• Il faut que je vous dise pourquoi nous ne nous réunirons plus au "Pavillon Bleu" à Trappes.

    Samedi 17 septembre, j'arrive en avance au Café, afin de vérifier que, pour cette première réunion dans un nouveau café tout se passera bien sur le plan logistique. Le jeune gérant m'accueille et m'indique l'endroit que nous avions convenu, où il a arrangé correctement l'espace et mis le nombre de tables suffisant pour accueillir une trentaine de personnes. Puis il me dit tout à trac qu'il est désolé, mais que cette réunion du Café-Débat sera la première mais aussi la dernière qu'il accepte d'héberger dans son Café.

    J'affiche ma surprise et, bien évidemment, je lui demande pourquoi. Il me raconte alors une histoire assez rocambolesque, selon laquelle il aurait reçu la visite de deux inspecteurs des Renseignements Généraux pour l'informer du caractère "politique" de la réunion qu'il accueillait ce samedi, et le mettre en garde sur les "dangers " qu'il faisait ainsi courir à son café en  hébergeant ainsi régulièrement un "groupe politique".

    On peut en conclure que le thème de notre réunion a été mal perçu. Comme indiqué sur le programme du site Internet, le sujet du jour " Quelle Europe voulons-nous ?" devait être introduit par une personne du mouvement ATTAC : l'idée était que, puisque le NON au référendum européen a gagné, un représentant des vainqueurs fasse savoir d'abord comment exploiter cette victoire, à la suite de quoi le débat, contradictoire, pouvait s'engager.

    Il y a deux interprétations possibles à cette réaction du propriétaire du Café :

    - soit il dit la vérité, et alors on ne peut que regretter la bêtise des organismes de police chargés de contribuer à la sécurité de notre pays, en l'occurrence les RG, qui ne savent pas faire la différence entre un débat contradictoire de personnes sur un sujet donné, et un groupe politique faisant du prosélytisme, et qui menace à mots couverts un établissement ouvert au public. Il faut d'ailleurs remarquer que ce même café avait hébergé des réunions de campagne de l'actuel député UMP au moment des éléctions législatives, sans problème particulier à ce moment.

    - soit il cherche un prétexte au fait qu'il ne veut plus nous accueillir, et il a trouvé une explication tirée par les cheveux, alors qu'il était si simple de nous le dire carrément. Même diagnostic : la stupidité est alors du fait de ce commerçant, qui pense protéger ainsi son commerce de toute dérive non commerciale, au détriment de la liberté d'expression.

    Ceci est d'autant plus bête que, en ce qui me concerne, ATTAC était la cible rêvée pour quelqu'un qui a voté Oui et qui entendait bien démolir l'argumentation irréaliste des partisans du Non.

    Quoi qu'il en soit, et quelles que soient les raisons, nous ne nous réunirons plus dans un lieu où nous ne sommes pas les bienvenus. Cela démontre que même dans un pays aussi démocratique que le nôtre, la stupidité prend souvent le pas sur la liberté citoyenne pour utiliser des méthodes dignes du totalitarisme avec la complicité ou la lâcheté de beaucoup trop de gens.


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