• Compte-rendu du café débat du 4 Nov. 2017 ;« La nation, un concept dépassé ? »

                         « La nation, un concept dépassé ? »

     

     

     

     Le territoire national.  

     

     Le territoire commun à défendre ou à acquérir, par la force, est le point de départ d’une nation. Il est à cet égard remarquable, en visitant la France, de trouver un château-fort par village, signe que les questions de territoire ont débuté à l’échelle du village. En remontant plus loin, les clôtures entre les champs datent de la sédentarisation des agriculteurs.

     

     Certains peuples sont privés de territoire national: les Kurdes, les Rohingyas, des peuples du Moyen orient. Dans beaucoup de cas, les limites du territoire national ont été décidées sans consultation des peuples : au Sénégal par exemple, le fleuve du même nom a été choisi comme frontière avec la Mauritanie, sans souci des populations locales, les familles étant souvent séparées. De même, les frontières du Koweit ont été tracées par les Anglais, qui voyaient dans cette contrée une étape agréable sur le route des Indes ; le suite a été tragique. De même pour les frontières en Amérique,où elles sont stables, et au Moyen Orient ou dans les Balkans, où elles ne le sont pas.

     

     En Europe, les limites nationales ont été en gros déterminées par le traité de Westphalie en 1648, bien qu’il y ait eu des changements par la suite, après des guerres. Ces frontières jouent le même rôle que la porte d’entrée d’une maison.

     

               Les moyens de l’assimilation nationale.

                Dans le passé, les immigrés pouvaient s’assimiler en relation avec les institutions  locales communément reconnues ; l’école, l’église, et l’usine. Cependant ces institutions sont contestées : pour l'école, du fait de la contestation de plus en plus forte de sa légitimité et de son autorité ; pour l'église du fait de la sécularisation ; et a tendance à disparaître pour l'usine, du fait de la mondialisation et de la désindustrialisation.

     

                L'école reste le premier lieu de l'intégration. Cependant, si l'intégration par l'éducation nationale a longtemps bien fonctionnée, actuellement, cela réussit de moins en moins bien, du fait de la contestation, par certains élèves, de certaines valeurs républicaines et laïques (respect de l'autorité du professeur, égalité filles/garçons, par exemple) ou de certains faits scientifiques (évolution par exemple). De plus, la violence, la misère sociale, la drogue etc., venant de l'extérieur, ont un impact négatif sur l'école. Il a été cependant reconnu l'implication et la volonté de bien faire de beaucoup d'enseignants, avec souvent des réussites malgré les difficultés de plus en plus fortes.

     

    Pour faire réellement partie d'une nation, il faut le vouloir. Il est possible d'obtenir une nationalité par le droit du sang et/ou par le droit du sol, mais si l'on n'aime pas son pays, c'est une traîtrise. Pour "faire nation", aimer son pays est primordial. C'est une question de cœur. De trop nombreux français n'aiment pas la France (ceux qui combattent la France par les attentats bien sûr, mais aussi les évadés fiscaux, certains politiciens, certains "intellectuels" etc.). Par exemple, certains fraudent le fisc, profitent indûment de certains avantages, critiquent la France et les Français de façon officielle au vu et au su du monde entier, bradent de façon scandaleuse la technologie et des fleurons français etc. A cet égard, certains français naturalisés aimant la France peuvent être, en réalité, plus français que certains français qui ont obtenu la nationalité à la naissance et qui détestent la France.

     

    Pour le "vivre ensemble", i faut une culture et des valeurs communes (dans l'idéal) ou, au moins, des cultures compatibles entre elles et aussi avec les valeurs de la nation.

     

              Le « sentiment national », selon Michelet, remonterait à Jehanne d’Arc.

     

     La langue.

     

    Reste cependant la langue, nécessaire pour les échanges. Au passage, la clause « Molière », qui enjoint que les travailleurs parlent le Français serait nécessaire pour la sécurité.

    Sous Louis XIV, même les filles d’aristocrates parlaient les patois locaux, et Mme de Maintenon avait créé une école exprès pour qu’elles apprennent le Français.

     

     Il y a une cinquantaine d’années, ces patois locaux existaient encore un peu partout en France : ils ont presque tous disparu. Certains jeunes refusent de parler correctement le français, la vie en société les obligera à s’y mettre.

     

    Les pays ayant plusieurs langues sont fragiles : la Belgique, le Québec et l’Espagne (Catalans, Basques) par exemple. Oui, mais la Suisse !

     

    Il existe des cas où la langue est facteur de division ; c’est le cas d’Emile  Ciorand, qui apprit le Français pour atteindre un public plus vaste et n’hésitait pas à  dénoncer notre mauvais goùt supposé.

     

                 La colonisation.

     

    Il a beaucoup été question de colonisation. D’un côté, il était dit dans le texte d’introduction qu’elle consistait en une mise en esclavage du peuple conquis. Mais il a aussi été affirmé que, pour ce qui est de l’Afrique, la France a amené une certaine civilisation et la paix, plus une langue commune, sur le modèle des Romains.

     

    Le nationalisme, qui utilise la haine des étrangers, a été rejeté : la nation doit servir à aller vers le meilleur, et non le pire. Plutôt que le nationalisme, parlons de patriotisme, de l’amour de sa patrie..

                La religion.

     

    La religion peut avoir un effet fédérateur, comme écrit dans l’introduction, ayant l’avantage de fixer des rendez vous, et de faire participer à des rites communs. Mais elle peut aussi être source de conflits, comme c’est le cas actuellement en Birmanie, où des Bouddhistes intégristes chassent les musulmans de chez eux.

     

               L’Etat.

     

    On attend de l’Etat qu’il fixe les règles communes du vivre ensemble, celles de l’économie et de la redistribution, qu’il trouve sa place dans le commerce mondial et protège le territoire national et les citoyens, s’il le faut en utilisant les armes, et enfin qu’il aille dans le sens maintenant de la protection de la planète et du développement durable.

     

    L’Etat n’a pas toujours existé en France. Les premières administrations étatiques pourraient avoir commencé eu treizième siècle. Nous devons beaucoup de nos règles de vie au centralisme Napoléonien (le code civil !), qui héritait de l’absolutisme royal. Les unités Allemande et Italienne sont beaucoup plus récentes (fin 19ème).

     

             A propos d’économie, une relation étroite a été proposée entre la doctrine libérale, et la libéralisation des mœurs ; cela a été contesté.

     

    Pas de doute pour un intervenant, c’est bien la démocratie représentative qui est la solution.

     

    Daech n’est pas un Etat, ce n’est qu’une organisation criminelle.

     

                 Le patrimoine culturel et matériel.

     

              La culture est primordiale, et un exemple a été choisi dans la Renaissance : les pays nordiques avaient dans un premier temps négligé de suivre le bouillonnement culturel Italien, mené notamment  par Léonard de Vinci, et ils l’ont payé cher ; il a fallu que Christine de Suède fasse la voyage de Rome et celui de Paris pour rattraper ce retard, aidée en cela par rené Descartes qui a fini sa vie en Suède.

     

    De même le patrimoine matériel ( l’immobilier, l’aménagement du territoire, etc…) aurait du prendre sa place dans le texte d’introduction..

    Alors, dépassé ou pas ?

     

     La majorité est d’avis que non, le concept de nation n’est pas dépassé. Ne serait-ce que parce qu’une diversité est nécessaire.

     Cliquer ici pour le compte-rendu du débat

     

     

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