• C.R. personnel du 2 Février 2019 :

     

                                  Intolérable tolérance.

     

                                                               C.R proposé par Benoit Delcourt.

     

    Les interventions ont eu  surtout trait à la définition même de la tolérance et à ses rapports avec la mal,, puis à ses limites.

     

    Propriétés de la tolérance et ses rapports avec le mal.

    Il n’y a pas, d’après  beaucoup de participants, de rapport de la tolérance avec le mal. Le bien et le mal sont des notions  subjectives, dépendant largement de l’époque et du pays, alors que la tolérance n’en dépend  pas.

    Le verbe tollere, en latin, signifie  supporter, par exemple la faim et la soif pour les légions Romaines ; selon Quinte_Curce, l’Empereur  Alexandre  appréciait la qualité de ses soldats à leur capacité de « tolérer » ; par exemple, lors d’un incident incluant des flambeaux résineux,  tolérer les brûlures causées par de la cire en fusion coulant sur le bras.

    Le mot de tolérance a été beaucoup employé, en Françe, du temps de Louis IX (Saint Louis) qui avait fait dégager les ruelles de la capitale de toutes les prostituées, regroupées dans des maisons de « tolérance » dans les bois, où l’on pouvait donc  les tolérer.Cf Sacha Guitry : « la tolérance, il y a des maisons pour cela ».

    Le Mal est une notion dépendante  du temps, et d’ailleurs, il n’y aurait pas de morale universelle. Suivant Saint-Augustin et les personnalités  religieuses de la  Renaissance , le Mal c’est la non reconnaissance de la Vérité . Mais qui peut prétendre connaître la Vérité ? Le terrain de la Vérité est très dangereux !

    D’autre part, la notion de Bien et de Mal engendre celle de culpabilité, qui serait mauvaise.

     

    Cependant,, il faut reconnaître que le Mal est parfois évident, indiscutable : qui peut prétendre  que brutaliser un enfant est Bien, que les perversions sont Bonnes ? ou encore qu’Auschwitz n’était pas habité par le Mal ? Et c’est  à ce genre de Mal que faisait référence  le texte d’introduction.

    Et une définition du Mal peut être acceptée par tout le monde : c’est faire subir à l’autre ce qu’on ne voudrait pas qu’il vous fasse subir (définition attribuée au  Judéo-Christianisme , mais  peut-être plus universelle). Cela est même valable pour les singes, qui feraient eux aussi  des  guerres.

     

    L’intolérance, chez les Nazis, était vécue par un groupe, ce qui la rendait d’autant plus dangereuse.

     

    Au lieu de tolérance, il vaudrait mieux parler de la reconnaissance  non du Mal, mais de l’Autre (souvent dans le cas où il est minoritaire),  d’acceptation, dans la bienveillance, de ses choix différents ou de ses racines différentes , dans son altérité qui peut être  enrichissante, chose que ressentent tous ceux qui ont voyagé à l’étranger, où l’on est automatiquement minoritaire.

     

    La tolérance serait-elle «  la vertu des faibles » (Sade), et de ce point de vue, ne vaudrait-il pas mieux être intolérant, par exemple par rapport aux religions, quelles qu’elles soient ?

     

    La tolérance s’applique aux idées certes, mais aussi et surtout aux personnes. Cf  Voltaire : »Je suis contre ce vos idées, mais je me battrai pour que vous puissiez  les défendre ».

     

    Il y a un domaine où l’intolérance est de mise : la politique, car il y a des enjeux matériels. Alors que  les choix religieux relèvent plus de l’intime,

     

    Enfin, il y a une autre forme d’intolérance : celle qui apparaît quand on prend certains médicaments. Il a été cité le cas d’une femme qui ne supportait pas sa grossesse, et voulait avorter. Que faire dans ce cas ?  l’écouter est un minimum.

     

    limites de la tolérance.

     

    La tolérance peut cacher une certaine paresse, voire une lâcheté  (« Courage, fuyons »), un refus de voir. Pour prendre un exemple trivial, que dire à un maitre de chien dont le protégé lâche une crotte ? Laisser passer est plus confortable.

    Pour ce qui est du foulard islamique, comment accepter qu’une femme en porte, alors que ce n’est pas « ce qui se fait  chez nous » (mais  cela sa faisait  il  y a un siècle) ? Oui, mais pourquoi ne pas accepter que des personnes soient en recherche d’une identité, même si cette identité n’est pas la vôtre ?

    De même pour les prières de rue. Oui, mais pourquoi interdire aux personnes d’afficher leur choix religieux ? Cependant, est-ce vraiment un choix, et non une contrainte sociale ? On voit bien que les comportements ne sont pas si simples, devant ces phénomènes.

    Le terme de vigilance a été avancé pour remplacer  celui de tolérance. Vigilance contre les excès de la repentance ; cependant « ceux qui ne s’intéressent pas à l’Histoire sont condamnés à la revivre » ; mais cette repentance  est-elle historiquement honnête, tient-elle compte de tous les faits et non pas seulement de ceux qui nous sont défavorables : cite-t-on , à propos du génocide indien, les sacrifices humains pratiqué par ces derniers, et à propos de la traite négrière, le fait qu’ielle existait en Afrique avant la colonisation et que les autochtones ont aidé à la développer? et ne vaudrait-il pas mieux présenter aux enfants un roman national, plus ou moins à l’eau de rose, pour leur faire aimer leur pays ?

     De même est-on assez vigilant  face à des juges trop politisés ? Et pour la liberté d’expression (surveillance sur Internet), à l’école comme à la maison

    Il y a des cas où c’est un devoir de dire non à l’oppression. Question sans réponse : pendanr la gruerre de 40, aurais-je été résistant ?

    Au lieu de tolérer, ne vaut-il pas mieux s’indigner, comme le conseillait le regretté Hessel.? Contre les voleurs, les violeurs, les terroristes, les excès de la finance…

     

    Il peut y avoir des cas où des décisions nécessaires interfèrent avec la notion d’intolérance. Cela peut arriver dans certains licenciements, toujours très difficiles à décider, même si on les sait nécessaires.

    La tolérance peut aussi être interprétée comme méprisante : je te tolère, mais je te laisse dans tes erreurs !

     

     La tolérance, cela s’apprend pendant l’éducation.  Oui, mais au lieu d’éducation, ne s’agit-il pas de dressage ? Pourtant, comment éviter le dressage dans l’éducation : apprendre à lire, à compter, ou à jouer du piano, ne comporte-t-il pas une bonne part de dressage ?

     

    Dans sa conclusion, Charlotte a prêché pour l’altérophilie (sans h !).

     

     

     

     

     


    1 commentaire
  • C.R. personnel du 26 Janvier 2019 :

     

                Notre parc automobile n'est-il pas surdimensionné ?

     

                                                 Benoit Delcourt, avec l’aide de Pierre Marsal.

     

    Les interventions ont eu  trait aux avantages de la voiture, à ses inconvénients, enfin aux solutions proposées pour éviter ces inconvénients. La plupart de ces interventions étaient déjà  abordées dans le texte d’introduction de Bruno .

     

    Mais tout d’abord quelques chiffres : il y a aujourd’hui environ un millard de voitures en circulation sur la planète, cent millions en sont produites chaque année, 2 millions en France.

     

    Les +.

    La voiture est un formidable instrument au service de la liberté.

     Elle est par sa taille  parfaitement  adaptée  au transport des familles. Les familles d’ailleurs possèdent souvent deux voitures : une pour aller au travail, l’autre pour les déplacements de la famille  et aussi pour aller au traveil »

    Elle sert à des transports d’objets, notamment des courses, par exemple  d’alimentation .

    Elle est de plus en plus confortable, c’est même un plaisir de la conduire.

     

    Les « ni+, ni-» 

     

    La voiture est utilisée aussi pour marquer le prestige  et  la réussite sociale de son propriétaire, c’est ainsi qu’on  en voit d’énormes …  transportant une seule personne.. Ce point a été contesté,  

     

    Les -.

     

    La voiture est à la base d’un changement de l’urbanisme, reléguant les commerces en périphérie des villes,  et favorisant l’éloignement des travailleurs de leur lieu de travail (hypertrophie des banlieues). De ce fait, elle fait maintenant partie des « dépenses contraintes », elle est devenue nécessaire..

    Elle est en grande partie responsable  de la pollution des villes (« Ca tue, ça pue, ca pollue »)

    Elle dépense beaucoup d’énergie (typiquement 100g de Co2 par km). Cette dépense était déjà indiquée  par  Aristote, qui avait remarqué que tout changement (naissance, croissance, déplacement) exige un coût (en énergie) !

    Elle est responsable de 3400 morts par an en France, plus dix fois plus de blessés.

    Ses avantages sont en partie annihilés par son succés ; villes embouteillées, voIre paralysées. En ce sens aussi, le parc automobile est surdimensionné ! Par exemple, il est difficile à un banlieusard d’accéder à Paris, alors que c’était beaucoup plus facile il y a cinquante ans. De plus, il est difficile  de trouver où garer sa voiture.

     

    Les problèmes et leurs solutions.

     

    Selon I. Ilitch (vers 1970), la vitesse moyenne d’une voiture en ville, qui intègre le temps passé pour se payer une bagnole et la faire fonctionner. ne dépasserait pas tellement celle des déplacements  à pieds. Point contesté.

    La voiture électrique : elle  a une efficacité énergétique bien meilleure (plus de 80%, contre 25% au grand maximum pour les moteurs thermiques, du fait du « cycle de Carnot »), et aussi un démarrage plus puissant (pas besoin d’une boîte de vitesse). Pour ce qui est de la pollution, elle est reportée en amont, aux usines de production d’électricité (qui sont en dehors des villes).

    La consommation d’énergie est proportionnelle  au poids des voitures ; or ce poid a doublé en cinquante ans (une tonne et demie contre 750 kg pour une « petite » voiture), du fait d’aménagements de confort : remonte glace électrique, direction assistée, et de l ‘augmentation des dimensions. Le prix énergétique de ces améliorations du confort ne risque-e-t-il pas de condamner l’usage des voitures ?

    La solution des problèmes de parking  n’est pas simple à trouver. Par exemple, à Pairs, il a été décidé de ne plus construire de parkings, pour décourager  les citoyens d’utiliser la voiture. Mais les automobilistes ont alors tendance à se garer en surface et à perdre du temps à se garer : la pollution alors augmente. De même, mettre des parkings aux alentours d’une gare de banlieue profite en fait aux automobilistes … des communes voisines.

    Le transport des camions par train : difficile dans un pays où les trains sont bloqués chaque année par des grèves, ce qui est incompatible avec les flux tendus, et le transport des produits frais.

    Le transport fluvial, comme à Venise : oui, mais très polluant.

    Les voitures volantes : oui, mais dans les années 1950, on prévoyait des déplacements généralisés en hélicoptère !

    La mutualisation des voitures : il n’est pas forcément utile de posséder la voiture dont on se sert.

    La voiture autonome : son utilité est un gain de temps pour les conducteurs.

    Le covoiturage, notamment pour les longues distances. Il a été remarqué  que les femmes sont en nette majorité parmi les usagers de ce moyen de transport. Serait-ce parce que les hommes n’aiment pas être conduits ?

    Les péages urbains, comme à Londres : une façon supplémentaire de pénaliser les banlieusards ?

     

    Divers.

    La façon de comparer le rendement énergétique de la machine humaine avec celle d’une voiture a été critiquée : cela n’aurait pas grand-chose à voir. De plus, les estimations des dépenses énergétiques des voitures et avions ne sont pas données en fonction des kms parcourus (le service rendu), mais en fonction du nombre d’heures  utilisées pour les parcourir. Il a été remarqué que le seul avantage de la machine sur l’Homme est qu’elle ne dépense pas d’énergie au repos.

     

    Enfin, une grave question, qui était mentionnée aussi dans le texte de Bruno : les besoins des occidentaux ne sont-ils pas trop grands, et même disproportionnés ?

     

     

     

     


    1 commentaire
  •                « DES INTOLERABLES TOLERANCES » 

     

    La tolérance désigne la capacité à permettre ce que l’on désapprouve. C’est une vertu qui demande un effort de réflexion et de générosité car nous devons apprendre à connaître les autres pour admettre leurs différences. Cependant, cette même vertu nous force à la vigilance et devrait nous aider à RECONNAÎTRE LE MAL, afin de nous conduire à ne  pas tolérer ce que la morale universelle juge comme intolérable.

    L’Homme éduqué est disposé à agir selon les codes d’honneur qui correspondent à la loi morale.  Chaque fois qu’il agit selon cette loi, il fait acte de liberté et de dignité. Or les infractions commises à l’encontre de cette loi morale - qu’elles soient individuelles ou collectives, consternantes de bassesse ou terrifiantes par leur ampleur et leur barbarie - semblent souvent ne rencontrer aucune autorité capable de leur faire obstacle. C’est que les « forces du Mal » utilisent la faiblesse des Hommes, leur orgueil, leur ignorance. On voit alors la raison céder la place à l’impensable et on assiste, impuissant, au règne de la violence et de toutes les souffrances qu’elle engendre.

    « Nul n’est assez fou pour préférer la guerre à la paix » écrivait Thucydide[1], 465 ans avant notre ère…  Mais voilà, il y en eut tant, à travers le monde et les siècles, de ces fous toujours prêts à livrer des guerres impitoyables pour asseoir leur pouvoir. C’est à se demander s’il reste quel qu’autre fou pour croire encore à l’existence d’un chemin qui conduirait vers une paix durable et universelle.

    Comment diagnostiquer le mal et l’endiguer avant que l’on n’ait plus qu’à en constater les dégâts ?  

    Au fond de chaque être humain, s’agitent des bulles de méchanceté, de jalousie, de haine… qui ne demanderaient qu’à exploser. Saint Augustin[2], Jean-Jacques Rousseau[3], ont chacun fait la confession publique de leurs mauvaises tendances et pulsions. Il ne s’agit pas ici de nous livrer à cet exercice, mais de nous demander comment des individus que l’on aimerait classer dans la catégorie des monstres – ce qui serait plus rassurant - en arrivent à sombrer dans l’indignité et pourquoi, nous-mêmes, avons réchappé[4] à cette malédiction.  

    Dans l’action, l’horreur est banalisée par ceux qui la commettent.[5]  Elle est aussi bien souvent justifiée. Rappelons-nous ce terrible moment de l’Histoire, quand, au matin du 6 août 1945, « little boy »[6] fut largué sur la ville d’Hiroshima, laissant le monde entier en état de sidération. Une cinquantaine d’années plus tard, Paul Tibbets[7] déclara : « En survolant la ville nous avons ressenti de la compassion pour les milliers de Japonais qui allaient mourir 10.000 pieds sous la carlingue de notre avion, mais il nous a fallu mettre nos sentiments en retrait. » Et de conclure par cette surprenante réflexion : « Je dors bien toutes les nuits. » … Probablement revendiquait-il la dignité de son obéissance.

    Par lâcheté on se laisse endormir dans les discours sirupeux du « moindre mal » ; par indifférence on livre des innocents à quelques enragés ; par imbécilité on se fourre la tête dans le sable plutôt que d’affronter les dangers ; par intérêt on s’accoquine avec les infréquentables…

    Alors sans doute nous faut-il admettre que l’Homme n’est pas à la hauteur de la loi morale et de ses idéaux. La vertu qui l’obligerait à obéir à la morale ne promet pas le bonheur : elle demande trop de courage, d’abnégation. Elle prescrit l’invivable !

     « L’homme vertueux est mélancolique, il pleure », nous dit Kant. Et il est vrai que le trouble qui occupe douloureusement la conscience de celui qui côtoie la souffrance de ses semblables, ne le laisse vivre sereinement. L’étourdi semble plus joyeux.

    « INDIGNEZ-VOUS ! » Ecrivait Stéphane Hessel[8] quelques temps avant de nous quitter.  De tous temps des hommes et femmes se sont indignés et sont parvenus à changer favorablement le cours des choses. La torture, l’exploitation des êtres – travail des enfants, esclavage, prostitution - sont interdites … et si ces fléaux ne sont pas encore éradiqués ils sont dénoncés et toujours combattus par l’ONU. Aujourd’hui, nous observons que la souffrance - dont celle des animaux, de la nature – a pris un caractère de scandale qu’elle n’a jamais eu auparavant dans l’Histoire. On s’interroge enfin sur l’état de santé de notre Terre – « ce petit tas de boue », comme l’appelait Voltaire – et on en vient à employer le terme « d’écocide »[9] en évoquant sa destruction. Cette lucidité – ô combien tardive ! - prouverait-elle que l’humanité s’engage enfin sur la voie de la raison ?

    Comme le crocodile et l’anaconda qui, lors d’un combat ne desserrent jamais leur étreinte fatale, « les forces du Bien et les forces du Mal » se disputent l’Humanité. En sortira-t-elle toujours indemne ? Trouvera-t-on les moyens de sauver le merveilleux – et unique !  - territoire qui lui a été confié ?   

    Charlotte Morizur  le 2  février 2019

     



    [1] Hérodote et Thucydide sont les pères fondateurs de l’Histoire, « mère des sciences humaines ».  

    [2] Dans une confession – écrite entre 397 et 405 – qui est à la fois aveu, louange et profession de foi, Saint Augustin d’Hippone fait l’expérience de l’intériorité.

    [3] «  Intus et in cute »  : en entier et sous la peau cad au plus profond de soi-même ; préambule aux confessions.

    [4] Vraiment ???

    [5] En 1963, Hanna Arendt développe un concept philosophique sur la banalité du mal dans son ouvrage « Eichmann à Jérusalem »

    [6] Nom donné à la bombe atomique qui détruisit la ville.

    [7] Paul Tibbets est le colonel américain qui fut chargé de cette mission. Il avait trente ans.

    [8]  STEPHANE HESSEL (1917 – 2013) : écrivain français d’origine allemande, diplomate, résistant, militant politique.

    [9] Destruction volontaire et criminelle du milieu naturel.


    1 commentaire
  • Quelques sujets abordés au cours du débat du 12 Janvier 2018. :

                             « Pour vivre heureux, faut-il s’abstraire du monde? ».

     

    Note. A la suite d’une perte de mes notes, je ne peux pas prétendre à appeler ce texte un compte-rendu. Merci à la personne qui m ‘a permis d’essayer de déchiffrer les siennes. Si un participant veut ajouter quelque-chose qui a été dit au cours de la séance, qu’il le mette en commentaire de ce texte, et j’ajouterai dans ce texte (sur le blog donc)  le numéro de ce commentaire.

                                                   B.Delcourt, avec l’aide précieuse de Daniel Soulat.

     

    La séance a commencé par une intervention originale,  utilisant une peinture de Breughel, dont la reproduction sur papier circulait ; cette peinture montrait un vieillard tournait le dos à une cité de façon à ne pas y voir un début d’incendie ; une espèce de gnome tentait de ralentir la marche du vieillard vers le désert. Cette peinture avait la signification suivante : »on ne doit pas se retirer du monde, on doit essayer de le sauver ».

    Cette entré en matière faite, les interventions ont eu trait principalement à deux arguments :

    Se retire complètement du monde n’est pas possible

    Qu’appelle-t-on « le Monde ».

    Se retirer complètement du monde n’est pas possible.

    La raison principale est qu’il faut bien manger ! Certes, cependant, il est possible de limiter le plus possible ses relations  avec ses semblables, ou encore d’entrer dans des communautés fermées , comme des monastères ; dans ce cas, un participant a affirmé que le bonheur était possible.

    Autre objection, venant du philosophe Alain : ce n’est pas manger qui est le besoin premier, mais dormir ! Manger peut se concevoir sans l’appui de personne dans les civilisations de cueillette, et dans notre civilisation par l’aide d’associations. Tandis qu’on ne peut dormir tranquillement qu’en utilisant un système de protection fourni par la société.

    Se retirer du monde est beaucoup plus facile à une personne riche qu’à un pauvre : les relations avec le monde peuvent se limiter à des paiements  pour la nourriture et la tranquillité.

    Un exemple de personne n’ayant pas de relation avec quiconque : l’autiste, ou du moins certains autistes, incapables d’apprendre un langage de communication quel qu’il soit. Les bébés « normaux » apprennent rapidement à sourire, leur premier langage, avec lequel ils communiquent avec leurs parents. A ce propos, il a été avancé que si le langage met du temps à être appris, alors il ne sera plus possible de l’apprendre ensuite ; par exemple, si un enfant ne parle pas à quatre ans, dans tous les cas il ne parlera jamais ; ceci a été contesté par des professionnelles de l’enfance (le cerveau est « plastique »).

    Autre exemple : le jeune Mathématicien Evariste Galois (tué dans un duel, qu’il savait d’avance fatal)  ou encore les suicidés ; ce sont des cas où l’on se retire du monde, mais aussi de soi-même.

    Mais s’il est impossible de se retirer définitivement du monde, au moins est-il possible de le faire momentanément, par exemple en faisant de la peinture, ou de la méditation, ou en pratiquant un art quelconque. A ce propos, il est très touchant de contempler, dans des grottes, les peintures rupestres d’hommes préhistoriques, qui ont pris le temps de nous envoyer leur message d’admiration de la nature !

     

     Qu’appelle-t-on « le Monde ».

    Définir ce qu’on appelle le Monde n’est pas simple. Le dictionnaire  donne de nombreuses acceptions du terme, et le texte d’introduction choisissait  parmi elles. Cela n’a visiblement pas été suffisant.

    Tout d’abord, peut-on dire qu’il existe un seul monde ? alors que nous  sommes confrontés journellement à plusieurs : monde du travail, monde de la famille, monde du sport, etc…

     Autrefois, le Monde était confiné à notre province, ou au mieux, à notre pays. Aujourd’hui, avec la vitesse des communications, la Terre est devenue un village, et nous savons instantanément ce qui se passe à des milliers de kilomètres. Le Monde s’est donc beaucoup élargi ! Mais si le lointain s’est rapproché, le proche s’est éloigné !

    Dans le village planétaire, la vie privée a tendance à ne pas être facile à protéger, surtout depuis l’avènement d’internet et des réseaux sociaux.

     

    Divers.

    La définition du bonheur n’a pas été abordée dans le texte d’introduction (c’est un sujet pour un débat tout entier). Cependant, il a été remarqué que les animaux ne  s’inquiètent pas de leur bonheur, ils vivent sans aucune de nos règles, et cela leur suffit.  Il a cependant été remarqué que, si l’on ne peut parler à leur endroit de leur bonheur, on peut le faire de leur bien-être (bien-être animal). Une anecdote a été racontée faisant état du malheur ressenti par un chien.

    Une définition  a été donnée du bonheur : état intérieur pacifié.  Ou encore : absence de malheur.

     

    Citations : «  Pour vivre heureux, vivons caché ».

    « L’avenir est devant moi, mais si je me retourne, je l’ai dans le dos » (Pierre Dac).

    "Mourir pour des idées, d’accord, mais lentement ! "(Brassens).

     

     

     

     

     

     


    1 commentaire
  • Café débat de Saint-Quentin-en-Yvelines – 26 janvier 2019

    Notre parc automobile n’est-il pas surdimensionné ?

    Débat introduit par Bruno Sauvage

     

    L’automobile est une merveilleuse invention. Elle a pris une place considérable dans nos modes de vie. Mais le développement du parc automobile n’est pas sans inconvénients en raison de ses impacts divers. Et la question se pose des limites à définir pour le parc automobile aux niveaux local, national et mondial. Parmi les impacts du parc automobile qui conduisent à se poser cette question des limites, nous considérerons quatre aspects :

    -          Les consommations d’énergie.

    -          L’organisation spatiale des villes et l’artificialisation des sols.

    -          Nos modes de vie et notre relation à l’espace environnant.

    -          L’automobile et la perception de la surpopulation mondiale.

     

    1°) – Les consommations d’énergie

    La société industrielle moderne nous a dotés d’outils mécaniques et électroniques très pratiques. Parmi ces outils, le plus emblématique est certainement l’automobile. Elle est comme un deuxième lieu de vie pour beaucoup d’entre nous. Cependant, il ne faudrait pas considérer l’automobile comme un objet banal en raison de ses consommations d’énergie. Pour nous rendre compte de la consommation d’un véhicule, nous pouvons la comparer à celle d’un organisme humain : En une heure, notre organisme consomme 100 kilocalories ; En une heure, une automobile (de gamme courante) consomme 50 000 kilocalories, 500 fois plus !

    (Notons aussi, que nous empruntons de plus en plus souvent l’avion, et en une heure d’avion, l’énergie consommée par passager est de l’ordre de 300 000 kilocalories, 3000 fois plus que pour l’organisme humain ! Pour l’avion, il y a lieu également de se préoccuper des limites à poser à son usage).

    Ces chiffres montrent que l’organisme humain est une « machine » très performante. En revanche, les machines fabriquées par l’homme sont très gourmandes. Il nous faudrait plusieurs planètes pour nourrir nos machines si l’on voulait remplacer le pétrole ou le charbon par des produits de l’agriculture ou de la forêt ! Ce sont les transports routiers et aériens (ainsi que les centrales électriques à charbon) qui ont l’impact le plus important sur les émissions de gaz carbonique, et il faut ajouter à cet impact celui des industries pour la fabrication des véhicules et des avions, ainsi que l’impact de la construction et de l’entretien des infrastructures routières et aéroportuaires. Réduire les émissions de gaz carbonique nécessitera d’une manière ou d’une autre, une réduction de l’usage de l’automobile et de l’avion.

     

    2°) - L’organisation spatiale des villes et l’artificialisation des sols

    L’automobile n’est pas un objet banal pour la consommation d’énergie, elle ne l’est pas non plus pour la consommation d’espace. L’automobile nécessite beaucoup de surface pour circuler et stationner aux dépens des espaces naturels. L’automobile a engendré l’étalement urbain. En outre, les voies de circulation, notamment quand elles sont larges, cloisonnent les espaces naturels et perturbent la circulation des petits et grands animaux et compromettent ainsi la survie de beaucoup d’espèces vivantes.

    Aujourd’hui, la majorité de nos concitoyens habitent dans des zones urbaines périphériques, caractéristiques de l’urbanisation des dernières décennies, (comme c’est le cas à Saint-Quentin-en-Yvelines), avec de vastes zones pavillonnaires et de vastes zones d’activité dont le développement a été possible grâce à l’automobile. Ces zones sont très difficiles à desservir par des transports collectifs car trop peu denses, et inhospitalières pour les piétons en raison de l’échelle à laquelle elles ont été réalisées. Le problème est semblable pour les « rurbains » qui habitent des communes rurales et qui vont chaque jour travailler à la ville ainsi que pour les vacanciers des communes balnéaires ou touristiques et pour les personnes ayant une résidence secondaire à la campagne.

    Le mouvement d’étalement urbain se poursuit au rythme de 70 000 ha par an en France ! Et cela malgré les orientations d’urbanisme élaborées à la suite du Grenelle de l’Environnement (qui s’est réuni en fin 2007). Ces orientations préconisent de construire ou « d’intensifier » la ville près des gares où le long des axes bien desservis par un transport en commun et de revitaliser les centres villes. Mais dans les zones périurbaines où les habitants et les élus ont fait le choix préférentiel d’un habitat pavillonnaire, ils se montrent peu pressés de mettre en œuvre ces orientations, et certaines zones seront toujours difficiles à desservir en transports collectifs.

     

    3°) - Nos modes de vie et notre relation à l’espace environnant

    Dans le dernier numéro de la revue Télérama de l’année 2016, un dossier était consacré à l’enfance. Dans deux des articles, dont l’un signé par Boris Cirulnik, il était constaté que les enfants vivent de plus en plus confinés dans leur appartement et passent de longues heures devant les écrans. Alors que pour les plus anciens d’entre nous, nous avons connu dans notre enfance une vie à la campagne ou à la ville, avec une beaucoup plus grande liberté de mouvement dans un vaste espace environnant. Ce confinement des enfants dans leur appartement est la résultante de l’artificialisation croissante de notre milieu de vie urbain, avec un environnement mécanique qui rend beaucoup de quartiers inhospitaliers et où on ne laisse pas les enfants se promener seuls.

    Pour les adultes, la transformation en « automobilistes » modifie la perception de l’espace environnant. On ne voit plus la nature de près, mais comme un simple décor paysager. Et en ce qui concerne la ville, on semble avoir oublié qu’une ville ou un village sont d’autant plus agréables qu’on prend plaisir à s’y déplacer à pied. La marche à pied est le moyen de déplacement le plus naturel, et source de convivialité dans l’espace public.

    Dans beaucoup de quartiers, pourtant peu denses, les habitants en place s’opposent à la construction de nouveaux logements, non par manque de sympathie à l’égard des nouveaux habitants éventuels, mais parce qu’ils craignent d’être gênés par le stationnement et la circulation de voitures supplémentaires.

     

    4°) - L’automobile et la perception de la surpopulation mondiale.

    Lors d’un voyage d’étude aux Etats Unis en 1972, j’avais été frappé par la hantise de la surpopulation mondiale qu’exprimaient nombre des responsables américains que nous avions rencontrés. Ces responsables étaient conscients que le mode de développement pratiqué aux Etats Unis, avec un étalement urbain considérable lié à l’usage de l’automobile générant une forte consommation d’énergies et de matières premières, ne pouvait pas s’appliquer à l’échelle de la planète. Ils en déduisaient que la population de la planète était beaucoup trop élevée.

    Au début des années 1970, on avait raison de se préoccuper de la croissance de la population mondiale car les perspectives des démographes étaient de 14 milliards d’habitants à l’horizon 2050. Mais depuis, sur tous les continents s’est opérée une « transition démographique » avec une baisse du nombre de naissances par femme. La croissance de la population est beaucoup plus liée aujourd’hui à l’allongement de la durée de vie, qu’au nombre de naissances. L’Afrique fait encore exception, mais on peut penser qu’elle opèrera aussi sa transition démographique avec l’urbanisation croissante.

    Depuis les années 1970, en France et dans beaucoup d’autres pays, nous avons copié le modèle américain d’étalement urbain lié à l’usage de l’automobile. Et certains de nos concitoyens pensent comme nos interlocuteurs américains de 1970 : ce modèle ne peut pas s’appliquer à l’échelle de la planète car nous sommes trop nombreux sur la terre. Cette inquiétude ne peut pas être liée à la possibilité de nourrir les 7,5 milliards d’habitants aujourd’hui, ou 10 milliards en 2050. En effet, si les espaces agricoles et forestiers de la planète sont mis en valeur avec les multiples possibilités de l’agro-écologie et de l’agroforesterie adaptées à chaque territoire on ne devrait pas avoir d’inquiétude sur la capacité de se nourrir.

    Mais l’inquiétude vient des niveaux de consommation d’énergie et autres matières premières. Si les populations qui ont actuellement un faible niveau de consommation d’énergie rejoignaient les consommations des personnes vivant selon le modèle occidental, les émissions de gaz à effet de serre qui sont déjà beaucoup trop importantes exploseraient ! Et les productions agricoles et forestières ne pourront pas compenser nos consommations d’énergies fossiles.

    Mais dans ce dilemme, que faut-il remettre en cause ? La nombre d’habitants sur la terre, ou la surconsommation d’énergie liée à notre mode de vie occidental que tous les habitants de la planète essaient de copier ? Pour ma part, mon séjour aux Etats Unis de 1972 m’a fait comprendre que l’automobile était un magnifique objet mais trop gros pour être un objet individuel, et qu’il fallait s’efforcer, à titre personnel d’organiser sa vie pour utiliser la voiture le moins possible, et à titre collectif d’œuvrer pour que l’organisation urbaine permette à une grande partie de la population de vivre sans voiture personnelle. Il serait paradoxal que le progrès technique se retourne contre les hommes, et que pour pouvoir disposer de machines qui ne sont pas indispensables en aussi grand nombre, on doive dire aux personnes qui nous regardent avec envie, qu’elles sont en trop sur la terre ! 


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires