• Abolition de la prostitution.


    Jeudi 1er Novembre 2012 à 17:12
    Benoit D

     

     

    Dans son texte du Samedi 6 Octobre 2012, sur l’obsession de l’argent, Jean-Paul K a incidemment indiqué que l’abolition la prostitution était un rêve de « bien pensants » (Bachelot, Belkacem par exemple). Comme cela n’avait pas de rapport avec le sujet, nous n’en avons pas discuté ; cependant cette affirmation mérite d’être relevée, …. et contestée. Je ne crois pas qu’un débat au Marina sur le sujet serait pertinent, vu que la prostitution  ne nous touche sans doute pas vraiment de près, et que les arguments principaux peuvent être trop personnels et intimes pour pouvoir être énoncés en public. Aussi je vous propose d’échanger vos idées sur le sujet sur l’espace prévu pour cela dans le blog préparé par Jean-Jacques.

    Je commence donc (je ne parle ici que de la prostitution hétérosexuelle).

    Pour commencer, je trouve un peu facile de traiter ceux qui ne pensent pas comme vous de « bien-pensants ». C’est les rejeter dans l’ensemble des imbéciles qui n’ont que des idées toutes faites, qu’ils ne sauraient discuter.

    L’acte sexuel ne doit pas être réduit à une mécanique provoquant le plaisir du mâle au travers de son éjaculation, plaisir bien réel s’il en fût. Je ne suis pas spécialiste, mais il doit bien exister sur Internet des pubs pour poupées gonflables…

    Bien plus que cela, c’est un acte qui engage les deux personnes, en ce que les deux intimités se trouvent mêlées un moment. Cet engagement est évidemment plus fort quand il y a perspective de naissance, ou qu’il y a eu naissance. (Je suis d’accord sur ce point avec Christine Boutin, mais sur ce point seulement !)

    Payer pour un rapport humain (très humain!) est dégradant pour les deux parties. « Je t’achète une partie de ta personne pour le temps d’une passe ». Une personne n’est pas à vendre, même pour un moment !

    On dira : oui, mais les pauvres hommes qui n’ont pas la possibilité de « baiser » ? Il leur reste à séduire une femme, ce qui pour certains pourrait être une mission impossible. Mais ce qui est impossible, c’est pour un quinqua ventru et mal rasé de séduire une mignonnette sans qu’il soit question d’argent (d’une façon ou d’une autre). Mais une femme de son style et de sa condition ? Un acte sexuel devrait se mériter, et non pas se payer !

    La prostitution est dangereuse. Rappelons l’existence de la syphilis et du sida.

    La prostitution donne immanquablement lieu à des trafics de femmes, qui sont constitutifs de l’esclavage sexuel (les esclaves ont de tous temps été priées d’ « y passer », voir le métissage aux USA). Comment saurai-je si telle femme rencontrée dans la rue est ou non « maquée » ? Les « bien-pensants » pensent en effet qu’on devrait en avoir fini avec l’esclavage !

    La parole est à la défense.

    Vendredi 2 Novembre 2012 à 08:28
    montigny

     

    Dans un monde idéal, il n’y aurait ni guerre ni religion ni prostitution. Malheureusement nous ne vivons pas dans un monde idéal. Suis-je pour autant cynique ? Suis-je un réactionnaire ? Les besoins sexuels font partie des besoins fondamentaux. Certes il est possible de vivre sans relation sexuelle avec un partenaire en se limitant à l’onanisme. Est-il possible de vivre sans sexualité sans qu’il y ait des conséquences psychologiques ? J’avoue ne pas avoir les compétences pour répondre à la question. Est-il dégradant de vendre son corps ? Nous vendons bien notre temps, nos compétences. Le corps est-il sacré ? Dans certains pays comme l’Espagne, la prostitution est considérée comme un métier, dans d’autres pays la prostitution est maintenant interdite. Pour Benoit, le rapport sexuel est un contrat implicite entre deux personnes de même niveau (même âge, même sex-appeal) et je suppose que Benoit voit aussi d’un mauvais œil les couples mal assortis. Je considère que le mariage  est une relation d’intérêt dont le calcul est la base. Si je suis beau, intelligeant et d’un bon niveau social, j’aspire à trouver un partenaire d’égale valeur. Si je ne suis pas beau, je peux compenser cela par mon intelligence ou par mon patrimoine ou inversement. Tout cela pour dire que l’on n’est aimé que pour ses qualités comme disait Pascal. Pourquoi quelqu’un de moche et vieux mais riche n’aurait-il pas le droit de se marier avec un partenaire jeune et beau si ce partenaire y trouve son intérêt. Pourquoi quelqu’un de moche n’aurait-il pas le droit d’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un d’attirant que cette relation soit monnayée ou non. Tout un chacun  a-t-il la possibilité d’avoir des relations sexuelles ? Je n’en suis pas convaincu. Certaines personnes n’arrivent pas à avoir des relations sentimentales pour différentes raisons. Je viens juste de lire le témoignage d’un jeune Allemand qui n’a toujours pas connu de relation sentimentale à 30 ans. Une relation avec un prostitué (je mets le masculin pour souligner que la prostitution masculine existe aussi) est certainement sommaire et mécanique mais une relation non tarifée peut aussi être sommaire et mécanique. Je ne tiens nullement à faire l’apologie de la prostitution mais c’est un pis-aller qui permet à certains d’assouvir leurs besoins et à d’autres de gagner leur vie ou un supplément. Certes il existe le proxénétisme et le trafic sexuel et il faut les combattre. Il est fort possible que Benoit soit aussi opposé à l’échangisme, aux partouses ainsi qu’à certaines pratiques sexuelles. Il me semble que Benoit est avant tout un puritain. Il y a un point où Benoit sera certainement d’accord avec moi. Je suis tout à fait opposé à la polygamie. L’argent ou le pouvoir ne doit pas tout permettre. Jean-Paul.

      

     

     

    Vendredi 2 Novembre 2012 à 12:40
    Benoit D

     

    "un monde idéal serait un monde sans guerre, sans religion, sans prostitution". Que vient faire la religion dans cette galère?

    Suis-je puritain? peut-être, ce n'est pas mon problème. Et tous cas, je pense qu'une relation sexuelle ne devrait exister que s'il y a une entière liberté des deux personnes.
    Sinon, c'est une simagrée, qui ne profite qu'au mâle, et temporairement.

    Jean-Paul nous dit que le mariage est souvent une façon déguisée de rémunérer les relations sexuelles. c'est oublier quelque chose que J.P. sait pourtant très bien pour l'avoir vécu: il n'y a pas que les relations sexuelles dans le mariage, il y a surtout la longue patience que l'on doit avoir pour l'éducation des enfants, il y a aussi ce compagnonnage, cette connivence,  qui durent de longues années. Un mariage qui se réduit à un besoin de relation sexuelles ne dure pas longtemps.

    Si une personne a "besoin de relations sexuelles", qu'elle séduise une autre personne, cela peut paraître du boulot pour certains qui pensent "ne pas avoir le temps", mais cela fait partie du jeu.

    On dira: oui, mais les riches sont favorisés. Sans doute, mais cela reste jouable pour ceux qui ne le sont pas. de toutes façons, on se met en ménage avec des personnes avec lesquelles la vie est possible; la classe sociale n'est peut être pas le plus important, mais la capacité de se comprendre et de travailler ensemble oui.

    Vendredi 2 Novembre 2012 à 16:19
    Jean-Jacques

     

    J’ai le sentiment que vos positions, à tous les deux, sont très proches, et que c’est surtout le fait d’avoir été qualifié de « bien-pensant » qui a piqué Benoît… !

    La seule question de fond qui subsiste est en effet de savoir s’il faut traiter le sexe comme toute autre activité humaine, ou s’il faut lui donner une place spéciale en raison, soit de sa proximité étroite avec la procréation, soit en raison de prescriptions d’ordre moral ou religieux. Ce dernier cas a été abordé récemment, souvenez-vous, au cours d’une réunion du Café-Débat intitulée : « Religions : pourquoi cette obsession du sexe ? », et je n’y reviendrai pas.

    Par contre, peut-on dire que les « services sexuels » sont des services comme les autres, tels que le coiffeur, le cordonnier, le boulanger, le garagiste ou l’informaticien, etc ? Et accepter la notion de « travailleur sexuel » ? Après tout, s’il y a une demande, un besoin, l’offre apparaîtra immanquablement, c’est une caractéristique humaine. Faut-il donc faire comme si la demande n’existait pas ou était illégitime, et se voiler la face ?

    D’un autre côté, il est vrai que toute activité humaine génère ses déviations : chaque fois que quelque chose est interdit ou fortement réglementé, quelle qu’en soit la raison ou le domaine (le tabac, l’alcool, les drogues, la finance, la circulation automobile, …), l’esprit humain cherche les moyens de s’en affranchir, d’où les trafics illicites, le marché noir, les paradis fiscaux, etc. Il y a donc d’un côté un certain nombre de principes, souvent d’ordre moral, qui sont des objectifs à atteindre pour une société meilleure, et la réalité de la nature humaine dont il faut tenir compte pour agir efficacement.

    Pour le sexe, il y a donc une demande, dont la légitimité a été bien explicitée par Jean-Paul, et une réponse qui n’est pas forcément optimale, c’est le moins qu’on puisse dire. En tout cas, il me semble que si une femme, librement, souhaite faire commerce de ses charmes, il n’y a aucune raison valable de le lui interdire, dans la mesure où elle rend ainsi un service, tout en le faisant en respectant les prescriptions d’hygiène et, de façon générale, en respectant la réglementation dans ce domaine. Le problème, c’est justement que cette réglementation, pour des raisons d’ordre moral, a du mal à voir le jour de manière explicite et claire, dans la plupart des pays, et notamment le nôtre.

    Lundi 5 Novembre 2012 à 18:56
    montigny


    J’espère approfondir  notre réflexion sur la prostitution en cherchant les philosophies sur lesquelles reposent nos positions. Il semble de prime abord que Benoit est un disciple de Kant alors que moi-même je fais partie des utilitaristes. Comme tout bon Kantien, Benoit n’a jamais dû, contrairement à moi, pratiqué la charité sexuelle. C’est bien parce que la charité sexuelle est si peu pratiquée que la prostitution est nécessaire. Compter sur la charité sexuelle ne me paraît guère réaliste pas plus que le refoulement strict de nos besoins sexuels. Pour autant je condamne tout abus sexuel comme l’inceste ou les relations entre adulte et mineur. Ce n’est pas parce que l’homme est faible qu’il faut tout accepter. La prostitution me paraît comme la seule solution. J’entends bien sûr la prostitution issue d’un libre choix. La prostitution satisfait des demandes variées. Il existe d’une part des boulimiques du sexe qu’un seul partenaire ne saurait contenter, d’autre part les « oubliés de l’amour » ayant des handicaps divers, ne serait-ce que les handicapés physiques et mentaux. La liste pourrait être longue, citons par exemple le cas des travailleurs immigrés qui ne trouvent pas grâce auprès des Françaises. Il existe aussi des pratiques occasionnelles comme les « cadeaux » faites aux footballeurs professionnels. Par ailleurs comme définir exactement ce qui est du ressort de la prostitution. Que penser de ces unions qui ne reposent que sur l’argent en prenant comme exemple le couple Onassis/Jackie Kennedy. Aurions-nous affaire à de la prostitution avec un seul client ? Benoit a la faiblesse de croire en la noblesse des sentiments ce qui n’est pas mon cas. Je constate aussi qu’il pense que les femmes sont différentes des hommes ce qui n’est pas mon cas. Jean-Paul.

    Mardi 6 Novembre 2012 à 18:31
    Benoit D

    Nouveau concept par Jean-Paul: la "charité sexuelle". Ces pauvres femmes qui sont seules, et n'ont pas de compagnon, il faut les sauver du désespoir en les aidant à atteindre l'orgasme. Est ce vraiment comme cela que peuvent se passer les choses? N'ayant pas pratiqué ce genre de charité (je le confirme), je ne peux pas l'infirmer, mais j'émets un doute sur le résultat obtenu: je pense qu'une femme attend d'une liaison bien plus qu'un plaisir passager, lui même soumis à bien des aléas; en rester à une relation passagère ne peut que la décevoir. Tout au plus ce genre de relation peut il être utile pour l'éducation des filles, pour qu'elles se rendent compte que tout n'est pas si simple, avec le risque d'un avortement à la clef.

    J'ai déjà répondu plus haut au problème du mariage qui ne serait qu'une prostitution déguisée. Les relations de Jackie avec Onassis n'étaient pas forcément de type vénal, qui sait.

    D'autre part les travailleurs immigrés qui sont venus en France savent très bien qu'ils seront sevrés sexuellement. Leur offrir un "B.M.C" comme autrefois aux militaires en campagne, ne me semble pas la solution du problème, tout au plus un leurre qui n'assouvit pas grand chose. Il vaudrait mieux favoriser le regroupement familial.

    Lundi 13 Mars à 09:41
    sopracorona

    Je pense que la prostitution est une chose naturelle donc on ne doit pas abolir mais on doit trouver toutes les conditions pour intégrer dans la société et je pense que cela va avec une prostituta escort Pisa italiana o francese est comme aller au restaurant pour déguster un nouveau plat qui est bon pour la santé.




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