• Populisme et Démocratie sont-ils conciliables ?

                            Populisme et Démocratie sont-ils conciliables ? 

                                                                    Daniel Soulat   17/03/2018

     

    I/ Qu’en est-il historiquement : Dans la Grèce antique, Idiotès : est celui qui oublie le bien commun de la cité, l’homme livré au particulier qui n’espère pas l’universel. Avec la modernité, la définition de l’idiotès se transforme radicalement. En l’occurrence, ce n’est pas l’idiotès qui a changé, c’est l’universel auquel il se compare. De cette métamorphose va naître notre « populisme ». Idiot : l’homme restreint dans son intelligence, se comprend bien. Ethymologiquement, le suffixe isme implique une prise de position favorable envers ce qu’induit le substantif latin populus (peuple).

    Les Nombreux, il s’agit de désigner, de façon triviale, la masse des habitants de la cité, citoyens ou non. Mais ils ne sont pas la masse des citoyens d’Athènes. Ils se distinguent des quelques-uns supérieurs  en qualité, ils sont attachés à leurs désirs propres, ils manquent de vue d’ensemble pour conceptualiser et vouloir le bien commun. Ils ne s’intéressent qu’à la Particularité, Platon utilise le mot grec idiov (la particularité), et même si on leur présente le logos, le discours Universel, ils ne le voient pas et s’en détournent, ils  sont privés de la raison dont se prévalent les quelques-uns.

    Les  Quelques-uns, dans la cité pensent vraiment, et regardent les nombreux, les identifient et les désignent, alors qu’ils se définissent eux-mêmes, s’établit donc ainsi l’élite.

    L’Elite déborde de préjugés, autrement dit de jugement avant l’expérience. Dans les anciennes démocraties, déjà l’élite soupçonne et parfois accuse le peuple de manque à l’universel, de trop s’intéresser à ses intérêts, pas au commun. D’une manière générale on oppose les Meilleurs (aristoi) aux nombreux, meilleur signifiant plus intelligents et vertueux. Aristote est le seul penseur grec à ne pas disqualifier les nombreux.

    Enracinement : réalité historique, Emancipation : progrès, l’homme détaché de ses racines temporelles, spatiales, et des obligations communautaires. Il se trouve délivré des hiérarchies qui le tenaient dans une orbite étroite, il s’identifie à lui-même, car il peut inventer son propre destin. Les Lumières ont fait de la libération un absolu. Le débat entre émancipation et enracinement devrait demeurer dans une querelle courtoise avec un respect mutuel, mais on constate que c’est de l’ordre émotionnel donc conflictuel.

    Liberté démocratique : la multiplicité est une faille que dénonce Platon, car la liberté démocratique permet à tous de s’exprimer, de vivre comme ils l’entendent. Ainsi la société libre sera-t-elle emplie de désirs contradictoires. «La démocratie est une tension, fondée sur des principes qui ne peuvent être réconciliés complètement. Une parfaite liberté et une parfaite égalité ne peuvent tenir ensemble. Elles ne sont pas contradictoires mais tenues par une tension qui permet le pluralisme : une négociation entre droite et gauche, entre prédominance de la liberté ou de l’égalité.»  

    La Loi est ce qui rassemble ce qui vaut pour tous, le respect des lois est l’affaire de l’éducation, car l’instinct commande au contraire de se servir soi-même sans autre contrainte.

    Populisme la première distinction de ce qui deviendra le populisme repose sur une distinction entre le peuple inculte et l’élite éduquée. Le populisme porte la marque d'une inquiétude et d'une protestation démocratiques contre la trahison, supposée ou réelle, des élites. Le peuple n’a pas toujours le sentiment d’être défendu par la démocratie, pourtant faite pour lui, il a l’impression que l’on se sert de lui pour mieux le trahir, c’est aussi de cette certitude que naît le populisme. « Le trait distinctif des populistes, c'est qu'ils affirment être les seuls à représenter ce qu'ils appellent le véritable peuple. ». Ce qui est problématique, ce n’est pas l’appel au peuple, mais sa «conception du peuple», le risque c’est l’instrumentalisation de l’opinion du peuple par des partis et des personnalités politiques qui s’en prétendent leur porte-parole.

    II/ Actuellement, certains disent qu’Il ne s’agit pas d’un courant, mais d’une dimension et d’une pratique de la politique dans les sociétés démocratiques, ou, si l’on préfère, d’une manière qu’on peut dire «radicale» de concevoir la démocratie, qui revient à exiger de prendre à la lettre la définition classique «gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple». Or, qu’en est-il : «Ce peuple ne peut exercer sa souveraineté et son pouvoir que par des représentants qui vont penser, parler et agir en son nom». Entre le principe de la souveraineté populaire et l’Etat de droit, les tensions sont inévitables.

    III/ Pour d’autres, sont populistes tous ceux qui sortent des cadres habituels, tous ceux qui rompent avec le « politiquement correct », mais avant tout, est qualifié de populiste, celui qui est partisan du populisme.

    IV/ Démagogie. Le candidat populiste est-il celui qui va chercher ses voix dans les milieux populaires, celui dont le projet politique rencontre les exigences du peuple. Mais n’est-ce pas là précisément le but de la démocratie. Le mot démagogue désignait à l’origine le chef du peuple. Toute l’analyse grecque de la démagogie ancêtre de notre populisme, laisse apparaître la différence entre le principe de plaisir et le principe de réalité. Le propre du démagogue est de faire plaisir dans l’instant, tout est facile, il s’agit de proférer l’agréable au détriment du bien, de faire preuve de complaisance.

    V/ Eduquer le peuple à sortir de sa particularité, élargir son regard, lui apprendre à bien penser, à débattre à développer l’esprit critique. Eduquer à la citoyenneté ne consiste pas à défendre une idéologie, mais à développer discernement, jugement, responsabilité, éléments qui lui permettront de se forger sa propre opinion sur le destin commun.

    VI/ Citoyen : Au XXIe siècle : Le citoyen n’est plus celui qui dépasse son intérêt privé pour se mettre au service de la société à laquelle il appartient, mais celui qui dépasse l’intérêt de sa société pour mettre celle-ci au service du monde. Ainsi, celui qui voudrait protéger sa patrie face aux patries voisines, est devenu un demeuré. Le citoyen contemporain est à la fois individu dont l’intérêt particulier est prépondérant et un citoyen du monde. Il apprend que l’humanisme consiste à préférer  le lointain au prochain, mais il n’apprend pas que le prochain, le seul réel devant nos yeux représente l’exigence première qui permet toutes les autres.

     

    VII/  Entendre la plainte des électeurs qualifiés de populistes :

    Osons un point de repère, un article de Laurent Fabius, en 1994, alors qu'une nouvelle cohabitation imposait un gouvernement de droite à François Mitterrand. À la suite des élections cantonales, prenant la mesure de l'insatisfaction grandissante du pays devant « les ravages du chômage », « l'usure de l'État providence », le « mal de vivre », « le mal d'espoir » et le « mal gouverner », l'ancien Premier ministre écrivait : « Nos compatriotes, plus que d'autres peuples peut-être, ont par tradition besoin d'un grand dessein ».

    Et Emmanuel Macron déclara le 19 mars 2017 : « Si être populiste, c'est parler au peuple de manière compréhensible sans passer par le truchement des appareils, je veux bien être populiste. Mais ne m'appelez pas démagogue, car je ne flatte pas le peuple. »

    Lors de son intervention, dans la cour Napoléon du Louvre, au soir de son élection le 7 Mai 2017, le Président Emmanuel Macron s’est ainsi exprimé « j’ai entendu l’expression d’une colère, d’un désarroi, parfois des convictions, et je les respecte », « les fractures sociales et les divisions de notre nation, ont conduit certains à un vote extrême ».

    L’importance de se mettre à l’écoute de cette population et de prévenir l’aggravation de ces déséquilibres s’impose (pauvreté, désindustrialisation, désertification rurale, chômage).

    Entendre la colère de beaucoup, issue d’une société divisée en trois groupes : un tiers est constitué par les connectés’, ce sont les bénéficiaires de la mondialisation qui vivent dans des centres urbains. Un tiers craint le déclassement, et un tiers vit sans mobilité sociale et dans la précarité ou le chômage, ce sont ces derniers tiers qui sont qualifiés de populistes, et estiment ne pas compter pour le premier tiers.

    Ce constat est le même pour grand nombre d’observateurs, mais ils n’ont pas le même sentiment d’urgence et ne partagent pas les mêmes options économiques.

    Le risque d’un effet ‘bulle’ que connaissent souvent ceux qui vivent dans la ‘France d’en haut’, dans les métropoles, qu’ils soient élus, intellectuels ou même journalistes, sera d’autant plus important. Ils risquent de ne pas comprendre ce qui se passe dans la ‘France d’en bas’.

     

    VIII/ Résumé : Le ‘populisme’ évoque un courant d’opinion(s) fondée(s) sur l’enracinement (la patrie, la famille) et jugeant que l’émancipation (mondialisation, ouverture) est allée trop loin. C’est aussi une exaspération des désespérances. Le populisme est une «fièvre » symptomatique, d'une " maladie" causée par une démocratie qui craque, « puisqu’à l’issue d’un choix binaire : on n’élit plus le meilleur d’entre nous, mais le moins pire».  

     «La connotation péjorative du populisme est une manière euphémisée de remettre au goût du jour la  thèse selon laquelle la rationalité est du côté des élites, et que toute influence du peuple dans la conduite des affaires est irrationnelle», entrevoit le sociologue et politiste Yves Sintomer.

    Il est normal qu’une démocratie lutte en permanence contre la démagogie, qui représente depuis l’origine sa tentation, son fléau mortifère. Le mot populisme ne doit pas devenir l’invective dont on se sert pour ignorer les angoisses du peuple, une démocratie, qui lutte par des invectives contre des opinions contraires, montre qu’elle manque à sa vocation de liberté. Le populisme ne serait donc pas synonyme d’extrémité politique, mais d’une manifestation d’impatience envers la politique.

    IX/ Conclusion : La mode du populisme est l'expression de la séparation à l'œuvre dans nos démocraties entre les deux natures du peuple, sociale et politique, et du retournement de l'une contre l'autre. Le défi n'est donc pas seulement de prendre en compte la colère, mais de comprendre le motif de la plainte.

    Aujourd’hui s’il faut éduquer les milieux populaires à l’ouverture, il faudrait surtout éduquer les élites à l’exigence de limites, au sens de la réalité, à l’écoute et au respect de l’engagement.

    L’article 3 de la constitution étant : ‘La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum’, est-ce compatible avec la démocratie définie par ‘le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ? ». La question de savoir comment et dans quelle mesure le « peuple » est associé à son propre gouvernement est évidemment centrale.

    Selon Pierre Rosanvallon « l’actualité du populisme, c’est l’actualité d’une fatigue démocratique, qui est moins capable de légitimer les pouvoirs issus des urnes, c’est l’ombre noire des dysfonctionnements démocratiques. Il faut certes critiquer le populisme, mais simultanément réfléchir au développement d’une démocratie post-électorale. 

     

                                                                                                              Daniel Soulat 17/03/2018

    Les notes prises en cours de séance par Daniel Soulat peuvent être lues dans le commentaire n° 4  (voir ci-dessous).

    « C.R.du 3 fév.2018: Où va l'Afrique?Quels sont les dangers des idéologies ? »

  • Commentaires

    1
    Pierre M.
    Dimanche 11 Mars à 00:05

    Ne voulant pas aborder le fond de la question (le populisme) avant qu'il n'en soit débattu, je voudrais pourtant élever ici une protestation solennelle, au nom de tous les idiots passés, présents et futurs, contre l'appréciation dépréciative qui transparait dans le texte qui a été porté à notre connaissance. Ce serait un "homme restreint dans son intelligence" !

    J'en appelle à l'un des Idiots les plus célèbres, le prince Michkine, personnage attachant, d'une bonté et d'une honnêteté exemplaires, mais qui avait seulement quelques problèmes de santé aujourd'hui parfaitement maîtrisés par la science médicale. Socrate lui-même était considéré plus ou moins comme un idiot par le grand Aristophane, son contemporain, qui a consacré une de ses remarquables comédies pas la meilleure il est vrai ("Les nuées") à le caricaturer prêchant comme un idiot dans un panier perché ! En fait je ne suis pas sûr qu'il le traitait d'idiot mais c'est tout comme. En fait, je pense que le terme grec, concernait plus la différence culturelle et sociale, que la différence intellectuelle : un idiot n'était pas un débile, mais un individu qui n'était pas imprégné de la culture dominante.De même qu'un barbare était celui qui parlait mal le grec. On dirait aujourd'hui un prolétaire ou qqch comme ça.

    D'ailleurs le préfixe idio- n'a aucune connotation péjorative : on le trouve dans idiome, idiosyncrasie, etc. Il signifie ce qui appartient en propre à un individu.

    Le statut d'idiot est parfois considéré comme un honneur. J'en veux pour preuve telle Grande Ecole formant des ingénieurs agronomes, dans laquelle les étudiants suivaient ce cursus ascendant : bizut, sous-hypo, crétin, abruti, puis idiot. Idiot étant donc le summum de leur parcours estudiantin.

    Alors halte au racisme anti-idiot.

    Idiots de tous pays unissez-vous.

    L'idiot de service.

    Pierre

    2
    brouard
    Dimanche 11 Mars à 16:35

    Bravo pour la démonstration !!!

    Mais je trouve bizarre que l'auteur saute directement de la période grecque (quelques siècles avant J-C) à Fabius et Macron, comme s'il ne s'était rien passé pendant 2 000 à 2 500 ans...

    Or pendant ces deux mille ans, nous avons vécu sous le régime de la Chrétienté, une façon de vivre très fraternelle (aimons nous les uns les autres, tendons la joue gauche, haro sur les riches - il est plus facile pour un chameau de passer dans le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au Paradis -, etc...) et quel en est le bilan après 2 000 ans d'application ?

    Il me semble évident que ce bilan n'est pas brillant, et que si le prophète Jésus revenait aujourd'hui voir comment ses disciples ont appliqué son enseignement, il serait évidemment horrifié !!!

    Quel rapport avec le populisme et la démocratie ? Evident, car le bonheur et le partage entre tous les hommes sur terre est loin d'être gagné, alors qu'il devrait régner naturellement si on avait tous ensemble appliqué les principes généreux et universels du christianisme...

    A discuter...

    3
    daniel
    Mardi 20 Mars à 19:03

    en réponse à Sylvain; en deux pages, la densité est déjà forte, j'ai essayé de montrer que la séparation entre les élites et les "demeurés ou idiotès" date déjà depuis 25 siècles, de plus, j'ai essayé de montrer que la fracture entre émancipés et enracinés est au coeur des pro ou anti mondialisation, de surcroît la séparation entre 1/3 de connectés et les deux autres tiers qui ne le sont pas renforce une fracture en France qui s'élargie.

    il faudra attendre le compte rendu qui a été établi, pour voir la multitude d'opinions contradictoires, pour ma part je n'abonderai pas dans l'ostracisation d'une partie de la population, et ne monterais pas les uns contre les autres, voir la conclusion du texte d'introduction et le futur compte rendu envoyé aux présents pour amendement.

    charge à chacun d'apporter son opinion, c'est l'objet d'un débat au sein du café débat ou sur ce blog.

    4
    daniel
    Lundi 26 Mars à 10:13

    En guise de CR du café débat du 17/03/2018, pour ne pas prendre parti, compte tenu de multiples commentaires contradictoires, je m’en tiendrais qu’aux prises de notes ci-dessous.

    1/ Jean-Pierre : La démocratie doit tenir compte de toutes les idées et opinions donc conciliable même avec la démagogie. Les décisions dans un milieu contradictoire c’est compliqué. La représentation du peuple est importante. Les critiques sont nombreuses, mais il n’y a pas de bonnes propositions. Le système  représentatif ou constitutionnel actuel marche à peu près.

    La Suisse fonctionne plutôt bien, il y a une grande prudence dans les choix économiques. Le social est conservateur. Ce ne sont pas uniquement des banques, il y a pas mal d’industries.

    2/ André : La Suisse résiste au populistes et voient à long terme, depuis deux siècles ils fonctionnent bien, ce n’est pas forcément transposable en France.

    Les populistes promettent tout et ne voient qu’à court terme.

    En démocratie il faut du courage pour assumer ses décisions. Il faut une éducation qui prépare à la citoyenneté raisonnable.

    La Suisse est un bon exemple de démocratie.

    3/ Claude : il y a bien une distinction entre le peuple inculte et l’élite éduquée, et alors ? La démocratie en France n’est pas si mal que cela, il y a deux chambres et le pouvoir judiciaire. Nos représentants font venir des experts pour éclairer des sujets très complexes.

    4/ Jean Claude : Il y a une vague populiste dans de nombreux pays, dans les médias il y a plusieurs articles sur ce sujet, le point commun c’est l’émigration. Le peuple est méfiant vis-à-vis des élites. Il faut une analyse sur le terrain, pour savoir ce qui se passe dans la tête des gens. A l’évidence, il y a un malaise, le citoyen est méfiant de ses élites. Ce phénomène vient-il du peuple, ou cela concerne-t-il de la manière dont nous sommes gouvernés ?

    En Suisse, c’est le populisme triomphant, souveraineté au niveau des communes il y a le principe de subsidiarité, les communes le font, sinon elles se regroupent en canton. Les gens votent lorsqu’ils ont un avis, ils ne laissent pas les politiques décider. C’est le pays d’Europe où il y a le plus d’étrangers, pourquoi est-ce compatible ? L’explication est que pour être citoyen Suisse, c’est le Maire de la commune qui désigne un groupe de citoyens Suisses, ils vont aller interroger le candidat qui doit être en Suisse depuis cinq ans, voir ses voisins, pour devenir citoyen du village. C’est le peuple qui gère l’émigration, ils feront un rapport au Maire avec avis favorable ou non. La Suisse a beaucoup d’étrangers, il y a des conditions pour devenir citoyen Suisse, le peuple a des attitudes responsables. Est-ce du populisme ?

    5/ Michèle : en Suisse, on ne garde que les riches, la Finlande est le pays réputé comme étant le plus heureux, et c’est là où il y a le plus d’émigrés. Il faut un phénomène de masse pour faire passer ses idées. Non il ne faut pas craindre le populisme, il faut l’écouter.

    6/ Mamadou : en Suisse il y a beaucoup de comptes bancaires étrangers avec de la fraude fiscale, la Suisse n’est pas un exemple.

    La démocratie c’est le fonctionnement le moins pire du monde. Parmi les pays qui siègent à l’ONU il y a (Chine, Russie, USA) là où il y a du populisme, conséquence de la démocratie et de ses défauts.

    La votation est intéressante car proposée sur des sujets précis. Il n’y a que des chauffeurs de bus français, les Suisses ne veulent pas être chauffeurs de bus. Il y a une grosse pénurie de main d’œuvre en Suisse.

    Les trois tiers de la répartition de la population en France sont bien identifiés, et expliquent bien le score du FN aux élections.

    En Angleterre, Londres n’a pas voté le Brexit, par contre les régions industrielles ont voté le Brexit.

    Au départ le populisme est lié au chômage, à l’éducation, au manque de formation, au développement de la compétitivité.

    7/ Josette : Populisme c’est un mot qui m’énerve, mot à la mode, mot fourre tout, ne veut rien dire, mot flou. Les migrants peuvent susciter de la peur, réaction ‘tu es populiste c'est-à-dire raciste’.

    Daniel, autrement dit, populisme serait donc le sobriquet par lequel les démocraties perverties dissimuleraient vertueusement leur mépris sur le pluralisme.

    8/ André : quel est le meilleur système, c’est compliqué. En Suisse le peuple a le courage et l’intelligence d’affronter les problèmes qui seront résolus au long terme.

    9/ Randi : Mot populisme c’est tout ce qui ne va pas dans le sens de l’idéologie dominante, c’est du populisme. Populisme façon de faire de la politique aujourd’hui on est plus dans un régime oligarchique ce qui engendre un fossé entre le peuple des classes moyennes et l’élite (oligarchie financière). Le populisme c’est la défense des intérêts du peuple, la démocratie c’est le gouvernement du peuple. La démocratie c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple, actuellement il a des représentants. Actuellement ce n’est plus le pouvoir législatif qui propose des lois, c’est le gouvernement et le Président qui les proposent. La démocratie représentative n’est plus une démocratie, le pouvoir est tenu par une petite élite, le populisme vient de là.

    Daniel : Serions-nous dans une démocrature ?

    10/ Jean Pierre : Nous sommes dans une oligarchie. Il faut bien la choisir, pouvoir la critiquer. Ce qu’il faut aussi, c’est pouvoir en changer. Il faut « travailler » assez pour se faire une opinion valable dans notre monde complexe. Le populisme n’est pas une idéologie. La problématique c’est comment gérer notre complexité.

    11/ Jean Claude : Populisme et dictature, aux USA par exemple c’est une démocratie et il y a une dictature de la justice, et actuellement une vague de populisme.

    12/ Claude : Faire la séparation entre les faits et les opinions, les politiques expriment des opinions. Par rapport aux émigrés j’ai des limites, les craintes sont légitimes.

    13/ Daniel : A ce stade du débat, je rappelle les deux questions en fin de texte d’ouverture de séance :

    -       La question de savoir comment et dans quelle mesure le « peuple » est associé à son propre gouvernement est évidemment centrale ;

    -       Réfléchir au développement d’une démocratie post électorale, puisque les résultats des élections présidentielles du 8 Mai 2017 ont été sur 47 millions d’inscrits :

    12 millions d’abstentions soit   25,5%

    4   millions blancs ou nuls soit   8,5%

    Ce qui réduit à 31 millions de votes comptabilisés

     

    Candidate Le Pen a obtenu 10 millions de votes soit 33,3%

    Candidat Macron a obtenu 21 millions de votes soit 66,6%

    Ceci renforce que le phénomène populisme ne repose pas tant sur le vote protestataire que sur la réserve abstentionniste, signe d’un peuple qui continu de se diviser, et de s’interroger sur les mutations contemporaines de la citoyenneté et du rapport aux politiques.

    14/ Catherine : Avant de répondre à ces questions, je voudrai renforcer ce qui a été dit dans le texte, nous avons un tiers de ‘connectés’ qui s’accommodent de la mondialisation’ et deux autres tiers  qui sont disqualifiés et sont dans la crainte, ils ne se sentent pas bien à leur place et se sentent délaissés. La société doit aller vers le mieux, et non vers le moins bien.

    15/ Claude : je ne suis pas du tout d’accord avec cela.

    16/ Mamadou : La démocratie est bien en France, malgré tout il y a des ordonnances qui ne vont pas dans son sens.

    17/ Claude nouveau parmi nous : Il faut revenir à l’identité nationale, il faudrait faire payer les abstentionnistes, compter les votes blancs, nuls, permettre aux migrants de voter avec leur carte de séjour.

    La Suisse est dans un système protectionniste, elle n’a pas participé à la deuxième guerre.

    En Belgique le vote est obligatoire.

    18/ Michèle : Signale l’existence de  CNDP Commission Nationale du Débat Public et des conférences de consensus.

    19/ Claude :

    20/ André : Pour voter il faut une opinion et cela nécessite un travail, la démocratie ne tombe pas du ciel.

    21/ Daniel : Pour information, en France sur la carte d’électeur, il est inscrit : ‘voter est un droit, c’est aussi un devoir civique’.

    22/ Jean Pierre : Pour la phase post électorale, les résultats de sondage dépendent de la nature de la question posée.

    23/ Gérard : Populisme et démocratie sont difficilement conciliables, puisque, les populistes sont égocentriques, la démocratie défend tout le monde, gros problème en démocratie on laisse s’exprimer ceux qui ne savent pas.

    24/ Claude :

    25/ Claude nouveau dans le CD : voir les Etats Africains.

    26/ Randi : Je me pose des interrogations quand j’entends que le système démocratique actuel est satisfaisant, notamment au regard du nombre des abstentions, des votes pour le FN. Ne serait-ce pas opportun de réformer les institutions, et engager des votes d’initiative populaire.

     

     

                                                                                                                          Soulat Daniel

     

    Nota : il y avait 22 personnes, dont 4 nouvelles (2 jeunes hommes, une jeune femme, un homme plus âgé).

     

    5
    Pierre M.
    Mardi 27 Mars à 00:07

    Pourquoi tant de détestation ? Le terme "populisme" est aujourd'hui très négativement connoté. Est-ce la désaffection à l'encontre des mots en –isme ? Mais ceux qu'on qualifie de populistes sont souvent des "anti-ismes". Est-ce que tout ce qui rappelle le Peuple, le "populo" est quelque chose de méprisable ? Condescendance de l'élite ?

    Mot récent, il désigne une réalité vieille comme l'histoire des civilisations : l'appel, le recours, la flatterie au "Peuple". Tous les Grecs illustres, comme Alcibiade, y ont sacrifié pour s'élever dans la Cité. Et à Rome, le difficile équilibre entre patriciat et plèbe était institutionnalisé (tribuns du peuple) ou acheté (distributions d'argent ou de pain : congiaires, frumentationes).

    En tout cas il y a là une dérive historique, car les populistes russes ou américains du dix-neuvième siècle passaient plutôt pour des démocrates, réformistes voire humanistes. Quant aux populistes sud-américains tels que Getulio Vargas au Brésil ou Peron en Argentine, au siècle dernier, s'il est vrai qu'ils ont pris quelques libertés avec les régimes soi-disant démocratiques qui ont précédé leur accession au pouvoir, ils ont satisfait à beaucoup de revendications sociales du "peuple" au nom duquel ils agissaient. En tout cas ils n'ont rien de commun avec les sanglantes dictatures militaires qui ont sévi au siècle dernier sur ces pays. Ils ont aujourd'hui encore leurs nostalgiques. C'est probablement en cela qu'on peut les qualifier de populistes.

    En France nous n'avons pas connu pareils mouvements. L'engouement envers le général Boulanger était dû au désir de revanche contre l'Allemagne (et à l'ambiguïté de son discours), envers Poujade au mécontentement des commerçants et artisans (et à la véhémence de son discours) : plus de la démagogie inaccomplie que du populisme.

    En définitive, c'est quoi le populisme ? Sans doute une expression fourre-tout qui qualifie au lieu d'expliquer. Qu'y a-t-il en effet en commun entre les gauchistes de tout poil, les néo-fascistes et nationalistes d'extrême-droite et les nouveaux mouvements dont l'émergence a surpris : les Partis Pirates scandinaves, les Indignés espagnols et le Mouvement 5 Etoiles italien ? Des ressemblances sur certains points, mais que de différences. Assiste-t-on à une rupture des clivages politiques traditionnels ? Devant la décrépitude éthique et politique qui ravage nos élites, il n'y a pas lieu de s'étonner. Mais quel dommage de galvauder ces qualificatifs (populaire, populisme) liés au beau nom de Peuple

     

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