• « Après la pandémie, quels changements espérez-vous pour le monde de demain ? »

    Visio-conférence du Café-Débat de Saint Quentin en Yvelines le 30 mai 2020

     

    Remarque préliminaire

    Nous étions 9 personnes présentes, sans compter ceux qui n'ont pu se connecter, pour cette première réunion virtuelle qui s'est déroulée avec « Zoom ».

    Ceci n'est pas un compte-rendu fidèle de ce qui s'est dit, mais un ensemble de notes prises par le rédacteur, pour deux raisons : au départ, j'ai eu beaucoup de mal à entendre ce qui se disait, jusqu'à ce que je m'équipe d'oreillettes. Je n'ai donc pas entendu l'intégralité du débat. Ensuite, les sujets abordés sont arrivés dans le désordre, si bien qu'on a eu un mélange de rappels des événements, de constat des changements qui se sont manifestés, et de visions d'avenir reflétant plus l'espoir de ceux qui les exprimaient que des arguments étayés venant justifier cet espoir. Même si on peut penser que la liberté de s'exprimer comme on veut est une richesse en soi, il faut qu'à l'issue on puisse en tirer quelque chose, que du désordre puisse jaillir l'ordre, ou du moins quelques axes cohérents. De plus, mais cela ne concerne que moi, j'ai beaucoup de mal à m'exprimer en parlant à un écran et pas à des gens en chair et en os.

     

    Quelques idées exprimées au cours du débat :

    La crise du Covid 19 n'est pas terminée, et il est prématuré de vouloir en tirer des conséquences dès à présent. Ceci étant, certains pensent qu'elles risquent d'être désastreuses à différents niveaux :

    • les soignants sont pour beaucoup très traumatisés par ce qu'ils ont vécu, et beaucoup auront du mal à s'en remettre
    • les personnes confinées et fragiles, auront des troubles psychologiques graves, et la peur inspirée par le confinement et les gestes barrière va demeurer longtemps
    • sur le plan économique, le chômage va s'aggraver considérablement et la récession durer. Notre pays, mal préparé à une crise de cette ampleur, aura du mal à s'en sortir, beaucoup plus que l'Allemagne, référence en matière de santé.

    La consommation s'est considérablement réduite, et les gens ont pu constater que consommer n'était pas une nécessité. Il faudrait donc rester dans une perspective de consommation durable, sobre, en éliminant ce qui est inutile et en recherchant le bonheur ailleurs que dans l'achat, dopé par la publicité, de choses sans intérêt. Certains ont contesté ce point de vue en faisant valoir que consommer c'est produire, et produire c'est donner du travail, tout en reconnaissant que ce ne doit pas être du travail chinois, d'où la nécessité de produire en France, quoi qu'il en coûte, au moins les biens vitaux pour la survie du pays (masques, gel, matériel d'analyse et biomédical, etc.

    Un point de vue fort s'est dessiné, qu'on peut résumer ainsi : la crise a montré qu'en cas d'événements graves on savait réagir vite et bien, il faut donc saisir l'occasion extraordinaire pour une transition douce vers des modes de vie différents plus compatibles avec le respect de la Terre et des gens. Mais la question qui n'a pas été posée est cruciale : qui doit faire quoi pour aller où ? Sinon, on ne fait que parler dans le vide.

    Sur le télétravail, les avis sont mitigés. Certains pensent que la tendance va se pérenniser, et le télétravail passer de 7% à 20%. Néanmoins, le travail hors de chez soi socialise, il ne faudrait pas confiner chez eux en permanence ceux qui ont la possibilité de télétravailler. Plus largement, d'autres effets bénéfiques liés à la communication numérique ont été évoqués : téléconférences, réunions sans déplacement, renforcement du lien social par la communication visuelle, et même pour les grands parents aider les petits enfants à faire leurs devoirs... Et les enfants ne passent pas uniquement leur temps de connexion à bavarder sur les réseaux sociaux et à jouer, ils ont appris à travailler seuls et autrement avec un prof distant.

    Un autre point très important a été signalé : on a vu qu'on peut, en cas de besoin, transgresser des règles jusqu'alors considérées comme incontournables. Si l'hôpital a été aussi réactif, au-delà de l'implication forte des soignants, c'est aussi grâce à « l'oubli » des règles de toute sorte et surtout administratives conçues pour un fonctionnement en temps ordinaire, totalement inadaptées pour le temps de crise. Un grand ménage est à faire dans le domaine des règlements, normes et formulaires dans tous les domaines. Ceci va de pair avec la « libération des initiatives », synonyme d'autonomie, de créativité et de plus d'efficacité.

    Un autre point important a été brièvement évoqué, qui rejoint un sujet souvent abordé de manière conflictuelle entre les membres du Café-Débat, celui de la confiance à accorder à la parole des experts et, au-delà, à la méthode scientifique. Y a t-il une vérité médicale ? La médecine est-elle une science ? Comment décider une stratégie nationale quand les médecins ne sont pas d'accord entre eux ni avec eux mêmes à deux mois d'intervalle ? Comment tenir compte des voix dissonantes ?

    Il a été peu question du rôle de l'Europe, pourtant crucial pour bâtir un autre monde. Pour pouvoir le faire, il lui faudra passer par une refondation des Traités existants.

     

    J'ai sûrement oublié des choses, en particulier ne figurent pas dans ces quelques notes beaucoup d'aspects positifs illustrant le titre du sujet : quels espoirs sont engendrés par cette crise inégalée et mondiale ? Cela reste à compléter, car je n'ai pas noté grand chose. Alors est-ce moi qui oublie l'espoir, ou bien les personnes réunies ce jour là devant leur écran étaient-elles très pessimistes ?

    Jean-Jacques Vollmer



     

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  • Commentaires

    1
    Daniel
    Vendredi 12 Juin à 16:56

    une règle pour l'avenir, il faudra d’autres indicateurs au progrès que la seule question de compétitivité, pas d’économie sans santé (entendue comme équilibre entre la personne et son environnement).

    il fau

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