• C.R. du débat du 13 Janvier 2018. "Croissance, ou décroissance".

                     Compte-rendu du débat du 13 Janvier  2018.

                     Croissance ou décroissance, telle est la question.

     

     

     P.I.B. et croissance.

     

     Le Produit intérieur brut , ou plutôt le P.I.B. par personne (lié donc à la démographie) est une mesure convenable de la croissance (terme qui date d’Adam Smith en 1780), bien qu’il y ait des activités cachées (trafics, bit-coin) ; cependant, il faut remarquer que se casser une jambe ou mettre sa voiture au fossé font augmenter le PIB, car cela crée du travail. Pour les gouvernants, la croissance est une nécessité, car si la croissance est inférieure à 1 ou 2%, le chômage augmente. Dans ces conditions, on ne voit pas un gouvernement se déclarer pour la « décroissance », notamment pour ce qui est des pays émergents, qui n’ont pas encore goûté au confort occidental. En Chine, la croissance à deux chiffres a transformé les classes pauvres en classes moyennes. 

     

    Remarque : Le PIB par habitant ne mesure pas la richesse de la population : les inégalités sont également à considérer !

     

     Le P.I.B., s’il est lié à la consommation de ressources naturelles, contient aussi une bonne part de richesses qui n’en dépendent pas, ce qu’on appelle le tertiaire, ou même qui diminuent cette consommation : télétravail, covoiturage, recyclage (un million de voitures sont recyclées chaque année en France) etc…

     

    Remarque importante : on ne peut parler de croissance qu’en temps de paix. Pourtant, pendant les guerres, un certain « plein emploi »  est de rigueur. De plus, les destructions de la guerre permettent par la suite une reconstruction favorable au P.I.B.

     

    Question : le travail salarié a-t-il un avenir ? Ne vaudrait-il pas mieux organiser dès à présent le revenu universel de base ?

     

    Une utopie : ne pourrait-on remplacer la croissance économique par le croissance relationnelle, incluant l’éducation, la santé, la communication, la culture (Jacques Généreux).?

     

     Interventionnisme, ou pas ?

     

     L’Etat a-t-il un rôle à jouer pour favoriser la croissance ? Dans les pays communistes, l’interventionnisme de l’Etat a certes éliminé le chômage, on a même vu des machines agricoles mises au rebut dans des hangars pour que les travaux des champs restent faits à la main, ce qui évitait le chômage ! Ce système a tué la créativité qui elle-même est à l’origine de la croissance ( nous ne sommes plus au temps du pillage des colonies !). En effet, ce sont les innovations qui tirent le croissance, et il a été dit qu’il n’y aurait eu que peu d’innovations depuis cinquante ans (point contesté), d’où peu de croissance, en tous cas peu d’emplois supplémentaires.

     

    Cependant,  l’économie de  marché suffit-elle ? Le système économique mondialisé actuel n’est as forcément le bon : il génère beaucoup de pollution , il pille les ressources naturelles, il est imposé par des multinationales . Ne vaudrait-il pas mieux  de s’inspirer de pays d’Afrique ou d’Amérique du Sud, où, par exemple on apprend aux femmes à produire des panneaux solaires ?

     

     Les ressources naturelles.

     

     Peut-on envisager un tarissement de l’offre d’énergies fossiles ? Selon certains, c’est une crainte dépassée, car on a trouvé de nouveaux puits de pétrole, et le gaz de schiste est maintenant exploité. Pour d’autres, on est bien au moment ou on a extrait la moitié des ressources pétrolières mondiales, et il faudrait sortir rapidement du déni de cette vérité : les ressources fossiles seront bientôt épuisées, et si ce n’est pas dans trante ans, ce sera dans cinquante.. Il est certain que la consommation mondiale augmente rapidement, les vols de tourisme pour retraités aussi, mais ce n’est pas une preuve que les ressources sont infinies.

     

     A ce propos, ne serait-t-il pas utile de réduire d’un facteur 2 le chauffage urbain, qui mange une bonne partie de nos ressources naturelles. Pour cela, il suffirait de limiter la température dans les lieux publics à, par exemple, 17 degrés (cela  à suscité beaucoup de réactions dans la salle). Il ne faut pas attendre la bonne volonté des citoyens, leur sens moral, cela ne marche pas. Il faut soit augmenter le prix de l’énergie, ce qui est trop dur pour les pauvres, soit contraindre par la loi.

     

    Il est à souhaiter que la communauté internationale, et pour commencer, l’Union Européenne, prenne de plus en plus d’importance pour la régulation de la consommation de ressources naturelles, car un effort isolé dans un pays ne sert à rien. Le modèle mondialisé , basé sur la seule économie de marché, semblerait de ce point de vue défaillant.

     

    Autres importances de la limitation de la consommation d’énergies fossiles : le réchauffement climatique, dont on prévoit qu’il sera au minimum de deux degrés en un siècle, mais sans doute bien plus ; et les atteintes à la biodiversité.

     

     A qui profite la croissance ?

     

     

    Il ne suffit pas d’avoir de la croissance, il faut aussi qu’elle profite au plus grand nombre. Une personne qui revient du Sénégal, a pu constater qu’on voit en effet pousser partout des immeubles, cependant les jeunes ne trouvent toujours pas de travail, et les capitaux entrants sont moindres que les capitaux sortants, preuve que cette croissance profite surtout à l’étranger.

     

     Pollution et voiture électrique.

     

     Il a été beaucoup question de la voiture électrique, réputée non polluante. Cependant, si elle ne pollue pas localement, elle pollue globalement sans doute autant qu’une voiture thermique, car il a fallu produire l’électricité dans des centrales qui, elles, polluent (même dans le cas des centrales nucléaires, car les déchets polluent eux aussi, bien qu’ils ne produisent pas de gaz carbonique).

     

    De plus, la voiture électrique utilise, pour le moment des batteries au Lithium, denrée assez rare.

     

    Des efforts sont faits par les constructeurs d’automobiles pour limiter l’emploi de « terres rares », dont les plus grands gisements se trouvent en Chine,  qui sont difficilement recyclables ; emploi de bobinages plutôt que d’aimants permanents, emploi dans le futur de nanotechnologies….

     

     Une voiture électrique d’ailleurs polluerait plus en Allemagne qu’en France, car l’électricité est produite là-bas avec du charbon ; c’est oublier que les réseaux électriques Européens sont interconnectés, et donc que l’électricité Française vient aussi, pour partie, du charbon.

     

    Le citoyen, dans ces conditions a du mal à se faire une opinion sur ce qu’il doit acheter comme voiture. Il y a quelques années, le Diesel était plus écologique que l’essence. Et maintenant, c’est l’inverse. Qui croire ?

     

    Autre pollution : les déchets.

     

     Croissance et démographie.

     

     Le nombre d’humains a plus que doublé en un siècle . Dans certains pays, comme l’Egypte, il a même quadruplé. Dans ces conditions, il ne peut y avoir de croissance mondiale, les frais de crèches, d’hôpitaux, d’école deviennent exorbitants. Certes un humain dépense 100 ou 1000 fois moins d’énergie pour maintenir son corps à 37° qu’une voiture pour circuler, mais l’augmentation du nombre d’humains accroît proportionnellement le nombre de voitures !

     

     

     

     

     

     

     

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