• C.R. personnel du 13 Mars 2021 Ecole et démocratie.

     

    CR personnel issu du débat du 13/03/2021 avec Zoom 12 participants 36 prises de parole

     

    En guise d’introduction du débat, 3’ ont été consacrées à la lecture partielle de l’édito du Ministre de l’Education Nationale Jean Michel Blanquer, concernant la rentrée scolaire 2018-2019, (voir en annexe la page du document complet officiel).

     

    I/ Débat autour du texte mis sur le blog et première partie du CR structurée à partir des thèmes  mentionnés à l’intérieur de cet édito (en gras les éléments cités par le Ministre, en non gras les interventions) :

     

    1- Les objectifs de l’Education Nationale : mieux maîtriser les savoirs fondamentaux (lire, écrire,  compter et respecter autrui) et être mieux accompagné vers son avenir. Il est indispensable de rassembler les Français autour de leur école :

     

    Il a été rappelé qu’il y a le socle commun décomposé en six domaines (les langages pour penser et communiquer, les méthodes et outils pour apprendre, la formation de la personne et du citoyen, les systèmes techniques, les représentations du monde et de l’activité humaine). Ces six domaines font l’objet de 26 fiches décrites page 5 de l’édito du Ministre de l’Education Nationale. (Après avoir téléchargé le dossier de présentation). On attend trop de l’école, de mon temps il y avait les parents et le catéchisme. Apprendre la nature, apprendre à vivre ensemble. A chaque changement de ministre il y a des nouveautés. Dans l’école il n’y a plus ou trop peu d’infirmières et de psychologues pour qu’ils puissent parler de leur mal être. L’objectif est de former des individus.

     

    2- La formation de la personne et du citoyen : Concernant  le parcours citoyen, compte tenu qu’il y avait des remarques sur le fait que ce n’était pas le rôle de l’école, il a été visualisé une diapo issu du site eduscol où il est rappelé que l’élève est inscrit dans le projet global de formation, il s’adresse à des citoyens en devenir qui prennent progressivement conscience de leurs droits, de leurs devoirs et de leurs responsabilités et que cela permet de mieux vivre ensemble. Sur cette diapo il est indiqué que le parcours citoyen permet d’aborder les grands champs de l'éducation à la citoyenneté.

     

    Le respect a suscité des remarques, comme quoi ce n’est pas à l’école d’apprendre à respecter autrui, il faut apprendre à vivre ensemble. En classe on apprend le travail collectif et cela nécessite de respecter autrui et son tour de parole. Les enseignants sont souvent non respectés, les élèves ont trop de droits, l’enseignant a peu de droits.

     

    Autre remarque, l’école doit instruire avant d’éduquer, on n’apprend pas à apprendre la citoyenneté, il faut développer l’esprit critique. Ce à quoi il a été rappelé l’existence de 26 fiches mentionnées ci-dessus.

     

    3- L’Education Nationale porte une politique de projet social : L’éducation est de la responsabilité des familles, des associations notamment dans le sport là où il y a de la discipline, le respect de son adversaire, le gout de l’effort. L’école est le reflet de la société, on constate qu’il y a de plus en plus d’écarts entre les différents niveaux (fracture sociale et culturelle) dont un des éléments est la différence du nombre d’années d’étude et entre les diplômes. L’éducation Nationale est une cogestion entre Ministère et syndicats.

     

    4- Pour les élèves davantage de liberté et de temps pour concevoir leur projet d’orientation : L’école est trop chargée elle occupe les enfants 28 h / semaine, en dehors il y a des activités extrascolaires. Vous chargez beaucoup l’école, les élèves proviennent de différents horizons, Mai 68 ‘il ne faut pas emmerder les enfants’ cela a très bien marché avec les enfants de bourgeois, mais les autres ?? Cela explique la situation. Les enseignants font ce qu’ils peuvent, les punitions sont interdites, dans bon nombre de familles il y a des problèmes sociaux. Le droit à l’erreur n’est pas dans la culture française. Les neurosciences rentrent à l’école pour expliquer les difficultés de certains élèves. Il nécessaire de dire la vérité sur ce qu’ils sont, et ne pas ralentir les meilleurs. Certains élèves parlent peu le français. Le collège unique quelle utopie !

     

    5- Pour les professeurs cela se traduit par de nouveaux outils pour les évaluations en CP, CE1 et 6e : Il y a toujours des objectifs quantitatifs et pas qualitatifs. On va toujours piquer ce qui est chez les autres, aux USA l’enseignement est obligatoire à partir de 6 ans, chez nous 3 ans.

     

    6- Le renforcement de la formation des professeurs : A-t-on besoin d’avoir bac + 5 pour enseigner dans le primaire, il faut surtout de la pédagogie. La formation des professeurs en pédagogie est insuffisante. Plus le niveau est élevé et mieux on peut expliquer. Dans le cours Education Morale et Civique, il y a un chapitre sur le développement de l’esprit critique, mais les professeurs sont sous contraintes de finir coûte que coûte le programme à la fin de l’année scolaire, ce qui les conduit à faire des choix.

     

    7- Il est indispensable de lutter contre toutes les formes de harcèlement et cela passe notamment par une sensibilisation aux risques des écrans : Les réseaux sociaux sont devenus des déversoirs de haine, des réseaux socio de ‘crétinisme’, des réseaux de cas sociaux, ils n’apprennent pas la réflexion mais les réflexes, ils font également circuler de fausses informations. Or l’information fiable, il faut aller la chercher avec prudence. Il faut être vraiment éclairé pour pouvoir émettre un vote en connaissance de cause, apprendre à voter avec un esprit critique. Il faut développer la lecture de la presse et les informations et apprendre à gérer son temps. Les articles dans la presse sont signés, dans les réseaux sociaux c’est anonyme. Internet permet d’avoir des informations, il faut faire le tri.

     

    8- Pour les parents d’élèves qui sont les premiers partenaires de l’école: Il y a à prendre en compte le ‘conditionnement physique’ chez les parents, l’environnement culturel dans la famille est important, énormément de problèmes à la maison pour ceux qui ne savent pas lire, il faut apprendre les bases à tout le monde. Les parents protestent souvent.

     

    9- La richesse de la vie collective : le sport est à accentuer à l’école. Un des principaux problèmes que rencontrent les professeurs c’est que les élèves ne savent pas attendre leur tour de parole et sont indisciplinés, ils veulent tous parler en même temps.

     

    10- La Laïcité à l’école fait partie des valeurs cruciales: Afin d’éclairer la situation, il y a eu recours à deux diapos représentant les résultats d’une enquête de l’IFOP, permettant d’aborder les raisons qui font que les professeurs s’auto censurent, et doivent faire face aux contestations sur la Laïcité, les contenus des programmes notamment l’éducation sexuelle, la procréation, les religions, l’histoire des mythologies e t c ... L’IFOP s'est penché pour la première fois sur la façon dont les lycéens perçoivent l'un des fondements de la République française,  inscrit dans la Constitution.

     

    Résultats publiés dans le journal le Point. https://www.lepoint.fr/education/sondage-les-lyceens-rejettent-majoritairement-la-laicite-a-la-francaise-03-03-2021-2416143_3584.php  

     

    l’IFOP révèle une profonde fracture générationnelle.

     

    La première diapo a montré la question posée : ‘Personnellement, seriez-vous favorable ou opposé au port de signes religieux ostensibles (ex : croix, voile, kippa, turban, soutane, kesa, e t c… ?’. L’article mentionne :

     

    Plus d'un lycéen sur deux (52 %) se dit ainsi favorable au port de signes religieux ostensibles dans les lycées publics, soit deux fois plus que dans l'ensemble de la population (25 %). 49 % ne voient pas d'inconvénient à ce que les agents publics affichent leurs convictions religieuses. Et 38 % sont favorables à ce qu'une loi autorise les élèves à porter un « burkini » (une proportion qui atteint 63 % chez les seuls élèves scolarisés en REP, et 76 % chez les lycéens se déclarant musulmans). 

     

    Mais la population lycéenne elle-même est divisée : Si les jeunes musulmans s'opposent à 78 % au droit d'outrager une religion, de même que 65 % des personnes perçues comme « non blanches » et 60 % des jeunes vivant dans des zones d'éducation prioritaire, ce n'est le cas que de 45 % des catholiques et de 47 % des élèves se définissant « sans religion ». « Critiquer la religion, c'est agresser les croyants. » 

     

    La deuxième diapo a montré la question posée : ‘En France, la loi de Juillet 1881 sur la liberté de la presse autorise l’expression de critiques, y compris outrageants, à l’encontre d’une croyance, d’un symbole ou d’un dogme religieux ?’ L’article mentionne :

     

    Le sujet du « droit au blasphème » clive une opinion lycéenne qui se dit désormais majoritairement opposée au « droit de critiquer une croyance, un symbole ou un dogme religieux ». 52 % des élèves du secondaire n'y sont pas favorables… Mais la population lycéenne elle-même est divisée : Si les jeunes musulmans s'opposent à 78 % au droit d'outrager une religion, 

     

    « L'enquête met en exergue un double clivage : entre les jeunes et le reste des Français d'une part, et d'autre part entre les jeunes eux mêmes… ».

     

    Le mot « outrageant* » a donné lieu à la remarque ‘la question est mal posée’. 

     

    Question sensible qui a déclenché de vives réactions aux réponses à ces deux questions, ces réactions ne sont pas mentionnées dans ce CR.

     

    Pour information la Laïcité fait partie des Valeurs de la République https://www.elysee.fr/la-presidence/les-principes-de-la-republique 

     

    Il a été rappelé qu’il y a le droit de critiquer une religion (droit au blasphème), par contre critiquer des croyants relève du délit d’opinion, cette non distinction est à enseigner.

     

    II/ Ce qui n’est pas dans l’édito, mais présent dans le texte du CD mis sur le blog et qui a été débattu :

     

    1- Le contrôle du fonctionnement de l’Education Nationale : l’Etat ne sait pas se servir de ses outils, et ne sait plus piloter, pourtant il ne manque pas de ‘pognon’ à l’EN, on constate que beaucoup d’élèves ont des difficultés pour lire et écrire en fin de primaire et même au collège. Il a été rappelé que dans le texte il était fait état de la Cour des comptes qui se penche sur cette question du budget de l’EN et de ses résultats.

     

    2- Le Programme International de Suivi des Acquis PISA : lorsque l’on n’est pas satisfait on accuse le thermomètre.

     

    Il a été rappelé que sur trois domaines évalués par PISA en 2018 sur les jeunes de 15 ans : Lecture => niveau faible 21,5%, Culture mathématique => niveau faible 23,5%, Culture scientifique => niveau faible 22,1% , alors que le niveau maxi des fondamentaux insuffisamment maîtrisés est fixé à 15% (pour plus d’info voir le site de l’édito du Ministre de l’Education Nationale.). La France est en 25e position sur 72 pays et moins bonne que la moyenne des pays de 28 pays de l’UE.

     

    Il a été mentionné qu’en parallèle à ces résultats, le taux de réussite au brevet des collèges est de 87,1%. Il y a donc un décalage significatif entre le niveau des jeunes Français au brevet et leur évaluation internationale PISA.

     

    Dans le classement PISA on retrouve les pays les plus riches en tête. PISA établi à l’origine par les Chinois pour mesurer la concurrence, or l’Education Nationale refuse la concurrence

     

    Les objectifs de scolarité sont différents selon les pays, la mesure des écoles internationales pour les adultes est moins problématique. Il y a une différence entre les résultats du public et du privé. Dans le privé ce ne sont pas que des enfants de riches.

     

    III/ Le terme Démocratie n’étant pas employé explicitement dans l’édito de JM. Blanquer autrement qu’à travers la Laïcité, la Démocratie faisant partie du sujet du CD a été abordé moins longuement, par manque de temps ? 

     

    Démocratie : J’ai des interrogations par rapport à la démocratie, pour éclairer cette interrogation deux diapos ont été visualisées sur le parcours du citoyen, qui mentionne qu’il y a des droits et devoirs, qui servent à vivre ensemble. La démocratie s’appuie sur les valeurs de la République dont la Laïcité. En élisant leurs délégués de classe les élèves apprennent la Démocratie. Le sujet de l’information et de la presse a été relaté plus haut.

     

    IV/ Conclusion : Sujet dense et sensible, après avoir longuement débattu sur la partie relative à la fonction de l’enseignement, de ses résultats et des difficultés rencontrées, il est resté moins de temps pour aborder la partie Démocratie à l’école.

     

     Il y a encore un énorme travail pour trouver un équilibre entre la Liberté d’être soi sans nuire à autrui, et la force d’être ensemble. Il y a encore des manques de connaissances sur la Laïcité en ne faisant pas de distinction entre le droit au blasphème et le délit d’opinion, qui lui est répréhensible au niveau de la loi, son déploiement est à accentuer. Les programmes sont très ambitieux, et conduisent à des décrochages, les professeurs passant trop de temps à faire de la discipline. La ‘boite à outils’ des méthodes sur Internet site de l’Eduction Nationale  est très bien développée, mais est elle utilisée ? Enfin beaucoup de dysfonctionnements et de difficultés que rencontrent les enseignants n’ont pas été mentionné faute de temps, les grands sujets absents sont l’orientation et l’apprentissage.

     

     

     

                                                                                                              Daniel Soulat 15/03/2021

     

     

     

    *Hors débat, il y a eu nécessité d’élucider le mot ‘outrageant à l’encontre d’une croyance …’

     

    Pour cela le site https://www.cbf-avocats.com/liberte-d---expression-et-offenses-aux-croyances-religieuses_ad105.html  a été consulté afin d’en voir la signification :

     

    Le  thème du site est : Liberté d’expression et offenses aux croyances religieuses

     

     « Le délit de blasphème n’existe plus dans notre droit. 

     

    Le blasphème se définit comme l’outrage fait aux divinités, ce qui dans une religion est considéré comme relevant du sacré. 

     

      

     

    Le délit de blasphème n’existe plus depuis la déclaration des droits de l’homme et des citoyens. 

     

      

     

    Pour autant, cela ne signifie pas que l’offense religieuse en tant que telle ne peut pas être réprimée. 

     

      

     

    Toutefois, la loi pénale est d’interprétation stricte. 

     

      

     

    Par conséquent, c’est au travers du champ étroit de la loi pénale et de la loi pénale spéciale en l’espèce qu’il faut appréhender l’offense religieuse. »

     

                            Annexe :  Edito du Ministre de l’Education Nationale JM. Blanquer

     

     

     

    En cette rentrée 2018-2019, de la maternelle au lycée, nous amplifions les perspectives ouvertes à la rentrée passée et nous  déployons les mesures présentées au cours des mois écoulés. Il s’agit de permettre à tous les élèves de mieux maîtriser les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter et respecter autrui) et d’être mieux accompagnés vers leur avenir. Pour cela, il est indispensable de rassembler les Français autour de leur École.

     

    L’École est la colonne vertébrale de la République. Elle est la matrice du destin collectif comme de la réussite de chacun. À ce titre, elle porte une politique de progrès social qui consiste à donner davantage à ceux qui ont besoin de plus. C’est le sens du dédoublement de 4 700 classes supplémentaires en réseaux d’éducation prioritaire. Son objectif est de porter chacun au plus haut de son talent et de son mérite. Cela passe par l’enrichissement des enseignements au collège, le développement de l’éducation artistique, culturelle et sensorielle et la réforme des lycées généraux, technologiques et professionnels. Ces transformations sont portées par un état d’esprit, celui de la confiance. Pour les lycéens par exemple, cela signifie davantage de liberté et de temps pour concevoir leur projet d’orientation ainsi que des enseignements nouveaux qui accordent une large place au numérique. Pour les professeurs, cela se traduit par de nouveaux outils, notamment les évaluations en CP, CE1 et 6  qui leur permettront d’adapter leurs pédagogies aux besoins de leurs élèves. Le renforcement de leur formation et surtout un soutien constant de l’institution les aideront à surmonter les difficultés qu’ils rencontrent. Pour les parents, qui sont les premiers partenaires de l’École, il s’agit de mieux les associer par le dispositif Mallette des parents car la confiance réciproque entre eux et l’École est la clé de la réussite des élèves.

     

    Par les connaissances et les valeurs qu’elle transmet, l’École est le socle d’une société fraternelle et sereine. C’est pourquoi le ministère fait de l’accueil des enfants en situation de handicap une priorité. C’est pourquoi aussi, il est indispensable de  lutter contre toutes les formes de harcèlement et cela passe notamment par une sensibilisation au risque des écrans. À la rentrée, l’interdiction de l'utilisation du téléphone portable dans les écoles et les collèges contribue à la bonne marche des enseignements et à la richesse de la vie collective. Dans le même sens, le principe de laïcité à l’École et celui de l’égalité entre les filles et les garçons sont des valeurs cruciales dont on doit assurer le respect sans faille.

     

    La cohésion nationale dépend de notre capacité à nous rassembler autour de  l’essentiel, c’est-à-dire l’avenir des élèves et, au-delà, de notre pays. Tous les  territoires : urbains, périurbains, ruraux et ultramarins, font l’objet d’une attention particulière. En cette rentrée, je tiens à saluer l’action de toutes celles et de tous ceux qui font vivre au quotidien notre École. Leur engagement est indispensable pour relever les défis du XXIe  siècle à l'échelle de la France comme à l'échelle du monde.

     

    Jean-Michel Blanquer

     

    Ministre de l’Éducation nationale

     

     

     

    « L'esprit s'oppose-t-il au coeur?C.R. du 27 Mars 2021. l'esprit s'oppose-t-il au coeur? »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 17 Mars à 14:42

    Pour le point n° 10, au cours du débat, j'ai émis une protestation musclée.

    En fait, on m'a dit dans ma jeunesse qu'il était impoli de montrer du doigt. Or ce sondage du Point est relaté sans commentaire, et met en accusation les musulmans, ce qui m'insupporte! Oui les chiffres sont sans doute vrais. Mais la conclusion implicite, c'est que c'est la faute aux musulmans, qui sont vraiment montrés du doigt.

    Comme vous le savez, je suis un catholique pratiquant, et, comme tel, je me sens solidaire de tous les croyants (ceux issus de la Bible). En particulier, je me sens plus proche d'un musulman que d'un agnostique, car le premier a gardé une ferveur absente chez le second.

    Les musulmans n'ont pas vécu comme les Français de souche les combats de la laïcité, et sont un peu perdus dans ces discussions sur cette laïcité. Mais nous devons leur laisser le temps de s'y mettre, et non pas les montrer du doigt de cette façon. C'est une question de tolérance et d'hospitalité.

    Je ne  représente ici que moi-même, et je comprends que certaines personnes, d'un catholicisme plus identitaire que le mien, soient étonnées, mais je persiste!

     

    2
    Vendredi 19 Mars à 10:05

    Daniel, je trouve que ton compte-rendu, même s'il détaille bien ce que tu as présenté dans ton papier d'introduction, reflète de manière insuffisante ce qui a été dit par les uns et les autres. Je ne parle pas de mes propres interventions, qui ont été brèves et très ciblées, mais de ce qui a été dit par l'ensemble du groupe, et c'est bien cela que le CR devrait mettre en avant.

    Par ailleurs, je trouve excessif que tu donnes trois fois le lien vers l'éditorial de Blanquer, et qu'en plus tu le recopies en annexe ! Outre le fait que cet éditorial est simplement un discours d'autosatisfaction du ministre vis à vis de son action, il énonce des faits et chiffres contestables ou au moins discutables. Par exemple, je ne suis pas sûr qu'avoir 88% de réussite au brevet et au bac soit une preuve de l'amélioration du niveau scolaire ; pour moi, c'est plutôt le fait d'un laxisme dans la notation, Sans parler des instructions reçues par les profs notateurs d'être indulgents, suivies de modifications d'autorité des notes quand le ministère les trouvait trop sévères. Il y a même des copies blanches qui ont eu la moyenne ! Si vous y avez accès, allez voir le site des "Stylos rouges". Blanquer fait de la com, c'est tout.

    3
    Pierre M.
    Vendredi 19 Mars à 18:50

    Le thème me semble-t-il était Ecole et Démocratie, laquelle des deux sauvera l’autre ? 

    Au risque de passer pour un « idéoclaste », je poserais la question suivante : faut-il les sauver ?

    Qu’on ne se méprenne pas, celui qui écrit ces lignes est un démocrate convaincu et jadis militant, et fut aussi responsable local d’une fédération de parents d’élèves de l’école laïque. Cette école à laquelle il doit beaucoup. Mais ne faut jamais rester dans le confort des idées personnelles que l’on finit par croire universelles. Une remise en question peut renforcer les convictions.

     

    - L’Ecole d’abord. N’est-ce pas une entreprise de formatage des jeunes individus, destinée à en faire de « bons » citoyens, c’est-à-dire de futurs adultes qui contribueront à la défense et à la promotion de la société à laquelle ils appartiennent : son système politique, économique et social ? On glorifie à juste titre, les instituteurs de la IIIe République,  ces fameux Hussards noirs, véritables missionnaires laïcs de l’éducation des jeunes français. Ils leur ont inculqué le savoir, mais aussi le patriotisme, qui les a conduits à devenir de la « chair à canon » lors de la Grande Guerre. Il faut relire le fameux et remarquable « Tour de la France par deux enfants » qui a nourri alors les connaissances et l’imaginaire de tous les petits enfants de France. De leur côté les Prussiens, les Allemands, n’étaient pas en reste : sous une forme différente, car aux mains du clergé, ils mettaient l’accent sur la discipline.

    Aujourd’hui notre Education nationale, très en retard par rapport à d’autres secteurs économiques sous l’angle de la productivité, de l’utilisation des technologies de pointe, n’envisage cette adaptation que dans l’optique d’une meilleure adéquation des élèves aux exigences de la société, du marché de l’emploi. Adapter l’école à l’élève, ou adapter l’élève à l’école ? En faire de « bons » citoyens ou des individus « bien dans leur peau » ? C’est l’éternelle question qu’ont tenté de résoudre, avec des succès divers, Maria Montessori ou Alexander Neill et ses « libres enfants de Summerhill ».

     

    - La Démocratie maintenant. Nous nous gargarisons de ce mot. Nous jugeons imparfaite la proto-démocratie athénienne qui n’accordait pas le droit de vote aux femmes, aux esclaves et aux métèques. Mais les anciens Grecs seraient horrifiés de constater que les citoyens que nous sommes ne sont pas associés directement à chacune des décisions qui nous concernent ou concernent notre société (pensons au confinement actuel).

    Alain Badiou exagère-t-il lorsqu’il évoque ce « totalitarisme démocratique » qui entend régenter l’ordre mondial ? Il a surtout dans son collimateur la « démocratie parlementaire » qu’il juge esclave du capitalisme.

     

    Poser ces questions n’est pas scandaleux. Elles nous permettent d’approfondir nos convictions selon les réponses qu’on peut y apporter. Alors, faut-il sauver l’Ecole, la Démocratie dans les formes qu’on leur connaît ? Faut-il les infléchir, dans quel sens, de quelles façons ? Vastes problèmes.

     

     

     

     

     

    4
    Daniel
    Mardi 23 Mars à 08:33

    1/ Benoît : Pour information  l’enquête publiée par le journal le Point a été commandée à l’IFOP par La Licra. Pour indication sur son site https://www.licra.org/qui-sommes-nous :

    « Depuis 1927, la LICRA est à la pointe de tous les combats contre le racisme et l’antisémitisme. 

    Profondément attachée aux valeurs de la République, nous défendons un principe simple : l’universalité des droits de l’Homme.

    La LICRA est une des plus anciennes associations militant à travers le monde contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations … »

    De mon point de vue, il n’y a donc pas de sous entendus à émettre envers son enquête.

    CF la Laïcité « Chacun à le droit de croire ou de ne pas croire… » Par conséquent pas de discrimination à faire par les croyants envers les agnostiques et les non croyants, ils peuvent aussi fonder leur vie sur des valeurs et les défendre avec ‘ferveur’ comme tout citoyen dans le respect d’autrui. La ‘ferveur religieuse’ effectivement n’est pas dédiée aux non croyants, cependant les non croyants peuvent avoir de la ferveur au sens ‘ardeur et enthousiasme’.

    Suite aux différentes réunions non mixtes à l’UNEF, et aux deux professeurs à Sciences Po de Grenoble mis en danger, Jean Michel Blanquer et Frédérique Vidal viennent de prendre conscience de la gravité de la situation. Ceci vient corroborer  la remarque : ‘Si on ne veut pas voir ce qu’il se passe, alors on ne comprend rien à l’observation des faits’.

    2/ Jean Jacques : Je ne suis pas contre le fait de dire que le CR n’est pas représentatif, mais de là à dire « reflète de manière insuffisante ce qui a été dit par les uns et les autres. Je ne parle pas de mes propres interventions, qui ont été brèves et très ciblées, mais de ce qui a été dit par l'ensemble du groupe », cela nécessite de donner des exemples, car je pense avoir été fidèle à ce qui s’est dit, hormis certains propos violents. Quant au fait d’indiquer les résultats du brevet à 87,1%, je suis d’accord que ce n’est pas le reflet du niveau des élèves, c’est d’ailleurs ce que j’ai indiqué dans le CR en mettant en face le classement PISA.’ Il y a donc un décalage significatif entre le niveau des jeunes Français au brevet et leur évaluation internationale PISA’.

    Je confirme cela, puisque mon épouse ancien professeur d’histoire géographie et éducation civique à la retraite, a corrigé des épreuves du brevet des collèges, il y a quelques années. Les consignes étaient entre autre :’ Mettre deux points si la copie est bien présentée, mettre la moyenne si le sujet est compris e t c …’ A l’issue des corrections se tenait une commission d’harmonisation des notes, afin de majorer les notes les plus faibles.

    Effectivement l’édito de JM Blanquer datant de la rentrée scolaire 2018-2019, ne met pas en exergue les difficultés  des professeurs et du comportement des élèves s’amplifiant depuis.

    Je rappelle qu’une des problématiques soulevées par le texte « Ecole et démocratie laquelle des deux sauvera l’autre ? » est :

    Pour quelles raisons les enseignants ne peuvent-ils pas faire leur cours conformément au programme ? Ils doivent s’autocensurer, et doivent faire face aux contestations de certains élèves, sur la Laïcité, les contenus des programmes notamment l’éducation sexuelle, la procréation, les religions, l’histoire des mythologies e t c ....

    C’est bien là le fond du sujet, et le peu de réponses à cette question ont été enrayées par les commentaires violents faits à propos de l’enquête de la Licra, non rapportés dans le CR personnel.

    Comme l’a institutionnalisé Benoît, charge à chacun de faire un commentaire sur le blog au regard du CR personnel.

    3/ Pierre : Démocratie, d’accord avec tes commentaires : ‘Poser ces questions n’est pas scandaleux’, ‘Alors, faut-il sauver l’Ecole, la Démocratie dans les formes qu’on leur connaît ? Faut-il les infléchir, dans quel sens, de quelles façons ? Vastes problèmes’. Ceci rejoint mes propos dans le CR personnel : ‘Il y a encore un énorme travail pour trouver un équilibre entre la Liberté d’être soi sans nuire à autrui, et la force d’être ensemble’, ce qui est un constat au regard du commentaire :

    L’IFOP révèle une profonde fracture générationnelle’.

    Pour information, Sciences humaines vient de  publier un numéro trimestriel « La démocratie : Histoire et concepts – Défis et menaces, Avancées et reculs dans le monde », et un numéro mensuel « L’école républicaine à l’épreuve du multiculturalisme ». Par ailleurs, André Comte-Sponville vient aussi de publier un livre « Que le meilleur gagne ! » Ces ouvrages devraient permettre d’étayer des réponses aux questions que tu poses ? :

    « Alors, faut-il sauver l’Ecole, la Démocratie dans les formes qu’on leur connaît ? Faut-il les infléchir, dans quel sens, de quelles façons ? Vastes problèmes. »

    C’est le sens de ma démarche, à mon niveau de citoyen. Je ne doute pas que JM. Blanquer s’y emploie, mais comme l’a dit Marc Henri, l’Education Nationale c’est une cogestion avec les syndicats. Je rajouterai avec les parents d’élèves également.

      • Samedi 29 Mai à 20:25

        Je ne conteste nullement les chiffres du Point (et de la LICRA donc).

        Je dis simplement que les exposer sans aucun commentaire bienveillant pour les musulmans est un encouragement à l'islamophobie.

        Pour ce qui est des compte_rendus, ils doivent coller au plus près du débat lui-même, et ne rien ajoute: Les ajouts peuvent être mis dans les commentaires.

    5
    Pierre M.
    Mardi 23 Mars à 11:30

    Oui la LICRA est une référence. Je signale toutefois qu’elle n’est pas la seule à œuvrer contre le racisme, le MRAP, créé par d’anciens Résistants, mène aussi des actions en ce sens.

     

    J’ai tendance à être en phase avec Benoît : les mots ont un poids, certains peuvent tuer. Dans la mise en accusation de l’islamo-gauchisme, certains y verront la confirmation de la détestation du gauchisme, d’autres ne retiendront que le terme « islam », alimentant ainsi leur haine des musulmans. Et par contrecoup donnant à croire à certains de nos concitoyens, que le terme islamo- collé à leur personne, leur confère le statut non de Français à part entière, mais de Français complétement à part. Le concept d’islamo-gauchisme est à notre époque ce que fut le « judéo-maçonnique » d’antan. Concept dont on a pu mesurer les ravages.

    ,

    Ce qui n’était qu’un terme assez vague, est devenu un outil de propagande largement médiatisé. Alors qu’initialement ce n’était qu’un concept pour expliquer la tendance naturelle d’une certaine frange de la gauche à se soucier de ceux qui, à tort ou à raison, leur semblaient être les oubliés, les parias, les sous-prolétaires de notre société. La classe ouvrière n’étant plus ce qu’elle fut, ce sont les émigrés qui ont été l’objet de leur sollicitude. Comme il se trouve que la majorité de ces émigrés sont de confession musulmane, c’est l’islam qui est dans le collimateur des racistes et l’objet de la sollicitude de leurs adversaires. Si la majorité  d’entre eux étaient zoroastriens, on parlerait peut-être de zoroastro-gauchisme ou de guèbro-gauchisme.

     

    Nos ministres ne s’honorent pas en se laissant happer par cette controverse qui ne devrait pas sortir du milieu académique pour l’analyse, voire judiciaire en cas de dérives

    6
    Daniel
    Jeudi 25 Mars à 15:03

    Pierre, comme tu évoques "Il faudrait voir aussi s’il n’existe pas d’autres études : un organisme comme International Association for the Evaluation of Educational Achievement (IEA), dont c’est la mission, s’est sans doute livré à pareilles études. Curieusement on n’en parle jamais. Il faudrait se renseigner."

    je viens d'acheter la revue sciences humaines, dans lequel il y a les résultats d'une nouvelle enquête TIMMS (Trend in International Mathematics and Sciences Study), menée par l'International Association for the Evaluation of Educational Achievement, un consortiom international de recherche sur l'éducation, était très attendue. Son résultat a de quoi alarmer, en mathématiques, les élèves français de CM1 se retrouvent à l'avant dernière place des pays de l'OCDE.

    Publiée en Décembre dernier, cette étude a évalué le niveau en mathématiques et en sciences expérimentales des élèves de CM1 pays, et des élèves de 4e dans 46 pays.

    Les élèves français de CM1 obtiennent un score de 485 points (soit trois points de moins qu'en 2015), très inférieur à la moyenne des pays européens (527) et de l'OCDE (529).

    Leurs camarades collégiens ne font pas mieux avec 483 points, en dessous des moyennes de l'OCDE et de l'UE (511).

    Si cela t'intéresse l'article continue. Sciences Humaines Mars 2021 n°334

      • Pierre M.
        Vendredi 26 Mars à 11:45

        Merci. Bigrement inquiétant, surtout pour un pays comme le nôtre qui se distinguait par ses prouesses dans la Mathématique. Par exemple notre pays a raflé plus du quart de toutes les médailles Fields, le "Nobel" en la matière, grâce aux nationaux et aux étrangers qu'il a formé chez nous. Sans compter le plus récent prix Abel où notre pays est bien représenté.

    7
    Daniel
    Mardi 6 Avril à 09:07

    Propos issus de la revue Démocratie de sciences humaines n°62 de mars-avril-mai 2021, article ‘L’éducation, matrice de la citoyenneté’ écrit par Marie Duru-Bellat sociologue et co-autrice du livre L’école peut-elle sauver la démocratie ? » avec François Dubet.

    "La priorité est de distinguer les croyances des connaissances, face à ces sujets lourds, il faut être formé à une pédagogie, à une psychologie, à une déontologie et à une éthique du débat".  "Tout un programme".

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