• C.R. du 11-3-2017 sur "Peut on aimer quelqu'un?"

    Compte-rendu du débat du Samedi 15 Mars 2017 sur :

     

                         « Peut-on aimer quelqu’un et qui ? »

     

                              introduit par Jean-Paul Knorr

     

    Attention, ce compte-rendu n’est pas une synthèse. Son but est simplement de rappeler quelles ont été le interventions à ce café-débat, en y  mettant de l’ordre, et en essayant le plus possible de ne pas prendre parti. Si vous avez des réflexions à faire sur ces interventions, vous pourrez faire des « commentaires » sur ce blog.

     Nous pouvons classer les interventions en rubriques : 

      Peut on expliquer l’amour ?

     Ce n’est pas l ‘avis général. L’amour aurait ses raisons que la raison ignore .On dit bien qu’on « tombe amoureux »,sans qu’on le décide, et, comme Phèdre, on n’arrive pas à se défaire d’un amour, bien qu’après un certain temps, le feu s’atténue. On peut être par sous la coupe par exemple d’un regard qui console, ou simplement du désir. 

     Pourtant, l’amour a été comparé à un plat cuisiné, avec une douce saveur de confiance,  un zeste de sexualité, un peu de mijotage,  sans oublier la sécurité (notamment financière), l’imprévu , la complicité et surtout la tendresse ! Peut-être faudrait il tester la plat avant de servir ?

      Nourrir sainement l’autre, et être nourri par l’autre, donner et recevoir !

     L’Harmonie a été citée, comme si elle ne pouvait s’expliquer.

     L’apparence physique ne serait pas tellement importante pour certains, mais pas pour d’autres.

     L’amour pourrait s’expliquer par la nécessité de la reproduction.

     Un amour peut avoir des explications , mais pas forcément conscientes.

     Finalement, il y a ceux qui veulent tout expliquer, et ceux qui préfèrent ne pas être trop intellos.

     De toute façon, l’amour est une nécessité et on peut dire que « si à 50 ans, on n’a pas trouvé l’amour, c’est qu’on est nul ». Mere Theresa : »Le manque d’amour est la plus grande pauvreté ».

     

     Le jeu de miroirs et l’altérité.

     Narcisse est  amoureux de lui-même : ainsi recherche-t-on dans l’autre un autre soi-même. Un enfant qui n’a pas été aimé, plus tard cherchera instinctivement une personne qui ne l’aimera pas non plus,  qui correspondra à son être profond hérité de ses parents. Pour autant, peut-on enfermer une personne dans un tel déterminisme ? « Qui se ressemble s’assemble » ! Et combien de femmes épousent elles un homme plus âgé qu’elles, pour retrouver en lui leur père, c’est à dire elles-mêmes ?

     Bien au contraire, on peut rechercher chez l’autre quelqu’un qui vous complète, pour ne faire qu’un. Dans ce cas 1+1>2 ! Mais ce ne serait possible que si on s’aime soi-même.

     Contrairement à Narcisse, on invités, par l’amour, à sortir de soi-même, ce qui peut aussi nous en apprendre sur soi même et donner un sens à sa vie.

     On peut se marier parce qu’on se retrouve en l’autre, et 20 ans après, ne plus s’y retrouver, comme c’est le cas pour ce couple d’infirmiers, dont le mari a fait des études de médecine : quand il est devenu médecin, le couple s’est séparé.

      

    Le danger, l’audace.

     Il y a du danger à aimer. On risque la désillusion, Mais qui dit danger dit aussitôt audace : il faut oser pour aimer. Cela peut même aller jusqu’au défi !

      Il faut accepter d’être vulnérable, d’être nus (au propre comme au figuré) !

      De façon plus prosaïque, si un amour vous est refusé, il est possible de se rabattre sur une autre personne. Mais l’amour peut aussi se transformer alors en maladie ; on ne pourra compter que sur le temps pour éteindre les douleurs et les feux de la passion (cf. Phèdre).

     Dans le domaine de la charité, il ne faut pas craindre de se mettre en danger (pape François).

     

     Le choix, puis la construction.

     L’amour commence par un choix : on choisit, on est choisi. Puis il  se construit patiemment, en vue du futur. L’homme, contrairement à l’animal, se projette dans le futur. Pour la majorité des animaux, l’amour se limite à une courte relation sexuelle (les femelles ont des périodes de rut, contrairement à la femme, point contesté). L’homme, et encore plus la femme, attend d’une relation beaucoup plus qu’un plaisir passager ; cependant il a été dit que de ce point de vue, les choses changent rapidement pour la femme..

     Cette construction peut dépendre de la société dans laquelle on vit :par exemple, en espagnol, « je t’aime » se dit « te quiero », je te veux (mais cela se dit aussi te amo).

     Le cas des amours en Mai 1968 a été évoqué ::à cette époque, le poids des traditions, de l'église, des parents, etc...ne permettait pas la vie en concubinage pour les jeunes gens ; on n'avait pas à l'époque le droit à une période d'essai, alors que c'est devenu courant maintenant, et tant mieux, même si ce n'est pas encore idéal. C'est lié aussi au statut précaire de la femme à l'époque, entièrement dépendante de son mari dans beaucoup de cas, et ça se serait  amélioré, même s'il y aurait encore des progrès à faire...

      

    La fidélité.

     La fidélité est souvent difficile : désillusion au bout d’un certain temps, tromperie sur la personne aimée au départ, difficulté de continuer à s’accepter, doutes sur la loyauté du conjoint. « Comment ai-je pu aimer cette personne ? qu je pensais être l’amour de ma vie ! »

     La moyenne du nombre de « conjoints » dans une vie de Français est, paraît-il, de trois.

     Et l’idéal ne serait-il pas d’avoir trois conjoints simultanés, un pour l’habitude, que l’on voit de temps en temps, un pour le sexe, et un pour les voyages et la culture (modèle simplifié proposé par Charles Fourier). Le mariage ne serait utile que pour l’héritage. Il a été dit que ce genre de modèle, qui s’oppose au « formatage » issu du christianisme, serait de plus en plus aussi accepté par les femmes, qui auraient trop longtemps été soumises et comme Dom Juan ou Casanova aspirent à des liaisons multiples.  Mais comment, dans un couple hétérosexuel, peut alors s’organiser une famille avec enfants. Et d’autre part, ces « mariages à trois », ou à plus, façon Jules et Jim, ne semblent pas, au moins dans le vrai cas de Jules et Jim, donner beaucoup de bonheur !

     Et les couples font souvent durer une situation non parfaite, aidés en cela par leurs amis.. 

      A propos du texte d’introduction.

     Ce texte était volontiers provocateur : on parlait de l’amour filial comme d’une obligation, ou encore du « marché de l’amour »  etc…, le tout dans un ordre pas évident. La conclusion était très pessimiste : on ne peut aimer personne. Certains en ont conclu que son auteur était bien incapable d’aimer, et l’ont même plaint. C’était bien mal connaître Jean Paul, un vieux routier du café débat, qui a pour méthode de provoquer pour démarrer la discussion. En tous cas, merci à lui d’avoir osé s’attaquer à ce problème crucial, on s’est quittés contents de notre après-midi.

      

             Compte-rendu fait par Benoît Delcourt, et soumis à l’approbation des 25 présents au débat.

     

    « Aime-t-on vraiment et qui aime-t-on ?A l'ère du numérique, que devient notre identité, jusqu'où va-t-on aller ? »

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