• Compte rendu personnel du 8 Février 2020 . Les habitudes sont elles une force, mais une force trompeuse ?

                Compte rendu personnel  du débat du 8 Février  2020 .

       Les habitudes sont elles une force, mais une force trompeuse ?

      Le débat a tourné autour des sujets suivants :

    -les différentes habitudes.

    -la force des habitudes

    -la nécessité de s’en libérer.  

    Les différentes habitudes. 

    Parmi les habitudes, il convient de distinguer :

    -l’expérience,  qui s’acquiert lentement au cours des évènements de la vie

    -les procédures qui sont dictées par autrui et pourraient ne concerner que les robots, comme c’est le cas maintenant dans l’industrie automobile, mais pas chez Amazone ; dans l’armée, on « attend les ordres » ; en cuisine, on peut hériter des façons de faire de sa grand-mère  pas toujours raisonnées, dues parfois à des contraintes qui n’existent plus (par exemple, à un plat trop petit) .

    -les façons de travailler, de développer des compétences,  dans l’art , la technique  ou la science : écoles de peinture, par exemple les peintures impressionnistes ;  Picasso pouvait ainsi, au café, dessiner sur un coin de nappe pour payer sa consommation ; les recettes de cuisine en font partie.

    -les rites, religieux ou non. Les rituels monastiques auraient tendance à gommer la saveur de la vie. Cependant, il faut bien constater que notre société a étouffé les rites, pour ne plus considérer que les consommations.

    -les réflexes, acquis volontairement pour exécuter une tâche, par exemple les doigtés du pianiste, ou la façon de chuter dans les sports de combat.

    -les routines, ces gestes qu’on accomplit sans y penser, par exemple quand on s’habille (même racine du mot qu’habitude).

    - les automatismes acquis pendant l’enfance, par exemple la marche. L’être humain a ceci de différent des autres animaux qu’il a une très longue enfance (néothénie), au cours de laquelle il a le temps d’acquérir des habitudes par son éducation.

    -les façons de ressentir son environnement ; par exemple, après un déménagement, la question souvent posée est : »est-ce que vous vous habituez ? ».

    -les addictions de tout ordre, dont la nocivité n’est plus à démontrer.

    -enfin les règles, qui permettent d’accomplir tranquillement les tâches. C’est le cas de celles de ce café-débat, qui ont mis quelques années à être édictées.

     

    La force des habitudes. 

    De nombreuses interventions ont montré l’absolue nécessité des habitudes dans toutes les actions humaines. On ne peut rien faire si, à chaque instant, on se demande comment réaliser ce qu’on a envie de faire. De ce côté, l’habitude, même insuffisante, est loin d’être trompeuse !

    Les habitudes sont bien souvent la saveur de la vie : par exemple, la bûche de Noël.

    Les travaux que peuvent faire les robots ne devraient pas être faits par des humains, quelles que soient les incidences sur le chômage : dans les usines  Renault, depuis cinquante ans on a divisé par trois le nombre d’ouvriers, qui ont été remplacés par des robots pour les tâches « bras en l’air » (donc pénibles).

    Dans le cas d’un accident, il y a deux attitudes qui diffèrent selon l’urgence de l’aide à apporter par le témoin :

        -S’il n’y a pas urgence, un témoin réagit en utilisant son        expérience.

        -Mais dans l’autre cas, l’expérience ne sert à rien, ce sont les réflexes qui sont appliqués.

    Pour ce qui est de l’enseignement, l’expérience pourrait être primordiale ; mais, au contraire, la capacité d’improviser n’est-elle pas plus importante?

    En cas de bouleversement de votre vie, comme cela a été le cas pour les rapatriés d’Algérie en 1962, les nouvelles conditions de vie créent des habitudes qui sont protectrices.

    Enfin, grâce aux habitudes, l’esprit peut se libérer des tâches secondaires pour se consacrer aux principales.

    A contrario, la maladie d’Alzheimer coupe les patients de leurs habitudes acquises depuis longtemps (rapport au temps, reconnaissance des proches par exemple), ce qui est douloureux pour eux et pour leurs proches. 

    La nécessité de se libérer des habitudes. 

                Les « génies » sont précisément ceux ou celles qui sont capables de sortir de leur confort et de leurs habitudes. Citons les impressionnistes, obligés, du fait de l’invention de la photographie, de faire autrement leurs peintures, passant de la descition fidèle de la réalité à l’impression que cette réalité fait sur le spectateur ; ils en ont profité pour faire des portraits de personnes humbles (le facteur, ou le docteur Gaget) ; cependant, au bout d’un certain temps, les peintres de cette école ont fini par se répéter, laissant la place à d’autres façons de faire (nabis, pointillistes, etc…).

                Mais tout le monde n’est pas un génie, et peut, s’il veut bien sortir de son confort, inventer des nouvelles façons de faire, même si ces dernières ne dépasseront sans doute pas la sphère privée. Tel être qui au travail se limite à ne faire que ce qui est commandé, peut développer, dans son temps libre, des méthodes bien à lui, gràace notamment au sport. Et au point de vue politique, il est recommandé d’avoir des opinions personnelles, et non de suivre la « bien-pensance » qui risque de vous « panurgifier ». De ce point de vue, il faut parfois « sortir du cadre » dans lequel on s’est souvent soi-même enfermé, pour acquérir de nouveaux usages, cf.  les ateliers d’écriture, où on se fixe un « cadre » pour mieux en sortir de temps en temps.

                Les accidents de la vie vous font sortir du « tissage » de votre vie : citons les deuils, le divorce d’un proche (faut-il s’y résigner ou s’ habituer à l’idée) , les attentats terroristes, dont malheureusement on a tendance à s’habituer .

                Les rencontres faites au cours de la vie vous contraignent parfois à sortir de vos habitudes. Par exemple, l’arrivée dans une belle famille ayant des habitudes complètement différentes des vôtres, et dont il va falloir tenir compte. Ou encore, au cours des voyages, la nécessité absolue de se conformer aux habitudes des gens du cru, sans jugement, et de réfléchir à la possible valeur de ces habitudes : par exemple, chez les Indiens d’Amérique, il est coutumier de manger avec ses doigts, en Turquie, il faut respecter les minutes de silence pour le héros national Ata Turk) ; et même, la nécessité d’accueillir l’autre dans sa différence, et de ne pas perturber les autochtones avec nos propres habitudes.

                La génération du baby-boom a vécu une période enchantée, où chaque année apparaissaient de nouveaux produits (lave-linge, télévision, analgésiques…) auxquels il était si agréable de s’habituer ! Cette période s’achève-t-elle ?

                Quelles que soient nos habitudes, il convient de savoir « réagir à l’imprévu » (c’est un des critères de notation dans la marine de guerre, à côté de la vigilance et de la réponse à apporter aux différentes alertes). Notre société saura-t-elle réagir à ce qu’elle a mis beaucoup trop de temps à accepter, le réchauffement climatique ?

     

                                 Compte-rendu  rédigé par Benoît Delcourt.

     

     

     

    « La Mer, un Océan de promesses, saurons-nous la protéger ?

  • Commentaires

    1
    daniel
    Mercredi 12 Février à 16:23

    Les réflexes peuvent être une extension des habitudes, à outrance elles deviennent une sorte de conditionnement pavlovien, sorte d’association entre des stimulus de l’environnement et les réactions automatiques de l’organisme.

    La repartie provient du fait que l'esprit qui ne veut pas se laisser prendre au dépourvu, anticipe en établissant des scénarii et stratégies.                                                                                    

    Peu entraîné à l'improvisation, effectivement une des organisations la plus performante est la bureaucratie, à condition que tout se passe comme prévu dans les procédures et processus,, dans le cas où il y a un événement non prévu, l’adhocratie est nécessaire avec la réactivité des acteurs.

    L'innovation et habitudes sont antagonistes, il faut sortir du cadre des habitudes et du formatage, prenez deux exercices bien connus : comment relier les 9 sommets de 4 carrés inscrits dans un carré de coté 2c chacun ayant un coté petit c, avec 4 segments de droite sans lever le crayon, en passant une seule fois sur les sommets une seule fois ?

    De même, avec 6 allumettes, comment créer une figure géométrique composée de 4 triangles équilatéraux ?

    Vous verrez la difficulté de trouver les résultats, prisonnier de vos habitudes de réflexion.

                
    Indispensable à l'organisation: les habitudes sont bien souvent issues du vécu en ayant optimisé différents paramètres, mais attention au changement de contexte, exemple : en conduisant on a des habitudes, elles peuvent diminuer notre vigilance, lorsqu'un panneau de balise d’arrêt est nouvellement installé à  un carrefour en ville, et qu'il fait nuit, la première on risque de passer en croyant que l’on a priorité, conduisant à un risque d’accident.     

    Il y aurait beaucoup à évoquer sur les habitudes de célibataires, ayant du mal à s’adapter socialement.

    Dans un autre domaine, aller toujours au même endroit en vacances par habitudes, conduit à ne pas découvrir le monde et à considérer que tout le monde vit de la même manière.

    Enfin, au travail, lorsque j'avais 22 ans, un directeur m'a lancé : « l'habitude n'est pas force de loi » suite au fait que je lui avais dit « d’habitude les résultats de décodage attendus du bureau de calculs me sont retournés sous 24h, afin que je les trace », il faut dire qu’il venait de se faire remonter les bretelles par un autre grand directeur qui attendait les résultats que je devais lui transmettre.

    2
    Pierre M.
    Jeudi 13 Février à 11:53

    L’habitude est une étrangère

    Qui supplante en nous la raison.

    C’est une ancienne ménagère

    Qui s’installe dans la maison…

     

    C’est le début d’un poème de Sully Prudhomme qu’on apprenait jadis à l’école. J’ai oublié la suite. Je pense qu’on ne l’apprend plus aujourd’hui.

    D’ailleurs qui se souvient de Sully Prudhomme qui pourtant reçu il y a plus d’un siècle de Prix Nobel de littérature. Je crois d’ailleurs qu’il fut le premier dans l’histoire de ce prix.

     

     

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