• Le bonheur est-il obligatoire ?

    Bonheur ? Qui veut du bonheur ? Attention il n'y en aura pas pour tout le monde...

    On pourrait presque caricaturer comme cela : car le bonheur, C'est LA valeur du moment. Tout ce qui peut apporter du bonheur est devenu produit marketing. A vos porte-monnaie messieurs dames !

    Et, pour vivre cet état durable de plénitude, on nous le vend à tous les rayons, et à toutes les sauces : pendant que le monde est en pleine déliquescence, on nous fait payer notre bonheur par une foultitude de moyens divers et variés : organisation de séminaires de quête spirituelle, alimentation, salons de massages ou de relaxation, sports « exotiques », séjours, crème et onguents, ésotérisme...

    Si le bonheur et les plaisirs de la vie dépendent du marketing et de ce qu'on veut nous faire acheter, alors que savons-nous du bonheur ? C'est quoi, le bonheur ? Un produit aussi utile qu'un paquet de lessive ? Un jetable après usage ? Ces petits moments de plaisirs qui, mis bout à bout, font que la journée est belle, même s'il pleut des cordes  et qui ne nous aurons pas coûté un euro ? Ou le grand projet de toute une vie ?


    Et vous, le bonheur vous en pensez quoi ?

    Pour découvrir ce que nous pensons du bonheur et comment nous le vivons - pour mieux nous le vendre après sans doute -, des études ont été effectuées :

     - selon un sondage de l'IFOP (2005) sur la notion de bonheur dans sa vie amoureuse, 91 % des Français se disent heureux dans leur vie et 84 % heureux dans leur vie amoureuse.

     - quant à l'étude de l'INSEE, présentée dans Le Parisien (11-2008), et dans un reportage de TVFIL78, on est plus ou moins heureux à 20 ans car on est pétri d'espoir et de projets. De moins en moins jusqu'à 50 ans : c'est la fin de ses projets familiaux, le bilan de sa vie (professionnelle et/ou personnelle)... A  compter de 50 ans et jusqu'à 70 ans, malgré la dégradation de la santé et de la forme physique, on est 'au summum' du bonheur ! Après 70 ans, la perte d'un conjoint et la santé vacillante ont raison du bonheur et, parait-il, seules la philosophie, la sagesse et la compréhension de devoir ramener ses objectifs à sa réalité permettent encore de profiter des petits plaisirs de la vie...


    Entre tout ce que nous pouvons lire, entendre ou voir à travers les médias, les sondages et études diverses, il y a tout de même un sacré paradoxe entre les individus qui affirment être heureux, et tous les signes contraires que nous renvoie la vie de tous les jours. D'autant qu'il ne faut pas oublier que nous sommes les champions de la consommation de tranquillisants !

    Tous les intellectuels, chercheurs et philosophes (Kant, Rousseau ou Nietzsche entre autres) qui ont étudié et écrit sur le sujet arrivent à la même conclusion : le bonheur est une notion subjective et relative. C'est ce qui en fait un tel sujet de débat, de recherche, et... de produit marketing ! Pour pouvoir l'atteindre !

    Jusqu'à aujourd'hui, le bonheur semble plus tourné vers l'externe que vers l'interne. La société nous impose une telle image de notre réussite (familiale, professionnelle...) qu'admettre qu'on n'est pas heureux est interprété comme l'aveu d'avoir raté sa vie !

    Il est clair que cette société contemporaine avec ses différentes exigences est davantage axée sur la consommation. Ou/et sur la notion de l'avoir plutôt que sur celle de l'être. Ou/et sur l'obligation de la performance, comme si le mieux ne pouvait s'obtenir que par le plus. Ceci est largement critiqué par les penseurs.

    Certains affirment même que ces nombreux plaisirs de la société modernes sont artificiels, sensationnels et éphémères, qu'ils masquent la vraie recherche du bonheur.

    Ces pseudos bonheurs éloignent l'individu d'une spiritualité minimale mais essentielle. Le bonheur est réduit à une notion simpliste, matérialiste et quantifiable. Il n'y a qu'à regarder autour de nous ! On nous veut heureux. On nous « offre » les moyens de trouver le bonheur... d'où ma question. Et que cache cette volonté de nous rendre heureux, dans quel rêve ou quelle illusion, dans quelle ignorance veut-on nous conduire ?


    De plus, le bonheur pour tous, c'est possible ? Ou est-ce une aptitude plus grande pour les uns que pour les autres ? Est-ce lié à notre capacité à prendre la vie comme elle vient... ? L'âge y est-il pour quelque chose ?

    Abraham Maslow, philosophe humaniste croit que oui. Il nous montre qu'il y a 2 facteurs qui définissent cette aptitude au bonheur : s'occuper à régler des problèmes concrets plutôt que vivre replié sur soi. Et échapper aux normes sociales ou aux conditionnements sociaux.

    Et il affirme qu'on obtient le bonheur en accédant à un degré supérieur de réalisation de soi. Il n'y a qu'à observer sa pyramide des besoins pour comprendre sa réflexion.


    Il existe également plusieurs autres modèles et théories qui valorisent par exemple la recherche et la concentration sur le « moment présent »

    En fait, toute activité, quelle qu'elle soit, qui exige une concentration, l'attention du  ici/maintenant nous rapprocherait du bonheur. Le but est de réussir à créer cet état autant que possible. Cette attitude devient alors une sorte de philosophie, le bonheur prenant sa source dans une foule de petits gestes quotidiens. Il peut également s'exprimer à travers une « participation cosmique » ou le sentiment de participer à quelque chose de plus grand que soi, quelque chose qui à la fois nous englobe et nous contient. On se réfère ici au sens même de la vie et à une définition beaucoup plus spirituelle du bonheur.


    Certains pensent aussi que le passage sur terre n'est qu'une étape préparatoire à un bonheur dans l'au-delà... Pour les penseurs, ce n'est pas le but qui compte, mais le cheminement... Une autre chose sur laquelle ils sont tous d'accord : le bonheur n'arrive pas tout seul. Il exige un travail sur soi. Il faut faire en sorte que ce à quoi nous aspirons soit le plus proche possible de ce que la vie, la vraie, nous propose. C'est l'opposition entre le monde extérieur et le monde illusoire que nous avons dans la tête qui nous rend malheureux.


    Alors! Le bonheur est-il un concept abstrait, une réalité concrète, ou vacille-t-il entre l'un et l'autre? Il n'est certes pas facile de le cerner, de le circonscrire et encore moins de le définir.

    En tout état de cause, si le bonheur est une notion personnelle, n'est-ce pas plutôt à nous de chercher le(s) meilleur(s) moyen(s) de le trouver, plutôt que tous ces marchands de rêve qui en veulent plus à notre porte monnaie qu'à notre bien-être ?

    Enfin... on peut peut-être chercher à le trouver, à partager les uns les autres nos petits trucs pour être heureux, montrer à chacun comment nous trouvons notre bien-être personnel, et, qui sait, faire le bonheur de quelqu'un.


    http://www.cnrtl.fr/definition/bonheur

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Abraham_Maslow

    Annexe 1 : Petit jeu des questions sur le bonheur

    Annexe 2 : La pyramide de Maslow



    Petit jeu des questions sur le bonheur


    1.              "La chasse au bonheur" : cette expression vous paraît-elle judicieuse ?

     

    2.              Est-on obligé à être heureux ? Est-on obligé d'être heureux ?

     

    3.              Est-ce un devoir de rechercher le bonheur ?

     

    4.              Est-il vrai qu'il n'y a pas de bonheur intelligent ?

     

    5.              Est-on méchant seulement parce qu'on est malheureux ?

     

    6.              Faut-il choisir entre être heureux et être libre ?

     

    7.              Faut-il s'abstenir de penser pour être heureux ?

     

    8.              Faut-il le vouloir pour être heureux ?

     

    9.              La beauté est-elle une promesse de bonheur ?

     

    10.          La raison conduit-elle au bonheur ?

     

    11.          La recherche du bonheur est-elle nécessairement immorale ?

     

    12.          La recherche du bonheur est-elle une affaire privée ?

     

    13.          La recherche du bonheur peut-elle être un esclavage ?

     

    14.          La recherche du bonheur vous paraît-elle constituer un fondement

                  Valable de la vie morale ?

     

    15.          Le bonheur est-il affaire de politique ? et dépend-il du régime politique?

     

    16.          Le bonheur est-il inaccessible à l'homme ?

     

    17.          Le bonheur est-il le bien suprême ?

     

    18.          Le bonheur est-il le but de la politique ?

     

    19.          Le bonheur est-il un droit ?

     

    20.          Le bonheur n'est-il qu'illusion ?

     

    21.          Les méchants peuvent-ils être véritablement heureux ?

     

    22.          L'homme injuste peut-il être heureux ?

     

    23.          Pensez-vous que "c'est l'illusion et non le savoir qui rend heureux" ?

     

    24.          Peut-on en même temps prétendre à une vie morale et rechercher le

                   bonheur ?

     

    25.          Peut-on être heureux dans la solitude ?

     

    26.          Peut-on être heureux sans être libre ?

     

    27.          Peut-on parler de bonheur d'une communauté ?

     

    28.          Qu'est-ce qu'une vie heureuse ?

     

    29.          Un homme libre est-il nécessairement heureux ?

     

    30.          Y a-t-il des tyrans heureux ?



    La pyramide de Maslow


    La pyramide de Maslow (qui n'a pas été créée par Maslow !!) donne une explication sur la hiérarchie des besoins de l'homme.
    Selon Maslow, en effet, la satisfaction d'un besoin ne peut être réalisée que si les besoins de niveau inférieur sont eux-mêmes satisfaits.


    5. Se réaliser

    4. Estime de soi et d'autrui

    3. Appartenance et amour

    2. Sécurité

    1. Besoins physiologiques


    Par exemple, un individu ne peut se sentir en sécurité (niveau 2) si sa première préoccupation est de trouver à boire et à manger (niveau 1).


    Cette pyramide peut également servir dans l'entreprise: ainsi, la productivité d'un collaborateur (niveau 5) peut être dégradée si celui-ci ne se sent pas intégré dans son équipe de travail (niveau 3) ou tout simplement si il n'a pas bien dormi ! (niveau 1)

    Une caractéristique intéressante est aussi de noter ceci :
    - Un individu se souviendra plus longtemps d'une augmentation de situation dans les niveaux élevés que dans les niveaux bas.


    Par exemple, on se souvient généralement plus longtemps d'un compliment sur son travail (niveau 4) que d'une augmentation de salaire ou d'un changement de menu à la cantine (niveau 1)

    « L'ultralibéralisme est-il la voie vers le bonheur des peuples et de l'humanité ?Quel bilan pour la génération »

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