• La spiritualité, qu'est-ce que c'est ?

    Commençons par donner la définition du dictionnaire (Larousse) au mot « spirituel » :

    1. Qui est de l’ordre de l’esprit, de l’âme. 2. Relatif au domaine de l’esprit, de l’intelligence, de la morale. 3. Relatif à la religion, à l’Eglise.

    Tout cela est trop vaste et flou. Essayons plutôt de préciser la définition à partir de la religion, quitte ensuite à élargir le propos.

    Le sens du mot spiritualité pourrait venir de ce mot du Christ au Jardin des Oliviers, alors que ses disciples se sont endormis et que les bourreaux ne sont pas loin : « Veillez donc, car l’Esprit est fort, mais la chair est faible ». (dans Matthieu et Marc). L’Esprit serait ici la relation avec Dieu, opposée à la chair, qui symbolise les tentations diverses dans lesquelles le pécheur tombe parfois (ici s’endormir au lieu de soutenir le Maître). La « Spiritualité » décrite ici comporte donc deux volets : une relation à ce qui dépasse l’Homme, et une nécessité de veiller à ne pas faire le mal (ce qu’on ne voudrait pas qu’on vous fasse), ou, si l’on veut, le « péché » (mot consubstantiel à toutes les religions monothéistes).

    A l’intérieur des religions chrétiennes, on peut distinguer plusieurs spiritualités, correspondant à diverses sensations du Monde et de la société : pour les catholiques, par exemple la Franciscaine (émerveillement devant la nature),  la Jésuite (« Ignacienne », tournée vers l’action), la Dominicaine (tournée vers la prédication, le débat)… pour les protestants, par exemple la Luthérienne (qui laisse plus de place à l’adhésion individuelle plutôt que collective) …etc… Il y a aussi la tendance « mystique » : autoflagellations, enfermement dans des monastères, vies d’ermite… Les adorations d’objets sacrés, de reliques de Saints, de « médailles miraculeuses » relèvent plutôt du fétichisme.

    N’étant pas musulman, ni Juif, je suppose néanmoins que ce qui vaut pour le christianisme vaut aussi pour ces deux religions : il y a différentes spiritualités. Une récente visite dans la Turquie des soufis me conforte dans cette idée.

    La spiritualité se distingue de la Pensée des philosophes et des scientifiques, pour lesquels la relation à Dieu (ou, pour parler autrement, à la Nature) est l’analyse rationnelle de Sa création mais sans référence au mal (remarque prise dans Wikipédia).

    On l’a dit : la  Spiritualité » n’est pas nécessairement liée à une religion. Il y a une « Spiritualité laïque » et il y en a même beaucoup ! Citons en quelques-unes.

    Tout d’abord, prenons le cas des Agnostiques : ils reconnaissent en général qu’il y a quelque chose au-dessus de l’Humain, une « transcendance », sans qu’ils désirent aller plus loin, et ils peuvent parfois en déduire une conduite de vie, et donc avoir ou plutôt suivre une spiritualité.

    Prenons le cas maintenant de l’écologie : ce qui dépasse l’Homme, c’est la planète et son avenir, le « péché » écologique est le gaspillage des ressources naturelles, la défiguration du paysage. Et le cas de l’Humanisme : l’Humain en général serait ce qui dépasse l’être Humain individuel, le péché est l’égoïsme sous toutes ses formes. La politique est une application de l’Humanisme, en ce que son but est d’organiser la vie des Humains ; le communisme par exemple comporte, chez ses adeptes (ou comportait ?), en dehors d’une théorie économique contestée, une foi dans l’avenir (le fameux « sens de l’Histoire ») et un engagement parfois total qui pouvaient faire envie aux « croyants » Chrétiens; le « péché » a consisté pour les dirigeants communistes de tous niveaux, à abuser du pouvoir plutôt qu’à préparer cet avenir radieux que nous souhaitons tous. Toutes ces questions d’organisation de la Cité se posaient déjà chez les Grecs, par exemple à Socrate.

    Le bouddhisme, selon le Dalaï-lama lui-même, fait partie des spiritualités laïques.

    Le matérialisme semble être l’opposé de la spiritualité. Encore faut-il distinguer : si être matérialiste consiste à ne s’intéresser qu’aux choses matérielles, l’argent, le plaisir, les bagnoles, les tablettes, la mode, etc…, alors là oui, il en est l’opposé. D’autre part, certains pensent que l’absurde est le fin mot du Mystère de la Vie (Sartre par exemple), et ne prétendent pas à une quelconque spiritualité, (certes on peut vivre sans spiritualité, c’est une affaire de choix !). Mais si le matérialisme est simplement une théorie disant que tout s’explique matériellement, que par exemple l’Humain n’est qu’un ensemble de neurones et de protéines, eux-mêmes composés de carbone, azote, hydrogène, etc…, c’est donc une philosophie (peut-être une science ? ), et donc si ce matérialisme-là n’est pas une spiritualité, du moins ne lui est-il pas opposé ; on trouve d’ailleurs chez ces matérialistes de fervents amateurs de musique « Spirituelle », de Bach par exemple.

    Le Sport s’apparente-t-il à une spiritualité ? On parle bien de « Dieux du Stade » ! Et magnifier le geste Humain n’est-il pas s’intéresser à ce qui nous dépasse ? En tous cas, le Sport tel qu’il est devenu, avec ses chiffres d’affaire mirobolants et ses tricheries, n’a plus rien à voir avec une spiritualité, qui exige implicitement un certain dépouillement et une certaine honnêteté. Enfin, pour le spectateur, l’addiction à des évènements « historiques » ne favorise pas la « veille ». 

    Avoir des « valeurs » est-il synonyme de spiritualité ? Pas forcément : l’adhésion intellectuelle ne suffit pas (ce serait l’apanage des « bobos »), encore faut-il mettre en pratique ces « valeurs ». Et ne confondons pas la spiritualité avec l’intelligence !  

    La « spiritualité » nécessite-t-elle des actions en relation avec elle ? Et s’activer pour sa religion ou son parti est-il une preuve de spiritualité ? Pas forcément non plus : cela peut tout simplement être la preuve d’une hyperactivité, ou encore cacher des envies de pouvoir pas très saines. Par exemple, dans les années 1950, la propagande nous disait que nous devions défendre l’ « Occident Chrétien » (un relent des croisades de nos aïeux), c’était instrumentaliser la Spiritualité Chrétienne à des fins nationalistes. Et, au dire de nombreux musulmans, le « djihad » pratiqué ces temps-ci au Moyen Orient, n’a pas grand-chose à voir avec l’Islam.

    Mais peut-on prétendre à une « Spiritualité » sans rien en faire ? Rappelons ce mot de l’Evangile : « Heureux ceux qui connaissent la Parole de Dieu, et la mettent en pratique ». Ce qui est vrai pour les Spiritualités Chrétiennes l’est aussi pour toutes les autres. En fait, l’ « Homme de la rue » vit sa spiritualité tranquillement, par exemple en manifestant de la solidarité en cas de besoin.

    Enfin, peut-on se vanter d’avoir une Spiritualité ? Répondons avec ce mot cinglant de Pascal : « L’Humain n’est ni ange ni bête, mais qui veut faire l’ange fait la bête ». On n’a  pas une Spiritualité, on suit une Spiritualité, comme on suit un chemin.

    Bon, maintenant, c’est à vous.

                                                                                                                        Benoît Delcourt.

    Ce texte a été suivi de deux débats:

    C.R. du débat du 22 Nov. 2014

    C.R. du 9 décembre 2017

    « Compte-rendu du 08/11/2014 : conflit des valeurs et démocratieCompte-rendu du 22/11/2014 : "La spiritualité, qu'est-ce que c'est ?" »

  • Commentaires

    1
    soulat daniel
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 08:58

     

    Comme le dit Benoît : la  Spiritualité » n’est pas nécessairement liée à une religion. Il y a une « Spiritualité laïque ».

     

    D’abord essayons de savoir ce qui distingue Religion et Spiritualité. La Religion est un ensemble de croyances et de rites qui prétendent amener une personne à une juste relation avec Dieu, la Spiritualité permet de s’élever au dessus des choses physiques, matérielles, et/ou terrestres.

     

    Mais ce que ne mentionne pas Benoît, c’est la Méditation. La méditation permet un travail en profondeur sur l’esprit, sur la vie de ce dernier. Que l’on l’inscrive dans une démarche religieuse ou que l’on travaille sur soi hors de toute foi, la méditation a beaucoup à nous apporter et nous permettre de découvrir un tout nouveau royaume : celui de la spiritualité, des choses subtiles.

     

    Il y a la méditation et la spiritualité religieuse, elle permet d’exercer sa foi, quant à la méditation et la spiritualité laïque, elle permet de découvrir progressivement ce que l’on ne fait qu’entrevoir sur le fonctionnement de notre esprit, et ainsi de mieux comprendre nos réactions et les choix que l’on fait. Il s’agit d’être conscient, et de l’être de plus en plus, d’être là, ici et maintenant.

     

    Cf le magazine La Vie du 7 au 13/2/2013 : « méditer, c’est rentrer en soi, prendre du recul en se plongeant dans le calme et le silence, en portant son attention, sans jugement sur l’expérience de l’instant ».

     

    Benoît termine son texte par « On n’a  pas une Spiritualité, on suit une Spiritualité, comme on suit un chemin ». Ceci me donne l’occasion de m’exprimer en tant qu’ancien Pèlerin du Chemin de Saint Jacques de Compostelle, en citant Jean Christophe Ruffin à l’aide de quelques extraits de son livre « Immortelle Randonnée, Compostelle malgré moi » :

     

    « le Chemin ne vous donne pas la parole, mais vous fait taire », « il délivre des tourments de la pensée et du désir », « met le moi en résonnance avec la nature », « il ré-enchante le monde », « libre à chacun, dans cette réalité saturée de sacré, d’enfermer sa spiritualité retrouvée dans telle religion, dans telle autre ou dans aucune », « on se dépouille de tout sauf de l’essentiel », « le chemin est d’abord l’oubli de l’âme », « il permet d’accueillir les rencontres, de fraterniser avec ses semblables qui sont tous différents ».

     

    Ensemble de remarques que je partage personnellement, en accentuant les mots : sentiment de plénitude, détachement des choses et rapprochement avec autrui.

     

    Ce témoignage semble bien illustrer la phrase en fin de texte de Benoît. 

     

     

                                                                                                                                        Daniel Soulat

     

    2
    Danielle
    Mercredi 19 Novembre 2014 à 18:00

    Je voudrais apporter quelques arguments sur le djihad et l'Islam. Je suis précisément en ce moment en train de relire le Coran, du fait des événements atroces (rapts, viols, égorgements et décapitations) qui se déroulent en Syrie et en Irak et auxquels, hélas, participent de nombreux Français. Le djihad est tout à fait conseillé dans le Coran pour permettre l’extension de l’Islam. Historiquement, il faut se souvenir que Mahomet et ses adeptes ont eux-mêmes mené le djihad. Sinon, comment en quelques décennies cette nouvelle religion se serait-elle répandue dans tout l’arc arabo-persique ?


     


                Le christianisme a mis presque 3 siècles avant de connaitre une véritable expansion grâce à l’empereur Constantin qui en fit la religion officielle de Rome. Le message de Jésus est un message non violent et il n’a jamais pris les armes pour l’imposer. Ce sont les hommes ensuite qui, comme toujours, ont réglé les affaires religieuses dans le sang. L’Eglise chrétienne, catholique apostolique et romaine ne fut pas la dernière ! Heureusement, elle semble guérie de cette folie…


     


                Ainsi donc, ceux qui nous disent que l’Islam est uniquement un message de tolérance et de paix devraient relire urgemment le Coran. L’intégrisme musulman qui veut revenir à l’Islam des origines ne peut faire ce retour que dans la violence qui a présidé à la diffusion géographique de cette religion naissante. C’est regrettable mais ce n’est pas une raison pour être dans le déni. A l’évidence, il y a dans le Coran de nombreux appels à prendre les armes contre tout ce qui ne prie pas Allah…

    3
    Pierre M.
    Jeudi 20 Novembre 2014 à 00:53

    Bien qu'il ne soit pas très courtois de commenter un texte avant qu'il ne soit discuté en réunion, il me semble nécessaire d'intervenir avant que la discussion ne dérive. En un temps où les passions s'exacerbent, il n'est nul besoin d'envenimer les choses, que ce soit par mégarde ou par ignorance.

     Il est tout de même paradoxal que ce soit un agnostique qui vienne défendre ici une religion injustement montrée du doigt. Pour rappeler que le jihâd n'est pas la caricature qu'on en fait, s'il faut en croire la traduction du Coran que je possède (de 1959). Des commentaires rédigés sous l'autorité de Louis Massignon, rappellent que " la guerre sainte dont il est si souvent question dans les écrits européens sur l'Islam, n'est qu'une traduction fautive du mot jihâd. Or ce mot ne signifie qu'effort collectif, où il n'est question ni de guerre ni de tuerie". Mais la guerre n'est pas exclue, c'est l'ultime recours qui n'est envisagé que dans des conditions très strictes.

    A propos de tueries, l'Ancien Testament n'est pas en reste. Qu'on lise ou relise par exemple l'histoire de la destruction de Jéricho et des villages environnants (livre de Josué) où hommes, femmes, enfants, vieillards, bétail, furent passés au fil de l'épée.

    Chaque religion a ses saints et ses monstres et la recherche de cette soi-disant spiritualité conduit souvent à ces extrémités, l'humanité étant alors occultée par les impératifs d'une transcendance imaginée. Benoît a raison de mentionner les soufis, eux qui n'utilisent comme armes que la méditation, la musique, la danse, la poésie… pour rechercher Dieu (lire par exemple "Le soufisme au cœur de l’Islam" de Cheikh Bentounès). Ils se reconnaissent dans cette Règle d'Or "Ne fais pas à l'autre ce que tu ne veux pas que d'autres te fassent".

    Sur le fond du débat, je ne ferai aucun commentaire pour l'instant. Sauf peut-être à dire qu'une "spiritualité matérialiste" me semble être un oxymore. La spiritualité fait référence à la métaphysique : elle est liée à la recherche ou à la communion avec l'Esprit., que le Larousse, selon la citation donnée, semble confondre avec l'âme. Mais qu'est-ce que l'Esprit ? On peut concevoir la notion aristotélicienne d'âme (et même des trois âmes) comme principe de vie (anima) partagé par tous les êtres vivants. Ce dualisme n'est pas admis par tous. Avec l'Esprit on ajoute une troisième entité encore moins définissable. Pourquoi pas à sept pendant qu'on y est (corps physique, astral éthérique etc.) comme l'affirment certaines traditions ésotériques, plus ou moins respectables !

     

    En fait ce que beaucoup qualifient de recherche spirituelle, n'est souvent qu'une forme d'intériorité, de discipline intérieure, partagée par beaucoup d'individus à la recherche d'un dépassement d'eux-mêmes quel que soit le sens de ce dépassement.

    4
    Jean-Jacques
    Dimanche 23 Novembre 2014 à 21:14

    Danielle et Pierre sont d'avis diamétralement opposés. Aussi, comme je ne connais rien à cette question et que je n'ai pas lu le Coran même en traduction française, je me suis renseigné. Où ? Mais oui, sur Wikipedia...http://fr.wikipedia.org/wiki/Djihad


    L'article "Jihad" est très long et apparemment très bien documenté. Je l'ai lu en partie, mais si on est fainéant, on peut se contenter des dix lignes d'introduction qui, à mon avis, répondent à la question de la nature du Jihad. J'en ai retenu les points suivants :


    - le mot "Jihad" a constamment évolué depuis l'origine, et on ne peut lui donner une signification figée. Tout est donc plutôt une question d'interprétation que de définition


    - le Jihad se présente sous 4 aspects : celui du coeur, privilégié par Pierre, celui de la main, celui de la langue, et celui de l'épée (privilégié par Danielle)


    Les terroristes extrémistes à l'oeuvre depuis quelques années sont représentatifs du Jihad de l'épée (et encore : où est le mysticisme et la spiritualité dans les exactions commises au nom d'Allah et du Prophète ?). Et cette forme de Jihad est sur-représentée dans les médias justement en raison de la terreur qu'elle inspire. Et du coup, on oublie le musulman moyen, pourtant super majoritaire, qui pratique les autres formes de Jihad, et en particulier celui du coeur

    5
    Pierre M.
    Lundi 24 Novembre 2014 à 00:02

    Je crois que c'est Benoît qui, en séance, a le mieux synthétisé la question en expliquant que le jihâd, dans le sens où il est employé par les médias contemporains, est à l'Islam, ce que la croisade est à la Croix, emblème de la chrétienté.

    6
    Mercredi 26 Novembre 2014 à 11:42

    Peut-être que nous tomberons d'accord si nous acceptons de dire que le mot Jihad est un mot dangereux. Peut-être que l'auteur du Koran (est-ce Mohammed, ou l'Ange Gabriel?)  ne voulait pas appeler à la guerre, mais ses adeptes l'ont interprété comme cela.

    La religion musulmane n'est pas la seule à avoir ces mots imprudents. Prenons l'Evangile. Il y est dit que "l'arbre qui ne porte pas de fruit, on le coupe et on le met au feu". C'est vrai, mais cela a été interprété comme: "si tu ne marches pas droit, il faut te mettre au bûcher", et voilà les bûchers du Moyen-Age! Si vous voulez, je peux vous en citer une palanquée. Pour l'Evangile, Jésus n'étant pas son auteur, ce n'est pas lui le fautif, mais ses apôtres....(Mouais)

    Donc, quand nous suivons une religion, il faut admettre que ses textes fondateurs ont des défauts. C'est comme ça! Mais cela n'empêche pas de voir les bons côtés de sa religion comme de celle des autres!

    7
    daniel
    Mercredi 6 Décembre 2017 à 19:25

    commentaires sur le même texte, mais avec des réflexions complémentaires trois ans après:

    Le contexte fin 2017, est tel que les Hommes sont debout et libres, mais pour le moins déstructurés. Le triomphe de la science, de la technique et de la finance, mais aussi du champ de ruines des valeurs et des certitudes, conduisent à de l’anomie (dérèglement social, du à l’absence, à la confusion, aux contradictions des règles sociales).

    Spiritualité : mot valise ? En ce début de siècle, on parle de plus en plus de spiritualité, mais l’on ne sait pas précisément ce que c’est. Mot valise dont on peut sortir ce qui nous arrange :

                Ecoute inspirée d’une œuvre de Schubert ;

                Méditation zen ;

                Contemplation de la voûte étoilée ;

                E t c

    Dont l’aboutissement est la paix, l’extase, la plénitude, la sérénité.

    Spiritualité : besoin diffus, questionnement inévitable ou soif ardente ?si ce n’est pas la religion, ni la sagesse, ni le sacré, ni la beauté, ni l’amour, c’est quoi au juste ? Un cocktail de tout cela ? N’en vient-on pas même à parler de spiritualité laïque ?

    La spiritualité est affaire toute personnelle, à tel point qu’on a de la pudeur à en parler, plus encore que de la sexualité. Peut-être aussi, parce qu’on a du mal à expliquer ce qu’on cherche, peut être parce qu’on l’éprouve avant de se penser. Peut être aussi, le désir de se sentir relier à quelque chose qui nous dépasse ?

    Dans son livre « Psychothérapie de Dieu », Boris Cyrulnik* appelle cela l’élation (élévation de l’être, exaltation). Dans le même livre Boris Cyrulnik expose une différence entre la spiritualité et la religion :

    La religion est un phénomène relationnel et social, alors que la spiritualité est un prodige intime (évènement extraordinaire de caractère magique, surnaturel, voire miraculeux).

    Un moment de spiritualité est ce qui nous sort par le haut des détails de notre quotidienneté, une forme de détachement.

    Une spiritualité active, quel que soit son cheminement, c’est un rendez-vous avec l’essentiel en soi, une exploration intérieure, une écoute de ce qui s’exprime le moins, voire une rencontre avec l’imprévu ou l’inconnu.

    Ce sentiment émerveille ceux qui l’éprouvent comme un souffle, une vapeur extatique (extase, transporté hors de soi-même) qu’ils désignent par le mot « esprit », qui a donné « spiritualité ».

    La religion satisfait une pyramide de besoins, d’abord cognitifs, puis émotionnels, puis moraux. Cette pyramide a un effet socialisateur qui permet de vivre avec les autres, à tous les stades de développement. Elle donne des conduites à tenir, des valeurs, elle dit où est le bien et le mal.

    La spiritualité elle, est une élation intime (élévation de l’âme, exaltation) intemporelle, qu’éprouve tout Homme, même quand il prétend vivre sans Dieu.

     

     

    *Nota : De même dans son livre, il aborde la théorie de l'attachement qui est un champ de la psychologie qui traite des relations entre êtres humains , une approche pluridisciplinaire de cette théorie, qui intègre des données biologiques, affectives, psychologiques, sociales et culturelles. 

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