• C.R. perso du 14 déc. 2019: Quand on attend un sauveur, on reçoit un dictateur.

                            Compte rendu personnel  du débat du 14 Déc. 2019 :

     

                      Quand on attend un sauveur, on reçoit un dictateur.

     

    (Débat sans texte d’introduction).

     

    La discussion a tourné autour de quatre sujets principaux:

     

    Quelles sont les caractéristiques d’une dictature ?

    Comment naissent les dictatures ?

    Des exemples de dictateurs.

    Divers.

     

    Quelles sont les caractéristiques d’une dictature ?

     

    En politique nationale, on est en démocratie (le contraire d’une dictature) quand il y a séparation entre les 3 pouvoirs, législatif,  exécutif et judiciaire.

    Une dictature se signale par un culte de la personnalité, par l’usage de la violence, par la restriction des libertés publiques, par la propagande (cf. Maréchal nous voilà). Il y a souvent autour du dictateur une caste de personnes prêtes à tout (Algérie ?). Le dictateur se nomme lui-même de noms spéciaux guide (Führer, Hitler), conducteur (duce, Mussolini), petit père des peuples (Staline).

    Il y a des dictateurs originaux, comme dans Maître Puntilla et son valet Mati (de Bertold Brecht). Quand le maître est à jeun, il commande, quand il est saoul, c’est le valet qui commande.

    Dans un couple, l’autoritarisme peut venir d’une tendance à l’obéissance de la femme par rapport à son mari : l’obéissance crée parfois la servitude. L’autoritarisme peut parfois dévier en « emprise », mise en esclavage que la victime accepte car elle ne peut s’y opposer.

    Dans l’Eglise catholique, l’autoritarisme s’appelle le cléricaliseme, et est, selon le pape François, « un péché qui se commet à deux, le clerc et le laïc ». Il est en effet plus confortable pour le laïc d’accepter tout d’un clerc, cela le dispense d’avoir à s’occuper de la vie paroissiale, mais cela laisse le champ libre aux abus de pouvoir  tragiques que l’on voit en ce moment dans l’Eglise. Ce qui vaut pour l’Eglise vaut aussi pour beaucoup d’autres communautés.

    Dans les sectes, le gourou est un dictateur.

    Dans les relations de travail, la désobéissance est parfois nécessaire pour contrer un trop fort autoritarisme, c’est le cas de la grève, prévue dans notre Constitution. Ce peut être aussi la désobéissance civile. Aussi, certains PDG pensent pouvoir se comporter de façon incorrecte avec leurs « collaborateurs ».

    Hégel voit dans les relations du maître et de l’esclave une « dialectique » (opposition féconde,) dans la mesure où l’esclave a la maîtrise de la production, ou au moins de ses outils de production.

    N’y a-t-il pas un peu de dictature dans une démocratie, quand 51%  des citoyens peuvent ne pas tenir compte des autres 49%, et même plus généralement quand la majorité ne tient aucun compte de la minorité. Le cas de Jaques Chirac a été cité : élu en 2002 avec un grand nombre de voies de gauche (pour éviter J.M.Le Pen), il n’en a pas du tout tenu  compte par la suite.

    Le problème actuel est qu’il y a une tendance internationale à ce que le pouvoir soit donné à des bouffons. Cela peut avoir des conséquences graves ! Il est de toutes  façons insuffisant de se moquer d’eux.

     

    Comment naissent les Dictatures ?

     

    Tout d’abord, la dictature n’a pas toujours été ressentie de façon négative : elle était souvent dans les temps anciens, un mal nécessaire, dans la mesure où la culture moyenne des personnes pouvant voter était trop faible. Exemple : Denys de Syracuse était populaire.

    Les dictatures naissent le plus souvent d’une « crise », d’un problème non résolu, par exemple dans le cas de désordres et d’anarchie, ou simplement quand « cela ne va plus »: on a alors besoin d’un « sauveur », (et non d’un sauveteur), pour assurer le « salut ». Elles naissent  en général avec le consentement d’une bonne partie de la population.

    Le sauveur devrait avoir quelques diplômes, mais on lui demande d’être charismatique, d’entraîner les foules.

    Le cas de la religion Juive a été cité : il y a une attente du messie, qui viendra libérer le peuple des oppressions extérieures (des Romains il y a deux mille ans).

    La cas du Christ est très spécial, en ce qu’on attendait un génie militaire, qui chasserait les Romains de la Palestine, et on a eu un prophète du respect, de l’amour  et de la charité, y compris vis à vis des Romains, qui a proposé un chemin de vie, une voie toujours d’actualité.  De plus, ce serait un précurseur de la laïcité, en ce qu’il sépare bien le spirituel du temporel (voir l’impôt payé à César). Enfin, serait-il mort sur la croix « à cause de nos péchés » ?

    Ne pas confondre sauveur et sauveteur ; le second cas est ponctuel et limité dans le temps, on devient un « héros » si l’occasion se présente, ou un « lâche », comme dans le cas des gens qui ont désarmé un tueur sur un pont de Londres, mais ceci est sans lendemain.

     

    Des exemples de Dictateurs.

     

    Les cas de Hitler, de Mussolini, de Staline, de Mugabe  (Zimbabwe) ont été cités.

    Le cas de Napoléon est un peu plus compliqué. Certes il a été d’un autoritarisme indéniable. Pourtant, il a laissé derrière lui le code civil, l’école polytechnique, et autres organisations qui durent encore. Alors qu’après une dictature, il ne reste rien le plus souvent.

    Dans le cas de de Gaulle, il y avait en 1958 une accusation de dictature, du fait que l’armée avait pris le pouvoir à Alger, et le lui avait donné. Mais ce dernier « n’avait aucune envie de devenir dictateur à 67 ans », et il s’est contenté, après s’être fait adouber paar une élection, après avoir résolu le problème Algérien, de donner une Constitution qui nous régit encore.

    Mandela était un « sauveur » démocrate. Et Gandhi ?

     

    Divers.

     

    On a bien sûr parlé des grèves de chemins de fer et des gilets jaunes. Pour certains, les cheminots et les gilets jaunes représentent le peuple, pour d’autres, le peuple exprime sa volonté par les élections. Et les brutalités policières ne peuvent faire oublier les brutalités des gilets-jaunes-black-blocks.

     

                  C.R. rédigé par Benoît Delcourt, Pierre Marsal ayant envoyé  les notes relatives à ses interventions.

    « C.R. personnel du 7 déc.2019. Faire du sens?Avoir du sens?Sommes-nous obsédés par le sexe ? »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :