• C.R. personnel du 25 Mai 2019 : Peut-on, doit-on actualiser les textes fondateurs ? :

    C.R. personnel du 25 Mai 2019 :

     

                            Peut-on, doit-on actualiser les textes fondateurs ?

                                                                                      Benoît Delcourt.

    Le titre de ce débat prêtait à confusion : il n’était pas question de changer les textes fondateurs, mais, dans une évaluation purement personnelle, en vue de se les approprier, d’en éliminer certains passages trop dépendants de la période dans laquelle ils ont été écrits, dans le but d’en « faire son miel », chacun à sa façon.

    Qu’est-ce qu’un texte fondateur et à quoi peut-il servir?

    C’est un texte qui devrait dire ce qui est fondamental ; cependant un texte fondateur peut ne pas dire ce qui est fondamental,   le cas de « Mein Kampf » en est un exemple.

    Le but d’un texte fondateur est de fournir à la société un ancrage stable, qui lui permette de vivre en harmonie, de bien vivre ensemble ; par exemple « aimez-vous les uns les autres » est un conseil important pour la vie en société. Il doit aussi  permettre de se comporter convenablement devant des problèmes nouveaux et imprévus (par exemple le réchauffement climatique).

    Dans les nouveaux enjeux éthiques, comme la PMA, l’euthanasie, l’organisation de la famille,  les textes fondateurs devraient pouvoir donner des directives, mais seront-elles suivies ? Ne sont-ils pas combattus par « les réseaux sociaux ».

    Cela peut passer par la transformation de la conscience des humains : le bouddhisme par exemple permet à l’Homme de percevoir la « claire Lumière ».

    La Science est-elle fondatrice ? Un axiome est- il un texte fondateur, un théorème aussi ? Peut-être, cependant le but premier  de la Science est d’analyser ce qui nous entoure, et non pas de guider la société ou de donner une image de nos origines. La phrase de Stephen Hawkins reprenant Laplace : « Je n’ai pas besoin de Dieu pour mes théories » montrerait bien que le secteur de la Science et celui de la religion sont distincts.

    Un texte fondateur serait utile pour définir les comportements  tolérables, et ce qui ne le sont pas, en quelque sorte ce serait un code pénal, et en tant que tel, méritent d’être revus  régulièrement.  Cependant le code pénal gère les punitions nécessaires pour la vie en société, alors qu’un texte fondateur se résumerait plutôt au conseil: « voilà ce que tu récoltes, quand tu sèmes ceci ou cela ».

    Se fier aux vieux textes fondateurs, regarder dans le rétroviseur, peut aider, mais aussi faire de gros dégâts.

    Le « Kapital », comme « le deuxième sexe », longuement cités dans le texte d’introduction, n’ont pas été beaucoup discutés. Ne sont-ils pas fondateurs?

    Un texte fondateur pour les Gréco-Romains existait, son auteur était Hésiode. Mais qui connait  Hésiode?

     D’autre part, l’Egypte avait sans doute un texte fondateur, ou au moins une intense activité littéraire : le Dieu « secrétaire » Toth est figuré sur de nombreux  bas-reliefs. Auparavant, on peut citer Gilgamesh, 2650 ans avant J .C. De plus, avant l’invention de l’écriture, il y avait une tradition orale (voir Chang-Seu)

    Les sectes ont souvent leur propre texte fondateur, comme c’est le cas pour les Mormons. Cependant, ce qui différencierait une secte d’une religion, est que dans une secte, les fidèles sont supposés  « purs », choisis par le Dieu, ou « prédestinés » comme chez les jansénistes, ou  les Cathares,  alors que dans les religions classiques, les fidèles se reconnaissent pécheurs.

    Une Constitution est-elle un texte fondateur ? sans soute pas, car elle peut-être amendée. D’autre part, elle s’adresse à un pays, et pas à l’Humanité.

    Le cas des textes Judéo-Chrétiens.

    La Tora, texte Juif appelé « Ancien testament » par les chrétiens, ne serait pour certains qu’une suite de textes violents, et même favorables aux génocides (massacre de Jéricho). Il est indéniable que Dieu est représenté comme le sauveur de la petite tribu Juive de l’époque. Mais à côté de cela, la façon de parler de Dieu sans oser lui donner un nom est une façon géniale de Le concevoir.

    La Bible ne s’adresse pas à des robots, mais à des humains, capables de critique !

     

    L’exégèse, lecture historico-critique qui s’aide des Sciences humaines, qui ont forgé des outils pour cela,  serait une nécessité pour comprendre et réinterpréter ces textes : elle permet de trouver des sens cachés aux écritures, et ces sens cachés peuvent même être découverts des siècles après leur écriture, si bien qu’il ne faut surtout pas réécrire les textes sacrés, de même qu’il ne faudrait  pas reconstruire Notre Dame en y mettant des ajouts modernes.

    Pourtant cette interprétation peut-être dangereuse quand le lecteur n’est pas à même d’argumenter valablement : cas des djihadistes et plus généralement des lectures littérales.

    On peut trouver certains passages de la genèse très poétiques ; Adam,  par sa faute, perd son innocence, puis se construit librement son destin.

    On trouve dans le communisme une similitude avec les religions monothéistes : le péché originel est l’instauration de la propriété des moyens de production, la lutte avec Satan est la lutte des classes et le paradis est le grand soir, où l’on « rase gratis ».

    A-t-on encore réellement besoin de ces textes, alors que leur morale incluse est passée dans le quotidien ? L’éthique des principes (voir Kant et son « impératif catégorique », ou encore celle de la conviction ou de la responsabilité ne suffisent-elles pas ?

    Le texte d’introduction évitait de citer le Coran. Il a pourtant été dit qu’ un Islam des Lumières » était souhaité par de nombreux musulmans ; il aurait déjà eu lieu au quinzième sièce (Averroes).

     

    « Peut-on, doit-on actualiser les textes fondamentaux ?Quelles citoyennetés dans le monde d’aujourd’hui et de demain ? »

  • Commentaires

    1
    Lundi 27 Mai à 16:41

    Et pourtant, c'est bien la Vérité que recherche l'être Humain. Il voudrait avoir des certitudes, et n'aura jamais que la Vérité sous forme poétique, mythique, morale, etc... et non le Vérité sous forme scientifique. Et finalement tant mieux, car que feraient alors les gens qui n'ont pas l'esprit scientifique?

      • Pierre M
        Lundi 27 Mai à 18:51

        Il faut fuir qui dit "Je suis la Vérité" ou  "Je connais la Vérité".

    2
    Daniel
    Lundi 27 Mai à 19:18

    Ci-dessous l’explication qui me conduit à maintenir ce que j’ai évoqué en séance, en disant que la constitution était un texte fondateur et fondamental de la République Française.

    1/ Le serment du Jeu de paume est un engagement solennel d’union pris le 20 juin 1789 à la salle du Jeu de paume, à Versailles, par 300 députés du tiers état, auxquels s'associent certains députés du clergé et de la noblesse lors des états généraux de 1789.

    Réunis dans la salle du Jeu de paume, située <abbr>no</abbr> 1 rue du Jeu de paume, au cœur du quartier Saint-Louis, à Versailles (Yvelines) et autrefois dédiée au jeu de paume, ils firent le serment de ne pas se séparer avant l’élaboration d’une Constitution. Cet engagement, dénué d'existence juridique dans le cadre de l'Ancien Régime prévalant encore, a un fort impact symbolique et politique, qui en fait un moment décisif de la Révolution française. Il témoigne aussi d'un transfert de souveraineté et de sacralité, du roi à la Nation.

    Préfigurant la souveraineté nationale et la séparation des pouvoirs, il amènera la réunion des trois ordres (noblesse, clergé, tiers état) en une « Assemblée nationale constituante », dont sera issue l'abolition des privilèges (4 août 1789), la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (26 août 1789), et les grands principes de la Constitution (fin 1791).

     

    2/ La rédaction d’une Constitution peut alors permettre de :

    Garantir à chacun le respect de ses droits : la Constitution est nécessaire pour garantir les droits fondamentaux des citoyens. Elle pose, par exemple, le principe de l’égalité des citoyens devant la loi, fait du suffrage universel   la source de la légitimité et accorde à chacun le droit de faire entendre sa cause devant un tribunal indépendant. Elle permet ainsi d’écarter l’arbitraire en donnant à tous les citoyens la possibilité de connaître les différents organes de l’État.

    Ce qui corrobore également le pourquoi de textes fondateurs et fondamentaux, en cela qu’ils permettent de mieux vivre ensemble  et de fournir des idéaux (constitution, Déclaration Universelle de Droits de l’Homme ‘DUDH’, 10 Commandements).

    3/ à propos des droits de l’Homme  DUDH de 1948 article 19 et de la liberté d’opinion et d’expression, il serait souhaitable de le réviser, notamment au regard des réseaux sociaux, qui deviennent des déversoirs de haines en tenant compte de l’article 4  des droits de l’Homme de 1789, mentionnant que la Liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

    4/ Pour ma part, j’ai également évoqué que la Sécularisation apparaît comme une tendance à transférer la plupart des valeurs sociales du domaine du sacré à celui du profane et font partie du domaine laïc.

    Les textes fondateurs et fondamentaux sont ne sont pas uniquement que des textes sacrés.

    5/ Quant à Karl Marx et son livre ‘Le Capital’ cité dans le texte d’introduction, on peut rappeler qu’avant lui Adam Smith a écrit ‘La Richesse des Nations’ livre fondamental qui est ‘le découvreur’ du capitalisme.

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