•                                                                                 D’où vient la violence            

    La violence prend des formes multiples, de la plus extérieure et générale, massivement organisée, celle des Etats (la guerre, certaines famines, les génocides) jusqu’à la plus intime, la violence contre sa famille (enfants, conjoint) et contre soi (suicide, drogue). Entre ces deux extrêmes, on trouve les violences ethniques, celles des mafias et des terroristes auxquelles répondent violemment les Etats avec une supériorité technique et numérique, la violence dans la rue, etc.

    La violence peut être physique, verbale, psychologique, sexuelle, économique, etc…

    La tolérance à la violence change avec le lieu et l’époque : « La définition de la violence a changé. Ce qui était considéré jadis comme tolérable est devenu intolérable aux yeux de la société. C’est le cas des violences sexuelles, des violences conjugales, des maltraitances à enfants, des bagarres entre collégiens, des agressions physiques ou verbales à caractère raciste ou homophobe, des pratiques violentes de bizutage » [1]  C’est même vrai de l’homicide !

    Contrairement à l’image qu’en donnent les médias, la violence dans le monde est en régression continue, qu’il s’agisse des guerres ou des homicides[2]. Les causes de cette décroissance sont :

    1.       un effet civilisationnel « Il est probable qu’un processus de pacification des mœurs continue à travailler la société française et participe du recul continu de l’usage de la violence comme issue aux conflits ordinaires et quotidiens de la vie sociale.[…] notre société ne supporte plus la violence, ne lui accorde plus de légitimité, ne lui reconnaît plus de sens. »1

    2.       un effet de disciplinarisation par les lois et la justice, effet qui a été favorisé par la centralisation progressive du pouvoir royal en particulier aux 15e et 16e siècles. C’est le rôle de l’Etat de réglementer la violence qui devient son monopole : seul l’Etat a le droit d’intervenir avec violence, à part la légitime défense que l’Etat autorise.

    Parmi les causes de la violence, on peut citer :

    L’humiliation

     « L’humiliation engendre et prépare les violences futures. […]Or les humiliés à leur tour risquent d’être humiliants, il y a alors une sorte de contamination d’humiliation qui touche peu à peu tous les tableaux de la vie des individus et des sociétés. L’humiliation est de la violence différée… […] L’humiliation atteint donc les deux racines de la dignité humaine, celle de l’estime de soi et celle du respect d’autrui.[… ] l’humiliation aussi se propage. Une humiliation dans le monde de l’emploi peut avoir des répercussions dans la famille, sur la santé, etc.[3]

    Le manque de mots, l’impuissance linguistique

    Ne pas maîtriser la langue orale, ne pas savoir lire vraiment couramment (accéder au sens sans effort), constituent des handicaps très graves aux échanges avec autrui. Celui qui en est victime ne peut communiquer qu’avec des très proches sur des sujets connus. Il ne peut pas communiquer avec un autre vraiment différent de lui, encore moins sortir des frontières de son espace habituel grâce aux écrits du monde entier. Les autres lui font peur, il les ignore. Quand il se sent en danger, il frappe…

    L’insécurité interne

    Celle-ci touche souvent des adolescents. « Le comportement violent devient le moyen de retrouver par la destructivité une forme de pouvoir et de maîtrise de la situation qu’il ne peut avoir par la recherche du plaisir ou du succès.» [4]

    L’absence de sens, le vide

            Absence de sens > anxiété >  moment paranoïde  > délire logique du bouc émissaire/sacrifice

    L’absence de sens génère la séquence ci-dessus, très bien décrite par Boris Cyrulnik. Le besoin de sens est fondamental, vital. « On ne peut pas s'orienter dans un monde insensé, on ne peut pas s'adapter à un monde confus, mais dès qu'une forme apparaît on se sent mieux, parce que l'insensé en devenant explicable donne une clarté qui ordonne une stratégie d'existence. Désormais on sait que faire, où se cacher, qui affronter ».[5]

    Elle peut aller jusqu’au terrorisme : « Lorsqu'une personne ne parvient pas à exister, […] dans un tel contexte appauvri, l'envoûtement terroriste offre un moment d'existence, un sursaut de dignité. On devient terroriste pour vivre une passion dans un milieu sans espoir. »4

    La perversité, un monde sans altérité.

                     Perversité = un monde sans autrui, l’autre n’existe pas

    La perversité peut être habituelle, structurelle : il s’agit d’un psychopathe qui s’est construit ainsi, il est pervers dans toutes les composantes de sa vie.

    Elle peut aussi être conjoncturelle, ne se produisant que dans certaines circonstances : il s’agit alors d’ « un homme ni névrotique, ni psychopathe, ni traumatisé dont l'existence est telle qu'il se laisse enga­ger dans une aventure perverse. »4 Exemples : le terroriste, le nazi cultivé, qui mène par ailleurs une vie de bon père de famille, le brave hutu, le gentil khmer rouge… « La violence […] répare l'humiliation, mais crée un monde mental sans autrui. L'autre est réduit à l’idée qu’on s'en fait et non pas à l'expérience qu'on pour­rait en avoir. […] [Elle] apporte un soulagement momentané qui empêche les solutions durables. » 

    L’appauvrissement affectif.

    L’appauvrissement affectif peut générer une perversité. L’empathie est étouffée. Il y a de multiples sources à cet appauvrissement affectif : isolement, abandon, la routine, un parent trop exclusif, groupe fusionnel, l’addiction aux écrans…

     «  Que leur famille soit aisée ou pauvre, religieuse ou non, un confinement affectif les a iso­lés au cours de leur développement. La routine les a rendus bons élèves, la pauvreté les a mal socialisés, […]. Les futurs ter­roristes ont été coupés des autres et du réel sensible […] Quand ce confinement individuel se conjugue avec une humiliation, surgit alors un espoir fou : tuer et mourir pour vivre mieux ! »4  Il peut s’y ajouter un phénomène d’emprise qui fait perdre toute autonomie de pensée. C’est un processus cognitif : le psychisme s’est rigidifié, la conscience est anesthésiée.

    En résumé je retiens trois mots-clés générateurs de violence : l’humiliation, l’absence d’altérité, le manque de sens.

     
                                                                   Marie-Odile Delcourt            Débat du 18 Novembre 2017


    [2] Vient de sortir La part d’ange en nous de Steven Pinker, professeur à Harvard. Les Arènes

    [3] Olivier                Abel (Se montrer, s’effacer, in La dignité aujourd’hui, Bruxelles, Ed. des Facultés Universitaires Saint-Louis, 2007.

    [5] Boris Cyrulnik. Autobiographie d’un épouvantail. Odile Jacob.2008


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  •                      « La nation, un concept dépassé ? »

     

     

     

     Le territoire national.  

     

     Le territoire commun à défendre ou à acquérir, par la force, est le point de départ d’une nation. Il est à cet égard remarquable, en visitant la France, de trouver un château-fort par village, signe que les questions de territoire ont débuté à l’échelle du village. En remontant plus loin, les clôtures entre les champs datent de la sédentarisation des agriculteurs.

     

     Certains peuples sont privés de territoire national: les Kurdes, les Rohingyas, des peuples du Moyen orient. Dans beaucoup de cas, les limites du territoire national ont été décidées sans consultation des peuples : au Sénégal par exemple, le fleuve du même nom a été choisi comme frontière avec la Mauritanie, sans souci des populations locales, les familles étant souvent séparées. De même, les frontières du Koweit ont été tracées par les Anglais, qui voyaient dans cette contrée une étape agréable sur le route des Indes ; le suite a été tragique. De même pour les frontières en Amérique,où elles sont stables, et au Moyen Orient ou dans les Balkans, où elles ne le sont pas.

     

     En Europe, les limites nationales ont été en gros déterminées par le traité de Westphalie en 1648, bien qu’il y ait eu des changements par la suite, après des guerres. Ces frontières jouent le même rôle que la porte d’entrée d’une maison.

     

               Les moyens de l’assimilation nationale.

                Dans le passé, les immigrés pouvaient s’assimiler en relation avec les institutions  locales communément reconnues ; l’école, l’église, et l’usine. Cependant ces institutions sont contestées : pour l'école, du fait de la contestation de plus en plus forte de sa légitimité et de son autorité ; pour l'église du fait de la sécularisation ; et a tendance à disparaître pour l'usine, du fait de la mondialisation et de la désindustrialisation.

     

                L'école reste le premier lieu de l'intégration. Cependant, si l'intégration par l'éducation nationale a longtemps bien fonctionnée, actuellement, cela réussit de moins en moins bien, du fait de la contestation, par certains élèves, de certaines valeurs républicaines et laïques (respect de l'autorité du professeur, égalité filles/garçons, par exemple) ou de certains faits scientifiques (évolution par exemple). De plus, la violence, la misère sociale, la drogue etc., venant de l'extérieur, ont un impact négatif sur l'école. Il a été cependant reconnu l'implication et la volonté de bien faire de beaucoup d'enseignants, avec souvent des réussites malgré les difficultés de plus en plus fortes.

     

    Pour faire réellement partie d'une nation, il faut le vouloir. Il est possible d'obtenir une nationalité par le droit du sang et/ou par le droit du sol, mais si l'on n'aime pas son pays, c'est une traîtrise. Pour "faire nation", aimer son pays est primordial. C'est une question de cœur. De trop nombreux français n'aiment pas la France (ceux qui combattent la France par les attentats bien sûr, mais aussi les évadés fiscaux, certains politiciens, certains "intellectuels" etc.). Par exemple, certains fraudent le fisc, profitent indûment de certains avantages, critiquent la France et les Français de façon officielle au vu et au su du monde entier, bradent de façon scandaleuse la technologie et des fleurons français etc. A cet égard, certains français naturalisés aimant la France peuvent être, en réalité, plus français que certains français qui ont obtenu la nationalité à la naissance et qui détestent la France.

     

    Pour le "vivre ensemble", i faut une culture et des valeurs communes (dans l'idéal) ou, au moins, des cultures compatibles entre elles et aussi avec les valeurs de la nation.

     

              Le « sentiment national », selon Michelet, remonterait à Jehanne d’Arc.

     

     La langue.

     

    Reste cependant la langue, nécessaire pour les échanges. Au passage, la clause « Molière », qui enjoint que les travailleurs parlent le Français serait nécessaire pour la sécurité.

    Sous Louis XIV, même les filles d’aristocrates parlaient les patois locaux, et Mme de Maintenon avait créé une école exprès pour qu’elles apprennent le Français.

     

     Il y a une cinquantaine d’années, ces patois locaux existaient encore un peu partout en France : ils ont presque tous disparu. Certains jeunes refusent de parler correctement le français, la vie en société les obligera à s’y mettre.

     

    Les pays ayant plusieurs langues sont fragiles : la Belgique, le Québec et l’Espagne (Catalans, Basques) par exemple. Oui, mais la Suisse !

     

    Il existe des cas où la langue est facteur de division ; c’est le cas d’Emile  Ciorand, qui apprit le Français pour atteindre un public plus vaste et n’hésitait pas à  dénoncer notre mauvais goùt supposé.

     

                 La colonisation.

     

    Il a beaucoup été question de colonisation. D’un côté, il était dit dans le texte d’introduction qu’elle consistait en une mise en esclavage du peuple conquis. Mais il a aussi été affirmé que, pour ce qui est de l’Afrique, la France a amené une certaine civilisation et la paix, plus une langue commune, sur le modèle des Romains.

     

    Le nationalisme, qui utilise la haine des étrangers, a été rejeté : la nation doit servir à aller vers le meilleur, et non le pire. Plutôt que le nationalisme, parlons de patriotisme, de l’amour de sa patrie..

                La religion.

     

    La religion peut avoir un effet fédérateur, comme écrit dans l’introduction, ayant l’avantage de fixer des rendez vous, et de faire participer à des rites communs. Mais elle peut aussi être source de conflits, comme c’est le cas actuellement en Birmanie, où des Bouddhistes intégristes chassent les musulmans de chez eux.

     

               L’Etat.

     

    On attend de l’Etat qu’il fixe les règles communes du vivre ensemble, celles de l’économie et de la redistribution, qu’il trouve sa place dans le commerce mondial et protège le territoire national et les citoyens, s’il le faut en utilisant les armes, et enfin qu’il aille dans le sens maintenant de la protection de la planète et du développement durable.

     

    L’Etat n’a pas toujours existé en France. Les premières administrations étatiques pourraient avoir commencé eu treizième siècle. Nous devons beaucoup de nos règles de vie au centralisme Napoléonien (le code civil !), qui héritait de l’absolutisme royal. Les unités Allemande et Italienne sont beaucoup plus récentes (fin 19ème).

     

             A propos d’économie, une relation étroite a été proposée entre la doctrine libérale, et la libéralisation des mœurs ; cela a été contesté.

     

    Pas de doute pour un intervenant, c’est bien la démocratie représentative qui est la solution.

     

    Daech n’est pas un Etat, ce n’est qu’une organisation criminelle.

     

                 Le patrimoine culturel et matériel.

     

              La culture est primordiale, et un exemple a été choisi dans la Renaissance : les pays nordiques avaient dans un premier temps négligé de suivre le bouillonnement culturel Italien, mené notamment  par Léonard de Vinci, et ils l’ont payé cher ; il a fallu que Christine de Suède fasse la voyage de Rome et celui de Paris pour rattraper ce retard, aidée en cela par rené Descartes qui a fini sa vie en Suède.

     

    De même le patrimoine matériel ( l’immobilier, l’aménagement du territoire, etc…) aurait du prendre sa place dans le texte d’introduction..

    Alors, dépassé ou pas ?

     

     La majorité est d’avis que non, le concept de nation n’est pas dépassé. Ne serait-ce que parce qu’une diversité est nécessaire.

     Cliquer ici pour le compte-rendu du débat

     

     


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  •                   La nation, un concept « dépassé » ?

     

     

     

    Nous allons au cours de ce débat  approfondir le sens du mot « nation ».

     

    Commençons par citer Ernest Renan (auquel l’ « Histoire mondiale de la France », livre

     

    collectif dirigé par Patrick Boucheron (Seuil), consacre une chapitre entier. La nation ne serait possible que par « la possession commune d’un riche legs de souvenirs d’une part, et d’autre part sur le désir de continuer à vivre ensemble» : ce serait un « plébiscite de tous les jours » . Nous essayerons ici de discuter  les éléments de désir de ce « vivre ensemble », surtout dans la cas de la France du 21ème siècle.  Ces éléments dépendent souvent les uns des autres.

     

     La proximité, les ancêtres.

     

    Dans le mot « nation », il y a « naître ». Les êtres humains ont un « pays natal », une « patrie » ( pays de leurs parents) auquel ils restent généralement attachés. Entre « pays », on voit les mêmes paysages à longueur de temps, d’où un sentiment d « appartenance » commune. Mais, avec la généralisation des voyages, cet attachement à sa terre, à ses paysages, s’estompe. Pour ce qui est des ancêtres, de l’Histoire commune, notre « roman national » n’a pas que des chapitres édifiants (guerre de 14 par exemple), et est sujet à de nombreuses critiques.

     

     La langue

     

    Parler sa  langue maternelle est le propre des humains. Au delà du coté pratique, il y a un certain plaisir à la bien parler, encore plus à bien l’écrire : il y a là un sentiment d’appartenance à son pays. Cependant, avec l’ouverture des frontières et la généralisation de l’Anglais, advient  le sentiment de n’être pas seuls au monde.

     

     La protection, ou la colonisation.

     

    Les relations avec les autres pays sont de deux sortes : il s’agit soit de protéger ses citoyens contre les incursions d’étrangers malveillants, soit au contraire d’envahir ces pays pour les mettre en esclavage. La coopération est plus rare. La protection d’ailleurs fonctionne dans les deux sens : le citoyen protège son pays (par exemple dans le cas d’une guerre), et en retour le pays crée de bonnes conditions de vie au citoyen  (police, enseignement, etc…) ; il y a là une sorte de contrat entre le citoyen et la nation. La nation est alors représentée par l’Etat, qui n’a pas toujours existé en France et dont l’organisation a pris plusieurs siècles (ses débuts sont ai 13eme).

     

     Depuis maintenant soixante  ans, à l’intérieur de l’Union Européenne, il n’y a pas eu de guerre. Et donc l’idée même de nation, de ce point de vue, semble moins prégnante dans nos contrées. Par contre, le citoyen demande toujours la protection de l’Etat, et c’est logique. L’Union Européenne correspond-elle à une nation? Dans le futur, peut-être.

     

     L’idéologie.

     

    La conduite des affaires des nations n’est pas chose simple. Elle ressemble à une navigation dans le brouillard. Cependant, chacun a son avis sur la direction à suivre. Les idéologies fournissent cette direction; elles se présentent sous forme de recettes très simples, pour être comprises du plus grand nombre,  ce qui n’exclue pas que de grands intellectuels s’y laissent prendre . Une certaine communion dans les perspectives idéologiques peut cimenter une nation, et même la persuader d’envahis ses voisins, pour les sauver. C’est le cas de la Révolution de 1789 (abolition des privilèges, suivie par la conquête de l’Europe), de celle de 1917 (mise des ressources dans le domaine public, suivie par la création de l’U.R.S.S.), et aussi du troisième Reich Allemand (supériorité de le race Aryenne, suivie par les conquêtes que l’on sait.). L’idéologie actuelle serait le libéralisme en économie, les conquêtes celles de marchés par tous le moyens.

     

     La religion

     

    La religion est chargée de donner aux humains un sens à leur vie. Elle fait généralement référence à un Dieu créateur, mais parfois  non (bouddhisme). Il y a  alors communion, sensation d’être ensemble sur la bonne voie, et, plus dangereusement, comme pour l’idéologie, de connaître la Vérité (sans d’ailleurs avoir besoin de faire de grands efforts ). On comprend alors l’aspect fédérateur des religions, qui sont souvent des « religions d’Etat ». Cependant, les abus religieux, depuis la Renaissance, qui ont produit des guerres atroces, ont conduit  à se méfier de cet aspect fédérateur et à  se méfier de la « religion d’Etat » : place à la cohabitaion entre les religions (plus l’athéisme), à la laïcité, qui peut elle aussi avoir un aspect fédérateur.

     

     Le patrimoine.

     

    A côté de la langue, ou de la religion, et lié à elles, se trouve le patrimoine. Dans ce dernier, on trouve la façon particulière, qui peut dater de plusieurs siècles,  de pratiquer les arts, la musique, la peinture, l’architecture, la littérature, et même la science,  tout ce qui réunit implicitement les personnes éduquées.  Le patrimoine  comprend aussi l’ « art de vivre », la cuisine, les codes vestimentaires, la façon de faire du sport, de cultiver son corps,… Ernest Renan, qui parlait après la déroute de 1870, inclut dans ce patrimoine, les douleurs vécues ensemble au cours des guerres, les solidarités dans l’adversité.

     

     On ne voit pas que ce patrimoine puisse disparaître.

     

     L’économie

     

    L’ être humain a de multiples besoins : manger, se loger, se déplacer, se distraire, élever ses enfants etc…. Indépendamment, c’est un être de progrès, et ce progrès est gage d’une amélioration des conditions de vie.  L’organisation de l’économie  est donc une nécessité pour   protéger le citoyen. Mais elle peut être détournée à d’autres fins : si les entreprises doivent faire des bénéfices, ce qui est un gage de bonne santé et sinon elles sont nuisibles, leur but principal est de participer au bien être général, et non à seulement quelques uns ; c’est ce qu’ont compris bon nombre de dirigeants d’entreprises, petites ou grandes. Mais l’idéologie actuelle, la doctrine libérale, ne semble juger qu’à l’aune des bénéfices engrangés. Quand aux évadés fiscaux, on ne peut dire qu’ils souhaitent vraiment vivre avec leurs compatriotes. On peut donc douter que l’économie soit vraiment en France un élément fédérateur. 

     

     Ce qui ne peut pas se résoudre à l’échelon national.

     

    Depuis quelques décennies, les êtres humains ont compris que la planète était en danger : réchauffement climatique du à nos émissions de gaz à effet de serre, nombre d’espèces éteintes ou en voie de l’être (où sont passés les hannetons, et verrons nous encore dans quelques décennies les abeilles, les papillons, des hérissons… ?). Pour ces problèmes  l’échelon national est inopérant. 

     

     Conclusion personnelle.

     

    Ce qui contribue actuellement  le plus au sentiment national, à ce « vivre ensemble «  dont parlait Renan, me semble être la langue, la géographie et le patrimoine communs. Mais être « citoyen du monde » est une aspiration de plus en plus répandue. Cependant cette aspiration est encore prématurée :  elle doit être partagée par tous le peuples, ce qui est très loin d’être le cas, sinon existe le risque de devenir vassaux d’autres peuples du globe.

     

     

     

                                                             Benoit Delcourt, le 4 Novembre 2017.

     


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    Sujet : sur quel critère choisit-on son conjoint ?

     

     

     

    29 personnes ont assisté à la séance de ce samedi et de nombreuses réactions se sont manifestées à propos du terme « faire honneur ». Faire honneur, c’est ne jamais accomplir une action ou tenir des propos qui soient contraires aux valeurs que l’on est supposé partager au sein d’un couple, d’une famille. On ne peut espérer devenir une personne honorable si on ne respecte pas l’honneur des siens auquel cas on prend le risque de détruire l’estime, la confiance qui sont les fondements de l’amour.

     

    A-t-on besoin d’un conjoint ? Une entente harmonieuse dans le couple aide chacun à avancer dans la vie et entretient un confort moral rassurant. L’amour, on l’a dit, est une vertu : il faut faire preuve de curiosité envers l’autre, de compréhension, de tolérance, parfois. La solidarité doit s’exercer en cas de coups durs tels la maladie, le chagrin qui peuvent accabler l’un des conjoints. On a rappelé que les preuves d’amour valent mieux que les paroles.

     

    Un participant a remarqué qu’il n’y a pas d’obligation à vivre avec un conjoint… ni d’ailleurs avec UN SEUL !  Il nous a mentionné un essai de Georges Anquetil sur le mariage polygamique de demain. Nous avons observé que si les messieurs souriaient à l’évocation d’un fantasme qui devrait se réaliser, les dames, elles, ont semblé ne pas souhaiter avoir plusieurs maris à la maison.

     

    En Inde, nombre de femmes sont mariées de force à deux, voire trois maris. Elles sont traitées en esclaves ménagères et sexuelles et accouchent tous les ans d’un enfant dont on ne sait lequel des époux est le père.

     

    Comment trouver l’âme sœur ? Un couple est, paraît-il, la rencontre de deux névroses. On ne choisit pas son ou sa partenaire de vie, car on est guidé par son inconscient plus que par un raisonnement rationnel. Pour aimer l’autre il faut s’aimer soi-même. L’autre est un miroir qui vient nous compléter et compenser nos difficultés personnelles, sans cela il ne sert à rien.  Si on ne peut choisir c’est aussi pour une autre raison : on ne peut ajuster ses critères de sélection sur un individu comme on ajusterait un costume. Les rencontres sont faites de hasard et on s’adapte à la réalité plutôt que de chercher un idéal qui n’existe pas. Quelqu’un a dit qu’il était tout à fait possible de choisir son conjoint en pleine conscience et avec beaucoup de lucidité.

     

    Il a été question des mariages arrangés : s’il y en a de moins en moins de nos jours, cela est encore courant dans de nombreux pays. Cependant une rencontre peut être provoquée par le bon copain, qui connaissant dans ses relations des « filles à marier » les présente à un ami qui, justement traverse un petit désert sentimental. Autrefois, les fiançailles étaient une période durant laquelle les jeunes gens apprenaient à se connaître avant de convoler. De nos jours, à peine les tourtereaux se sont-ils croisés qu’ils plongent joyeusement dans le mitan du lit et batifolent sous la couette. Ils croient ainsi vivre une vie de couple… comme les grands. Paradoxalement, tout en s’interrogeant sur ce changement de mœurs et en s’inquiétant sur la durée de vie de ces mini-couples, une personne disait son regret de n’avoir pas connu cette liberté du temps de ses premières amours ! Etait-il si charmant le temps des roses ?

     

    Mais qu’est-ce que le véritable amour ? demandait un jeune participant (14 ans). Et de citer François de la Rochefoucauld : « Il est du véritable amour comme de l’apparition des esprits : tout le monde en parle mais peu de gens en ont vu. » Il semble, disait-il, que rien n’a changé depuis le XVIIème siècle : on parle d’amour mais les gens, très vite, ne s’aiment plus et ils se séparent. L’amour ne peut donc progresser ?

     

    La réponse ne fut pas encourageante : on a cité Aragon « Il n’y a pas d’amour heureux » puis le philosophe Francis Wolff qui rectifie « Il n’y a pas d’amour parfait ».  Il est vrai que désormais on entre dans une relation en sachant que cela ne durera peut-être pas et, malheureusement, ce n’est pas l’enchantement qui a le plus souvent le dernier mot. Nous sommes des êtres inépuisables et le cadre monogame a explosé.

     

    On n’aime pas de la même façon selon l’âge et le temps que l’on a devant soi. Vingt ans est le temps de la découverte de l’amour et de toutes ses émotions, c’est aussi celui des aspirations et de l’enthousiasme propres à la jeunesse. A quarante ans c’est souvent, à la suite d’une rupture, une reconstruction, une recomposition de la famille et les « arrangements » ne sont plus les mêmes. Enfin, si on a le bonheur de rencontre l’amour à soixante ans, on ressent une urgence à être heureux ensemble ; le temps qui reste est devenu précieux et bien des précautions sont alors prises pour l’appréhender avec délicatesse.

     

    Serait-on soulagé de retrouver la liberté ? Les individus n’évoluent pas toujours de la même façon. Parfois après quelques années de vie commune, le couple n’a plus rien à voir avec celui qu’il était à son origine. Mais il est difficile de changer de « compagnon », terme préféré à celui de « conjoint », et de reconstruire sa vie. Une rupture peut entraîner une misère économique et on voit de plus en plus de ménages monoparentaux réduits à a précarité.

     

    Cependant, et pour terminer sur une note d’humour, un participant nous a donné l’exemple de veuves, non pas « joyeuses » mais très heureuses qui, se rendant en groupe au théâtre, s’entre-confiaient sur le chemin leur regret d’avoir perdu un mari bricoleur… il rendait tant de services à la maison ! On les comprend :  Il est difficile de nos jours de trouver un homme toute main, et les tarifs pratiqués sont exorbitants.

     

     

     

    CONCLUSION  

     

    Pour essayer de percer le mystère de l’amour, car c’est bien de cela qu’il s’est agi tout au long de notre discussion, nous avons évoqué le film de Wim Wenders : « Les ailes du désir ». Ce film raconte le voyage de deux anges, Damiel et Cassiel, à travers le monde des humains. Ils s‘interrogent sur la condition des hommes et ne comprennent pas le sens que ces êtres étranges peuvent donner à une existence qui doit fatalement finir et leur paraît très courte, à eux qui sont immortels. Cependant, eux n’ont aucune connaissance de ce qu’est le désir qui semble être le motif de leur vie. Comme un signe, Damiel se brûle la main et a cette révélation : « RESSENTIR C’EST VIVRE ! » Lorsqu’il verra la jolie trapéziste se balancer au-dessus du vide dans sa petite jupe blanche, lorsqu’il rencontrera son regard tellement inquiet et mélancolique, il tombera amoureux. Alors il sacrifiera son immortalité au bonheur d’aimer.

     

     

     

    Remarque : 18 millions de personnes vivent seules en France !

     

     

     

     


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  • Le pouvoir des médias représente-t-il un atout ou un danger pour la démocratie ?

     

    20 personnes présentes ont émis 24 commentaires et la conclusion du café débat.

     

    I/S’agissant de la démocratie, (mot composé du grec "demos", le peuple "qui habite la cité" et du grec "kratos", celui qui est fort, puissant, au sens de celui qui est "capable de gouverner"), le domaine d’informations des médias traité est principalement celui qui concerne la politique. L'étymologie du mot politique vient du grec"politikè" qui signifie : science des affaires de la Cité. La politique est donc l'organisation de la Cité ou de nos jours l'État. Par conséquent les informations liées aux sports, aux loisirs, la santé … n’ont pas été débattues.

    II/ Les propos tenus ont principalement été orientés sur les dangers et les critiques, puisque la question d’emblée a été posée ‘de quels dysfonctionnements parle-t-on ?’. On peut les structurer de la manière suivante :

     

    II-1/Critiques des médias centrées sur leur fonctionnement industriel :

    Les médias appartiennent à des grands groupes, 10 milliardaires se partagent le gâteau, ce qui conduit à un manque d’objectivité établi par une impartialité subjective, pouvant aller dans certains cas à une théorie du complot.

    Leurs objectifs est la course à l’audience. Avoir de l’influence, en ayant prise sur des décideurs politiques, mettre un pied dans l’opinion, garder la main mise sur la commande de sondages, brider les investigations.

    Il a été fait état de "marronnier ": Un marronnier en journalisme est un article ou un reportage d'informations de faible importance meublant une période creuse, consacré à un événement récurrent et prévisible. Les sujets « débattus » dans un marronnier sont souvent simplistes, parfois mièvres.

    Peu de médias sont indépendants financièrement, tels La Croix, le Canard enchaîné.

    Les médias perçoivent des subventions de la part de l’Etat.

     

    II-2/ Critiques centrées sur les journalistes :

    Les journalistes relatent des faits selon leurs opinions, un bon journaliste devrait être honnête pour faire un bon média. Les journalistes ont toujours la faculté de laisser poindre leurs opinions, la frontière est floue entre informer et expliquer, ce dernier volet donne lieu à des dérives, pour un même fait leurs commentaires sont différents selon les journaux.

    Notre temps est limité, les médias souhaitent capter notre attention. Les journalistes sont des otages des fabricants de buzz, au sens rumeur. Certains journalistes cherchent à développer le désordre.

     

    II-3/ Critiques centrées sur la médiacratie (pouvoir qu’exerce les médias au sein de la société, souligne leur influence sur les trois autres pouvoirs).

    Les médias ont la capacité de créer un évènement à partir d’un non évènement, c’est la démesure des médias, tout se passe comme s’ils avaient besoin de prouver leur force en créant quelque chose à partir de rien.

    L’affaire Fillon « nous a bassiné », il n’y a pas eu de campagne présidentielle. L’Etat est maltraité par les médias,voire caricaturé.

    Les médias des départements ou des régions sont moins à l’affut du scoop. Entre le bien et le mal,  c’est le mal qui est souvent relaté dans les médias.

    Le pouvoir des médias est relatif, on écoute ou on n’écoute pas, les guignols de l’info à la TV et les humoristes ont un pouvoir très important. On ne serait pas manipulés comme on le pense. Les médias véhiculent la pensée dominante, ce qui conduit à un esprit grégaire (penser ce que tout le monde pense, obéissance de l’individu à la masse de manière aveugle et sans réflexion). Le principal pouvoir des médias c’est d’orienter les réflexions, d’endormir la pensée de chacun d’entre nous, pour éviter de penser aux réels problèmes. Le pouvoir des médias c’est nous qui leur donnons, c’est aux gens de sélectionner leurs canaux d’information ou spectacles. Question qu’est-ce que cherchent les gens, ils cherchent « à être dans le bain » sentiment d’unité. Pour avoir une information correcte, il y a plusieurs sources d’informations : certaines émissions de radios, les émissions de TV bien faites et informatives (hélas en général en deuxième partie de soirée et/ou sur de petites chaines), les livres, certains films (ex "le capital" de Costa Gavras), les recherches sur Internet, les rapports parlementaires, certains débats qui peuvent être très utiles. La finance mondiale est le chef d’orchestre des gros médias. Bon nombre de ces derniers véhiculent la pensée unique "il n'y a pas d'autre voie que la mondialisation de concurrence dure". Le quatrième pouvoir souffre d’un mal : le cinquième pouvoir qui n’existe pas (serait de moins en moins vrai grâce à Internet).

    Questions : qu’entend-on par opinion et diversité, n’y a-t-il pas plusieurs peuples ?

     

    Question : comment juger les médias, à cette question il a été mentionné l’organisme ACRIMED Action CRItique des MEDias, à étudier car peut connue. Sur Internet il y a la liberté d’expression mais il n’y a pas de limite (ex : il y a certains propos racistes, xénophobes), il peut y avoir aussi de la désinformation.

     

    II-4/ Critique sur le traitement de l’information

    Rappels : l’information est devenue une marchandise, qui obéit à des contraintes de rentabilité. Elle entre dans des programmes où elle côtoie des désirs d’influence, la conquête incessante des parts de marché. Les risques sont d’aller dans le sens de la propagande, on peut noter aussi l’influence des publicités.

    Nous sommes matraqués par les médias, bien souvent ils utilisent un titre accrocheur mais l’article est creux. Toute communication est une manipulation, aujourd’hui on est saturés d’informations, il n’y a pas d’information parfaite. Les subventions de l’Etat pour la presse ne doivent pas être arbitraires.

    Lorsque l’on va chercher une information, nombre de personnes ont tendance à aller chercher une information qui se rapproche de leur opinion (croyance), (cela s’appelle biais de confirmation).

    On n’a pas le temps d’approfondir ce que disent les médias, alors que la justice prend le temps pour que la vérité émerge.

     

    Lorsqu’il y a eu le passage aux 35 heures, j’avais du mal à comprendre. Internet on y trouve de tout et n’importe quoi, c’est devenu le café du commerce, où certains consommateurs abusent des petits blancs. Ce que disent les médias c’est l’écume de l’information, c’est pour cela qu’il faut aller chercher des informations dans différents rapports parlementaires.

    Sur Tweeter il y a énormément de déclarations d’opinions dangereuses.

     

    III/ Démocratie et médias

    La France serait mal placée dans le tableau de classement des pays démocratiques, les médias véhiculent la pensée dominante.

     

    La démocratie est influencée par les médias qui ont le pouvoir de masquer les problèmes essentiels, et manipuler notre pensée.

     

    A ce propos, il a été rappelé ce que le Général de Gaulle voulait l’élection du Président de la République au suffrage universel, en premier lieu pour lui donner plus de légitimité, mais aussi pour empêcher les manipulations comme c’était le cas sous la IV e République. De Gaulle estimait qu’il était plus difficile de manipuler des millions d’électeurs que quelques centaines de députés et sénateurs. Les réseaux et groupes de pressions ont réussi à reprendre la main et manipuler ces millions d’électeurs depuis les années 1970.

     

    IV/ Conclusion : l’urgence est de préserver le véritable métier de journaliste.

    Comme il a été fait état de plusieurs critiques, cela donne matière à ce sur quoi il faudrait réfléchir, à ce qu’il faudrait faire, et d’être relayé par un « Zola » du XXI e siècle, au sens de « J’accuse ». Le rôle démocratique des médias est à redéfinir, à défaut ils seront balayés, et la démocratie y perdra tout.

                                                                                Daniel Soulat, avec l'aide de participants


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