• Faut-il craindre une baisse de la natalité ?

    Régulièrement nous entendons parler d’un vieillissement de nos populations en particulier des populations européennes. Ceci étant dû à une baisse de la fécondité. Qu’en est-il exactement ? Tout d’abord si la population décline dans des pays comme l’Allemagne, le Japon ou l’Italie, elle continue d’augmenter à l’échelle mondiale Les Nations Unies estiment en effet que la population mondiale, actuellement composée de 6,4 milliards d’individus, se stabilisera entre 7,4 et 12,8 milliards d’individus d’ici 2050 ; pour la fin du siècle les projections oscillent entre 5,5 et 12,8 milliards. Pour une grande partie du public qui n’est pas démographe, la projection la plus basse est cependant prise très au sérieux. Selon ce scénario, la fécondité tomberait à 1,6 enfants par femme, dans tous les pays, pour ne plus jamais atteindre le taux de renouvellement de 2 enfants par femme. En réalité, les démographes ne savent pas encore dans quelle mesure la baisse de la fécondité, que l’on observe en Allemagne, au Japon ou en Italie est temporaire ou permanente.

    Ceci étant, en quoi serait-il finalement si désastreux que la population mondiale diminue ? Les inquiétudes évoquées par les pays dont le taux de fécondité est faible sont essentiellement d’ordre économique.

    On craint surtout les conséquences d’une augmentation du nombre de personnes dépendant du système des retraites. Quel que soit le scénario envisagé, on constate en effet, dans la grande majorité des pays, une croissance uniforme de l’espérance de vie – et donc de la population des plus de 50 ans. Le vieillissement de la population pose un problème particulier dans la mesure où la majorité des systèmes de pensions publics sont financés par les retenues à la source. Les retraites des personnes âgées sont assurées grâce aux cotisations que payent les travailleurs actifs, qui seront eux-mêmes entretenus plus tard par la nouvelle génération. Il est politiquement assez facile de mettre en place de tels systèmes quand les personnes actives sont nettement plus nombreuses que les retraités, mais la question se pose différemment lorsque les proportions se modifient, ce qui tend à être le cas dans les pays où le faible taux de fécondité réduit le nombre de travailleurs actifs alors que le nombre de personnes âgées continue d’augmenter. Il en est de même pour les systèmes de retraite par capitalisation où le taux d’intérêt joue exactement le rôle du taux de croissance de la productivité dans un système par répartition. Quel que soit le système, ce sont les actifs qui doivent entretenir les inactifs.

      D’autres, par ailleurs, pensent que la jeunesse est génératrice de dynamisme et de croissance. Une baisse de la population jeune et un accroissement de la population âgée aurait aussi pour conséquences, une baisse de la demande avec le risque de non-renouvellement des équipements. Comme si on se situait toujours au bon vieux temps de la production de masse, le fait que les retraités aient tous leur lave-linge et qu’il y ait peu de jeunes pour renouveler la demande serait dramatique. On observe tout aussi logiquement que la demande des retraités se porte en priorité sur les services et il se trouve que la crise du modèle fordiste appelle une évolution déjà constatée, vers une société où la plupart des activités relèverait du tertiaire. 

    L’une des caractéristiques du capitalisme est d’être une fuite en avant vers toujours plus de production et de croissance. Par exemple, pour que le prix des actions grimpe, il faut que la demande soit supérieure à l'offre. Pour qu’il y ait de la demande, il faut qu’il y ait de nouveaux actionnaires et pour qu’il y ait de nouveaux actionnaires, il faut qu’il y ait de nouvelles populations.

    Mais même d’un point de vue économique, la richesse n’est pas seulement monétaire. Le fait par exemple qu’un pays comme la France perde du jour au lendemain une part importante de sa population à travers les différentes classes d’âge, entraînerait qu’il y ait plus de logements disponibles et de ce fait il n’y aurait plus de problème de logement.

    Toujours est-il que la richesse ne se résume pas à l’argent et la vie à l’économie.  

    La Terre est notre principale richesse et notre seul horizon. Six millions d’hectares de terres arables (soit 20% de la surface agricole utile française) disparaissent chaque année sous les sables et les cailloux. La terre nourricière se tasse, s’érode, épuise sa matière organique. Il est vrai que par le passé, la croissance des récoltes a réussi à dépasser celle de la population.

    Comment l’agriculture est-elle parvenue à répondre à la montée en flèche des besoins ?

    En augmentant sa productivité comme aucun autre secteur économique n’a été capable de le faire. En cinquante ans, la croissance des récoltes a été plus forte qu'au cours des huit millénaires qui ont précédé la naissance de l'agriculture. Un paysan français qui nourrissait sept personnes en 1960 en nourrit quatre-vingts aujourd’hui. Un exploit que Malthus n’avait pas prévu. Toujours est-il que le monde de demain ne sera pas le monde d’hier et d’aujourd’hui et il pourrait signer la revanche de Malthus. Alors que la quantité disponible de céréales, de viande et de produits de la mer par habitant augmentait plus vite que la croissance démographique, elle ne fait que baisser depuis les années quatre-vingt : -11% pour les céréales –15% pour le bœuf et le mouton, -17% pour les poissons et les crustacés. La tendance est significative. Moins d’eau, des terres plus fragiles, des pâturages saturés, des pêcheries qui s’épuisent, des rendements qui plafonnent… L’agriculture, l’élevage et la pêche rassemblent, c’est le moins que l’on puisse dire, beaucoup de handicaps pour satisfaire rapidement trois milliards de bouches supplémentaires. D’autant que, dans le même temps, l’accélération du changement climatique va encore fragiliser les sols et les plantes, ralentir l’approvisionnement en eau, restreindre la productivité de certaines plantes comestibles, en particulier celle du riz. 

    Après presque un demi-siècle de croissance démographique ininterrompue, la demande en aliments, en eau et en produits de la forêt outrepasse dans beaucoup de pays la capacité des systèmes naturels locaux sur lesquels repose la vie. Une autre conséquence de la poursuite de croissance démographique est l’apparition de pénuries d’eau potentiellement mortelles. Si la croissance démographique rapide continue indéfiniment, la demande en eau finit par excéder le rendement durable des aquifères. Il en résulte des prélèvements d’eau excessifs et la chute des nappes phréatiques. Etant donné que 40% de l’alimentation du monde provient des terres irriguées, les pénuries d’eau peuvent se traduire rapidement par des pénuries alimentaires.

    Comment peut-on raisonnablement espérer que l’Afrique qui ne parvient aujourd’hui à alimenter correctement que la moitié des 800 millions d’habitants, pourvoira, en 2050, aux besoins en nourriture de près de deux milliards d’individus avec des sols qui sont érodés et appauvris et avec des déficits de pluviosité aggravés ? Comment peut-on raisonnablement envisager que le sous-continent indien, qui concentre déjà le plus grand nombre d’affamés de la planète et qui ajoute chaque année 21 millions de personnes à sa population, parviendra à nourrir 900 millions d’habitants supplémentaires au milieu du siècle en dépit du changement climatique et de la pénurie d’eau ?

    N’oublions pas non plus que la productivité de notre agriculture est largement due au pétrole et bientôt tout le monde devra commencer à se priver du pétrole qui constitue le moteur de son développement alors qu’aucun autre combustible n’est susceptible de jouer son rôle.

    Nous sommes confrontés au fait que les réserves d’énergie ne sont pas suffisantes et qu’au rythme où nous les consommons elles s’épuisent rapidement. On admet généralement que le pétrole, le gaz naturel et le nucléaire dit à « neutrons lents » seront largement épuisés avant la fin du siècle et le charbon avant deux trois siècles. Qu’adviendra-t-il dans quelques décennies lorsque le pétrole sera rare et cher ? D’un autre côté nous pouvons nous réjouir de cette baisse de consommation des énergies fossiles responsables du réchauffement. 

    A l’évidence, les générations futures seront confrontées à des situations difficiles pour employer un euphémisme. L’histoire nous apprend que des sociétés évoluées, à l’exemple des Mayas, ont disparu. On sait que les densités en pays maya étaient très élevées, entre 250 et 800, du fait des techniques d’irrigation. Le déboisement ruine la forêt, assèche le climat et conduit par la suite à la disparition des populations.

    Nous ne pouvons nous permettre de continuer de vivre de la sorte surtout avec une population mondiale élevée.


    Jean-Paul Knorr

        

    Références bibliographiques :

    Alfred Sauvy                     Le vieillissement des nations

    Fabrice Flipo                    Justice, nature et liberté

    Hubert Reeves                 Mal de Terre

    Jared Diamond                 Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie

    Les Econoclastes             Petit bréviaire des idées reçues en économie

    Jean-Paul Besset             Comment ne plus être progressiste sans devenir réactionnaire

    Dominique Belpomme     Avant qu’il ne soit trop tard

    « L'intelligence des banlieues : comment sortir de la crise par le travail des réseauxQue gagne t-on à philosopher ? »

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  • Commentaires

    1
    Jean-Jacques
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:24

    Comme je ne serai pas là le 15, je viens ici faire quelques commentaires à ton papier.<o:p></o:p>

    D’abord, des remarques de détail :<o:p></o:p>

    -          compte tenu du contenu, il aurait été plus logique d’intituler le sujet « Faut-il craindre une hausse de la démographie ? » ou «  …une hausse de la population mondiale ». Les problèmes du monde sont tous dus, dans une large mesure, à l’excès de population et non à son insuffisance ;<o:p></o:p>

    -          ligne 2 : le lien de cause à effet entre le vieillissement de la population et la baisse de la fécondité me semble assez ténu. Si la population vieillit, c’est essentiellement en raison de l’accroissement de l’espérance de vie consécutif à une meilleure prise en charge des maladies, en particulier celles dues à l’âge, et de l’amélioration de l’alimentation, du moins dans les pays industrialisés ;<o:p></o:p>

    -          je ne comprends pas la phrase relative au taux d’intérêt dans les systèmes de retraite par capitalisation ;<o:p></o:p>

    -          dans le capitalisme, pour qu’il y ait de la demande, il faut qu’il y ait plus de consommateurs, et pas plus d’actionnaires. A la limite, il suffirait même d’avoir dans le monde entier quelques actionnaires immensément riches, et de plus en plus de consommateurs pour les faire prospérer encore plus ;<o:p></o:p>

    -          quand tu dis que 6 millions d’hectares disparaissent « sous le sable et les cailloux », je suppose que tu fais allusion à l’urbanisation ? Cependant, il faudrait défalquer les terres défrichées prises sur la forêt, qui sont mises en culture, comme au Brésil ou en Argentine, même s’il y a des choses à dire là-dessus, ce ne sont pas des terres qui deviennent stériles ;<o:p></o:p>

    -          je ne suis pas sûr que les Mayas aient disparu uniquement pour des questions agraires.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Ensuite, les questions de fond :<o:p></o:p>

    -          il est curieux que tu aies mis en tête de tes arguments le problème des retraites. Certes, c’est important, mais pour moi ce n’est qu’un épi phénomène, ou encore un problème transitoire à gérer correctement. Le vrai problème de l’augmentation de la population est celui de l’épuisement des ressources naturelles, et, d’un point de vue général c’est le SEUL problème à considérer au niveau collectif, à l’échelle de la planète. Les retraites, c’est d’abord le problème des sociétés occidentales, c'est-à-dire en gros le quart de l’humanité. Ne nous lamentons donc pas là-dessus alors que nous sommes déjà des privilégiés ;<o:p></o:p>

    -          imaginons un monde ayant la technicité (écologiquement transformée) de nos sociétés « avancées », avec une population n’excédant pas 1 milliard d’habitants. Se poserait-on alors la question de l’épuisement accéléré des combustibles fossiles ? Celle de la pénurie d’eau ? Celle des ressources agricoles pour nourrir tout le monde ? Celle de la disponibilité de l’énergie en quantité suffisante et non-polluante ? Non. Mais évidemment, dans l’état actuel du monde et compte tenu de la nature humaine, ceci n’est certainement qu’une utopie. Cela peut devenir néanmoins un objectif à atteindre pour entreprendre des actions utiles à notre espèce aussi bien qu’à l’ensemble de la planète.<o:p></o:p>

    -          tu n’évoques nulle part les mesures envisageables et réalistes à prendre ou à poursuivre pour limiter la population du globe, et en particulier la limitation des naissances. On ne peut pas transformer la Terre en fourmilière humaine, qu’on soit une espèce intelligente ou pas, cela ne change rien à l’affaire si on ne s’en sert pas : on est exactement dans la situation d’une colonie de mouches enfermées dans un bocal, qui se reproduit jusqu’à ce qu’elles se mettent toutes à se dévorer ou s’entretuer pour s’adapter aux ressources du bocal ;<o:p></o:p>

    -          de même, on pourrait aussi parler des différents scénarios possibles pour les 100 prochaines années, y compris les plus noirs, pour ne pas se voiler la face : si on n’arrive pas à limiter la population du globe à un chiffre acceptable (acceptable pour la planète et les autres espèces vivantes), et non à 10 ou 12 milliards comme le pense l’ONU si « tout se passe bien », on court d’évidence à la catastrophe, chacun essayant évidemment de se tailler son espace vital au détriment de ses voisins ou des autres en général.<o:p></o:p>

    <o:p> </o:p>

    Tout ceci n’est guère optimiste, mais après tout quelqu’un a dit un jour qu’un optimiste n’est jamais qu’un pessimiste mal informé…<o:p></o:p>

    2
    Jean-Claude
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:24

    Je ne puis venir le 15 non plus. Le sujet me passionnant, voici quelques commentaires.<o:p></o:p>

    Faut il craindre une baisse de la natalité ?<o:p></o:p>

    La question me paraît mal posée. Je partage tout à fait l’affirmation de Jean Paul : « Toujours est-il que la richesse ne se résume pas à l’argent et la vie à l’économie ».  J’ai lu avant les vacances une lettre de reproche d’un auditeur à l’encontre du café philo : trop « politico-économique », de fait, j’aurais aimé recentrer sur la philo …<o:p></o:p>

    Je m’explique. <o:p> </o:p>

    Emmanuel Todd rappelait ces jours-ci sur France Inter que la baisse de la natalité était un acquis déjà ancien qui allait s’accélérant grâce au développement économique, à l’alphabétisation, à l’affaiblissement des religions (il voit même dans la baisse de la natalité dans les pays musulmans un signe … de l’affaiblissement de l’Islam !…).<o:p></o:p>

    Donc la croissance démographique va ralentir, voire cesser, voire s’inverser.<o:p> </o:p>

    Il se flattait toutefois de la situation française, dans laquelle le renouvellement des générations est pratiquement assuré.<o:p></o:p>

    Car, comme en toutes choses, c’est l’excès qui pose problème.<o:p></o:p><o:p> </o:p>

    Vouloir ou accepter un taux de fécondité inférieur à 2,1 c’est tout simplement, « mécaniquement », vouloir ou accepter à terme la disparition de l’humanité ! … C’est le pavé de l’ours ! … En sommes nous arrivés là ? …<o:p></o:p>

    La question devrait donc être : « peut on encore avoir foi en l’homme » ? … Est il capable de faire face à son destin ? … Pourra-t-il gérer une population beaucoup plus nombreuse et comment ? … Faut-il être intrinsèquement et ontologiquement optimiste ou pessimiste ? …<o:p> </o:p>

    A l’heure où j’écris ces lignes, deux nouvelles viennent de « tomber » :<o:p></o:p>

    • Le trou dans la couche d’ozone est en train de se reboucher grâce à l’interdiction des CFC… (l’action collective est donc possible).<o:p></o:p>
    • L’Europe supprime les jachères  pour relancer la production (eh oui ! on était en surproduction)…<o:p></o:p><o:p> </o:p>

    « Rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa faiblesse, ni sa force » …<o:p></o:p>

    Pour traiter néanmoins des aspects économiques : On ne peut mettre dans le même sac des pays  qui ont par exemple actuellement des taux de fécondité supérieurs à 6 (Yémen) , de près de 5 (l’Afrique), de 1,3 (l’Allemagne), sauf à poser que l’on va procéder à une redistribution autoritaire de la population par de grands mouvements (émigrations / immigrations) à la surface du globe (rappel incident : <st1:personname productid="la France">la France</st1:personname> connaît une densité de population de 100 habitants au KM2, les Pays Bas de 400. On y vit très bien …), est-ce concevable ? est-ce possible ? … Le problème économique à venir est un problème de vieillissement général de la population de l’ensemble du Globe. <o:p> </o:p>

    Ce vieillissement va  provoquer une crise de l’offre et non pas de la demande. <o:p></o:p>

    Les seniors ont le pouvoir d’achat le plus élevé. Jean-Paul donne l’exemple du logement. Les seniors français, qui possèdent de plus en plus plusieurs résidences (et renouvellent leurs frigos, leurs télé, leurs voitures …), empêchent de ce fait les plus jeunes de se loger… La croissance de la productivité est fortement amoindrie et les services représentent une part de plus en plus importante de la « production », or, il faudra « offrir des services » à des inactifs de plus en plus nombreux.<o:p> </o:p>

    JP se souviendra que l’on nous a opposé il y a quelques mois, que seul le nombre de convives autour de la table comptait, oubliant complètement que s’il n’y avait personne pour créer et préparer la bouffe et travailler au préalable à la cuisine, les convives n’auraient rien à se mettre sous la dent ! … <o:p></o:p>

    Je ne développe pas plus, mais je rappelle incidemment à JP qui écrit : « l’une des caractéristiques du capitalisme est d’être une fuite en avant vers toujours plus de production et de croissance », que c’était le cas aussi du communisme soviétique (qui voulait rattraper et dépasser les Etats-Unis) … et du programme de Ségolène Royal ! … Hélas ! …).<o:p> </o:p>

    Il y a deux solutions triviales :<o:p></o:p>

    • Soit, comme je le disais déjà lors du café philo auquel j’ai participé, il faut tuer les plus vieux (Rappel : il paraît qu’autrefois en Afrique on faisait « monter les vieux au cocotier ». S’ils y arrivaient, la tribu les gardait – Ils pouvaient encore êtres utiles – soient … ils s’écrasaient au sol).<o:p></o:p>
    • Soit on fait comme aux Etats-Unis (et il faudra aller de plus en plus loin en quantité et en âge, les gens doivent travailler jusqu’à plus de 70 ans (ce qui nous ramène au cocotier).<o:p></o:p><o:p> </o:p>

    Il y en a une plus sophistiquée : mettre en œuvre une économie plus innovante et respectueuse de la planète.<o:p></o:p>

    Revenons à la philo.<o:p> </o:p>

    Souvenons nous que Sartre, philosophe éminemment pessimiste, n’a pas fait d’enfants et prêchait la renonciation à en faire dans ce monde insensé. L’est-il ? …<o:p></o:p>

    Les Allemands mettent en œuvre actuellement une politique nataliste pour revenir à un taux de fertilité assurant au moins le retour au renouvellement de leur population. On dit que cette politique a été grandement facilitée (si ce n’est déclenchée) par des études sociologiques qui faisaient ressortir une « dévitalisation » de mentalités égoïstes, que l’on voyait apparaître des quartier entiers (cossus, bien entendu) sans enfants et que le bruit occasionnel de ceux de passage n’était plus toléré, etc. …<o:p> </o:p>

    Si cette politique échoue, le monde y gagnera-t il à perdre la population (la culture) allemande, au profit de populations plus prolifiques ? … La question mérite d’être débattue au sein du café philo.<o:p></o:p>

    Cela paraît paradoxal, au moment où on lutte pour la sauvegarde de la biodiversité animale et végétale, d’accepter de gaîté  de cœur une menace grave sur la biodiversité humaine.<o:p> </o:p>

    Il ne faut pas oublier non plus que le taux de natalité mesure aussi le degré d’espoir en l’avenir d’une population donnée. <o:p></o:p>

    Donc, il manque dans l’exposé de JP, ce que je pense être l’essentiel : le problème vu sous cet angle n’est pas économique, il est générationnel. Depuis toujours, la richesse d’une nation (et de la terre) est sa jeunesse, la jeunesse est un facteur de dynamisme, de créativité, d’innovation, elle est porteuse d’espoir, elle bouscule, etc. ... Une humanité qui n’assurerait pas l’effet de seuil du renouvellement des générations est condamnée à se dessécher avant de mourir.<o:p> </o:p>

    Deux incidentes : <o:p></o:p>

    • Stendhal a arrêté sa biographie commentée de Napoléon Bonaparte avant le Consulat, car après, comme il s’en justifie, son héros était devenu « vieux », rempli de considérations étriquées, il avait perdu toute sa fougue. <o:p></o:p>
    • Le PS sera-t-il sauvé par de jeunes militants ou par ses sexagénaires ou mêmes quinquagénaires ? … Je crois que la réponse va de soi …<o:p></o:p>
    • Etc. …<o:p></o:p><o:p> </o:p>

    Un autre thème clef :<o:p></o:p>

    Se poser la question de l’espoir que l’on peut avoir ou non dans l’avenir de l’humanité, s’est s’interroger sur l’évolution du statut de la femme et de l’évolution possible des rapports hommes – femmes.<o:p> </o:p>

    N’oublions pas que les politiques antinatalistes chinoises et indiennes ont eu et ont encore pour résultat un massacre d’embryons féminins, voire de bébés filles, et que l’on commence à percevoir des signes de déséquilibre dangereux au moment de l’époque de la formation des couples, avec toutes les conséquences que l’on imagine, surtout en termes de violence latente.<o:p></o:p>

    Cette « pénurie » (et cette société de pénurie) est elle souhaitable ? …<o:p></o:p>

    Tout ceci me fait bien regretter de ne pouvoir venir le 15 Septembre.

    3
    sandrin
    Mardi 17 Juillet 2012 à 09:24

    J'ai tout lu avec interet et je ne saurai débattre comme vous le faites. Je reviendrai faire un tour sur ce site en septembre.

    une seule conviction de ma part : la pilulle contraceptive devrait être proposée gratuitement partout sur le globe, avec mode d'emploi et suivi gynécologique, sans bien sur aucune obligation de la prendre. ça serait déjà un bon pas de fait... un début.

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