• Mondialisation : faut-il réguler, et comment ?

    Précarité, chômage, misère, conflits, insécurité, inégalités ou, au contraire, paix, prospérité, promotion et justice sociale : nous allons voir que la mondialisation est au centre du débat de fond.

    La mondialisation, peut être abordée sous plusieurs aspects. Nous verrons un peu plus loin l'aspect économique et ses répercussions sur le plan humain.

     

    Le développement de la mondialisation présente un caractère quasi inéluctable, et l'aspect technologique y a une part importante.

     

    La finance, devenue internationale et libre (démantèlement des obstacles aux mouvements internationaux de capitaux) fait que les Etats n'ont plus de grandes marges de manœuvre sur le plan politique, fiscal, réglementaire.

    Rapide historique :

     

    La mondialisation n'est pas nouvelle. A partir du moment où nos lointains ancêtres, constatant qu'ils avaient épuisé les ressources du lieu où ils se trouvaient, se sont mis en marche pour trouver d'autres lieux, alors la mondialisation s'est également mise en marche.

     

    Dès l'Antiquité mésopotamienne : existence d'un commerce international. Citons les empires romain, byzantin, carolingien, puis les foires de Champagne au XIIe siècle. Début du XIVe siècle : les banquiers italiens installent des succursales dans toutes les grandes places d'Europe (d'où "rue des Lombards", "Lombard Street"…)

     

    Durant les "trente glorieuses" (1945 à 1973), le bloc Ouest, et notamment la France, s'enrichit grâce à une politique Keynésienne basée sur l'intervention de l'Etat et la généralisation des dispositifs de protection sociale.

     

    Le premier choc pétrolier (1973/1974) est suivi d'un second choc en 1979/1980. La stagflation (montée simultanée de l'inflation et du chômage) fait son apparition. Cette crise économique remet en cause le keynésianisme. Les "néoclassiques" (libéraux économiques) reviennent en force dans les années 1980. La finance s'internationalise. Les capitaux circulent de plus en plus librement sur les marchés mondiaux.

     

    Le capitalisme change peu à peu de visage. Les entreprises possédées par des Entrepreneurs créateurs d'emplois et de richesses, soucieux de la pérennité de leurs entreprises, deviennent souvent des Firmes MultiNationales (FMN). Ces firmes perdent peu à peu leur nationalité.

     

    Nous assistons à l'apparition d'un chômage de masse entraînant un développement de la pauvreté et une croissance des inégalités. Cette crise est liée aux avancées de la mondialisation et de la concurrence mondiale.

     

    Les Etats cherchent à créer les conditions susceptibles de maintenir ou d'attirer les capitaux chez eux en supprimant les entraves à leur circulation internationale, mais aussi en renonçant à la majeure partie de leurs prélèvements fiscaux sur les revenus du capital.

     

    L'OMC, créée en 1995, cherche à maintenir, par la diminution considérable des barrières douanières, la compétition internationale déjà exacerbée par la faiblesse des coûts de transport au regard des écarts des coûts de production.

     

    L'Europe, basée sur la concurrence, ne semble pas nous mettre à l'abri des ravages de la compétition internationale.

     

    A côté de cela, nous assistons à la montée en puissance de deux mastodontes : la Chine et l'Inde.

    Les bénéfices et les inconvénients de la mondialisation :

    Tout d'abord, certains voient dans la mondialisation l'espoir d'une paix mondiale avec la suppression totale des frontières. De mon point de vue, j'estime que c'est loin d'être gagné. La montée du communautarisme, les révoltes, les attentats ainsi que les tensions internationales et la prolifération de l'arme atomique me confirment dans ce sentiment.

    Certains pensent que la mondialisation peut sortir les pays pauvres de la misère. C'est vrai et faux. La Chine et l'Inde profitent de la mondialisation, mais de nombreux autres pays restent scotchés à la misère, l'Afrique en particulier.

     La planète est capable de nourrir ses 6 milliards d'individus, cependant, la concurrence mondiale fait baisser les prix et génère la pauvreté et la faim.

     

    Le nombre d'enfants travaillant dans le monde s'est accru.

     

    Au cours du dernier quart de siècle, pendant que les pays asiatiques font une extraordinaire percée sur les marchés mondiaux, les conditions d'emploi et/ou de rémunération se dégradent dans les pays occidentaux.

     En définitive, la concurrence des pays à bas salaires, au lieu de susciter une égalisation par le haut des salaires, provoque un nivellement par le bas.

     

    Il faut cependant reconnaître que la mondialisation profite au consommateur (prix bas, diversité de l'offre, innovations etc.) Mais si le consommateur devient chômeur et miséreux, pourra-t-il en profiter ?

     

    La mondialisation profite aussi aux grands possédants qui obtiennent un meilleur rendement de leurs capitaux et ont de nombreuses opportunités d'accroître leur fortune. La mondialisation permet aussi une lutte efficace contre l'inflation.

     

    Ce qu'il faut faire : réguler - pourquoi ?- comment ? :

     

    Je ne préconise pas l'arrêt de la mondialisation, ce serait de toute façon difficile, mais aussi parce qu'elle a ses avantages (sortie de la misère pour certaines populations dans le monde, emplois à l'exportation, prix bas pour certains articles, limitation de l'inflation du fait de la concurrence, etc.). Par contre, la mondialisation telle qu'elle est aujourd'hui a des inconvénients graves qu'il faut éliminer (pertes d'emplois pour certains, moins disant social, pollution incontrôlée dans certains pays, pillage des ressources naturelles, trop de population "scotchées" à la pauvreté, etc.)

     

    C'est pourquoi je préconise une solution intermédiaire : la mondialisation régulée.

     

    C'est aussi un nouveau système économique.

     

    Petit rappel : le 5 janvier 1914 Henry Ford annonce qu'il va diminuer le temps de travail, doubler les salaires et réduire le prix de sa voiture. Cela parait incroyable et pourtant, il l'a fait et cela a marché. Comment ce miracle a été possible ? Grâce aux gains de productivité.

     

    Cela nous ramène à la question fondamentale : "que fait-on des gains de productivité ?" Cette question est en rapport avec une autre question fondamentale : "quelle société voulons-nous, pour nous et pour nos enfants ?" Les gains de productivité peuvent être utilisés de diverses façons :

    - Baisse des prix : Profite aux consommateurs, moins bon pour le développement durable.

    - Baisse du temps de travail : Bon pour la qualité de vie, bon pour la vie de famille, bon pour l'engagement citoyen, pas d'effets néfastes sauf en cas de compétition internationale sauvage comme actuellement, justement…

    - Hausse des salaires : Profite aux salariés, mais peut aussi profiter aux entreprises, car il y a hausse de la consommation, donc hausse des opportunités pour les entreprises de faire des affaires. C'est donc bénéfique pour l'économie. Sauf que cela ne peut pas se faire, là aussi, en cas de compétition internationale sauvage…

    - Hausse des bénéfices : Deux utilisations : investissement dans l'entreprise ou versement de dividendes aux actionnaires. Les deux ont des effets bénéfiques pour l'économie, sauf si le versement de dividendes n'entraîne pas de création de nouvelles activités et que l'argent va dans la spéculation et la finance, ce qui, hélas, est actuellement le cas.

    - Baisse des effectifs : Cela génère du chômage et fait baisser les salaires donc baisse de la consommation, baisse du volume d'affaires pour les entreprises… c'est, hélas, le cercle vicieux que l'on connaît bien. C'est le résultat de la mondialisation ultralibérale actuelle mettant en compétition les Travailleurs du monde entier.

     

    Je précise que je prend le terme "Travailleur" comme étant celui qui vit de son travail qu'il soit salarié (public et privé), artisan, commerçant, profession libérale, petit entrepreneur.

     

    N'en déplaise à quelques uns nous voyons bien que l'économie n'est pas qu'un débat de spécialistes, mais un débat de fond sur la société que l'on veut.

     

    Les ultralibéraux s'appuient sur les théories d'Adam Smith (1723 - 1790 - division internationale du travail et théorie des "avantages absolus") et de David Ricardo (1772 - 1823 - théorie sur les "avantages comparatifs"). Et pourtant Ricardo indique lui-même que, si les capitaux sont libres, alors sa théorie ne fonctionne plus. Or, si les capitaux n'étaient pas libres du temps de Ricardo, ils le sont devenus maintenant… Cela remet en cause bien des discours de la pensée unique.

     

    Je ne rejette pas complètement la division internationale du travail, mais quand tout le travail s'échappe de certains pays, cela pose un problème !…

     

    Les technologies vont de plus en plus vite à se répandre et ne donnent plus aux pays avancés un avantage concurrentiel. Certains disent "il faut être compétitifs". C'est vrai si on ne régule pas. Dans ce cas, voici des questions à se poser :

     

    300 € par mois : c'est déjà un bon salaire dans certains pays de l'Est. Est-ce suffisant pour vivre en France ? Non ! C'est déjà difficile de vivre avec le SMIC (environ 1250 euros par mois brut et 980 euros net). Pourrons nous nous aligner sur les 30, 60 ou 100 € mensuels de la Chine et de l'Inde ? Est-ce souhaitable ? Est-ce réaliste ?

    Travailler plus ? 70 heures par semaine ? plus encore ? Suppression des vacances, des WE ? Revoir les conditions de travail ? Faire comme dans les pays émergents : pas de protections ? donc risques d'accidents graves, voire mortels, durée de vie limitée par les diverses inhalations de produits toxiques et autres ? Pollution libre pour être compétitifs par rapport à ceux qui n'ont pas de réglementation ? Devra-t-on faire travailler nos petits enfants dans les mines ?

    En mettant en compétition entre eux les Travailleurs du monde entier, on ne fait qu'aller vers l'alignement vers le bas des salaires, des conditions de travail, du niveau social et écologique.

     

    D'un autre côté, en laissant les capitaux libres, on fait qu'ils vont se placer là ou cela rapporte le plus.

    Les salariés sont ainsi soumis à "la double peine" : d'un côté une pression à la baisse du coût du travail, d'un autre côté une exigence de plus en plus forte du capital pour que cela rapporte.

    Un nouveau système économique doit être mis en place. Il faut faire de la régulation économique intelligente.

     

    Pour moi l'intervention économique ne doit pas être celle qui est appliquée actuellement : c'est-à-dire laisser faire le marché et chercher de plus en plus difficilement à réparer les dégâts en prélevant de l'argent sur le dos de ceux qui travaillent, ou en augmentant la dette, pour distribuer des miettes aux exclus. Cela ne marche pas, on le voit bien.

     

    Il faut avoir une action économique offensive. La conquête de nouveaux marchés passe par l'innovation. Il faut donc organiser une recherche coordonnée et efficace (pas dépenser plus, mais dépenser mieux). En particulier, il faut des recherches dans le domaine médical, sur les énergies renouvelables, le développement durable etc. Il faut également un haut niveau de formation. Avoir une politique de "grands travaux". etc.

     

    Mais, vu les énormes écarts salariaux actuels, il faut également réguler l'économie mondiale. Entre la fermeture des frontières et l'ouverture sans discernement, il y a un juste milieu à trouver.

    Pour réguler efficacement, et également pour financer notre protection sociale, je préfère les droits de douanes, car ils ne s'appliquent que sur les importations et pas sur ce qui est fait en France. Les droits de douane que je préconise sont :

    - Modulables en fonction du niveau salarial et social du pays exportateur (plus c'est mauvais, plus je taxe). Cela incitera les pays à adhérer à une charte sociale et fera monter le niveau social des Travailleurs de la planète au lieu de les livrer à la concurrence sauvage qui nivelle par le bas.

    - Modulables en fonction du niveau écologique du pays exportateur (plus c'est mauvais, plus je taxe), cela permettra de faire monter les niveaux écologiques au plus grand bénéfice de la planète (charte écologique) et sera bien plus efficace que les grands discours.

     

    D'autres critères peuvent également être pris en compte : la réciprocité, l'aide que l'on veut apporter au pays exportateur, le secteur d'activité, le niveau de ressources naturelles restantes, la balance (positive ou négative) de nos échanges avec le pays exportateur, les gros marchés que l'on souhaite obtenir etc.

    Pour ne pas pénaliser les ménages (renchérissement des importations), il faut compenser en retirant les taxes sur les salariés. L'argent provenant des droits de douane sera utilisé pour financer les retraites, la santé, l'éducation, la recherche, le social etc. Les taxes pesant sur le travail seront supprimées en tout ou partie. Les entreprises devront verser aux salariés l'intégralité de la baisse des charges patronales. Les salariés auront donc plus d'argent, consommeront davantage et seront incités à acheter Français, cela fera davantage d'emploi. Devant le dynamisme de l'économie et le fait que ce système ne pénalise pas les entreprises installées en France, ces dernières auront tendance à venir et à rester en France, donc tendance au plein emploi, donc baisse de la précarité et de la misère, salaires net plus élevés et meilleures conditions de travail. Les retraites et les prestations sociales pourront ainsi être relevés. C'est le cercle vertueux de l'économie.

     

    Bien entendu, il faudra faire ces transferts prudemment et progressivement afin de ne pas déstabiliser brutalement l'économie. On peut même envisager la montée progressive d'un "mix" droits de douane + TVA sociale ou TVA modulée coordonné avec la baisse progressive des prélèvements qui pèsent sur les Salariés

    En vrac, voici quelques autres idées :

     

    Pour baisser le nombre de camions et financer le ferroutage, je préconise une taxation des camions entrant sur le territoire français.

     

    Pour l'aide aux pays en difficulté, mais aussi pour financer le social des pays dit "riches" ainsi que l'harmonisation européenne, il faut promouvoir la taxe Tobin sur les transactions financières.

     

    Sur le plan humain, la meilleure façon de répondre aux problèmes d'immigration qui se posent dans les pays riches est l'aide aux pays pauvres. Par contre, pour que cette aide soit efficace, il faut aider directement en biens et services et pas (ou peu) en argent.

    Dans les pays en difficultés et en particulier en Afrique, il faudrait cesser de vouloir à tout prix leur imposer notre mode de vie et notre système économique basé sur le profit et la concurrence. Pourquoi ne pas laisser se développer une économie locale, respectueuse des peuples, des modes de vie traditionnels, des cultures et de l'environnement ?

     

    Car, en plus du respect des aspirations des peuples et du respect des cultures et des modes de vie, il faut également se poser la question du développement durable.

    Il faut plusieurs planètes pour que le monde entier ait le niveau de vie des Français et encore plus pour que le monde entier vive comme les Américains.

     

    De plus, le prix du pétrole et l'hypothèse de sa disparition à terme vont poser la question des transports internationaux.

    Il faut également se poser la question suivante : faut-il consommer plus pour être heureux ? Ne peut-on pas consommer mieux et voir aussi la vie sous un autre angle ? Profiter de la vie de famille, de l'amitié, de l'engagement citoyen, de l'art, des paysages, de la nature, de la marche, du sport...

    Jean-Marc Nossent

    http://ecomondiale.over-blog.com

    « Etre, ou avoir ?Les femmes sont-elles faites pour la politique ? »

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 22 Octobre 2006 à 00:17

     



    Réponses de Jean-Marc :



     



    Jean-Jacques : "il manque à ton analyse la dimension " temps "."



     



    Jean-Marc : Au contraire, j'ai analysé plusieurs millénaires…


    Au contraire, j'ai analysé plusieurs millénaires…

     



    Jean-Jacques : "…l’éventail des salaires va se réduire considérablement. Ce fut le cas au début de l’intégration de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce dans l’Union Européenne."



     



    Jean-Marc : Il ne faut pas confondre l'intégration de l'Espagne (quelques dizaines de millions de personnes) avec l'intégration de la Chine et de l'Inde (populations de l'ordre du milliard dans les deux cas). L'arrivée en continu depuis quelques temps (et ce n'est pas fini…) de centaines de millions de Travailleurs sur le marché mondial déstabilise le marché de l'emploi et tire les salaires et les conditions de travail vers le bas (loi de l'offre et de la demande).


    Il ne faut pas confondre l'intégration de l'Espagne (quelques dizaines de millions de personnes) avec l'intégration de la Chine et de l'Inde (populations de l'ordre du milliard dans les deux cas). L'arrivée en continu depuis quelques temps (et ce n'est pas fini…) de centaines de millions de Travailleurs sur le marché mondial déstabilise le marché de l'emploi et tire les salaires et les conditions de travail vers le bas (loi de l'offre et de la demande).

     


    L'arrivée de nouveau Travailleurs pourrait être bon pour l'économie, car cela pourrait créer de la demande (nouveaux consommateurs). Le problème est que, trop souvent, il y a substitution d'emplois correctement payés par d'autres très mal payés. C'est-à-dire que, au lieu de fabriquer en Europe on fabrique en Chine. C'est déshabiller Pierre pour habiller Paul. Nos ouvriers qui étaient à peut près correctement payés perdent leurs emplois. Ils sont remplacés par de la main d'œuvre mal payée et se contentant de mauvaises conditions de travail. De plus en plus de professions vont subir le même sort que les ouvriers (opérateurs dans les centres d'appels, ingénieurs etc.)


     


     



    Jean-Jacques : "Je dirai donc ici que ce qui est inéluctable, c’est la fin de la mondialisation."



     



    Jean-Marc : Permet moi de te dire, Jean-Jacques, que tu rêve un peu… Même si le problème du pétrole peu ralentir la mondialisation côté transports et circulation de biens (et encore, avec les solutions de remplacement, ce n'est même pas certain), côté circulation d'idées et de cultures ce ne sera pas le cas. Par ailleurs, le manque de pétrole n'empêchera pas d'avoir beaucoup de services immatériels à l'étranger (centre d'appels, services financiers, bureaux d'études etc.) Et puis, nous ne sommes qu'aux balbutiements de la conquête de l'espace…


    Permet moi de te dire, Jean-Jacques, que tu rêve un peu… Même si le problème du pétrole peu ralentir la mondialisation côté transports et circulation de biens (et encore, avec les solutions de remplacement, ce n'est même pas certain), côté circulation d'idées et de cultures ce ne sera pas le cas. Par ailleurs, le manque de pétrole n'empêchera pas d'avoir beaucoup de services immatériels à l'étranger (centre d'appels, services financiers, bureaux d'études etc.) Et puis, nous ne sommes qu'aux balbutiements de la conquête de l'espace…

     



    Jean-Jacques : "Autre remarque, sur tes propositions cette fois. Tu proposes de TOUT réguler par les taxes, et, singulièrement, les droits de douane. En économie capitaliste " normale ", c'est-à-dire même pas " ultra-libérale ", cela ne fonctionnera pas.



     



    Jean-Marc : Dans mon système, je taxe d'un côté (importations) et je détaxe de l'autre (le travail). Globalement, les prélèvements restent d'un montant inchangé. J'irais même plus loin : mon système relançant l'économie, à taux de prélèvement égal, cela donnera plus d'argent ; il y aura également moins de pauvres puisque les gens trouveront plus facilement du travail correctement rémunéré. Et là, selon que l'on est de droite ou de gauche on peut soit baisser les prélèvements, soit augmenter les prestations sociales (ou même faire les deux).


    Dans mon système, je taxe d'un côté (importations) et je détaxe de l'autre (le travail). Globalement, les prélèvements restent d'un montant inchangé. J'irais même plus loin : mon système relançant l'économie, à taux de prélèvement égal, cela donnera plus d'argent ; il y aura également moins de pauvres puisque les gens trouveront plus facilement du travail correctement rémunéré. Et là, selon que l'on est de droite ou de gauche on peut soit baisser les prélèvements, soit augmenter les prestations sociales (ou même faire les deux).

     


     



    Les réponses complètes de Jean-Marc sont sur le blog :



    http://ecomondiale.over-blog.com/


     


    2
    Dimanche 29 Octobre 2006 à 18:54

    bonjour,


    nous habitons à la campagne - plus de vaches que d'habitants- mais nous avons un café philo dont je m'occuppe : l'atelier d'échanges s'appelle "Kess Kin' Né ?", patois des gens qui s'interpellent sur le trottoir ; et ça marche.......... une moyenne de 20 personnes tous les mois.......

    3
    jean-jacques
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:24

    Comme je ne pourrai être présent samedi, je te mets ci-dessous quelques commentaires sur ton texte, que j'aurais préféré faire en direct et de manière interactive...


     


    Après lecture de ce texte, je voudrais faire quelques remarques. La principale, qui entraîne toutes les autres, c’est qu’il manque à ton analyse la dimension « temps ».


    En effet, cette mondialisation que tu considères comme « quasi-inéluctable » se traite différemment selon qu’on réfléchit à court terme (disons à 10 ou 15 ans) ou à long terme (15 à 50 ans). Pourquoi ?


    A court terme, cette mondialisation qui se caractérise entre autres, dans ses mauvais aspects, par des délocalisations vers les pays à bas salaires et des aberrations dans la fabrication des produits et dans le commerce international (voir par exemple l’histoire des 50000 tonnes de poulet importés de GB à NL, alors que NL en importe 30000 de GB…, ou encore du circuit des pièces détachées avec montage partiel entre différents pays avant commercialisation), va se poursuivre un moment encore.

     



    Puis viendront des éléments régulateurs naturels très forts qui vont la stabiliser puis la faire régresser. A long terme, à partir de 2050 au plus tard, elle disparaîtra ou sera redevenue marginale. Parmi ces éléments régulateurs, il y en a deux qui sont  évidents :


    -          le premier peut être discuté, mais il se fonde sur l’expérience du passé : dans une économie mondialisée pratiquant largement la libéralisation des échanges, l’éventail des salaires va se réduire considérablement. Ce fut le cas au début de l’intégration de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce dans  l’Union Européenne : trente ans après, le niveau des salaires dans ces pays a quasiment rejoint celui de la moyenne européenne, et pas par un nivellement par le bas comme tu le dis ou le crains ; c’est un processus qui est en route pour les pays nouvellement admis et qui va se dérouler, selon toute probabilité, de la même façon. En ce moment, les économies des anciens pays de l’Union en souffrent un peu, par des délocalisations intra-européennes vers l’Est et des migrations de travailleurs dans l’autre sens, mais en fait moins qu’on ne pourrait le craindre. Je te renvoie pour cela au dernier numéro spécial de « Alternatives économiques » intitulé : « Les chiffres de l’économie 2007 » où par exemple, page 75, il est clairement expliqué que la France est très attractive pour les entreprises étrangères, c'est-à-dire pour des délocalisations en sens inverse…Ou alors, c’est que tu es pour le refus de tout changement : pas de délocalisations d’entreprises françaises à  l’étranger, et pas d’envahissement de notre industrie et de nos services par des firmes étrangères. Dans ce cas, en effet, fermons nos frontières et vivons donc en autarcie, si on le peut !


    -          le second ne peut pas être discuté : il s’agit de la fin du pétrole. A l’horizon 2050, quand il n’y aura plus de pétrole à consommer sur Terre, ou que son prix sera devenu trop élevé, on consommera naturellement sur place ce qu’on produira sur place. On cessera de consommer en hiver des fraises californiennes transportées par avion, et on recommencera à fabriquer près de chez soi les produits de première nécessité : habillement, chaussures, petit électroménager, etc. Et je pense que ce sont les pays les moins avancés, qui n’ont pas connu le luxe et le gaspillage des pays « avancés », qui s’en sortiront le mieux. Je dirai donc ici que ce qui est inéluctable, c’est la fin de la mondialisation.

     




     


    Autre remarque, sur tes propositions cette fois. Tu proposes de TOUT réguler par les taxes, et, singulièrement, les droits de douane. En économie capitaliste « normale », c'est-à-dire même pas « ultra-libérale », cela ne fonctionnera pas. Les industriels sont tous contre l’accumulation des taxes dont ils sont l’objet, et devant la levée de boucliers que ces mesures entraîneraient, aucun gouvernement ne sera en mesure d’imposer un tel système. Il faudrait en outre que TOUS les gouvernements soient d’accord entre eux, ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut. En effet, celui qui ne jouerait pas le jeu serait gagnant par rapport aux autres, on ne pourrait jouer que gagnant-perdant et non gagnant-gagnant.

    Je juge donc ces propositions utopiques, d’autant que pour les mettre en œuvre il faudrait le faire à deux niveaux : à l’OMC d’une part, et comme cet organisme et « en panne » et ne régule plus rien depuis un certain temps, il ne faut pas en attendre des miracles ; à Bruxelles d’autre part si l’Europe veut agir seule contre tous à ses frontières, et comme tu le sais, tous les pays européens ne sont pas d’accord entre eux sur ce point. A tout le moins, les discussions dureraient tellement longtemps que la mondialisation aurait sans doute commencé à  régresser naturellement avant qu’on soit arrivé à un accord dans le sens que tu souhaites...


    Par contre, ce qui pose problème réellement, c’est le capitalisme financier mondialisé et tout ce qui tourne autour. Je te suis assez volontiers dans tout ce que tu en dis, je ne m’étendrai donc pas. De ce point de vue, la taxe Tobin sur les capitaux spéculatifs serait une bonne chose, et je pense que les discussions se poursuivent actuellement sur ce sujet même si on n’en parle pas beaucoup.


    Juste un point d’importance cependant : la fixation du taux de change des monnaies. Si la Chine est si attractive, ce n’est pas tellement parce qu’un chinois travaille plus en gagnant moins qu’un ouvrier européen, même si c’est vrai, mais parce que le taux de change du yuan en euros ou en dollars est fixé artificiellement par un accord tacite entre les chinois et les américains.  En effet, si un kilo de pain coûte l’équivalent de 10 centimes d’euro en Chine, avoir un salaire de 80 euros par mois permet à un chinois de se nourrir et de vivre tout à fait correctement. « Il n’y aurait donc qu’à » porter ce taux de change à sa valeur normale, et une grande partie des délocalisations en Chine ne se ferait plus, tout comme les exportations de Chine vers l’Europe et le reste du monde seraient rendues plus difficiles. Mais il y a tellement d’intérêts en jeu pour que cela ne se fasse pas qu’on a peu de chance de voir s’appliquer cette solution « simple », du moins dans l’immédiat.

     


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