la misère ! Ce terme qui est une suite logique de l'esprit de compétition est la conséquence de ce mythe de la virilité ! Toujours plus! Plus vite, plus riche, plus fort, plus, plus…

    Bien sûr il y a aussi des femmes qui aiment la compétition sportive, c'est vrai ! Ces femmes ont peut-être un côté masculin plus développé !

    Cette course folle est sans fin car, pour devancer l'autre, il faut l’écraser, l’éliminer, voire le faire disparaître ! Cela est valable au niveau de l'individu, au niveau des rivalités politiques, dans les entreprises et les nations ; elle engendre la révolte, la vengeance des vaincus, des faibles : « on récolte ce que l'on a semé. »

    Ce n'est pas l'esprit de coopération qui règne, hélas !

    Virilité=Puissance phallique ! Devoir de performance ! Dans tous les domaines ! Je dirai même Dictature de la Performance sexuelle et autres !

    Cette puissance phallique se concrétise aussi avec les voitures (ma bagnole disent-ils !), de plus en plus rapides, longues, puissantes. D’ailleurs le comportement au volant de certains hommes est révélateur : coller, klaxonner, insulter parfois ! (Levier de vitesse = phallus)

    On la retrouve également dans les tours : on en construit de plus en plus et de plus en plus hautes. Elles se dressent et dominent ! Très Symbolique !

    Pour moi, la virilité ne s'exprime pas seulement envers la Femme.

    Je conclurai en disant que la virilité est une illusion, un rêve, un mythe, un piège et qu'elle a fait beaucoup de dégâts !

    Les mouvements féministes ont bousculé tout ça et nous avançons, bien lentement cependant, vers un nouveau modèle. Je l'espère en tout cas pour le bien-être de tous.

    J'ajouterai que les femmes ont leur part de responsabilité dans leurs relations aux hommes ! La relation se joue au minimum à deux.

    Un sujet sur la féminité écrit par un homme serait intéressant.

     

     

     


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                 Compte-rendu du café débat du 24 Mars 2018 :

     

     

     

                        « Quels sont les dangers des idéologies ? »

     

     

     

    Un hommage a été rendu aux victimes de l'attentat de la veille (et tout particulièrement au gendarme héroïque).

     

     Qu’est-ce qu’une idéologie ?

     

     

     

    Une définition synthétique était donnée dans le texte d'introduction (qui doit rester court). Cependant, il s’est avéré nécessaire de la compléter.

     

    L’idéologie est une construction intellectuelle, un système prédéfini d’idées (cf de Stutte, au 18ème siècle), utilisant des axiomes (ou postulats, non démontrés) visant à définir le monde dans lequel nous vivons. Si elle est indémontrable, elle a néanmoins une cohérence et permet d’avoir son avis sur le futur. Elle est propre à l’Homme, les animaux n’ont pas d’idéologie.

     

     

     

    Quels peuvent être les avantages des idéologies ?

     

     

     

    Au départ, il y a un postulat de base, la construction d'un monde, un regroupement. La construction est intelligente, cohérente. Il y a une base qui accepte, d'autres qui s'alignent, car les points de vues convergent.

     

    Les idéologies correspondent à des besoins des gens, par exemple être reconnus (cela apporte des avantages à certains), parfois c'est une réponse (qui peut être bonne, mais aussi mauvaise) à un problème réel (par exemple, la crise économique dans l'Allemagne des années trente a favorisé la montée du nazisme).

     

    Une idéologie a pour fonction de se préparer à l’avenir, et même de le préparer, ce qui est une nécessité pour l’humanité. C'est une façon de lutter contre l'incertitude que l'on ne supporte pas.

     

    Elle donne le sentiment de résumer sa personnalité, par un mot se terminant par "iste", elle permet d’appartenir à un groupe, où "l’on se tient chaud". Elle peut même soigner une anxiété existentielle.

     

    Elle organise des rituels, comme les processions, ou les manifestations, où l’on peut se sentir bien.

     

     

     

    Quels sont les dangers des idéologies ?

     

     

     

    L’idéologie amène souvent à une certitude de connaître la vérité (alors que ce n’est qu’un essai de s’en approcher) : cela peut amener à des heurts, des affrontements, c'est une des causes de la guerre.

     

    Elle peut enfermer dans un carcan, dans un dogme.

     

    Si elle n'est pas adoptée par d'autres, cela peut être considéré comme une offense.

     

    Dans le cas des juges, l'idéologie est une catastrophe (cf le mur des cons !).

     

    Poussée à l’extrême, cela devient une drogue.

     

    Elle peut mener à désigner un bouc émissaire et à lui faire violence

     

    Pour des gens ayant raté leur vie, peu importe pour eux de mourir pour leur idéologie.

     

    Elle peut servir de tremplin à des hommes sans vergogne ; le Marxisme aurait été utilisé par Lénine, qui au départ vivait en bourgeois, pour assouvir sa soif de pouvoir (voir le livre : « Lénine, l’inventeur du totalitarisme » par Stéphane Courtois, ed. Perrin.).

     

    Elle peut pousser à la haine, à la violence et à détruire ce qui va à son encontre.

     

    Connaissant tous ces dangers, il est cependant possible de vivre son idéologie ou sa religion sereinement, et sans violence.

     

     

     

    Y aurait-il actuellement un manque d'idéologies ?

     

     

     

    Pour certains, les démocraties occidentales pêcheraient par manque d'idéologie. Les dirigeants, bien que sachant manipuler et se faire élire, n'auraient aucune idéologie et se borneraient à gérer les affaires courantes.

     

    Pour d'autres, au contraire, il y aurait trop d'idéologies, que ce soit dans le domaine politique, économique, ou celles qui mènent à "l'anti France", au racisme sous toutes ses formes et/ou au terrorisme etc. On manquerait plutôt de cohésion nationale et/ou européenne et surtout de volonté, ainsi que d'humanisme, d'humanité et de bon sens.

     

    Un participant trouve que ceux qui ont une idéologie ne vont pas bien : on peut être si tranquille dans son coin des Yvelines ! D’ailleurs, les idéologies ne seraient que sournoises, et aliénantes (sauf l’idéologie du bonheur…). Ce serait prétentieux de vouloir que tout aille bien dans le monde.

     

     

     

    Comment remplacer l'idéologie ?

     

     

     

    Un drogué d'une idéologie est fasciné par une construction cohérente. Si on démoli son idéologie, il se retrouve sans rien. Il se défend bec et ongles. Comment remplacer l'idéologie ? Comment lutter contre l'extrémisme ?

     

    Il faut développer l'humanisme, le sens critique, le bon sens, le respect de l'Autre.

     

     

     

    Les religions sont-elles des idéologies ? :

     

     

     

    Certains concepts religieux peuvent se voir détournés dans les idéologies :

     

    - Le paradis aux cieux peut, dans une certaine mesure, se voir détourner/décliner sur terre par certaines idéologies (par exemple chez les communistes, sous la forme de la défaite finale des capitalistes)

     

    - L'ennemi (nombreux exemples dans les idéologies) pourrait, selon ces dernières, se comparer au "mal" religieux.

     

    On retrouve aussi en commun la préoccupation du futur. Cependant, contrairement aux idéologies, la construction d'une religion n'est pas seulement intellectuelle, mais elle est initiée par un message externe à l’humanité (ou prétendu tel).

     

    Les religions ne posent pas de problème si elles sont pratiquées paisiblement. C'est le totalitarisme (religieux ou pas) qui pose un problème.

     

    Les religions ne doivent pas obligatoirement tomber dans la violence. Historiquement, c'est arrivé, mais on peut vivre sa religion paisiblement.

     

    En France, nous avons la chance de pouvoir adhérer à différentes religions, ce n'est pas le cas partout.

     

    La laïcité, selon la loi de 1905, n’est pas une idéologie : elle ne reconnaît aucune religion, mais elle organise leur cohabitation dans la paix. Elle ne s’applique qu’aux religions, et non aux idéologies politiques. Cependant, elle peut être prise comme une affirmation de l’athéisme, ce qui en ferait une idéologie.

     

     

     

    Ce qui est une idéologie, ce qui n’en est pas :

     

     

     

    Il arrive parfois qu'une idéologie réponde (plus ou moins bien) à un vrai problème. Inversement, toutes les réponses à un vrai problème ne sont pas forcément des idéologies.

     

    Il ne faut pas confondre l’idéologie avec la nécessité de résoudre un problème. Dans ces conditions, le progrès n’est pas une idéologie, c’est un mouvement naturel de l’humanité, tendue vers l’amélioration de ses conditions de vie, même s’il peut paraître parfois plutôt gênant (nous rend-il plus heureux ?). De même pour l’écologie, qui n’est plus une option, mais une nécessité. La mondialisation, de son côté, est une réalité de notre époque. La robotisation, quant à elle, fait partie de la notion de progrès (allège la charge humaine).

     

    Cependant, tout excès en ces domaines peut être une idéologie néfaste (entrainant chômage, productivisme, etc.)

     

    Le véganisme (qui découle généralement d'une idéologie sur les relations des humains aux animaux) est considéré par certains comme une idéologie issue de l'écologie.

     

    Il y a des idéologies de droite, et de gauche, mais être à droite ou être à gauche ne signifie pas nécessairement que l’on suit une idéologie.

     

    L'anarchie serait une idéologie, mais certaines définitions de cette dernière incluent un chef, ce qui rend discutable un statut d'idéologie pour la première.

     

    Le conservatisme qui s'oppose au progressisme : cela fait deux idéologies.

     

    Le nationalisme est une idéologie (qui serait destructrice si elle amène à la guerre). Selon une participante, le chauvinisme est un "petit péché".

     

    Le scientisme est une idéologie : il consiste à penser que tout est ou sera explicable par la science. Mais beaucoup de scientifiques ne sont pas scientistes.

     

    Le libéralisme est bien une idéologie ; la théorie du « ruissellement » (enrichir les riches finirait par enrichir aussi les pauvres) en est un avatar.

     

    Dans l’histoire ancienne, citons comme idéologies : celle des « Lumières », qui a abouti à la constitution Américaine et à la Révolution Française ; dans les Arts, le retour à la Grèce Antique à la Renaissance. Plus récemment, le nazisme et le communisme déjà cités.

     

    N’en déplaise à certains, le foot n’est pas une idéologie : il apporte une communion dans les beaux gestes sportifs, malheureusement accompagnée parfois par des mouvements de foule intempestifs.

     

    Le hooliganisme (qui incite à la haine et à la violence en prenant prétexte de supporter une équipe) est considéré par certains comme une idéologie, une sorte de nazisme à petite échelle, qui mène à des bagarres et à du racisme. Pour un participant, c'est plus un défoulement qu'une idéologie ou un idéal.

     

    La tolérance entre idéologies permet de reconnaître dans l’idéologie de son prochain toute son humanité, si du moins on consent à l’écouter.

     

     

     

    Conclusion du débat :

     

     

     

    Dans sa conclusion, en réponse à la question "comment lutter contre l'extrémisme ?", Jean-Marc s’est prononcé pour un développement de l'éducation, de l’esprit critique positif, du bon sens et de l’humanisme.

     

     

     

    C.R. rédigé Jean-Marc N.

     


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  • Juger sans préjuger

                                                                                                                                                  par Loman Bourdet

    Peut-on juger sans préjugés ou sans préjuger  ° ? sans préjuger, la décision s’annonce impartiale. Mais pouvons-nous encore juger sans préjuger ? Il y a forcément un minimum de concepts, de valeurs, qui nous permettent d’émettre un jugement, avant même d’avoir tous les éléments à notre disposition.

    Juger c’est arbitrer selon un code prédéfini, donner une décision, trancher pour une partie plus qu’une autre, donner son avis.

    Préjuger « juger-avant » c’est juger sans avoir tous les éléments en main pour prendre une décision impartiale. Préjuger, c’est aussi faire appel à son éducation (bases de la réflexion pourvue par l’instruction), son système de valeur (ce qui est bien, ce qui est mal) et sa propre histoire (cas similaire, empathie, etc.).

    Si l’on juge avec des préjugés, on risque de mal juger, précipiter une décision erronée. Si l’on juge Impossibilité de juger sans préjugés

    Nos pensées sont prétries de préjugés. Comment réagir à l’énoncé d’un verdict sur une affaire dont nous ne connaissons rien ? Ce sont alors les préjugés qui nous dictent qu’une décision est respectable ou non. Voici un exemple d’information (La Montagne, 16/12/2017) sur laquelle nous pouvons axer notre réflexion : « un voleur multirécidiviste condamné à de la prison ferme ».

    Nos pensées sont tournées vers les mots « voleur » et « multirécidiviste », ce qui semble dire que la personne avait déjà volé plusieurs fois, et qu’elle savait ce qu’elle faisait quand elle a à nouveau volé. Il est donc moralement normal qu’il soit condamné, le jugement est évident.

    A-     Se forcer à critiquer pour juger en toute liberté

    Alors que les bonnes questions seraient : était-il jugé pour ce qu’il a volé ou pour un tout autre acte ? Quelle est la profession de cette personne (voleur n’est pas un métier) ? Qu’a-t-il volé cette fois et qu’avait-il volé les fois précédentes ? Est-on sûr que les autres vols étaient bien de son fait ? Qu’a-t-il commis pour mériter la prison ferme ? A-t-il eu le temps de préparer sa défense ?

    La personne est présentée en tant que voleur, mais remplaçons ce mot par « militant », « robin-des-bois », « opposant politique », et notre (pré)jugement s’en trouve affecté, la décision pourrait avoir un tout autre sens. Nous ne voyons plus la personne de la même façon, et pourtant elle est la même que nous trouvions normal qu’elle soit condamnée. Le jugement n’apparait pas si évident.

    B-      Ce que nous apportent les préjugés

    Les préjugés sont des jugements non-fondés mais faut-il pour autant s’en débrasser ? Descartes dans Discours de la méthode montre que bon nombre de nos connaissances relèvent de préjugés. Ils ne sont pas un obstacle à la pensée puisqu’ils sont la base de nos certitudes, préparent la réflexion, et c’est un travail de juger sans préjuger. On peut alors juger sans se faire dominer par ses désirs. Mais avons-nous conscience de nos préjugés ?


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