• La Franc-maçonnerie.

    La franc-maçonnerie

    Planche pour le 25/01/2020, faite par André Hans. 

    La franc-maçonnerie moderne est née en 1717 à Londres en grande Bretagne dans une taverne « L’oie et le gril ». Elle réunissait des gens du peuple, sans doute dans l’intention première de créer des liens de solidarité, à une époque dépourvue de protection sociale. Mais c’est sans compter avec les Ecossais qui revendiquent d’en être à l’origine. C’est une franc-maçonnerie « Spéculative », réunissant des personnes de toutes origines contrairement aux loges dites « opératives » qui ne réunissent que des gens du métier. Mais dans l’imaginaire maçonnique, l’origine de la maçonnerie remonterait à l’époque des bâtisseurs de cathédrales. Et même bien au-delà. Ce qui est avéré, c’est que l’Angleterre était déchirée comme partout en chrétienté par les guerres de religions et de succession. Les loges maçonniques était un lieu refuge de tolérance, où on ne discute, ni de politique, ni de religion, qui sont des facteurs de division. C’est une règle qui a encore cours. Du passé mythique des bâtisseurs de cathédrales, il en reste des symboles. Les outils des tailleurs de pierres sont autant de symboles qui expriment des valeurs, comme l’équerre, symboles d’équité. Ces outils des maçons dit opératifs décorent le temple. En cette fin de 18éme siècles, une profonde mutation s’opère. Ceux qui vont réellement créer la Franc maçonnerie, ce sont deux personnages. Fils de Haguenau français, Desaguliers, est un scientifique reconnu, dont les parents ont émigré en Angleterre à la suite de la révocation de l’Edit de Nantes et un pasteur protestant en mal d’argent qui produisait des biographies bidonnées à des bourgeois en mal de lignée prestigieuse. Le révérent pasteur Anderson rédigea les fameuses « Constitutions d’Anderson » (1723) texte référence en maçonnerie. Elles établissent une origine mythique de sa création, à l’origine ses temps - 6000 ans AV JC comme on le croyait au 18éme siècle. Donc, la FM est fondée sur des récits mythiques qui n’appellent à aucune croyance comme en religion. Une profonde mutation opéra en cette fin de siècle. Sans doute par l’influence de Desaguliers qui était membre de la prestigieuse Royal-society une véritable mode maçonnique s’empara de Londres, puis de l’Angleterre, puis en France avec des émigré anglais qui fuyaient la guerre civile, Puis elle gagna le continent entier.

    Napoléon Bonaparte qui n’a jamais été franc- maçon tenta d’en faire un outil d’influence. Au 19éme siècle, il y eu des modes comme la référence aux Templiers, puis à l’Egypte pharaonique. Il existe des loges dont le rituel se réfère à l’Egypte ancienne ou aux templiers. Lors de la commune de Paris 1870, il se trouva des FM dans chacun des 2 camps. Au cours du 19éme siècles la F M évolua, notamment le retrait de l’obligation d’avoir une croyance religieuse. Puis il y eut les premières loges féminines qui eurent pour modèle les combattantes Maria Deraismes, Olympe de Gouges ou encore Louise Michel. Aujourd’hui, si les franc-maçonnes ne sont plus toutes aussi militantes, elles restent néanmoins très attachées à l’émancipation des femmes. 

    La Franc-maçonnerie française sous le régime de Vichy fut l’objet d’une féroce répression Si aujourd’hui elle est restée discrète, non pas secrète à l’inverse de la franc maçonneries anglo-saxonnes qui a pignon sur rue, c’est un héritage de la répression qu’elle a subie sous l’occupation. En France on comptait en 2016, 42 obédiences et environ 188130 frères et sœurs. Le Grand Orient de France a été profondément impliqué dans la vie publique et politique sous la III éme république.

    Aujourd’hui le Grand Orient privilégie la réflexion philosophique avec plus de 52 000 membres répartis dans environ 1 250 loges. C’est la première obédience adogmatique d'Europe. Depuis 2010, il laisse à ses loges la liberté d’initier des femmes. Ses relations avec l’église catholique sont variables, le plus souvent difficiles. Le pape excommunia l’année passée un prêtre membre du GODF. Contrairement à la franc maçonnerie anglo-saxonne en crise, la franc maçonnerie française progresse.

     

    « La franc-maçonnerie." Les habitudes sont-elles, comme le dit Montaigne, une force trompeuse ? " »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 31 Janvier à 19:05

    Ce qui est vraiment difficile à accepter dans la franc-maçonnerie, c'est le recrutement. On recrute soit disant des "frères", mais seulement après les avoir acceptés par un vote, où ceux qui ne veulent pas du nouveau ont quatre fois plus de poids que ceux qui en veulent bien, et où, de plus le "recalé" ne saura pas pourquoi on ne veut pas de lui..

    Or la fraternité, ce n'est pas du tout cela. On ne choisit pas ses frères, ils sont là, que vous le vouliez ou non." Frère" accolé à "choisi", cela fait un oxymore!. Au lieu de s'appeler entre eux "frères", les franc-maçons devraient plutôt "confrères", c'est à dire des personnes qui ont des points communs.

     

     

      • Pierre M.
        Samedi 1er Février à 23:44

        Sans avoir l’intention de défendre les FM, je ne voudrais pas faire l’injure de rappeler au scientifique que tu es que les recrutements et les promotions dans la corporation des enseignants-chercheurs se font sur la base de concours très sélectifs et le plus souvent à la majorité des membres du jury (parfois à bulletin secret si la majorité le demande). Procédure pénible pour les impétrants mais également pour les examinateurs par le fait que le nombre restreint de postes disponibles suscite souvent de vrais cas de conscience.

        Et qu’on ne se leurre pas : si la qualité intrinsèque des individus compte dans la sélection, le choix des thématiques, plus ou moins « à la mode » ou plus ou moins bien « vendues » par le candidat, laisse une grande  part d’arbitraire dans le choix final.

        Enfin ne glosons pas sur des détails accessoires : on s’offusque que ces gens-là se veulent être des frères ou des sœurs, mais dans les Académies scientifiques, tous sont confrères ou consœurs. Et personne n’y trouve à redire.

      • Lundi 3 Février à 11:31

        Réponse à Pierrre M.

        Uoi, nous avons une sélection sévère à l'Université, et c'est tant mieux. Mais nous ne sélectionnons pas des  des futurs "frères", mais des futurs "confrères", c'est à dire des personnes que nous pouvons aimer ou pas, mais estimer seulement. D'ailleurs, Pierre, tu utilises souvent ce mot de "confrère", donc tu connais bien la nuance!

        De plus, il m"est arrivé dans ma carrière, de ne pas avoir été choisi. On m'a alors dit pourquoi, et j'en ai convenu. Les franc-maçons ne sont pas vraiment guéris de leur culte du secret! Mais ils sont en progrès (une franc-maçonne de mes amies, consultée, m'a dit que cela ne se passait pas comme cela chez elles).

    2
    charlotte
    Dimanche 2 Février à 13:13

    Si les deux messieurs qui sont venus samedi 25 janvier nous présenter leur confrérie ont accès à notre site et pensent à le consulter, je souhaite qu'ils acceptent nos excuses, si vous permettez que je les adresse au nom de notre collectif. 

    En effet, ils ont été mal renseignés et  nous ont attendus durant plus d'une heure dans une salle vide.  Il faut dire que nous n'avions pas été informés de leur venue. Et puis, nous nous attendions à un débat, d'où certaines interventions tapageuses, alors qu'il s'agissait d'un exposé sur la franc maçonnerie. Tous trois, André, et les deux messieurs dont j'ai oublié le nom, et j'en suis désolée, ont fait montre de beaucoup de clarté, de précisions dans leurs informations et de patience dans leurs réponses à des questions parfois désordonnées.

    Sans doute ont-ils été un peu trop chahutés par les dames, lorsque Pierre a abordé le thème de la mixité. Mais cela était  justifié par la position de leur obédience qui, sur ce sujet, semble encore à ce jour immuable.

    En tout cas, André peut se réjouir de sa prestation et de celle de ses frères, je crois que nous sommes tous sortis de notre taverne - et nous étions nombreux - satisfaits et enrichis des informations qui nous ont été fournies sur la Franc-maçonnerie. 

    MERCI ! Bien chaleureusement.    

     

     

     

      

     

    • Nom / Pseudo :

      E-mail (facultatif) :

      Site Web (facultatif) :

      Commentaire :


    3
    Pierre M.
    Lundi 3 Février à 17:47

    Réponse à Benoît.

    Je ne voudrais pas polémiquer sur ce sujet. Que des personnes veulent se considérer comme frères et sœurs au sein d’une institution, ça les regarde et ne nous concerne pas.

    D’autres se nomment confrères et consœurs, camarades, compagnons, copains, collègues, citoyen(ne)s… (à propos comment qualifier les membres de notre collectif ?).

    Ce me gêne bien moins que si je devais donner du « mon père » à un prêtre ou du « Monseigneur » à un mitré. Deux cent trente ans après la Révolution ! Tout comme Excellence : je n’ai pas connu beaucoup d’ambassadeurs dans ma vie mais je ne les jamais traités d’Excellences (d’ailleurs ça ne les dérangeait  pas).

     

    Je profite de ce message pour m’associer aux remerciements de Charlotte.

      • Mardi 4 Février à 10:19

        Je regardais hier l'émission sur LCP sur les conseils des ministres. C'est vraiment solennel à souhait, avec des aboyeurs ("Monsieur le président de la République"!). Toute institution a besoin de pompe!

        Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit quand on appelle "frères" des personnes qu'on a choisies!

        Cela dit, personne n'est parfait pour ce qui est de la fraternité, et je ne me mets pas en dehors de cette remarque. Les membres du café débat, je n'oserais pas les appeler "frères"!.

         

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :