• Compte-rendu du café débat du 9 Déc. 2017 :La spiritualité, qu’est ce que c’est ?

                    Compte-rendu du café débat du 9 Déc. 2017 :

     

                       « La spiritualité, qu’est ce que c’est ? »

     

    Ce débat faisait suite à un texte de 2014.

     Au cours de ce débat, il a été beaucoup été parlé de religion, certains n’y voient que des inconvénients, mais d’autres, sans nier ces inconvénients, ont expliqué que l’on peut rester attaché à sa religion.

     

     Les méfaits des religions.

     

    Ils sont bien connus : guerres, inquisition, attentats (Daech..). Toute cette violence vient de la certitude de tout savoir sur les origines du monde, et ceux qui ne sont pas d’accord, dans ces conditions, doivent être éliminés. D’un autre côté, la religion est souvent utilisée pour soumettre le peuple.  Là-dessus, il y a eu un consensus entre « croyants », agnostiques et athées.

     

    Question : l’athéisme est il une croyance comme une autre ? Il a été dit que la preuve de la véracité d’une religion doit être donnée par les croyants. Non, une croyance ne se prouve pas, par définition (croire n’est pas savoir). L’existence ou la non-existence de Dieu non plus.

     

    Autre question : pourquoi les religions dérivent-elles vers les guerres ? C’est sans doute  la certitude de tout « savoir » des questions fondamentales, 

     

    Tous ces méfaits conduisent certains à se proclamer « antireligieux ».

     

    En tous cas, tous ont reconnu la nécessité de la laïcité, qui permet de vivre en paix.

     

     

     

    Redéfinition de la croyance.

     

    Il est possible de « croire » autrement en 2017 qu’il y a un siècle, et les croyances qui n’évoluent pas seraient condamnées à mourir.

     

    Croire ne signifie plus tout savoir des origines : le croyant est comme les agnostiques : il ne sait pas. Seulement, il adhère à un message, introduit par des hommes en réponse aux angoisses existentielles de l’humanité, message qui les a enthousiasmé: en bref, message d’égalité et de fraternité entre les humains pour Jésus-Christ (« Aimez vous les uns les autres »), message de transcendance de Dieu pour les musulmans (« Allah akbar »), d’harmonie en Asie... La spiritualité consiste à  de vivre ce message en communauté, et/ou  individuellement, comme pour les ermites, dans la solitude. Ce message, ou ce « chemin de vie » (cf Bernard Werber), est ensuite géré par des êtres humains, qui, inévitablement, le détournent à des fins politiques, ou de lutte des classes, etc...

     

    Cette redéfinition ne serait pas visible dans les liturgies paroissiales, et l’on peut s’y sentir un peu « paumé » : c’est que les prêtres, imams, etc… s’adressent à tous, et que tous n’ont pas fait l’effort de cette redéfinition.

     

    Ce « message » a été explicité par un intervenant dans le cas du Christ et de Mohammed: pour le Christ, si tu tapes sur un autre, c’est sur Dieu que tu tapes, mais si tu commets une violence, une réparation sera pour toi possible plus tard, dans cette vie ou une autre ; Mohammed, lui, se présenterait comme un héros vainqueur.

     

    Il est à remarquer que les religions empruntent des mythes à delles qui les ont précédées, comme c’est le cas pour le Christianisme adoptant des mythes Egyptiens.

     

    Enfin, il a été question de NDE, next death experiment, Expérience de Mort Imminente (EMI). où certaines personnes en fin de vie expérimentent un au-delà, d’où ils reviennent pour continuer à vivre. Dans certains cas, ces patients vous racontent ce qui s ‘est  passé dans une pièce où leur corps n'était pas.. Faudrait il rapprocher cela des hallucinations que l’on observe souvent dans les unités de soins palliatifs, ou bien encore de ces expériences de « décorporation » dont serait responsable une partie du cerveau proche de l’oreille, la zone temporo-pariétale ?

     

     

    Mais nous avons aussi parlé de spiritualité en dehors des religions, certains pensant même que les deux n’ont rien à voir.

     Les spiritualités laïques. La flèche du temps.

    Le mystère qui nous entoure est lié au fait qu’il y a un présent et un avenir, et que nous sommes mortels. C’est ce que nous ressentons quand quelqu’un meurt. L’être humain a combattu ce mystère soit en inventant un « paradis », qu’on peut seulement imaginer, soit, dans les religions orientales, en imaginant une renaissance dans une autre créature, soit humaine soit animale (métempsychose).

     Il n’y a pas besoins de religion pour avoir une spiritualité, pour contempler un beau paysage, pour visiter le fond de son âme en utilisant le yoga, la méditation, le sport, la musique et les arts, pour ressentir la beauté de la vie . L’autre versant de cette spiritualité est la recherche de sens à la vie, quête qui n’est jamais terminée.

     A ce propos, les Romains pensaient que tout était cyclique, que tout recommençait périodiquement. Cependant, ils avaient des calendriers, et voyaient bien que leurs conquêtes ne disparaissaient pas… En fait, ils auraient cru seulement à la périodicité de la « roue de la fortune », distribuant ses bienfaits périodiquement.

     

     Des candidats à la spiritualité :

               La philosophie? Oui en ce qu’elle essaie de définir un sens à la vie, non en ce qu’elle n’est pas accessible à tous.

             La psychanalyse ? Non, c’est une technique thérapeutique, qui permet de plonger dans les racines de son subconscient.

     La science ? Elle aurait plutôt tendance à détruire la spiritualité, en ce qu’elle essaye de donner des raisons vérifiables à tout. Cependant, elle contribue à une  nouvelle contemplation de l’Univers, aussi bien astronomique, que chimique, biologique et spécialement neuronale, elle induit donc une nouvelle spiritualité. Le problème est qu’elle n’est pas accessible à tout le monde. En parlant de science, il a été affirmé que ce qui était vrai hier pouvait être maintenant faux, ce qui est inexact : on peut seulement dire que ce qui était vérifié hier peut être complété aujourd’hui ; exemple : pour l’eau, H2O est toujours vrai, sauf qu’une toute petite quantité d’eau est HDO !  Enfin les scientifiques ont cela d’agaçant, que parfois ils prétendent être capables de tout connaître, enfin certains d’entre eux.

     La franc-maçonnerie ? Certainement.

     La morale ? Insuffisante pour être une spiritualité. Cependant toute spiritualité sous-tend une morale.

     Le Bouddhisme ? Certes, avec l’avantage de ne pas faire de prosélytisme (à vérifier).

     L’idéologie ? Oui et non. Dans  le cas du communisme, elle est vécue comme une religion avec ses dogmes (le sens de l’Histoire par exemple). Cependant, une idéologie n’a trait qu’à l’organisation de la société. 

     Le matérialisme est-il contraire à la spiritualité ? Oui si c’est une façon de vivre en se limitant à la consommation, et à ce qui se voit. Non si c’est une doctrine philosophique qui prétend que tout est matière : comme on l’a vu, une doctrine philosophique est déjà une forme de spiritualité.

     Enfin, à côté des spiritualités que nous avons supposées bonnes, existent aussi les mauvaises spiritualités (les dérives menant aux violences etc.)

     

     

     

    « D'où vient la violence?Croissance ou décroissance? Telle est la question. »

  • Commentaires

    1
    daniel
    Jeudi 21 Décembre 2017 à 09:46

    n'ayant pas assisté à ce débat, j'apporte un commentaire:

    Le contexte fin 2017, est tel que les Hommes sont debout et libres, mais pour le moins déstructurés. Le triomphe de la science, de la technique et de la finance, mais aussi du champ de ruines des valeurs et des certitudes, conduisent à de l’anomie (dérèglement social, du à l’absence, à la confusion, aux contradictions des règles sociales).

    Spiritualité : mot valise ? En ce début de siècle, on parle de plus en plus de spiritualité, mais l’on ne sait pas précisément ce que c’est. Mot valise dont on peut sortir ce qui nous arrange :

                Ecoute inspirée d’une œuvre de Schubert ;

                Méditation zen ;

                Contemplation de la voûte étoilée ;

                E t c

    Dont l’aboutissement est la paix, l’extase, la plénitude, la sérénité.

    Spiritualité : besoin diffus, questionnement inévitable ou soif ardente ?si ce n’est pas la religion, ni la sagesse, ni le sacré, ni la beauté, ni l’amour, c’est quoi au juste ? Un cocktail de tout cela ? N’en vient-on pas même à parler de spiritualité laïque ?

    La spiritualité est affaire toute personnelle, à tel point qu’on a de la pudeur à en parler, plus encore que de la sexualité. Peut-être aussi, parce qu’on a du mal à expliquer ce qu’on cherche, peut être parce qu’on l’éprouve avant de se penser. Peut être aussi, le désir de se sentir relier à quelque chose qui nous dépasse ?

    Dans son livre « Psychothérapie de Dieu », Boris Cyrulnik* appelle cela l’élation (élévation de l’être, exaltation). Dans le même livre Boris Cyrulnik expose une différence entre la spiritualité et la religion :

    La religion est un phénomène relationnel et social, alors que la spiritualité est un prodige intime (évènement extraordinaire de caractère magique, surnaturel, voire miraculeux).

    Un moment de spiritualité est ce qui nous sort par le haut des détails de notre quotidienneté, une forme de détachement.

    Une spiritualité active, quel que soit son cheminement, c’est un rendez-vous avec l’essentiel en soi, une exploration intérieure, une écoute de ce qui s’exprime le moins, voire une rencontre avec l’imprévu ou l’inconnu.

    Ce sentiment émerveille ceux qui l’éprouvent comme un souffle, une vapeur extatique (extase, transporté hors de soi-même) qu’ils désignent par le mot « esprit », qui a donné « spiritualité ».

    La religion satisfait une pyramide de besoins, d’abord cognitifs, puis émotionnels, puis moraux. Cette pyramide a un effet socialisateur qui permet de vivre avec les autres, à tous les stades de développement. Elle donne des conduites à tenir, des valeurs, elle dit où est le bien et le mal.

    La spiritualité elle, est une élation intime (élévation de l’âme, exaltation) intemporelle, qu’éprouve tout Homme, même quand il prétend vivre sans Dieu.

     

     

    *Nota : De même dans son livre, il aborde la théorie de l'attachement qui est un champ de la psychologie qui traite des relations entre êtres humains, une approche pluridisciplinaire de cette théorie, qui intègre des données biologiques, affectives, psychologiques, sociales et culturelles.

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